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Full text of "Mémoires d'Olivier de La Marche, maître d'hôtel et capitaine des gardes de Charles le Téméraire, pub. pour la Société de l'histoire de France par Henri Beaune et J. d'Arbaumont"

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MEMOIRES 

D'OLIVIER 

DE  LA  MARCHE 


IMPRIMERIE  DAUPELEY-GOUVERNEUR 


A    NOGENT-LE-ROTROU. 


MÉMOIRES  * 

D'OLIVIER 

DE  LA  MARCHE 

MAITRE  D'HOTEL 

ET 

CAPITAINE  DES  GARDES  DE  CHARLES  LE  TÉMÉRAIRE 

PUBLIÉS    POUR   LA   SOCIETE    DE   L'HISTOIRE   DE    FRANCE 


PAR 


Henri  BEAUNE  et  J.  D'ARBAUMONT 


TOME  QUATRIEME 


A  PARIS 

LIBRAIRIE    RENOUARD 

H.    LAURENS,    SUCCESSEUR 

LIBRAIRE     DE     LA     SOCIÉTÉ     DE     L'HISTOIRE     DE      FRANC] 

RUE   DE    TOURNON,    N°   6 

M  DCCC  LXXXVIH 

240 


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EXTRAIT   DU   REGLEMENT. 

Art.  \h.  —  Le  Conseil  désigne  les  ouvrages  à  publier,  et 
choisit  les  personnes  les  plus  capables  d'en  préparer  et  d'en 
suivre  la  publication. 

Il  nomme,  pour  chaque  ouvrage  à  publier,  un  Commissaire 
responsable,  chargé  d'en  surveiller  l'exécution. 

Le  nom  de  l'éditeur  sera  placé  à  la  tête  de  chaque  volume. 

Aucun  volume  ne  pourra  paraître  sous  le  nom  de  la  Société 
sans  l'autorisation  du  Conseil,  et  s'il  n'est  accompagné  d'une 
déclaration  du  Commissaire  responsable,  portant  que  le  travail 
lui  a  paru  mériter  d'être  publié. 


Le  Commissaire  responsable  soussigné  déclare  que  l'édition 
des  Mémoires  d'Olivier  de  la  Marche,  préparée  par  MM.  H. 
Beadne  et  J.  d'Arbaumo.vt,  lui  a  paru  digne  d'être  publiée 
par  la  Société  de  l'Histoire  de  France. 

Fait  à  Paris,  le  Vr  décembre  4  888. 

Signé  :  Mis  DE  BEAUCOURT. 


Certifié  : 
Le  Secrétaire  de  la  Société  de  l'Histoire  de  France, 
A.    DE   ROISLISLE. 


•        © 


NOTICE  BIOGRAPHIQUE 


OLIVIER  DE  LA  MARCHE 


Au  centre  de  la  vaste  plaine  qui,  sous  le  nom  de  Bresse 
chalonnaise,  s'étend  de  Chalon-sur-Saône  aux  premiers 
contreforts  du  Jura,  se  trouve  le  village  de  Villegaudin, 
appelé  dans  les  titres  les  plus  anciens  villa  Guichardei* . 
Un  hameau  dépend  de  ce  village,  le  hameau  de  la  Marche. 
Au  xme  siècle,  il  s'abritait,  à  respectueuse  distance,  sous 
les  murs  d'un  solide  donjon,  franc-alleu  noble  à  l'origine, 
auquel  le  temps  substitua  un  grand  château  moderne2,  chef- 
lieu  d'un  marquisat  érigé  en  1736.  Cette  maison-forte,  cette 
«  motte  »  presque  perdue  dans  des  terrains  d'alluvion,  bas 
et  sans  reliefs,  qui  formaient  sans  doute  autrefois  la  cuvette 
d'un  lac  immense,  a  été  le  berceau  de  notre  chroniqueur. 

D'où  sortait  sa  famille  elle-même?  Avait-elle  pris  nais- 
sance dans  le  pays,  ou,  si  elle  était  venue  du  dehors,  à  quelle 
époque  s'y  était-elle  établie?  Il  est  difficile  de  le  dire. 

Il  existait  dès  le  xne  siècle  en  Bourgogne  une  vieille  et 
noble  famille  qui  portait  le  même  nom 3.  Issue  de  la  maison 

1.  Gourtépée  et  Béguillet,  Description  générale  et  particulière  du 
duché  de  Bourgogne,  2e  édit.,  t.  III,  p.  460. 

2.  Ce  château  a  été  détruit  par  un  incendie  en  1861. 

3.  Eu  1174,  Renaud  de  la  Marche  sert  de  témoin  au  traite  de 


ij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

de  Champlitte-Pontailler,  dont  la  place  est  inscrite  dans  les 
annales  bourguignonnes  à  côté  des  Vergy,  des  Mont-Saint- 
Jean,  des  Thil,  c'est-à-dire  des  plus  puissants  seigneurs  du 
pays,  elle  tirait  son  appellation  patronymique  de  la  terre  de 
la  Marche-sur-Saône,  près  Auxonne,  qui  fut  son  berceau, 
et  qui  était  le  centre  de  ses  possessions.  Les  sires  de  la 
Marche  -  en  -  Bresse  sortaient -ils  de  la  niênie  souche  et 
n 'étaient-ils  qu'un  rameau  détaché  de  ce  vieux  tronc?  Cela 
paraît  peu  vraisemblable  ;  les  blasons  des  deux  familles  ne 
sont  pas  les  mêmes,  et  d'ailleurs  il  semble  qu'il  y  ait  eu  une 
grande  distance  entre  la  race  aristocratique  des  Pontailler 
et  celle  des.  petits  seigneurs  de  la  Marche-en-Bresse,  qui 
dut,  comme  on  le  verra  plus  loin,  sa  fortune  à  son  alliance 
avec  la  descendante  d'une  bâtarde  de  Flandre i. 

paix  conclu  entre  le  duc  de  Bourgogne  Hugues  III  et  Guy,  comte 
de  Nevers.  (D.  Plancher,  Histoire  de  Bourgogne.)  Plusieurs  autres 
La  Marche  apparaissent  au  même  siècle  et  au  suivant  en  Bour- 
gogne. Ainsi,  Guillaume  de  la  Marche  signe  en  1222  la  charte 
accordée  par  le  duc  pour  le  droit  de  vendange  à  Dijon. 

1.  La  famille  d'Olivier  de  la  Marche  portait  :  de  sable,  bandé 
d'or  de  trois  pièces  (v.  aux  Archives  de  la  Gôte-d'Or  le  sceau  de 
Guillaume  de  la  Marche,  B.  347,  354,  365),  et  celle  de  Pontailler, 
sortie  de  Guillaume  de  Ghamplitte,  des  comtes  de  Champagne  : 
de  gueules  au  lion  d'or,  couronné  de  même,  armé  et  lampassé  d'azur. 
Il  faut  pourtant  reconnaître  que  les  La  Marche-sur-Saône  possé- 
daient aussi  des  terres  voisines  de  celles  des  La  Marche-en-Bresse. 
En  1279,  Simon,  seigneur  de  la  Marche  et  de  Ghaussin,  et  Égide, 
sa  femme,  reconnaissent  avoir  reçu  en  fief  du  duc  la  maison- 
forte  de  Saint- Aubin,  près  Dracy  (non  loin  de  Chalon),  qui  était  de 
franc-alleu  et  venait  d'Égide  (Arch.  de  la  Gôte-d'Or,  B.  10481),  et 
le  même  Simon  affranchit  en  1286  les  habitants  de  sa  terre  de  la 
Marche.  (V.  Gourtépée,  id.)  Disons,  pour  ne  plus  y  revenir,  qu'il 
importe  aussi  de  ne  pas  confondre  la  famille  de  notre  chroniqueur 
avec  la  maison  de  Granson,  qui  posséda  plus  tard  la  terre  de  la 
Marche-sur-Saùne,  et  dont  quelques  membres  en  portèrent  le 
nom,  comme  Hélion  de  Granson,  seigneur  de  la  Marche,  cité  dans 
la  capitulation  accordée  le  4  juin  1479  aux  habitants  d'Auxonne 
par  Charles  d'Amboise,  gouverneur  de  Bourgogne  et  de  Chain- 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  UJ 

Quoi  qu'il  en  soit,  au  mois  d'août  1265,  nous  voyons  pour 
la  première  fois  apparaître  avec  certitude  des  aïeux  directs 
d'Olivier  de  la  Marche.  A  cette  date,  la  «  relicte  »  de  mes- 
sire  Hugues,  seigneur  de  la  Marche,  chevalier,  et  Guillaume, 
Bertrand1  et  Regnaude,  ses  enfants,  donnent  en  aumône  per- 
pétuelle à  l'église  de  Saint-Martin-en-Bresse  tous  les  droits 
qu'ils  peuvent  avoir  sur  les  dîmes  et  les  terres  du  finage  de 
cette  paroisse2.  C'est  bien  la  famille  de  notre  chroniqueur, 
car  Saint-Martin-en-Bresse  a  de  tout  temps,  sauf  un  léger 
intervalle  au  xive  siècle,  dépendu  de  la  seigneurie  et  plus 
tard  du  marquisat  de  la  Marche3.  En  1282,  Jehan  de  la 
Marche  est  institué  légataire  de  20  livres  dans  le  testament 
de  Hugues  Prévôt,  de  Vesoul4.  Désormais,  sans  préciser 
rigoureusement  les  degrés  généalogiques,  nous  pouvons 
suivre  l'histoire  de  la  lignée  dans  les  actes  publics.  En  1317, 
Regnaude  de  la  Marche  fonde  dans  sa  maison-forte  une  cha- 
pelle castrale  où  devaient  se  dire  trois  messes  par  semaine5. 

pagne  pour  Louis  XI.  (V.  Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  11787.) 
Il  existe  à  la  Bibl.  nat.,  Collection  de  Bourgogne,  vol.  101, 
fol.  323,  une  généalogie  de  la  famille  de  la  Marche,  qui  commence 
en  1304,  mais  qui  contient  plusieurs  erreurs,  dont  M.  H.  Stein 
{Olivier  de  la  Marche,  historien,  poète  et  diplomate  bourguignon, 
Bruxelles  et  Paris,  1888,  in-4";  extrait  du  t.  XLIX  des  Mémoires 
couronnés  et  mémoires  des  savants  étrangers,  publiés  par  TAcadémie 
royale  de  Belgique)  a  reproduit  quelques-unes.  Nous  les  avons 
rectifiées,  surtout  en  ce  qui  concerne  la  descendance  de  Guil- 
laume, bailli  de  Ghalon,  au  vu  d'un  acte  de  mai  1430  (Archives  de 
la  Côte-d'Or,  B.  11342),  dont  on  trouvera  l'extrait  plus  loin. 

1.  V.  transaction  de  1304  entre  Bertrand  de  la  Marche,  cheva- 
lier, et  Jehan,  abbé  de  Saint-Pierre  de  Chalon,  sur  la  justice  des 
moulins  de  Saint-Martin  en  Bresse.  (Bibl.  nat.,  Collection  de 
Bourgogne,  vol.  101,  fol.  323.) 

2.  Peincedé,  Recueils  de  Bourgogne,  ms.  aux  Archives  de  la 
Côte-d'Or,  t.  XXVIII,  p.  515. 

3.  Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  10525,  11723,  fol.  21,  t.  I<"  des 
fiefs  de  Cbalon. 

4.  là.,  t.  XVII,  p.  242. 

5.  Gourtépée,  op.  cit.,  t.  111,  p.  460. 


IV  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

Si  elle  garde  pieusement  la  demeure  des  ancêtres,  ses  frères, 
ses  neveux,  ses  fils  peut-être  s'en  échappent  pour  courir  les 
aventures  guerrières,  pour  faire  le  noble  métier  d'homme 
d'armes  dans  les  compagnies  levées  au  nom  ou  pour  le  compte 
du  duc  par  les  principaux  chevaliers  et  capitaines  bourgui- 
gnons. Simon  figure  en  cette  qualité  dans  la  compagnie  de 
Guillaume  Le  Bastard,  chevalier  bachelier,  en  1367  *.  Thi- 
baut est  écuyer  dans  celle  de  Robert  de  Beaujeu  en  1372 2, 
Laurent  dans  celle  de  Jean  de  Neufville,  bailli  de  Saint- 
Pierre-le-Moutier  en  1412 3,  et  Hugues  combat  la  même 
année  au  siège  de  Chàteau-Chinon,  sous  les  ordres  de  Guy 
de  Bar,  bailli  d'Auxois4.  Quelques-uns  portent  la  robe5, 
mais  c'est  l'exception  :  les  La  Marche  ne  se  servent  guère  que 
de  l'épée;  on  les  rencontre  partout  où  il  faut  la  tirer 6. 
Leur  modeste  patrimoine  ne  leur  permet  pas  toutefois  de 


1.  Montre  du  7  février  1367,  à  Dijon.  (Archives  de  la  Gote-d'Or, 
B.  11747.) 

2.  Archives  de  la  Gôte-d'Or,  B.  11749. 

3.  Id.,  B.  11779;  Peincedé,  op.  cit.,  t.  XXVI,  p.  151. 

4.  Id.,  p.  146. 

5.  En  décembre  1412,  Jehan  de  la  Marche,  maître  des  requêtes, 
participe  à  une  distribution  de  vin  faite  par  le  duc  à  divers  per- 
sonnages de  qualité.  (Compte  de  Joseran  Frepier,  1412;  Archives 
de  la  Gôte-d'Or,  B.  1573.)  Ce  Jehan  de  la  Marche  fut  abbé  de 
Saint-Pierre  de  Ghalon  en  1413.  Il  était  avocat  en  1403.  (B.  11624.) 
On  trouve  aussi  en  1401  un  Nicolas  de  la  Marche,  mesureur  du 
grenier  à  sel  de  Marcigny-les-Nonnains.  (Peincedé,  t.  XVIII, 
p.  40.)  Mais  celui-ci  appartenait-il  à  la  famille  d'Olivier?  G'est 
au  moins  douteux.  Olivier  de  la  Marche,  étudiant  à  l'université 
de  Dole  en  1425  (Bibl.  nat.,  Collection  de  Bourgogne,  vol.  23, 
fol.  84),  et  témoin  de  la  quittance  donnée  le  28  avril  1430  (v.  plus 
loin),  est  plus  sûrement  de  la  famille  du  chroniqueur. 

6.  En  août  1417,  Adam  et  Pierre  de  la  Marche,  écuyers, 
figurent  dans  la  compagnie  de  Jean  de  Vergy  (B.  11788),  et, 
l'année  suivante,  le  premier  est  à  Bouen,  sous  l'étendard  d'An- 
toine de  Toulongeon,  seigneur  de  Traves,  pour  défendre  la  ville 
contre  Henri  V,  roi  d'Angleterre.  (B.  11793.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  V 

vivre  à  l'état  de  complète  indépendance  et  de  se  soustraire  à 
la  suzeraineté  du  duc,  auquel  ils  ont  d'ailleurs  inféodé,  peut- 
être  dès  le  xiif  siècle,  leur  franc-alleu  de  la  Marche.  Loin 
de  se  tenir  à  l'écart,  ils  se  rapprochent  de  lui,  ils  entrent  à 
son  service,  ils  s'attachent  à  sa  personne,  ils  deviennent 
ses  gens,  ils  font  partie  de  sa  domesticité,  familiares  ducis, 
disait-on  au  xne  siècle.  Celui  d'entre  eux  qui,  par  son  intel- 
ligence, sa  fidélité  et  ses  charges,  s'éleva  le  plus  haut  dans 
cette  familiarité  honorable,  à  la  fois  militaire  et  civile,  guer- 
royante et  conseillère,  fut  Guillaume  de  la  Marche,  un  digne 
ancêtre  d'Olivier.  Les  documents  qui  subsistent  aujourd'hui 
ne  nous  apprennent  que  le  nom  de  son  père,  qui  s'appelait 
comme  lui  Guillaume  et  était  chevalier  ;  nous  savons  en 
outre  qu'il  avait  soit  pour  sœur,  soit  plutôt  pour  tante  Alix, 
femme  du  seigneur  de  Châteaurenaud ,  près  Louhans,  qui 
fut  obligée  de  céder,  pendant  son  veuvage,  avec  son  fils 
Oudot,  une  partie  des  revenus  de  la  terre  de  la  Marche  à 
Jean  de  Vienne,  seigneur  de  Sainte-Croix,  en  13761.  Le 
premier  Guillaume  épousa  Bienvenue  Bonamy  et  mourut 
avant  1382,  d'après  M.  Henri  Stein,  qui  lui  attribue  par 
erreur  le  titre  de  bailli  de  Chalon.  En  1372,  son  fils,  celui 
qui  nous  occupe,  était  écuyer  dans  la  compagnie  d'Hugues  de 
Vienne,  sire  de  Seurre  et  de  Sainte-Croix,  chevalier  banne- 
ret 8.  A  ce  moment,  la  famille  jouissait  d'une  certaine  aisance, 
car  nous  voyons  Guillaume  Ier  posséder,  à  Saint-Martin- 
en-Bresse,  des  fiefs  désignés  dans  le  dénombrement  donné  au 
duc  par  le  même  Hugues  de  Vienne 3.  Philippe  le  Hardi  dis- 

1.  Courtépée,  op.  cit.,  t.  III,  p.  461.  Guillaume  de  la  Marche 
acheta  un  peu  plus  tard,  ou  plutôt  recueillit  par  héritage  d'Oudot, 
la  terre  de  Châteaurenaud,  qui  fut  ensuite  possédée  par  Antoine 
et  par  Olivier.  (Courtépée,  op.  cit.,  t.  III,  p.  421.) 

2.  Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  11749.  V.  aussi  B,  11746. 

3.  Dénombrement  donné  en  1374  par  Alix  de  Champsery,  dame 
de  Saint-Sernin-du-Plain  et  de  Dracy,  relicte  de  Girard  de  Mon- 
tagu,  pour  la  moitié  de  la  terre  de  Fougeroy,  dont  l'autre  moitié 


VJ  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

tingua  bientôt  son  fils  Guillaume  II  et  le  mit  à  la  tête  de  l'un 
des  cinq  bailliages  du  duché1,  celui  de  Chalon-sur-Saône. 
Les  fonctions  des  baillis  étaient  fort  considérables.  Chacun  de 
ces  officiers  exerçait,  dans  sa  circonscription,  les  pouvoirs  de 
suzeraineté  du  duc  ;  il  faisait  donner  les  dénombrements  de 
fiefs,  réunissait  les  vassaux  pour  le  service  militaire,  tenait 
la  cour  féodale,  jugeait  et  recevait  les  amendes.  Les  sergents 
placés  sous  ses  ordres  donnaient  les  ajournements,  opéraient 
les  saisies  et  les  arrestations.  Il  était  tenu  de  résider  dans 
son  bailliage,  au  chef-lieu  duquel  il  avait  un  logis  particu- 
lier, et  d'y  expédier  tous  les  procès 2. 

Guillaume  de  la  Marche  entra  en  fonctions  le  7  septembre 
1384,  et  joignit  à  cette  charge  celle  de  maître  des  foires  du 
Chalonnais,  qui  y  était  inhérente3.  C'est  en  sa  qualité  de  bailli 
d'épée  qu'il  reçut,  le  28  octobre  1384,  les  habitants  d'Ouroux 
sous  la  garde  du  duc,  moyennant  la  redevance  de  vingt-cinq 
bichets  d'avoine4;  qu'en  1385  il  consentit  la  mainlevée 
d'une  saisie  pratiquée  sur  les  biens  d'un  curé  de  Fréta,  reven- 
diqués par  l'évêque  de  Chalon  et  le  prieur  de  Saint-Marcel5; 
qu'il  fut  désigné,  le  10  novembre  1387,  par  Philippe  le  Hardi, 
pour  estimer,  avec  Jean  de  Foissy,  bailli  de  la  Montagne, 
Baudry  de  Baleure  et  Jean  Le  Boiteux,  la  terre  de  Montaigu 
dont  Philibert  de  Damas  avait  cédé  la  moitié  au  duc  en 

appartenait  aux  enfants  de  Guillaume.  (Peincedé,  op.  cit.,  t.  XI, 
p.  118.  V.  aussi  Archives  de  la  Gôte-d'Or,  B.  10525.)  Guillaume 
vendit,  en  1376,  la  terre  de  Saint-Martin-en-Bresse  à  Jacques 
Goussay.  (Gourtépée,  op.  cit.,  t.  III,  p.  452.) 

1.  Dijon,  Autun,  Chalon,  Auxois,  la  Montagne. 

2.  De  la  Barre,  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  de  France  et  de 
Bourgogne,  b.  p.  296.  V.  une  sentence  rendue  à  Saint-Laurent, 
en  1390,  par  Guillaume  de  la  Marche.  (Archives  de  la  Gôte-d'Or, 
B.  1355.) 

3.  Gourtépée,  op.  cit.,  t.  III,  p.  242;  Archives  de  la  Gôte-d'Or, 
B.  347. 

4.  Peincedé,  t.  XI,  p.  331. 

5.  Perry,  Histoire  de  Chalon,  p.  256. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  vij 

échange  de  la  seigneurie  de  Saint-Romain1;  qu'il  passa  en 
revue  à  Saint-Marcel-lès-Chalon ,  le  3  août  de  la  même 
année,  les  troupes  envoyées  par  le  duc  de  Bourgogne  au 
secours  du  comte  de  Savoie2,  et  qu'il  réduisit  à  trente  en 
1389,  du  consentement  du  duc,  le  nombre  des  courtiers  de 
commerce  de  la  ville  de  Chalon,  jugé  excessif3.  Le  9  avril 
1391,  il  reçut  un  nouveau  titre  et  une  fonction  nouvelle  :  il 
fut  nommé  châtelain  de  la  Colonne,  châtellenie  située  sur 
les  rives  de  la  Saône4,  c'est-à-dire  qu'il  fut  chargé  d'admi- 
nistrer cette  châtellenie,  d'y  percevoir  les  redevances  ducales, 
d'y  prononcer  et  d'y  lever  les  amendes  sur  les  vilains,  et  de 
veiller  à  l'entretien  du  château. 

Guillaume  de  la  Marche  était  un  serviteur  intelligent  et 
zélé,  toujours  prêt  à  étendre  les  possessions  et  à  accroître  le 
pouvoir  de  son  maître.  Ce  fut  par  lui  que  Philippe  le  Hardi 
acquit,  en  1400,  la  vicomte  de  Chalon  et  tous  les  droits  qui 
en  dépendaient,  comme  les  cens  payés  au  vicomte  par  les 
propriétaires  de  certaines  maisons,  droits  longtemps  disputés 
par  la  maison  de  Damas,  à  qui  appartenait  la  tour  de  Mar- 
cilly,  d'où  elle  prétendait  dominer  la  ville5.  Il  était  du  reste 
«  homme  de  grand  honneur  et  estât6,  »  prodigue  du  sien, 
non  par  gloriole,  mais  par  un  sentiment  élevé  du  devoir,  et 
dépensait  bien  au  delà  de  ses  revenus  pour  soutenir  le  poids 
de  sa  dignité.  Aussi  le  duc,  qui  l'avait  en  haute  estime  et 
qui  le  voyait  s'endetter,  malgré  l'accroissement  apparent  de 
sa  fortune  territoriale7,  lui  fit-il  plusieurs  libéralités.  Il  alla 

1.  Archives  de  la  Gôte-d'Or,  B.  1260;  Dom  Plancher,  op.  cit., 
t.  III,  p.  109. 

2.  Id.,  B.  11752. 

3.  Terrier  de  Chalon,  fol.  vin™  xv;  Peincedé,  t.  XI,  p.  331. 

4.  Peincedé,  t.  V,  p.  4. 

5.  Courtépée,  op.  cit.,  t.  III,  p.  213. 

6.  Lettres- patentes  du  duc,  du  29  décembre  1437.  (Archives 
de  la  Gôte-d'Or,  B.  339.) 

7.  Après  avoir  vendu  la  terre  de  Saint-Martin-en-Bressc  pour 


viij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

plus  loin  encore.  Marguerite  de  Flandre,  femme  de  Philippe 
le  Hardi,  avait  amené  avec  elle  en  Bourgogne  et  attaché  à 
son  hôtel,  en  qualité  de  dame  d'honneur,  une  jeune  fille, 
Marie  Dayne,  «  laquelle  estoit  sa  pauvre  parente  et  ser- 
vante, descendue  et  extraicte  du  sanc  de  Flandres  et  des 
bastardes  du  comte  Loys1.  »  Le  duc  donna  cette  cousine 
illégitime  de  sa  femme  en  mariage  à  Guillaume  de  la  Marche, 
qui  était  déjà  deux  fois  veuf  et  qui  avait  plusieurs  enfants 
de  ses  unions  précédentes2.  Il  l'introduisit  par  là  pour  ainsi 
dire  dans  sa  famille,  et  lui  remit  en  même  temps,  sous  forme 
de  dot,  une  assez  forte  somme  d'argent  pour  soutenir  l'éclat  de 
sa  maison3.  Malheureusement,  cette  provende  inattendue  fut 
bientôt  dissipée  ;  Philippe  le  Hardi  fut  lui-même  obligé,  en 
1399,  de  réduire  les  pensions  qu'il  accordait  à  ses  principaux 
officiers  et  sur  l'état  desquels  était  couché  son  fidèle  bailli 4, 
et  lorsque  celui-ci,  chargé  de  jours,  vint  à  rendre  son  âme 
vaillante  au  Seigneur,  il  laissa  beaucoup  de  regrets,  mais 
fort  peu  de  rentes 5. 

acquitter  ses  dettes,  Guillaume  II  de  la  Marche  put  acheter  de 
Guillaume  de  Sercey  et  des  deniers  d'une  de  ses  belles-filles  une 
portion  de  la  seigneurie  de  Villargeau,  qui  était  en  franc-alleu 
et  qu'il  reconnut  tenir  en  fief  du  duc  en  1391.  (B.  10538  et  11130; 
Peincedé,  t.  X,  p.  118.)  Il  possédait  aussi  la  terre  de  la  Cha- 
pelle de  Villers,  dans  le  bailliage  d'Autun.  (Peincedé,  t.  XVIII, 
p.  778.) 

1.  Lettres  patentes  précitées,  du  29  décembre  1437.  Un  certain 
Jean  d'Ayne,  ou  Dayne,  fut  chambellan  de  Philippe  le  Bon.  (De 
la  Barre,  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  de  France  et  de  Bour- 
gogne, b.  218.) 

2.  Mêmes  lettres  patentes. 

3.  Idem. 

4.  Dom  Plancher,  Histoire  de  Bourgogne,  t.  III,  preuves,  p.  193. 

5.  Guillaume  de  la  Marche  mourut  le  17  mai  1404.  (Voir  son 
épitaphe  dans  la  Collect.  de  Dom  Villevieille,  vol.  55,  Cab.  des  titres, 
136  bis,  fol.  136,  à  la  Bibl.  nat.,  et  lettres  patentes  du  duc,  du 
28  août  1406,  B.  11130.)  Il  fut  inhumé  dans  la  chapelle  de  la 
Marche,  ou  des  Quatre-Seigneurs ,  élevée  sur  le  cimetière  qui 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  ix 

Le  plus  clair  de  son  patrimoine,  grevé  de  dettes,  c'étaient 
ses  enfants,  qui  furent  au  nombre  de  six  au  moins,  nés  de 
ses  trois  lits  différents1.  Trois  étaient  encore  vivants  en 
1430 2;  ils  se  nommaient  Guillemette,  d'abord  femme  de 
chambre  de  la  duchesse  Marguerite,  mère  de  Jean  sans 
Peur3,  puis  mariée  à  Claude  de  Dammartin,  chevalier,  sei- 
gneur de  Bellefond4;  Antoine,  dont  nous  parlerons  tout  à 
l'heure;  Philippe,  enfin,  père  de  notre  chroniqueur.  Les 
autres  :  Guillaume,  qui  épousa  Flour  ou  Flore  de  Sercey, 
fille  de  Jean  de  Sercey,  chevalier,  dont  il  eut  cinq  enfants5; 

entourait  l'église  de  Villegaudin  en  1399.  On  y  voyait  encore 
son  tombeau  au  xvme  siècle.  (Courtépée,  op.  cit.,  t.  III,  p.  460.) 
Parmi  les  libéralités  faites  au  bailli  par  le  duc,  figurait  une  rente 
de  30  livres  perçue  en  la  recette  de  la  chàtellenie  de  Verdun-sur- 
le-Doubs,  sur  la  terre  de  Villargeau,  acquise  par  Guillaume. 
(B.  10538.) 

1.  Main  levée  du  duc  Jean  sur  la  terre  de  Villargeau,  du 
28  août  1406  (B.  11730)  et  lettres  patentes  du  duc  de  1415.  (B.  339.) 

2.  C'est  ce  qui  résulte  d'un  acte  du  30  mai  de  cette  année,  où 
figurent  comme  «  ayants  cause  de  Guillaume  II  :  Guillemote  ... 
jadis  femme  de  feu  Claude  de  Dommartin,  ...  Antoine  ...,  sei- 
gneur de  Cbastelregnault,  et  Philippe,  son  frère,  seigneur  de  la 
Marche,  et  les  enffens  et  héritiers  de  feu  Guillaume  de  la  Marche 
(Guillaume  III),  c'est  assavoir  Vauthier  et  Antoine,  ses  enffens, 
et  Marie,  femme  de  Guiot  Guilbert,  laquelle  fut  fille  de  feu  Phi- 
lippe de  la  Marche.  »  (Extrait  d'un  protocole  de  notaire,  Arch.  de 
la  Côte-d'Or,  B.  11342;  quittance  du  28  avril  1430,  dans  Palliot, 
Histoire  généalogique  de  la  maison  de  Bouton,  preuves,  p.  25.) 

3.  Dom  Plancher,  t.  III,  p.  143. 

4.  Peincedé,  t.  XVII,  p.  119,  et  Archives  de  la  Côte-d'Or, 
B.  11403,  11411. 

5.  L'ainé  fut  probablement  Philippe,  qui  était  mort,  comme  on 
l'a  vu,  avant  1430,  laissant  une  fille,  Marie,  femme  de  «  noble 
homme  »  Guiot  Guilbert,  veuve  en  1431.  (B.  376.)  Quant  aux 
autres,  ils  se  nommaient  Vauthier,  Antoine,  cités  plus  haut, 
note  2,  Marguerite  et  Catherine.  Vauthier  avait  seulement  une 
douzaine  d'années  en  1406,  date  à  laquelle  leur  père  était  déjà 
mort.  (Voy.  B.  11342  et  lettres  patentes  du  duc,  du  28  août  1406, 


X  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

Marguerite  et  Catherine,  chanoinesse  à  Mons,  étaient  décédés 
avant  cette  date1.  Sans  la  bonne  duchesse,  sa  parente  de  la 
main  gauche,  Marie  Dayne  n'aurait  pu  les  élever,  «  car  ils 
ne  tenoient  rien  de  leur  père  »  et  elle  avait  été  contrainte, 
disent  des  lettres  de  Jean  sans  Peur,  «  d'abandonner  le  sien  à 
sesdits  enfants  pour  les  nourrir,  monter  et  armer2.  »  Mais 
Marguerite  de  Flandre  vint  charitablement  à  son  aide 3  et  la 
recommanda  avec  chaleur  à  son  fils  avant  de  mourir,  en  1404. 
Jean  sans  Peur  s'en  souvint  plus  tard,  d'abord  en  lui  rendant, 
le  28  août  1406,  la  jouissance  de  sa  terre  de  Villargeau, 
mise  sous  la  main  du  duc  «  par  deffault  de  fyé  non  congneu,  » 
c'est-à-dire  pour  non-accomplissement  des  devoirs  féodaux, 
puis  lorsque,  après  avoir  achevé  sa  tâche  maternelle,  marié  sa 
fille  et  fait  endosser  le  froc  ou  la  cuirasse  à  ses  fils,  la  pauvre 
veuve,  épuisée  de  forces  et  d'argent,  sans  toit  et  presque  sans 

précitées.)  En  1436,  Philippe  le  Bon  donna  à  Marguerite  la  ferme 
de  la  "Vulst,  en  considération  de  l'avancement  de  son  mariage. 
(Archives  du  Nord,  B.  1958.)  Quant  à  Vauthier  et  Antoine,  dit 
le  Rousseau,  ils  portèrent  tous  deux  les  armes  et  figurent  dans 
un  grand  nombre  de  montres  des  années  1414  à  1429,  sous  les 
ordres  de  Guillaume  de  Vienne  et  dAntoine  de  Toulongeon. 
Vauthier  fut  chargé  de  quelques  missions  par  le  duc.  (B.  11940.) 
Antoine,  seigneur  de  la  tour  de  Saudon,  à  Chalon-sur-Saône, 
qui  fut  maréchal  de  la  lice  au  pas  de  la  Fontaine  de  Plours  en 
1449,  épousa  Françoise  de  Moroges,  dont  il  eut  une  fille,  Anne, 
mariée  à  J.  de  Saulx  du  Meix.  (Cherche  des  feux  du  bailliage  de 
Chalon-sur-Saône  en  1449;  Peincedé,  t.  XVIII,  p.  490.) 

1.  V.  sur  ces  deux  dernières  filles  de  Guillaume  une  curieuse 
lettre  écrite  le  2  septembre  1399  par  la  duchesse  Marguerite  de 
Flandre  au  bailli  de  Chalon  (Bibl.  nat.,  ms.  lat.  9869,  p.  216),  et 
publiée  par  M.  Stein,  p.  152.  Peut-être  faut-il  ajouter  à  cette 
liste  Henri  de  la  Marche,  qui  fut  abbé  de  Saint-Pierre  de  Chalon 
de  1419  à  1436  (Perry,  Histoire  de  Chalon,  preuves,  p.  112; 
Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  11624),  bien  qu'il  ne  figure  pas 
parmi  les  héritiers  de  Guillaume  de  la  Marche,  car  l'on  sait  que 
les  moines  étaient  morts  civilement. 

2.  Lettres  du  10  octobre  1415,  B.  339. 

3.  Lettres  patentes  précitées  du  28  août  1406. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  xj 

pain,  vint  solliciter  un  asile  de  la  munificence  ducale.  Il  lui 
donna,  pour  sa  vie  durant,  un  sien  «  hostel,  appelé  le  chaf- 
faul  de  Saint-Trivier,  »  dans  le  village  de  Bragny ,  près  Ver- 
dun-sur-le-Doubs,  le  droit  de  prendre  son  chauffage  dans  les 
bois  du  Chaffaul  et  60  livres  de  rente  sur  la  recette  de  Ver- 
dun *.  Ce  ne  fut  pas  tout.  Par  son  testament  du  2  jan- 
vier 1425,  Catherine  de  Bourgogne,  duchesse  d'Autriche, 
lui  laissa  «  en  récompensation  des  aggréables  services  qu'elle 
luy  avoit  faits  »  200  fr.,  une  robe  de  velours  noir  fourrée 
de  menu  gris  et  le  château  de  Bragny 2.  Malheureusement 
ce  dernier  rayon  de  soleil  eut  à  peine  le  temps  de  réchauffer 
sa  vieillesse. 

Nous  nous  sommes  peut-être  trop  attardés  aux  origines 
de  cette  race,  qui  n'eût  laissé,  malgré  ses  vertus  guerrières, 
aucune  trace  dans  l'histoire,  si  l'un  de  ses  membres  n'eût  eu 
la  pensée,  alors  peu  commune,  d'allier  la  plume  à  l'épée. 
Mais  il  n'est  pas  inutile  d'observer,  même  dans  un  miroir 
restreint,  comment  vivaient  au  moyen  âge  la  plupart  des 
familles  nobles,  qu'on  se  figure  d'ordinaire  indépendantes  et 
ombrageuses  dans  leurs  manoirs,  tenant  à  distance  à  la  fois 
le  prince  et  leurs  vassaux,  reines  absolues  au  sein  de  leurs 
domaines  dont  elles  défendaient  l'accès  jusqu'au  suzerain. 
Ce  qui  pouvait  être  vrai  de  quelques  grandes  maisons  féo- 
dales ne  l'était  guère  de  presque  toutes  les  autres,  au  moins 
de  la  classe  intermédiaire  qui,  trop  peu  riche  pour  s'isoler, 
pas  assez  pauvre  pour  se  perdre  dans  le  vilenage,  demandait 
aux  armes,  après  l'aliment  quotidien,  le  rehaussement  de 
son  rang  et  l'accroissement  de  sa  fortune.  Elle  se  serrait 
autour  du  souverain  et,  en  écha  nge  d'une  fidélité  dans  laquelle 
elle  mettait  son  orgueil,  recevait  de  lui  une  protection  qui 


1.  Lettres  de  1415;  acte  de  1529.  (B.  1643.) 

2.  Dotn  Plancher,  t.  III,  preuves,  p.  233.  Patentes  du  duc  en 
1427  pour  payer  cette  somme,  qui  fut  versée  le  22  novembre  1429 
à  Antoine  de  la  Marche,  fils  de  la  légataire,  alors  défunte.  (B.  365.) 


XI j  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

couvrait  jusqu'à  sa  descendance.  En  Bourgogne  notamment, 
où  tout  servait  le  duc,  le  respect  pour  sa  qualité,  le  train 
magnifique  de  sa  maison,  l'étendue  de  ses  domaines,  le  grand 
nombre  de  ses  officiers,  l'épuisement  des  vieilles  grandes 
races,  cela  est  particulièrement  visible  :  dès  le  xive  siècle, 
le  gouvernement  s'y  présente  pourvu  de  tous  les  services 
nécessaires  à  un  pouvoir  central,  et  la  noblesse  moyenne  y 
trouve  un  débouché  pour  tous  ses  enfants.  La  domesticité 
royale  n'est  pas  une  invention  de  Louis  XIV  :  longtemps 
avant  lui,  il  existait  en  France  une  classe  essentiellement 
monarchique  de  serviteurs  et  de  protégés  qui  n'attendait 
qu'un  signal  pour  se  grouper,  sans  croire  s'abaisser,  autour 
du  trône.  De  plus,  il  n'est  pas  sans  intérêt  de  rechercher, 
parmi  les  ancêtres  d'Olivier  de  la  Marche,  celui  dont  la  phy- 
sionomie se  rapproche  davantage  de  la  sienne  ;  c'est  de  son 
aïeul,  le  bailli  de  Chalon,  qu'il  tient  la  loyauté,  le  dévoue- 
ment à  toute  épreuve,  le  culte  de  l'honneur  et  de  la  personne 
de  ses  maîtres  ;  c'est  de  lui,  et  sans  doute  aussi  de  sa  grand'- 
mère,  ce  rejeton  indirect  d'une  souche  princière,  qu'il  a 
hérité  sa  vénération  pour  la  «  très  haute,  puissante,  doubtée 
et  renommée  maison  de  Bourgogne,  »  dont  il  dirait  volon- 
tiers, si  la  branche  royale  n'existait  pas  :  «  C'est  la  plus 
grande  du  monde,  »  son  goût  pour  la  splendeur  et  pour  les 
fêtes,  sa  haine  pour  la  lésine,  surtout  chez  les  grands,  son 
amour  de  la  justice  et  de  la  bonne  équité,  et  aussi  son  mépris 
de  l'outrecuidance,  de  la  présomption,  «  des  cuideurs  de 
valoir,  »  sa  profonde  soumission  aux  desseins  impénétrables 
de  la  Providence,  aux  «  coups  de  fouet  et  divines  bateures  » 
qui  changent  en  un  clin  d'œil  la  fortune  humaine,  et  qui 
font  parfois  du  fils  légitime  d'un  noble  seigneur  un  homme 
de  petit  état,  tandis  qu'ils  élèvent  subitement  son  bâtard, 
«  vivant  et  régnant  en  vertu,...  car  Dieu  n'est  pas  accep- 
teur des  hommes,  mais  des  vertus  et  des  vices.  » 

Fortement  trempés  par  l'éducation  virile  que  leur  donna 
leur  mère,  les  fils  de  Guillaume  de  la  Marche  soutinrent  vail- 


NOTICE    BIOGRAPHIQUE.  xiij 

lamment  le  faix  du  nom  paternel.  Né  en  1395  *,  tenu  sur 
les  fonts  baptismaux  le  24  mars  1396,  à  Chalon,  par  le  duc 
en  personne,  seigneur  de  la  terre  de  Chàteaurenaud  (qu'il 
avait  su  disputer  aux  créanciers  de  son  père),  de  Chassey 
et  d'une  partie  de  celle  de  la  Marche,  écuyer  et  échanson  de 
Jean  sans  Peur-,  conseiller  et  chambellan  de  Philippe  le 
Bon3,  Antoine  se  trouve  partout  où  il  y  a  un  coup  de  lance 
à  fournir,  une  négociation  à  poursuivre  ou  un  service  déli- 
cat à  rendre  au  duc,  en  Flandre,  en  Languedoc,  en  Cham- 
pagne, à  Paris.  En  juillet  1417,  il  est  à  Beauvais,  en 
qualité  de  «  chef  de  chambre,  »  dans  la  compagnie  de  Jean 
de  Toulongeon,  qu'il  suit  depuis  1414 4;  en  septembre  de 
la  même  année,  il  revient  à  Màcon 5  ;  en  mars  suivant,  le 
duc  l'envoie6  avec  Regnault  de  Montconis  conclure  une 
alliance  avec  la  comtesse  de  Savoie  ;  dans  le  cours  de  la 
même  année,  nous  le  trouvons  à  Paris  et  à  Troyes,  où  il 
rend  de  grands  services  à  la  reine  de  France 7  ;  il  tente  de 
faire  lever  le  siège  de  Marcigny-les-Nonnains,  que  pressaient 
les  troupes  du  dauphin  en  1419 8  ;  au  mois  d'août  de  la  même 
année,  il  est  envoyé  par  Jean  sans  Peur  au  dauphin  Charles, 


1.  Bibl.  nat.,  Collection  de  Bourgogne,  vol.  23,  fol.  84.  Dans  une 
enquête  faite  en  1 438  par  ordre  du  duc  au  sujet  des  Écorcheurs, 
il  se  dit  âgé  de  cinquante  ans.  ( Archives  de  la  Cùte-d'Or,  B.  11881.) 

2.  Compte  de  Jean  Fraignot,  de  1417,  fol.  128;  Mémoires  pour 
servir  à  l'histoire  de  France  et  de  Bourgogne,  b.  144. 

3.  Même  compte,  fol.  2G1  ;  compte  de  M.  Regnault,  de  1438, 
fol.  12,  43;  mômes  Mémoires,  b.  188;  H.  Beaune  et  J.  d'Arbau- 
mont,  la  Noblesse  aux  états  de  Bourgogne,  p.  231;  Archives  de  la 
Côte-d'Or,  B.  355,  1588,  112-10. 

4.  Peincedé,  t.  XXII,  p.  529. 

5.  Archives  de  la  Cùte-d'Or,  B.  11939. 

6.  Compte  de  Jean  de  Noident,  de  1415  à  1418;  Peincedé, 
t.  XXII,  p.  463. 

7.  Compte  de  Pierre  Coremont,  receveur  générai  de  France, 
1417-1418;  Mémoires  pour  servir.,  etc.,  b.  127;  B.  11939. 

8.  Lettres  patentes  du  duc  du  29  décembre  1437.  (B.  339.) 


XÎV  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

qui  se  trouvait  à  Bourges,  afin  de  le  presser  de  donner  sa  rati- 
fication au  traité  de  paix  récemment  publié1  ;  fait  prisonnier 
sur  le  pont  de  Montereau  lors  du  meurtre  de  Jean  sans  Peur, 
il  y  est  rançonné  et  «  misàgrant  finance2;  »  en  1420,  Phi- 
lippe le  Bon  le  retient  avec  plusieurs  autres  chevaliers  pour 
le  siège  de  Melun,  qu'il  assiège  avec  le  roi  d'Angleterre3,  le 
paye  de  ses  propres  deniers4  et  lui  remet  après  la  prise  de  la 
ville  200  livres  de  gratification 5  pour  réparer  les  pertes 
qu'il  avait  faites  et  qui  l'avaient  obligé  à  aller  vendre  «  ses 
robes  et  joyaux  en  la  ville  de  Troyes 6  ;  »  lorsque  Jean  de 
Toulongeon  assemble  un  certain  nombre  de  seigneurs  avec 
leurs  vassaux  pour  courir  au  secours  de  Cravant,  assiégée 
par  les  Armagnacs,  Antoine  est  au  premier  rang  delà  troupe 
bourguignonne7;  il  figure  encore  sous  les  ordres  de  ce  chef 
en  14278,  en  1430 9,  sous  les  murs  de  la  forteresse  de  Larrey, 
enlevée  par  les  ennemis  du  duc;  il  prend  part  à  une  expédi- 
tion contre  les  Ecorcheurs  autour  de  Beaune  et  de  Pontailler, 
et  dépose  dans  une  enquête  faite  à  ce  sujet  à  Auxonne  en 
1438.  Bref,  tour  à  tour  diplomate  et  soldat,  il  guerroie  et 
traite  au  mieux  des  intérêts  de  son  maître  jusqu'à  son 
dernier  jour,  survenu  le  23  décembre  1438  à  Dijon  10.  Aussi, 

1.  Dom  Plancher,  t.  III,  p.  518.  Il  reçut  pour  ce  voyage  84  fr. 
(Compte  de  Jean  de  Noident,  et  B.  355.) 

2.  Lettres  du  29  décembre  1437. 

3.  Compte  de  Jean  Fraignot,  de  1421,  fol.  234,  253;  Mémoires 
pour  servir,  etc.,  a.  241. 

4.  Compte  de  Guy  Guilbaut,  1420-1421.  (B.  1612.) 

5.  Mémoires  pour  servir,  etc.,  a.  242. 
G.  Lettres  patentes  précitées  de  1437. 

7.  Compte  de  Jean  Fraignot,  de  1423.  (B.  1622.) 

8.  B.  11801.  —  En  octobre  1424,  il  était  mandé  par  le  duc  à 
Tournus  pour  assiéger  la  forteresse  de  Solutré.  (B.  11721.) 

9.  B.  11802. 

10.  Il  fut  inhumé  dans  l'église  de  Ghâteaurenaud.  (Courtépée, 
t.  III,  p.  421.)  Son  épitaphe  est  conservée  dans  la  Collection  de  D. 
Villevieille,  vol.  55,  fol.  138,  à  la  Bibl.  nat. 


NOTICE  BIOGRAPHIQUE.  XV 

celui-ci,  dont  le  père  lui  avait  déjà,  en  1416,  accordé  une 
rente  viagère  de  50  livres  sur  sa  terre  de  Perrigny,  près 
Verdun-sur-le-Doubs1,  et  fait  divers  dons  en  nature  ou  en 
argent,  croit  devoir,  un  peu  tardivement,  récompenser 
ses  services  en  lui  faisant  pendant  cinq  ans  une  pension  de 
200  livres,  dont  il  ne  toucha  qu'une  annuité2. 

A  côté  de  la  figure  énergique  d'Antoine  de  la  Marche  celle 
de  son  frère  Philippe  paraît  un  peu  pâle  et  effacée.  C'est 
aussi  un  homme  d'armes,  un  écuyer  ordinaire  d'écurie  du 
duc3,  et  il  en  remplit  avec  conscience  tous  les  devoirs.  De 
1414  à  1431,  il  chevauche  dans  plusieurs  compagnies,  der- 
rière les  seigneurs  de  Salenove4,  de  Bussy5,  Jean  et  Antoine 
de  Toulongeon 6,  «  en  la  chambre  de  Mgr  de  Saint- Aubin7  ;  » 

1.  Archives  de  la  Gôte-d'Or,  B.  339.  —  Jean  sans  Peur  lui 
avait  aussi  permis,  le  18  septembre  1418,  de  faire  battre  à  son 
profit  100  marcs  d'argent  lin  à  la  monnaie  de  Màcon.  (Idem, 
B.  11210.)  On  peut  consulter  aux  mêmes  Archives,  sur  Antoine, 
diverses  pièces,  quittances,  mandements  de  paiement,  etc.,  de 
1418  à  1429,  B.  11939,  1643  et  365,  et  surtout  les  lettres  préci- 
tées du  29  décembre  1437,  par  lesquelles  le  duc  lui. fit  don  d'une 
somme  de  1,000  fr.  pour  le  dédommager  des  pertes  qu'il  avait 
faites  à  son  service. 

2.  Lettres  patentes  précitées  du  29  décembre  1437.  Antoine  de 
la  Marche  ne  paraît  pas  avoir,  de  son  union  avec  Marguerite  de 
Gornalou,  laissé  d'enfants  qui  lui  aient  longtemps  survécu,  car 
la  terre  de  Ghàteaurenaud  passa  à  son  neveu  Olivier  et  à  sa  nièce 
Jeanne,  qui  apporta  sa  part  en  mariage  à  Jean  Le  Mairet,  et  la 
donna  ensuite  en  dot  à  sa  fille,  mariée  en  1498  à  Guillaume  de 
Thuillière,  dit  Montjoie.  (Courtépée,  t.  III,  p.  421.) 

3.  État  de  la  maison  de  Philippe  le  Bon,  dans  La  Barre, 
Mémoires,  b.  p.  236.  Philippe  fut  aussi  gruyer  de  Bourgogne. 
(Archives  de  la  Gùte-d'Or,  B.  11411,  et  Bibl.  nat.,  Collection  de 
Bourgogne,  vol.  23,  fol.  86.) 

4.  Archives  de  la  Gùte-d'Or,  B.  11785. 

5.  ld.,  B.  11792. 

6.  ld.,  B.  11788,  11801,  11803. 

7.  ld.,  B.  11803. 


XVj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

il  suit  les  armées  ducales  en  Champagne  et  en  Auxerrois  ; 
il  tient  garnison  dans  le  Charolais  en  1435 l,  il  rejoint  a 
Decize  Philippe  le  Bon  qui  y  traite  de  la  paix  avec  le  duc  de 
Bourbon2  et  peu  après  est  envoyé  au  château  de  Joux,  près 
Pontarlier,  par  Guillaume  de  Vienne,  sire  de  Saint-Georges3, 
pour  résister  au  comte  de  Neufchâtel,  ce  qui  ne  l'empêche 
pas  d'arrondir  modestement  son  patrimoine  à  travers  ces 
courses  guerrières4  et  de  plaider  même  pour  le  défendre5. 
Mais  il  ne  s'élève  pas  au-dessus  du  niveau  ordinaire  et  ne  se 
signale  ni  par  de  grands  services,  ni  par  de  mémorables 
exploits.  Son  plus  solide  titre  d'honneur  est  d'avoir  donné  le 
jour  à  notre  chroniqueur.  Philippe  de  la  Marche  avait 
épousé,  le  15  mars  1421,  Jeanne  Bouton6,  dont  il  eut  deux 
enfants,  Olivier  et  Jeanne7.  Il  mourut,  non  en  1437,  comme 
son  fils  le  dit  dans  ses  Mémoires,  mais  probablement  à  la 
fin  de  1439,  car  il  passait  encore  un  bail  dans  son  fief  de 
Chassey  au  commencement  de  cette  année8. 


1.  Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  11797. 

2.  Marcel  Ganat,  Documents  inédits  pour  servir  à  l'histoire  de 
Bourgogne,  t.  I,  p.  363. 

3.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  u. 

4.  Il  possédait  une  partie  de  la  terre  et  le  château  de  la  Marche, 
un  fief  à  Chassey,  près  Ghalon,  qu'il  tenait  de  sa  femme,  celui  de 
Dyombe,  à  Mervans,  quelques  rentes,  des  bois,  et  un  péage  dans 
cette  dernière  paroisse,  enfin  des  héritages  à  Combertault,  près 
Nuits.  (Archives  générales  de  Belgique  et  Archives  de  la  Côte- 
d'Or,  B.  10740;  Peincedé,  t.  XVIII,  p.  490.) 

5.  Registre  des  causes  du  conseil  ducal  de  1426-1427,  aux 
Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  94  bis. 

6.  Palliut,  Histoire  généalogique  de  la  maison  de  Bouton,  preuves, 
p.  20;  L.  Beauvois,  Le  Bourguignon  Claude  Bouton,  seigneur  de 
Corberon,  1882. 

7.  Bibl.  nat.,  Collection  de  D.  Villevieille,  55,  fol.  138. 

8.  Ce  bail  est  rappelé  dans  un  acte  du  13  avril  1641.  (Archives 
de  la  Côte-d'Or,  B.  10740.) 


NOTICE  BIOGRAPHIQUE.  XVlj 

Comme  d'habitude,  les  biographes  ne  se  sont  pas  mis  d'ac- 
cord sur  l'époque  précise  où  naquit  Olivier.  D'après  Valère 
André1,  il  serait  né  en  1380,  ce  qui  ne  lui  aurait  pas  donné 
moins  de  cent  vingt-un  ans  au  moment  de  sa  mort.  Plusieurs 
l'ont  fait  naître  en  14222,  d'autres  en  1427.  MM.  Weiss3et 
Vallet  de  Viriville4  indiquent  la  date  de  1426,  qui  est  aussi 
adoptée  par  l'abbé  Boullemier,  dans  ses  notes  manuscrites 
conservées  à  la  bibliothèque  publique  de  Dijon,  et  par  un 
autre  érudit,  M.  Gérard,  dans  son  mémoire  manuscrit  sur 
la  vie  et  les  ouvrages  d'Olivier  de  la  Marche,  aujourd'hui 
déposé  à  la  bibliothèque  royale  de  La  Haye.  Enfin  M.  le 
baron  Kervyn  de  Lettenhove,  dans  les  Lettres  et  négocia- 
tions de  Philippe  de  Commines,  préfère  la  date  de  1420, 
tandis  que,  dans  son  intéressante  Étude  sur  notre  chroni- 
queur, M.  H.  Stein  incline  vers  celle  de  1425.  Ces  divergences 
s'expliquent  aisément  ici,  car  Olivier  de  la  Marche,  comme 
la  plupart  de  ses  contemporains,  ne  connaissait  pas  exacte- 
ment lui-même  son  âge  et  le  détermine  souvent  d'une  manière 
erronée  dans  le  cours  de  ses  Mémoires  ou  de  ses  autres 
écrits.  Si  l'on  en  croit  son  Introduction,  il  aurait  été  dans 
sa  soixante-sixième  année  en  1488,  c'est-à-dire  au  moment 
où  Philippe  le  Beau,  à  qui  ce  travail  est  adressé,  avait  dix 
ans.  Ailleurs,  il  se  donne  huit  à  neuf  ans  lors  de  son  entrée 
à  l'école  de  Pontarlier  et  de  la  publication  du  traité  d'Arras, 
en  1435,  et  treize  en  1439,  lorsqu'il  fut  présenté  à  Chalon- 
sur-Saône  au  duc  Philippe  le  Bon  et  admis  au  nombre  de 
ses  pages.  En  adressant  à  Maximilien,  au  mois  de  juin  1500, 
son  Advis  des  grands  officiers  que  doit  avoir  un  roi,  il 
se  dit  âgé  de  soixante-seize  ans,  et,  deux  années  plus  tôt, 


i.  Biblioiheca  belgica,  p.  707. 

2.  Gourtépée,  t.  III,  p.  460;  Villeneuve,  Histoire  de  René  d'An- 
jou; Papillon,  Bibliothèque  des  auteurs  de  Bourgogne,  t.  II,  p.  19. 

3.  Biographie  Michaud. 

4.  Biographie  Didot. 

b 


XVÎij  NOTICE    BIOGRAPHIQUE. 

en  1598,  il  n'avoue  que  soixante-dix  ans1.  Cette  dernière  indi- 
cation paraît  seule  exacte  et  recule  à  1428  environ  l'époque 
de  sa  naissance.  La  date  de  1425  ou  de  1426,  acceptée  sur 
sa  foi  par  quelques-uns  de  ses  biographes  les  plus  récents, 
correspond  bien ,  il  est  vrai ,  à  l'âge  qu'il  s'attribue  au 
moment  des  graves  événements  qui  ont  marqué  dans  les 
souvenirs  de  son  enfance  ;  mais  elle  ne  s'accorde  nullement 
avec  celle  des  séjours  de  Philippe  le  Bon  à  Chalon-sur-Saône, 
date  fixée  d'une  manière  invariable  et  précise  par  des  docu- 
ments authentiques.  Le  duc  ne  vint  pas  en  Bourgogne  dans 
tout  le  cours  de  l'année  1439  ;  il  ne  s'y  rendit  qu'à  la  fin  de 
1441  et  n'arriva  qu'en  mars  1442  (n.  st.)  à  Chalon,  où  il 
demeura  jusqu'au  8  avril2.  L'année  suivante,  il  y  revint 
encore  et  y  séjourna  du  25  juin  au  10  juillet3.  Si  Olivier  lui  fut 
présenté  pour  la  première  fois  dans  cette  ville,  alors  qu'il  avait 
environ  treize  ans4,  cette  présentation  n'ayant  pu  avoir  lieu 
avant  mars  1442,  la  date  de  sa  naissance  doit  être  repor- 
tée aux  derniers  mois  de  l'année  1428,  ou  aux  premiers 
de  1429,  dans  le  courant  de  mars  vraisemblablement5.  Il  a 
pu  en  effet  se  tromper  de  quelques  semaines  dans  l'évalua- 
tion approximative  de  son  âge  et  même  de  quelques  années 
sur  l'époque  de  son  admission  parmi  les  pages;  mais  il  est 
difficile  d'admettre  qu'il  ait  commis  une  erreur  sur  le  lieu  où 
il  a  été  reçu  à  la  cour  et  où  il  a  pour  la  première  fois  fléchi 
le  genou  devant  son  «  très  redoubté  seigneur6.  »  Un  souve- 

1.  V.  infra,  dans  la  Notice  bibliographique,  la  mention  des  vers 
adressés  par  lui  à  Philippe  le  Beau,  alors  âgé  de  vingt  ans. 

2.  Marcel  Canat,  Documents  inédits  pour  servir  à  l'histoire  de 
Bourgogne,  t.  I. 

3.  Id. 

4.  «  Je  pouvois,  dit-il,  avoir  treize  ans  d'eaige.  » 

5.  V.  plus  loin  son  testament. 

6.  Dans  le  chap.  v  du  liv.  I  des  Mémoires,  Olivier  dit  qu'il  vit 
pour  la  première  fois  Philippe  le  Bon  lors  du  jugement  de  la 
contestation  du  sire  de  Ghahannes  avec  le  sire  de  Pesntes.  Or, 
ce  jugement  eut  lieu  en  juillet  1443,  à  Chalon.  Il  convient  donc 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XIX 

nir  aussi  matériel  se  fixe  à  tout  jamais  et  ne  s'efface  point 
de  la  mémoire  d'un  enfant. 

Les  historiens  varient  sur  la  date  de  sa  naissance  et  ne 
sont  pas  mieux  d'accord  sur  le  lieu  qui  lui  servit  de  berceau. 
La  plupart  se  contentent  d'indiquer  le  comté  de  Bourgogne; 
quelques-uns,  plus  sages,  confessent  leur  ignorance;  d'autres 
enfin  désignent  le  château  de  Joux,  dont  son  père  aurait 
alors  été  gouverneur.  Il  est  vrai  qu'en  parlant  de  la  mission 
donnée  à  Philippe  de  la  Marche  par  Guillaume  de  Vienne, 
Olivier  dit  que  son  père,  prévoyant  un  séjour  de  longue 
durée,  emmena  avec  lui  «  son  ménage  celle  part,  »  c'est-à- 
dire  sa  femme  et  sa  maison.  Mais  cette  petite  émigration 
n'eut  lieu  qu'en  1434  au  plus  tôt  et  plus  vraisemblablement 
en  1435.  Il  était  alors  né  depuis  plusieurs  années.  Jusqu'à 
ce  moment,  sauf  pendant  ses  expéditions  militaires,  Philippe 
de  la  Marche  ne  quitta  pas  sa  maison-forte  de  Bresse,  qu'ha- 
bitait d'ailleurs  constamment  sa  femme.  Elle  y  donna  le 
jour  à  son  fils  et  celui-ci  fut  baptisé  le  25  mars,  dans  l'église 
paroissiale  de  Villegaudin ,  où,  en  mémoire  de  cet  événement, 
il  fonda,  par  ses  dernières  dispositions,  un  Salve  Regina  à 
perpétuité1.  Le  château  de  la  Marche  ne  faisait  point  partie 
du  comté  de  Bourgogne,  mais  de  ce  que  l'on  appelait  alors 
les  terres  d'outre-Saône,  du  ressort  de  Saint-Laurent,  limi- 
trophes de  ce  comté2.  Olivier  n'est  donc  point  Franc-Com- 
tois d'origine;  il  est  natif  d'un  pays  annexé  au  duché. 

Sa  mère  elle-même  était  comme  son  père  Bourguignonne 
de  sang  et  de  race.  La  maison  de  Bouton,  que  Palliot  fait 

d'hésiter  entre  les  années  1142  et  1443  pour  la  date  de  son  entrée 
à  la  conr. 

1.  V.  infra  le  testament  d'Olivier. 

2.  En  1252,  Jean,  sire  de  Salins,  avait  rendu  hommage  au  duc 
Hugues  IV  pour  les  terres  de  la  Marche,  Lessard,  Saint-Ger- 
main et  Montjay,  et,  en  1279,  le  duc  Rohort  II  avait  acquis  de 
Philippe  de  Vienne  la  mouvance  de  Mervans.  Le  parlement  de 
Saint- Laurent -lès  -  Ghalon,  auquel  ressortissaient  les  terres 
d'outre-Saone,  avait  été  établi  par  l<;  roi  Jean  en  1362. 


XX  NOTICE    BIOGRAPHIQUE. 

sortir  du  Brabant1,  était  depuis  près  d'un  siècle  établie  dans 
le  duché,  au  service  de  ses  souverains,  qui  l'avaient  en 
quelque  sorte  attachée  à  leurs  personnes,  et  préludait  à  son 
illustration  future  en  occupant  des  charges  de  confiance. 
Fille  du  seigneur  du  Fay,  chevalier,  châtelain  de  Sagy, 
bailli  de  Dole,  sœur  d'un  échanson,  qui  devint  ensuite 
chambellan  de  Philippe  le  Bon,  Jeanne  Bouton  était  une 
femme  bien  apparentée,  dont  l'alliance,  sans  dépasser  son 
rang,  était  honorable  pour  Philippe  de  la  Marche  ;  d'ailleurs, 
courageuse  et  alerte,  économe  et  avisée,  elle  montra  sa  force 
d'àme  en  éloignant,  après  son  veuvage,  son  fils,  encore 
imberbe,  pour  le  placer  sous  les  yeux  du  duc,  et  la  prudence 
de  sa  gestion  en  accroissant  d'une  façon  notable  le  patrimoine 
de  ses  enfants2.  Elle  y  eut  d'autant  plus  de  mérite  que  son 

1.  Histoire  généalogique  de  la  maison  de  Bouton  de  Chamilly. 

2.  Elle  acquit  à  Saint-Martin-en-Bresse  des  terres  qui  avaient 
autrefois  appartenu  aux  La  Marche  ;  elle  en  acquit  aussi  à 
Diconne,  à  Ghassey,  tandis  qu'en  1447  elle  vendait  aux  Carmes 
de  Chalon  la  moitié  d'une  maison  qu'elle  possédait  dans  cette 
ville.  (Archives  de  Saône-et-Loire ,  E.  M42,  n°  3.)  Enfin,  elle 
acheta,  moyennant  2,000  livres  tournois,  le  19  septembre  1449, 
les  maison-forte,  ville  et  chàtellenie  de  Louhans,  en  toute  jus- 
tice, de  Guillaume  de  Vienne,  seigneur  de  Saint-Georges  et  de 
Sainte-Croix,  et  de  Jean,  son  fils.  (Archives  de  la  Côte-d'Or,  B. 
1256;  Bibl.  nat.,  Collect.  de  D.  Villevieille,  vol.  55,  fol.  138.)  Mais,  le 
13  novembre  suivant,  le  duc  exerça  le  retrait  féodal  sur  cette 
terre  considérable  en  remboursant  le  prix  d'achat  (id.,  B.  1713, 
fol.  115,  et  B.  1722,  fol.  62),  pour  la  rétrocéder  en  1452  aux 
Vienne,  qui'  s'engagèrent  à  ne  jamais  la  mettre  hors  de  leurs 
mains,  sous  peine  de  la  voir  passer  de  plein  droit  au  duc.  (Pein- 
cedé,  t.  I,  p.  74  et  suiv.)  Ce  fut  peut-être  pour  consoler  la  dame 
de  la  Marche  de  cette  perte  que,  le  31  janvier  1451  (v.  st.),  Phi- 
lippe le  Bon  lui  accorda  une  pension,  ou  plutôt  l'envoya  en  pos- 
session d'une  rente  acquise  par  elle  sur  des  fiefs  mouvant  du 
château  de  Rochefort.  (Archives  générales  de  Belgique,  Chartes 
de  ï Audience,  37.)  Mais  il  ne  parait  pas  qu'il  ait  conféré  à  son  fils 
l'office  de  capitaine  de  Louhans,  qu'elle  lui  demandait  en  récom- 
pense de.  sa  prompte  soumission.  (Palliot,  preuves,  p.  32.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  Xxj 

propre  père  ne  lui  laissa,  sous  forme  d'accroissement  de 
dot,  qu'une  maison  à  Savigny-en-Revermont,  la  chapelle 
Notre-Dame  dans  l'église  Saint-Vivant  de  ce  lieu  et  vingt 
francs  de  rentes1. 

Olivier  n'avait  pas  encore  perdu  son  père  lorsqu'il  fut  mis 
à  l'école  dans  la  petite  ville  de  Pontarlier,  à  une  lieue  de 
Joux,  où  résidait  alors  sa  famille.  Mais,  comme  l'écolier  ne 
pouvait  chaque  jour  parcourir  la  distance  qui  le  séparait  de 
son  maître,  ses  parents  le  confièrent  à  un  gentilhomme  allié 
de  la  maison  de  Bouton,  Pierre  de  Saint-Mauris,  qui  habi- 
tait Pontarlier  et  dont  «  plusieurs  infans  et  neveux  pareil- 
lement alloyent  à  l'escole.  »  Olivier  ne  nous  décrit  pas  comme 
Froissart  les  ébats,  les  joyeux  déduits,  les  enfances  de  ces 
premières  heures  de  la  vie,  selon  le  mot  de  saint  François 
de  Sales;  sa  nature,  moins  vive,  moins  mobile,  moins  à  la 


1 .  «  Item,  je  donne  à  nia  bien  aimée  fille  Jehanne  Bouton,  femme 
de  Philippe  de  la  Marche,  escuier,  en  accroissance  de  son  mariage, 
et  pour  tout  le  droit  qui  lui  pourroit  compéter,  tant  à  cause  de 
moy  que  de  sa  mère  (Jeanne  de  Villers),  ma  maison  de  Savigney- 
en-Revermont,  et,  avec  ce,  la  donacion  de  la  chappelle  dudit 
Savigney,  fondée  par  mon  père  et  mondit  frère,  et,  avec  ce, 
vingt  francs  de  rentes.  »  —  Testament  de  Jean  Bouton,  du 
«  vendredy  après  la  feste  Saint-Anthoine  1436.  »  (Palliot,  op.  cit., 
preuves,  p.  28.)  Jean  Bouton  mourut  le  14  octobre  de  la  même 
année.  Il  avait  donné  à  sa  fille  600  livres  tournois  de  dot,  avec 
la  terre  de  Grandmont,  près  de  Pierre,  moyennant  quoi  elle 
renonça  à  la  succession  de  ses  père  et  mère  en  faveur  de  son 
frère,  le  15  mars  1421.  [kl.,  p.  20.)  —  Jeanne  Bouton  vivait 
encore  en  1452,  comme  le  prouve  l'acte  du  31  janvier  1451  (v.  st.) 
cité  plus  haut.  Elle  mourut  sans  doute  peu  après,  car  on  lit  dans 
une  quittance  de  500  livres,  délivrée  le  5  juillet  1474  par  Olivier  à 
son  oncle  Jacques  Bouton,  que  celui-ci  administra  ses  biens 
pendant  sa  minorité,  après  le  décès  de  Jeanne,  sa  mère.  (Bibl.  nat., 
Colleci.  de  D.  Villevieille,  55,  fol.  138.)  Il  s'agit  ici  évidemment  de 
la  minorité  romaine  de  vingt-cinq  ans,  puisque  sa  mère  vivait 
encore  en  1452.  C'est  une  preuve  à  ajouter  à  celles  que  nous 
avons  données  contre  l'opinion  qui  fait  naître  Olivier  avant  1428. 


XXÎj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

fenêtre  que  celle  du  chanoine  de  Chimay,  dont  il  partage 
pourtant  tous  les  goûts  chevaleresques,  mais  aussi  plus  dis- 
crète, plus  rêveuse  et  plus  mélancolique,  se  refuse  à  donner 
ces  détails  tout  personnels  et  de  mince  intérêt  pour  son  lec- 
teur qu'il  craint  d'ennuyer;  il  se  contente  de  citer  le  nom  de 
deux  de  ses  condisciples,  Jacques  de  Fallerans  et  Etienne  de 
Saint-Mauris,  tous  deux  neveux  de  son  hôte,  et  qu'il  retrouva 
plus  tard,  lorsqu'il  devint  page,  dans  l'hôtel  du  duc.  Il  s'ar- 
rête avec  plus  de  complaisance,  car  ce  fut  «  la  grande  mer- 
veille »  de  son  séjour  dans  la  paisible  et  «  bonne  petite  ville,  » 
à  raconter  l'entrée  «  du  roy  Jaques,  »  c'est-à-dire  de  Jacques 
de  Bourbon,  du  malheureux  époux  de  Jeanne  de  Naples, 
qui,  renonçant,  un  peu  par  force,  à  la  couronne  napolitaine 
et  au  monde,  était  venu  ensevelir  ses  regrets  dans  l'obscurité 
d'un  cloître  bisontin.  C'était  le  jour  de  la  Madeleine  1435  : 
le  maître  d'école  avait  mené  ses  élèves  au-devant  du  prince, 
qu'attendaient  hors  de  la  cité  les  nobles,  les  bourgeois  et  les 
marchands.  L'enfant  fut  vivement  frappé  de  la  vue  de  ce 
prince,  jeune  encore,  «  blond  et  agréable  et  de  chère  joyeuse, 
en  sa  recueillette,  »  mais  qui  se  faisait  porter  par  humilité 
en  une  civière,  sur  un  «  méchant  desrompu  oreiller  de 
plume,  »  au  milieu  de  deux  cents  chevaux,  de  belles  haque- 
nées,  de  mulets  empanachés  et  dorés  ;  trente-cinq  ans  après, 
Olivier  en  parle  avec  une  mémoire  aussi  fraîche  et  aussi 
émue  que  s'il  sortait  de  la  cérémonie.  Il  garda  non  moins 
bonne  souvenance  du  passage  d'un  héraut,  Franche-Comté, 
qui  vint  annoncer  la  paix  d'Arras  aux  habitants  de  Pon- 
tarlier,  et  des  danses,  feux  et  «  caroles  »  qui  célébrèrent 
cette  joyeuse  nouvelle;  si  éloignée  qu'elle  fût  du  théâtre  de 
la  guerre  soulevée  entre  Charles  VII  et  le  duc  de  Bourgogne, 
la  petite  cité  frontière  devait  partager  l'allégresse  univer- 
selle ;  combien  de  ses  enfants  étaient  allés  trouver  un  trépas 
ignoré  sur  les  champs  de  bataille  français  ! 

Mais  voici  que  la  mort  enlève  Philippe  de  la  Marche  et 
oblige  sa  veuve  à  [ramener  ses  deux  enfants  en  Bourgogne. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXUJ 

Plus  de  fêtes,  plus  de  gais  condisciples,  plus  de  courses  entre 
le  sauvage  fort  de  Joux  et  le  logis  hospitalier  de  Pierre  de 
Saint-Mauris,  même  plus  d'école  :  il  faut  tristement  s'enfer- 
mer, loin  des  forêts  accidentées  du  Jura,  au  fond  d'un  manoir 
perdu  dans  les  plats  horizons  et  les  brumes  humides  de  la 
Bresse.  En  mère  prévoyante  et  soucieuse  de  l'avenir,  Jeanne 
Bouton  n'y  garda  point  longtemps  son  fils.  Le  mariage  de 
son  frère  Jacques  de  Corberon  avec  Antoinette  de  Salins- 
la-Tour,  fille  du  seigneur  de  Poupet,  l'avait  mise  en  rela- 
tions avec  la  famille  des  Luyrieux,  seigneurs  de  la  Queuille, 
dont  un  membre,  Guillaume1,  voulut  bien  se  charger,  ainsi 
que  sa  femme  Anne  de  la  Chambre,  de  l'éducation  du  jeune 
orphelin.  Il  le  recueillit  pendant  deux  ans  chez  lui,  et  le  con- 
duisit pour  la  première  fois  à  la  cour  de  Philippe  le  Bon,  alors 
à  Chalon-sur-Saône,  où  ce  prince  fit  deux  séjours,  l'un  en  1442 
et  l'autre  du  29  juin  au  10  juillet  1443.  Olivier  y  trouva  de 
nombreux  parents  et  alliés  de  ses  deux  familles,  des  amis, 
des  chefs  et  des  compagnons  d'armes  de  son  père  :  les  Salins, 
les  Tenarre,  les  Sercey,  sires  de  Beaurepaire  et  de  Laye, 
les  d'Orges,  qui  avaient  quelques  années  auparavant  donné 
à  l'église  de  Chalon  un  évêque,  souvent  envoyé  en  mission 
diplomatique  avec  son  oncle  Antoine,  les  Toulongeon  et  le 
premier  chambellan  du  duc,  Antoine  de  Croy.  Ce  dernier  se 
chargea  de  le  présenter  à  Philippe  le  Bon,  et  le  fit  admettre 
au  nombre  des  douze  pages  de  l'hôtel,  en  mémoire  des  ser- 
vices rendus  par  deux  ou  trois  générations  de  La  Marche2. 
La  destinée  d'Olivier  était  désormais  fixée  :  plus  constant 
que  nombre  de  ses  contemporains,  qui  ne  rougissaient  nulle- 
ment (car  cela  ne  déshonorait  pas  alors)  de  mettre,  à 
l'exemple  des  condottieri  italiens,  leur  épée  et  leur  intelli- 
gence au  service  du  plus  offrant,  plus  fidèle  que  Commines 

1.  Humbert  de  Luyrieux,  fils  de  Guillaume,  épousa,  eu  1460, 
une  fille  naturelle  de  Philippe  le  Bon. 

2.  Mémoires,  eod.  loc. 


XXIV  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

lui-même,  qui  quitta  Charles  le  Téméraire  pour  Louis  XI, 
ce  pieux  serviteur  ne  se  sépara  plus  de  ses  premiers  maîtres  ; 
il  ne  se  fit  pas  seulement,  comme  Froissart,  l'historien  de  la 
chevalerie  et  l'admirateur  des  grandes  expertises  d'armes 
sans  acception  de  cause  ou  de  nation  ;  jusqu'à  son  dernier 
jour  il  restera  indissolublement  attaché  à  la  dynastie  bour- 
guignonne, dont  il  se  pouvait  dire  d'ailleurs  un  peu  l'allié, 
et  à  laquelle  il  se  voua  dès  ses  plus  jeunes  années. 

Ses  débuts,  en  qualité  de  page,  nous  sont  très  peu  connus  : 
il  se  défend  presque  ou  s'excuse  d'y  faire  une  courte  allusion, 
tant  il  redoute  le  moi,  peut-être  d'ailleurs  parce  qu'il  était 
alors  «  sans  grand  sens  et  expériment.  »  Nous  savons  seule- 
ment qu'il  retrouva  dans  l'hôtel  du  duc,  sous  le  gouverne- 
ment de  Guillaume  de  Sercey,  premier  écuyer  d'écurie,  ses 
deux  compagnons  d'école  de  Pontarlier,  Jacques  de  Falle- 
rans  et  Etienne  de  Saint-Mauris1,  et  qu'il  s'y  lia  étroitement 
avec  un  jeune  Dauphinois  de  grande  valeur  et  de  grande 
espérance,  Sibuet  Pellerin,  qui  alla  plus  tard  se  faire  tuer 
bravement  à  l'escarmouche  de  Nivelle  par  les  Gantois2. 
Mais  son  premier  soin  et  son  plus  vif  plaisir,  au  milieu  de 
cette  cour,  dans  la  fréquentation  des  nobles  seigneurs  et  de 
leurs  écuyers,  sont  assurément,  il  l'avoue  lui-même,  de  s'en- 
quérir avec  détail  de  tous  les  événements  mémorables  et  de 
toutes  les  particularités  qui  lui  permettront  de  remplir  plus 
tard  son  rôle  de  chroniqueur.  Non  pas  qu'il  ait  dès  ce  moment 
conçu  le  dessein  d'écrire  pour  la  postérité  et  d'amasser,  «  en 
soigneux  labeur,  »  les  matériaux  d'une  histoire.  Cette  pen- 
sée ne  lui  est  survenue  qu'à  quarante-cinq  ans,  à  l'heure  où 
il  commence  à  se  reposer  et  «  rassouager  sous  l'arbre  de 
congnoissance,  »  à  savourer  «  la  pasture  de  son  temps  passé,  » 

1.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  i. 

2.  kl.,  liv.  I,  ch.  xxv.  Olivier  de  la  Marche  cite  çà  et  là 
d'autres  jeunes  hommes  «  nourris  »  comme  lui  aux  gages  du  duc, 
et  qui  furent  sans  doute  ses  compagnons  :  ainsi  Liévin  de  Stee- 
lant,  Philippe,  bâtard  de  la  Viéville,  et  Jean  de  Bosquehuse. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXV 

comme  «  le  cerf  ou  le  noble  chevreul,  lequel  ayant  tout  le 
jour  brouté  et  pasturé  diverses  feuilles,  herbes  et  herbettes.. . , 
se  couche  sur  l'herbe  fresche,  et  là  ronge  et  rumine  à  goust 
et  à  saveur  toute  sa  cueillette;  »  il  prend  alors  la  plume 
autant  pour  «  se  désennuyer  »  que  pour  «  embausmer  »  le 
souvenir  des  «  belles,  nobles  et  solennelles  choses  »  dont  il 
a  été  le  témoin,  et  ne  saurait  se  comparer,  lui,  le  chevau- 
cheur,  le  soldat,  l'éternel  vagabond,  qui  «  chemine  en  divers 
lieux  et  en  maintes  places,  »  à  l'historiographe  ou  au  clerc 
qui,  «  au  secret  de  sa  chambre,  assemble  les  ramentevances 
envoyées  de  toutes  pars  »  pour  en  faire  son  butin  et  en 
accroître  son  trésor.  Celui-ci  tresse  en  paix  des  roses  ;  lui,  de 
son  rude  et  vain  labeur,  n'a  recueilli  que  des  épines.  Cepen- 
dant, tel  que  ce  gentil  chevalier  auquel  s'assimile  Froissart, 
il  aime  les  armes  ;  si  ingrate  qu'elle  ait  été,  cette  terre,  qu'il 
a  si  péniblement  labourée,  lui  plaît  encore  et  lui  donne  en 
moisson  «  l'assouagement,  »  la  délectation*  du  souvenir, 
et  c'est  ainsi  qu'il  est  amené  à  prendre  pour  modèle  son  ami 
et  son  maître  Chastellain,  comme  Froissart  avait  pris  Jean 
Le  Bel,  et  qu'il  couche  au  jour  par  écrit  ses  Mémoires,  le 
livre  d'honneur,  mais  aussi  le  dernier  écho  des  splendeurs 
chevaleresques  du  xve  siècle. 

Olivier  de  la  Marche  était  depuis  peu  à  la  cour  lorsqu'ar- 
riva  à  Chalon  le  duc  de  Bourbon,  qui  venait  visiter  son  beau- 
frère  de  Bourgogne.  S'il  avait  eu  besoin  d'admirer  son  nou- 
veau maître,  s'il  n'avait  déjà  ressenti  pour  lui  cette  vénération 
instinctive  qu'inspira,  paraît-il,  Philippe  le  Bon  à  presque 
tous  ses  serviteurs,  l'occasion  lui  eût  vite  appris  à  recon- 
naître l'honneur  qu'il  avait  de  lui  appartenir,  même  par  des 
liens  éloignés  et  illégitimes.  Jacques  de  Chabannes,  qui 


1.  Le  mot  se  retrouve  clans  Froissart  (liv.  IV,  ier  ch.).  Olivier 
de  la  Marche  se  rapproche  de  cet  auteur  non  seulement  par  le 
culte  des  tournois  et  de  la  chevalerie,  mais  souvent  aussi  par  les 
expressions. 


XXVJ  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

avait  accompagné  Charles  de  Bourbon,  dont  il  était  le 
vassal,  plaidait  contre  Jean  de  Granson  et  n'avait  voulu 
accepter  d'autre  juge  que  son  propre  seigneur.  «  Je  serai 
donc  la  partie  de  votre  adversaire,  s'écria  Philippe  le  Bon  ; 
je  ne  suis  pas  seulement  son  souverain,  je  suis  son  parent, 
je  dois  me  ranger  à  ses  côtés.  »  Et  il  prit  fièrement  place  à 
la  barre,  dans  le  palais  épiscopal,  derrière  le  sire  de  Gran- 
son. «  J'ai  partie  trop  forte  et  trop  pesante,  »  dit  alors  Cha- 
bannes,  et  le  procès  en  resta  là  pour  quelque  temps1.  Un 
prince  s'avouer  ainsi  le  parent  de  son  sujet  !  La  chose  parut 
rare  à  Olivier,  qui  divinisait  volontiers  les  races  royales, 
surtout  lorsqu'elles  étaient  puissantes  et  magnifiques  comme 
celle  de  Bourgogne.  La  magnificence  l'éblouira  toujours,  et 
Dieu  sait  quelle  pompe,  quel  luxe  déploya,  au  xve  siècle,  la 
maison  bourguignonne  !  Mais  ce  qui  touche  encore  plus  l'in- 
fatigable chroniqueur  de  ses  fêtes,  ce  qu'il  prise  encore  plus 
que  la  noblesse  du  sang,  c'est  la  noblesse  de  l'âme,  c'est  la 
générosité  chevaleresque,  qui  ne  s'épanche  pas  seulement  en 
vaines  prodigalités  et  en  courtois  propos,  qui  découvre 
l'homme  sous  le  roi,  l'ami  derrière  le  souverain,  le  cœur 
chaud  et  palpitant  sous  la  cuirasse. 

Des  fêtes,  des  banquets,  des  chasses,  des  joutes,  des  mys- 
tères, —  on  nommait  ainsi  les  moralités  et  les  jeux  scé- 
niques  de  l'époque,  —  Olivier  de  la  Marche  commence  dès 
lors  à  s'y  mêler  et  ne  cessera  plus  de  les  décrire  jusqu'aux 
approches  de  la  vieillesse.  Les  têtes  couronnées,  les  princes, 
les  grands  seigneurs  se  succèdent  sans  trêve  à  la  cour  de 

1.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  v.  Le  trait  méritait  en  effet  de  ne  point 
passer  inaperçu.  Plus  tard,  en  Italie,  le  duc  d'Enghien  dira  à 
Monluc  :  «  Vous  avez  été  mon  soldat  autrefois,  à  présent  je 
veux  être  le  vôtre.  »  Mais  c'est  l'abnégation  du  militaire,  qui  ne 
connaît  pas  de  rang  devant  le  péril  ;  ce  n'est  pas  le  suzerain  féo- 
dal qui  rejette  sa  dignité  pour  ne  se  souvenir,  dans  l'intérêt  de  la 
justice,  que  de  ses  liens  du  sang.  Il  dit  avec  Ghastellain  : 
11  est  non  roy,  niais  duc  pour  vous  respondre. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXV1J 

Bourgogne  avec  des  suites  nombreuses,  comme  s'ils  voulaient 
tarir  le  trésor  et  la  courtoisie  de  Philippe  le  Bon.  Mais  l'un 
et  l'autre  sont  inépuisables;  on  change  d'hôtes  et  de  rési- 
dence sans  cesse,  et,  malgré  ce  tumulte,  malgré  ces  allées  et 
venues,  chaque  journée  surpasse  la  précédente.  Après  Charles 
de  Bourbon ,  arrivent  à  Chalon  le  duc  et  la  duchesse  de  Savoie, 
celle-ci  fille  de  roi  ;  puis  un  ambassadeur  de  l'empereur  de 
Constantinople  «  accompagné  de  douze  personnes  atour- 
nées  et  vestues  à  la  mode  grégeoise,  »  qui  vient  solliciter  un 
secours  d'hommes  et  de  navires  de  guerre  pour  résister  aux 
infidèles  «  du  Grand-Turc  Mahomet1;  »  on  part  pour  Dijon 
avec  le  duc  de  Bourbon,  sa  femme  et  son  fils  aîné,  et 
l'on  y  passe  le  plus  beau  de  l'été,  «  en  grandes  chères  et 
voleries  (chasses  au  faucon)  ;  »  on  se  dirige  ensuite  avec  le 
duc  de  Brunswick  et  le  prince  d'Orange  sur  Besançon,  où 
Olivier  assiste  aux  noces  d'un  sien  allié,  Jean  de  Salins, 
qui  épouse  une  bâtarde  du  duc  de  Bavière,  fille  d'honneur 
de  la  duchesse  de  Bourgogne,  et  où  il  a  le  bonheur  de  con- 
templer les  premières  joutes  qu'il  ait  vues2,  où  il  a  surtout 
la  fortune  de  lier  connaissance  avec  Jacques  de  Lalaing, 
encore  simple  écuyer,  «  mignon  »  du  prince  héritier  de 
Clèves,  mais  qui  promet  déjà  d'être  ce  qu'il  fut  depuis,  le 
brave  des  braves,  le  parangon  des  preux,  la  fine  fleur  de 
la  chevalerie.  Il  assiste  enfin  à  l'entrée  solennelle  à  Besan- 
çon de  Frédéric  d'Autriche,  roi  des  Romains,  auquel  Phi- 
lippe le  Bon  fait  la  réception  la  plus  brillante  et  la  plus 
révérencieuse,  dont  les  Mémoires  décriront  plus  tard  jus- 
qu'au moindre  détail  d'étiquette. 

Ceci  se  passait  au  mois  de  novembre  1442.  Moins  d'un 
an  après,  en  août  1443,  Olivier  quitte  Dijon  à  la  suite  de 
son  maître  pour  faire  la  campagne  du  Luxembourg 3.  Il  fait 

1.  Livre  des  faits  de  messire  Jacques  de  Lalaing,  ch.  vu. 

2.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  vi. 

3.  Le  duc  quitta  Dijon  le  25  août.  (Marcel  Garnit,  Documents 
inédits  pour  servir  à  Vhist.  de  Bourg.,  t.  I,  p.  493.) 


XXvilJ  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

sa  première  éducation  d'homme  de  guerre  au  siège  de  Villy, 
dont  il  étudie  de  loin  les  approches,  avec  ses  compagnons  de 
l'hôtel  ducal,  curieux  «  d'apprendre  et  de  veoir  les  nouvel- 
letés.  »  Ce  qu'il  peut  constater  de  plus  près,  c'est  l'ordre  qui 
règne  dans  le  pillage  de  la  ville  de  Luxembourg,  ordre  assez 
étrange,  puisque  «  les  butiniers  »  y  trouvaient,  dit-il,  plus 
de  profit  que  les  combattants.  Il  parcourt  ensuite  le  Bra- 
bant,  s'arrête  à  Namur  et  à  Bruxelles,  où  la  cour  passe 
le  carême  «  en  faisant  grande  chère,  »  enfin  à  Bruges,  où 
elle  arrive  à  Pâques.  Le  jeune  homme  est  encore  page  ;  de 
longtemps  il  n'obtiendra  ni  passe-droit  ni  faveur  signalée. 
Nous  avons  vu  plus  haut  qu'en  cédant  sans  résistance, 
en  1449,  la  terre  de  Louhans  au  duc,  qui  avait  voulu  exer- 
cer le  retrait  féodal,  sa  mère  avait  demandé  pour  lui  une 
commission  de  capitaine  châtelain  de  la  ville  de  Louhans  ; 
mais  cette  requête  ne  paraît  pas  avoir  été  accueillie,  puis- 
qu'on réinstalla  dans  la  place  l'ancien  châtelain  Jean  de  la 
Tournelle1.  Olivier  n'était  donc  pas  ce  qu'il  appelle  lui-même 
un  «  mignon,  »  un  favori.  En  1446,  il  est  encore  écuyer 
d'écurie2.  Dans  l'été  de  1447  seulement,  il  se  rapproche  du 
prince,  il  est  fait  écuyer  panetier  sur  la  demande  du  sei- 
gneur de  Ternant,  deux  ou  trois  jours  après  les  noces  du 
seigneur  de  Charny  avec  une  fille  naturelle  de  Philippe  le 
Bon  et  de  Jeanne  de  Presles,  c'est-à-dire  deux  ou  trois  jours 
après  le  30  septembre  1447 3.  Si  honorable  qu'elle  soit,  cette 
charge  ne  l'enrichira  guère,  car  il  touche  trois  sous  par  jour, 
exactement  le  même  salaire  que  le  roi  desribauds,  les  valets 


1.  V.  lettre  adressée  au  duc  par  les  gens  de  ses  comptes  -de 
Dijon,  le  30  novembre  1449.  (Palliot,  Histoire  généalogique  de  la 
maison  de  Bouton,  preuves,  p.  32.) 

2.  Compte  de  Martin  Cornille,  du  4er  avril  1446  au  31  mars  1447. 
(Archives  du  Nord,  B.  1991.) 

3.  De  la  Barre,  Mémoires  pour  servir  à  Vlustoire  de  France  et  de 
Bourgogne,  b.  229.  —  Olivier  de  la  Marche,  liv.  I,  ch.  xvn. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXIX 

«  de  fruit,  de  torches  et  d'estable1.  »  Néanmoins,  il  persiste 
à  se  lier  étroitement,  exclusivement  au  service  du  duc,  à  ce 
point  de  négliger  ses  affaires  personnelles  et  d'abandonner 
la  gestion  de  sa  «  chevance  »  à  sa  mère,  tant  que  celle-ci 
vécut,  puis  à  son  oncle  Jacques  Bouton,  seigneur  de  Corbe- 
ron,  qui  lui  remboursera  plus  tard,  le  5  juillet  1474,  pour  solde 
des  revenus  de  ses  biens,  une  somme  de  cinq  cents  livres8.  Si 
ordonné  qu'il  soit  en  sa  propre  épargne,  son  désintéresse- 
ment n'est  pas  plus  suspect  que  sa  loyauté  :  c'est  le  modèle 
des  serviteurs3.  Qu'importe  un  écu  de  plus  ou  de  moins?  La 
cour  lui  offre  d'autres  avantages  et  un  bien  plus  riche 
salaire  :  elle  est  toujours  en  spectacle,  il  n'a  pas  besoin  de 
se  cacher  derrière  une  tapisserie  pour  écouter  ce  qui  s' y 
murmure  ou  pour  surprendre  ce  qui  se  dérobe  aux  regards 
vulgaires  :  il  enregistre,  sans  malice,  les  «  dicts  »  courtois 
qui  s'échangent,  il  compte  une  à  une  les  vaillantises  qui 
s'accomplissent  et  entonne  le  «  loz  »  des  hardis  exploitants. 
Quelle  fête  pour  ses  yeux  que  ce  pas  de  Charlemagne  où 
treize  gentilshommes  de  ses  amis  ont  défié  tous  venants  ! 
Quelle  «  plaisance  »  d'en  énumérer  les  «  cérémonies,  »  les 
pavillons,  les  vêtements,  les  devises,  les  armures  !  Il  n'y  a 
pas  pour  lui  de  détail  indifférent  dans  ces  nobles  «  emprises  ;  » 
chacun  a  son  prix  et  sa  saveur.  La  gloire  des  vertueux  et 
des  «  prudhommes,  »  l'honneur  de  la  chevalerie  et  de  la 
maison  de  Bourgogne,  voilà  qui  le  dédommage  de  toutes  les 
amertumes  de  la  vie,  c'est  la  seule  récompense  qu'il  ait 
sérieusement  ambitionnée. 

Depuis  la  célèbre  joute  de  la  charme  de  Marsannay  près 
Dijon,  on  a  quelque  peine  à  suivre  Olivier  de  la  Marche 

1.  Archives  générales  de  Belgique,  compte  cité  par  M.  Ker- 
vyn  de  Lettenhove,  dans  les  OEuvres  de  Ghastellain,  t.  I,  p.  xxi. 

2.  Bibl.  nat.,  Collection  de  I).  Villevieille,  vol.  55,  fol.  138. 

3.  Un  jour,  Marie-Joseph  Ghénier  a  qualifié  dédaigneusement 
ses  pareils  de  valets  de  prince.  On  estime  de  tels  valets,  et,  qui 
plus  est,  ils  ne  font  pas  tort  aux  princes. 


XXX  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

dans  toutes  ses  pérégrinations  avec  la  cour  de  son  maître. 
Gomme  la  plupart  des  grands  barons  de  ce  temps,  plus 
qu'eux  peut-être,  à  cause  de  l'étendue  et  de  la  dispersion  de 
leurs  domaines,  les  ducs  bourguignons  de  la  seconde  race 
étaient  toujours  en  mouvement  :  sauf  pendant  la  sainte 
semaine  des  «  quaresmaux,  »  leur  vie  était  un  voyage  con- 
tinuel. S'ils  s'arrêtaient  de  préférence  quelque  part,  c'était 
dans  les  Flandres,  pays  d'humeur  indépendante,  mal  soumis 
ou  plutôt  fréquemment  agité,  car  il  était  au  fond  affectionné 
à  ses  souverains.  Nous  avons  vu  plus  haut  l'écuyer  bressan 
suivre  Philippe  le  Bon  dans  le  Luxembourg,  puis  à  Bruxelles, 
où  Jacques  de  Lalaing  rompit  plusieurs  lances,  à  Bruges, 
où  l'on  passa  le  jour  de  Pâques  1445  (n.  st.)  ;  nous  le  verrons 
maintenant  accompagner  la  duchesse  à  Chàlons-sur-Marne, 
où  il  rencontre  le  dauphin,  qui  fut  depuis  Louis  XI,  René 
d'Anjou,  roi  de  Sicile,  l'ami  des  poètes,  et  Pierre  de  Brézé, 
seigneur  de  la  Varenne,  «  le  plus  gentil  chevalier  de  France  ;  » 
il  va  en  Hollande,  puis  revient  à  Anvers,  à  Malines,  à  Bru- 
xelles, enfin  à  Gand,  où  il  assiste,  le  11  décembre  \  4451,  pour 
la  première  fois  à  la  fête  de  la  Toison  d'or,  sur  laquelle  il 
interroge  si  curieusement  le  roi  d'armes  Le  Fèvre  de  Saint- 
Remy  dans  l'église  paroissiale  de  Saint-Jean.  Il  y  voit 
Jacques  de  Lalaing  et  messire  Jean  de  Boniface  faire  des 
armes  à  pied  et  à  cheval  devant  les  ducs  d'Orléans  et  de 
Bourgogne  et  n'a  garde  de  taire  cette  joute  qu'il  décrit  avec 
un  grand  luxe  de  détails.  Au  mois  d'avril  1446,  seul  page 
admis  dans  la  suite  du  duc,  ce  dont  il  est  très  fier,  il  est  à 
Arras  et  y  trouve  «  son  maistre  en  sciences,  »  qui  deviendra, 
malgré  la  différence  d'âge,  «  son  singulier  amy,  »  Georges 
Chastellain,  dans  la  lice  même  où  Philippe  de  Ternant,  qui 
le  fait  «  souvenir  de  l'un  des  neuf  preux,  »  charge  «  si  aspre- 
ment  »  un  gentilhomme  castillan,  chambellan  du  duc  de 

1.  Nous  adoptons,  malgré  La  Marche,  pour  cette  solennité,  la 
date  donnée,  par  M.  de  Reiffenberg. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXXj 

Milan,  Galiot  de  Baltazin.  Le  28  juillet  de  la  même  année, 
à  Bruxelles,  il  prend  avec  la  cour  le  deuil  de  Catherine 
de  France,  comtesse  de  Charolais,  morte  à  treize  ans  avant 
la  consommation  de  son  mariage.  Au  mois  de  septembre 
1446,  après  une  course  en  Zélande,  où  il  voit  exécuter  un 
écuyer,  Jean  de  Dombourc,  il  est  à  Anvers,  en  «  grandes 
chères  et  banquets.  »  En  quelque  lieu  que  la  volonté  de  son 
maître  le  conduise,  il  observe  avec  intérêt  les  fêtes  et  les 
cérémonies,  mais  surtout  celles  qui  rappellent  la  guerre.  A 
Saint-Omer,  à  Bruges,  à  la  Croix-Pélerine  en  Picardie,  à  ce 
fameux  pas  tenu  en  juillet  1449  par  le  seigneur  de  Haut- 
bourdin ,  sous  le  nom  du  chevalier  de  la  belle  Pèlerine ,  partout 
où  le  duc  se  transporte  pour  juger  les  grands  coups  d'estoc 
des  entrepreneurs  de  «  mistères,  »  il  se  trouve  non  au  pre- 
mier rang,  car  il  est  un  écuyer  discret,  respectueux  de  l'éti- 
quette et  de  la  hiérarchie,  mais  au  moins  au  second,  enregis- 
trant dans  sa  mémoire,  sinon  sur  ses  tablettes,  les  jeux  de  la 
lance  et  de  la  hache.  Cependant,  il  n'a  oublié  ni  sa  mère, 
ni  la  terre  natale  vers  laquelle  il  tourne  de  temps  en  temps 
ses  regards,  et,  quand,  après  avoir  suivi  le  seigneur  de  Ter- 
nant  dans  son  ambassade  près  de  l'archevêque  de  Cologne, 
il  obtient,  en  mai  1448,  un  congé  de  son  maître1,  à  la  prière 
du  duc  d'Orléans,  qui  lui  «  montre  moult  grant  privauté,  » 
car  il  est  poète  comme  lui2,  il  s'échappe  vers  la  Bourgogne 
avec  d'autant  plus  d'empressement  que  le  trésor  ducal  le 
défraye  libéralement  de  son  voyage3.  Dans  cette  course 

1.  «  A  Olivier  de  la  Marche,  escuier  paimetier  de  raondit  sei- 
gneur, pour  don  à  lui  fait  par  mondit  seigneur  pour  lui  aidier  à 
deffroyer  à  son  partement  de  deyers  lui  de  la  ville  de  Bruxelles 
pour  aller  en  Bourgoingne,  où  il  tient  son  mesnage,  par  sa  quic- 
tance  xxxvi  livres.  »  (Compte  de  Guillaume  de  Poupet,  1450, 
fol.  308.  —  Archives  du  Nord,  B.  2004.) 

2.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  xvn. 

3.  Olivier  lit  plusieurs  mais  rapides  excursions  en  Bourgogne 
pendant  cette  première  partie  de  son  existence.  Il  n'y  fut  guère 
appelé  que  par  des  événements  de  famille,  par  son  service  ou  par 


XXXÎj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

accomplie  avec  Georges  Chastellain  et  Philippe  de  Ternant, 
qui  étaient  chargés  d'une  mission,  probablement  d'obtenir  un 
subside  de  la  province,  il  pratiqua  beaucoup  le  duc  d'Or- 
léans, en  ce  moment  à  Dijon,  et  se  délecta  avec  lui  de  rhé- 
torique et  de  poésie,  «  son  principal  passetemps  »  dans  ses 
heures  oisives  de  jeunesse l. 

On  pouvait  alors  librement  rêver  et  deviser  :  le  ciel  était 
serein,  la  Bourgogne  jouissait  d'une  paix  profonde  sous  le 
sceptre  du  bon  duc  :  comme  une  mer  «  effuriée  souvent  par 
orages  et  vents  bouffetants,  »  elle  semblait,  selon  l'expression 
de  Chastellain,  «  rappaisiée  à  coup  par  un  ventelet  doux  qui 
l'aplanit2.  »  C'était  à  la  lettre  comme  un  nouvel  âge  d'or; 
l'orfèvrerie  couvrait  les  seigneurs  et  reluisait  même  jusque 
sur  les  vilains.  Tout  était  calme  et  prospère.  Le  xve  siècle  a 
eu  cette  fortune  qu'a  si  peu  connue  le  précédent  ;  mais  elle  ne 
fut  pas  de  très  longue  durée.  Olivier  de  la  Marche  venait,  dès 
son  retour  en  Flandre,  d'être  promu  aux  fonctions  d'écuyer 
tranchant  du  jeune  comte  de  Charolais,  et  d'être  attaché  à  sa 
personne3;  il  se  trouve  à  Bruges  au  moment  où  s'y  réfugie 
Jacques  de  Portugal,  un  petit  neveu  de  la  duchesse  de  Bour- 
gogne ;  puis  le  voici  de  nouveau  dans  son  pays  natal  ;  après 

des  missions  du  duc.  Le  21  janvier  1454  (v.  st.),  il  est  témoin  à 
Dijon,  avec  Thibaut  de  Neufchâtel,  Antoine  Rolin,  seigneur 
d'Emeries,  Jean  Le  Mairet,  seigneur  de  Châteaurenaud,  et  Jean 
de  Molesmes,  secrétaire  du  duc,  du  contrat  de  mariage  de  Jacques 
de  Montmartin  et  de  Guigonne  Bouton,  sa  cousine.  Le  25  jan- 
vier 1455  (v.  st.),  il  assiste  en  la  même  qualité  au  contrat  de 
mariage  de  Philippe  de  Gourcelles,  qui  fut  bailli  de  Dijon  en 
1467,  avec  Huguette  Bouton,  une  autre  parente.  (Palliot,  Histoire 
généalogique  de  la  maison  de  Bouton,  preuves,  p.  33,  34,  197.) 

1.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  xvn. 

2.  Exposition  sur  vérité  mal  prise,  dans  les  OEuvres  de  Georges 
Chastellain,  t.  VI,  p.  308. 

3.  Il  fut  nommé,  dit-il,  au  moment  du  mariage  de  Marie  de 
Gueldres,  nièce  de  Philippe  le  Bon,  avec  Jacques  II,  roi  d'Ecosse. 
Or,  le  mariage  fut  arrêté  en  Bourgogne  le  1er  avril  1449.  (British 
Muséum,  Harl.  4637 3,  f.  11.)  En  juillet  de  la  même  année,  il  était 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXX iij 

avoir  passé  les  derniers  mois  de  l'année  1449  et  une  partie 
de  l'année  suivante  à  Chalon-sur-Saône  avec  Jacques  de 
Lalaing,  qui  acheva  de  s'illustrer  au  pas  de  la  Fontaine  de 
Plours,  Guillaume  deSercey,  bailli  de  Chalon,  et  Antoine  de 
la  Marche,  seigneur  de  Saudon,  son  parent,  qui  y  remplit  le 
rôle  de  maréchal  de  la  lice,  il  revient  en  Brabant,  puis  à 
Mons,  où  le  duc  tint,  en  mai  1451,  un  chapitre  de  la  Toison 
d'or  ;  à  Bruxelles,  où,  au  carême  de  l'année  suivante,  Charles 
le  Téméraire,  son  nouveau  maître,  fit  en  champ  clos  ses 
premières  armes  courtoises  contre  Jacques  de  Lalaing  ;  à  la 
Vère,  enfin,  en  Zélande,  où  il  se  rendit  par  mer,  afin  de 
l'accompagner  au  berceau  du  petit-fils  du  roi  d'Ecosse.  Mais 
il  ignorait  encore  les  vrais  combats ,  ou  du  moins  ne  les 
avait  vus  que  de  loin  dans  sa  première  campagne  du  Luxem- 
bourg; il  n'avait,  à  vrai  dire,  pas  encore  reçu  ce  baptême 
du  feu  qui  sacre  l'homme  de  guerre  ;  la  révolte  des  Gan- 
tois se  chargea  de  le  lui  donner. 

Toujours  curieux  de  nobles  déduits  et  d'exploits  chevale- 
resques, sans  cesse  vaquant  par  monts  et  par  vaux,  comme 
Froissart,  à  l'accroissement  de  son  trésor,  il  était  revenu 
depuis  un  an  de  Savoie  et  de  Dauphiné  où  il  était  allé,  «  de 
gayeté  de  cœur  et  sans  charge  d'aultruy,  »  voir  la  cour  du 
dauphin  qui  venait  d'épouser  la  fille  de  Louis  de  Savoie,  lors- 
qu'en  1452  les  «  blancs  chaperons  »  de  Gand,  irrités  de  l'im- 
position d'une  gabelle  sur  leur  territoire,  se  mirent  en  rébel- 
lion ouverte,  pillèrent  la  Flandre  et  allèrent  avec  une  grosse 
armée  assiéger  Audenarde.  Philippe  le  Bon,  entré  prestement 
en  campagne,  les  battit,  fit  lever  le  siège  et  leur  donna  la 
chasse  jusqu'aux  portes  de  leur  propre  ville,  en  essayant  de 
leur  couper  la  retraite.  Parmi  les  plus  âpres  à  la  poursuite 
était  son  fils  Charles,  qui  avait  juré  par  saint  Georges  de 
rabattre  l'orgueil  de  ces  bourgeois  révoltés.  Impatient  d'avoir 

à  Lille  quand  Jacques  de  Lalaing  envoya  le  héraut  Charolais 
défier  James  Douglas  en  Ecosse.  (Livre  des  faits,  t.  VIII,  p.  166.) 

0 


XXXIV  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

des  nouvelles  des  fuyards,  il  envoya  dès  le  lendemain  matin 
à  la  découverte  Olivier,  «  l'un  des  premiers  armés  de  son 
hostel.  »  Le  diligent  écuyer  s'élance  sur  son  cheval  et,  lui 
deuxième,  avec  Philippe  d'Arlay,  un  vieux  routier  qu'il 
avait  pris  pour  mentor,  perce  les  rangs  des  archers,  atteint 
la  tête  de  l'avant -garde  et  gagne  un  moulin  à  vent  où 
s'étaient  massés  huit  cents  Gantois,  du  métier  des  tisserands. 
Mais  il  n'eut  qu'à  observer  leur  panique  et  non  à  les  com- 
battre, car,  saisis  d'une  terreur  soudaine,  ils  s'éparpillèrent 
à  l'approche  des  Bourguignons  et  s'enfuirent  de  tous  côtés, 
dans  le  faubourg,  derrière  les  barrières,  même  sous  les  lits 
des  maisons.  Ce  fut  une  déroute  complète  :  on  en  tua  tout 
le  jour,  jusqu'à  «  basse  vespre1.  »  Malgré  des  incidents 
plus  graves  et  des  luttes  plus  périlleuses,  la  première  cam- 
pagne d'Olivier  de  la  Marche  ne  fut  donc,  selon  son  mot 
pittoresque,  qu'un  «  droit  enoysellement8,  »  une  chasse  aux 
oiseaux,  un  «  gibier  »  pour  les  jeunes  et  nouveaux  chevaliers, 
qui  ne  laissèrent  pas  d'y  faire  des  pertes  sensibles,  comme 
celles  de  Sibuet  Pellerin  et  du  bâtard  Cornille  de  Bourgogne, 
dont  chacun  déplora  le  trépas  prématuré,  mais  qui  y  firent 
encore  plus  de  butin  et  s'y  déréglèrent,  au  grand  déplaisir 
d'Olivier,  grand  ennemi  de  l'indiscipline  et  des  «  pilleries.  » 
Toutefois  l'expérience  était  faite  et  le  début  avait  été  heu- 
reux. Nous  ne  raconterons  pas  la  seconde  phase  de  la  guerre, 
qui  devint  bientôt  beaucoup  plus  rude  et  où  périt  Jacques  de 
Lalaing;  il  faut  la  lire  dans  les  Mémoires.  Leur  auteur 
suivit  son  maître  pas  à  pas  ;  il  fut  à  la  bataille  de  Gavre  et 
y  donna  avec  lui  au  travers  des  Gantois,  mais  sans  y  être 
blessé  comme  lui,  et  ne  fut  peut-être  point,  quoiqu'il  s'abs- 
tienne de  le  dire,  tout  à  fait  étranger  à  la  délivrance  du  duc, 
un  instant  cerné  par  les  rebelles,  frappé  et  mis  en  péril  de 
mort  par  eux.  Il  le  suivit  aux  portes  de  Gand  vaincue,  mais 

1.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  xxv. 

2.  kl.,  id. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXXV 

plus  épuisée  que  soumise,  quoiqu'elle  criât  merci,  et  il  la  vit 
déposer  ses  bannières  aux  pieds  de  son  miséricordieux  vain- 
queur. Quand  l'armée  fut  rompue,  on  vint  à  Lille  faire  liesse 
près  des  dames  et  célébrer  la  victoire  dans  de  somptueux 
banquets. 

La  mode  n'était  pas  nouvelle  et  les  occasions  ne  faisaient 
pas  défaut  :  la  paix  d'abord  et  une  paix  glorieuse,  les  noces 
du  duc  de  Glèves  et  de  la  fille  du  comte  d'Etampes,  Isabelle 
de  Bourgogne,  l'arrivée  d'une  ambassade  de  l'empereur  et 
d'un  envoyé  du  pape.  On  avait  commencé  à  «  petits  fraiz  ;  » 
mais  peu  à  peu  la  vanité  s'en  était  mêlée,  et  princes,  hauts 
barons,  simples  chevaliers,  chacun  voulut  éblouir,  écraser 
son  voisin.  De  «  grans  à  grans  »  surtout,  dit  La  Marche, 
la  dépense  fut  énorme  et  le  luxe  insensé.  Ainsi  qu'il  conve- 
nait, Philippe  le  Bon  surpassa  tous  ses  hôtes.  Le  banquet 
qu'il  leur  offrit,  le  17  février  1454,  pour  les  exciter  à  se 
croiser  contre  Mahomet  II,  le  farouche  conquérant  de  Cons- 
tantinople,  est  resté  mémorable  entre  tous,  car,  de  l'aveu 
des  contemporains  qui  l'ont  décrit,  il  résume  les  merveilles 
de  l'époque.  La  gastronomie  en  fut  le  moindre  ragoût,  quoi- 
qu'on ne  fût  pas  loin  du  pays  des  plantureuses  kermesses, 
où  déborde  la  vie  animale.  La  poésie,  la  peinture,  la  sculp- 
ture, la  musique,  l'art  des  trucs,  des  machines,  des  costumes, 
des  décors,  les  jeux  scéniques,  les  joutes  et  les  danses  en 
illustrèrent  les  entremets  avec  un  tel  imprévu  et  un  si  bel 
agencement  que  les  incomparables  joyaux  du  duc  et  sa  riche 
vaisselle  entassée  sur  les  dressoirs  en  perdirent  leur  éclat  ;  il 
n'y  eut  qu'un  cri  :  jamais  on  n'avait  vu  si  «  mirable  » 
chose,  comme  on  n'avait  jamais  ouï  un  vœu  plus  magna- 
nime que  celui  qu'en  l'honneur  de  la  foi  chrétienne  le  noble 
duc  prêta  sur  le  faisan. 

Qui  avait  préparé,  organisé  ces  entremets?  C'était  Olivier 
de  la  Marche.  Il  n'en  avait  pas  eu  sans  doute  seul  le  soin,  puis- 
qu'il avait  été  de  tiers  avec  un  chevalier  de  la  Toison,  Jean  de 
Lannoy,  et  un  écuyer  du  nom  de  Jean  Boudault,  ce  qui  for- 


XXXVj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

mait  un  petit  conseil  auquel  furent  souvent  appelés  de  graves 
personnages,  même  le  chancelier,  mais  il  y  prit  une  grande 
part  et  joua  même  le  rôle  de  «  Sainte-Eglise  »  à  la  demande 
de  Philippe  le  Bon.  Il  prononça  aussi  le  vœu  suivant,  que 
rapporte  Mathieu  d'Escouchy  :  «  Je  veue  à  Dieu,  mon  créa- 
teur et  rédempteur  Jhesus-Crist,  et  à  la  très  glorieuse  Vierge 
Marie  sa  mère,  aux  dames  et  au  faisant,  que  quant  mon 
très  redoubté  et  souverain  seigneur  monseigneur  le  duc  et 
comte  de  Bourgoingne  yra  au  saint  voyage  à  l'encontre  des 
infidelles,  que  s'il  lui  plaist  et  à  monseigneur  le  comte  de 
Gharolais  à  qui  je  suis  serviteur,  je  yray  et  le  serviray  leau- 
ment  de  ma  puissance,  ne  n'en  retourneray,  pour  quelque 
chose  qui  ne  puist  advenir,  se  ce  n'est  par  l'exprès  commande- 
ment de  mondit  seigneur,  jusques  à  ce  que  je  me  soye  trouvé 
en  lieu  où  par  honneur  je  puisse  vestir  de  ma  cotte  d'armes, 
s'il  me  plaist,  à  l'encontre  des  infidelles,  ou  en  sy  honnou- 
rable  rencontre  ou  besoingne  qu'il  y  ait  v  cens  hommes  des- 
confis au  mains.  Seigné  de  ma  main1.  »  Ce  vœu  résume  sa 
vie  et  peu  s'en  fallut  qu'il  ne  l'accomplît,  lorsqu'en  1464 
Philippe  le  Bon  voulut  réaliser  son  projet  de  croisade  si 
longtemps  caressé,  mais  toujours  suspendu.  Le  Christ  et 
l'honneur,  voilà  les  deux  pôles  vers  lesquels  Olivier  se  tourne 
sans  cesse,  ses  deux  religions,  confondues  en  une  seule,  car 
il  les  regarde  comme  inséparables.  Ajoutez-en  pourtant  une 
troisième,  l'obéissance,  la  fidélité  à  son  maître  :  il  est  là  tout 
entier. 

Le  banquet  de  Lille  fut  suivi  d'autres  fêtes,  moins  bril- 
lantes peut-être,  mais  non  moins  solennelles,  qu'interrom- 
pirent un  instant  le  voyage,  puis  la  maladie  de  Philippe  le 
Bon  en  Allemagne,  et  une  excursion  de  Charles  le  Téméraire 


1.  Mathieu  d'Escouchy,  Chronique,  édit.  Beaucourt,  t.  II,  p.  221; 
Ordonnances  du  bancquet  que  fit  en  la  ville  de  Lille,  etc.,  ms.  de  la 
bibl.  royale  de  Bruxelles,  provenant  de  celle  des  ducs  de  Bour- 
gogne. V.  aussi  ms.  fr.  10319,  de  la  Bibl.  nat. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXXVlj 

en  Hollande.  Mais  elles  reprirent  bientôt  à  l'occasion  des 
noces  d'une  Vergy  avec  un  Neufchâtel  et  du  mariage  du 
comte  de  Charolais  avec  Isabelle  de  Bourbon,  en  1454.  De 
Lille,  Olivier  rejoignit  le  duc  en  Bourgogne,  revit  Chalon, 
Dijon,  où  il  s'arrêta  quelques  jours  en  compagnie  de  Georges 
Chastellain1,  Nevers,  où  il  présida  avec  celui-ci  aux  «  mis- 
tères  »  représentés  devant  le  duc  et  la  duchesse  d'Orléans 
et  la  duchesse  de  Bourbon2,  et  escorta  Philippe  jusqu'à 
Valenciennes,  dans  les  murs  de  laquelle  il  fut  le  témoin  scan- 
dalisé d'un  combat  à  outrance  entre  deux  bourgeois,  Mahuot 
et  Jacotin  Plouvier3. 

Mais  voici  qu'au  milieu  des  «  festeyemens  »  et  des  réjouis- 
sances, à  peine  suspendus  par  les  troubles  d'Utrecht  et  l'ex- 
pédition de  Hollande  en  1456,  le  dauphin  Louis  survient  à 
Bruxelles  chercher  un  asile  contre  le  mécontentement  de 
son  père  Charles  VIL  II  semble  qu'il  y  apporte  la  «  mala- 
venture ;  »  c'est  en  effet  de  ce  jour  et  de  cet  homme  que  sont 
nés,  si  l'on  y  regarde  de  près,  la  plupart  des  déboires  de  la 
maison  de  Bourgogne.  Olivier  le  peint  d'un  trait  et  à  sa 
manière  :  c'est  un  prince,  dit-il;  il  est  large,  il  aime  la 
chasse  et  les  gens  de  renommée,  qu'il  paie  bien,  mais  il  est 
soupçonneux,  et  aux  serviteurs  qui  lui  déplaisent  «  donne  le 
band  (congé)  à  la  guise  de  France.  »  L'horizon  se  rembru- 

1.  Kervyn  de  Lettenhove,  OEuvres  de  Chastellain,  notice,  t.  I, 

p.  XXIII. 

2.  «  A  Olivier  de  la  Marche,  escuier,  pour  don  à  lui  fait  par 
mondit  seigneur,  en  considéracion  de  certains  jeux  de  mistères 
qu'il  a  aidié  à  jouer  devant  luy,  monseigneur  le  duc  d'Orléans, 
madame  son  espouse  et  madame  de  Bourbon,  estans  devers 
mondit  seigneur  en  la  ville  de  Nevers,  xn  escuz  de  xvi  gros 
demi-royaux.  »  (Compte  de  Guillaume  de  Poupet,  de  1454; 
Archives  du  Nord,  B.  2017.)  Dans  cette  représentation  figuraient 
les  personnages  d'Alexandre,  d'Hector  et  d'Achille.  Georges 
Chastellain  eut  13  fr.  9  gros  royaux.  (Les  ducs  de  Bourgogne,  par 
M.  de  Laborde,  t.  I,  p.  417.) 

3.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  xxxn. 


XXXviij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

nit,  les  affaires  se  compliquent,  la  guerre  extérieure  est 
menaçante;  au  dedans,  la  haine  du  comte  de  Charolais  pour 
le  sire  de  Croy  brouille  Philippe  le  Bon  et  son  fils,  qui  ne 
trouve  d'appui  que  dans  sa  mère.  Olivier  n'est  déjà  plus  le 
mince  écuyer  que  l'on  a  vu  :  il  a  trente  ans  et  vient  d'être 
créé  premier  panetier  de  Charles  le  Téméraire,  fonction 
qu'il  remplit  par  semestre  avec  un  de  ses  compagnons,  Phi- 
lippe de  Sasa1.  Il  s'emploie  discrètement  mais  activement  à 
la  réconciliation  du  père  et  du  fils,  qui  l'envoie  souvent  du 
Quesnoy  et  de  Termonde  à  Bruxelles  prendre  les  conseils  du 
chancelier  Rolin.  Il  se  rend  aussi  plusieurs  fois  à  Paris,  sur 
l'ordre  du  duc  et  du  dauphin,  afin  de  s'accointer  avec  Guil- 
laume Biche,  un  des  anciens  et  des  plus  avisés  serviteurs  de 
Charles  le  Téméraire,  qui  épiait  les  résolutions  du  roi  de 
France2.  De  telles  missions  étaient  bien  son  fait  :  sa  loyauté, 
sa  sagesse  et  sa  «  subtilité  »  méritaient  toute  confiance. 

1.  Mémoires,  liv.  I,  ch.  xxxm. 

2.  Id.,  id.  «  A  Olivier  de  la  Marche,  escuier  pannetier  faisant  la 
despence  de  monseigneur,  que  icellui  seigneur  lui  a  semblablement 
fait  donner  pour  avoir  ung  cheval  quant  il  est  parti  de  devers  lui 
audit  lieu  de  Béthune  pour  retourner  en  Bourgogne,  xxxvi  livres.  » 
—  1457.  (Arch.  du  Nord,  Compte  de  la  recette  générale  des  finances, 
F.  151,  fol.  59.)  «  A  Olivier  de  la  Marche,  escuier  trenchent  de 
monseigneur  le  conte  de  Charrolois,  la  somme  de  vint-quatre  livres, 
pour  don  à  lui  fait  par  monseigneur  le  duc  en  considération  des 
services  qu'il  lui  a  faiz,  et  mesmement  pour  avoir  ung  cheval  en 
récompensacion  d'un  aultre  qu'il  a  nagaires  perdu  et  ailbllé  en 
son  service.  »  (Compte  de  Guyot  du  Champ,  de  1459,  fol.  185  v°; 
Archives  du  Nord,  B.  2034.)  —  En  1462,  Olivier  remplit  d'autres 
missions  moins  brillantes.  Ainsi  il  lui  est  alloué,  le  25  octobre 
1462,  par  les  gens  des  comptes  de  Dijon,  conjointement  avec 
Guillaume  de  Villers,  et  à  Jean  de  Mazilles,  ainsi  qu'à  plusieurs 
sergents  du  duc,  une  somme  de  15  fr.,  dont  4  pour  chacun  des 
écuyers,  pour  aller,  par  ordre  du  président  de  Bourgogne,  chaque 
homme  ayant  trois  chevaux  avec  lui,  arrêter  au  Port  de  Paleau 
Etienne  et  Perrenot  Coustain,  et  les  conduire  à  Dijon.  (Archives 
de  la  Côte-d'Or,  B.  1751,  fol.  vi**xix.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XXxix 

Nous  passons  rapidement,  à  l'exemple  de  La  Marche,  sur 
les  années  qui  s'écoulèrent  dans  ces  négociations,  heureuse- 
ment dénouées  par  la  mort  de  Charles  VII,  sur  les  cérémo- 
nies du  sacre  de  Louis  XI,  auxquelles  notre  chroniqueur 
assista,  sur  son  séjour  à  Paris,  dans  la  «  belle  »  rue  des 
Tournelles,  à  la  suite  de  son  maître,  dont  le  faste  étonna 
la  cour  française,  afin  d'arriver  à  un  épisode  important  de 
son  existence.  Le  comte  de  Charolais  se  trouvait,  en  1464, 
dans  la  ville  de  Gorcum,  lorsqu'un  petit  navire  de  guerre, 
parti  de  Dieppe  et  monté  par  quarante  hommes,  vint  un  jour 
aborder  la  côte  hollandaise,  au  port  d'Arnemuiden,  dans 
l'île  de  Walcheren.  Ce  bâtiment  portait  un  émissaire  de 
Louis  XI,  le  bâtard  de  Rubempré,  que  l'on  soupçonna,  non 
sans  fondement,  —  car  il  était  «  pour  faire  un  coup  périlleux,  » 
dit  Chastellain,  —  d'avoir  voulu  tenter  un  enlèvement  sur  la 
personne  du  comte.  Ledit  bâtard  fut  mis  sous  bonne  garde, 
et  Charles  dépêcha  Olivier,  «  homme  bien  emparlé  et  tout 
propre  à  ce  faire,  »  dit  Chastellain,  à  Philippe  le  Bon,  qui 
se  trouvait  à  Hesdin,  pour  l'informer  des  motifs  de  cette  cap- 
ture. En  passant  à  Bruges,  le  panetier  ne  se  gêna  point  pour 
manifester  hautement  ses  soupçons  de  la  perfidie  royale,  et  les 
fit  d'ailleurs  aisément  partager  au  duc.  Celui-ci  quitta  brus- 
quement Hesdin,  sans  aller  prendre  congé  du  roi,  alors  tout 
près  de  là,  à  Abbe ville.  Louis  XI  en  éprouva  un  violent  cour- 
roux :  d'après  ses  ordres,  le  comte  d'Eu,  le  chancelier  de 
Morvilliers  et  l'archevêque  de  Narbonne,  ses  ambassadeurs, 
allèrent  aussitôt  rejoindre  à  Lille  le  duc  de  Bourgogne  et  le 
sommèrent  arrogamment  de  livrer  à  leur  maître,  pour  être 
châtié  à  son  gré,  le  fidèle  écuyer  que  le  roi  rendait  respon- 
sable de  l'arrestation  du  bâtard.  Commines  a  narré  avec  plus 
de  détails  que  La  Marche  la  belle  scène  qui  se  produisit  alors 
à  l'audience  ducale  le  6  novembre  1464  '  :  sans  rien  perdre 

t.  Commines,  Mémoires,  liv.  I,  eh.  Ier.  — V.  aussi  les  Mémoires 
de  Jacques  du  Clerc,  V,  16,  Chastellain,  liv.  VI,  ch.  117,  t.  V  de 


xl  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

de  son  sang-froid,  ni  du  respect  qu'il  devait  à  son  suzerain, 
Philippe  le  Bon  répondit  dignement  qu'Olivier  était  son 
sujet,  qu'il  n'avait  pas  d'autre  seigneur  et  que,  s'il  avait 
tenu  des  propos  outrageants  contre  le  roi,  lui,  le  duc,  se 
chargerait  seul  d'en  faire  justice.  Rapprochez  cet  incident 
de  celui  de  Jacques  de  Chabannes,  cité  plus  haut  :  on  ne 
saurait  mettre  en  plus  vive  lumière  la  mâle  fierté,  la  noblesse 
d'âme  du  maître,  ni  mieux  expliquer  le  dévouement  aveugle 
qu'il  inspirait  à  son  serviteur. 

La  guerre  du  Bien  public  éclate  :  Olivier  de  la  Marche 
prend  les  armes  avec  le  comte  de  Charolais  dans  le  corps 
commandé  par  Jean  de  Luxembourg1,  et  combat  vaillam- 
ment aux  côtés  du  prince  à  Montlhéry,  où  il  reçoit  de  ses 
mains,  dès  le  matin  de  la  journée,  l'honneur  insigne  de  la  che- 
valerie, en  même  temps  que  le  fils  du  prince  d'Orange,  Jean 
deMontfort,  et  un  de  ses  parents,  Emart  Bouton.  Il  passe 
la  nuit  qui  suit  la  bataille  à  cheval,  à  la  tête  de  cinquante 
hommes  d'armes,  en  prévision  d'un  retour  offensif  de  l'en- 
nemi et,  du  haut  de  son  destrier,  prête  une  oreille  attentive 
aux  délibérations  des  chefs  de  l'armée  bourguignonne, 
assemblés  autour  de  Charles  le  Téméraire,  le  long  d'une 
haie,  sur  une  pièce  de  bois.  La  victoire  paraissait  encore 
incertaine,  car  on  ignorait  si  Louis  XI  avait  battu  en 
retraite  :  aussi  le  lendemain  matin,  sans  prendre  une  minute 
de  repos,  il  court  vers  Montlhéry  reprendre  quelques  canons 
abandonnés  sous  le  château  et  a  la  bonne  fortune  de  ren- 

l'édit.  Kervyn  de  Lettenhove,  p.  118,  et  le  ms.  n°  1278  de  la  Bibl. 
nat.  —  Louis  XI  avait  prétendu  d'abord  qu'il  ignorait  les  projets  du 
bâtard  de  Rubernpré  et  qu'il  ne  les  avait  nullement  autorisés.  Puis 
il  déclara  aux  députés  des  villes  de  la  Somme  que  celui-ci  avait  agi 
par  ses  ordres,  toutefois  qu'il  avait  mission  de  s'emparer  non  du 
comte  de  Charolais,  mais  du  vice-chancelier  de  Bretagne,  qui  devait 
revenir  d'Angleterre  par  la  Hollande.  (Kervyn,  Hist.  de  Flandre.) 
\.  V.  les  Mémoires  de  Jehan  de  Haynin,  qui  cite  le  nom  d'Oli- 
vier parmi  ceux  des  chevaliers  et  seigneurs  qui  accompagnaient 
Jean  de  Luxembourg  (t.  II  de  l'édit.  Chalon,  p.  28  à  42). 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  xlj 

contrer  un  cordelier  qui  lui  apprend  la  fuite  du  roi  de  France 
et  l'assure  ainsi  le  premier  du  succès  définitif  des  confédérés. 
Dès  qu'il  a  porté  cette  bonne  nouvelle  à  son  maître,  il 
retourne  avec  Jacques  de  Montmartin  faire  les  logis  des 
vainqueurs,  gagne  ensuite  Chartres,  Etampes,  Nemours,  se 
lance  pendant  une  nuit  à  la  recherche  du  seigneur  de  Haut- 
bourdin,  afin  de  le  ramener  vers  le  gros  des  troupes  alliées, 
et  campe  à  Conflans,  sur  les  bords  de  la  Seine,  ce  qui  lui 
permet,  les  jours  de  trêve,  entre  deux  canonnades,  d'aller 
faire  «  grant  chière  »  à  Paris  pour  son  argent.  Un  signe 
caractéristique  de  cette  guerre,  qui  ressemble  beaucoup  à 
celle  de  la  Fronde,  c'est  que  l'animosité  des  chefs  n'entraîne 
aucune  haine  entre  les  soldats.  Les  premiers  ne  tardent  pas 
à  se  rapprocher  eux-mêmes  ;  Louis  XI  visite  familièrement 
le  comte  de  Charolais  qui  paie  ses  gens  d'armes  grâce  à 
trois  sommiers  chargés  d'or  «  où  il  pouvoit  avoir  quatre- 
vingt  mille  escus,  »  que  l'infatigable  chevalier,  muni  d'un 
sauf-conduit  du  roi  de  France,  va  quérir,  en  octobre  1465, 
au  trésor  du  duc  à  Bruxelles  ;  enfin  la  paix  est  signée  et 
les  Bourguignons  triomphants  vont  porter  leurs  offrandes 
à  Notre-Dame-de-Liesse.  Ils  traversent  Compiègne,  Noyon, 
Amiens,  s'établissent  dans  le  pays  de  Liège  révolté  qu'ils 
épouvantent,  et,  après  lui  avoir  dicté,  le  19  décembre  1465, 
à  Tirlemont,  les  conditions  de  sa  soumission  dans  un  acte 
auquel  La  Marche  assista  comme  témoin  avec  Guillaume  de 
Dinteville  et  Jean  de  Montfort1,  ils  reviennent  à  Bruxelles8. 
Est-ce  pour  y  trouver  le  repos?  Non,  du  moins  en  ce  qui 
concerne  Olivier.  A  peine  arrivé  en  Brabant,  le  comte  de 
Charolais  l'envoie  en  Normandie ,  afin  de  surveiller  la 
prise  de  possession  de  cette  province  par  le  duc  de  Berry, 
c'est-à-dire  l'exécution  du  traité  de  Conflans;   mais  ce 

i.  Analecta  Leodiensia,  dans  les  Documents  relatifs  au  siège  de 
Liège,  t.  I,  p.  529. 

2.  Mémoires,  liv.  I,  eh.  xxxv;  Commines,  liv.  I,  ch.  ix,  xi  et  suiv. 
Sur  le  séjour  d'Olivier  dans  le  pays  de  Liège,  voy.  Haynin,  1. 1,  p.  61. 


xlij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

prince  s'est  brouillé  avec  son  allié  de  Bretagne,  Louis  XI 
est  accouru  avec  une  grosse  armée  pour  profiter  de  leur 
discorde  et,  pendant  que  son  frère  bat  en  retraite  devant 
lui,  Olivier,  ignorant  ces  étranges  démêlés,  se  heurte,  à 
Rouen,  au  roi  de  France,  qui  lui  demande  narquoisement 
où  il  va.  On  le  laisse  passer  toutefois,  et  il  peut  rejoindre  à 
Rennes  les  ducs  de  Berry  et  de  Bretagne,  de  nouveau  récon- 
ciliés, qui  accueillent  avec  joie  le  représentant  de  leur  bon 
frère  de  Charolais,  puis  il  rentre  en  France  avec  Mgr  de 
Beaujeu,  et  de  Tours  gagne  Jargeau,  où  l'a  mandé  Louis  XI, 
dans  l'espoir  de  le  tromper  par  ses  caresses.  Olivier  n'avait 
pas  effectué  ce  voyage  incognito  et  en  son  nom  privé  :  il 
était  un  véritable  ambassadeur  et  en  reçut  le  titre  dans  cette 
mission  comme  dans  celle  qu'il  remplit  une  seconde  fois 
avec  Jean  Carondelet  et  Nicolas  Bouesseau  en  Bretagne,  en 
Normandie  et  vers  le  roi. 

La  fin  de  l'année  1466  et  les  six  premiers  mois  de  1467 
s'écoulèrent  donc  pour  La  Marche  en  incessantes  allées  et 
venues1,  fort  périlleuses  d'ailleurs,  car  le  défiant  Louis  XI 
surveillait  de  près  les  messagers  du  comte  de  Charolais 
et  les  aurait  volontiers  arrêtés.  Revenu  de  Normandie, 
Olivier  repartit  le  1er  janvier  1467  pour  l'Angleterre,  afin 
d'y  remplir  une  mission  secrète,  si  secrète  en  effet  qu'il  se 
garde  de  nous  en  faire  connaître  l'objet  dans  ses  Mémoires. 
Mais  elle  avait  pour  but  de  resserrer  l'alliance  de  Charles 
avec  le  roi  Edouard  :  les  comptes  aussi  discrets  que  lui  se 
bornent  à  en  faire  mention2.  Il  quittait  la  cour  d'Angleterre, 

1.  On  peut  citer  encore  parmi  elles  un  voyage  fait  près  du  duc 
de  Berry,  qu'il  rencontre  à  «  Beaune  »  (Beaune-la-Rolande)  pour 
l'assurer  du  puissant  secours  de  son  maître.  Mention  de  ce 
voyage  est  faite  dans  un  interrogatoire  du  10  octobre  1476,  au 
cours  du  procès  du  duc  de  Nemours,  dont  M.  Stein  a  emprunté 
le  texte  à  un  manuscrit  français  de  la  Bibl.  nat.,  n°  2387,  fol.  434. 

2.  «  A  Piètre  de  Gouloigne,  messagier  de  la  ville  de  Bruges, 
la  somme  de  douze  livres,  du  pris  de  xl  gros  monnoye  de 
Flandres  la  livre,  qui  deue  luy  estoit  pour  ung  voyaige  par  lui  fait 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  xliij 

où  il  avait  en  passant  applaudi  aux  brillantes  joutes  du 
grand  bâtard  de  Bourgogne,  lorsqu'au  moment  de  s'em- 
barquer à  Plymouth  pour  achever,  en  Bretagne,  avec 
Thomas  de  Loreille,  bailli  de  Caen,  une  nouvelle  mission 
qui  venait  de  lui  être  confiée,  il  apprit  la  mort  de  Phi- 
lippe le  Bon  (25  juin  1467).  Quelque  douloureuse  que  fût 
pour  lui  cette  perte,  qui  lui  arracha  «  des  larmes  fraîches,  » 
comme  aux  héros  d'Homère,  et  qui  consterna  tous  les  hommes 
avisés,  il  ne  se  crut  pas  délié  de  la  charge  qu'il  tenait  à  la 
fois  du  père  et  du  fils,  et  voulut  la  conduire  jusqu'au  bout. 
Mais,  dès  que,  cette  tâche  accomplie,  il  eut  assisté  à  Rennes 
au  splendide  service  ordonné  par  le  duc  de  Bretagne  pour 
le  repos  de  l'âme  du  défunt,  il  se  hâta  de  reprendre  la  mer  et 
de  rejoindre  en  Flandre  son  nouveau  seigneur. 

Ici  s'ouvre  pour  lui  une  seconde  phase  de  son  existence. 
Elle  sera  plus  éclatante,  mais  aussi  plus  laborieuse  et  plus 

dudit  lieu  de  Bruges  par  devers  messire  Olivier  de  la  Marche,  estant 
de  par  ms.  de  Charrolois  ou  pays  d'Angleterre  lui  porter  lettres 
closes  touchant  ses  besoingnes  et  affaires,  etc.  »  (Arch.  du  Nord.) 

On  voit  ailleurs  que  216  livres  furent  allouées  à  Olivier  de  la 
Marche  pour  son  voyage  en  Angleterre,  du  1er  janvier  1466 
(v.  st.)  au  10  avril  suivant,  à  raison  de  48  sols  de  2  gros  par  jour. 
(V.  Bulletin  de  la  Société  de  V histoire  de  France,  1858,  p.  296 
et  suiv.)  Il  faut  lire  216  liv.  et  non  24,  comme  l'imprime  ce  Bul- 
letin, ainsi  que  l'atteste  la  pièce  suivante  : 

«  A  Messire  Olivier  de  la  Marche,  chevalier,  conseiller  et 
maistre  d'ostel  de  mondit  seigneur,  la  somme  de  deux  cens  seize 
livres  que  mondit  seigneur  lui  a  fait  baillier  et  délivrer  sur  cer- 
tain voyage  qu'il  a  fait  par  son  commandement  et  pour  ses 
besoingnes  par  devers  le  roy  d'Angleterre,  dont  il  ne  veult  icy 
autre  déclaracion  estre  faicte.  »  (Compte  de  Barthélémy  Trotin, 
de  1467,  fol.  91  v°.  —  Archives  du  Nord,  B.  2064.) 

Olivier  de  la  Marche  était  accompagné  dans  ce  voyage  par 
Antoine  de  Lameth,  écuyer  d'écurie,  qui  reçut  232  liv.  16  sols 
d'indemnité,  et  Lameth  avait  lui-même  un  compagnon  pour  por- 
ter ses  dépêches.  (V.  Bulletin  précité,  p.  297.)  Quant  à  Olivier  de 
la  Marche,  il  transmettait  ses  dépêches  à  Bruxelles  par  messire 
Mathieu,  «  son  presbtre  chappellain.  »  (Id.) 


xliv  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

traversée.  A  un  protecteur  succédait  un  maître.  Charles  était 
redouté  même  des  compagnons  de  son  enfance,  quoique 
certaines  de  ses  qualités,  si  vivement  dépeintes  dans  les 
Mémoires,  l'en  fissent  presque  également  aimer.  On  crai- 
gnait surtout  son  opiniâtreté  qui  dérivait  de  son  orgueil  ;  il 
méprisait,  dit  Commines,  «  tout  autre  conseil,  sauf  le  sien 
seul.  Ses  pensées  estoient  grandes,  mais  nul  homme  ne  les 
sçavoit  mettre  à  fin.  »  Aucun  du  moins  ne  pouvait  se  flatter 
de  le  satisfaire  :  on  le  touchait  sans  le  fléchir  ;  il  semblait 
que  sa  dureté  pour  lui-même  dût  justifier  ses  exigences  et  sa 
rigueur  envers  les  autres.  Olivier,  qui  avait  appris  à  le  con- 
naître dès  son  bas  âge1,  put  en  souffrir  parfois,  mais  il  n'eut 
point,  une  seule  fois  excepté2,  à  s'en  plaindre  :  Charles  lui 
témoigna  de  suite  une  haute  estime,  une  pleine  confiance, 
sinon  une  vive  affection  ;  il  l'attacha  plus  étroitement  à  sa 
personne,  tout  en  lui  conférant  des  titres  ou  des  missions  qui 
engageaient  plus  lourdement  sa  responsabilité.  Les  comptes 
commencent  alors,  en  effet,  à  le  qualifier  de  conseiller  du 
duc  et  de  maître  d'hôtel3.  Il  va  monter  de  dignités  en  dignités, 
mais  au  prix  de  quel  labeur  ?  Ainsi  s'explique  peut-être  en 
partie  sa  mélancolique  devise  :  «  Tant  a  souffert  La  Marche,  » 

1.  II  déclare  lui-même  qu'il  fut  «  nourri  »  avec  le  prince,  c'est- 
à-dire  élevé  avec  lui,  bien  qu'il  fût  de  cinq  années  plus  âgé.  Ne 
connaissait-il  pas  aussi  la  vieille  Isabeau  de  Moralles,  la  «  ber- 
cheresse  »  de  «  Gbarlotel,  »  ainsi  que  les  habitants  de  Dinant 
appelaient  le  comte  de  Charolais  (Archives  du  Nord,  B.  1978), 
et  n'avait-il  pas  recueilli  de  sa  bouche  des  particularités  sur  sa 
première  enfance? 

2.  L'enlèvement  de  la  duchesse  de  Savoie. 

3.  En  acceptant  sans  contrôle  une  indication  de  Gollut  (nouv. 
édit.,  col.  1190),  qui  fait  figurer  01.  de  la  Marche  comme  maître 
d'hôtel  dans  la  liste  des  officiers  de  Philippe  le  Bon  en  1461,  M.  Stein 
(p.  30)  n'a  pas  fait  attention  que  notre  chroniqueur  est  encore  qua- 
lifié premier  panetier  du  comte  de  Charolais  quatre  ans  plus  tard, 
en  1465  (Stein,  p.  165).  On  se  demande  aussi  pourquoi  le  même 
auteur  lui  donne,  à  partir  de  cette  dernière  date,  le  titre  de 
chambellan  qu'il  n'a  porté  que  beaucoup  plus  tard  (id.,  p.  193). 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  xlv 

si  différente  de  celle  du  grand  bâtard  de  Bourgogne  :  «  Nul 
ne  si  frote  !  » 

Plus  que  jamais  sa  vie  se  partage  maintenant  en  deux 
fonctions  bien  différentes  :  tour  à  tour  diplomate  et  guer- 
rier, il  ne  déposera  la  lance  que  pour  prendre  la  plume, 
et  sa  robe  d'ambassadeur  sera  constamment  doublée  de  la 
cuirasse  de  l'homme  d'armes.  Quelques  mots  d'abord  de 
son  premier  rôle.  Le  18  novembre  1467,  il  quitte  Liège 
pour  retourner  en  Normandie  et  en  Bretagne,  puis  en 
Angleterre1.  Il  importe  en  effet  à  Charles  le  Téméraire  de 

1.  «  A  messire  Olivier  de  la  Marche,  chevalier,  conseillier  et 
maistre  d'ostel  de  mondit  seigneur,  la  somme  de  l  liv. ,  que  mon- 
dit  seigneur  lui  a  fait  délivrer  en  prest  et  payement,  sur  certain 
voyaige  qu'il  fait  de  par  lui,  pour  ses  besoingnes  et  affaires 
secretz  par  devers  le  duc  de  Bretaigne.  » 

On  lit  à  la  marge  :  «  Soit  corrigié  où  yl  prendra  le  surplus.  » 

«  En  est  parpaié  ou  premier  compte  de  Guilbert  de  Rupple, 
argentier,  subséquent  fol.  mc  xlv,  où  ces  l  liv.  lui  sont  rabatues 
et  parpayé,  reste  de  uc  xl  liv.  »  (Archives  du  Nord.) 

Olivier  reçoit  aussi  «  nc  vu  liv.  xim  s.,  pour,  le  xvme  jour  de 
novembre  LXVII,  estre  party  de  la  cité  de  Liège,  où  mondit 
seigneur  se  tint  lors,  et  estre  aie  en  ambassade  avec  maistre 
Jehan  Garondelet,  maistre  des  requestes,  et  Nicolas  Bouesseau, 
secrétaire  de  mondit  seigneur,  par  devers  messeigneurs  les  ducs 
de  Normandie  et  de  Bretagne,  et  de  là  devers  le  roy,  nostre  sire, 
pour  affaires  secrètes.  »  (Id.,  B.  2071.)  Son  voyage  se  prolongea 
jusqu'au  22  mars.  Jean  Garondelet  reçut  80  livres  pour  le  même 
voyage. 

«  A  messire  Olivier  de  la  Marche,  à  cause  de  certaines  vacca- 
cions  et  voiages  par  lui  fais  du  commandement  de  mondit  sei- 
gneur, depuis  le  xe  jour  de  may  jusques  au  xxve  du  mois  d'oc- 
tobre ensieuvant,  comme  sur  certain  voyage  qu'il  aloit  faire  de 
la  cité  de  Liège  par  devers  les  ducs  de  Normendie  et  de  Bretagne, 
vuxx  x  liv.  »  (Id.  V.  Bulletin  précité,  p.  297.) 

Dans  une  lettre  écrite  à  Louis  XI,  de  Gharenton  (Sherring- 
ton?),  le  16  janvier  1468,  par  William  Menipeny,  seigneur  de 
Goncressault,  sénéchal  de  Saintongo  et  ambassadeur  de  France 
près  d'Edouard,  roi  d'Angleterre,  cet  envoyé  raconte  à  son  maitre 
qu'il  avait  vu  à  Honfleur  messire  Olivier  de  la  Marche  et  d'autres 


xlvj  NOTICE    BIOGRAPHIQUE. 

se  faire  des  amis  des  Anglais  :  il  scellera  leur  alliance  avec 
eux  en  épousant  Marguerite  d'York,  sœur  de  leur  roi 
Edouard.  Arrivé  à  Londres  en  décembre,  Olivier  revient  en 
Normandie  par  Honfleur,  puis  repart  pour  l'Angleterre  et 
ne  rentre  en  Flandre  que  le  22  mars  1468  l.  L'année  sui- 
vante, le  8  février,  il  est  expédié  en  mission  secrète  en  Bre- 
tagne et  «  ailleurs  »  et  reste  absent  jusqu'au  mois  de  mai2. 
A  peine  de  retour,  il  se  réembarque  pour  l'Angleterre,  mais 
n'y  séjourne  pas,  puisqu'on  le  voit  en  juillet  constater  le 
payement  fait  par  le  bailli  de  Gand  d'une  somme  de 
70  patards  au  geôlier  du  château  de  cette  ville 3.  Le 
25  février  1470,  le  voilà  de  nouveau  envoyé  en  Angleterre, 
peut-être  près  de  Warwick,  et  il  n'est  libre  que  le  18  juin 

du  conseil  du  duc  de  Bourgogne  se  rendant  vers  Louis  XI. 
(Anchiennes  Cronicques  d'Engleterre,  t.  III,  édit.  Dupont,  appen- 
dice, p.  190.)  V.  Arch.  générales  de  Belgique,  compte  de  1468, 
vol.  1923,  fol.  66.  C'est  une  pièce  identique  à  celle  déjà  citée  en 
note  plus  haut  et  tirée  des  Archives  du  Nord. 
Olivier  ne   rentra  définitivement  en  Flandre   qu'en  octobre 

1467.  En  effet,  les  Archives  générales  de  Belgique,  compte  de 

1468,  vol.  1923,  mentionnent  plusieurs  sommes  avancées  par  lui, 
de  la  Fête-Dieu  en  octobre  1467,  à  Mathieu  Losengier,  l'un  de 
ses  émissaires,  envoyé  de  Boulogne  en  Bretagne,  puis  à  Bruxelles, 
enfin  de  Rochester  en  Angleterre,  pour  porter  des  messages 
diplomatiques.  Il  était  donc  retourné  en  Angleterre  pour  remplir 
une  nouvelle  mission,  après  avoir  un  instant  rejoint  son  maître, 
et  s'y  trouvait  encore  en  octobre,  époque  à  laquelle  il  revint  à 
Louvain  saluer  Charles  le  Téméraire. 

1.  Même  compte  de  1468  aux  Archives  de  Belgique.  —  Olivier 
recevait  53  sols  par  jour  à  l'étranger,  et  le  duc  lui  donna,  en 
outre,  une  gratification  de  470  livres  8  sous  4  deniers  en  vais- 
selle d'argent.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  20685,  p.  439.) 

2.  Il  reçoit  300  livres  pour  ses  frais  de  voyage  et  de  séjour 
(Archives  de  Belgique,  compte  de  1469  (n.  st.),  vol.  1924,  fol.  112). 
Le  même  compte,  fol.  125,  lui  alloue  122  livres  7  sols  pour  frais 
d'ambassade  en  Bretagne. 

3.  13  juillet  1465.  (Comptes-rendus  des  séances  de  la  Commission 
d'histoire  de  Belgique,  2e  série,  t.  VII,  p.  45.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  xlvij 

suivant1.  Il  n'a  pas  encore  eu  le  loisir  d'ouvrir  ses  «  bou- 
gettes  »  que,  le  8  juillet,  il  doit  quitter  Saint-Omer  pour 
traverser  le  détroit  et  aller  trouver  Henri  VI  à  Londres8. 
Le  discret  serviteur  se  tait  soigneusement  sur  le  but  de  ces 
allées  et  venues,  mais  ce  but  n'est-il  pas  manifeste?  Ne 
faut-il  point  que  la  maison  de  Bourgogne  combatte  à  l'étran- 
ger la  politique  astucieuse  de  son  ennemi  le  plus  perfide  et 
le  plus  dangereux,  Louis  XI  ? 

La  confiance  de  Charles  le  Téméraire  ne  lui  fait  pas  plus 
défaut  à  l'armée.  A  la  bataille  de  Brunstein,  il  est  retenu 
par  le  duc  au  nombre  des  vingt  chevaliers  chargés  de 
veiller  à  sa  propre  sécurité  ;  il  se  trouve  au  grand  assaut 
de  Liège,  le  30  octobre  1468,  de  même  qu'il  avait 
assisté,  deux  ans  auparavant,  du  vivant  du  vieux  duc,  au 
siège  et  au  sac  de  Dinant  ;  il  suit  son  maître  dans  le  pays 
de  Franchimont,  et  donne,  malgré  un  froid  terrible,  la 
chasse  aux  derniers  débris  des  révoltés  liégeois  ;  il  est  avec 
Charles  le  Téméraire  à  Namur,  à  Lille,  à  Saint-Omer,  à 
Gand,  à  Bruges,  quand  il  ne  vaque  pas  à  ses  ambassades,  et 
séjourne  près  de  lui  pendant  deux  mois  à  la  Haye,  en  1469  ; 
nous  le  retrouvons  en  1470  à  Gand,  où  il  assiste  au  pas  tenu 
par  Claude  de  Vaudrey ,  puis  à  l'Écluse,  et  l'année  suivante  à 
Hesdin,  où  le  duc  se  retire  avec  les  cinq  ou  six  cents  archers 
de  son  escorte,  en  attendant  que  son  armée  ait  eu  le  temps 
de  se  réunir  et  de  marcher  sur  Pecquigny  et  Amiens  ;  le 
30  septembre  1469,  il  est  nommé  gouverneur,  capitaine  et 
prévôt  de  Bouillon,  en  remplacement  de  Pierre  de  Hagen- 
bach,  et  en  exerce  les  fonctionsjusqu'au  30  septembre  14703  ; 

1.  Arch.  de  Belgique,  compte  de  1469  (v.  st.),  vol.  1925,  fol.  254, 
278. 

2.  Id.,  compte  de  1470,  vol.  1925,  fol.  280. 

3.  Inventaire  général  des  Archives  du  royaume  de  Belgique,  t.  IV, 
p.  139  (Bruxelles,  1865);  compte  n°  24406.  —  Déjà,  le  20  sep- 
tembre 1462,  il  avait  été  chargé  d'établir  Jean  d'Anthimes  en 
qualité  de  capitaine  et  de  prévôt  du  duché  de  Bouillon.  (Comptes- 


xlviij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

le  22  janvier  1471 ,  il  est  établi  capitaine  et  bailli  de  Lucheux, 
d'Orville  et  des  terres  confisquées  sur  le  comte  de  Saint-Pol !  ; 
un  peu  plus  tard,  le  8  août  1473,  il  reçoit  le  titre  de  maître 
de  la  monnaie  de  Gueldre2,  puis  ceux  de  bailli  d'Amont  en 
Franche-Comté  et  de  capitaine  de  Châtillon-le-Duc  (1474)3; 
peu  après  le  siège  d'Amiens,  auquel  il  prend,  durant  six 
semaines,  une  part  active  en  1471,  il  est  promu  capitaine 
de  la  première  compagnie  d'ordonnance  de  la  garde,  et,  à 
la  tête  de  trois  cents  hommes  d'armes,  dont  il  partage  le 
commandement  avec  le  bailli  de  Saint-Quentin  et  Jacques 
d'Harchies,  il  s'établit  à  Abbeville  (janvier  1472),  dont  il 
est  nommé  commandant,  en  l'absence  de  Philippe  de  Crève- 
cœur,  sieur  d'Esquerdes  (22  mars),  et  où  il  assiste  le  15  jan- 
vier à  l'exécution  d'un  certain  Jehan  Levasseur  ;  il  court  le 

rendus  de  la  commission  d'histoire  de  Belgique,  lre  série,  t.  IX, 
page  80.) 

1.  Arch.  nat.  (Musée  487),  K.  74,  n°  3.  M.  H.  Stem  a  publié 
cette  pièce,  comme  plusieurs  de  celles  qui  ont  été  précédemment 
citées.  —  Olivier  reçut  dans  la  même  année,  en  récompense  de 
ses  services,  500  livres  à  prendre  sur  les  deniers  de  la  confisca- 
tion des  habitants  de  Tournay  et  du  comte  de  Saint-Pol.  (Bibl. 
nat.,  Gollect.  de  D.  Villevieille,  55,  Cab.  des  titres,  136  bis,  fol.  138.) 

2.  Archives  de  Belgique,  Ch.  des  comptes,  Inventaire,  t.  III, 
n°  18100.  Il  avait  encore  ce  titre  en  1476  et  touchait  200  francs 
de  32  gros  flamands  pour  gages  annuels.  (Arch.  de  Belg.,  Ch. 
des  comptes  de  Gueldres,  18100.) 

3.  On  n'a  pas  la  date  exacte  de  cette  nomination,  restée  en 
blanc  dans  les  comptes.  Nous  trouvons  cependant  aux  Archives 
de  la  Côte-d'Or,  B.  1772,  dans  le  compte  de  Jean  Pillet  de  Loi- 
sey,  trésorier  de  Vesoul,  pour  les  années  1473-1474,  fol.  92,  la 
mention  suivante  :  «  Novus  hic.  A  noble  seigneur  messire  Olivier 
de  la  Marche,  chevalier,  conseiller,  maistre  d'ostel  de  mondit 
seigneur  le  duc  et  à  présent  son  bailli  d'Amont,  ouquel  office  de 
bailli  et  aussi  en  l'office  de  cappitaine  de  Ghastillon-le-Duc,  icel- 
lui  seigneur  par  ses  lettres  patentes  données  le...  jour...  mil 
GGCG...,  et  pour  les  causes  contenues  et  déclairées  en  icelles,  a 
commis  et  ordonné  et  establi  ledit  messire  Olivier,  vixx  xm  fr. 
m  gros.  » 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  xlix 

pays  de  Vimeu,  d'où  il  ramène  grand  butin,  dit-il,  fait  prison- 
nier le  seigneur  de  Loupy  (peut-être  Huppy)  et  ses  enfants 
et  enlève  d'assaut  la  place  de  Gamaches1.  Il  est  chargé  de 
garder  avec  ses  hommes  d'armes  les  postes  de  Roye  et  de 
Montdidier  après  sa  campagne  du  Vimeu  ;  puis,  appelé  en 
Gueldre  par  sa  nouvelle  fonction  de  maître  général  des 
monnaies,  il  prend  une  part  active  au  siège  de  Venloo,  ce 
qui  lui  vaut  240  livres  de  récompense  (10  septembre  1473). 
En  un  mot,  s'il  récolte  des  honneurs  et  de  l'argent,  c'est 
qu'il  ne  fuit  jamais  ni  devant  les  périls,  ni  devant  les 
charges.  Les  cinq  ou  six  années  de  cette  période  de  son  exis- 
tence ne  sont  guère  qu'une  perpétuelle  chevauchée,  ce  qui 
ne  l'empêche  point  de  remplir,  entre  temps,  son  rôle  plus 
pacifique  de  maître  d'hôtel,  et  de  veiller  en  cette  qualité  aux 
menus  plaisirs  du  duc2,  ou  aux  solennités  de  sa  justice, 

1.  «  Ung  petit  devant  (1472),  ung  chevalier  de  la  partie  du  duc 
nommé  messire  Olivier  de  la  Marche,  bourguignon,  lequel  avoit 
charge  de  cinquante  lances,  qui  se  tenoit  de  par  le  duc  en  garni- 
son à  Abbeville,  s'en  alla  à  Gamaches  et  print  le  chastel  d'as- 
sault,  lequel  il  fist  bruller  et  la  ville,  laquelle  ville  appartenoit  à 
Joachim  Rohault,  lors  mareschal  de  France...  »  (Anchiennes 
Croniques  d' Engleterre ,  appendice,  t.  III,  p.  294,  ch.  xliv  de 
l'Histoire  de  Charles,  dernier  duc  de  Bourgogne.  V.  aussi  Mémoires, 
liv.  II,  ch.  i,  et  Prarond,  Une  occupation  militaire  d' Abbeville  au 
XVe  siècle,  p.  8.)  — Pendant  son  séjour  à  Abbeville,  Olivier  avait 
sous  ses  ordres  9  dixeniers,  10  lieutenants,  79  hommes  d'armes, 
293  archers  à  cheval,  94  piquiers,  34  artilleurs,  10  arbalétriers  et 
22  archers  à  pied.  Il  touchait  cent  fr.  de  solde  personnelle  par 
mois.  (Archives  de  Belgique,  Ch.  des  comptes,  n°  25542,  fol.  5.) 

2.  Lettre  du  15  octobre  1468,  par  laquelle,  il  atteste  qu'une 
somme  de  douze  livres  a  été  délivrée  aux  ménestrels  du  duc. 
(Archives  du  Nord,  B.  2069.)  Le  compte  de  Gile  de  Rupple, 
argentier  du  duc,  constate  dans  la  même  année  la  remise  de 
28  livres  14  sous  à  Olivier,  pour  remboursement  de  diverses 
sommes  payées  à  «  ung  harpeur  de  Mgr  de  Normandie,  »  venu 
à  Mons,  à  des  «  trompettes  estrangères  »  et  à  «  ung  joueur  de 
divers  instrumens  »  qui  joua  devant  le  duc  le  lendemain  de  ses 
noces.  (Archives  de  Belgique,  Ch.  des  comptes,  vol.  19^3,  fol.  197.) 

d 


1  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

comme,  le  15  janvier  1469,  lorsqu'avec  son  collègue  Pierre 
Bladelin,  il  amène  devant  la  «  chayère  de  monseigneur  le 
duc  »  siégeant  «  en  la  grande  salle  de  Brouxelles,  »  au 
milieu  des  chevaliers  de  la  Toison  d'or  et  des  ambassadeurs 
de  tous  les  souverains  d'Europe,  les  magistrats  de  la  ville 
de  Gand  naguère  révoltée,  venus  pour  déposer  aux  pieds 
de  leur  prince,  en  signe  de  soumission,  les  bannières  de 
leurs  métiers  et  assister  à  la  lacération  de  leurs  vieux  pri- 
vilèges i . 

Ces  fonctions  moins  périlleuses,  mais  non  moins  délicates 
parfois,  il  les  remplit  surtout  d'une  manière  éclatante  lors 
des  noces  de  Charles  le  Téméraire  avec  Marguerite  d'York, 
sœur  du  roi  d'Angleterre,  célébrées  à  Bruges  en  1468.  L'or- 
ganisateur des  «  mistères  »  de  Nevers,  des  «  entremetz  »  de 
Lille  fut  encore  une  fois  chargé  de  diriger  les  fêtes  somp- 
tueuses qui  suivirent  le  mariage  et  dans  lesquelles  son  goût 
naturel  pour  le  cérémonial  l'avait  fait  passer  maître.  H  en 
prépara  les  principaux  divertissements  et  paraît  avoir  rédigé 
la  plupart  des  pièces  allégoriques  qui  furent  récitées  au  pas 
de  l'Arbre  d'or.  Il  s'y  mêla  directement  lui-même  :  on  le  vit 
accompagner  les  juges  du  champ  clos  pendant  toute  la 
durée  des  joutes,  conduire,  monté  sur  une  mule  et  «  vestu 
d'une  longue  robe  de  velours  bleu  »  avec  manteline  de  pareille 
étoffe  et  pourpoint  de  satin  cramoisi,  le  seigneur  de  Raves- 
tein  devant  les  dames  et  donner  lecture  delà  lettre  qui  expli- 
quait «  l'emprinse2.  »  Ce  fut  également  lui  qui  régla  une 
partie  de  la  dépense  et  veilla  au  paiement  des  peintres,  des 
ménestrels,  des  sculpteurs,  des  tailleurs  d'images  qui  furent 

1.  V.  aux  Mémoires  de  Commines,  édit.  Dupont,  preuves,  t.  III, 
p.  253,  la  relation  de  l'assemblée  tenue  à  Bruxelles,  le  15  jan- 
vier 1469  (et  non  le  8  janvier,  comme  l'a  imprimé  Lenglet),  pour 
casser  les  privilèges  des  Gantois. 

2.  V.  Mémoires,  liv.  II,  en.  rv,  et  aux  annexes,  le  Récit  des 
noces  de  Charles  de  Bourgogne.  V.  aussi  les  Mémoires  de  Jean  de 
Haynin  et  le  ms.  n°  17321  de  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lj 

employés  dans  ces  réjouissances1.  Mais  il  fit  plus  encore, 
d'après  Adrien  de  But,  il  y  jouta  avec  Antoine,  bâtard  de 
Bourgogne2  ;  puis,  selon  sa  coutume  d'enregistrer  jusque 
dans  leurs  moindres  détails  tout  ce  qui  touchait  aux  magni- 
ficences de  la  cour  bourguignonne  et  ce  qui  pouvait  en  rehaus- 
ser la  renommée3,  il  en  fit  un  double  récit  :  l'un  fut  adressé  par 
lui  sous  forme  de  lettre  à  Gilles  du  Mas,  maître  d'hôtel  du  duc 
de  Bretagne  :  c'est  celui  qu'il  a  inséré  dans  ses  Mémoires  ; 
l'autre  fut  envoyé  à  la  cour  de  Savoie  ;  c'est,  semble-t-il, 
la  relation  jusqu'à  ce  jour  conservée  dans  la  bibliothèque  de 
Turin  et  placée  en  appendice  dans  cette  édition.  Ces  récits  dif- 
fèrent sur  quelques  points,  mais  ils  se  complètent  l'un  l'autre  : 
plus  heureux  que  celui  de  Chastellain,  qui  avait  aussi  décrit, 
si  l'on  en  croit  Molinet,  les  fêtes  nuptiales  de  Bruges,  ces 
deux  textes  ont  échappé  à  l'outrage  du  temps  et  nous  donnent 
une  fidèle  image  des  dernières  splendeurs  bourguignonnes. 
Notre  capitaine  n'était  pas  seulement  un  poète,  un  artiste 
et  un  guerroyeur  :  c'était  aussi  un  prude  et  loyal  conseiller. 
Lorsque,  grâce  à  la  fortuite  découverte  de  sa  duplicité, 
Louis  XI  faillit  trouver  dans  la  vieille  tour  de  Péronne  une 
prison  et  peut-être  un  tombeau,  qui  modéra  la  fureur  de 
Charles  le  Téméraire,  qui  retint  sa  main  prête  à  se  lever  sur 
la  personne  royale,  qui  arrêta  sous  les  fenêtres  du  château 
ce  messager  tout  «  housé  »  dont  nous  parle  Philippe  de 
Commines,  et  qui  n'attendait  qu'une  dernière  signature  du 


1.  V.  Gilliodts-van-Severen,  Inventaire  des  archives  de  la  ville 
de  Bruges,  t.  V,  p.  566,  et  Archives  de  Belgique,  compte  de  1468, 
vol.  1923,  fol.  88,  qui  fait  mention  d'une  somme  de  13  livres 
6  sols  payée  à  Olivier  pour  les  soins  donnés  aux  fêtes  de  Bruges. 

2.  Chronique,  t.  1,  p.  490.  V.  Haynin,  op.  cit. 

3.  Cela  rentrait  d'ailleurs  implicitement  dans  ses  fonctions. 
Les  maîtres  d'hôtel  des  ducs  de  Bourgogne  tenaient  quotidienne- 
ment note  des  événements  extérieurs  qui  se  passaient  à  la  cour, 
des  voyages,  fêtes,  dépenses,  etc.;  de  là  l'exactitude  ordinaire 
des  récits  d'Olivier  en  cette  part. 


lij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

duc  pour  sauter  à  cheval  et  porter  en  Bretagne  le  signal  de 
la  prise  d'armes?  Qui  ?  Ce  fut  Commines  sans  doute,  le  froid 
et  pénétrant,  mais  peu  désintéressé  serviteur,  qui  allait  bien- 
tôt passer  à  la  cour  du  roi  de  France  et  y  recevoir  le  salaire 
de  sa  persuasive  intervention;  ce  fut  Jean  de  Visen,  un 
valet  de  chambre  de  Charles,  un  «  honneste  homme,  qui 
avoit  grand  crédit  sur  son  maistre;  »  mais,  bien  que  Com- 
mines ne  le  cite  point  au  nombre  des  trois  confidents  qui 
«  n'aigrirent  rien,  mais  adoucirent  à  leur  pouvoir,  »  ce  fut 
aussi  Olivier  de  la  Marche.  Après  une  nuit  orageuse,  qu'il 
passa  debout,  tout  habillé,  marchant  à  grands  pas  dans  sa 
chambre,  avec  le  seigneur  d'Argenton,  Charles  n'avait  rien 
perdu  de  sa  colère  au  matin,  lorsqu'il  envoya  les  sires  de 
Charny ,  de  Créqui  et  de  la  Roche  demander  au  roi  s'il  enten- 
dait tenir  ses  promesses  et  marcher  avec  lui  contre  les  Lié- 
geois révoltés.  A  ce  moment,  il  retint  Olivier  seul  avec  lui1; 
quand  les  seigneurs  revinrent,  le  duc  était  encore  tout  ému 
et  «  la  voix  lui  trembloit  »  de  courroux 2  ;  mais  il  consentit 
soudain  à  aller  trouver  Louis  XI,  que  la  peur  faisait  trem- 
bler lui-même,  et  à  lui  faire  jurer  la  paix  sur  la  vraie  croix. 
Qui  avait  produit  cette  subite  révolution  et  opéré  ce  miracle  ? 
Sans  méconnaître  l'influence  de  Commines,  de  Jean  de  Visen 
et  du  chancelier  Pierre  de  Goux,  énergique  défenseur  de  la 
concorde  et  de  la  foi  jurée,  on  peut  affirmer  que  le  fidèle 
compagnon  d'enfance  de  l'irascible  prince  n'y  demeura  pas 
étranger3. 


1.  V.  Mémoires,  liv.  II,  ch.  n. 

2.  Commines,  Mémoires,  liv.  II,  ch.  ix. 

3.  Dans  une  lettre  écrite  à  du  Bouchage,  le  16  octobre  1472, 
quatre  années  après  cette  célèbre  entrevue,  Louis  XI  disait  : 
«  Guillaume  de  Thouars  m'a  fait  savoir  que  ...  messire  Olivier 
de  la  Marche  s'en  vouldroit  bien  venir  à  moy,  et  j'ay  grant  paour 
que  ce  soit  quelque  tromperie.  »  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  2905.)  On 
en  peut  conclure  que  le  roi  avait  appris  à  estimer  La  Marche  et 
l'appréciait  à  sa  valeur.  Mais  de  là  à  supposer  que  celui-ci  aurait 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  liij 

Nous  avons  vu  plus  haut  que  La  Marche,  retenu  à  Abbe- 
ville  ou  dans  le  pays  de  Viineu,  n'assista  ni  à  la  prise  de 
Nesle,  ni  au  siège  de  Beauvais,  en  1472;  il  paraît  du  moins 
avoir  pris  part  à  la  triste  expédition  de  Normandie,  dans 
laquelle  le  duc  de  Bourgogne  se  vengea  de  l'échec  essuyé 
devant  les  murailles  de  Beauvais  en  saccageant  sans  profit 
le  riche  pays  de  Caux,  en  démolissant  les  villes  et  les  châ- 
teaux et  en  escarmouchant  jusqu'aux  portes  de  Rouen  qui 
ne  s'ouvrirent  pas  à  son  approche.  Son  armée  y  souffrit 
beaucoup  moins  des  viretons  français  que  des  maladies  et  de  la 
disette  :  sans  les  secours  des  Lillois  qui  lui  envoyèrent  des 
vivres,  dont  le  seigneur  de  la  Marche  reçut  nommément  sa 
part1,  sans  l'arrivée  de  Nicolas  de  Calabre,  surtout  sans  la 
solde  que  Charles  se  décida  un  peu  tardivement  à  faire  dis- 
tribuer à  quelques-uns  de  ses  détachements2,  elle  n'eût  peut- 
être  pas  tenu  la  campagne  jusqu'à  la  trêve  conclue  avec  le 
connétable  de  France,  à  partir  du  3  novembre  1472. 

Dégoûté  d'insuccès  auxquels  il  n'était  pas  habitué,  le  duc 
se  tourna  du  côté  de  l'Allemagne,  aux  dépens  de  laquelle  il 
espérait  agrandir  ses  possessions,  et  il  commença  par  mettre 
la  main  sur  le  duché  de  Gueldre,  que  lui  avait  cédé  le  duc 
Arnold  le  30  décembre  de  la  même  année.  Olivier  de  la  Marche 
reçut  une  des  premières  épaves  de  cette  conquête  :  la  fête  de 
la  Toison  d'or,  célébrée  à  Valenciennes  le  2  mai  1473,  venait 
à  peine  de  se  terminer  qu'il  passa  dans  le  duché  de  Gueldre 

pu  trahir  son  maître,  il  y  a  loin.  S'il  contribua  à  sauver  Louis  XI 
à  Péronne,  ce  fut  uniquement  pour  le  plus  grand  bien  de  Charles 
le  Téméraire. 

1.  En  1472,  la  ville  de  Lille  fait  offrir  ix  los  de  vin  à  messire 
Olivier  de  la  Marche.  Il  reçut  également  d'elle  xir  los  en  1477. 
(Archives  du  Nord  ;  Bulletin  de  la  Société  de  l'histoire  de  France, 
1858,  p.  298.) 

2.  Olivier  de  la  Marche  n'était  lui-même  guère  mieux  payé  que 
ses  compagnons  d'armes.  En  1473,  il  ne  toucha  aucun  salaire 
comme  maître  d'hôtel  et  capitaine  de  la  grande  garde.  (Archives 
du  Nord,  B.  2095,  n<>  3.) 


liv  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

avec  son  maître  et  y  fut  promu,  comme  il  a  été  dit  plus  haut, 
à  l'office  de  «  maistre  et  pardessus  des  monnoyes  du  pays1.  » 
Mais  il  n'y  fit  qu'un  séjour  rapide.  Nicolas  d'Anjou,  duc  de 
Lorraine,  venait  de  mourir  subitement  à  Nancy,  des  suites 
d'un  empoisonnement  que  les  ennemis  du  roi  de  France  ne 
manquèrent  pas  d'imputer  à  celui-ci  ;  c'était  le  dernier  héri- 
tier mâle  du  roi  René  :  Charles  de  Bourgogne  saisit  cette 
occasion  pour  tenter  de  s'emparer  de  la  Lorraine  et,  après 
avoir  fait  enlever  le  jeune  comte  René  de  Vaudemont, 
neveu  du  défunt,  dépêcha  Olivier  de  la  Marche  pour  som- 
mer la  ville  de  Metz  de  lui  ouvrir  ses  portes,  sous  prétexte 
d'y  avoir  une  entrevue  avec  l'empereur.  Les  Messins  avi- 
sés ayant  décliné  cette  périlleuse  hospitalité,  le  chevalier 
revint  rejoindre  son  maître  à  Luxembourg  et  le  suivit  à 
Trêves  où  Frédéric  III  attendait,  non  sans  défiance  ni  quelque 
jalousie  du  faste  bourguignon,  son  brillant  vassal,  dont  il 
convoitait  la  fille  unique  pour  son  fils  Maximilien  (18  sep- 
tembre 1473).  L'entrevue  fut  splendide  :  Charles,  qui  vou- 
lait en  profiter  pour  se  faire  sacrer  roi  et  restaurer  la  vieille 
monarchie  bourguignonne,  y  déploya  un  luxe  écrasant, 
inusité  ;  il  tint  à  ce  que  toute  sa  suite  fût  magnifiquement 
parée  et,  en  homme  qui  ne  négligeait  pas  les  plus  minces 
détails,  tandis  qu'il  faisait  préparer  ses  futurs  ornements 
royaux  dans  la  cathédrale,  tandis  qu'il  étalait  dans  l'abbaye 
de  Saint-Maximin  les  merveilleux  trésors  de  sa  maison,  tels, 
dit  Meyer,  qu'en  possédait  Alexandre  ou  Assuérus,  il  y  'lia 
lui-même  à  ce  que  son  maître  d'hôtel  revêtît  un  costume 
neuf2.  Malheureusement  pour  le  duc,  la  veille  du  jour  fixé 

1.  Archives  générales  de  Belgique,  tome  III  de  Y  Inventaire, 
p.  241,  et  Archives  du  Nord,  B.  2096. 

2.  Le  24  octobre  1473,  La  Marche  reçoit  une  robe  longue  de 
velours  cramoisi  et  un  pourpoint  de  satin  cramoisi  pour  «  lui 
vestir  et  mectre  plus  honnestement  en  point.  »  (Archives  du 
Nord,  B.  2098.)  V.  sur  cette  entrevue  Dom  Plancher,  Histoire  de 
Bourgogne,  t.  IV,  p.  416  et  417. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  Jv 

pour  le  couronnement,  l'empereur,  effrayé  par  ses  conseil- 
lers1, s'embarqua  furtivement  sur  la  Moselle  et  se  rendit  à 
Cologne,  laissant  l'église  prête,  la  cérémonie  déjà  ordonnée 
et  l'aspirant  monarque  sans  couronne.  Quelle  que  fût  son 
irritation,  Charles,  auquel  le  sceptre  royal  échappait,  dut  à 
son  tour  battre  en  retraite  et,  traversant  la  Lorraine,  se 
diriger  sur  l'Alsace  pour  regagner  la  Bourgogne. 

Olivier  de  la  Marche  eut  à  peine  le  temps  de  revoir  le 
château  paternel.  Il  était  chef  et  capitaine  de  la  garde  ducale2 
et  ne  pouvait  quitter  son  maître.  Dès  que  celui-ci  eut  fait 
son  entrée  solennelle  et  tenu  «  estât  »  de  prince  dans  sa  bonne 
ville  de  Dijon,  puisa  Dole,  il  fallut  repartir  pour  le  Brabant, 
en  passant  par  la  Lorraine  et  le  Luxembourg,  où  le  duc  reçut 
l'avis  de  graves  événements  qui  venaient  de  s'accomplir  en 
Alsace.  Le  pays  de  Ferrette  était  en  pleine  révolte  :  son  gou- 
verneur pour  Charles  le  Téméraire,  Pierre  de  Hagenbach, 
avait  été  mis  à  mort  parles  ordres  de  l'archiduc  Sigismond3, 

1.  Gachard,  Documents  inédits,  t.  Ier,  p.  232.  V.  aussi  ms.  de 
la  Bibl.  de  Bruxelles,  n°  16698. 

2.  En  cette  qualité  de  capitaine  de  la  garde,  il  commandait  à 
tous  les  «  chefs  d'escadre,  de  chambre,  gentilshommes  et  archers  » 
qui  devaient  le  «  révérer  et  luy  obéir.  »  {État  de  la  maison  de 
Charles,  dernier  duc  de  Bourgogne,  ms.  de  la  Bibl.  nat.,  n°  3867, 
fonds  franc.)  Une  note  de  ce  ms.,  qui  contient  la  liste  des  servi- 
teurs du  duc  et  les  ordonnances  relatives  à  leur  service,  nous 
apprend  que  La  Marche  touchait  comme  capitaine  30  sols  par 
jour  en  tout  temps,  c'est-à-dire  absent  comme  présent,  plus 
20  livres  par  mois  comme  maître  d'hôtel.  (Ord.  du  29  avril  1474.) 
Cependant  on  voit  ailleurs,  dans  le  même  état,  qu'il  recevait,  en 
qualité  de  maître  d'hôtel,  30  sols  par  jour  pendant  le  temps  de 
son  service,  qui  durait  six  mois.  D'après  les  comptes  des  gages 
payés  aux  officiers  du  duc,  le  20  août  1474,  Olivier  touchait  en 
outre  par  jour  13  sous  4  deniers  pour  sa  pension.  (Bibl.  nat., 
ms.  fr.  5903.) 

3.  9  mai  1474.  —  Un  traité  d'alliance  avait  été  conclu,  le 
30  mars  1474  ,  entre  Louis  XI  et  Sigismond  contre  le  duc  de 
Bourgogne,  dont  il  avait  pour  but  principal  de  renverser  l'auto- 


]vj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

qui  avait  violemment  repris  possession  du  comté  ;  une  nou- 
velle guerre,  provoquée  parles  intrigues  de  Louis  XI,  allait 
éclater  en  Alsace,  échappée  au  duc  au  moment  même  où  celui- 
ci  méditait  de  se  précipiter  avec  toutes  ses  forces  sur  l'Alle- 
magne. Une  place  le  tentait  fort,  c'était  la  petite  mais  solide 
cité  de  Montbéliard,  qui  était  comme  un  pont  jeté  entre  la 
Franche-Comté  et  la  haute  Alsace,  et  était  alors  occupée  par 
le  sire  de  Stein,  au  nom  du  comte  Ulric  de  Wurtemberg. 
Charles  fit  enlever  Henri,  fils  de  ce  dernier,  aux  environs  de 
Thionville,  en  déclarant  qu'il  ne  lui  rendrait  la  liberté  qu'a- 
près la  remise  de  la  ville,  dont  La  Marche  et  Claude  de  Neuf- 
châtel,  seigneur  du  Fay,  furent  chargés  de  se  faire  ouvrir 
les  portes,  à  la  faveur  d'une  prétendue  autorisation  du  jeune 
captif.  Secouru  à  temps  par  les  gens  de  Bàle  et  de  Berne, 
Marc  de  Stein  refusa.  Les  capitaines  bourguignons  qui 
étaient  à  Granges  traînèrent  alors  enchaîné  sous  les  mu- 
railles de  Montbéliard  l'héritier  de  Wurtemberg  et  crièrent 
à  la  garnison  qu'ils  le  feraient  décapiter  si  les  portes  res- 
taient fermées.  On  le  força  même  à  s'agenouiller  sur  un  tapis 
de  velours  et  le  bourreau  leva  sur  lui  son  épée  nue.  Mais 
Stein  tint  bon  et,  plutôt  que  d'exécuter  la  menace  ducale, 
Olivier  se  retira  avec  son  prisonnier  qu'il  ramena  à  Luxem- 
bourg ou  à  Maestricht,  puis  à  Boulogne-sur- Mer,  où  celui-ci 
demeura  captif  et,  dit-on,  aliéné  d'esprit,  jusqu'en  1477  *. 

Une  entreprise  plus  grave  fournit  bientôt  un  champ  meil- 
leur à  sa  vaillance.  L'archevêque  de  Cologne,  Robert  de 
Bavière,  en  lutte  avec  son  chapitre,  qui  l'avait  chassé  de  son 
siège  pour  le  remplacer  par  le  frère  du  landgrave  de  Hesse- 
Cassel,  appela  à  son  aide  son  cousin  le  duc  de  Bourgogne. 

rite  en  Alsace.  (Forster  Kirk,  Hist.  de  Charles  le  Téméraire,  t.  III, 
p.  273.) 

1.  Mémoires,  liv.  II,  eh.  v.  Lettre  de  Charles  le  Téméraire,  du 
22  juin  1474,  au  sr  du  Fay,  gouverneur  de  Luxembourg.  (De  la 
Barre,  Mémoires  pour  servir  à  V histoire  de  France  et  de  Bourgogne, 
a.  357.)  V.  aussi  Gollut,  col.  1243,  note  1,  et  Duvernoy,  Éphcmé- 
rides  du  comté  de  Montbéliard,  p.  171. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lvij 

Celui-ci  alla  aussitôt  mettre  le  siège  devant  Neuss,  défendue 
par  le  nouvel  archevêque  avec  dix-huit  cents  hommes  d'armes 
(30  juillet  1474).  Après  avoir  en  vain  tenté  plusieurs  assauts 
et  perdu,  sous  les  yeux  du  capitaine  de  ses  gardes,  un  grand 
nombre  d'Italiens  à  sa  solde,  qui  avaient  voulu  passer  le 
Rhin  tout  armés  à  la  nage  pour  s'emparer  d'une  île  occupée 
par  les  assiégés,  Charles  dut  ouvrir  des  tranchées  en  règle, 
édifier  bastilles  contre  bastilles,  ville  contre  ville  et,  pendant 
ce  temps,  détacher  de  ses  forces  un  corps  de  troupes,  afin  de 
ravitailler1  une  place  voisine,  celle  de  Lintz,  la  seule  qui  tînt 
contre  les  Allemands  pour  Robert  de  Bavière.  La  Marche 
fut,  avec  Philippe  de  Bergues  et  le  vicomte  de  Soissons, 
chargé  de  cette  mission  fort  périlleuse,  car  il  s'agissait  d'en- 
lever un  puissant  boulevard  élevé  sur  la  rive  gauche  du 
Rhin,  de  franchir  le  fleuve  sous  le  feu  de  l'assiégeant  et,  à 
la  faveur  d'une  diversion,  d'introduire  le  convoi  de  vivres 
dans  la  forteresse.  Il  divisa  habilement  son  petit  corps  d'ar- 
mée; couvert  par  ses  cranequiniers  et  les  archers  à  pied, 
que  commandait  le  vicomte  de  Soissons,  il  descendit  d'une 
hauteur  avec  cent  vingt  hommes  d'armes  ;  deux  escadrons 
italiens  le  suivaient,  puis  une  centaine  de  lances  et  les  con- 
voyeurs. Nos  Bourguignons  assaillirent  bravement  le  bou- 
levard, s'y  installèrent  après  avoir  tué  ses  défenseurs  et, 
tandis  qu'Olivier  y  faisait  des  chevaliers,  notamment  Robert 
Le  Roucq,  cité  par  Molinet,  Lancelot  de  Barlemont  jetait 
un  gros  renfort  dans  la  place.  Malheureusement,  peu  de 
jours  après,  la  garnison  se  prit  de  querelle  avec  les  habi- 
tants, qui  parlementèrent  avec  l'armée  allemande  et  finirent 
par  lui  ouvrir  leurs  portes.  Mais  Olivier  eut  l'honneur  de 
reprendre  de  vive  force  le  passage  que  les  troupes  impé- 
riales avaient  fermé  derrière  lui  et,  toujours  combattant,  de 
ramener  sans  avoir  perdu  un  homme  dans  sa  brillante  retraite 
ses  troupes  au  duc,  qui  lui  en  «  sceut  moult  grant  gré.  » 

1.  Février  1475.  —  V.,  sur  ce  ravitaillement,  Correspondance  de 
la  mairie  de  Dijon,  t.  I,  p.  156. 


lviij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

Cependant,  malgré  l'opiniâtreté  de  Charles,  le  siège  de 
Neuss,  commencé  depuis  près  de  dix  mois,  n'avançait  pas. 
Ravitaillée  à  son  tour  par  les  Allemands,  après  une  rude 
famine,  protégée  par  une  crue  des  eaux,  encouragée  par 
une  promesse  de  secours  de  l'empereur,  la  place  défiait 
la  formidable  artillerie  bourguignonne1,  et  ne  paraissait 
pas  vouloir  se  rendre.  Le  duc  tenta  un  dernier  effort.  Le 
mardi,  23  mai  1475,  informé  de  l'approche  de  l'armée 
impériale,  qui,  malgré  ses  cent  mille  hommes,  ne  se  sou- 
ciait guère,  semble-t-il,  d'engager  la  lutte,  il  résolut  de 
la  prévenir  et  de  commencer  l'attaque.  Il  lança  en  avant  les 
Lombards  de  Jacques  Galeotto  et  Olivier  de  la  Marche  avec 
sa  garde,  qui  formait  ordinairement  le  corps  de  réserve; 
ceux-ci  se  portèrent  sur  le  centre  des  Impériaux,  tandis  que 
Charles  tombait  sur  leurs  flancs  avec  toutes  ses  forces.  Le 
margrave  de  Brandebourg  ayant  voulu  tenir  tête  à  Galeotto, 
Olivier  le  prit  à  revers  avec  la  garde  et  l'escadron  des  gen- 
tilshommes de  la  chambre,  rompit  ses  colonnes,  le  chassa 
devant  lui  dans  la  direction  de  Cologne,  lui  tua  beaucoup  de 
monde  et  lui  fit  encore  plus  de  prisonniers.  La  déroute  fut  si 
grande  que  le  duc  de  Saxe,  maréchal  de  l'empire,  mit  la 
bannière  impériale  «  aux  champs2.  »  Olivier  eut  encore 

1.  Artelleria  terribile,  disent  les  ambassadeurs  milanais. 

2.  Mémoires,  liv.  II,  ch.  m;  La  Croix  du  Maine;  de  la  Barre, 
Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  de  France  et  de  Bourgogne,  a.  360. 
Dans  la  lettre  adressée  le  27  mai  1475  par  le  duc  de  Bourgogne 
à  Claude  de  Neufchâtel,  seigneur  du  Fay,  gouverneur  du  Luxem- 
bourg, on  lit  :  «  Pour  le  mytant  de  la  seconde  bataille,  nous 
ordonnasmes  l'escadron  des  gentilshommes  de  nostre  chambre 
et  pour  leur  renfort  ceulx  de  nostre  garde  que  conduisoit  mes- 
sire  Olivier  de  la  Marche,  nostre  maistre  d'hostel,  leur  capi- 
taine. »  V.  Baron  de  Gingins  La  Sarra,  Dépêches  des  ambassadeurs 
milanais  sur  les  campagnes  de  Charles  le  Hardi  de  1474  à  1477, 
publiées  en  1858,  t.  I,  p.  165  à  170;  apostille  de  D.  Salvador  de 
Clarici  à  la  lettre  d'Henri,  seigneur  de  Neufchâtel,  au  duc  de 
Bari,  du  22  juin  1475. 


NOTICE  BIOGRAPHIQUE.  lix 

l'honneur1  de  cette  journée  qui  n'accrut  pas  médiocrement  les 
pacifiques  désirs  de  Frédéric  III.  Des  négociations  furent 
alors  entamées  et  l'on  convint  d'une  trêve  :  l'empereur  et  le 
duc  levèrent  presque  ensemble  leurs  camps,  remettant  la 
ville  de  Neuss  en  dépôt  entre  les  mains  du  légat  du  pape  ; 
mais  le  second  tint  à  faire,  pendant  quelques  jours,  occuper 
la  place  en  son  nom  par  les  seigneurs  de  Glèves,  d'Humber- 
court  et  Olivier  de  la  Marche2  ;  celui-ci  assista  même  à  la 
prise  de  possession  de  l'envoyé  pontifical  :  on  ne  pouvait 
rendre  un  plus  significatif  hommage  au  valeureux  capitaine 
dont  la  charge  impétueuse  avait  décidé  du  sort  du  combat. 
Dès  que  cette  remise  eut  été  opérée,  La  Marche  quitta 
Neuss  avec  Josse  de  Lalaing,  qui  s'était,  comme  lui,  fort 
distiugué  dans  la  bataille,  et,  à  la  tête  de  trois  cents  lances 
d'ordonnance,  se  mit  en  route  pour  la  Bourgogne3.  Les 
Français  étaient  en  effet  entrés  dans  le  Nivernais,  avaient 
repris  Château-Chinon,  et  Béraud  de  l'Espinasse,  sire  de 
Combronde,  avait,  le  20  juin,  complètement  battu  le  maré- 
chal de  Bourgogne,  Antoine  de  Luxembourg,  à  Guipy,  près 
de  cette  ville.  Le  Maçonnais  était  envahi  et  Cluny  surpris 
par  le  comte  de  Montpensier.  D'un  autre  côté,  l'Artois, 
abandonné  sans  défense,  était  ravagé  par  les  troupes  de 
Louis  XI,  qui  défaisaient  Jacques  de  Luxembourg  sous  les 
murs  d'Arras  le  27  juin,  le  jour  même  où  les  Bourguignons 
festoyaient  le  légat  avant  de  lever  leur  camp  devant  Neuss. 
Entre  temps,  les  Anglais  mettaient  pied  à  Calais  et  appe- 

1.  V.  dans  les  Mémoires  couronnés  par  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique, t.  XXII,  p.  188,  la  relation  du  combat  du  23  mai  1475, 
donnée  par  le  général  Guillaume,  qui  rend  pleine  justice  à  l'ha- 
bileté des  manœuvres  d'Olivier. 

2.  Lettre  de  Pierre  de  Ballinets,  datée  do  Vesoul,  du  23  juin 
1475,  dans  les  Dépêches  précitées,  t.  I,  p.  167. 

3.  Il  n'y  était  pas  encore  arrivé  le  24  juin.  (Lettre  d'Antoine 
d'Appiano  au  duc  de  Milan,  du  24  juin  1475;  Dépêches  précitées, 
t.  I,  p.  164.) 


lx  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

laient  à  grands  cris  leur  allié  de  Bourgogne,  qu'ils  s'éton- 
naient de  ne  point  rencontrer  à  leur  débarquement.  Où 
aller  et  que  faire  ?  Charles  ne  courut  pas  au  plus  pressé, 
non  qu'il  hésitât,  contrairement  à  son  habitude,  mais  parce 
qu'il  avait  déjà  d'autres  projets  en  tête;  cependant  il  rap- 
pela La  Marche,  qui  se  dirigeait  sur  la  Bourgogne1,  etl'éta- 
blit  avec  sa  garde  dans  un  camp  près  d'Arras,  tandis  qu'il 
accompagnait  lui-même  le  roi  d'Angleterre  rejoint  tardi- 
vement2, et  qu'il  allait  à  Gand,  puis  à  Valenciennes  ras- 
sembler des  ressources  indispensables  à  une  nouvelle  et 
étrange  campagne3.  Il  n'avait  souci  ni  des  souffrances  des 
populations,  ni  de  la  décadence  de  l'industrie,  ni  de  ses 
domaines  pillés,  ni  de  ses  frontières  saccagées,  ni  même  de 
la  belle  armée  étrangère  qui  venait  guerroyer  avec  lui  contre 
Louis  XI  ;  son  unique  pensée  était  maintenant  tournée  contre 
la  Lorraine  qu'il  voulait  conquérir,  contre  les  gens  d'Alsace 
et  de  Ferrette  dont  il  brûlait  de  se  venger.  Il  rêvait  de  chas- 

1.  Dépêche  d'Appiano,  du  24  juin  1475.  (GinginsLa  Sarra,  t.  I, 
p.  165.) 

2.  Le  14  juillet,  à  Calais.  —  Le  10  juillet,  le  duc  de  Bourgogne 
était  à  Malines  et,  le  lendemain,  il  entrait  à  Bruges. 

3.  Lettre  anonyme  à  la  duchesse  de  Savoie,  datée  de  Moirans, 
du  30  juillet  1475,  dans  les  Dépêches  précitées,  t.  I,  p.  192.  —  Les 
états  généraux  de  Flandre,  de  Brabant,  de  Hollande,  de  Zélande, 
de  Hainaut,  de  Gueldre,  dArtois  et  de  Picardie  avaient  déjà  été 
convoqués  à  Gand,  dans  les  derniers  jours  d'avril  1475,  pour 
voter  un  impôt  du  sixième  denier  sur  tous  les  biens  sans  excep- 
tion. Mais  ils  avaient  repoussé  cette  demande.  (Kervyn  de  Let- 
tenhove,  Histoire  de  Flandre,  t.  V,  p.  193.)  Un  peu  plus  tard,  les 
menaces  du  duc  parvinrent  seules  à  leur  arracher  un  subside  de 
100,000  ridders  et  la  solde  de  quatre  mille  sergents,  payable 
d'avance  par  tiers  chaque  année.  {ld.,  p.  197.)  En  1474,  Charles, 
réduit  aux  derniers  expédients  pour  se  procurer  de  l'argent,  avait 
été  jusqu'à  déclarer  qu'il  amortirait  à  son  profit  toutes  les  dona- 
tions faites  au  clergé  depuis  soixante  ans,  et  qu'il  lui  en  ferait 
payer  le  bail  pour  les  trois  années  précédentes.  (Molinet;  man- 
dement du  duc  du  10  juillet  1474.) 


NOTICE  BIOGRAPHIQUE.  lxj 

ser  du  Luxembourg  le  sire  de  Craon  et  le  duc  René,  de  s'em- 
parer du  duché  de  Bar  et  de  Nancy,  et  les  1,200  lances 
(16,000  à  18,000  hommes),  dont  il  pouvait  alors  disposer, 
devaient,  avec  Olivier  de  la  Marche  et  sa  garde,  le  suivre 
en  Lorraine  afin  d'opérer  inopinément  cette  foudroyante 
conquête.  Foudroyante,  elle  le  fut  en  effet  :  ce  dernier  éclat 
de  la  fortune  acheva  de  l'aveugler.  Nancy  se  rendit  le 
26  novembre  1475;  il  y  entra  le  lendemain.  Une  trêve  de 
neuf  ans  avait  été  sur  les  entrefaites  conclue  avec  le  roi  de 
France  (13  septembre)  ;  dès  lors,  il  ne  restait  plus  à  Charles 
le  Téméraire  qu'à  tirer  vengeance  des  Suisses,  les  ravageurs 
de  sa  comté,  les  constants  alliés  de  ses  adversaires  :  les 
campagnes  de  Granson  et  de  Morat  allaient  commencer. 

Notre  chroniqueur,  retenu  par  la  maladie  à  Salins,  ne  put 
prendre  part  à  la  première  et  n'eut  pas  la  douleur  de  suivre 
le  duc  vaincu  dans  sa  fuite.  Ce  n'est  pas  lui  qui  se  serait  per- 
mis de  lui  dire,  comme  son  fou,  pendant  cette  triste  retraite  : 
«  Ah  !  Monseigneur,  nous  voilà  bien  annibalés  !  »  Mais,  à  peine 
rétabli,  le  5  mai  1476,  il  le  rejoignit  bien  vite  à  son  camp  de 
Lausanne,  et  fut,  avec  quatre  escouades  d'hommes  d'armes 
et  d'archers,  envoyé  du  côté  de  Genève  pour  ramener  au 
camp  les  soldats  dispersés  et  faire  sévère  justice  des  marau- 
deurs qui  assassinaient  ou  pillaient  les  passants1.  Le  duc 
songea  bientôt  à  lui  confier  une  mission  plus  importante  : 
il  avait  besoin  de  se  rattacher  ses  anciens  alliés,  notamment 


1.  Dépêches  des  ambassadeurs  milanais,  lettre  de  Panigarola  au 
duc  de  Milan,  datée  de  Lausanne,  le  5  mai  1476,  t.  II,  p.  113. 
Dans  l'ordonnance  rendue  par  le  duc,  au  camp  de  Lausanne,  en 
mai  1476,  sur  l'organisation  de  son  armée,  Olivier  est  désigné 
comme  commandant  des  «  quatre  centaines  d'archiers  anglois 
de  la  garde,  »  qui  sont  placés  à  la  deuxième  ligne  de  bataille 
du  premier  corps  d'armée,  dont  le  duc  d'Atri  était  le  chef. 
(Archives  du  Nord,  Chambre  des  comptes,  et  Gingins  La  Sarra, 
t.  II,  p.  153-174.1  La  revue  des  troupes  ducales  fut  passée  à  Lau- 
sanne le  9  mai  1476.  (Gingins,  t.  II,  p.  138-145.) 


Ixij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

Galéas,  duc  de  Milan,  qui,  depuis  la  défaite  de  Granson,  se 
rapprochait  secrètement  de  Louis  XI  et  menaçait  de  rompre 
ses  anciens  engagements  avec  la  Bourgogne.  Pour  cette 
négociation  délicate,  un  gentilhomme  de  confiance  et  de 
dévouement,  bien  instruit,  ben  instruclo,  des  vues  et  des 
sentiments  intimes  de  Charles  le  Téméraire,  était  indispen- 
sable1. Nul  ne  réunissait  mieux  ces  conditions  qu'Olivier  de 

1.  Lettre  de  Panigarola  au  duc  de  Milan,  datée  de  Lausanne, 
7  mai  1476,  dans  les  Dépêches  précitées,  t.  II,  p.  121.  —  Dans 
une  autre  lettre  du  surlendemain,  t.  II,  p.  133,  l'envoyé  milanais 
revient  sur  cette  nécessité  pour  le  duc  de  Bourgogne  d'avoir  une 
«  persona  da  bene  di  longa  esperentia  et  fidatissima  à  Soa  Excel- 
lentia.  »  —  Les  dépêches  de  Panigarola  sont  très  explicites  sur 
la  mission  d'Olivier  de  la  Marche.  Dans  celle  du  28  mai  1475, 
t.  II,  p.  193,  il  raconte  qu'au  moment  de  monter  à  cheval  pour 
quitter  Lausanne  et  aller  camper  à  Morrens,  dans  le  canton  de 
Vaud,  avec  son  armée,  Charles  lui  a  déclaré  qu'il  allait  envoyer 
le  seigneur  de  la  Marche  à  Milan  pour  faire  connaître  à  Galéas 
Sforza  son  intention  d'agir  contre  la  France.  A  cet  effet,  le  duc 
de  Milan  sera  prié  de  tenir  à  la  disposition  d'Olivier  le  contingent 
de  troupes  milanaises  qu'il  avait  déjà  offertes  à  son  allié,  de 
manière  à  ce  que  ces  troupes  soient  prêtes  à  partir  en  juin  au 
premier  signal.  Olivier  expliquera  au  duc  de  Milan  les  disposi- 
tions prises  par  Charles  pour  couvrir  la  marche  de  ce  contingent 
et  assurer  ses  communications.  Il  devra  revenir  en  hâte  annon- 
cer à  son  maître  l'arrivée  des  troupes  italiennes  sur  les  points 
convenus.  De  son  côté,  messer  Matheo  de  Glarici,  médecin  lom- 
bard du  duc  de  Bourgogne,  a  entendu  celui-ci  dire  la  veille  à 
Olivier  :  «  Vous  resterez  douze  ou  quinze  jours  au  plus  auprès  du 
duc  de  Milan,  afin  d'attendre  l'effet  de  la  demande  que  vous  avez 
à  lui  faire  :  si  la  réponse  est  évasive,  ou  si  vous  voyez  que  l'on 
traîne  l'affaire  en  longueur,  vous  quitterez  immédiatement  la 
cour  et  vous  reviendrez  sur-le-champ.  »  Olivier  est  chargé  de 
prendre  en  passant  les  lettres  de  la  duchesse  de  Savoie  pour  le 
gouvernement  du  Piémont.  —  Quant  à  la  force  du  contingent 
demandé  par  Charles  à  Galéas,  Guichenon  nous  la  fait  con- 
naître :  elle  devait  être  de  400  lances  garnies  (2,400  chevaux), 
ou,  à  leur  défaut,  un  subside  annuel  de  60,000  ducats  d'or.  (T.  II, 
p.  425.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lxiij 

la  Marche.  Le  duc  n'hésita  point  et  le  choisit  pour  son 
ambassadeur.  Il  devait  se  rendre  prestement  à  Milan  et 
sommer  Galéas  de  mettre  à  la  disposition  de  Charles,  comme 
un  traité  l'y  obligeait,  un  corps  auxiliaire,  ou,  à  défaut,  un 
subside.  Mais  ce  qui  importait  surtout,  c'étaient  des  hommes 
et  des  hommes  exercés.  Il  devait  passer  par  Orbe,  pour  y 
prendre  des  gens  d'armes  et  les  conduire  à  Hugues  de  Cha- 
lon-Arlay,  seigneur  de  Châtel-Guyon,  chargé  de  la  garde 
des  défilés  du  Piémont,  puis  par  Gex,  afin  de  se  concerter 
avec  la  duchesse  de  Savoie  au  sujet  de  la  défense  de  ces  pas- 
sages et  de  prendre  ses  lettres  pour  le  duc  de  Milan1.  Son 
départ  fut  publiquement  annoncé2. 

Pourquoi  ne  monta-t-il  pas  immédiatement  à  cheval  ?  Si 
la  prudence  conseillait  à  Charles  de  ne  point  différer,  car  un 
nouveau  choc  avec  les  Suisses  était  imminent,  son  indomp- 
table orgueil,  ce  premier  des  tyrans  ou  des  consolateurs,  lui 
persuadait  d'attendre,  afin  de  laver  sa  récente  défaite  dans 
une  victoire  remportée  à  l'aide  de  ses  seules  forces.  Il  espé- 
rait en  son  armée  aussi  belle  et  aussi  nombreuse  que  jamais3. 
De  son  côté ,  le  bon  capitaine  craignait  de  manquer  encore  une 
fois  la  bataille.  Une  scène  touchante  eut  lieu.  Dans  la  soirée 
du  19  juin4,  il  se  jeta  aux  genoux  de  son  maître,  le  suppliant 
de  retarder  son  départ  jusqu'après  la  rencontre,  de  peur 
qu'on  ne  l'accusât,  lui,  chevalier,  acteur  et  témoin  dans  tant 
de  luttes  héroïques,  d'avoir  failli  à  son  devoir  et  par  peur 
déserté  le  combat.  Charles,  le  relevant  doucement,  luirepré- 


1.  Lettres  de  Panigarola  au  duc  de  Milan,  du  28  mai,  dans  les 
Dépêches  précitées,  t.  II,  p.  193;  du  4  juin,  datée  de  Morrens, 
t.  II,  p.  212;  du  9  juin,  datée  du  camp  en  avant  de  Lucens,  à 
quatre  lieues  de  Fnbourg,  t.  II,  p.  231;  du  17  juin,  t.  II,  p.  270  ; 
d'Appiano  au  duc  de  Milan,  du  22  juin,  t.  II,  p.  291. 

2.  Lettres  du  28  mai  et  du  4  juin.  (Id.) 

3.  V.  dépêche  du  9  juin.  {Id.) 

4.  Cette  date  est  donnée  par  Panigarola  dans  sa  lettre  datée  du 
camp  devant  Morat,  le  20  juin.  {Id.,  p.  283.) 


Ixiv  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

senta  qu'il  lui  rendrait  plus  de  services  à  la  cour  milanaise 
qu'à  la  tête  de  sa  garde  et  le  congédia1.  11  se  mit  donc  en 
route  le  20,  plein  de  tristesse  et  de  funestes  pressentiments, 
car  la  fortune  lui  semblait  désormais,  avec  ses  alliés,  déta- 
chée de  son  maître2.  Deux  jours  après,  le  samedi  22  juin, 
survenait  le  désastre  de  Morat3. 

La  nouvelle  en  fut  apportée  à  la  duchesse  de  Savoie,  à 
Gex,  par  Frédéric  d'Aragon,  prince  de  Tarente,  et  Phi- 
lippe de  Compays,  seigneur  de  la  Chapelle,  puis  confirmée 
par  Antonello  de  Campobasso,  un  des  serviteurs  de  Fré- 
déric. Le  23,  à  six  heures  du  soir,  Charles  le  Téméraire 
y  arrivait  lui-même  avec  moins  de  cent  chevaux,  mais 
suivi  à  peu  de  distance  de  trois  cents  hommes  d'armes  et 
d'un  millier  d'autres  cavaliers.  De  son  côté,  Olivier  était 
accompagné  ou  devait  être  prochainement  rejoint  par  deux 
cents  lances  italiennes,  qu'il  avait  ordre  de  laisser  à  Suze, 
où  elles  auraient  été  renforcées  de  deux  cents  autres  lances 

1.  Dépêche  d'Appiano  précitée,  du  22  juin.  —  Olivier  était 
accompagné  de  messire  Aloys  Totto,  d'une  famille  d'Alexandrie, 
parent  du  chancelier  du  duc  de  Milan,  de  Jacob  Rossi,  dit  Pala- 
mino,  et  d'Antonio  Gollazzo,  mandataire  du  capitaine  Ugo  San- 
Severino,  chevalier  de  Verceil,  à  la  solde  du  duc  de  Bourgogne. 
(Dépèche  de  Panigarola  au  duc  de  Milan,  du  camp  de  Morat, 
20  juin  1476,  t.  II,  p.  281.) 

2.  D'après  une  dépêche  d'Appiano  au  duc  de  Milan,  datée  de 
Gex,  le  22  juin  1476,  t.  H,  p.  291,  Olivier  de  la  Marche  aurait 
écrit  du  camp  devant  Morat,  à  Gex,  que  le  brusque  départ  du 
prince  de  Tarente,  qui  venait  de  quitter  l'armée  bourguignonne, 
était  dû  à  une  entente  secrète  entre  le  roi  Ferdinand  de  Naples, 
son  père,  et  Louis  XL  —  Olivier  craignait  surtout  les  menées 
occultes  de  celui-ci.  Panigarola  et  Appiano  diffèrent  sur  la  date 
du  départ  d'Olivier.  Le  premier  le  fait  partir  le  20,  et  le  second 
le  21  au  soir. 

3.  Une  très  curieuse  miniature,  représentant  la  bataille  de 
Morat,  se  trouve  au  fol.  58  d'Heures  manuscrites  exécutées  pour 
René  II,  duc  de  Lorraine,  et  portées  sous  le  n°  21  du  catalogue 
de  la  bibliothèque  de  M.  A.  Firmin  Didot  (mai  1879). 


NOTICE    BIOGRAPHIQUE.  lxv 

bourguignonnes1.  Charles  le  Téméraire  ne  prit  que  le  temps 
de  saluer  la  duchesse  et  manda  de  suite  près  de  lui  le  capi- 
taine de  ses  gardes,  rappelé  de  Genève,  où  il  venait  d'ap- 
prendre la  défaite  de  Morat,  ainsi  que  l'un  de  ses  chambellans, 
Germain,  seigneur  de  Givry-sur-le-Doubs,  qui  commandait 
l'escorte  destinée  à  protéger  Yolande  de  Savoie,  pendant  sa 
résidence  à  Gex.  Que  se  passa-t-il  dans  cette  longue  entre- 
vue secrète?  On  l'ignore  :  toutefois,  ce  fut  là  probablement 
qu'Olivier  reçut  la  première  confidence  du  projet  insensé 
qu'avait  formé  le  duc  d'enlever  la  duchesse  de  Savoie  et  son 
fils  Philibert,  à  qui  Antoine  d'Appiano,  ambassadeur  du  duc 
de  Milan,  cherchait  à  persuader  de  se  retirer  en  Piémont  par 
Cormayeur  et  le  Val  d'Aoste2.  Charles,  aigri  par  la  défaite 
et  devenu  de  plus  en  plus  méfiant,  mais  non  découragé,  soup- 
çonnait en  effet  sa  parente  d'entretenir  des  intelligences  avec 
les  Suisses3  ou,  ce  qui  est  plus  vraisemblable,  avec  le  roi  de 
France4.  Cependant,  au  moment  de  prendre  le  soir  même  ou 
le  lendemain  matin  congé  de  Mme  de  Savoie,  il  l'embrassa 
tendrement  ainsi  que  ses  fils  et  les  jeunes  princesses,  ce  qui  fit 
ensuite  dire  aux  Genevois  qu'il  leur  avait  donné  le  baiser  de 
Judas5.  De  Gex,  le  duc  se  dirigea  sur  Saint-Claude. 

De  son  côté,  Olivier,  poursuivant  sa  mission,  qui  semblait 

1.  Dépêche  de  J.  Blanco  au  duc  de  Milan,  du  14  juillet  1476 
(Gingins,  t.  II,  p.  365);  dépêche  de  Petrasanta  au  duc  de  Milan, 
de  Turin,  le  29  juin  1476.  (Id.,  t.  II,  p.  320.) 

2.  Dépêche  d'Appiano,  du  24  juin.  (Id.,  t.  II,  p.  301.)  D'après 
M.  H.  Stein,  Charles  aurait  eu  pour  objectif  d'obtenir  de  gré  ou 
de  force  de  la  duchesse  Yolande  la  cession  de  la  tutelle  de  son 
fils  qui  lui  avait  été  déférée  le  3  juillet  1475. 

3.  V.  dépêche  de  Petrasanta  au  duc  de  Milan,  datée  de  Salins, 
le  3  juillet  1476.  {Id.,  t.  II,  p.  339.) 

4.  La  duchesse  de  Savoie  avait  demandé  un  sauf-conduit  à 
Louis  XI,  ce  qui  déplut  fort  à  Charles  le  Téméraire.  (Dépêche 
d'Appiano,  du  25  juin;  id.,  t.  II,  p.  303.) 

5.  Dépêche  d'Appiano  au  duc  de  Milan,  datée  de  Genève,  !<• 
29  juin  1176.  {Id.,  t.  II,  p.  324.) 

e 


lxvj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

pourtant  n'avoir  plus  d'objet1,  rentra  le  24  à  Genève2  et  ne 
tarda  pas  à  y  recevoir  l'ordre  formel  d'enlever  la  duchesse 
et  ses  enfants.  Celle-ci  quitta  Gex  le  27  ;  le  soir  du  même  jour 
le  cortège  princier  touchait  presque  aux  portes  de  Genève, 
lorsque  Olivier,  honteux  de  cette  trahison,  mais  docile  jus- 
qu'au bout  à  son  souverain,  se  jeta  sur  les  voyageurs  près 
du  Grand-Sacconex,  et  s'empara  de  la  duchesse  et  du  jeune 
Philibert.  Il  confia  celui-ci  à  la  garde  d'un  capitaine  italien 
à  la  solde  du  duc  de  Bourgogne,  nommé  Ludovic  Taglianti  ; 
mais,  soit  négligence,  soit  plutôt  collusion,  le  condottiere 
se  laissa,  grâce  à  l'obscurité  de  la  nuit,  dérober  le  prince 
que  son  gouverneur,  le  comte  de  Rivarola,  cacha  dans  un 
blé  voisin  de  la  route  et  que  ses  serviteurs,  les  sires  de  la 
Forêt  et  de  Menthon,  purent  ramener  sain  et  sauf  à  Genève. 
Le  jeune  Louis-Jacques  de  Savoie  fut  aussi  sauvé  par  le  sire 
de  Villette. 

Dire  l'émotion,  le  tumulte,  la  rage  qui  saisirent  les  Gene- 
vois à  la  nouvelle  de  ce  guet-apens  est  impossible.  Les  dames 
de  la  suite  de  la  duchesse,  arrivées  le  28  juin  sous  escorte 
de  Gex,  répandaient  des  larmes  comme  la  Madeleine3.  Le 
jeune  Philibert  jurait  de  se  venger.  Les  bourgeois  de  Genève 
coururent  aux  armes  au  cri  de  Mort  aux  Lombards  !  et 
tombèrent  sur  les  Italiens  du  duc  de  Bourgogne  qu'ils 

1.  On  répandait  le  bruit  que  cette  mission  avait  en  réalité  pour 
objet  de  se  rendre  l'arbitre  du  gouvernement  en  Piémont.  Ce  fut 
au  moins  le  propos  tenu  par  Cavoretto,  secrétaire  de  la  duchesse 
de  Savoie,  aux  principaux  membres  du  conseil  de  Savoie. 
(Dépêche  de  Petrasanta  à  Caléas,  de  Turin,  le  29  juin;  id.}  t.  II, 
p.  320.)  Mais  c'était  une  pure  invention.  Charles  le  Téméraire 
n'avait  aucun  projet  sur  le  Piémont  ;  il  suffit  pour  s'en  assurer 
de  lire  les  dépêches  de  Panigarola,  des  28  mai  et  17  juin  1476. 

2.  Sur  sa  présence  à  Genève  et  l'arrivée  dans  cette  ville  de  la 
nouvelle  de  la  défaite  de  Morat,  v.  la  dépêche  de  Petrasanta  au 
duc  de  Milan,  de  Turin,  le  26  juin  1476.  [kl,  t.  II,  p.  305.) 

3.  Dépêche  d'Appiano  au  duc  de  Milan,  de  Genève,  le  29  juin. 
[kl.,  t.  II,  p.  324.J 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE,  lxvij 

détroussèrent1.  L'évêque  de  Genève  lui-même,  Jean-Louis 
de  Savoie,  furieux  de  l'enlèvement  de  sa  belle-sœur,  coiffa, 
dit-on,  le  casque  et  se  mit,  mais  sans  les  atteindre,  à  la 
poursuite  des  ravisseurs2. 

Pendant  ce  temps,  Olivier,  ayant  Mme  de  Savoie  en  croupe 
et  ses  deux  filles  à  cheval  derrière  lui,  s'éloignait  au  plus 
vite  sans  même  s'assurer  de  la  présence  du  jeune  duc,  qu'il 
croyait  pris,  tant  il  avait  hâte  d'arriver  près  de  son  redouté 
maître,  dont  il  connaissait  l'irascible  et  absolu  caractère.  Il 
franchit  le  Jura  à  «  la  noyre  nuyct,  »  s'arrêta  quelques  minutes 
à  Mijoux  et  ne  s'aperçut  qu'à  Saint-Claude,  en  rejoignant 
Charles,  de  la  disparition  de  Philibert.  La  réception  du  duc 
fut  terrible  :  il  ne  parlait  rien  moins  que  de  faire  décapiter  son 
maladroit  serviteur.  Pourtant  son  courroux  s'apaisa  peu  à 
peu  ;  mais  il  cessa  d'adresser  la  parole  à  Olivier,  qui  le  suivit 
à  Morat,  puis  à  Salins,  toujours  menant  Mme  de  Savoie  pri- 
sonnière avec  lui,  jusqu'à  ce  que  le  duc  eût  ordonné  de  la 
conduire  à  Rochefort  et  de  là  au  château  de  Rouvre,  près 
Dijon,  d'où  Louis  XI  parvint  quelque  temps  après  à  la 
délivrer,  avec  le  concours  de  Louis  d'Avanchères3. 

Un  historien  très  estimé  et  dont  les  jugements  sont  d'or- 
dinaire empreints  d'autant  de  droiture  que  de  modération, 
M.  Kervyn  de  Lettenhove,  songeait  sans  doute  à  ce  coup  de 
main  déloyal  lorsqu'il  appelle  quelque  part4  notre  chevalier 
le  Tristan  VHermite  de  Charles  le  Hardi.  L'histoire  ne 
peut  ratifier  cette  dure  sentence.  Elle  blâmera  certainement 


1.  Idem.  Chronique  de  Schilling,  p.  352.  —  Ceux  qui  souf- 
frirent le  plus  furent  les  Italiens  des  compagnies  de  Troylo  et  de 
Lignara. 

2.  Chronique  de  Savoie  (Hist.  Pair.  Mon.),  1. 1,  col.  655.  Olivier 
de  la  Marche  a  omis  tous  ces  détails,  qui  paraissent  d'ailleurs  fort 
exagérés.  Ce  qui  est  vrai,  c'est  l'indignation  qui  l'ut  universelle. 

3.  V.,  sur  tous  ces  faits,  Chroniques  de  Yolande  de  Savoie,  publiées 
en  1859  par  M.  Léon  Menabrea,  p.  149  et  suiv. 

\.  Histoire  de  Flandre,  t.  V,  p.  243,  note. 


Ixviij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

l'excès  de  docilité  de  La  Marche,  mais  elle  n'oubliera  point 
que,  si  aveugle  fût-elle,  son  obéissance  était  du  moins  désin- 
téressée. Sans  doute,  il  eût  montré  plus  de  courage  en  résis- 
tant à  son  prince  et  en  refusant  d'exécuter  ses  ordres  :  sa 
fidélité  même,  qui  l'égara  dans  cette  circonstance,  lui  en 
faisait,  mieux  comprise,  un  devoir.  Mais,  s'il  faiblit  un  jour, 
le  reste  de  sa  vie  proteste  tout  entier  contre  une  assimilation 
qu'aucun  de  ses  ennemis  eux-mêmes  ne  se  serait  permise, 
tant  elle  eût  paru  injuste  à  ses  contemporains. 

Peu  de  jours  après,  Olivier  prenait  séance  dans  les  rangs 
de  la  noblesse  aux  états  du  duché  et  du  comté  assemblés  à 
Salins  pour  voter  les  nouveaux  subsides  qui  devaient  réparer 
les  pertes  de  l'armée  bourguignonne1.  On  peut  deviner  son 
vote  qui  ne  prévalut  pas.  Les  représentants  de  la  Bourgogne, 
depuis  longtemps  écrasée  d'impôts,  déclarèrent  nettement 
que  ce  qui  leur  était  demandé  «  ne  se  pouvoit  faire  et  ne  se 
feroit  pas2.  »  Ils  se  contentèrent  d'offrir  trois  mille  hommes. 
Ceux  de  Flandre  firent  moins  encore.  L'obéissance  et  les 
épargnes  étaient  à  bout.  Le  duc  ne  put  mettre  sur  pied  que 
quatre  mille  hommes,  dont  douze  cents  seulement  en  état  de 
combattre 3 .  Ce  fut  avec  ces  piètres  ressources  que  Charles 
entreprit  sa  dernière  campagne  de  Lorraine. 

Il  serait  oiseux  de  raconter  ce  suprême  effort  qui  lui  coûta 
l'honneur  et  la  vie.  Le  capitaine  de  ses  gardes  ne  demeura 
pas  inactif  dans  cette  dernière  lutte,  la  plus  inégale  que  le 


1.  V.  la  Noblesse  aux  États  de  Bourgogne,  par  H.  Beaune  et 
J.  d'Arbaumont,  p.  5. 

2.  Saint-Julien  de  Baleure,  p.  68. 

3.  La  ville  de  Besançon  fournit  cependant  beaucoup  de  maté- 
riel. Olivier  de  la  Marche  fut  chargé  d'y  rassembler  «  des  char- 
riots  pour  la  conduite  des  harnois  et  des  bagues  du  duc,  lesquels 
charriots  furent  baillés  à  mondit  seigneur  et  depuis  rués  jus 
devant  Nancy.  »  (Déposition  de  Guillaume  d'Épenoy,  seigneur 
de  Naisey,  dans  l'enquête  de  1477;  Clerc,  Besançon  pendant  les 
guerres  de  Louis  XI,  Mémoires  de  V Académie  de  Besançon,  1873,  p.  33.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  Ixix 

Téméraire  ait  jamais  engagée.  Avec  cent  hommes  d'armes  et 
autant  d'archers,  le  21  octobre  1476,  il  poursuivit  «  rude- 
ment »  René  de  Lorraine  au  sortir  de  Pont-à-Mousson,  et 
lui  enleva  vingt-six  ou  trente  chariots  de  munitions,  sans 
compter  cinq  à  six  cents  prisonniers,  qu'il  ramena  à  son 
maître1.  Mais,  —  amère  raillerie  du  sort,  —  quelques 
semaines  plus  tard,  il  restait  lui-même  prisonnier  sur  le 
champ  de  bataille  de  Nancy,  où  il  eut,  avec  le  grand  bâtard 
de  Bourgogne,  le  chapelain  Denis,  le  médecin  Mathieu  Lupi 
et  les  valets  de  chambre  du  duc,  l'amère  tristesse  de  recon- 
naître le  corps  de  celui-ci2.  Conduit  à  Foug  en  Barrois  par 
son  vainqueur  Jehannot  Le  Basque,  il  y  demeura  du  5  jan- 
vier à  Pâques  1477,  ety  remplit  les  loisirs  de  sa  captivité  en 
composant  le  poème  du  Débat  de  Cuidier  et  de  Fortune, 
jusqu'au  payement  de  sa  rançon  et  de  celle  de  ses  compa- 
gnons3 qu'il  avait  cautionnés4.  On  le  mit  en  liberté  à  Yguis5, 
où  l'attendaient  cent  chevaux  de  la  garde  qu'il  commandait, 
et,  de  là,  en  serviteur  fidèle  qui  n'hésite  pas  à  reprendre  la 
trace  de  son  maître,  tandis  que  les  principaux  gentils- 
hommes et  officiers  de  Charles  le  Téméraire  vendaient  leur 
soumission  à  Louis  XI,  il  alla  sans  délibérer  se  mettre  en 
Flandre,  à  Malines,  à  la  disposition  de  l'héritière  de  Bour- 
gogne. 

Un  sarcophage  chrétien  des  catacombes  romaines  porte 
une  formule  d'imprécation  dont  la  vieillesse  peut  seule  péné- 
trer le  sens  terrible  :  «  Si  quelque  impie  viole  cette  sépul- 

1.  Molinet,  Chronique,  ch.  xxxni. 

2.  Chronique  de  Louis  XI,  par  Jean  de  Troyes. 

3.  Le  bâtard  Antoine,  le  comte  de  Nassau,  La  Mouche  de  Vère, 
Antoine  d'Oyselet,  Jean  de  Montfort  et  plusieurs  autres.  {Mémoires, 
liv.  II,  ch.  vin  ;  Pontus  Heuterus,  Rer.  burg.  îib.  scx.) 

4  et  5.  Mémoires,  liv.  II,  ch.  vin.  La  rançon  fut  de  4,000  écus. 
—  Sur  le  lieu  de  sa  mise  en  liberté,  v.  t.  III,  p.  241,  note  4.  Aux 
noms  indiqués  dans  cette  note,  ajoutez  celui  d'Igney  (Vosges), 
adopté  par  M.  H.  Stein. 


lxx  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

ture,  qu'il  meure  le  dernier  des  siens  !  »  Sur  la  tombe  du 
Téméraire,  La  Marche  put  un  instant  croire  cette  menace 
proférée  contre  lui.  Il  n'était  pas  le  dernier  de  sa  race,  mais 
il  survivait  au  dernier  mâle  de  cette  grande  maison  de  Bour- 
gogne, au  sein  de  laquelle  il  avait  été  nourri  et  qui  était  sa 
vraie  famille  :  celle  d'Autriche  ne  pouvait  être  et  ne  fut  en 
effet  que  sa  famille  d'adoption.  Quoiqu'il  n'ait  que  quarante- 
neuf  ans  à  peine  et  que  l'heure  ne  soit  pas  encore  venue 
pour  lui  de  déposer  le  harnais  de  guerre,  peut-être  sent-il 
que  ses  grandes  campagnes  sont  closes  et  qu'il  est  temps  d'en 
achever  le  récit.  Cette  impression,  si  elle  a  existé,  n'est 
cependant  que  passagère  et  cède  vite  devant  le  sentiment  du 
devoir  qui  le  lie  à  une  jeune  princesse,  rejeton  unique  et 
fragile  des  grands  ducs  d'Occident.  Marie  elle-même, 
trop  avisée  pour  ne  pas  le  distinguer  au  milieu  des  attache- 
ments vulgaires  ou  intéressés,  ne  veut  pas  se  priver  de  ses 
utiles  services  et  le  retient  en  qualité  de  maître  d'hôtel,  tout 
en  l'engageant  à  demeurer  à  Malines  «  avecques  madame  la 
Grande  »  et  à  ne  pas  la  rejoindre  elle-même  à  Gand,  où  la 
révolte  des  bourgeois  mettait  la  vie  de  ses  meilleurs  conseil- 
lers en  péril.  On  ne  lui  laisse  guère  néanmoins  le  temps  de 
s'y  reposer,  car  la  duchesse  douairière  l'envoie  bientôt  avec 
Claude  du  Fay  et  le  seigneur  d'Illens  jusqu'à   Cologne, 
au-devant  de  l'empereur  Frédéric  III  et  de  son  fils  Maximi- 
lien,  qui  descendaient  le  Rhin  afin  de  répondre  au  désir  des 
Flamands  et  de  conclure  le  mariage  de  l'archiduc  avec  la 
fille  de  Charles  le  Téméraire1.  Cette  mission  était  loin  de  lui 
déplaire  ;  il  en  profita,  dit-il  naïvement,  pour  faire  «  telle- 
ment ses  approches  »  que  le  fils  de  l'empereur  lui  conféra  la 
charge  de  grand  et  premier  maître  de  son  hôtel.  Dès  que  les 
noces  auxquelles  il  assiste  sont  célébrées  à  Gand  (18  août 
1477),  il  reprend  ses  fonctions  domestiques  comme  près  de 

1.  Mémoires,  liv.  II,  ch.  ix;  Gominiiies,  édit.  Dupont,  t.  II, 
p.  180. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  Ixxj 

son  défunt  souverain1.  Il  était  derrière  le  prince  allemand  à 
Mons,  le  2  novembre  suivant,  lorsque  Maximilien  prêta,  sur  # 
un  théâtre  élevé  en  plein  marché,  serment  aux  états  de  Hai- 
naut  et  à  la  ville2.  Un  mois  après,  il  se  rendait  à  Lille,  puis 
à  Bruxelles,  probablement  pour  y  surveiller  la  comptabilité 
des  dépenses  dont  se  préoccupe  beaucoup  son  nouveau  sei- 
gneur. Le  14  mai  1478,  il  est  à  Alost,  dont  les  échevins  lui 
offrent  du  vin  du  Rhin3  ;  mais  il  s'y  arrête  peu.  Que  d'affaires 
plus  importantes  le  réclament  auprès  de  l'archiduc  ! 

Ce  fut  lui  qui  conseilla  à  Maximilien  de  relever  l'ordre  de 
la  Toison  d'or,  dont  Louis  XI  voulait  s'emparer  en  sa  qua- 
lité de  duc  de  Bourgogne,  afin  de  mieux  affirmer  ses  droits 
et  de  mieux  retenir  ses  nouvelles  possessions  ;  ce  fut  égale- 
ment lui  qui  prépara  les  solennités  du  chapitre  tenu  à  Bruges 
le  30  avril  1478 4.  Au  mois  de  juin  suivant,  après  la  défaite 
du  Quesnoy  (6  juin),  il  fut  envoyé  avec  Philippe  de  Croy  et 
le  comte  de  Chimay  à  Cambrai,  où  ils  signèrent  le  20  un 
traité  par  lequel  le  roi  abandonnait  ses  récentes  conquêtes 
dans  la  Hollande  et  la  Franche-Comté.  Commissaire  délégué 
pour  faire  la  délimitation  des  territoires,  il  fit  cependant 
défaut  au  rendez-vous  assigné  à  Boulogne,  le  22  septembre, 
sans  que  l'on  puisse  expliquer  son  absence,  pas  plus  que 

1.  Lettre  d'Olivier,  datée  de  Bruxelles,  le  8  janvier  1477  (v.  st.), 
par  laquelle  il  envoie,  en  sa  qualité  de  maître  d'hôtel  du  feu  duc, 
le  contrôle,  nécessaire  au  point  de  vue  de  la  comptabilité,  des 
dépenses  et  gages  pour  l'année  1476.  (Archives  du  Nord,  B.  2117.) 
—  Lettre  du  même,  du  4  juillet  1487,  par  laquelle  il  atteste,  en 
qualité  de  maître  d'hôtel,  que  diverses  sommes  ont  été  payées  à 
des  musiciens  et  autres  personnes.  (Id.,  B.  2135.)  —  En  1492,  il 
donne  quittance  de  ses  gages  de  premier  maître  d'hôtel.  (Id., 
B.  2144.)  —  La  même  anqgp,  il  est  à  Mons  et  commande  aux 
serviteurs  de  l'archiduc  dans  son  hôtel.  (Id.,  B.  2143.)  C'est  là 
où  il  a  écrit  son  Introduction. 

2.  L.  Devillers,  Les  séjours  des  ducs  de  Bourgogne  en  Hainaul, 
p.  56,  140. 

3.  Archives  de  Belgique,  Gh.  des  comptes,  reg.  31472. 

4.  Mémoires,  liv.  II,  ch.  ix.  A'.  Iiihl.  nat.,  ms.  fr.  5046;  Moliuel. 


Ixxij  NOTICE    BIOGRAPHIQUE. 

celle  des  autres  représentants  de  l'archiduc,  car  on  le  voit  au 
même  moment  à  Grammont  et  à  Nieuport,  le  11  septembre 
et  le  11  octobre,  et  y  recevoir  des  présents  de  vin  de  Beaune 
ou  du  Rhin1.  Plus  sobre  de  détails  sur  cette  phase  de  son 
existence,  il  nous  apprend  seulement  qu'il  accompagna  l'ar- 
chiduc dans  sa  campagne  du  nord  contre  le  roi  de  France 
et,  peu  après  l'incendie  de  Condé,  alla  proposer  à  celui-ci 
une  entrevue  avec  son  jeune  maître,  proposition  qui  ne  fut 
pas  acceptée.  Où  se  trouve-t-il  quand  la  trêve  conclue  entre 
les  deux  parties  belligérantes  est  de  nouveau  rompue?  Che- 
vauche-t-il  encore  aux  côtés  de  Maximilien  sous  les  murs  de 
Tournai  et  au  siège  de  Thérouanne,  assiste-t-il  à  la  bataille 
de  Guinegate  perdue  par  les  Français,  quoiqu'ils  aient  célé- 
bré leur  prétendue  victoire  en  chantant  des  Te  Deum  (août 
1479)?  Il  garde  sur  tous  ces  faits  le  plus  profond  silence, 
qui  ne  permet  de  rien  affirmer  à  cet  égard.  Mais,  du  moins, 
peu  après,  lorsque  le  sire  de  Chaumont  menace  Luxembourg, 
l'archiduc  l'envoie  avec  Philippe  de  Bourgogne,  seigneur 
de  Bèvre,  occuper  cette  place2. 

Des  services  aussi  multipliés  et  aussi  éminents  méritaient 
de  hautes  récompenses  :  ni  les  donations,  ni  les  pensions 
ne  lui  furent  épargnées.  La  liste  en  est  longue  et  court 
néanmoins  risque  d'être  incomplète  :  part  dans  les  pro- 
duits des  confiscations  opérées  sur  les  biens  «  des  tenans 
en  parti  contraire  »  en  Flandre3,  cinq  cents  charges  de  sel 
en  échange  d'un  coursier  d'Espagne4;  don,  avec  faculté  de 
rachat  moyennant  deux  mille  livres,  des  terres  de  Rieux 

1.  Archives  de  Belgique,  Gh.  des  comptes,  reg.  35295  et  36781. 

2.  Chronique  d'Adrien  de  But,  t.  Is-p.  551.  Le  même  chroni- 
queur rapporte,  p.  554,  un  long  discWrrs  tenu  par  Olivier  à  Maxi- 
milien sur  l'histoire  de  la  Frise  depuis  Jules  César. 

3.  1480.  Arch.  de  Belgique,  Ch.  des  comptes,  reg.  19720,  fol.  20. 
Il  s'agissait  d'une  confiscation  sur  les  héritiers  d'un  certain  Lié- 
nart  des  Anvois,  dont  il  recueillit  le  tiers  comme  dénonciateur. 

4.  30  septembre  1481.  Archives  Joursanvault,  n°  2346.  Même 
don  le  26  mars  1495  (n.  st.).  Archives  du  Doubs,  B.  188. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lxxiij 

et  de  Vieux-Condé  confisquées  sur  Jean  de  Humières  *  ;  don 
d'une  pension  de  360  livres,  qui  lui  fut  accordée,  le  29  oc- 
tobre 1486,  pour  lui  tenir  lieu  de  «  la  jouissance  d'un 
plat  de  la  cuisine  de  l'archiduc,  »  en  sa  qualité  de  premier 
maître  d'hôtel2  ;  on  lui  en  assigna  d'autres  sur  les  pays  bour- 
guignons3 et  en  Artois,  où  il  reçut,  le  29  septembre  1494, 
les  «  profitz  des  bailliage  et  seigneuries  de  Fillièvre  et  de 
Conchy  ;  »  don  des  terres  de  Somerghem  et  de  Lowerghem4, 
puis  d'une  pension  de  1,200  livres  en  14975,  sur  les  recettes 
particulières  du  prince  ;  le  23  mars  de  l'année  précédente,  sa 

1.  24  juin  1482.  Archives  du  Nord,  Gh.  des  comptes,  reg.  des 
chartes,  n°  16,  fol.  114.  V.  aussi  ibid.,  t.  VIII  de  l'Inventaire  des 
chartes,  la  promesse  d'Olivier  de  rendre  ces  terres  s'il  plaît  à 
l'archiduc  de  les  racheter  (7  novembre  1489). 

2.  Archives  de  Belgique,  Gh.  des  comptes,  n°  1926,  fol.  4. 
Lettres  citées  par  Gérard  dans  son  Mémoire. 

3.  V.  plus  loin  son  testament.  —  Dans  Y  État  de  l'hôtel  de  Phi- 
lippe le  Beau  à  Bruxelles  en  1496,  publié  par  la  Commission  royale 
d'histoire  de  Belgique  dans  le  t.  XI  de  la  lre  série  de  ses  Comptes- 
rendus,  on  voit  qu'Olivier  avait  une  pension  de  900  florins,  et 
qu'il  était  «  toujours  compté  à  36  sols  »  quand  il  était  de  service 
près  l'archiduc...  :  «  et  sy  aura  logis  à  cour  quand  la  place  y  sera 
au  logis  compté.  »  L'État  ajoute  que  «  ledit  sr  de  la  Marche  sera 
aux  comptes  et  au  bureau  et  mangera  au  plat  du  grand  maistre 
d'hostel  quand  bon  lui  semblera,  et  en  l'absence  d'iceluy  grand 
maistre  d'hostel  tiendra  le  plat  et  les  comptes  au  bureau  en  la 
manière  accoutumée  et  avant  tous  autres,  et  aura  l'entrée  au 
conseil  comme  auparavant.  » 

4.  Archives  du  Nord,  B.  1610.  Ce  don  se  place  entre  les  années 
1477  et  1480,  car  le  registre  sur  lequel  il  est  inscrit  finit  en  1480. 
On  peut  voir  aux  mêmes  archives,  B.  2144,  la  mention  d'autres 
libéralités  en  argent  faites  en  1492  par  Maximilien  à  Olivier, 
pour  remplacer  le  «  plat  furny  de  suytes,  »  auquel  il  avait  droit 
comme  premier  maître  d'hôtel.  Une  pension  annuelle  de  500  écus 
en  tiendra  lieu.  Le  8  mai  1489,  le  roi  de  France  confirme  le  don 
fait  à  Olivier  par  Maximilien  de  la  conciergerie  des  hôtels  de 
Flandre  à  Paris  et  à  Conflans,  près  Gharenton,  avec  survivance 
au  profit  de  son  fils  Charles.  (Bibl.  de  Rouen,  recueil  Menant, 
t.  VII,  fol.  155,  ms.  no  5870.) 

•">.  Bibl.  nat.,  Collection  de  D.  Villevieille,  55,  fol.  138. 


lxxiv  NOTICE  BIOGRAPHIQUE. 

femme  Isabeau  recevait  un  présent  de  220  livres  10  sous, 
monnaie  de  Flandre1;  enfin,  pour  le  décharger  de  fonctions 
trop  onéreuses,  dès  1479,  ses  maîtres  lui  avaient  substitué 
Emart  Bouton,  son  cousin,  dans  la  mission  de  surveiller 
leurs  domaines  et  finances  au  comté  de  Bourgogne2. 

Il  n'avait  pas  en  effet  oublié  son  pays  d'origine,  quoiqu'il 
fût  devenu  de  plus  en  plus  un  homme  du  Nord  ;  mais  il  le  visi- 
tait plus  rarement,  tout  en  aimant  toujours  le  beau  ciel  de 
la  France,  où  sa  vieillesse  ne  l'empêchait  pas  d'aller  porter 
d'honorables  et  importants  messages.  Il  alla  ainsi,  en  qua- 
lité d'ambassadeur  extraordinaire,  à  Beaugency,  en  sep- 
tembre 1483,  complimenter  Charles  VIII  au  sujet  de  son 
avènement  à  la  couronne  et  assista  comme  tel  à  l'entrée  du 
duc  d'Orléans  dans  la  ville  de  ce  nom.  Derrière  cette  mission 
cérémonieuse  s'en  cachait  d'ailleurs  une  autre  plus  grave.  Il 
était  chargé  de  se  plaindre  au  roi  des  Gantois  qui  étaient  à 
la  tête  des  rebelles  flamands,  et  avec  lesquels,  en  décembre 
1484,  Charles  VIII  devait  du  reste  conclure  une  véritable 
alliance. 

Quand  Maximilien  cherche  à  affaiblir  la  résistance  des 
communes  de  Flandre  en  suscitant  des  obstacles  à  la 
régence  d'Anne  de  Beaujeu,  leur  alliée,  et  tente  de  former 
une  nouvelle  ligue  du  bien  public  avec  les  princes  du  sang 
français,  tout  en  s'unissant  au  roi  de  Castille,  aux  ducs 
de  Lorraine  et  de  Bretagne,  c'est  encore  à  La  Marche  qu'il 
recourt  pour  porter  ses  réclamations  aux  chefs  des  mécon- 
tents en  France.  Son  envoyé  a  encore  pour  mission  princi- 
pale de  se  plaindre  des  Gantois  qui  dirigeaient  la  rébellion. 

1.  Archives  du  Nord,  B.  2157. 

2.  Par  provisions  datées  de  Mont-Saint-Gertrud,  le  14  avril  1478 
(v.  st.),  Maximilien  et  Marie,  voyant  qu'Olivier  de  la  Marche  et 
Guillaume  de  Rochefort,  seigneur  de  Piuvault,  commis  au  fait 
de  leurs  domaines  et  finances  en  Bourgogne,  ont  de  «  grandes 
occupations  en  aultres  noz  affaires,  »  leur  substituent  Emart 
Bouton.  (Palliot,  Histoire  généalogique  de  la  maison  de  Bouton, 
preuves,  p.  51.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  Ixxv 

«  Ledit  Olivier,  disent  ses  instructions,  advertira  lesdits 
seigneurs  du  tort  que  ceux  de  Gand  tiennent  à  mondit  sei- 
gneur, tant  en  ce  qu'ils  luy  détiennent  mondit  seigneur  son 
fils  que  en  ce  qu'ils  prétendent  et  usurpent  le  gouvernement 
du  comté  de  Flandre,  contre  Dieu,  tous  droits  et  bonnes 
observances,  et  contre  l'ordonnance  de  feue  ma  dite  très 
redoutée  dame,  et  contre  ce  que  font  tous  les  autres  pays 
qui  se  tiennent  en  bonne  obéissance  envers  mondit  seigneur, 
et  pour  ce  requerra  à  iceux  seigneurs  qu'ils  ne  veulent  bail- 
ler aucun  ascout,  faveur  ou  assistance  auxdits  de  Gand, 
pleins  de  mensonge  et  de  mauvaise,  parverse  et  infidèle 
volenté  envers  mondit  seigneur,  et  n'est  chose  nouvelle  ce 
que  lesdits  de  Gand  font,  car  de  tout  temps  et  grande  ancien- 
neté ils  ont  accoustumé  de  ainsi  traiter  leurs  princes1.  » 

Ce  ne  fut  pas,  comme  on  l'a  dit,  sa  dernière  mission  offi- 
cielle; il  en  remplit  bien  d'autres  encore  à  l'intérieur.  Pen- 
dant de  longues  années,  Maximilien  le  choisit  pour  l'un  de 
ses  commissaires  près  des  états  du  Hainaut,  et  le  chargea 
d'exposer  à  ces  assemblées  ses  droits,  sa  politique  et  surtout 
ses  incessants  besoins  d'argent2.  Personne  n'était  plus  propre 

1.  Preuves  de  Commines,  édit.  du  Louvre,  t.  IV,  p.  131-152; 
Kervyn  de  Lettenhove,  Histoire  de  Flandre,  t.  V,  p.  359. 

2.  Compte  du  massart  de  la  ville  de  Mons  pour  1480-1481,  où 
l'on  voit  que,  le  16  février  1481,  Olivier  exposa  aux  états  une 
demande  de  l'archiduc  tendant  à  obtenir  le  payement  de  la  solde 
de  500  archers  pendant  trois  mois.  —  Lettres  de  Maximilien, 
datées  du  château  de  Montfort,  le  2  juillet  1481,  adressées  aux 
états  du  Hainaut,  par  lesquelles  il  les  informe  qu'il  a  chargé  le 
grand  bailli,  le  seigneur  de  Boussu  et  messire  Olivier,  seigneur 
de  la  Marche,  son  conseiller  et  premier  maître  d'hôtel,  d'exposer, 
de  sa  part,  les  motifs  de  l'assemblée  générale  des  états.  —  Lettres 
semblables,  du  12  avril  1482.  (V.  aux  pièces  annexées.)  —  Id., 
du  3  juillet  1487.  —  Olivier  était  encore  à  Mons  le  12  septembre 
1481,  car  il  y  assiste  aux  réjouissances  faites  à  l'occasion  de  la 
naissance  de  Philippe  le  Beau.  Mais,  le  2  mai  précédent,  il  était 
allé  à  Valenciennes  pour  inviter  le  conseil  de  cette  ville  à  con- 
tribuer aux  aides  votées  par  les  états  du  Hainaut.  —  Lettres  de 


Ixxvj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

que  lui  à  ce  rôle  d'orateur  du  gouvernement  qui  exigeait  à 
la  fois  une  grande  prudence  et  une  grande  souplesse,  car  il 
était  disert,  entendu  aux  affaires,  et  sa  profonde  honnêteté, 
très  connue,  était  universellement  honorée.  Il  acceptait  bien 
en  présent  quelques  queues  devin,  comme  à  Mons,  en  1482; 
mais  il  ne  demandait  ni  ne  recevait  rien  au  delà.  Sa  diplo- 
matie lui  fut  principalement  secourable,  lorsqu'à  la  mort  de 
Marie  de  Bourgogne,  les  états  de  Flandre,  réunis  le  2  mai 
1482,  refusèrent  à  l'archiduc  la  tutelle  de  ses  enfants  ou  du 
moins  l'assujettirent  à  de  telles  conditions  qu'il  dut  prendre 
les  armes  contre  les  Gantois  pour  arracher  de  leurs  mains 
son  fils  Philippe  dont  ils  s'étaient  emparés.  Olivier  alla  de 
sa  part  «  practiquer  »  les  gens  du  Hainaut,  afin  d'en  obtenir 
les  hommes  et  les  subsides  indispensables  pour  soutenir  cette 
lutte,  née  moins  du  caractère  insoumis  des  Flamands  que  du 
mécontentement  général  causé  par  la  rapacité  et  l'insou- 
ciance de  Maximilien,  fomentée  d'ailleurs  par  les  secrètes 
menées  de  la  France.  Il  y  réussit  non  sans  peine1. 

Philippe  le  Beau,  datées  de  Malines,  le  19  octobre  1495,  infor- 
mant les  états  du  Hainaut  qu'il  a  fait  choix  de  «  son  féal  le  sei- 
gneur de  la  Marche,  chevalier,  son  conseiller,  grand  et  premier 
maistre  d'hostel,  pour  faire  à  l'assemblée  desdits  estats  l'exposé 
dont  il  est  chargé  de  sa  part.  »  (Archives  de  Belgique,  à  Mons, 
États  du  Hainaut,  lay.  XVIII,  n°  21 10  de  l'ancien  répertoire.)  En 
1496,  Olivier  est  envoyé  en  mission  en  Allemagne  et  reçoit  à  ce 
sujet  de  nouveaux  dons  en  argent.  (Archives  du  Nord,  B.  2155, 
2157.) 

1.  Les  Mémoires  de  Jean  Gocqueau  sur  Valenciennes,  ms.  déposé 
aux  Archives  royales  à  Mons,  t.  II,  p.  370,  rappellent,  sous  le 
titre  de  :  «  Commencement  de  guerre  par  les  Flamands  qui  ne 
vouloient  recevoir  Maximilien  pour  bail  de  son  fils  Philippe,  » 
qu'au  conseil  de  ville  du  15  mars  1485  (n.  st.),  on  donna  lecture 
des  lettres  du  duc,  portant  crédence  sur  «  noble  et  honoré  sei- 
gneur Olivier  de  la  Marche,  lequel  remontra  le  devoir  qu'on  avoit 
fait  vers  ceux  de  Flandre,  afin  que  ledit  duc  eust  l'administration 
de  corps  et  de  bien  de  son  filz  et  les  emprises  par  eulx  faites  en 
grande  hostilité,  pourquoi  estoit  délibéré  de  les  réduire,  requé- 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lxxvij 

Les  périls  que  court  son  souverain,  dont  l'estime  lui  a 
confié  l'éducation  du  jeune  Philippe  le  Beau,  avec  le  titre 
de  premier  maître  d'hôtel  de  ce  prince1,  réveillent  même 
en  lui  une  activité  guerrière  que  les  années  ont  sans  doute 
diminuée,  mais  n'ont  pu  entièrement  amortir.  Son  âme  fière 
et  forte  réchauffe  son  corps  débile  et  lui  rend  l'ardeur  d'un 
jeune  homme.  Si  l'on  est  étonné  des  marches  qu'à  l'exemple 
de  tous  les  hommes  de  guerre,  ses  contemporains,  il  accom- 
plit dans  la  vigueur  de  l'âge,  on  l'est  plus  encore  de  celles 
qu'il  fit,  peu  avant  sa  soixantième  année,  derrière  Maximi- 
lien,  lors  des  campagnes  contre  les  Flamands  révoltés.  Aude- 
narde,  Termonde,  Anvers,  le  pays  de  Waes,  Biervlet,  Bruges, 
où  il  entre  avec  son  maître  le  26  juin  1485  et  où  il  fait  exé- 

rant  en  conséquence  gens  de  la  -ville.  Accordé  60  hommes  à  livrer 
en  cas  de  siège  ou  bataille.  » 

A  la  page  371  du  même  manuscrit,  on  lit:  «  Au  conseil  du 
20  mai  suivant,  fut  remontré  par  le  sr  de  Boussu  et  M.  de  la 
Marche,  de  par  le  duc,  les  devoirs  et  diligences  qu'il  avoit  faits 
pour  le  recouvrement  de  monseigneur  son  filz,  et  les  outrages 
que  journellement  font  ceux  de  Flandre.  Pourquoi  il  s'estoit  mis 
au  champ,  avoit  exposé  sa  propre  personne  à  tout  péril,  même 
contre  la  puissance  de  France.  Il  requéroit  en  conséquence 
grande  aide,  ayans  trouvé  les  moyeus  de  la  lever,  en  prenant  de 
chacun  le  douziesme  de  son  revenu.  Accordé  2,000  liv.  t.,  outre 
les  60  hommes  fournis  par  Valenciennes  :  ce  que  les  commis- 
saires refusèrent,  s'étant  présentés  au  conseil  suivant,  disant 
n'en  vouloir  faire  rapport  au  duc;  et  après,  sur  lettre  expresse, 
accordé  3,000  liv.,  avec  avis  que  l'armée  devoit  marcher  le  mardi 
suivant.  » 

Ajoutons,  pour  ne  rien  omettre,  qu'Olivier  fut  chargé  de  repré- 
senter Maximilien  aux  obsèques  de  Pierre  de  Luxembourg, 
comte  de  Saint-Pol,  le  28  novembre  1482  (Molinet,  II,  365),  qu'il 
assista  à  l'entrée  solennelle  de  Maximilien  à  G-and  en  1485  et  y 
remplit  les  fonctions  de  grand  maître  des  cérémonies.  Cf.  Leglay, 
Maximilien  et  Marguerite  d'Autriche,  p.  8. 

1.  Qualifié  chambellan  du  roi  et  premier  maître  d'hôtel  de 
l'archiduc,  son  tils,  dans  les  comptes  de  1488.  (Arch.  de  Belgique, 
Ch.  des  comptes,  1926.) 


kxviij  NOTICE    BIOGRAPHIQUE. 

cuter  plusieurs  rebelles1,  Gand,  Utrecht,  Louvain,  Malines 
le  virent  tour  à  tour  :  en  plat  pays,  sur  les  côtes,  sur  la  mer 
même,  il  suivit  partout  l'archiduc,  tantôt  chargé  de  régler  les 
conditions  et  les  cérémonies  de  son  entrée  à  Gand,  tantôt  pré- 
posé à  la  garde  du  seigneur  de  la  Gruthuse  prisonnier,  qu'il 
escorte  à  Vilvorde  et  à  Malines  où  se  trouvait  la  duchesse 
douairière2,  ou  à  celle  du  jeune  Philippe  le  Beau,  qu'il  enlève 
aux  Gantois  pour  le  conduire  en  lieu  sûr,  à  Termonde.  C'est, 
comme  toujours,  le  serviteur  dévoué  par  excellence  :  dans 
Gand  mutinée,  Maximilien  ne  connaît  pas  de  meilleur  asile 
que  sa  chambre3;  à  Bruges,  dont  les  habitants  mettent 
leur  prince  en  cage,  il  serait  allé  remplir  respectueusement 
près  du  captif  ses  fonctions  de  premier  maître  d'hôtel,  s'il 
n'avait  reçu  de  lui  charge  de  les  exercer  près  de  son  fils 4  ; 
le  18  septembre  1485,  il  accompagne  l'archiduc  aux  négo- 
ciations de  Maëstricht 5  ;  quand  celui-ci,  élu  roi  des  Romains, 
quitte  les  Pays-Bas  pour  l'Allemagne,  où  le  fidèle  chambellan 
ne  peut  le  suivre,  puisqu'il  garde  son  héritier,  il  reporte  sur 
celui-ci  toute  l'affection  qu'il  lui  avait  vouée,  affection  d'au- 
tant plus  méritoire  que  le  premier  objet  en  était  au  fond 
moins  digne.  Philippe  le  Beau  deviendra  ainsi  son  dernier 
souverain  et  son  dernier  culte.  Le  bon  chevalier  employera 
sa  vieillesse  à  composer  des  vers  pour  son  éducation,  à  lui 

1.  G-ollut,  Mém.,  col.  1412. 

2.  Le  8  septembre  1485,  les  échevins  de  Malines  lui  offrent  un 
vin  d'honneur.  (Arch.  de  Malines.) 

3.  Mémoires,  liv.  II,  ch.  xn. 

4.  Mémoires,  liv.  II,  ch.  xm. 

5.  Analecta  Leodiensia,  publiées  par  Mgr  de  Ram  dans  les  Docu- 
ments relatifs  aux  troubles  du  pays  de  Liège,  p.  806.  —  Adrien  de 
But  rapporte  sous  l'année  1485,  dans  sa  Chronique,  t.  I,  p.  651, 
un  fait  relatif  à  Olivier  de  la  Marche,  et  que  nous  n'avons  pu 
suffisamment  éclaircir.  Il  dit  qu'à  cette  époque  Olivier  et  Jean, 
abbé  de  Saint-Bertin,  descendirent  le  Rhin  depuis  Cologne,  quos 
tamdiu  captivos  stipendarii  ducis  Austrim  tenere  prwsumpserant 
quousque  de  areragiis  suis  ex  integro  essent  soluti. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lxxix 

tracer,  dans  les  Mémoires,  les  portraits  de  ses  illustres  aïeux 
et  à  prédire  les  hautes  destinées  de  leur  postérité l,  tout  en 
représentant  son  souverain  dans  son  propre  hôtel,  où  il 
reçoit  «  les  gens  de  bien  sievyans  la  court2,  »  ou  en  veillant 
aux  divertissements  de  celle-ci3.  Son  dernier  souffle  s'exha- 
lera pour  cette  maison  de  Bourgogne  qu'il  avait  tant  aimée, 
dont  il  porta  toujours  le  deuil ,  et  qui  trouva  en  lui,  sinon 
son  Bayard,  au  moins  son  loyal  serviteur. 

Olivier  de  la  Marche  se  maria  deux  fois.  Sa  première 
femme,  Odotte  de  Janley,  fille  de  Jean  de  Janley  et  de 
Jeanne  de  Molain4,  lui  donna  au  moins  une  fille,  qui  fut,  en 

1.  Y.  infra  la  Notice  bibliographique.  —  Olivier  était  trop  âgé 
pour  remplir  ses  fonctions  de  premier  maître  d'hôtel  lors  du 
voyage  fait  par  Philippe  le  Beau  en  Espagne  en  1501.  Il  y  fut 
momentanément  remplacé  par  Philippe,  bâtard  de  Bourgogne. 
(V.  ordonnance  de  l'archiduc,  du  1er  novembre  1501,  dans 
Gachard,  Itinéraires  des  souverains  des  Pays-Bas.)  On  voudrait 
pouvoir  suivre  de  plus  près  Olivier  pendant  cette  dernière  période 
de  sa  vie.  Mais  la  tâche  est  difficile  à  raison  de  l'indigence  des 
documents.  On  le  voit  pourtant  à  Bruxelles  les  3  février  et 
8  mai  1487  (Bibl.  nat.,  ms.  nouv.  acq.  franc.,  n°  5906),  le  31  oc- 
tobre 1488  à  Maliues,  où  il  acheta  une  maison  nommée  den  Os, 
moyennant  64  florins  d'or  du  Rhin  (v.  son  testament,  et  arch. 
mun.  de  Malines,  reg.  aux  adhéritances,  fol.  78),  les  17  août  1495 
et  12  novembre  1497  encore  à  Bruxelles  (Bibl.  nat.,  ms.  précité), 
d'où  il  donne,  le  23  juillet  de  la  même  année,  procuration  à 
Julien  Ghambar  pour  défendre  ses  droits  à  une  rente  de  cent 
livres  sur  les  seigneuries  de  Liesle,  Buffart  et  Chassey  au  comté 
de  Bourgogne,  terres  vendues  par  autorité  de  justice  avant  le 
20  juin  1498.  (Stein,  p.  94.)  C'est  évidemment  dans  cette  ville  que 
s'écoulèrent  ses  dernières  années. 

2.  Archives  de  Belgique,  Ch.  des  comptes,  reg.  n°  1926,  fol.  4. 

3.  Par  exemple,  en  faisant  jouer  des  «  farses  et  moralitez  » 
devant  son  seigneur,  en  lui  achetant  «  conniz  et  grisart  vifz,  » 
en  faisant  chasser  le  sanglier  en  sa  présence,  en  appelant  les 
trompettes  du  roi  au  dîner  du  prince,  ou  des  Allemands  qui 
chantent  devant  lui  et  jouent  du  cornet  ou  de  la  flûte,  etc.  (Arch. 
du  Nord,  B.  2135,  année  1487,  v.  st.) 

4.  V.  Stein,  p.  11. 


]XXX  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

1456,  tenue  sur  les  fonts  baptismaux  par  un  représentant 
de  Philippe  le  Bon1.  On  ignore  la  date  à  laquelle  il  devint 
veuf.  Mais  il  était  déjà  fort  avancé  en  âge,  «  presque  moisy,  » 
lorsqu'il  contracta  une  seconde  union,  et  celle-ci  est  trop 
curieuse  pour  que  son  biographe  néglige  de  s'y  arrêter 
quelques  instants. 

En  1462  vivait  à  la  cour  de  Bourgogne  un  ancien  «  vilain  » 
de  Saint-Jean-de-Losne,  devenu  premier  valet  de  chambre 
de  Philippe  le  Bon,  et  qui  s'était  rapidement  élevé  à  une 
haute  fortune  :  il  s'appelait  Jean  Coustain.  Ambitieux, 
cupide,  impie,  rude,  orgueilleux,  brutal,  mais  «  de  gros 
entendement,  »  il  exerçait  une  influence  presque  irré- 
sistible sur  l'esprit  de  son  maître,  qui  l'avait  anobli,  fait 
chevalier,  et  lui  avait  donné  plus  de  10,000  florins  de 
rentes.  Il  était  seigneur  de  Navilly  et  d'une  partie  de  la 
Chapelle-de-Bragny,  près  de  Sennecey-le-Grand;  il  avait 
acheté,  en  1461,  de  Jean  Devos,  la  vaste  terre  deLovendey- 
hem.  Ses  proches  ne  jouissaient  pas  d'une  moindre  faveur  : 
son  frère,  ou,  d'après  Chastellain,  son  oncle,  Humbert 
Coustain,  sommelier  du  corps,  avait  reçu  des  lettres  de 
noblesse,  et  sa  sœur  Agnès  était  l'une  des  nombreuses  maî- 
tresses du  duc.  Il  avait  eu  l'habileté  de  s'allier  à  une  famille 
presque  aussi  nouvelle  que  la  sienne,  mais  non  moins  puis- 
sante, celle  des  Machefoing,  dont  l'écu  de  métaux,  à  peu  près 
semblable  au  sien2,  révélait  l'origine.  Monnot  Machefoing, 
châtelain  de  Rouvre  en  1404,  garde  des  joyaux  du  duc, 
avait  eu  de  son  mariage  avec  Jeanne  de  Courcelles,  mère  de 

1.  Olivier  reçut  à  cette  occasion,  le  27  octobre  1456,  90  livres 
tournois  «  pour  six  tasses,  pesans  dix  mars  d'argent,  données 
par  mondit  seigneur  au  baptisement  d'une  sienne  fille,  que  icel- 
lui  seigneur  a  nagueres  fait  tenir  en  son  nom  sur  sains  fons  de 
baptisme.  »  (Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  1734,  fol.  61.) 

2.  Les  Coustain  portaient  :  d'argent  à  trois  molettes  d'or,  et  les 
Machefoing  trois  étoiles  ou  molettes  d'éperon,  avec  un  croissant  en 
abîme.  (J.  d'Arbaumont,  Armoriai  de  la  Chambre  des  comptes  de 
Dijon,  p.  409.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lxxxj 

lait  de  Philippe  le  Bon,  deux  fils,  Jean,  contrôleur  du  gre- 
nier à  sel  de  Dijon  en  1419  S  et  Philippe,  vicomte-maïeur 
de  Dijon  en  1439  et  1448,  valet  de  chambre  et  garde  des 
joyaux  du  duc,  qui  le  récompensa  de  ses  services  en  lui 
donnant,  en  1435,  l'office  de  capitaine  châtelain  de  Rouvre, 
que  son  père  avait  déjà  rempli,  reconstrncteur  de  l'église 
Saint-Jean  de  Dijon  la  même  année,  élu  du  duc  en  1451, 
député  aux  états  généraux  en  1438,  ambassadeur  en  1444. 
Jean  eut  lui-même  une  fille,  Isabeau2,  qui  épousa  Jean 
Coustain.  Celle-ci  était,  dit  Ghastellain,  «  assez  riche 
de  prest,  »  en  d'autres  termes  d'usure,  «  moult  enfiérie  en 
sa  fortune,  »  si  coquette  qu'elle  affectait  de  se  parer  des 
mêmes  vêtements  que  la  comtesse  de  Charolais,  dont  elle 
était  la  «  mignonne,  »  au  point  d'exciter  le  courroux  de 
Charles  le  Hardi,  et  si  vaniteuse  qu'en  ses  jours  de  glo- 
rieuse jeunesse  elle  parut  au  banquet  du  Faisan  avec 
les  plus  illustres  dames  de  la  cour.  Elle  aspirait  aux  plus 
hautes  alliances  pour  .ses  enfants  :  l'un  d'eux,  grand  bailli 

1.  On  trouve  vers  1440,  en  Flandre,  un  Jean  Machefoing,  marié 
à  Nicole  Boisot,  et  un  autre  Jean,  qui  fut  depuis  chevalier  et 
grand  bailli  de  Thielt.  Est-ce  le  même  ?  Ou  bien  ce  dernier  ne 
serait- il  pas  le  propre  fils  de  Jean  Coustain,  qui  aurait  pris  le 
nom  de  sa  mère  pour  échapper  à  la  réprobation  dont  la  mémoire 
de  son  père  était  entourée?  Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  que  les 
services  de  ce  Jean,  tué  dans  l'exercice  de  ses  fonctions  de  bailli, 
ne  fureut  pas  inutiles  à  Olivier  de  la  Marche,  depuis  son  mariage 
avec  Isabeau  Machefoing,  car  on  les  rappela  dans  les  motifs 
d'une  pension  qui  lui  fut  plus  tard  accordée  :  «  A  Mre  Olivier  de 
la  Marche,  conseiller,  grant  et  premier  maistre  d'ostel  de  Monsei- 
gneur, la  somme  de  cent  cinquante  livres,  à  cause  de  ses  bons  et 
agréables  services  et  de  ceulx  de  feu  mersire  Jehan  Machefoing, 
en  son  vivant  chevalier,  bailli  de  Thiel  ou  pays  de  Flandre,  lequel 
feu  a  esté  tué  en  excersant  ledit  office  de  bailli.  »  (Archives  du 
Nord,  B.  2155;  compte  de  Simon  Longin,  fol.  196.) 

2.  Chastellain,  liv.  VI,  ch.  lxxvi,  t.  IV,  p.  236,  édit.  Kervyn 
de  Lettenhove.  Plus  loin,  ch.  lxxxiv,  Chastellain  dit  qu'Isabeau 
avait  apporté  en  dot  10,000  fr.  à  son  mari. 

/ 


IxXXÎj  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

de  Thielt,  avait  osé  élever  ses  prétentions  jusqu'à  Mlle  de 
Boussut,  qui  avait  refusé  Charles  de  Poitiers,  de  la  maison 
des  comtes  de  Valentinois;  un. autre  avait  obtenu  la  main 
d'Anne  de  Baeust,  qui  épousa  quelques  années  plus  tard, 
en  secondes  noces,  le  bâtard  Philippe  de  Brabant.  Bref,  son 
orgueil  ne  connut  bientôt  nul  obstacle,  et  lorsqu'elle  s'aper- 
çut de  l'irritation  du  comte  de  Charolais,  qui  cherchait  à 
l'exclure  de  la  maison  de  sa  femme,  au  moment  même  où  la 
maladie  de  Philippe  le  Bon  menaçait  la  Bourgogne  d'un 
changement  de  règne,  elle  ne  craignit  pas  de  soulever  la 
colère  de  son  mari  contre  le  fils  même  et  l'héritier  de  son 
souverain. 

Ce  n'est  pas  ici  le  lieu  de  raconter  le  complot  formé  par 
Jean  Coustain  pour  empoisonner  et  «  maléficier  »  Charles  le 
Téméraire,  de  concert  avec  Jean  de  Vy.  Chastellain  a  laissé 
de  cet  odieux  épisode  et  du  brusque  châtiment  des  traîtres 
un  récit  inimitable  qui  est  resté  dans  la  mémoire  de  tous  les 
historiens  delà  maison  de  Bourgogne1.  Coustain  ne  fut-il  pas, 
dans  cette  circonstance,  l'agent  secret  de  la  haine  perfide  de 
Louis  XI,  dont  il  avait  reçu ,  comme  on  sait,  la  charge  de  capi- 
taine du  château  de  Vincennes,  et  près  duquel  son  complice 
Gilles  Courbet  trouva  un  asile,  ne  le  fut-il  pas  plus  encore  que 
l'instrument,  d'ailleurs  très  conscient,  des  vengeances  de  sa 
femme?  Un  passage  de  Gilles  de  Roye  le  laisserait  presque 
entendre,  malgré  son  obscurité 2.  Quoi  qu'il  en  soit,  Isabeau 
Machefoing  possédait  un  tel  crédit  sur  l'âme  de  Philippe  le 
Bon  que,  peu  de  jours  après  le  supplice  de  son  mari,  exécuté 
à  Rupelmonde,  le  24  juillet  1462,  elle  obtint  du  duc,  «  tou- 
jours courtois  aux  dames,  »  la  restitution  de  son  avoir  per- 
sonnel, qui  menaçait  d'être  compris  dans  la  confiscation  des 
biens  du  supplicié.  Philippe  le  Bon  ajouta  même  qu'il  ferait 


1.  Chastellain,  liv.  VI,  ch.  lxxvii  et  suiv.  V.  aussi  Jacques  du 
Clercq,  IV,  41  ;  Godefroy,  Historiens  de  Charles  VII ,  p.  357. 

2.  CE.  de  Roga,  p.  95. 


NOTICE  BIOGRAPHIQUE.  lxxxiij 

«  d'elle  aussi  plus,  tellement  que  n'auroit  cause  de  s'en 
plaindre1,  »  et,  en  effet,  dit  Chastellain,  il  la  laissa  riche  de 
cinquante  mille  écus,  tout  en  ordonnant  que  son  fils  et  sa 
fille  entreraient  en  religion,  «  afin  que  jamais  ne  fust  plus 
mémoire  des  enfans2,  »  et,  chose  étrange  en  apparence, 
Charles  le  Téméraire  maintint  cette  libéralité  après  la  mort 
de  son  père3. 

Une  circonstance  explique  pourtant  la  mansuétude  du 
nouveau  duc  :  Isabeau  avait  épousé  depuis  quelque  temps 
un  de  ses  fidèles  compagnons  dans  la  campagne  de  Mont- 
lhéry  et  l'un  de  ses  chambellans  les  plus  aimés,  Jean  de 
Montferrant.  Comment  ce  prud'homme,  issu  d'une  bonne 
famille  du  Bugey,  qui,  d'après  Guichenon,  remontait  au 
xme  siècle4,  cet  ancien  page  de  Philippe  le  Bon,  qui,  pen- 
dant quarante  ans,  avait  servi  son  maître  comme  panetier, 
maître  d'hôtel  ou  bailli  de  Courtrai,  s'était-il  allié  à  la  veuve 
d'un  traître,  dont  le  nom  était  honni  à  la  cour  de  Bour- 
gogne? Les  cinquante  mille  écus  qu'elle  avait  sauvés  du 
naufrage  de  son  premier  mari  avaient  sans  doute  vaincu  les 


1.  Chastellain,  liv.  VI,  ch.  lxxxiv. 

2.  Idem. 

3.  Lettres  patentes  du  duc  Charles,  données  à  Saint-Omer,  le 
8  mai  4469,  portant  continuation  de  commission  à  Me  Dreue 
d'Échenon,  ci-devant  receveur  de  l'épargne,  pour  recevoir  et 
vendre  les  biens,  héritages  et  seigneuries  sis  à  Bragny,  Paleau, 
Chevigny  et  autres  lieux,  confisqués  sur  feu  Jean  Coustain,  con- 
damné au  dernier  supplice  pour  ses  démérites ,  à  charge  de 
remettre  la  moitié  des  deniers  en  provenant  à  Mre  Jean  de  Mont- 
ferrant, chambellan  et  maître  d'hôtel  du  duc,  et  mari  et  bail  de 
la  veuve  dudit  feu  Jean  Coustain,  suivant  traité  fait  avec  cette 
dame  du  vivant  du  feu  duc.  (Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  10415  ; 
Peincedé,  t.  II,  p.  510.) 

i.  Cette  famille,  qui  portait  :  paie  d'argent  et  de  sable  de  six 
pièces,  au  chef  de  gueules,  a  donné  un  évoque  de  Lausanne  et  de 
Constance,  prieur  de  Gigny  et  de  Lustin,  en  1483.  (Guichenon, 
Histoire  de  Bresse;  la  Noblesse  aux  états  de  Bourgogne,  p.  245.) 


Ixxxiv  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

scrupules  de  l'honnête  et  vieux  chevalier.  Au  décès  de 
celui-ci,  ils  triomphèrent  aussi  vraisemblablement  de  ceux 
d'Olivier  de  la  Marche,  qui  ne  crut  ni  ternir  son  loyal  bla- 
son ni  offenser  son  maître  en  épousant  Isabeau  Machefoing. 
La  veuve  du  sire  de  Montferrant  avait  fait  oublier  celle  de 
Jean  Coustain,  et  il  semble  qu'Olivier  ait  tenu  prudemment 
à  ne  point  rappeler  la  seconde  dans  ses  Mémoires.  Cepen- 
dant, plus  d'un  biographe  contemporain  fit  une  vague  allu- 
sion à  cette  alliance,  dont  la  postérité  a  gardé  un  imparfait 
souvenir  :  ainsi  Adrien  de  But  lui  donne  par  erreur  pour 
seconde  femme  la  veuve  de  Guy  de  Brimeu,  sire  de  Hum- 
bercourt,  parce  que  celui-ci,  comme  Coustain,  avait  perdu 
la  vie  sur  l'échafaud.  Nous  n'avons  pu  découvrir  la  date 
précise  des  secondes  noces  de  notre  chroniqueur.  Elle  doit 
se  placer  entre  les  années  1473  et  1480,  car  Jean  de  Mont- 
ferrant vivait  encore  dans  la  première l,  et  un  acte  du  6  juil- 

1.  Lettres  du  duc  Charles,  en  date  du  20  mars  1472  (v.  st.), 
dans  lesquelles  on  lit  que  Jean  de  Montferrant  a  servi  les  ducs 
Philippe  et  Charles  pendant  environ  quarante  ans,  d'abord  comme 
page,  puis  comme  panetier;  qu'au  retour  du  voyage  de  Mont- 
lhéry,  où  il  reçut  l'ordre  de  chevalerie,  le  duc  lui  donna  la  charge 
de  maître  d'hôtel,  en  le  déchargeant  de  celle  de  panetier  et  de 
bailli  de  Courtrai  et  en  lui  assignant  une  pension  de  18  sols  par 
jour;  que,  cette  pension  ayant  été  supprimée  par  Charles  après 
son  avènement,  il  reçut  en  compensation  la  charge  de  conseiller 
et  de  chambellan  aux  gages  de  36  sols  par  jour  ;  qu'enfin  son 
grand  âge  et  ses  infirmités  lui  rendant  impossible  la  continuation 
de  ses  fonctions,  le  duc  l'en  déchargea  en  lui  restituant  sa  pen- 
sion viagère  de  18  sols  assignée  sur  la  recette  de  Flandre,  avec 
survivance  en  faveur  d'Isabeau  Machefoing,  sa  femme,  à  condi- 
tion qu'il  obtiendra  de  celle-ci  la  cession  au  duc  de  la  moitié  du 
revenu  qu'elle  percevait  sur  les  terres  et  seigneuries  de  Chenaux, 
Bragny,  Port  de  Paleau  et  la  Chapelle  de  Bragny.  (Archives  de 
la  Côte-d'Or,  B.  1358;  Peincedé,  t.  Ier,  p.  262.)  On  trouve  au 
même  lieu  des  lettres  du  31  mai  1473,  par  lesquelles  cette  cession 
ainsi  stipulée  est  opérée  au  profit  du  duc.  —  Isabeau  n'eut  point 
d'enfants  de  son  mariage  avec  Jean  de  Montferrant. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  1XXXV 

let  1480  indique  qu'Olivier  était  déjà  l'époux  d'Isabeau  à 
cette  dernière  époque  *. 

Cette  union  tardive,  qui  trahit  une  certaine  avidité 
sénile  chez  notre  bon  chevalier,  jusqu'alors  fort  désintéressé, 
ainsi  que  l'attestent  les  négligences  de  son  administration 
financière,  ne  diminua  rien  de  l'estime  dont  il  était  univer- 
sellement entouré.  Mais  elle  accrut  beaucoup  sa  fortune, 
déjà  augmentée  par  les  libéralités  de  ses  souverains2.  Il  s'en 

1.  Arch.  de  l'Etat  à  Namur,  extrait  du  registre  aux  transports 
du  bailliage  de  Namur  (1480),  n°  47,  fol.  73.  A  peine  marié,  La 
Marche  se  mit  en  mesure  de  faire  rentrer  les  sommes  dues  à  sa 
seconde  femme,  notamment  cent  livres  de  rente  perpétuelle 
achetée  en  1464  sur  la  ville  de  Bruges  par  Jean  de  Montferrant 
(Arch.  de  Belgique,  Compte  de  Bruges,  1479-1480;  Chambre  des 
comptes,  n«  32533,  fol.  184),  et  deux  cents  couronnes  de  rente  sur 
la  terre  de  Boussut.  (Arch.  de  Namur,  pièce  précitée.) 

2.  Notamment  par  les  terres  confisquées  sur  le  connétable  de 
Saint-Pol,  que  Charles  le  Téméraire  lui  donna  en  1471-1472.  En 
1473,  Guillaume  Verdet,  châtelain  de  la  Marche,  fit  au  nom  de  son 
maître  Olivier  une  déclaration  des  fiefs  que  celui-ci  possédait  dans 
le  bailliage  de  Chalon-sur-Saône.  Il  confessa  tenir  du  duc  en  fief  et 
arrière-fief:  1°  le  château  et  maison-forte  de  la  Marche,  ensemble 
la  motte  et  les  fossés  tenus  du  duc,  à  cause  de  son  châtel  et  ville 
de  Rochefort  ;  2°  tout  le  demeurant  de  la  terre  de  la  Marche  et 
d'Onay  (aliàs  Esnay),  es  villages  et  paroisses  de  Saint-Martin-en- 
Bresse,  Diconne  et  Villegaudin,  en  cens,  rentes,  bois,  péage,  jus- 
tice, du  fief  de  la  ville  de  Mervans,  près  la  Marche,  réservé  le 
meix  de  la  chapelle  de  Villegaudin  et  de  la  cour  dudit  lieu,  qu'on 
maintient  être  de  franc-alleu  et  du  ressort  de  Saint-Laurent-lès- 
Chalon  ;  3°  le  fief  de  Dyombe,  tenu  d'ancienneté  en  arrière-fief 
dudit  Mervans  ;  4°  certains  cens  et  héritages  en  la  paroisse  de 
Chassey,  en  fief  du  seigneur  de  Lestrabonne,  à  cause  de  la  terre 
de  Nantoz.  (Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  11723.)  —  Quant  à  la 
négligence  de  l'administration  d'Olivier,  v.  ibid.,  B.  11164.  On 
doit  cependant  reconnaître  qu'il  soutint  des  procès,  au  moins  un 
comme  demandeur.  (V.  arrêt  du  parlement  de  Paris,  du  4  juin 
1484,  rendu  entre  lui  et  Jehan  de  Houpplines,  et  publié  par 
M.  Stein,  p.  205.)  —  Le  18  mai  1481,  nous  le  voyons  qualifié  de 
seigneur  de  la  Gouarderie,  de  la  paroisse  de  Saint-Juvat  (arron- 


l.XXXVJ  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

souvint  dans  son  testament  et  fit  des  legs  importants  à  sa 
veuve,  devenue,  grâce  aux  années  et  peut-être  à  un  contact 
meilleur,  aussi  pieuse,  aussi  modeste  et  réservée  qu'elle  était 
autrefois  fière,  avare,  présomptueuse  et  hardie.  Toutefois, 
il  institua  pour  légataire  universel  son  fils  Charles,  écuyer, 
seigneur  de  la  Marche,  ou,  au  défaut  de  celui-ci,  sa  fille 
Philippote,  mariée  en  premières  noces  à  Thierry  de  Charmes, 
écuyer,  et,  en  secondes,  le  15  janvier  1488,  à  Philippe  de 
Lenoncourt,  chevalier,  bailli  de  Bar-sur-Seine,  seigneur  de 
Loches,  Chauffour  et  Marolles-lès-Bailly  (Aube),  dont  elle 
eut  six  enfants,  dont  quatre  fils,  Olivier,  Jean,  Pierre  et 
Philippe  *.  Jean  fut  seigneur  de  Loches  et  bailli  de  Bar  ;  Phi- 
lippe fut  protonotaire  apostolique  et  archidiacre  de  Reims. 
Philippote  vivait  encore  le  15  mars  1520.  Mais  elle  était 
veuve  de  son  second  mari,  décédé  entre  1507  et  1519. 

On  a  vu  plus  haut  que  La  Marche  avait  eu  de  sa  première 
femme  au  moins  une  fille,  baptisée  en  1456.  Mais  celle-ci 
s'appelait-elle  Philippote  ou  Louise,  comme  certains  généa- 
logistes nomment  une  autre  de  ses  filles ,  d'ailleurs  décé- 
dée jeune  et  sans  postérité?  En  tout  cas,  en  1501,  deux 
enfants  seulement  survivaient,  soit  du  premier  lit,  soit  du 
second,  mais  plus  vraisemblablement  du  premier,  puisque, 
dans  son  testament,  Olivier  met  expressément  à  la  charge 
de  son  fils  Charles  les  dettes  qu'il  aurait  pu  contracter  avant 
son  mariage  avec  Isabeau  Machefoing.  D'ailleurs,  cette 
dernière  union  ayant  eu  lieu  peu  avant  1480  n'aurait  pu 
donner  naissance  à  une  fille  mariée  en  secondes  noces  en 

dissement  de  Dinan,  Gôtes-du-Nord).  D'où  lui  venait  cette  terre? 
Peut-être  de  sa  nièce  Bricette  Duval,  fille  de  sa  sœur  Jeanne. 
En  effet,  cette  nièce  lui  avait  légué  une  rente  de  dix  boisseaux 
de  froment,  qu'il  échangea  le  25  octobre  1482  contre  une  rente 
de  50  sous  payée  par  Jean  Goussart.  (Bibl.  nat.,  Collection  de  D. 
Villevieille,  55,  fol.  138.) 

1.  Extrait  des  Registres  du  parlement  de  Bourgogne,  du 
14  avril  1527.  (Archives  de  la  Gôte-d'Or,  Peincedé,  t.  XIX.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  Ixxxvij 

1488,  ni  peut-être  même  à  un  fils  qui  avait  déjà  pris  femme 
avant  1501. 

Ce  dernier  avait  épousé  Catherine  Chamboye,  et  n'en  eut 
point  d'enfants  ;  il  paraît  avoir  quitté  la  cour  de  l'archiduc, 
où  il  ne  remplit  du  reste  aucune  charge,  et  s'être  établi  en 
Bourgogne,  sur  le  sol  des  aïeux1.  Héritier  des  terres  de  la 
Marche,  d'Esnay,  de  Chassey,  et  de  tous  les  acquêts  de  son 
père,  il  céda,  le  12  septembre  1517,  ses  droits  sur  la  Marche 
à  son  neveu  Olivier  de  Lenoncourt,  bailli  de  Langres 2.  Mais 
celui-ci  dissipa  bientôt  toute  sa  fortune,  et  la  seigneurie  delà 
Marche,  demeurée  en  décret  pendant  quarante  ans,  dut  un 
jour  être  vendue  à  Hugues  deMâlain,  seigneur  de  Diconne3. 
Elle  ne  revint  aux  Lenoncourt  qu'en  1574,  et  de  leurs 
héritiers  passa,  en  1636,  au  président  Fyot  d'Arbois,  dont 
les  descendants  la  firent  ériger  en  marquisat  à  leur  profit  un 
siècle  après.  Ce  sont  eux  qui  ont,  jusqu'à  une  époque  récente, 
perpétué  chez  nous  le  nom  de  la  Marche4.  Quant  à  la  des- 

1.  En  1503,  Charles  de  la  Marche  est  indiqué  dans  l'état  des 
fiefs  du  Ghalonnais  comme  tenant  la  terre  et  seigneurie  d'Onare 
(Onard),  au  bailliage  de  Ghalon,  en  toute  justice,  du  fief  de  Mer- 
vans,  plus  certaines  rentes  et  cens  au  lieu  de  Chassey,  du  fief 
de  Jean,  seigneur  d'Aumont.  (Archives  de  la  Côte-d'Or,  B.  H730, 
fol.  387.)  Il  tient  également  en  toute  justice  la  terre  et  seigneurie 
de  la  Marche,  de  franc-alleu,  valant  65  liv.  de  rente,  y  compris  ce 
qu'il  tient  au  lieu  d'Onnant,  du  fief  de  Mervans.  (Id.,  fol.  413  v°.) 
Enfin,  on  voit  qu'il  possède  environ  80  ouvrées  de  vigne  à  Nan- 
toux,  en  fief  de  Jean  d'Aumont.  [Id.,  fol.  251.)  Il  y  est  désigné 
comme  demeurant  au  comté  de  Bourgogne. 

2.  Bibl.  nat.,  Collection  de  Bourgogne,  vol.  101,  fol.  323;  Cour- 
tépée,  Description  du  duché  de  Bourgogne,  2e  édit.,  t.  III,  p.  461. 
Olivier  de  Lenoncourt  était  bailli  de  Langres  en  1526.  (Arch.  de 
Langres,  liasse  945.) 

:!.  Gourtépée,  id-  Extrait  des  reprises  de  fief  de  la  terre  de  la 
Marche,  pour  Philippe  Fyot,  du  29  décembre  1663.  (Archives  de 
la  Côte-d'Or,  B.  11164.) 

4.  René  de  Lenoncourt,  mort  en  1620,  avait  épousé  Marguerite 
Fyot.  —  On  rencontre  en  1480  mi  Nicolas  de  la  Marche,  cité  par 


lxxxviij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

cendance  directe  d'Olivier,  elle  était  depuis  longtemps 
éteinte  lorsqu'écrivait  Courtépée,  à  la  fin  du  xvme  siècle. 

Olivier  mourut  le  1er  février  1502  (n.  st.),  dans  la  mai- 
son qu'il  possédait  à  Bruxelles  «  devant  l'arque,  »  ou  hospice 
des  vieilles  femmes,  dit-il  dans  son  testament,  daté  du  8  oc- 
tobre 15011,  maison  qu'il  avait  acquise  le24juin  1482.  D'après 
cet  acte  de  dernière  volonté,  son  cœur,  placé  dans  un  vase  de 
plomb,  fut  envoyé  en  Bourgogne  et  déposé  dans  la  chapelle 
de  Villegaudin,  près  de  la  sépulture  de  ses  aïeux,  sous  une 
pierre  scellée  devant  le  grand  autel  de  la  Vierge  et  autour 
de  laquelle  était  gravée  l'inscription  suivante  : 

POUR  MARCHEPIED,  REPOS,  PASSET  ET  MARCHE 
SOIT  BON  LE  CŒUR  OLIVIER  DE  LA  MARCHE 
AU  TRÈS  DIGNE  PRESTRE  SAINCT  ET  SACRÉ 
DONT  LE  CORPS-DIEU  EST  CE  JOUR  CONSACRÉ. 

C'était  un  signe  naïf  et  touchant  d'humilité  chrétienne. 
Quant  à  son  corps,  il  voulut  qu'il  fût  inhumé,  devant  l'au- 
tel de  Sainte-Croix2,  dans  l'église  des  chanoines  réguliers 

Adrien  de  But  dans  sa  Chronique,  et  en  1496  un  Gérardo  de  la 
Marche,  lieutenant  du  capitaine  des  hallebardiers  de  l'archiduc 
Philippe.  (Archives  du  Nord,  B.  2157.)  Mais  sont-ce  des  parents 
d'Olivier?  Enfin,  en  1471,  les  Archives  générales  de  Belgique 
mentionnent  un  sr  de  Pey  ou  de  Péry,  frère  du  sr  de  la  Marche, 
dont  on  ignore  la  véritable  origine. 

1.  V.  plus  loin  ce  testament,  extrait  de  la  Collection  de  Bour- 
gogne, 99,  fos  830-35,  à  la  Bibl.  nat.  Une  copie  se  trouve  dans  le 
ms.  n°  4332,  fol.  42,  f.  fr.  de  la  même  bibliothèque.  Les  Archives  du 
royaume  de  Belgique  (Acquits  des  comptes  de  la  recette  générale  du 
Hainaut)  possèdent  la  dernière,  pièce  peut-être  qu'il  ait  signée. 
C'est  un  reçu,  daté  du  17  janvier  1501,  d'une  pension  annuelle 
de  300  fr.  ou  480  livres  tournois,  dont  le  paiement  était  arriéré 
depuis  plus  d'une  année  (V.  registre  n°  3198,  fol.  xl  r°  et  v°,  de 
la  Chambre  des  comptes,  aux  mêmes  Archives)  ;  la  signature  de 
cette  quittance  est  presque  indéchiffrable;  il  est  vrai  que  celle 
du  20  juillet  précédent  n'est  guère  meilleure. 

2.  «  Sepultus  in  choro  beatae  Maria?  Virginis,  sub  turnba,  ante 
altare  Sancte  Crucis.  »  (Arch.  de  Belgique,  Cart.  etmss.,  733a  prov.) 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  lxxxix 

de  Caudenberg,  autrement  dite  Saint-Jacques  de  Montfroid, 
près  du  palais  des  ducs  de  Brabant,  à  Bruxelles.  Cette  église 
avait  été  fréquemment  enrichie  par  ses  libéralités,  ainsi 
qu'elle  le  fut  après  lui  par  sa  veuve1.  Son  tombeau,  où 
Isabeau  Machefoing  vint  le  rejoindre  le  11  novembre  1510, 
a  été  détruit  au  temps  de  Philippe  II.  On  y  lisait  l'épitaphe 
suivante  : 

GY  GIST  MESSIRE  OLIVIER  DE  LA  MARCHE, 

QUI  TRESPASSA  L'AN  1501,  LE  PREMIER  JOUR  DE  FÉVRIER, 

ET  DAME  YSABEAU  MACHEFOIN, 

QUI  TRESPASSA  L'AN  1510,  LE  XIe  JOUR  DE  NOVEMBRE. 

En  face,  dans  la  muraille,  une  plaque  de  marbre  portait 
cette  autre  inscription  : 

CY  GIST  OLIVIER  DE  LA  MARCHE,  SEIGNEUR 

ET  GRAND  MAISTRE  D'HOSTEL,  REMPLI  DE  TOUT  HONNEUR, 

QUI  FUT  SAGE  ET  SECRET,  LÉAL  ET  MAGNIFIQUE, 

ET  QUI  FIT  MAINTS  BEAUX  DITS  EN  BELLE  RHÉTORIQUE. 

LAN  QUINZE  CENT  ET  UN,  LE  PREMIER  FEVRIER, 

MOURUT  PLEIN  DE  VERTU  :  VEUILLEZ  PRIER  POUR  LUI. 

DAME  ISABEAU  MACHFOIN  MOURUT  NEUF  ANS  APRÈS  ; 

PRIEZ  QUE  PARADIS  A  ELLE  SOIT  OUVERT 

ET  AU  BON  CHEVALIER,  LEQUEL  A  TANT  SOUFFERT. 

1.  Dans  un  inventaire  des  Archives  de  la  prévôté  de  Saint- 
Jacques-sur-Caudenberg,  fol.  99  v°,  n°  vic  lvii,  on  lit  :  «  Item, 
une  obligation  du  prévost  et  couvent  de  Gouberghe,  en  date  du 
xxe  de  janvier  l'an  de  grâce  mil  cincq  cens  et  ung,  par  laquelle 
appert  qu'ilz  confessent  avoir  receu  de  messire  Olivier  de  la 
Marche,  chevalier,  conseillier  et  premier  maistre  d'hostel  de 
monseigneur  l'archiduc  d'Austriche,  et  de  madame  Ysabeau 
Machefoins,  sa  compaigne,  par  prest,  une  très  belle  monstrance 
faicte  d'or  et  d'argent,  à  eulx  appartenant,  pour  y  mectre  le  Sainct 
Sacrement,  laquelle  ilz  promectent  garder  sain  et  enthier  et  la 
leur  rendre  toutes  et  quantes  fois  que  requis  en  seront.  »  —  On 
conserve  au  dépôt  des  Archives  des  hospices  civils  de  Bruxelles 
divers  actes  des  années  1505,  1507  et  1508,  relatifs  à  des  fonda- 
tions de  rentes  faites  par  la  veuve  d'Olivier  en  faveur  des  pauvres 
de  la  paroisse  Saint-Jacques-sur-Caudenberg.  Une  lettre  d'Érard, 


Xcij  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

II. 

Il  y  a  dans  Olivier  de  la  Marche  considéré  comme  écrivain 
deux  hommes  bien  distincts,  le  poète  et  le  chroniqueur. 

Par  ce  mot  poète,  j'entends  non  seulement  le  versificateur, 
mais  l'auteur  de  moralités,  de  contes  et  même  d'œuvres  phi- 
losophiques en  prose.  La  philosophie  ne  se  distinguait  guère 
alors  de  la  poésie  ;  elle  ne  constituait  à  proprement  parler 
une  science  que  lorsqu'elle  se  confondait  avec  la  théologie  ; 
par  réciprocité,  les  poèmes  les  plus  légers  se  piquaient  de 
moraliser. 

Poète,  conteur  ou  philosophe,  il  ne  sort  pas  d'une  honnête 
médiocrité.  Ses  œuvres  purement  littéraires  ont  cependant 
d'agréables  parties,  comme  Y  Histoire  de  Griselidis,  mar- 
quise de  Saluées,  que  l'on  a  faussement  attribuée  à  Pierre 
Michault,  dit  Taillevent,  et  dont  la  forme  appartient  en  réa- 
lité à  Olivier  de  la  Marche,  quoiqu'il  en  ait  emprunté  le  fond 
lui-même  à  Pétrarque1.  En  chantant  et  en  rimant,  le  bon 
écuyer  obéissait  sans  doute  à  son  naturel  mélancolique  et 
rêveur,  à  ce  besoin  d'épanchement  et  à  cette  sensibilité  en 
quelque  sorte  musicale  qui  saisissent  les  jeunes  hommes  à 
l'aube  de  la  vie  et  dont  il  s'accusera  plus  tard  lui-même 
presque  comme  d'un  péché.  Mais  il  obéissait  encore  à  de 
nobles  exemples.  Dans  cette  cour  brillante  et  raffinée  de 
Bourgogne,  jeunes  pages,  clercs,  hommes  d'armes  eux-mêmes, 
presque  tous  étaient  poètes  à  leurs  heures.  Ce  n'était  pas  seu- 

1.  V.  Epistola  de  historia  Griseldis  mulieris  maxims  Constantin, 
Colonise,  typis  Uclalrici  Zel  de  Hanau,  circa  1470.  Cette  histoire 
se  rencontre  dans  le  Parement  des  dames  d'Olivier.  On  sait  que 
Perrault  l'a  rajeunie  et  mise  en  vers.  —  Un  ms.  de  la  bibliothèque 
du  comte  d'Ashburnham  (n°  402,  fonds  Barrois),  qui  provient  sans 
doute  de  la  Bibliothèque  nationale,  nous  apprend  que  Pétrarque 
l'avait  lui-même  «  translatée  de  lombart  en  latin.  »  Ce  ms.  est 
du  xve  siècle. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XCllj 

lement  Pierre  Michault,  secrétaire  du  comte  de  Charolais, 
l'auteur  du  Doctrinal  de  Court  et  de  la  Danse  des 
aveugles,  George  Chastellain,  Martin  Franc,  qui  dédia  à 
Philippe  le  Bon  son  Champion  des  Dames  et  son  Estrif 
de  Fortune  et  de  Vertu*;  c'était  Charles,  duc  d'Orléans, 
le  premier  des  lyriques  du  xve  siècle,  Guiot  et  Philippe  Pot, 
le  bâtard  de  la  Trémoïlle,  le  seigneur  de  Torcy,  Frédet, 
Me  Etienne  Le  Goux,  Jean  Régnier,  seigneur  de  Guerchy, 
bailli  d'Auxerre2,  le  sire  de  Trazegnies3,  et  Philippe  le  Bon 
lui-même,  ainsi  que  le  constatent  différentes  ballades  adres- 
sées par  lui  à  son  compère  le  duc  d'Orléans4  ;  c'était  René 
d'Anjou,  le  royal  prisonnier  des  Bourguignons  dans  la  tour 
de  Bar  à  Dijon,  bien  d'autres  enfin  encore  que  l'on  ne  peut 
tous  citer.  Rimer  était  délassement  de  princes.  Olivier  de  la 
Marche  n'eût  pas  cédé  à  sa  propre  inspiration  qu'il  eût  été 
entraîné  par  l'exemple  d'autrui.  Plus  jeune  d'au  moins  trente 
années  que  Charles  d'Orléans  et  Alain  Chartier ,  contemporain 
de  Villon,  il  leur  est  sans  contredit  inférieur.  Il  n'a  au  même 
degré  ni  la  grâce  souple,  délicate  et  caressante  des  uns,  ni 
la  hardiesse,  l'expression  pittoresque  et  la  verdeur  de  l'autre. 
Mais  il  possède  ce  que  Marot  appellera  plus  tard  un  «  gentil 

1.  Martin  Franc  ou  Le  Franc,  né  à  Arras,  prévôt  et  chanoine 
de  l'église  de  Leuse  en  Hainaut,  secrétaire  de  l'antipape  Félix  V 
et  du  pape  Nicolas  V.  (V.  Jean  Lemaire  des  Belges,  Couronne 
margaritique.) 

2.  Auteur  des  Fortunes  et  Adversitez,  imprimées  à  Paris  en  1526, 
in-8°;  mort  après  1463. 

3.  Auteur  des  «  Loenges  des  Vertus  du  très  vaillant  duc  Charles 
de  Bourgongne.  »  (Ms.  de  la  Bibl.  publ.  de  Douai,  n°  767,  fol.  14.) 

4.  Dans  sa  Bibliothèque  française,  t.  IX,  p.  232,  l'abbé  Goujet 
déclare  qu'il  examina  à  loisir  plusieurs  pièces  de  vers  du  duc  de 
Bourgogne  insérées  dans  uu  ms.  intitulé  :  Dalladiez  du  duc  d'Or- 
léans, et  qui  appartenait  au  xviue  siècle  à  M.  de  Bombarde.  V.  au 
même  tome,  p.  259,  une  ballade  adressée  avant  1440  par  Philippe 
le  Bon  à  Charles  d'Orléans  et  le  catalogue  des  mss.  de  la  Biblio- 
thèque nationale. 


Xciv  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

entendement,  »  une  finesse  mélangée  de  candeur,  une  tou- 
chante mélancolie,  que  gâtent  malheureusement  parfois  trop 
d'uniformité,  des  allégories  trop  recherchées,  des  images  trop 
froides  et  des  tours  un  peu  forcés,  sauf  dans  ses  poésies  enfan- 
tines, qui  sont  naïves  et  simples. 

Le  siècle  l'exigeait-il  ainsi?  On  serait  tenté  de  le  croire, 
à  n'en  juger  que  par  le  diffus  et  pâteux  Chastellain,  si 
quelques  ravissantes  ballades  de  Charles  d'Orléans  n'attes- 
taient le  contraire.  Comme  on  est  loin  même  de  celles  de 
Froissart  ! 

Mais  nous  ne  voulons  parler  que  du  narrateur.  Ici  sa 
supériorité  éclate  :  il  est  original,  il  est  vivant,  il  est  aisé,  il 
est  historien.  Qu'on  daigne  nous  entendre  :  si  l'histoire  est 
une  pure  critique,  comme  la  comprenait  Tillemont  par 
exemple,  une  simple  chronologie,  un  enchaînement  correct 
et  méthodique  des  dates  et  des  faits,  si  l'on  attend  d'elle  une 
rigoureuse  exactitude,  non,  Olivier  de  la  Marche,  dont  la 
mémoire  n'est  pas  toujours  fidèle  et  qui,  mêlant,  transposant 
les  événements,  se  trompe  trop  souvent  sur  les  lieux  ou  les 
années,  n'est  pas  un  historien.  Il  ne  l'est  pas  encore,  si  l'his- 
toire, telle  que  la  pressentait  Commines,  est  une  science 
politique,  qui  doit  s'élever  aux  causes  premières,  ou,  telle 
que  la  concevait  Gibbon  au  dernier  siècle,  un  thème  de  phi- 
losophie, une  sorte  de  métaphysique  de  l'humanité.  Mais  si 
on  ne  lui  demande  qu'une  enquête  curieuse  sur  les  mœurs 
d'une  race  ou  d'une  époque  et  la  vive  représentation  des  faits, 
si  l'on  se  contente  de  vojr  défiler  le  cortège  des  acteurs  en 
costume  et  d'assister  à  leur  jeu  sur  la  scène  sans  les  suivre 
dans  la  coulisse,  en  se  réservant  de  tirer  soi-même  la  mora- 
lité delà  pièce,  l'écuyer bourguignon  est,  presque  autant  que 
le  chanoine  de  Chimay,  un  véritable  peintre  d'histoire.  Il  en 
a  souvent,  sans  les  chercher,  la  maestria,  le  dessin,  le  colo- 
ris. C'est  un  ymaigier  des  dernières  années  de  la  chevalerie. 

Il  est  vrai  que  celle-ci  l'absorbe,  qu'en  décrivant  par  le 
menu  les  prouesses  et  les  tournois  de  ses  contemporains,  en 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  XCV 

célébrant  les  splendeurs  de  la  cour  de  Bourgogne,  il  oublie 
parfois  les  événements  politiques  ou  militaires  qu'il  a  entrepris 
de  raconter,  et  que,  modeste  jusqu'au  silence  sur  lui-même, 
il  semble  ne  l'être  pas  assez  sur  ses  maîtres,  ses  louanges 
n'étant  pas  alors  suffisamment  justifiées  par  la  concision  de 
son  récit.  Ce  reproche  lui  a  été  fait  ;  nous  ne  le  croyons 
pas  fondé.  Olivier  de  la  Marche  n'est  pas  un  écrivain  de 
profession  :  il  n'a  pas  été,  comme  Chastellain  et  Molinet, 
revêtu  de  la  charge  d'historiographe  ou  à'indiciaire;  il  n'a 
pas  même  reçu,  comme  Saint-Remy,  la  mission  officielle  et 
spéciale  de  rapporter  à  Yhistorieur  ou  greffier  de  la  Toison 
d'or  les  hauts  faits  des  membres  de  l'ordre  dont  la  renommée 
parviendrait  jusqu'à  lui.  Il  écrit  d'abord  pour  se  complaire 
à  lui  seul,  pour  occuper  ses  loisirs  et,  ainsi  que  l'ont  fait 
Jean  de  Wavrin,  Monstrelet  et  le  seigneur  de  Saint-Remy 
lui-même,  pour  échapper  à  l'oisiveté,  la  mère  de  tous  les 
vices.  Il  a  quarante-cinq  ans  environ  lorsqu'il  commence  en 
1472  ou  1473  à  rédiger  ses  Mémoires,  et  vingt  ans  après 
seulement,  en  1493,  quand  il  en  a  soixante-cinq  accomplis, 
il  imagine  de  les  faire  lire  à  son  jeune  souverain,  en  y  joi- 
gnant une  introduction  qui  les  rende  plus  instructifs  pour 
Philippe  le  Beau.  Ce  sont  donc  bien  vraiment  et  avant  tout 
des  Mémoires,  c'est-à-dire  des  souvenirs  personnels,  le  récit 
des  faits  auxquels  il  a  été  mêlé  ou  dont  il  a  été  le  témoin 
oculaire  et  qu'il  a  enregistrés  au  fur  et  à  mesure  sur  un  car- 
net de  poche.  Faut-il  s'étonner  qu'il  s'attache  à  ceux  qui 
l'ont  frappé  davantage  et  qu'entre  mille  il  insiste  de  préfé- 
rence sur  ceux  qu'il  a  suivis  de  plus  près,  en  un  mot,  qu'il  soit, 
comme  Froissart,  plus  occupé  du  spectacle  que  du  fond  de  l'his- 
toire? Faut-il  à  ce  «  laïc,  »  à  ce  militaire,  qui  s'excuse  de 
n'avoir  ni  «  le  stile  et  subtil  parler  »  de  Chastellain,  ni  «  la 
clergie,  la  mémoire  ou  l'entendement  »  du  Portugais  Vas  de 
Lusane,  ni  «  l'influence  de  rhétoricque  si  prompte  et  tant 
experte  »  de  Molinet,  à  ce  brave  officier  de  princes  somp- 
tueux et  magnifiques,  dont  l'honneur,  la  courtoisie,  les  grands 


XCVJ  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

exploits  et  les  aventures  chevaleresques  ont  été  dès  le  berceau 
l'idéal,  demander  autre  chose  que  la  fine  vignette,  la  minia- 
ture attendrie  de  ces  fêtes  où  étincela  la  vieille  chevalerie  ? 
Mais,  si  l'on  s'en  tient  là,  l'image  est  parfaite  ;  elle  est  prise 
sur  le  vif,  et,  malgré  les  légères  retouches  qui  l'ont  ennoblie, 
on  peut  dire  qu'elle  est  photographique.  Villehardouin  et 
Joinville  nous  ont  peint  la  chevalerie  loyale,  croyante, 
enthousiaste  des  croisades,  à  son  âge  d'or  et  dans  sa  pleine 
virilité;  leur  narration  forte  et  candide  tient  dans  l'histoire 
la  place  qu'occupe  dans  l'architecture  la  Sainte-Chapelle  au 
xme  siècle.  Dans  sa  chronique  qui  est  une  seconde  chanson 
de  geste,  Froissart  nous  l'a  montrée  plus  épanouie,  mais  bien 
moins  naïve  et  déjà  déclinante;  c'est  le  gothique  fleuri  du 
xrve  siècle.  A  la  veille  de  disparaître,  elle  jette  un  fulgurant 
mais  dernier  rayon  dans  La  Marche  ;  c'est  l'art  flamboyant 
du  xve. 

Notre  chroniqueur  appartient  par  la  date  de  sa  mort  à 
l'ère  moderne.  Mais  il  est  bien  du  moyen  âge  par  les  idées, 
par  la  foi  sincère  et  naïve,  par  le  culte  de  l'aristocratie  mili- 
taire. Ce  n'est  pas  lui  qui  dirait  comme  un  trouvère  du 
xme  siècle,  Guy  de  Cambrai,  dans  son  poème  de  Baarlam 
et  Josaphat  : 

Pylates  et  Herodes  vit, 

Car  souvent  sont  à  grant  délit 

Et  en  Franche  et  en  Lombardie  ; 

Car  Herodes  pas  ne  mendie 

Tant  com  li  rois  est  à  Paris  ; 

Et  Pylates,  che  m'est  avis, 

Est  molt  sires  de  Vermandois. 

Il  honore  profondément  l'Eglise,  la  royauté  et  les  barons. 
Soit  qu'il  puise  ses  renseignements  historiques  dans  les  chro- 
niques antérieures,  dans  ces  manuscrits  enluminés  dont  la 
librairie  des  ducs  de  Bourgogne  était  si  bien  pourvue1,  ou 

1.  V.  Barrois,  Bibliothèque  protypographique,  Achille  Godefroy 
et  les  Comptes  de  Charles  le  Téméraire. 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  xcvij 

dans  Froissart  qu'il  a  visiblement  consulté1,  soit  qu'il  ras- 
semble ses  propres  souvenirs,  il  est  toujours  respectueux  des 
clercs  et  des  nobles,  sans  y  apporter  la  moindre  gauloiserie 
ni  la  moindre  malice.  Là  comme  ailleurs,  son  cœur  est  à 
découvert  et  pour  ainsi  dire  transparent.  C'est  celui  d'un 
féal  qui  s'est  donné  tout  entier.  Nous  ne  savons  même  si  à 
cet  égard  il  n'est  pas  plus  désintéressé  que  Froissart  qui, 
comme  lui,  a  sans  doute  le  culte  des  grands  seigneurs,  mais 
aussi  de  ce  qui  rapporte  profit,  honneur  et  renommée  dans  ce 
monde.  Il  clora  bien  d'un  mot  le  portrait  de  Louis  XI  en 
disant  :  «  Il  fut  prince2,  »  en  d'autres  termes,  il  était  large 
et  «  achetoitau  poix  d'or  »  (s'attachait  par  des  libéralités  les 
hommes  de  bon  renom).  La  largesse  est  à  ses  yeux  l'une  des 
vertus  maîtresses  d'un  souverain;  mais  elle  n'en  est  pas  la 
reine  :  la  «  haulte  seignourie  »  vient  de  ce  que  Dieu  a  «  élevé 
la  nativité  des  rois  sur  les  aultres.  »  Comme  le  dira  plus  tard 
Henri  IV,  les  nobles  et  les  rois  «  sont  des  têtes  que  Dieu  a 
réservées  pour  conserver  les  autres.  »  Sa  doctrine  sur  l'ori- 
gine du  pouvoir  est  essentiellement  monarchique. 

Elle  ne  le  rend  pas  néanmoins  hostile  au  peuple.  Parlant 

1.  Comparez  par  exemple  le  passage  de  son  Introduction  sur  la 
descendance  de  saint  Louis  avec  le  premier  chapitre  du  livre  I 
de  Froissart  :  «  Li  biaus  rois  Phelippes  de  France,  etc.  »  Mais  il 
cite  de  mémoire  et  se  trompe  dans  la  généalogie.  Une  remarque 
à  faire  à  cette  occasion,  c'est  qu'Olivier  de  la  Marche  n'a  pas 
besoin  d'une  traduction  comme  les  chroniqueurs  qui  l'ont  précédé. 
Les  gens  du  monde  peuvent  aisément  le  lire  dans  l'original. 

2.  Duclos  lui  a  pris  ce  trait,  sans  le  citer  d'ailleurs,  dans  son 
Histoire  de  Louis  XL  —  Olivier  n'aimait  pas  le  roi  et  cependant,  tout 
en  accusant  ses  «  soubtiz  moyens,  »  il  n'en  a  jamais  parlé  qu'avec 
respect.  On  ne  saurait  lui  attribuer  la  pièce  de  poésie  intitulée  : 
le  Mauvais  Prince,  publiée  dans  les  OEuvres  de  Chaslellain  (t.  VII, 
p.  457),  et  dans  laquelle  M.  de  Reiffenberg  a  cru  voir  un  portrait 
l'ait  par  La  Marche  du  monarque  français.  Mais  il  est  vrai  de  dire 
qu'il  est  beaucoup  plus  ami  de  la  Bourgogne  et  de  l'Autriche  que 
de  la  France,  sans  aller  jusqu'à  prétendre,  comme  certains  histo- 
riens, que  ses  Mémoires  sont  uu  pamphlet  dirigé  contre  celle-ci. 

il 


XCV11J  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

d'un  Gantois  «  villain  et  de  petit  estât,  »  qui  se  battit  vail- 
lamment à  Gavre,  il  dit  :  «  Que  je  le  sceusse  nommer,  je  m'ac- 
quitteroie  de  porter  honneur  à  son  hardement,  car  vaillance 
est  entre  les  bons  si  privilégiée  et  de  telle  aucthorité  qu'elle 
doit  estre  manifestée,  publiée  et  dicte  de  petite  personne  ou 
de  petit  estât  comme  des  plus  grans.  »  Pour  tous  il  est  équi- 
table, mais  il  n'aime  pas  ce  que  nous  appellerions  aujour- 
d'hui la  démocratie.  Lorsque  Gand  se  révolte,  il  la  plaint 
d'avoir  sacrifié  «  son  pucelage,  »  en  d'autres  termes  de  s'être 
ravalée  «  ou  povoir  et  soubs  les  mains  de  ribaultz,  pillars  et 
gourmans,  norriz  et  empoisonnez  de  vices,  sans  vergongne, 
entendement  ou  raison.  »  Comme  on  le  voit,  la  sentence  est 
dure  pour  la  multitude,  encore  bien  qu'il  distingue  et  qu'il 
faille  distinguer  dans  son  sein,  et  elle  a  paru  telle  à  un  écri- 
vain de  Flandre  qui  lui  reproche,  non  sans  aigreur,  d'avoir 
calomnié  les  Flamands.  Mais  Valère  André  est.  injuste  lui- 
même  et  ne  semble  pas  l'avoir  lu.  La  Marche  n'a  nulle  acri- 
monie contre  la  nation,  ni  même  contre  le  populaire;  il  ne 
s'indigne  que  contre  les  révoltés. 

Son  œuvre  est  donc  une  source  infiniment  curieuse  et 
presque  intarissable  de  renseignements  intéressants  sur  le 
xve  siècle.  Si  l'on  y  ajoute  Y  État  de  la  maison  du  duc 
Charles  de  Bourgogne,  dans  lequel  il  énumère  avec  un 
grand  luxe  de  détails  les  serviteurs  et  décrit  l'étiquette  de 
cette  royale  branche  des  descendants  de  Hugues  Capet, 
presque  égale  en  puissance  et  supérieure  en  richesses  à  la 
dynastie  française,  on  y  trouve  un  tableau  achevé  de  l'es- 
prit, de  la  vie  et  des  mœurs  aristocratiques  de  son  temps. 
On  y  rencontre  même  autre  chose  :  çà  et  là,  sa  plume  trace 
de  vraies  pages  d'histoire,  par  exemple  le  siège  de  Neuss  et 
les  portraits  de  Philippe  le  Bon  et  de  Charles  le  Téméraire  ; 
ailleurs,  sur  plusieurs  points  purement  historiques,  il  com- 
plète ou  rectifie  les  chroniques  contemporaines;  quoiqu'il 
n'ait  pas,  comme  Commines,  la  curiosité  des  causes,  il  rend 
avec  précision  les  effets.  On  peut  lui  reprocher  un  grand 


NOTICE    BIOGRAPHIQUE.  XC1X 

mépris  de  la  chronologie,  qu'il  observa  rarement,  même, 
chose  bizarre,  pour  les  événements  qui  le  concernent  per- 
sonnellement et  dont  il  aurait  dû  le  mieux  garder  la  date  en 
mémoire1.  Mais,  du  moins,  sa  sincérité,  sinon  sa  critique, 
est  absolue;  c'est  un  témoin  qui  parle;  sauf  dans  son  Intro- 
duction où,  selon  la  mode  du  temps,  il  donne  une  origine 
fabuleuse  aux  maisons  dont  il  se  propose  de  faire  l'histoire, 
afin  d'en  reculer  le  berceau  le  plus  possible,  s'il  n'a  pas  vu 
de  ses  propres  jeux,  il  le  dit.  Rare  et  précieux  témoin  que 
celui  dont  les  souvenirs  embrassent  cinquante-quatre  ans 
environ,  les  plus  riches  en  événements  du  siècle.  Monstrelet 
s'arrête  en  1444  ;  Mathieu  d'Escouchy,  qui  l'a  continué,  en 
J  461  ;  Le  Fèvre  de  Saint-Remy ,  en  1435  ;  Molinet  ne  va  que 
de  1474  à  1504  ;  Jean  de  Troyes,  de  1460  à  1483,  et  Phi- 
lippe de  Gommines  qui  débute  en  1464,  au  moment  où  s'éteint 
Ghastellain,  ne  dépasse  point  l'année  1498.  Aucun  d'eux  n'a 
parcouru  un  cycle  aussi  étendu  ;  aucun  d'ailleurs  n'a  pénétré 
aussi  avant  dans  l'intimité  quotidienne  des  deux  derniers  ducs 
de  Bourgogne,  aucun  ne  les  a  suivis  ni  observés  de  plus  près , 
aucun  n'a  pu  mieux  étudier  dans  la  personne  de  Charles  le 
Téméraire  la  chute  de  leur  glorieuse  dynastie,  qui  fut  peut- 
être  le  fait  le  plus  considérable  de  l'histoire  contemporaine, 
puisque  d'elle  est  sortie  la  rivalité  séculaire  des  maisons  de 
France  et  d'Autriche2.  Il  demeurera  un  guide  toujours  inter- 
rogé et  le  plus  souvent  fidèle  :  l'histoire  de  France  au  xve  siècle 
ne  peut  pas  mieux  se  passer  de  lui  que  ne  le  fait  de  Tite-Live 

1.  C'est  la  raison  pour  laquelle  nous  n'avons  pas  inscrit  entête 
de  chaque  page  le  millésime  de  l'année  à  laquelle  elle  se  rapporte, 
afin  d'éviter  des  confusions  regrettables. 

2.  Olivier  de  la  Marche  glisse  rapidement,  il  est  vrai,  dans  ses 
Mémoires  sur  les  défaites  de  Charles  à  Granson,  à  Morat  et  enfin 
à  Nancy,  parce  qu'il  n'aime  pas  à  insister  sur  les  désastres  de  ses 
maîtres  et  qu'il  s'adresse  d'ailleurs  à  leur  héritier.  Mais  il  ressent 
profondément  la  «  destruction  de  la  maison  de  Bourgongne  »  et 
les  graves  conséquences  de  cette  «  divine  hateure.  » 


C  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

celle  de  la  République  romaine.  Il  faut  le  remarquer  pour- 
tant, la  valeur  historique  des  diverses  parties  de  se&Mémoires 
est  très  différente.  On  l'a  déjà  dit,  l'Introduction  n'est 
qu'une  fantaisie  généalogique,  dont  on  ne  peut  faire  usage, 
parce  qu'elle  égarerait  le  lecteur  ;  le  second  livre  renferme 
beaucoup  de  lacunes  et  d'erreurs  qu'il  faut  combler  ou  redres- 
ser. Olivier  n'en  a  évidemment  construit  que  le  squelette  et 
attendait  pour  le  compléter  une  heure  que  lui  a  ravie  la 
mort.  Mais  le  premier  livre  est  excellent,  sauf  quelques 
fautes  de  noms  et  de  dates,  et  il  mérite  l'éloge  qui  en  a  été 
fait,  parce  qu'il  est  écrit  par  un  témoin  oculaire  et,  quoique 
complaisant  parfois,  toujours  sincère  et  bien  informé.  Oli- 
vier y  a  moins  qu'ailleurs  besoin  d'être  contrôlé.  Il  y  a  fait 
une  œuvre  certainement  personnelle. 

Nous  négligeons  à  dessein  sa  langue,  non  qu'elle  soit 
incorrecte,  mais  parce  qu'elle  a  vieilli.  Historia,  quoque 
modo  scripta,  semper  legitur.  Un  siècle  a  le  droit  d'en 
juger  un  autre  ;  mais  le  seul  qui  ait  vraiment  compétence 
pour  se  prononcer  sur  la  langue  d'un  écrivain,  c'est  celui 
qui  l'a  parlée  et  dans  lequel  cet  écrivain  a  vécu.  Tous  les 
siècles  et  tous  les  pays  ont  leurs  langues  vivantes  et  toutes 
sont  également  bonnes.  Chacun  écrit  la  sienne  pour  soi- 
même  et  pour  ses  contemporains  :  il  ne  saurait  prétendre 
l'imposer  à  la  postérité.  Si  nous  devons  donc  nous  abstenir  de 
porter  un  jugement  sur  un  idiome  qui  n'était  pas  encore 
formé  à  l'époque  où  s'en  servait  Olivier,  nous  pouvons  du 
moins  signaler  en  lui  certaines  qualités  personnelles  du  style 
qui  n'ont  pas  d'âge  et  ne  devraient  pas  avoir  de  patrie  :  la 
limpidité,  la  mesure,  la  décence,  le  sentiment  et  l'élévation 
morale,  à  laquelle  se  mêle  une  vague  tristesse,  comme  s'il 
ne  pouvait  oublier  la  chute  sanglante  de  la  maison  qu'il 
servit  si  loyalement.  Chose  curieuse  !  ses  Mémoires  com- 
mencés vers  le  milieu  de  la  vie,  continués  et  achevés  à 
l'approche  de  la  caducité,  n'ont  rien  du  vieillard,  si  ce 
n'est  parfois  l'accent  mélancolique  ;  il  y  règne  le  plus  sou- 


NOTICE   BIOGRAPHIQUE.  Cj 

vent  un  accent  de  naïve  émotion  qui  sent  le  jeune  homme; 
sa  prose  est  plus  poétique  que  ses  vers.  Par  là,  il  est  à  la 
fois  plus  ancien  et  plus  moderne  que  Chastellain,  auquel  on 
l'a  quelquefois  comparé  :  plus  ancien,  parce  qu'il  a  plus  de 
candeur  et  de  touchante  bonhomie;  même  lorsqu'il  l'imite, 
il  est  plus  modéré  que  lui  et  n'exagère  pas  la  manière  du 
maître;  la  Renaissance  ne  l'a  point  effleuré  de  son  aile;  plus 
moderne,  parce  qu'il  a  plus  de  goût  et  est  moins  flamand 
que  lui,  parce  qu'il  franchit  d'un  bond  cette  époque  de  tran- 
sition où  l'on  prit  souvent  le  pédantisme  pour  la  science  et 
où  l'obscurité  fut  chez  quelques-uns  une  condition  du  succès 
dans  l'art  d'écrire.  Il  reste  vif,  aisé,  simple,  naturel  :  c'était 
naguère  et  ce  fut  presque  toujours  une  qualité  éminemment 
française. 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE 

SUR  LES  OUVRAGES 

D'OLIVIER   DE  LÀ  MARCHE 


Le  chevalier  bourguignon  a  laissé  des  œuvres  nombreuses 
dont  plusieurs  sont  inédites,  dont  quelques-unes  même  sont 
peut-être  encore  inconnues  et  gisent  enfouies  dans  les  biblio- 
thèques, sans  qu'on  les  ait  restituées  à  leur  véritable  auteur. 
Mais,  comme  on  l'a  vu  plus  haut,  elles  n'ont  pas  toutes  une 
valeur  égale. 

On  peut  les  diviser  en  trois  catégories  principales  :  les 
Mémoires  proprement  dits,  les  pièces  historiques  et  philoso- 
phiques en  prose  et  les  œuvres  poétiques,  quoiqu'elles  soient 
parfois  mélangées  de  prose. 

Nous  allons  les  passer  successivement  en  revue,  en  indi- 
quant les  principaux  manuscrits  et  spécialement  ceux  dont 
nous  avons  fait  usage  pour  cette  édition. 

A. 

MÉMOIRES. 

Ils  comprennent  trois  livres  ou  trois  parties.  Cette  divi- 
sion faite  par  La  Marche  a  été  respectée  par  tous  ses  éditeurs. 
Cependant,  Denis  Sauvage,  le  plus  ancien  d'entre  eux,  a 
donné  au  premier  livre  le  nom  à' Introduction,  afin  de  le 
distinguer  des  deux  autres  auxquels  il  sert  pour  ainsi  dire 
de  préface.  Dans  ce  livre,  on  effet,  l'écrivain  se  borne  à  résu- 


civ  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

mer  la  généalogie  et  l'histoire,  le  plus  souvent  fabuleuse  sous 
sa  plume,  des  ancêtres  de  Philippe  le  Beau,  archiduc  d'Au- 
triche, pour  lequel  il  l'a  composé  et  auquel  il  l'a  dédié.  Il  ne 
décrit  aucun  fait  particulier  dont  il  ait  été  personnellement 
témoin  en  dehors  de  ceux  qu'il  raconte  dans  les  parties  sui- 
vantes. Ce  sont  donc  moins  des  mémoires  originaux  qu'une 
compilation  historique,  mélangée  ça  et  là  de  digressions  et 
de  courtes  réflexions.  En  outre,  dans  l'ordre  chronologique 
de  la  rédaction,  ce  livre  n'a  pas  précédé  mais  suivi  les  autres, 
à  l'exception  des  derniers  chapitres,  terminés  en  juin  1501. 
Il  a  été  écrit,  soit  en  1488,  si,  comme  Olivier  le  prétend, 
Philippe  le  Beau  touchait  alors  à  sa  dixième  année,  soit  plu- 
tôt vers  1493,  si  son  rédacteur  avait  à  ce  moment  soixante- 
six  ans.  Les  Mémoires  proprement  dits,  au  contraire,  ont 
été  commencés  de  1472  à  1473,  moins  pour  instruire  ce  jeune 
prince  que  pour  délasser  leur  auteur  et  fixer  ses  souvenirs. 
Bien  que  La  Marche  n'ait  point  expressément  réservé  cette 
dénomination  aux  deux  dernières  parties,  nous  la  leur  avons 
donnée,  comme  l'avait  déjà  fait  Denis  Sauvage,  afin  de  mieux 
marquer  la  différence  de  rédaction  et  pour  la  plus  grande 
commodité  du  lecteur. 

On  connaît  dix  manuscrits  de  Y  Introduction  ou  des 
Mémoires. 

l°Ms.  delà  Bibl.  nat.  de  Paris  (ancien  8419),  n°  2868, 
fonds  franc.,  gr.  in-fol.  vélin.  Ecriture  fin  du  xve  siècle; 
enrichi  de  lettres  ornées  et  de  treize  miniatures  dont  les  trois 
premières  seules  sont  authentiques,  les  autres  ayant  été  exé- 
cutées au  xviie  siècle  sur  l'ordre  de  Petau ,  possesseur  du 
manuscrit,  qui  porte  sa  devise  :  Non  est  mortale  quod 
opto,  et  les  armes  :  au  1  et  4  d'azur  à  trois  roses  d'argent, 
au  chef  d'or  chargé  d'une  aigle  issante  et  éployée  de  sable  ; 
au  2  et  3  d'argent  à  la  croix  pattée  de  gueules.  Au  fol.  5  se 
trouve  une  jolie  enluminure,  peinte  en  1495,  et  représentant 
Olivier  de  la  Marche,  à  genoux,  offrant  son  œuvre  à  l'archi- 
duc Philippe  le  Beau. 


NOTICE    BIBLIOGRAPHIQUE.  CV 

Ce  ms.  qui  commence  par  ces  mots  :  «  Révérence,  hon- 
neur, oblacion,  »  etc.,  et  se  termine  par  ceux-ci  :  «  Ainsy 
fine  le  premier  volume  des  Mémoires  de  La  Marche,  dont  il 
vous  fait  humble  présent,  se  recommandant  à  vostre  noble 
grâce.  Tant  a  souffert  La  Marche,  »  est  très  beau  et  très 
intéressant,  mais  ne  contient  que  Y  Introduction.  C'est  celui 
dont  nous  avons  fait  usage  pour  cette  première  partie,  bien 
qu'il  ne  sorte  pas  de  la  main  du  chroniqueur  lui-même  et 
qu'il  soit  l'œuvre  d'un  scribe,  probablement  d'origine  fla- 
mande ou  picarde.  Nous  avons  adopté  le  texte  de  ce  ms.  de 
préférence  à  tout  autre,  en  ayant  soin  néanmoins  de  le  com- 
pléter à  l'aide  du  ms.  suivant,  parce  qu'il  est  évidemment  le 
plus  ancien  (sa  date  remonte  au  moins  à  1495)  et  que  son 
exécution  luxueuse,  en  harmonie  avec  la  qualité  de  la  per- 
sonne à  laquelle  il  devait  être  offert,  révèle  l'attention,  la 
vigilance  qui  ont  présidé  à  sa  confection.  Quoiqu'il  renferme 
certaines  lacunes  et  des  erreurs  de  copiste,  on  peut  vraisem- 
blablement supposer  qu'il  a  été  écrit  sous  les  auspices,  si 
ce  n'est  même  sous  la  dictée  de  La  Marche.  Nous  en  avons 
aussi  scrupuleusement  respecté  l'orthographe,  tout  en  y 
introduisant  une  ponctuation  nécessaire  à  l'intelligence  du 
texte. 

2°Ms.  de  la  Bibl.  nat.  (ancien  84192,  de  la  Mare  332), 
n°  2869,  fonds  français,  in-fol.  papier.  Écriture  du  com- 
mencement du  xvie  siècle.  Point  de  miniatures. 

Ce  ms.  contient  X Introduction  et  les  deux  autres  livres 
des  Mémoires .  Il  n'est  pas  non  plus  de  la  main  de  La  Marche  ; 
mais  c'est  une  copie  presque  contemporaine  et  faite  pour  un 
allié  de  sa  famille.  Denis  Sauvage,  qui  s'en  est  servi  pour 
son  édition  de  1562,  déclare  qu'il  a  tiré  cet  «  exemplaire 
escript  en  papier,  et  en  bonne  et  belle  lettre,  mais  sans  vraye 
ponctuation  à  la  mode  du  temps  passé,  »  delà  «  librairie  de 
la  noble  maison  de  la  Chaux,  en  la  comté  de  Bourgongne.  » 
Ainsi  que  l'indique  en  effet  une  note  placée  sur  la  garde,  ce 
ms.  est  sorti  «  du  château  de  Pérès  appartenant  h  M.  le  comte 


CVJ  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

de  Saint- Amour.  »  Qu'était-ce  que  la  maison  de  la  Chaux  ? 
L'oncle  maternel  d'Olivier,  Jacques  Bouton,  avait  épousé 
Antoinette  de  Salins-la-Tour,  fille  du  seigneur  de  Poupet, 
dont  certains  descendants  prirent  le  nom  de  seigneurs  de  la 
Chaux.  Celui  qui  le  porta  plus  particulièrement  fut  Charles 
de  Poupet,  chevalier,  seigneur  de  la  Chaux,  Crèvecœur, 
Roches,  Bayne  et  Malarcé,  chambellan  et  premier  somme- 
lier de  corps  du  roi  de  France  Charles  VIII,  puis  nommé 
chambellan  de  l'archiduc  Philippe  d'Autriche  en  15001, 
demeuré  en  la  même  qualité  au  service  de  Charles-Quint  et 
dont  le  fils  Jean,  aussi  gentilhomme  de  la  chambre  de  cet 
empereur,  posséda  longtemps  le  ms.  n°  2869.  Les  Poupet 
étaient  donc  proches  alliés  des  La  Marche 2,  et  l'on  ne  sau- 
rait s'étonner  qu'ils  aient  tenu  des  enfants  d'Olivier  une 
copie  de  ses  Mémoires,  revue  d'ailleurs  et  corrigée  selon  le 
vœu  que  celui-ci  exprime  dans  son  Introduction.  Avant  de 
passer  entre  les  mains  de  Guichenon,  dont  elle  porte  Y  ex 
libris,  et  de  Ph.  de  la  Mare,  elle  fut  communiquée  à  Denis 
Sauvage  qui  en  a  fait  usage  pour  la  première  édition  des 
Mémoires  donnée  à  Lyon,  «  par  Guillaume  Rouille3,  àl'escu 
de  Venise,  1562,  avec  privilège  du  Roy.  »  Mais  l'historio- 
graphe du  roi  très  chrétien  Henri  II  reconnaît  lui-même 
qu'il  a  été  souvent  forcé  «  d'ayder  à  s'expliquer  »  à  son 
auteur,  «  principalement  en  toute  sa  première  préface,  »  en 
d'autres  termes,  qu'il  a  beaucoup  altéré  le  texte  sous  pré- 
texte de  le  rendre  plus  clair4  ;  nous  avons  dû  en  conséquence 

1.  Archives  du  Nord,  B.  2171. 

2.  Antoine,  seigneur  de  la  Marche,  assista  en  1462  à  la  presta- 
tion de  serment  de  Jean  de  Poupet,  frère  du  seigneur  de  la  Chaux, 
comme  évêque  de  Ghalon.  (Perry,  Histoire  de  Chalon,  p.  289.) 

3.  C'est  Guillaume  Rouville,  dont  le  nom  a  été  imprimé  par 
erreur  Rouillé  pour  Rouille  ou  Roville  dans  la  note  t.  1,  p.  7. 
(V.  H.  Baudrier,  De  l'orthographe  du  nom  de  Guillaume  Rouville. 
Lyon,  1883.) 

4.  Toutes  les  éditions  postérieures  ont  reproduit  plus  nu  moins 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  Cvij 

scrupuleusement  rétablir  ce  texte  en  consultant  exclusive- 
ment le  ms.  n°  2869  pour  les  Mémoires  proprement  dits  et 
en  le  rapprochant,  pour  Y  Introduction,  du  ms.  n°  2868, 
moins  complet  sans  doute,  mais  plus  ancien  et  qui  donne, 
semble-t-il,  malgré  quelques  légères  lacunes,  la  rédaction 
primitive  de  l'auteur.  A  eux  deux,  bien  que  le  ms.  n°  2869 
laisse  fort  à  désirer  en  plusieurs  endroits  et  qu'il  appartienne 
à  une  époque  relativement  moderne,  ces  manuscrits  forment 
la  source  la  plus  authentique  que  nous  possédions  de  l'œuvre 
principale  de  La  Marche. 

On  peut  se  demander,  à  cette  occasion,  quel  a  été  le  sort 
de  la  minute  ou  de  l'original  des  Mémoires,  dont  le  ms. 
n°  2869  est  une  copie.  Un  curieux  incident,  rapporté  dans 
une  note  sous  le  ch.  xi  du  livre  II,  jette  une  faible  lueur 
sur  cette  question,  mais  malheureusement  sans  l'éclairer 
tout  à  fait.  Deux  ans  après  la  mort  d'Olivier,  en  1504, 
Charles  de  Lalaing,  informé  que  l'œuvre  de  notre  chroni- 
queur contenait  un  passage  offensant  pour  la  mémoire  de  son 
père,  Josse  de  Lalaing,  auquel  La  Marche  imputait  d'avoir, 
«  durant  les  mueteries  de  Gand,  plus  favorisé  aux  Ganthois 
que  à  monseigneur  Maximilian,  lors  archiduc  d'Austrice,  en 
la  détention  de  monseigneur  Philippe  d'Austrice,  »  se  plaignit 
à  ce  dernier  et  obtint  de  lui  un  ordre  enjoignant  à  Isabeau 
Machefoing  de  produire  le  texte  des  Mémoires  de  son  époux 
défunt.  Charles  de  Croy,  prince  de  Chimay,  Pierre  de  Lan- 
noy,  seigneur  de  Fresnoy,  et  Claude  de  Bonard,  premier 
écuyer  du  roi  de  Castille,  furent  chargés  de  «  visiter  »  le 
manuscrit  produit  par  la  veuve  de  La  Marche  et  de  statuer 

servilement  le  texte  donné  par  Denis  Sauvage,  avec  ses  correc- 
tions, parfois  justifiées,  et  ses  interpolations.  Celle  de  Lautens  ou 
Lautte  de  Gand,  publiée  en  1566  à  Gand,  chez  Gérard  de  Salen- 
sou,  a  cependant  quelques  très  légères  variantes,  qui  se  retrouvent 
dans  l'édition  de  Bruxelles  de  1616  et  dans  celle  de  Louvain,  chez 
de  Witte,  1645.  Petitot  a  donné  en  1820  le  texte  de  Denis  Sauvage, 
également  adopté  plus  tard  par  Buchon  et  Michaudet  Poujoulat. 


cviij  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

sur  la  réclamation  de  Charles  de  Lalaing.  Ce  tribunal  d'hon- 
neur fit  une  enquête  qui  fut  favorable  au  demandeur  et,  le 
22  janvier  1505  (n.  st.),  il  ordonna  la  suppression  des 
phrases  incriminées.  Il  prescrivit  en  outre,  «  de  par  le  roy . . . , 
à  tous  ceulx  qui,  de  présent  ou  de  tout  temps  advenir,  por- 
roient  avoir  l'original  ou  la  mynute  du  livre  dessusdit,  les 
facent  semblablement  trancher  et  mectre  hors,  comme  rai- 
son est.  »  Il  résulte  des  termes  de  cette  décision ,  rappor- 
tée tout  au  long  par  Molinet1,  que  la  veuve  d'Olivier  n'avait 
pas,  en  1504,  le  manuscrit  original  des  Mémoires,  mais 
une  simple  copie  et  que  le  ms.  2869  n'est  lui-même  qu'une 
copie  postérieure  au  22  janvier  1505,  puisqu'il  ne  renferme 
pas  le  passage  dont  la  suppression  fut  alors  ordonnée.  Des 
recherches  ultérieures  feront-elles  découvrir  la  «  mynute  » 
que  ne  put  produire  Isabeau  Machefoing?  Il  est  permis  d'en 
douter. 

Bien  que  cet  original  nous  ait  fait  défaut,  nous  avons  cru 
nous  en  rapprocher  autant  que  possible,  en  reproduisant  pour 
Y  Introduction  le  texte  du  ms.  n°  2868,  éclairé  par  une 
comparaison  avec  celui  du  ms.  n°  2869,  et,  pour  les  deux 
livres  des  Mémoires,  le  texte  de  ce  dernier.  Nous  avons 
pris  soin  d'indiquer  dans  les  notes  les  additions,  changements, 
corrections  ou  lacunes  de  l'édition  Sauvage  et  celles  qui 
l'ont  suivie,  au  moins  toutes  les  fois  qu'il  ne  s'agissait  pas 
d'un  mot  insignifiant  et  d'une  simple  différence  d'ortho- 
graphe. Si,  pour  le  traité  d'Arras  seulement,  nous  avons 
remplacé  le  texte  de  La  Marche  par  celui  de  l'un  des  instru- 


1.  Molinet,  Chroniques,  V,  240.  "V.  Brassart,  Histoire  et  généa- 
logie des  comtes  de  Lalaing,  et  Mémoires  sur  Valenciennes,  de  Goc- 
queau  (Archives  de  Belgique  à  Mons),  t.  II,  fol.  501.  M.  Stein  a 
publié  «  la  rédargution  que  fit  monsieur  Charles  de  Lalaing  contre 
le  livre  des  Mémoires  de  messire  Olivier  de  la  Marche,  »  d'après 
le  ms.  Histoire,  n°  70,  de  la  Collection  Moons-Van-der-Straelen-Van- 
Lerius,  qui  se  trouve  aux  Archives  d'Anvers.  Mais  ce  document 
existait  déjà  dans  Molinet. 


NOTICE    BIBLIOGRAPHIQUE.  C1X 

ments  officiels,  conservé  aux  Archives  de  la  Côte-d'Or,  nous 
avons  en  cela  déféré  au  désir  formellement  exprimé,  au  nom 
de  la  Société  de  l'histoire  de  France,  par  notre  commissaire 
responsable.  Tout  en  respectant  les  textes,  il  nous  a  paru 
cependant  convenable  de  substituer  le  v  à  Vu  et  le  j  à  Yi, 
conformément  à  l'usage  actuel.  Nous  avons  pris  une  liberté 
semblable  pour  la  ponctuation  et  l'emploi  des  majuscules. 
Quant  aux  notes  purement  historiques,  nous  avons  dû  les 
multiplier,  afin  de  rectifier  les  erreurs  chronologiques  com- 
mises par  le  chroniqueur,  et  cela  n'a  pas  été  la  moindre  par- 
tie de  notre  tâche.  La  vérité,  sur  quelque  sujet  que  ce  soit, 
tient  en  quelques  lignes.  Mais  on  ne  calculera  jamais  avec 
exactitude  ce  que  coûte  de  travail  le  redressement  d'une 
simple  erreur  de  date. 

3°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale,  n°  23232,  fonds  fr., 
papier.  Ecriture  du  xvf  siècle  ;  383  feuillets  de  280  millim. 
sur  197.  Provient  du -président  Bouhier. 

Il  est  intitulé  :  «  Cy  commence  le  premier  volume  des 
mémoires  de  messire  Olivier  de  la  Marche.  Révérence,  hon- 
neur, oblation,  etc.  »  Dans  sa  Bibliothèque  des  auteurs 
de  Bourgogne,  Papillon  lui  donne  pour  titre  :  Mémoires 
contenant  ce  qui  s'est  passé  à  la  cour  de  Philippe  le 
Bon,  de  Charles,  dernier  duc  de  Bourgogne,  et  de  la 
princesse  Marie ,  leur  fille ,  jusque  vers  la  fin  du 
XVe  siècle.  C'est  une  copie  du  ms.  n°  2869. 

4°  Ms.  de  la  Bibliothèque  de  la  ville  de  Valenciennes, 
n°  581.  Petit  in-fol.  sur  papier,  relié  en  veau;  écriture  cur- 
sive  gothique  à  longues  lignes  du  xve  siècle,  152  feuillets 
de  35  lignes  à  la  page  ;  initiales  rouges. 

Les  43  premiers  feuillets  de  ce  ms.  renferment  une  partie 
de  la  description  des  noces  de  Marguerite  d'York  avec 
Charles  le  Téméraire,  c'est-à-dire  du  ch.  iv  du  liv.  II  des 
Mémoires.  Ils  commencent  à  ces  mots  :  «  De  Sainct  Pol, 
Monsieur  de  Roussy.  »  Il  y  manque  un  feuillet  qui  s'inter- 
calait entre  le  cinquième  et  le  sixième. 


CX  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

On  y  trouve  également,  aux  feuillets  44-61 ,  le  récit,  sur 
lequel  nous  reviendrons  plus  loin  (B.  IV),  du  pas  d'armes 
tenu  à  Gand  par  Claude  de  Vaudrey,  seigneur  de  l'Aigle, 
en  1469  (v.  s.). 

Tel  qu'il  est,  ce  ms.  ne  donne  donc  qu'un  court  fragment 
des  Mémoires.  Il  n'offre  d'ailleurs  que  de  rares  et  légères 
variantes  de  mots  ou  d'orthographe  avec  le  texte  des  mss. 
précédents  et  semble  se  rattacher  à  la  famille  du  suivant. 

5°  Ms.  de  la  Bibliothèque  publique  de  la  ville  de  Lille, 
G.  A.  23  de  l'ancien  répertoire,  aujourd'hui  classé  sous  le 
n°329,  grand  in-fol.  non  paginé,  de  503  feuilles,  sur  papier. 
Ecriture  du  xvie  siècle.  Provenant  de  l'abbaye  bénédictine 
de  Notre-Dame  de  Loos. 

Ce  ms.  contient  Y  Introduction  et  les  deux  livres  des 
Mémoires.  Il  commence  par  ces  mots  :  «  Révérence,  hon- 
neur, oblacion  y  et  finit  par  ceux-ci  :  «  Je  fais  fin  de  mes 
volumes.  Tant  a  souffert  La  Marche,  »  c'est-à-dire  par  la 
dernière  phrase  du  treizième  chapitre  du  livre  I  de  l'édition 
de  1562  et  des  suivantes. 

Le  texte  de  ce  ms.  diffère  très  peu  de  celui  que  nous  don- 
nons ici.  Cependant  on  y  remarque  une  interversion  dans 
l'ordre  des  livres.  Ainsi  les  treize  premiers  chapitres  du 
livre  I  se  trouvent  placés  à  la  fin  du  volume.  Le  livre  II  com- 
mence au  chap.  xiv  de  l'édition  de  Denis  Sauvage  et  des 
postérieures.  L'Introduction  n'est  pas  divisée  par  cha- 
pitres, comme  dans  ces  éditions,  ou  même  comme  dans  le  ms. 
n°  2868,  mais  par  des  paragraphes  désignés  sous  ces  titres  : 
Histoire  ;  Grande  Histoire  ;  Petite  Histoire.  VÉtat  de 
la  maison  du  duc  Charles  ne  s'y  trouve  pas.  A  la  suite  des 
Mémoires  se  trouve  une  nomenclature  des  saints  person- 
nages de  la  maison  de  Bourgogne,  ainsi  terminée  :  «  Dudit 
Phelippe  descendit  Monsieur  le  duc  Jehan;  dudit  duc  Jehan, 
Phelippe;  dudit  Phelippe,  Charles  à  qui  Dieu  doint  victoire 
et  bonne  vie.  Mil  1111e  LXXVI.  Et  sic  est  finis.  Monsei- 
gneur, cecy  vous  présente  Jacobin  de  Tenuyerres,  vostre 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXJ 

serviteur.  »  Ce  fragment  n'appartient  donc  pas  à  La  Marche. 
6°  Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles,  n°  10999, 
in-fol.  de  418  feuillets  et  835  pages.  Petite  écriture  du  pre- 
mier quart  du  xvie  siècle.  Point  de  miniatures.  Provient  des 
jésuites  d'Anvers. 

Il  commence  par  ces  mots  de  Y  Introduction  :  «  Révé- 
rence, honneur,  oblacion,  »  et  finit  par  le  paragraphe  du 
dernier  chapitre  du  IIe  livre  des  Mémoires,  dont  les  pre- 
miers mots  sont  :  «  Et  peult-on  entendre  »  et  les  derniers  : 
«  Vertueux  prince.  »  Son  titre  est  :  De  rébus  burgundicis 
libri  très . 

Ce  manuscrit  donne  le  texte  complet  des  chroniques  de 
La  Marche,  mais  ne  s'éloigne  pas  de  celui  que  nous  fournit 
le  n°  2869,  dont  il  semble  être  une  copie.  Il  a  très  peu  de 
valeur. 

7°  Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles,  n°  5760, 
aliàs  5763,  petit  in-fol.,  d'une  écriture  de  la  fin  du 
xvif  siècle. 

Il  est  intitulé  :  Chronyk  van  Brabant  en  Vlaend  (603- 
1497),  ou  encore  :  «  Généalogie  et  descente  de  Philippe 
d'Austrice,  »  et  donne  la  généalogie  des  ducs  de  Bourgogne 
jusqu'à  Philippe  le  Bon.  Il  commence  ainsi  :  «  Le  bisayeul 
de  cestuy  Philippe.  »  C'est  un  fragment  de  Y  Introduction, 
modifié  et  accommodé  par  le  copiste,  qui  en  a  fait  disparaître 
l'interlocuteur  auquel  Olivier  s'adresse  à  la  deuxième  per- 
sonne du  pluriel.  Il  n'offre  aucun  intérêt. 

8°  Ms.  de  la  Bibliothèque  du  musée  Plantin ,  à  Anvers, 
n°  141.  Papier;  copie  du  xvie  siècle. 

9°  Ms.  de  la  Bibliothèque  de  sir  Thomas  Philipps,  en 
Angleterre,  n°  4291.  Nous  n'avons  pas  malheureusement 
de  renseignement  sur  ce  manuscrit. 

10°  Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  de  la  Haye,  n"  1344 
(fonds  Gérard,  A.  130). 

Dans  l'appendice  de  sa  Bibliothèque  prottjpographique , 
p.  317,  M.  Barrois  cite,  sous  le  n"  2242,  comme  provenant 


Cxij  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

de  la  librairie  des  ducs  de  Bourgogne  un  ms.  intitulé  : 
«  Ordonnance  du  banquet  que  fist  en  la  ville  de  Lille  Phi- 
lippe, duc  de  Bourgongne,  en  1453,  le  17  février,  avec  les 
vœux  des  seigneurs  de  Flandres,  d'Artois  et  de  Hainault,  la 
bulle  de  Pie  II  en  1463etuneépistre.  »  Petit  in-fol.  sur  vélin, 
d'environ  200  feuillets.  Dans  l'inventaire  de  la  librairie  de 
ces  ducs  «  qui  est  en  la  maison  à  Bruges,  »  circa  1467,  on 
trouve  aussi,  dit  Barrois,  ïbid. ,  p.  195,  la  mention  suivante  : 
«  Ung  autre  livre  en  parchemin ,  couvert  de  cuir  jaune, 
escript  tout  neuf,  intitulé  au  dos  :  le  banquet,  la  beulle  et  une 
espitre,  quemanchant  :  Pour  ce  que  grandes  et  honnourables 
euvres,  et  le  dernier  feuillet  :  Se  les  Turcs  sont  en  très  gros 
nombres.  »  Enfin,  M.  Van  Praet,  dans  ses  Recherches  sur 
Louis  de  Bruges  (notes,  p.  326,  n°  13),  cite  «  l'Ordon- 
nance du  Banquet,  ms.  in-4°,  original,  qui  se  trouve  dans 
la  Bibliothèque  du  Roi.  »  Ce  dernier  ms.  semble  être  celui 
qu'a  décrit  plus  haut  Barrois  comme  étant  un  petit  in-folio. 
Or,  dans  le  ms.  précité  de  la  Haye,  n°  1344,  qui  est  écrit 
de  sa  main,  M.  Gérard,  auteur  d'un  travail  sur  la  vie  et  les 
œuvres  de  La  Marche,  déclare,  dans  une  note  ajoutée  à  sa 
copie  faite  en  1786,  qu'il  a  extrait  «  les  vœux  »  d'un  ms. 
sur  vélin,  in-4°,  relié  en  maroquin  rouge,  qui  faisait  partie 
de  la  Bibliothèque  de  Bourgogne  à  Bruxelles  et  en  fut  enlevé 
après  la  prise  de  cette  ville  en  1746  par  les  Français  qui  le 
déposèrent  à  la  Bibliothèque  du  roi  à  Paris.  Restitué  depuis 
par  la  France,  il  fut  replacé  dans  celle  de  Bourgogne  le  7  juin 
1770;  mais  les  troupes  françaises  le  reprirent  de  nouveau, 
ajoute  M.  Gérard,  en  1795.  Qu'est  devenu  ce  ms.  dont  l'au- 
teur est,  d'après  toute  vraisemblance,  Olivier  delà  Marche? 
M.  de  Beaucourt,  dans  son  édition  de  Mathieu  d'Escouchy, 
t.  II,  p.  116,  note,  dit  qu'il  ne  connaît  à  la  Bibliothèque 
nationale  d'autre  relation  du  banquet  de  Lille  que  celle  du 
ms.  Baluze  103193  (Fr.  7539).  Quoi  qu'il  en  soit,  la  copie 
faite  par  M.  Gérard  subsiste  à  la  Haye  dans  le  ms.  n°  1344 
cité  plus  haut. 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  CX11] 

Tels  sont  les  seuls  manuscrits  actuellement  connus  des 
Mémoires  d'Olivier  de  la  Marche.  Il  est  probable,  il  est  cer- 
tain même  qu'il  en  a  existé  plusieurs  autres,  soit  complets, 
soit  par  fragments.  Dans  sa  Bibliothèque  protypogra- 
phique précitée,  p.  317,  Barrois  indique  comme  provenant 
de  la  librairie  des  ducs  de  Bourgogne  une  histoire  de  Bour- 
gogne, par  Olivier  de  la  Marche,  in-fol.  sur  papier.  Il  cite 
dans  le  même  ouvrage,  p.  190,  comme  figurant  dans  l'in- 
ventaire de  la  librairie  de  ces  ducs  à  Bruges,  circa  1467, 
«  ung  livre  en  papier  couvert  de  parchemin,  escript  a  deux 
coulompnes  et  au  dessus.  :  du  conte  de  Ponthieu,  du  roy 
Pépin,  etc.,  un  quayer  de  papier  non  atachiez  :  des 
armes  que  Monseigneur  Jacques  de  Lalaing  fist  emprez 
Chalon  en  Bourgongne.  »  Était-ce  un  extrait  des 
Mémoires1^  On  ne  saurait  le  dire.  Que  sont  devenus  tous 
ces  manuscrits?  Il  est  impossible  de  le  déterminer. 

Dans  sa  notice  sur  Olivier  de  la  Marche  {Nouvelle  Bio- 
graphie générale  de  Didot),  M.  Vallet  de  Viriville prétend 
que  le  ms.  delà  Bibl.  nat.  n°9597, 9,  4  (aujourd'hui n°  4907, 
fonds  franc.)  contient  des  mémoires  de  notre  chroniqueur, 
mais  il  a  commis  sur  ce  point  une  inexactitude.  Le  ms.  ainsi 
désigné  ne  renferme  que  des  fragments  des  Chroniques  de 
Mathieu  d'Escouchy  sur  la  guerre  de  Gand,  la  prise  de 
Secauebergue  et  celle  de  Poucques1. 

Les  Mémoires  d'Olivier  de  la  Marche  ont  été  imprimés  à 
plusieurs  reprises  : 

1°  Édition  de  Denis  Sauvage.  Lyon,  Guillaume  Ro ville, 
1562.In-fol.  dex-435-4p. 

2°  Édition  de  Jean  Lautens.  Gand,  Gérard  de  Salenson, 
1566  et  1567.  In-4°  de  xvi-645  p. 

3°  Bruxelles,  Hubert  Antoine,  1616.  Petit  in-8°  dexxvm- 
713  p. 

1.  V.  l'Introduction  à  la  Chronique  de  Mathieu  d'Escouchy, 
par  M.  le  marquis  de  Beaucourt,  p.  xun. 

h 


Cxiv  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

4°  Louvain,  Everaerdt  de  Witte,  1645.  In-4°  de  714  p. 

5°  Collection  universelle  des  Mémoires  particuliers 
relatifs  à  V Histoire  de  France,  t.  VIII  (xiv-422  p.)  et 
t.  IX  (les  359  premières  pages).  Londres  et  Paris,  1785. 
Réimpression  de  l'édition  de  Gand. 

6°  Collection  complète  des  Mémoires  relatifs  à  V His- 
toire de  France,  par  Petitot,  t.  IX  (478  p.),  t.  X  (566  p.). 
Paris,  Foucault,  1820. 

7o  Edition  Buchon,  dans  le  Panthéon  littéraire.  Paris, 
1837. 

8°  Nouvelle  collection  des  Mémoires  pour  servir  à 
V Histoire  de  France,  par  Michaud  et  Poujoulat,  l'e  série, 
t.  III,  p.  301-577.  Paris,  1837. 

B. 

Pièces  historiques  et  philosophiques. 

I.  Estât  de  la  maison  du  duc  Charles  de  Bourgogne, 
dit  le  Hardy. 

Cette  pièce  a  été  écrite  sur  la  demande  d'Edouard,  roi 
d'Angleterre,  qui  voulait  se  constituer  une  maison  semblable 
avant  d'opérer  sa  descente  en  France.  Elle  est  adressée  à 
Yavitailleur  de  Calais  et  datée  du  siège  de  Neuss,  en 
novembre  1474.  Mais  cette  date  ne  paraît  être  que  celle  de 
sa  transcription  ou  de  son  envoi.  En  effet,  Olivier  y  indique 
la  composition  du  conseil  de  justice  ducal  tel  qu'il  existait 
en  1471,  d'après  Wielant1,  et  ne  fait  aucune  allusion  à  l'ins- 
titution du  parlement  de  Malines,  établi  par  l'édit  de  Thion- 
ville  en  14732.  D'autre  part,  il  y  tient  compte  des  modiflca- 

1.  Antiquités  de  Flandre,  dans  le  Corpus  chron.  Flandrie,  t.  IV, 
p.  135. 

2.  V.  Placards  de  Brabant,  4e  part.,  p.  32t. 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXV 

tions  apportées  à  la  composition  des  compagnies  d'ordonnance 
et  de  leur  division  en  escadres  par  l'ordonnance  de  1473 
rendue  à  Trêves1.  On  peut  donc  fixer  entre  cette  ordonnance 
et  l'édit  de  Thionville  la  date  de  la  première  rédaction  de 
Y  État  de  la  maison. 

1°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  n°  5365, 
fonds  français,  papier,  52  feuillets.  Belle  écriture  de  la  fin  du 
xve  ou  plutôt  du  commencement  du  xvie  siècle. 

A  la  suite  de  ce  ms.  se  trouve  une  petite  chronique  étran- 
gère aux  œuvres  d'Olivier  de  la  Marche,  et  dont  la  présence 
indique  qu'il  s'agit  ici  d'une  copie  faite  en  dehors  de  celui-ci 
et  après  lui.  Dans  l'appendice  de  sa  Bibliothèque  protypo- 
graphique, p.  317,  Barrois  cite  comme  provenant  de  la 
librairie  des  ducs  de  Bourgogne  un  ms.  de  Y  Etat  de  la 
maison.  Mais  il  ne  s'agit  pas  sans  doute  du  n°  5365,  qui  est 
plus  récent. 

En  tout  cas,  cette  copie  est  bonne  ;  elle  a  été  faite  avec 
soin,  et  nous  y  avons  plus  d'une  fois  recouru  pour  cette 
édition. 

2°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  n°  18689, 
fonds  français  (n°  1570  du  fonds  Saint-Germain),  papier. 
Ecriture  du  xvf  siècle,  91  feuillets  de  276  millim.  sur  208  ; 
reliure  en  bois,  recouverte  de  cuir,  du  temps.  Il  a  appartenu 
à  Jacqueline  de  Créquy  et  à  L.-A.  Tort,  de  Salins. 

Il  commence  au  fol.  1  par  ces  mots  :  «  En  accomplissant 
à  vostre  requeste,  etc.  » 

Au  fol.  76  se  trouve  le  débat  de  Cuidier  et  de  Fortune. 

3°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  fonds  fran- 
çais, n°  5413.  Copie  du  xvr  siècle,  papier. 

4°  Ms.  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  n°  3392 
(X.  D.  50-Cat.  hist.,  263),  papier.  Écriture  de  la  fin 
du  xve  siècle  ou  du  commencement  du  xvf,  lettres  rouges 

1.  Guillaume,  Histoire  de  l'organisation  militaire  des  ducs  de 
Bourgogne. 


CXVJ  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

ornées;  reliure  en   bois   recouverte   en   cuir.    In -4°  de 
287  feuillets. 

Il  commence  également  par  ces  mots  :  «  En  accomplissant 
à  vostre  requeste,  etc.,  »  et  finit  au  fol.  63  par  ceux-ci  : 
«  Le  bien  vostre  Olivier  de  la  Marche,  chevalier,  conseiller 
et  maistre  d'ostel  de  monseigneur  le  duc  de  Bourgongne, 
capitaine  de  sa  garde  et  son  bailly  d'Amont  ou  conté  de  Bour- 
gongne. Tant  a  souffert  La  Marche.  » 

Ce  ms.,  très  correct,  a  été  collationné  avec  le  ms.  de  la 
Haye,  n°  62,  pour  l'édition  actuelle. 

5°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  3360  (X.  D.  58-Cat. 
hist. ,  280),  papier.  Ecriture  du  commencement  du  xvie  siècle, 
lettres  rouges  ornées  ;  reliure  en  cuir.  In-4°. 

A  la  suite  de  Y  Avis  des  gratis  officiers  que  doit  avoir 
ung  Roy  et  de  leur  pouvoir  et  entreprise,  placé  en  tête 
de  ce  ms.,  se  trouve  Y  État  de  la  maison,  qui  commence  et 
finit  comme  ci-dessus. 

Bonne  copie,  vraisemblablement  revue  par  Olivier  de  la 
Marche.  Nous  l'avons  consultée  avec  soin  pour  l'édition 
actuelle. 

6°  Ms.  de  la  Bibliothèque  de  la  ville  de  Douai,  anc.  G.  511 , 
D.  848,  aujourd'hui  n°  903.  Petit  in-fol.  papier,  relié  en 
veau,  de  90  feuillets,  mesurant  290  mill.  sur  200;  écriture 
gothique  mixte  de  22  lignes  longues  à  la  page,  piquées  et 
tracées  à  la  mine  de  plomb,  de  la  fin  du  xve  ou  du  commen- 
cement du  xvie  siècle;  majuscules  gothiques  rouges  qui  ne 
sont  pas  remarquables  au  point  de  vue  calligraphique  ;  point 
de  ratures,  mais  quelques  fautes  de  copiste  ;  la  disposition  de 
la  signature,  placée  dans  le  corps  du  texte,  et  les  caractères 
très  ordinaires  de  l'écriture  indiquent  non  seulement  qu'ils 
ne  sont  point  de  la  main  de  La  Marche,  contrairement  à 
l'opinion  de  l'auteur  d'un  article  inséré  dans  les  Archives 
du  Nord,  nouv.  sér.,  II,  114,  mais  qu'il  n'a  pas  été  écrit 
pour  un  prince  de  la  maison  de  Bourgogne.  Provient  des 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXvij 

capucins  de  Douai,  à  qui  il  a  été  donné  au  xvif  siècle  par 
Antoine  Le  Francq. 

Il  commence  par  ces  mots  :  «  En  accomplissant  à  vostre 
requeste,  Monsieur  l'avitailleur  de  Caloys,  »  et  finit  par 
ceux-ci  :  «  Capitaine  de  sa  garde  et  son  bailly  d'Amont  ou 
conté  de  Bourgoigne.  » 

Les  éditeurs  précédents  n'ont  pas  fait  usage  de  ce  ms. ,  dont 
ils  ne  reproduisent  ni  le  commencement  ni  la  fin.  Mais,  sauf 
ces  deux  paragraphes  omis  et  quelques  erreurs  d'orthographe 
ou  de  mots  mal  lus  par  le  copiste,  il  ne  donne  aucune  variante 
importante  avec  les  éditions  imprimées.  Papillon1  semble 
toutefois  l'avoir  connu,  mais  par  ouï-dire  seulement,  car  il 
fait  un  ouvrage  séparé  d'une  pièce  qu'il  intitule  :  Discours 
dressé  à  M.  l'avitailleur  de  Calais  des  états,  affaires, 
police  et  revenu  annuel  des  deux  derniers  ducs  de 
Bourgogne. 

7°  Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  de  la  Haye,  T.  29 
(Gérard,  B.  n°62),  in-4°  de  47  feuillets,  papier.  Écriture 
du  commencement  du  xvf  siècle.  On  lit  en  tête  :  Ex  Gérard2, 
B.  n°  62.  Pas  de  miniatures  ni  de  lettres  ornées. 

Ce  ms.,  très  correct,  qui  se  rapproche  beaucoup  de  celui 
de  la  Bibliothèque  nationale  n°  5365,  mais  qui  est  plus  com- 
plet, est  celui  que  reproduit  l'édition  actuelle,  bien  qu'il  soit 
l'œuvre  d'un  copiste.  Il  contient,  avec  plus  d'exactitude, 
toutes  les  matières  du  ms.  précité  de  Douai,  et  c'est  le  motif 
qui  nous  l'a  fait  préférer.  On  l'a  souvent  regardé  comme 
l'original  ;  mais  il  paraît  plus  vraisemblablement  copié  sur 
celui-ci,  qui  a  disparu. 

8°Ms.  delà  Bibliothèque  royale  de  Bourgogne  à  Bruxelles, 
n°  10443,  petit  in-fol.;  jolie  écriture  du  xvi°  siècle.  Pas  de 
miniatures.  Copie  passable. 


1.  Bibliothèque  des  auteurs  de  Bourgogne. 

2.  Georges-Joseph  Gérard,  premier  secrétaire  de  l'Académie 
de  Bruxelles,  mort  en  1814. 


CXviij  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

Ce  ms.,  enlevé  aux  archives  de  la  secrétairerie  d'État  et 
de  guerre  de  Bruxelles  lors  de  l'invasion  française  en  1746, 
fut  restitué  plus  tard  avec  les  mss.  pris  à  la  Bibliothèque  de 
Bourgogne.  Il  commence,  comme  les  deux  précédents,  par 
ces  mots  :  «  En  accomplissant  à  vostre  requeste,  »  et  n'en 
diffère  pas  sensiblement. 

9°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Madrid,  estante 
Aa-54,  in-fol.  papier;  écrit  en  lettres  claires  du  second  tiers  du 
xvie  siècle,  compris  dans  un  volume  couvert  en  parchemin, 
contenant  plusieurs  autres  pièces  de  Pedro  Chacon,  et  pro- 
venant de  la  bibliothèque  de  Saint-Vincent  des  RR.  FF.  Prê- 
cheurs de  la  ville  de  Plaisance,  à  qui  il  avait  été  transmis 
par  les  héritiers  de  D.  Pedro  Carvajal,  évêque  de  Goria,  qui 
le  tenait  lui-même  de  D.  Garcia  de  Loaysa,  archevêque  de 
Tolède. 

Ce  ms.  renferme  une  traduction  espagnole  de  Y  État  de  la 
ynaison  sous  le  titre  de  :  El  estado  de  la  casa  del  Duque 
Carlos  de  Borgona,  y  or  don  de  la  guerra  puesio  todo 
por  escripto  por  Oliver  os  de  la  Marcha,  cavallero,  con- 
sejero  y  mayordomo  del  dicho  Duque,  capitan  de  su 
guarda  y  balyo  de  Amont  enel  condado  de  Borgona, 
trasladado  de  francés  en  vulgar  castellano.  Il  commence 
au  fol.  113  par  ces  mots  :  «  Ay  en  su  capilla  quaranta  perso- 
nas,  »  et  finit  au  fol.  175  par  ceux-ci  :  «  En  la  casa  de 
Borgona  viene  à  montar  cada  ano  dos  millones.  »  Cette 
traduction  est  donc  moins  complète  que  les  manuscrits  pré- 
cédents. 

10°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Madrid,  E-35, 
in-fol.  papier,  de  96  pages,  couvert  en  parchemin,  de  la  fin 
du  xvf  siècle. 

Traduction  espagnole  de  Y  État  de  la  maison,  commen- 
çant, fol.  1,  par  :  «  En  su  capilla  tiene  el  Duque  quarenta 
personas,  »  et  finissant,  fol.  46,  par  :  «  En  Alemana  en  el 
mes  de  noviembre  de  mill  y  quatrocientos  y  setenta  y  qua- 
tro.  »  Aux  fol.  48-96  se  trouve  une  Relaçion  de  la  forma 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  cxix 

de  servir  que  se  ténia  en  la  casa  del  Emperador  Don 
Carlos  nuestro  senorque  ayr  gloria  el  ano  de  1545,  de 
Juan  Sigoney,  qui  était,  en  1573,  contrôleur  de  la  maison 
de  Charles-Quint.  Cette  relation  débute  par  la  traduction  de 
l'envoi  à  l'avitailleur  de  Calais. 

11°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Madrid,  Q-229, 
in-4°,  en  lettres  variées  du  xvne  siècle,  contenant,  fol.  1-28, 
une  traduction  espagnole  de  Y  État  de  la  maison  qui  com- 
mence par  :  «  E  cumplido  vuestra  demanda  y  He  hecho  en 
brève  todo  to  que  he  podido  del  estato  y  casa  del  duque 
Charles  de  Borgona  my  Soberano  Sr,  »  et  finit  par  :  «  Los 
conductores  de  las  dhàs  ordenanzas.  » 

12°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  E-179,  in-4°,  renfermant 
une  traduction  espagnole  du  même  Etat,  «  escrita  en  el 
ano  1647.  » 

13°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  Dd-8,  in-fol.  papier,  de 
85  pages,  relié  en  parchemin,  avec  dédicace  autographe  du 
P.  Burriel,  de  la  Compagnie  de  Jésus,  à  Tolède,  le  8  mars 
1755,  contenant  El  estado  de  la  casa  del  Duque  Carlos 
de  Borgona,  etc.,  avec  «  Anadidas  dos  relaciones  de  la 
casa  del  Emperador  Dn  Carlos  V,  y  del  Rey  Dn  Phelipe 
Segundo.  » 

14°  Ms.  de  la  Bibliothèque  d'Oxford,  Bodléienne,  Douce 
n°  181  ;  copie  du  xvie  siècle  sur  parchemin,  in-fol.  de  58  feuil- 
lets. Provient  de  Lalaing. 

15°  Ms.  de  l'université  de  Groningue,  Lb,  section  de  l'His- 
toire de  France.  Ecriture  de  la  fin  du  xve  siècle,  in-4°  papier, 
comprenant  onze  cahiers  de  8  feuillets.  Porte  la  signature 
autographe  de  G.  Alting,  bourgmestre  de  Groningue  en 
1619.  En  tête,  on  lit,  au  verso  de  la  feuille  de  garde  :  Liber 
academicus  ex  donatione  v.  cl.  Joachimi  Altingii  cons. 
anno  1619,  martii.  C'est  une  traduction  flamande  ano- 
nyme de  Y  État  de  la  maison.  Dédiée  à  Daniel  de  Milan, 
elle  a  été  imprimée,  sous  le  titre  latin  de  Rationarum  aulœ 
Caroli  audacis  analecta,  dans  le  1. 1  de  la  collection  d'An- 


CXX  NOTICE    BIBLIOGRAPHIQUE. 

tonius  Mattheus,  intitulée  Veteris  œvi  analecta,  Leyde, 
1698,  10  vol.  in-8°,  et  édit.  de  la  Haye,  1738. 

V Estât  de  la  maison  du  duc  Charles  fut,  comme  on  le 
voit,  fréquemment  copié  et  traduit,  ce  qui  indique  le  prix 
qu'on  y  attachait,  car  il  ne  fut  imprimé  pour  la  première  fois 
qu'en  1616,  à  Bruxelles,  chez  Hubert  Antoine,  1  vol.  in-4°. 
Réimprimé  depuis  dans  presque  toutes  les  éditions  des 
Mémoires,  il  a  eu  également,  comme  nous  le  disons  ci- 
dessus,  les  honneurs  d'une  traduction  flamande. 

D'après  Moréri,  cet  opuscule  serait  suivi  d'un  autre  inti- 
tulé :  Enterrement  des  ducs  de  Bourgogne  et  cérémo- 
nies d'un  baptême.  On  ignore  où  ce  biographe  a  pu  puiser 
un  semblable  renseignement  que  démentent  les  manuscrits 
connus. 

II.  Atns  des  grands  officiers  que  doit  avoir  un  roi  et 
de  leur  pouvoir  et  entreprise,  avec  dédicace  au  roi  des 
Romains  Maximilien  d 'Autriche. 

C'est  une  lettre  d'envoi  de  Y  État  de  la  maison  du  duc 
Charles  à  Maximilien  datée  de  Bruxelles,  10  juin  1500. 
Nous  la  donnons  dans  cette  édition  pour  la  première  fois. 

Ms.  précité  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  n°  3360 
(X.  D.  G.  8-Cat.  hist.,  280,  et  Jur.  Civ.,  197).  Ce  ms. 
est  une  copie  faite  peut-être  sous  les  yeux  de  La  Marche,  car 
il  y  a  des  mots  soulignés  après  coup  et  qui  se  rapportent  à  sa 
personne.  L'État  de  la  maison  suitl'  Avis  dans  ce  manuscrit. 

III.  Historia  nuptiarum  Caroli  ducis  Burgundiœ  ou 
Traictié  des  nopces  de  monseigneur  le  duc  de  Bour- 
goigne  et  de  Brabant,  relation  des  fêtes  du  mariage  de 
Charles  le  Téméraire  avec  Marguerite  d'York ,  écrite  en  1 468 . 

Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Turin  (G1 21;  Manus- 
cript.  g  allie,  codex  XXI,  L,  V,  I),  papier.  Écriture  du 
xve  siècle,  in-4°. 

Imprimé  dans  les  Mémoires  de  la  Commission  des  anti- 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXJ 

quités  de  la  Cote-d'Or,  t.  IX,  p.  311-353,  par  MM.  Aug. 
Dufour  et  Fr.  Rabut,  avec  tirage  à  part. 

Cems.,  évidemment  contemporain  d'Olivier  de  la  Marche, 
contient  plusieurs  pièces  de  sa  composition  en  prose  et  en 
vers.  Au  fol.  131  commence  cette  relation,  déjà  signalée  par 
M.  Paul  Lacroix1,  et  qui  se  termine  au  fol.  158.  On  suppose 
qu'elle  a  été  envoyée  par  notre  chroniqueur  à  la  cour  de 
Savoie  peu  après  le  mariage  de  son  maître,  au  moment  où  il 
adressait  un  récit  des  mêmes  cérémonies  à  son  collègue  et 
ami  Gilles  du  Mas,  maître  d'hôtel  du  duc  de  Bretagne,  récit 
qu'il  a  inséré  in  extenso  dans  ses  mémoires.  Cependant,  les 
corrections  faites  par  une  autre  main  que  celle  du  transcrip- 
teur  du  texte  pourraient  démentir  cette  opinion,  car  il  semble 
un  peu  surprenant  qu'Olivier  ait  envoyé  au  duc  de  Savoie  un 
ms.  raturé.  Quoiqu'elles  ne  diffèrent  qu'en  un  petit  nombre 
de  passages,  les  deux  descriptions  se  complètent  l'une  par 
l'autre.  Le  ms.  de  Turin  renferme  notamment  sur  l'arrivée 
de  la  flottille  anglaise  au  port  de  l'Ecluse,  sur  ses  passagers 
et  sa  réception  à  Dam,  sur  les  choses  requises  du  chevalier 
de  l'Arbre  d'or,  sur  les  costumes,  les  meubles,  les  harnais, 
les  incidents  de  la  température,  sur  les  «  louables  histoires  » 
qui  paraient  les  rues  de  Bruges,  et  le  rôle  particulier  du  sei- 
gneur de  la  Marche  une  foule  de  détails  qui  ne  se  rencontrent 
pas  dans  les  Mémoires.  Sa  narration  est,  en  un  mot,  plus 
minutieuse  et  plus  personnelle. 

IV.  Traicté  d'un  tournoy  tenu  à  Gand  par  Claude 
de  Vauldray,  seigneur  de  Laigle,  Van  1469  (v.  st.).  Cet 
ouvrage  a  été  écrit  probablement  en  1470  et  adressé  à  Phi- 
lippe, comte  de  Bresse. 

1°  Ms.  de  la  bibliothèque  publique  de  Valenciennes,  n°  601 , 
in-fol.  sur  papier.  Ecriture  cursive  gothique  à  longues  lignes 
du  xvie  siècle,  avec  figures  coloriées  et  nombreux  blasons. 

1.  Mélanges  historiques,  t.  III,  supplément,  p.  322,  dans  la  Col- 
lection des  documents  inédits  sur  l'histoire  de  France. 


CXXJj  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

Au  fol.  168  de  ce  ras.  intitulé  :  Diverses  joustes  et  tour- 
nois, fêtes  et  rois  de  l'épinette,  se  trouve  ce  traité  ou  plu- 
tôt cette  description  qui  se  termine  par  la  devise  connue  de 
notre  chroniqueur  :  tant  a  souffert  La  Marche.  On  estime 
que  le  ms.  lui-même  est  de  la  main  de  Jacques  Le  Boucq, 
peintre  et  généalogiste,  héraut  de  la  Toison  d'or  sous 
Charles-Quint,  mort  le  2  mai  1573  et  enterré  à  Valen- 
ciennes,  dont  sa  famille  était  originaire1. 

2°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  581,  petit-in-fol., 
papier,  de  la  fin  du  xve  siècle,  fol.  44-61 ,  intitulé  Recueil  de 
pièces  diverses.  Le  texte  donné  dans  ce  ms.  paraît 
médiocre2. 

3°  Ms.  du  xvie  siècle,  sur  papier,  aujourd'hui  entre  les 
mains  de  M.  Van  Trigt,  libraire  à  Bruxelles,  et  provenant 
de  la  bibliothèque  d'un  bibliophile  lyonnais,  M.  J.  Renard, 
qui  l'avait  acheté  à  la  vente  H.  D.  M.  (Paris,  Potier,  1867). 
Il  portait  le  n°  1477  dans  le  catalogue  de  la  vente  des  livres 
de  M.  Renard  (Labitte,  1881). 

Le  Tournoy  de  Claude  de  Vauldray  a  été  publié  par 
M.  B.  Prost  en  1872  d'après  les  deux  manuscrits  de  Valen- 
ciennes. 

V.  Espitre  pour  tenir  et  célébrer  la  noble  feste  du 
Thoison  d'or. 

Cette  épître,  écrite  par  Olivier  de  la  Marche  en  décembre 
1500  ou  janvier  1501,  à  l'âge  de  soixante-treize  ans,  est 
l'une  de  ses  dernières  œuvres,  et,  à  ce  seul  titre,  nous  a  paru 
devoir  être  reproduite,  sans  tenir,  d'ailleurs,  compte  des 
détails  curieux  qu'elle  renferme  sur  le  cérémonial  usité  pour 
les  fêtes  et  les  chapitres  de  l'ordre  de  la  Toison  d'or.  Il 

1.  Mangoard,  Catalogue  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  de 
Valenciennes,  p.  595. 

2.  Dans  ce  manuscrit  se  trouvent  plusieurs  pièces  inédites  de 
Michault  Taillevent,  secrétaire  du  comte  de  Gharolais  et  poète 
bien  connu. 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXllj 

l'adressa  à  Philippe  le  Beau ,  auquel  ses  Mémoires  sont  aussi 
dédiés. 

On  n'en  connaît  que  trois  manuscrits,  dont  aucun  n'est 
l'original,  mais  seulement  une  copie  faite  au  xvie  siècle.  Le 
texte  authentique  paraît  avoir  été  déposé  dans  les  archives 
de  l'ordre  et  fut  annoté  par  Laurent  du  Blioud,  seigneur  du 
Sart,  chevalier,  secrétaire  et  greffier  de  l'ordre  de  la  Toison 
d'or,  qui  a  rédigé  la  «  forme  de  l'indiction  et  insinuation  du 
chapitre  du  très  insigne  ordre  du  Thoison  d'or,  de  la  célébra- 
tion d'icelluy  et  des  sollempnitez  et  cérimonies  y  requises, 
prinse  et  extraicte  des  statutz  dudit  ordre,  de  diverses  ins- 
tructions, mémoires  et  ordonnances,  et  des  registres  des 
chapitres,  actes  et  cérimonies  d'iceulx.  »  Ce  travail  de  com- 
pilation, accompli  sur  l'ordre  de  Charles-Quint  à  la  suite  du 
chapitre  tenu  à  Tournay  en  décembre  1531,  fut  communi- 
qué à  «  vénérable  messire  Philippe  Nigri,  docteur  es  droiz, 
grand  archidiacre  de  Thérouanne  et  doyen  de  Saiiit- 
Rombault,  à  Malines,  chancellier,  à  messire  Jehan  Micault, 
seigneur  et  maire  de  Lalouet,  aussi  chevalier,  trésorier, 
et  à  Thomas  Ysacq,  dict  Thoison  d'or,  roy  d'armes  dudict 
ordre.  » 

L'épître  d'Olivier  de  la  Marche  figure  :  1°  au  fol.  77  d'un 
manuscrit  n°  5046,  fonds  français,  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale (ancien  Colbert,  3083),  dans  lequel  se  trouvent  rassem- 
blés divers  documents  sur  la  Toison  d'or;  2°  dans  le  ms. 
Renard  ou  Van  Trigt,  précédemment  cité  à  propos  du  Tour- 
noi/ de  Claude  de  Vauldray.  Elle  est,  comme  on  l'a  dit, 
du  xvie  siècle  et  occupe  dans  le  volume  les  feuillets  90  à  106  ; 
3°  enfin,  une  troisième  copie,  du  même  siècle,  mais  soignée, 
sur  papier  in-fol.,  est  conservée  à  la  Bibliothèque  de  la  ville 
de  Besançon,  mss.  Chiflet,  n°  108,  fol.  51-67,  sous  le  titre 
de  «  Advis  de  messire  Olivier  de  la  Marche,  premier  maistre 
d'hostel  de  l'archiduc  Philippe,  pour  tenir  et  célébrer  la  feste 
de  la  Thoyson  d'or.  » 

Pontus  Heuterus  a  traité  cette  épître  d'impertinente  et  de 


CXxiv  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

prolixe1;  critique  vivement  relevée  par  J.  Weiss  dans  sa 
Dissertation  sur  V ordre  de  la  Toison  d'or,  publiée  en 
1730  à  Wittemberg. 

M.  Prost  a  édité  ce  travail  d'après  le  ms.  de  la  Biblio- 
thèque nationale. 

VI.  Les  gages  de  bataille. 

On  connaît  plusieurs  manuscrits  de  ce  traité  écrit  vers 
1494  et  qui  a  été  imprimé  pour  la  première  fois  à  Paris,  en 
1586,  chez  Jean  Richer,  in-8°,  sous  le  titre  de  :  «  Traitez  et 
advis  de  quelques  gentilshommes  françois  sur  les  duels  et 
gages  de  bataille,  assavoir  de  messire  Olivier  de  la  Marche, 
de  messire  Jean  de  Villiers,  s.  de  l'Isle-Adam,  de  messire 
Hardouin  de  la  Jaille,  et  autres  escripts  sur  le  mesme  sujet 
non  encore  imprimés.  » 

La  même  année,  le  même  éditeur  a  publié  séparément 
l'œuvre  de  La  Marche. 

Jean  de  Villiers,  maréchal  de  l'Isle-Adam,  chevalier  de  la 
Toison  d'or,  aïeul  de  l'illustre  grand-maître  de  Malte,  avait 
composé,  sur  l'ordre  de  Philippe  le  Bon,  un  «  formulaire  du 
gaige  de  bataille.  »  A  son  exemple,  Olivier  de  la  Marche 
écrivit  un  formulaire  semblable,  sur  l'invitation  de  Philippe 
le  Beau,  ou  plutôt  il  «  réforma  »  celui  de  Jean  de  Villiers  et 
l'intercala  dans  son  œuvre.  Il  indique  lui-même,  dans  le 
cours  de  celle-ci,  l'époque  à  laquelle  il  l'entreprit.  Ce  fut 
après  avoir  «  achevé,  dit-il,  plusieurs  volumes,  grans  et 
petis,  et  nouvellement  le  Chevalier  délibéré,  le  Parement 
des  dames,  et  ce  que  j'ai  escrit  pour  tenir  forme  et  ordre  à 
la  feste  de  la  Toison  d'or,  et  le  premier  volume  de  mes 
Mémoires,  moy  qui  ay  demeuré  en  ceste  noble  cour  (de 
Bourgoigne)  plus  de  soixante  ans.  » 

Les  manuscrits  de  ce  travail  sont  les  suivants  : 

1°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale,  n°  1436,  fonds  fran- 

1.  Rerum  burgundicarum,  liv.  IV. 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXV 

çais  (ancien  75283,  Cangé  71),  vélin  et  papier;  miniatures 
coloriées.  Ecriture  du  xvie  siècle;  texte  médiocre. 

Au  fol.  140  commencent  les  Gages  de  bataille  par  ces 
mots  :  «  Mon  très  redoubté  seigneur,  par  la  grâce  de  Dieu, 
archeduc  d'Austrice,  »  et  ils  se  terminent  par  ceux-ci  :  «  De 
ce  gentil  chevallier  le  seigneur  de  l'Isle-Adam  »  (fol.  153). 

2°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  5518,  fonds  français 
(ancien  9910),  papier.  Écriture  du  commencement  du 
xve  siècle,  provenant  de  du  Bouchet;  assez  bon  texte. 

Des  fol.  1  à  28  se  trouve  «  le  livre  de  l'advis  de  gaige  de 
bataille,  »  commençant  par  ces  mots  :  «  Mon  très  redoubté 
et  souverain  seigneur  Philippe.  » 

3°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale,  fonds  Duchesne,  n°  49 
(ancien  6912  A.  B.  E.),  in-fol.,  papier,  de  548  feuillets,  du 
milieu  du  xvne  siècle.  Copie  assez  exacte  mêlée  à  des  extraits 
de  chroniques,  de  cartulaires,  etc.,  et  à  des  pièces  historiques. 

4°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  fonds  Brienne,  n°  272, 
in-fol.,  papier,  de  468  feuillets,  du  milieu  du  xvne  siècle, 
intitulé  :  «  Cérémonies  anciennes  observées  aux  gages 
de  batailles,  »  etc.  Texte  peu  important. 

5°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  fonds  français,  n°  16752, 
in-fol.,  papier,  sans  pagination  après  le  feuillet  145,  de  la 
seconde  moitié  du  xvne  siècle.  Copie  du  précédent. 

6°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  fonds  français,  n°  194 
(ancien  68532,  Baluze  27),  in-fol.,  papier,  de  575  feuillets, 
de  la  fin  du  xvne  siècle.  Egalement  copie  de  celui  qui  est  ci- 
dessus  décrit  sous  le  n°  4. 

7°  Ms.  de  la  Bibliothèque  d'Angers,  n°  972,  petit  in-4°, 
papier,  de  36  feuillets,  de  la  fin  du  xve  siècle.  Le  texte  de  ce 
ms.  est  correct  et  a  servi  à  l'édition  donnée  en  1872  par 
M.  Bernard  Prost  sous  le  nom  de  Traités  du  duel  judi- 
ciaire. Il  est  contemporain  d'Olivier  de  la  Marche.  Son 
auteur  a  confondu  l'œuvre  de  ce  dernier  avec  le  Livre  du 
seigneur  de  l'Isle-Adam  pour  gaige  de  bataille. 

8°  Ms.  de  la  Bibliothèque  de  la  ville  de  Rouen,  n°  1152 


CXXVJ  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

(ancien  E.  102).  Écriture  de  la  fin  du  xve  siècle.  In-4°  sur 
parchemin,  14  feuillets.  Provient  des  capucins  de  Mortagne. 

9°  Ms.  du  British  Muséum,  n°  5217,  copie  du  xvie  siècle, 
in-4°  sur  parchemin,  35  feuillets1. 

10°  Ms.  de  la  Bibliothèque  publique  de  Besançon,  ms.  Chi- 
flet,  n°  96,  fol.  118-148.  Copie  soignée  des  premières  années 
du  xvie  siècle,  papier,  in-4°,  avec  titres,  lettrines  et  bouts  de 
lignes  en  vermillon,  majuscules  mouchetées  à  la  gomme- 
gutte.  La  signature  latine  de  Jean-Jacques  Chiflet  est  en  haut 
ainsi  qu'en  bas  de  la  première  page. 

Un  ms.  de  la  bibliothèque  de  l'Arsenal,  à  Paris,  n°  4379, 
contient  «  les  cérémonies  et  ordonnances  appartenant  à  gage 
de  bataille  fait  pour  querelle,  etc.  »  Un  autre  ms.  de  la  Biblio- 
thèque nationale,  n°  2257,  fonds  français,  est  intitulé  «  les 
ordonnances  des  faitz  qui  s'appartiennent  à  ung  gage  de 
bataille,  faittes  par  la  haulte  prudence  du  bon  roy  Philippe 
de  France.  »  Enfin,  dans  un  ms.  du  xve  siècle  appartenant 
au  comte  de  Ribaucourt,  en -Belgique,  en  1841,  et  décrit  par 
M.  Gachard  dans  les  Comptes-rendus  des  séances  de  la 
commission  roijale  de  V histoire  de  Belgique,  1842, 
p.  371,  se  trouve  au  fol.  96  «  la  manière  de  gage  de  bataille 
selon  la  coutume  générale  de  France.  »  Mais  ces  ouvrages" 
ne  doivent  pas  être  confondus  avec  celui  d'Olivier  de  la 
Marche. 

VIL  «  Lettre  d'Olivier  de  la  Marche  à  monsr  le  comte 
de  Nevers  et  de  Retellois...  Bruselle,  le  vne  d'octobre.  » 

Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale,  n°  2901,  fonds  français 
(ancien  8440),  papier,  xve  siècle. 

Cette  lettre  se  trouve  au  fol.  17  de  ce  ms.,  intitulé  : 
Recueil  de  lettres  et  de  pièces  originales,  et  de  copies 
de  pièces. 

Publiée  dans  la  présente  édition  ;  par  M.  Stein,  p.  168,  et 

1.  V.  Bibl.  Harleianss  Cat.  libror.  ms.,  t.  III,  p.  252. 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXvij 

antérieurement  dans  la  Collection  des  documents  inédits, 
t.  II,  p.  395. 

VIII.  Lettre  d'Olivier  de  la  Marche  sur  la  reddition  de 
Beaurevoir,  du  5  novembre  1572,  et  datée  de  Beaurevoir. 

Extraite  des  archives  cantonales  de  Neufchàtel,  en  Suisse, 
C.  16,  n°  1.  M.  H.  Stein  l'a  publiée  dans  son  Étude  pré- 
citée, p.  203. 

IX.  Autre  lettre  d'Olivier  de  la  Marche  aux  gens  de  la 
chambre  des  comptes  relativement  au  contrôle  de  la  dépense 
de  l'hôtel  de  Charles  le  Téméraire,  duc  de  Bourgogne.  Datée 
de  Bruxelles,  le  8  janvier  1478. 

Extraite  des  archives  du  Nord,  B.  2117.  M.  H.  Stein  en 
a  également  donné  le  texte  dans  Y  Étude  précitée,  p.  184. 

X.  Petit  mémorial  sur  la  feste  de  la  Thoison  d'or 
solemnisée  à  Bois-le-Luc  en  1481. 

Cette  pièce  n'est  connue  que  par  un  seul  manuscrit,  déjà 
cité ,  celui  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Turin  (G1  21  ; 
Manuscript.  gall.  codex.,  XXI,  L,  V,  I).  Elle  appartient 
vraisemblablement  à  notre  chroniqueur,  mais  il  serait  témé- 
raire de  l'affirmer  avec  une  entière  certitude.  Imprimée  pour 
la  première  fois  dans  la  présente  édition. 

XI.  Advis  au  roy  Maœimilien  premier  touchant  la 
manière  qu'on  se  doibt  comporter  à  V occasion  de  rup- 
ture avec  la  France.  — Cette  pièce,  rédigée  en  1491,  a  été 
publiée  ;  mais  on  ne  connaît  qu'un  seul  exemplaire  de  l'édi- 
tion imprimée  en  1635  à  Bruxelles,  chez  la  veuve  d'Antoine 
Velpius,  et  qui  existe  à  la  Bibliothèque  royale  de  cette  ville. 

M.  H.  Stein  l'a  donnée  dans  son  Étude,  p.  232. 

Plusieurs  autres  ouvrages  ou  opuscules  ont  été  attribués  à 
Olivier  de  la  Marche.  Mais  ou  ils  sont  perdus,  c'est-à-dire 
non  encore  retrouvés,  ou  leur  attribution  à  notre  auteur  est 
erronée.  En  voici  la  liste  : 

Le  livre  des  conseils  économiques  ; 


CXXviij  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

Le  livre  des  conseils  polémiques  ; 

Vart  de  faire  diverses  machines  de  guerre; 

Le  livre  des  conseils  touchant  les  usages  et  manières 
de  la  cour. 

Ces  ouvrages  sont  attribués  par  Papillon  {Bibliothèque 
des  auteurs  de  Bourgogne)  à  Olivier  de  la  Marche,  et  les 
manuscrits  en  avaient  été,  selon  ce  bibliographe  et  le 
P.  Lelong,  possédés  au  xvme  siècle  par  M.  de  Lampinet, 
conseiller  au  parlement  de  Besançon.  Mais  on  ignore  ce  qu'ils 
sont  devenus. 

De  arte  heraldica. 

Le  P.  Andrès-Marcos  Burriel,  de  la  Compagnie  de  Jésus, 
indique  sous  ce  titre  un  traité  inédit  de  La  Marche  dans  sa 
dédicace,  adressée  au  duc  d'Albe  le  8  mars  1755,  de  la  tra- 
duction espagnole  de  YÉtat  de  la  maison  de  Charles  le 
Téméraire.  On  ne  sait  ce  qu'est  devenu  ce  traité  qui  rentrait 
si  bien  dans  le  goût  d'Olivier.  Plusieurs  écrivains  ont  répété 
que  celui-ci  avait  composé  uft  livre  sur  le  blason  ;  mais  aucun 
d'eux  n'a  indiqué  la  source  d'où  sortait  ce  renseignement. 

Faut-il  confondre  avec  le  traité  De  arte  heraldica  les 
Enseignements  pour  officiers  et  clercs  poursuivans  le 
noble  office  d'armes,  ms.  in-4°,  du  xvf  siècle,  sur  papier, 
de  228  feuillets,  provenant  de  Lisbonne  et  appartenant 
aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris  sous  le 
n°  4381  des  Mss.  nouv.  acq.  franc.?  Ce  titre  est  également 
celui  d'un  autre  ms.  in-4°  de  6  feuillets,  du  xvf  siècle,  qui 
existe  à  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles,  sér.  II,  521. 
Mais,  si  ces  deux  manuscrits  sont  attribués  par  les  catalogues 
ou  des  notes  marginales  à  notre  chroniqueur,  dont  la  devise 
est  même  rappelée  par  le  second,  ils  ne  contiennent,  en  réa- 
lité, que  des  extraits  de  documents  chevaleresques  ou  héral- 
diques étrangers  à  La  Marche. 

Dans  sa  Bibliothèque  française,  v°  Olivier  de  la 
Marche,  p.  932,  Du  Verdier  cite  comme  venant  de  lui,  et 
écrite  vers  1490,  une  Sommaire  description  de  la  taille, 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  CXX1X 

mœurs,  complexion,  piété  et  faits  mémorables  des  deux 
derniers  ducs  de  Bourgogne.  Il  n'y  a  pas  d'apparence  que 
cette  pièce,  dont  le  titre  est  d'ailleurs  mal  rapporté,  provienne 
de  la  plume  d'Olivier. 

Gérard  cite  également  comme  rédigé  par  lui  un  Recueil 
des  ordonnances  de  la  cour  ducale  de  Bourgogne.  Mais 
il  n'indique  aucun  manuscrit  qui  permette  de  vérifier  cette 
attribution. 

Nicéron  donne  aussi  mal  à  propos  à  Olivier  de  la  Marche 
la  Source  d'honneur  pour  maintenir  la  corporelle  élé- 
gance des  dames  en  vigueur  fleurissant  et  pris  inesti- 
mable, avec  une  belle  epistre  d'une  noble  dame  à  son 
seigneur  et  amy,  nouvellement  imprimée,  Lyon,  en  la 
boutique  de  Romain  Morin,  1531,  petit  in-8°  goth.  Cette 
œuvre  n'est  pas  du  chroniqueur  bourguignon,  pas  plus  que 
Les  nobles  prouesses  et  vaillances  de  Galien  Restauré, 
fils  de  noble  Olivier  de  la  Marche  et  de  la  belle  Jacque- 
line, fille  du  roi  Hugon,  empereur  de  Constantinople, 
Lyon,  1625,  in-fol. ,  que  Papillon  croit  également  lui  appar- 
tenir. C'est  un  roman  de  chevalerie,  dont  Papillon  a  mal  lu 
le  titre,  qui  porte  dans  l'édition  de  Troyes,  s.  d.,  le  nom 
d'Olivier  le  Marquis. 

Enfin,  dans  sa  Bibliothèque  protypographique,  Bar- 
rois  indique  comme  sortie  de  la  plume  d'Olivier  de  la  Marche 
une  Vie  de  Philippe  le  Bon  qui,  selon  lui,  serait  déposée 
aux  archives  du  ministère  des  affaires  étrangères ,  où  elle 
n'existe  pas,  et  qu'il  a  probablement  confondue  avec  une 
œuvre  de  Chastellain.  On  a  également  placé  sous  le  nom  de 
notre  auteur  la  Controversie  de  noblesse,  tenson  rhéto- 
rical  d'après  Surse  de  Pistoye,  qui  appartient  à  Jean 
Mielot,  son  compatriote,  et  a  été  publiée  à  Bruges  en  1475. 
Ce  fragment  se  trouve  dans  un  ms.  de  la  bibliothèque  du 
musée  Plantin,  à  Anvers,  n°  50.  Nous  reviendrons  d'ailleurs 
plus  loin,  quand  nous  étudierons  les  poésies  d'Olivier,  sur  les 
fausses  attributions  dont  il  a  été  l'objet. 

i 


CXXX  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 


Œuvres  poétiques. 


Les  œuvres  poétiques  d'Olivier  de  la  Marche  sont  nom- 
breuses, et  l'on  ne  peut  se  flatter  d'en  donner  ici  l'énuméra- 
tion  complète,  car  plusieurs  d'entre  elles,  déjà  connues,  sont 
peut-être  encore  attribuées  à  d'autres  auteurs. 

I.  Le  Chevalier  délibéré,  poème  de  248  octaves  achevé 
à  la  fin  d'avril  1483. 

Dans  cet  ouvrage,  auquel  La  Croix  du  Maine1  veut  bien 
reconnaître  «  quelque  invention  et  des  descriptions  assez  bien 
frappées,  »  Olivier  de  la  Marche  raconte,  sous  une  forme 
romanesque  et  allégorique,  la  vie  et  la  mort  de  Charles  le 
Téméraire.  Il  y  décrit  les  voyages  et  les  aventures  merveil- 
leuses d'un  chevalier  errant  qui  parcourt  la  terre,  armé  de 
toutes  pièces,  et  se  mesure,  en  diverses  rencontres,  avec  des 
adversaires  qui  sont  autant  de  personnages  moraux,  tels  que 
Débile  ou  Mort  naturelle,  par  opposition  à  messire  Acci- 
dent. L'ermite  Entendement  s'entretient  avec  le  chevalier 
que  Désir  veut  arrêter,  mais  que  Souvenir  fait  passer 
outre.  Vingt-huit  stances  sont  consacrées  au  portrait  ou  à 
l'éloge  d'autant  de  personnages  historiques  contemporains  ; 
la  plus  belle,  au  moins  la  plus  mélancolique ,  est  celle  qui 
raconte  la  fin  du  dernier  duc  de  Bourgogne  de  la  maison  de 
Valois. 

Ce  poème,  que  Papillon  appelle  le  Chevalier  déterminé, 
et  qui  a  été  mal  à  propos  attribué  à  Georges  Chastellain,  a 
été  fort  goûté  parles  contemporains,  ainsi  que  l'attestent  les 
nombreuses  copies  et  éditions  imprimées  au  xve  siècle  que  l'on 
en  possède.  François  Ier  en  avait  un  exemplaire  dans  sa 
bibliothèque.  Voici  les  manuscrits  connus  : 

1.  Bibliotlièque  française,  t.  II,  p.  210. 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXXJ 

1°  Commençons  par  citer  la  description  du  plus  important, 
telle  qu'elle  est  donnée  dans  le  Catalogue  des  livres  de  feu 
M.  le  duc  de  la  V allier e,  publié  par  G.  de  Bure,  Paris, 
1783,  t.  II,  p.  289  :  «  Cy  commence  le  traictié  appelé  le 
Chevalier  délibéré,  in-fol.  m.  r.  —  Superbe  ms.  sur  vélin 
très  blanc,  de  la  fin  du  xve  siècle,  contenant  47  feuillets.  Il 
est  écrit  en  ancienne  bâtarde,  à  longues  lignes,  et  enrichi  de 
douze  très  belles  miniatures,  dont  les  plus  grandes  portent 
5  pouces  3  lignes  de  hauteur  sur  4  pouces  de  largeur,  et  les 
plus  petites  4  pouces  de  largeur  sur  3  pouces  de  hauteur.  Ce 
beau  ms.  provient  de  la  vente  de  M.  Gaignat,  où  il  a  coûté 
270  liv.  »  Il  avait  certainement  appartenu  aux  héritiers  de 
Charles  le  Téméraire,  car  il  est  cité  par  Barrois,  dans  l'ap- 
pendice de  sa  Bibliothèque  protypographique ,  p.  317, 
comme  provenant  de  la  librairie  de  Bourgogne,  sous  cette 
désignation  :  «  Le  Chevalier  délibéré,  1483,  bâtarde,  47  feuil- 
lets in-fol.  sur  vélin  avec  douze  miniatures.  »  Il  est  mainte- 
nant au  fonds  La  Vallière,  n°  74,  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale, n°  24373  fonds  franc. 

2°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale,  n°2361,  fonds  franc, 
(ancien  8048),  papier,  xve  siècle.  Bonne  copie,  65  feuillets. 

Il  commence  par  ces  mots  : 

Ainsi  qu'à  l'arrière  saison 

Tant  de  mes  jours  que  de  l'année. 

et  finit  par  ceux-ci  : 

De  ceulx  à  qui  il  est  offert 
Par  celluy  qui  tant  a  souffert. 

3°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  1634,  suppl.  franc., 
n°  15099  actuel.  Parchemin,  écriture  du  xve  siècle,  63  feuil- 
lets de  200  millim.  sur  145.  En  tête,  une  miniature  assez 
grossière  représentant  Olivier  de  la  Marche,  sous  la  figure 
d'un  homme  debout,  couvert  d'une  armure,  tenant  de  la 
main  droite  une  hallebarde  et  de  la  gauche  un  livre,  avec 
une  inscription  qui  le  désigne  comme  «  serviteur  et  premier 
maistre  d'ostel  du  duc  Charles  de  Bourgongne.  »  Ce  ms. 


CXXXIJ  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

a  appartenu  à  Jean-Armand  de  Mauvillain  et  ensuite  aux 
Récollets  de  Paris. 
Il  commence  par  : 

Ainsy  qu'à  l'arrière  saison 

Tant  de  mes  jours  que  de  l'année. 

4°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  1606,  fonds  franc, 
(anc.  76223-5-,  Colbert2820),  papier,  xve  siècle.  Texte  assez 
bon,  mais  incomplet. 

Ce  ms.,  qui  renferme  plusieurs  autres  poésies  d'Olivier  de 
la  Marche,  contient  le  Chevalier  délibéré,  commençant 
par  ces  mots  :  «  En  cette  histoire,  »  et  finissant  : 

De  ceulx  à  qui  il  est  offert 
Par  celluy  qui  tant  a  souffert. 

5°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  9597F-F-,  De  la  Mare, 
353  (aujourd'hui,  n°4907  du  fonds  franc.),  in-fol.  sur  papier. 
Ecriture  cursive  de  la  fin  du  xve  siècle,  titres  des  chapitres  en 
rouge,  lettres  ornées. 

Il  renferme  en  trois  feuillets  un  fragment  du  Chevalier 
délibéré. 

6°  Ms.  de  la  Bibliothèque  de  l'Arsenal,  à  Paris,  n°  5117; 
copie  du  xve  siècle,  sur  parchemin,  ornée  de  miniatures,  dont 
l'une  (fol.  53)  représente  l'auteur  couché.  Ce  ms.  est  aujour- 
d'hui en  assez  mauvais  état.  Le  texte  en  est  incomplet.  Plu- 
sieurs strophes  en  ont  été  ajoutées  après  coup  et  copiées  sur 
l'édition  gothique  de  Michel  Le  Noir. 

7°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Turin  {Manus- 
cript.  gallic.  codex  XXI,  L.  V.  I;  G1  21),  déjà  cité, 
67  feuillets.  Bon  texte. 

8°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  cod.  I.  e.  IIP,  62  feuil- 
lets, papier,  in-fol.  Copie  fin  du  xve  siècle. 

9°  Ms.  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  n°  2654. 
Copie  du  xvr  siècle,  in-4°,  75  feuillets. 

10°  Ms.  de  la  Bibliothèque  Ashburnham,  n°  478,  papier, 
231  fol.  Ecriture  du  xve  siècle  ;  nombreuses  miniatures  et 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXXlij 

bordures  coloriées.  Les  armes  de  Lalaing  s'y  trouvent  en 
deux  endroits,  ainsi  que  le  nom  de  La  Marche.  Les  titres 
des  chapitres  sont  écrits  par  Marie  de  Luxembourg.  Il  porte 
aussi  les  armes  de  Berlaymont. 

Ce  ms.,  qui  provient  du  fonds  Barrois,  et  que  M.  Léo- 
pold  Delisle  suppose  avoir  été  en  1829  entre  les  mains  de 
M.  le  comte  d'Hauterive,  contient,  aux  fol.  17-78,  le  Che- 
valier délibéré  avec  le  Pas  de  la  mort  et  le  Roman  du 
bien  avisé  et  du  mal  avisé.  Le  premier  poème  y  com- 
mence ainsi  : 

Ainsi  qu'en  l'arrière  saison 

Tant  de  mes  jours  que  de  l'année, 

Départir  hors  de  ma  maison 

Par  une  soudaine  occoision. 

11°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Madrid,  M-184, 
in-4°,  couvert  en  parchemin;  6  pages  préliminaires,  101  de 
texte  et  une  à  la  fin;  dessins  à  la  plume.  Écriture  du 
xvf  siècle. 

Il  renferme  une  traduction  espagnole  du  Chevalier  déli- 
béré, sous  le  titre  :  El  cavalier o  determinado,  traduzido 
de  lengua  francesa  en  castellana  por  Don  Hernando 
de  Acuna  y  dirigido  al  Emperador  Don  Carlos  V 
maximo,  rey  de  Espana  nro  senor. 

Ce  ms.  a  servi  à  l'impression  des  éditions  de  cette  traduc- 
tion, données  à  Barcelone  en  1565  et  à  Anvers  en  1591. 
Sur  les  marges  sont  placées  quelques  instructions  pour  l'im- 
primeur, qui  paraissent  de  la  main  de  H.  de  Acuna1. 

1.  Deux  éditions  de  cette  traduction  avaient  été  déjà  données 
à  Anvers  par  dom  Hernando  de  Acuna  chez  Juan  Steelsio,  en 
1553  et  1555,  in-8°,  avec  figures.  Elles  ont  été  réimprimées  en 
1591  à  l'imprimerie  plantinienne.  Peut-être  le  manuscrit  indiqué 
plus  haut  y  a-t-il  également  servi.  V.  sur  ces  éditions  espagnoles 
Brunet,  Manuel  du  libraire,  t.  III,  p.  782.  L'une  d'elles,  celle  de 
1555,  figurait  dans  la  bibliothèque  de  M.  Ambroise-Firmin  Didot, 
n°  358  de  son  catalogue  Théologie,  jurisprudence,  etc. 


CXXXiv  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

12°  Ms.  de  la  Bibliothèque  d'Oxford,  Bodléienne,  Douce 
n°  168.  Copie  du  xvne  siècle  sur  papier,  in-fol.,  79  feuillets. 

13°  Ms.  de  la  Bibliothèque  d'Edimbourg,  Advocates 
library,  no  19.  1.  8.  Texte  sur  parchemin  de  la  fin  du 
xve  siècle. 

14°  Ms.  de  la  Bibliothèque  de  la  ville  de  Chalon-sur- 
Saône,  n°  123.  Sans  valeur;  copie  de  1873. 

Dans  son  travail  Sur  quelques  anciens  poètes  et  sur 
quelques  romans  gaulois  peu  connus,  inséré  au  t.  II  des 
Mémoires  de  V Académie  des  inscriptions  et  belles- 
lettres,  p.  728,  M.  Galland  cite  aussi  un  ms.  du  Chevalier 
délibéré,  sur  papier,  avec  miniatures  «  qui  ne  sont  pas 
fort  exquises,  »  et  qui  appartenait  à  M.  Foucault.  Qu'est-il 
devenu  ? 

Les  éditions  du  Chevalier  délibéré  imprimées  au 
xve  siècle  ne  sont  pas  moins  nombreuses.  On  peut  citer  la 
première,  imprimée  à  Schiedam,  en  Hollande,  1483,  in-4°; 
celle  d'Antoine  Vérard,  «  le  8e  jour  d'aoust  1488,  sur  le 
pont  Nostre-Dame,  à  l'image  Saint-Jehan  l'Evangéliste,  » 
in-4°  goth.;  celle  de  Michel  Le  Noir,  de  1489,  citée  par  plu- 
sieurs bibliographes,  mais  aujourd'hui  perdue  ou  douteuse, 
d'après  Brunet;  celle  de  Jehan  Lambert,  1493,  in-4o  goth. 
de  49  ff.;  celle  de  Michel  Le  Noir,  in-4°  goth.  de  20  fi0.; 
celle  de  Paris,  1495,  in-4°,  avec  gravures  sur  bois;  une 
autre  donnée  à  Schiedam,  vers  1500,  petit  in-fol.  de  31  fi".; 
une  autre  faite  à  Anvers,  à  la  même  époque,  in-fol.  goth. 
de  33  ff.;  deux  éditions  données  à  Lyon  par  Martin  Havard, 
petit  in-4°  goth.;  celle  de  Jehan  Trepperel,  à  Paris,  19  sep- 
tembre 1500,  in-4°  goth.  de  42  ff.,  avec  figures  sur  bois l. 

IL  La  Vie  de  Philippe  le  Hardy,  poème  en  73  qua- 
trains, dont  le  titre  est  inexact,  car  il  renferme  plutôt  une 
généalogie  et  un  récit  des  prouesses  des  ducs  de  Bourgogne 

1.  V.  du  reste  le  Manuel  de  Brunet,  t.  III,  p.  779,  qui  s'est 
trompé  sur  la  première  édition  de  1 183,  et  M.  Stein. 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXXV 

qu'une  biographie  particulière  du  chef  de  la  seconde  race 
ducale. 

M.  Stein  l'a  publié  d'après  le  seul  manuscrit  connu,  qui 
appartient  à  la  Bibliothèque  de  Turin,  G1  21,  déjà  cité, 
fol.  125-130. 

III.  Le  Parement  et  triumphe  des  dames.  Cette  pièce 
a  été  imprimée  par  Jehan  Petit,  Paris,  1510,  in-8°  goth.  de 
77  ff.,  avec  les  annotations  de  Pierre  Desrey  ;  sur  le  dernier 
feuillet,  se  trouve  la  marque  de  Michel  Le  Noir;  par  Michel 
Le  Noir,  1520;  par  la  veuve  de  Jehan  Trepperel,  Paris, 
sans  date,  petit  in-8°  goth.;  par  ou  pour  Olivier  Arnoullet, 
Lyon,  sans  date,  mais  avant  la  précédente  édition,  in-16 
goth.  de  80  ff. 

Elle  est,  dans  toutes  ces  éditions,  l'œuvre  non  de  La 
Marche,  mais  celle  de  Pierre  Desrey,  de  Troyes,  un  arran- 
geur de  mauvais  goût,  qui  a  profondément  remanié  et  altéré 
le  poème  d'Olivier  en  y  ajoutant  des  passages  tirés  de  l'Écri- 
ture sainte. 

Réimprimée  à  Lille  en  1870. 

Cependant,  Olivier  de  la  Marche  a  composé,  vers  1493 
ou  1494,  à  l'imitation  de  Rodriguez  de  la  Chambre1,  une 
pièce  du  même  nom,  dont  le  texte  primitif  se  trouve  dans  le 
ms.  franc.  n°  25431  de  la  Bibliothèque  nationale,  et  diffère 
beaucoup  du  travail  de  Desrey.  Cette  pièce  mériterait  d'être 
publiée  dans  son  état  original,  surtout  au  point  de  vue 
archéologique,  car  elle  contient  la  description  d'une  foule 
d'ornements  empruntés  à  la  toilette  des  femmes.  On  y  ren- 
contre aussi  une  curieuse  aventure  arrivée  au  seigneur  de 
Varembon  et  un  trait  intéressant  de  la  vie  de  sainte  Wan- 
dru,  fondatrice  du  chapitre  de  Mons.  Enfin,  c'est  dans  cet 
ouvrage  que  se  trouve,  comme  on  l'a  dit  plus  haut,  le  char- 

1.  V.  La  Serna-Santander,  Mémoires  sur  la  bibliothèque  de  Bour- 
gogne, p.  17  ;  Richter,  Die  franzosische  Lilteratur  am  Hofe  der 
Hcrzoge  von  Burgund,  1882,  p.  44. 


CXXXVj  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

mant  épisode  de  Griselidis1.  Olivier  y  imite  visiblement 
René  d'Anjou,  surtout  dans  le  début  qui  se  rapproche  beau- 
coup du  Livre  du  cuer  d'amour  espris 2. 

Dans  les  éditions  imprimées,  le  Parement  des  dames 
comprend  vingt -six  chapitres  ou  moralités,  dont  chacun 
compte  plusieurs  strophes  de  huit  vers.  Il  eut  un  grand  suc- 
cès et  se  répandit  dans  les  palais  et  les  châteaux.  Margue- 
rite d'Autriche  en  possédait  un  exemplaire  manuscrit  et  la 
reine  Marie  de  Hongrie,  sœur  de  Charles-Quint,  régente  des 
Pays-Bas,  l'avait  placé  dans  sa  «  librairie  »  privée. 

Voici  l'indication  de  plusieurs  manuscrits  connus  de  cette 
pièce  : 

1°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale,  n°  1705,  fonds  franc, 
(ancien  76783,  Cangé  66),  vélin,  vignette,  lettres  ornées; 
56  feuillets,  269  mill.  sur  190.  De  la  fin  du  xve  ou  du  com- 
mencement du  xvf  siècle. 

Il  commence  ainsi  : 

L'aultrier,  passant  une  nuit  de  décembre, 

et  finit  par  : 

Puisque  ainsi  est,  je  me  rens  et  adonne 
A  la  Vierge  qui  les  péchez  pardonne. 

2°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  25431  (fonds  La  Val- 
lière,  n°  128).  C'est  le  seul  bon  manuscrit  connu  qui  con- 
tienne l'œuvre  originale  d'Olivier,  avant  les  altérations  de 
Desrey.  Dans  le  Catalogue  des  livres  de  feu  M.  le  duc 
de  la  Vallière,  publié  par  G.  de  Bure,  Paris,  1783,  t.  III, 
p.  291,  ce  ms.  est  ainsi  décrit  :  «  N°  2866.  Le  Parement 

1.  V.  le  ms.  de  la  Bibl.  nat.,  n°  2201  fonds  franc,  (ancien  7999), 
vélin,  du  xve  siècle,  qui  contient  au  fol.  m  :  «  l'istoire  de  Grisi- 
lidis,  marquise  de  Saluées,  »  et  le  ms.  n°  2203  (ancien  79993, 
Gange  74),  qui  la  donne  également  sous  la  date  de  1393. 

2.  On  peut  rapprocher  du  Parement  des  dames  le  Miroir  des 
dames  et  damoiselles,  qui  se  trouve  dans  le  ms.  n°  6813  de  la  Bibl. 
nat.  (ancien  238),  petit  poème  en  quatrains  du  xve  siècle. 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXXvij 

des  dames,  savoir  :  les  pantouffles,  les  souliers,  etc.,  in-4°, 
v.  b.  Beau  ms.  sur  vélin  du  commencement  du  xve  siècle 
(lisez  xvie),  contenant  35  feuillets  écrits  en  ancienne  ronde 
bâtarde,  à  longues  lignes.  Il  est  enrichi  de  tourneures 
peintes  en  couleur,  rehaussées  d'or,  et  de  25  jolies  minia- 
tures qui  ont  trois  pouces  et  demi  de  longueur,  sur  deux 
pouces  de  hauteur.  La  première  est  de  moitié  la  plus  grande.  » 

3°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  1706  (ancien  7679), 
vélin,  lettres  ornées,  xvie  siècle.  Même  commencement  et 
même  fin  que  le  n°  1705.  48  feuillets  de  292  millim.  sur  220. 

4°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  1848,  fonds  franc, 
(ancien  7869),  vélin,  miniatures,  lettres  ornées,  xvie  siècle. 
Même  commencement  et  même  fin  que  le  n°  1705. 

5°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  2376,  fonds  franc, 
(ancien  8061),  papier.  xvie  siècle,  36  feuillets  de  212  mil- 
lim. sur  149. 

Il  commence  par  : 

Le  jour  passant,  une  nuyt  en  décembre, 
et  finit  par  : 

Puisque  ainsi  est,  mon  corps  et  âme  donne 
A  la  Vierge  qui  les  péchez  pardonne. 

6°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  2333,  fonds  franc, 
(ancien  8042),  vélin.  xvie  siècle,  parchemin,  40  feuillets. 
Il  commence  par  : 

Autre  hyer,  lisant  une  nuyt  pour  apprendre, 
et  finit  par  : 

Puisque  ainsi  est,  je  me  rends  et  me  donne 
A  Jesu  Grist  qui  les  péchez  pardonne. 
Cy  finist  le  parement  et  triumphe  des  dames  d'honneur,  com- 
posé par  messire  Olivier  de  la  Marche,  en  son  vivant  grant 
maistre  d'hostel  du  roy  de  Oastille. 

7°  Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles,  n°  10970, 
fin  xvf  siècle,  sur  papier,  fol.  173-226,  intitulé  les  Vertus 
des  dames,  commençant  par  : 

L'aultrier  passant  une  nuyt,  etc. 


CXXXVÎij  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

8°  Ms.  de  la  Bibliothèque  du  musée  Plantin,  à  Anvers, 
n«  130,  papier,  xvie  siècle,  non  folioté.  Il  a  appartenu  au 
même  siècle  à  Gilles  van  Wissen-Kerke. 

M.  Galland,  dans  le  mémoire  cité  plus  haut,  dit  que 
M.  Foucault  possédait  au  xvnr3  siècle  un  ms.  in-4°  sur  vélin 
du  Parement  des  dames,  et  un  autre  exemplaire  du  même 
poème,  petit  in-4°  sur  vélin  avec  des  miniatures,  sous  ce 
titre  :  «  Traité  de  l'amour  des  dames,  auquel  traité  sont  dis- 
courues plusieurs  raisons,  qu'il  faut  plus  tost  aimer  les 
dames  à  cause  de  leurs  vertus  que  pour  les  sensualitez  et 
concupiscence  charnelle,  »  ce  dernier  exemplaire  ne  conte- 
nant que  des  vers,  sans  explication,  en  prose.  Que  sont 
devenus  ces  deux  manuscrits  ? 

IV.  Le  Débat  de  Cuidier  et  de  Fortune.  Nous  connais- 
sons trois  manuscrits  de  ce  poème,  composé  en  1477,  pendant 
qu'Olivier  était  prisonnier  de  guerre,  après  la  bataille  de 
Nancy. 

1°  Ms.  de  la  Bibliothèque  Méjanes,  de  la  ville  d'Aix-en- 
Provence,  n°  400,  in-8°  vélin  de  55  pages  de  16  à  17  lignes  ; 
miniatures  et  lettres  enluminées.  La  miniature  placée  au 
verso  de  la  seconde  page  représente  un  personnage  en  longue 
robe  bleue,  paraissant  prononcer  une  harangue  qu'écoute 
une  femme  en  robe  rose,  appuyée  sur  une  sorte  de  pupitre. 
16  cent.  5  mill.  sur  11  cent.;  reliure  moderne  en  cuir  du 
Levant  ou  de  Russie.  Écriture  du  commencement  du 
xvie  siècle,  gothique  presque  ronde,  très  lisible.  Beau  ms. 
dont  la  provenance  est  inconnue. 

Le  Débat  de  Cuidier  et  de  Fortune  commence  à  la 
3e  page  recto,  par  la  lettre  D  enluminée  or  sur  fond  bleu.  Il 
finit  à  la  30e  page  par  ces  mots  :  Eœplicit  le  Débat  de 
Cuidier  et  de  Fortune. 

2°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  n°  2232  du 
fonds  franc.  Copie  du  xvie  siècle,  papier,  fol.  56-66. 

3°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  n°  18689, 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  CXXX1X 

fonds  franc.,  décrit  plus  haut.  Au  fol.  76,  le  Débat  de  Cui- 
dier  et  de  Fortune  commence  ainsi  : 

Par  ung  matin,  ainsi  qu'on  resveille, 

N'a  pas  long  tamps  qu'en  repos  traveilloye. 

Ce  poème  a  été  imprimé  vers  1500  à  Valenciennes,  par 
Jehan  de  Liège,  «  demorant  devant  le  couvent  de  Saint- 
Pol.  »  Petit  in-4°  goth.  de  10  ff.  à  longues  lignes,  avec  la 
devise  :  «  Tant  a  souffert  La  Marche.  » 

Réimprimé  dans  la  Revue  franc-comtoise,  1843. 

V.  Dialogue  de  la  dame  et  de  l'œil  et  Complainte 
sur  la  mort  de  Madame  Marie  de  Bourgogne  (1482). 

Le  manuscrit  désigné  plus  haut  sous  le  n°  400  de  la 
Bibliothèque  Méjanes,  de  la  ville  d'Aix,  contient  à  la  page  31 
une  pièce  de  vers  sans  titre,  qui  commence  par  la  lettre 
enluminée  D  avec  ces  mots  : 

Des  grans  merveilles  de  ce  monde. 

Cette  pièce,  qui  s'étend  de  la  page  31  à  la  page  44,  sert 
en  quelque  sorte  de  préface  au  Dialogue  de  la  dame  et 
de  Vceil.  Celui-ci  ne  commence  lui-même  qu'à  la  page  44 
et  se  termine  à  la  page  55  par  la  devise  :  Tant  a  souffert 
La  Marche. 

Mais  cette  préface  sans  titre  du  Dialogue  se  retrouve 
sous  unautre  nom  aufol.  561  dums.  n°  3391  (hist.  prof.  576) 
de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne  (Autriche),  in-4°, 
papier,  relié  en  veau  gaufré,  de  581  feuillets,  intitulé 
Miscellanea  Gallica;  écriture  des  premières  années  du 
xvie  siècle.  Elle  porte  dans  ce  ms.  le  titre  de  Complainte 
sur  la  mort  de  Madame  Marie  de  Bourgogne,  etc. 
M.  Gachard  l'a  regardée  comme  un  poème  distinct  et  inédit l. 


1 .  Comptes-rendus  des  séances  de  la  Commission  royale  d'histoire 
de  Belgique,  3e  série,  t.  V,  p.  261  et  suiv.  (Bruxelles,  Hayez, 
1863.)  —  On  ignore  comment  ce  manuscrit  est  arrivé  à  la  Biblio- 
thèque de  Vienne. 


Cxi  NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE. 

Il  était  bien  en  effet,  inédit  en  1863;  seulement  il  ne  doit 
pas  être  distingué  de  la  pièce  précédente,  qualifiée  de  pré- 
face parce  qu'elle  précède  dans  le  ms.  de  la  Bibliothèque 
Méjanes  le  Dialogue  de  la  darne  et  de  l'œil.  Nous  n'avons 
eu  sous  les  yeux  que  le  ms.  de  la  Bibliothèque  de  Vienne  ; 
cependant  ses  premiers  vers  sont  identiques  à  ceux  du  ms. 
Méjanes,  et,  par  conséquent,  il  semble  certain  qu'il  s'agit 
dans  les  deux  de  la  même  pièce.  Un  examen  plus  attentif 
en  convaincra  sans  doute  les  futurs  éditeurs,  s'il  s'en  trouve. 
Il  existe  enfin  à  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles  un 
ms.  (sér.  II,  n°  140),  qui  renferme  (fol.  7  à  12)  la  Com- 
plainte de  la  mort  de  Madame  Marie  de  Bourgogne. 
Elle  a  été  imprimée  par  la  Société  des  bibliophiles  de  Bel- 
gique, dans  le  Recueil  de  chansons,  poèmes,  etc., 
Bruxelles,  1878. 

VI.  Doctrine  et  loz  pour  Madame  Aliénor  d'Aus- 
trie,  ou  Les  cinq  sens. 

Pièce  de  vers  composée  pour  la  fille  de  Philippe  le  Beau 
et  comptant  quarante-trois  stances.  Elle  a  été  publiée  par 
M.  Stein,  op.  cit.,  p.  219. 

Nous  ne  connaissons  que  deux  mss.  de  ce  poème  : 

1°  Ms.  n°  3391  delà  Bibliothèque  de  Vienne  précité,  fol.  5. 
Il  a  été  analysé  par  M.  Gachard. 

2°  Ms.  de  la  Bibliothèque  du  musée  Plantin,  à  Anvers, 
n°  146. 

VII.  De  la  puissance  de  nature  et  comment  les  coy^ps 
celestiaux  gouvernent  naturellement  le  monde. 

Cet  opuscule  est  attribué  à  Olivier  de  la  Marche  par 
M.  Galland  [Mémoires  de  V Académie  des  inscriptions 
et  belles-lettres,  t.  II,  p.  728)  et  par  Lacroix  du  Maine, 
qui  assure  qu'il  n'a  pas  été  imprimé.  D'après  ce  dernier,  il 
serait  en  vers  de  huit  syllabes.  Un  ms.  de  ce  poème  est  cité 
dans  le  catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  du  car- 
dinal Dubois,  n°  5877,  in-4°.  M.  Galland  affirme  qu'il  en  a 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  cxlj 

vu  un  dans  celle  de  M.  Foucault.  Est-ce  le  même?  Nous 
n'avons  pu  découvrir  le  lieu  où  ce  ms.  a  passé. 

VIII.  Épistre  en  la  contemplation  du  saint  voyaige 
de  Turquie  adveissant  à  la  très  crestienne  et  très  heu- 
reuse maison  de  Bourg  oigne. 

Mélange  de  vers  et  de  prose.  Cette  épître,  commencée  en 
1453,  lors  du  vœu  du  faisan,  commence  ainsi  : 

Heureuse  maison  de  Bourgoigne, 
Donne  à  tes  yeulx  larmes  de  joye, 
Essours  ton  ceur,  metz  le  en  besoigne 
Et  à  ce  faire  ne  resoigne, 
Ton  duc  se  met  en  saincte  voye. 
Fay  donc  tel  chière  qu'on  la  voye, 
Et  monstre  ton  joyeux  maintien  ; 
Chascun  s'esjoist  en  son  bien. 

Suit  l'éloge  du  duc  et  de  la  duchesse  de  Bourgogne. 
Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  de  la  Haye,  n°  1344  (fonds 
Gérard,  A,  130). 

IX.  Prière  à  la  Vierge. 

Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale,  n°  1606,  fonds  français 
(ancien  76223-3-;  Colbert,  2820),  papier,  xve  siècle. 

Au  fol.  78  de  ce  ms.,  qui  contient  aussi  le  Chevalier 
délibéré,  se  trouve  cette  pièce  qui  commence  ainsi  : 
Déesse,  clarté  et  lumière 
De  tout  le  femenin  honneur 

Cette  pièce  a  été  imprimée  en  1842  par  A.  Veinant,  à  la 
suite  du  Chevalier  délibéré. 

X.  Huitain,  commençant  par  ces  mots  : 

Tant  a  souffert  mon  Dieu  de  mon  ordure, 
et  finissant  par  : 

Que  tout  confus  se  rend  à  toy  La  Marche. 
Même  ms.  La  pièce  se  trouve  au  fol.  80.  Elle  a  été  publiée 
par  M.  Stein,  p.  229. 

XI.  Autre  pièce  de  poésie,  ou  rondeau,  au  fol.  91  du 
ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  n°  1104,  fonds  franc,  (ancien 


cxlij  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

73574,  Golbert  2502),  vélin,  vignettes,  lettres  ornées.  Écri- 
ture du  xve  siècle.  Egalement  publiée  par  M.  Stein. 

XII.  Vers  donnez  par  La  Marche  à  monseigneur  l'ar- 
chiduc (Philippe  le  Beau)  pour  sa  nouvelle  escole  (1488). 

1°  Ms.  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  n°  3391, 
précédemment  décrit. 

La  pièce,  écrite  en  1488,  commence  au  fol.  200  et  finit 
ainsi  : 

Puis  j'ouvrirai  le  secret  de  mon  arche  : 
Car  à  vous  est  le  vieillard  de  la  Marche. 
Tant  a  souffert 
La  Marche. 

2°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  n°  10139  (XV,  C,  26; 
cat.  phil.  Cil,  CIII),  in-fol.  du  commencement  du  xvie  siècle. 

Une  seule  variante  existe  dans  ce  ms.  Elle  se  trouve  au 
dernier  vers  : 

Car  à  bons  est  le  vaillant  de  la  Marche. 

3°  Ms.  de  la  Bibliothèque  du  musée  Plantin,  à  Anvers, 
no  50,  fol.  1. 

4°  Ms.  delà  bibliothèque  Ashburnham,  collection  Bar  rois, 
n°  478.  xve  siècle.  Provient  de  la  famille  de  Lalaing. 

Publiée  par  la  Société  des  bibliophiles  de  Belgique,  op.  cil. 

XIII.  Vers  dorez  que  donne  messire  Olivier  de  la 
Marche  à  son  maistre  (Philippe  le  Beau)  en  Vaage  de 
XV  ans  (1493). 

Cette  pièce  comprend  168  vers. 

1°  Ms.  précité  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne, 
n°  10139. 

2°  Ms.  précité  de  la  même  Bibliothèque  de  Vienne,  n°  3391 , 
fol.  201-204. 

3°  Ms.  de  la  Bibliothèque  du  musée  Plantin,  à  Anvers, 
n°  50,  fol.  1  à  3. 

4°  Ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Madrid,  R-5, 1  vol. 
in-fol.  du  xvf  ou  xvne  siècle,  intitulé  Varios  de  curiosi- 
dad,  couvert  en  parchemin,  fol.  89-91. 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  Cxliij 

5°  Ms.  de  la  même  bibliothèque,  E-35,  fol.  48-50. 

6°  La  première  strophe  se  trouve  aussi,  sous  le  titre  de  : 
«  Vers  dorez  que  donna  La  Marche  à  son  maistre  en  l'eaige 
de  xv  ans,  »  au  fol.  30  du  ms.  de  la  Bibliothèque  publique 
de  la  ville  de  Douai,  n°  767  (G.  611,  D.  726),  du  xvie  siècle. 
(V.  Catalogue  général  des  manuscrits  des  bibliothèques 
publiques  des  départements,  t.  VI,  p.  465.) 

Publiée  par  la  Société  des  bibliophiles  de  Belgique,  op .  cit. 

XIV.  Vers  faiz  à  la  requeste  de  monseigneur  de 
Ravestain,  et  donnez  par  La  Marche  à  son  maistre 
l'archiduc,  en  l'eage  de  XVIII  ans  (1496). 

1°  Ms.  précité  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne, 
n°  3391,  au  fol.  205. 

2°  Ms.  précité  de  la  même  bibliothèque,  n°  10139. 

3°  Ms.  de  la  Bibliothèque  du  musée  Plantin,  à  Anvers, 
n°  50,  fol.  6. 

Publiés  dans  le  Recueil  de  chansons,  etc.,  précité. 

XV.  Vers  et  petit  traictié  fait  à  la  requeste  de 
Madame  Marguerite  d'Austrice,  princesse  de  Cas- 
tille,  et  donnez  par  La  Marche,  à  monseigneur  l'ar- 
chiduc, en  l'eage  de  XX  ans  (1498). 

Ce  poème,  de  seize  stances,  se  trouve  dans  les  mss.  pré- 
cités de  la  Bibliothèque  de  Vienne,  nos  3391  et  10139,  au 
fol.  207  du  premier,  et  dans  le  ms.  précité  n°  50,  de  la 
Bibliothèque  du  musée  Plantin,  à  Anvers.  Il  a  été  publié, 
d'après  ce  dernier  ms.,  par  M.  Ch.  Ruelens,  en  1878,  puis 
par  M.  le  marquis  de  Granges  de  Surgères,  dans  le  Bulletin 
de  la  Société  des  bibliophiles  bretons  et  de  l'histoire 
de  Bretagne,  t.  V,  p.  49,  en  1882. 

La  dernière  stance  commence  par  ces  deux  vers  : 

Mon  prince  et  maistre,  prenez  en  gré  les  vers 
Fais  par  La  Marche  à  soixante-dix  ans1. 

1.  La  Marche  donne  ici  implicitement  la  date  véritable  de  sa 
naissance.  V.  la  notice  biographique  qui  précède. 


C.xliv  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

XVI.  Nouvelles  prophéties,  11  strophes. 

1°  Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  à  Bruxelles,  n°  11029, 
fol.  152. 

2°  Ms.  de  la  Bibliothèque  royale  de  la  Haye,  n°  1344 
(fonds  Gérard,  A,  130).  Copie  faite  au  dernier  siècle  par 
M.  Gérard  sur  le  ms.  précèdent. 

M.  Stein  a  publié  ces  prophéties,  op.  cit.,  p.  207. 

Le  ms.  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  n°  2200, 
fonds  franc,  (de  la  Mare,  220),  qui  contient  entre  autres 
pièces  l'épitaphe  de  Philippe  le  Bon  et  celle  d'Isabelle  de  Por- 
tugal, femme  de  ce  duc,  renferme  aussi,  fol.  26,  «  une  aultre 

prophétie  du  très  hault Charles,  »  commençant  par  : 

«  Une  prophétie  faicte  par  ung  très  saige  docteur  turc,  qui 
fut  baptisé.  »  Mais  cette  pièce  ne  paraît  pas  être  d'Olivier 
de  la  Marche. 

XVII.  Prédestination  des  sept  fées  et  leurs  dons  à 
V empereur  Charles. 

Pièce  de  quatre-vingt-dix  stances,  composée  en  l'année 
1500  ou  1501,  peu  après  la  naissance  du  futur  Charles- 
Quint  à  Gand.  Le  titre  qui  lui  est  ici  donné  n'appartient 
pas  évidemment  à  La  Marche,  puisque  celui-ci  était  mort 
depuis  longtemps  lorsque  l'archiduc  fut  élu  empereur. 

1°  Ms.  n°  3391  précité,  de  la  Bibliothèque  impériale  de 
Vienne,  fol.  567. 

2°  Ms.  précité,  n°  50  de  la  Bibliothèque  du  musée  Plantin, 
à  Anvers,  fol.  13. 

Cette  pièce  a  été  imprimée  en  1878  par  la  Société  des 
bibliophiles  de  Belgique. 

On  peut  attribuer  les  pièces  suivantes  à  La  Marche  avec 
une  certitude  presque  égale. 

XVIII.  Entretien  de  Cupido  et  de  l'amant. 
Pièce  de  vers  commençant  par  : 

A  la  saison  que  Silla  renouvelle 

Ce  doux  trembler  pour  mieux  cythariser,  etc. 


NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE.  Cxlv 

et  finissant  par  : 

Si  vous  requier  tous  que  l'avez  oy, 
Priez  pour  ceulx  qui  font  dures  clamours 
Eu  ce  hideuz  purgatoire  d'amours. 

Ms.  de  la  Bibliothèque  de  monseigneur  le  duc  d'Aumale, 
au  château  de  Chantilly,  n°  897.  Dans  ce  ms.,  la  pièce 
commence  au  fol.  11  recto  et  finit  au  fol.  28  verso. 

XIX.  Deux  pièces  élégiaques. 
La  première  commence  par  ces  vers  : 

Hélas,  hélas,  que  fera  la  doulente 
Qui  seullette  se  détort  et  tourmente 
Et  jour  et  nuit  se  complaint  et  lamente 
Sans  oser  dire,  etc. 

Elle  finit  par  ceux-ci  : 

Ainsi  s'en  va  la  pouvre  douloureuse 
Mussant  son  mal  es  secrets  de  son  cuer, 
Entre  les  autres  faisant  de  la  joyeuse 
Et  si  a  nom  la  pleine  de  douleur. 

La  seconde  commence  ainsi  : 

Ghoiz  assouvis,  merveilleuse  beaulté, 
Mirouer  d'honneur,  abisme  de  bonté,  etc. 

et  se  termine  par  ces  vers  : 

Ainsi  remaint  l'esgaré  douloureux, 
Pouvre  d'espoir,  habandonné  de  désir1, 
Loing  de  son  bien  pensif  et  langoureux, 
Qui  riens  ne  voit  où  il  prengne  plaisir. 
Ms.  de  la  Bibliothèque  de  monseigneur  le  duc  d'Aumale, 
n°  897  précité.  Ces  deux  pièces  y  occupent  les  premiers  fol., 
de  1  à  10  verso. 

Comme  nous  l'avons  déjà  dit  pour  les  œuvres  historiques 
ou  morales  d'Olivier  de  la  Marche,  on  a  attribué  à  cet  auteur 
plusieurs  poèmes  qui  ne  lui  appartiennent  pas,  ou  dont 
l'attribution  n'est  pas  certaine. 

L'un  d'eux  est  le  Miroer  de  mort. 

1.  Le  vers  est  faux;  mais  il  a  été  exactement  transcrit. 

j 


cxlvj  NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE. 

Il  existe  deux  pièces  de  ce  nom.  L'une  a  été  donnée  comme 
un  poème  séparé,  bien  qu'elle  fasse  partie  du  Parement 
des  dames,  dont  elle  forme  la  26e  et  dernière  moralité.  Le 
miroir  qu'Olivier  de  la  Marche  place  dans  la  main  de  sa 
dame  lui  réfléchit  l'image  de  la  mort,  qui  est  la  fin  de  toutes 
choses.  La  moralité  se  termine  par  cette  strophe  : 

Se  vous  vives  le  droit  cours  de  nature 

Dont  soixante  ans  est  pour  ung  bien  grand  nombre, 

Vostre  beaulté  changera  en  laydure, 

Vostre  santé  en  maladie  obscure, 

Et  ne  ferez  en  ce  monde  que  encumbre  ; 

Se  fille  avez,  vous  luy  serez  ung  umbre  : 

Celle  sera  requise  et  demandée 

Et  de  chascun  la  mère  habandonnée, 

et  par  Y  Exemple  du  miroer  d'entendement  par  la  mort, 
qui  contient  l'éloge  de  diverses  grandes  dames  décédées. 

L'autre  est  en  effet  un  poème  distinct,  intitulé  :  Cy  com- 
mence ung  excellent  et  très  prouffitable  livre  pour 
toute  créature  humaine  appelé  le  Miroer  de  mort,  dont 
nous  connaissons  deux  manuscrits  : 

1°  Ms.  delà  Bibliothèque  de  Turin  (Manuscript.  Gallic. 
codex  XXI,  L,  V.  9). 

2°  Ms.  de  la  Bibliothèque  de  monseigneur  le  duc  d' Aumale, 
n°  897,  petit  in-4°,  aux  armes  de  Condé  sur  les  plats,  maro- 
quin rouge,  parchemin.  Écriture  de  la  fin  du  xve  siècle. 

Ce  ms.  contient  peu  d'ornements.  Aux  fol.  1  r°et  10  v°  se 
trouvent  des  miniatures  peu  importantes  au  bas  desquelles, 
dans  un  cartouche,  les  lettres  majuscules  E  .  A  et  E.  FR. 
(jointes  en  monogramme)  et  A.  Le  monogramme  FR  est 
souvent  répété  dans  les  encadrements. 

Au  fol.  29  r°  du  manuscrit,  qui  renferme  plusieurs  pièces 
de  poésie  attribuées  à  Olivier  de  la  Marche,  commence  le 
Mirouer  de  mort  par  les  vers  suivants  : 

Je  fus  indigne  serviteur 

Du  temps  de  ma  prime  jeunesse,  etc. 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  Cxlvij 

La  pièce  finit  au  fol.  44  v°  par  ces  mots  : 

Explicit  le  Mirouer  de  mort 

A  glace  obscure  et  ténébreuse,  etc. 

Brunet  donne  sans  hésitation  le  Miroer  de  mort  à  Olivier 
de  la  Marche.  Cette  attribution  a  été  contestée  par  M.  Henri 
Stein  {Étude  précitée,  p.  106).  Il  semble  que  l'erreur  de 
Brunet,  si  erreur  il  y  a,  a  été  occasionnée  par  renonciation 
d'un  catalogue  de  M.  de  Bure1.  Quant  à  nous,  en  l'absence 

1.  Dans  le  Catalogue  des  livres  de  M.  le  duc  de  la  Vallière,  publié 
par  de  Bure,  Paris,  1783,  t.  III,  p.  289,  on  lit  : 

«  N°  2861.  Cy  commence  ung  excellent  et  très  prouffitable 
livre  pour  toute  créature  humaine  apellé  le  Miroer  de  mort  (par 
Olivier  de  la  Marcbe),  in-fol.  goth.  m.  r.  » 

Édition  ancienne,  sans  date,  sans  nom  de  ville  ni  d'imprimeur, 
avec  signatures  et  contenant  16  feuillets.  Le  texte  commence  au 
bas  de  la  figure  qui  est  au  premier  feuillet  par  ces  vers  : 

E  fus  indigne  serviteur 

Au  temps  de  ma  prime  jeunesse 

De  l'outrespasse  de  valeur 

La  joye  de  mon  pouvre  cueur 

Ma  parassouvie  maistresse. 

Mais  la  mort  par  sa  grande  rudesse, 

Ennuyeuse  de  nostre  bien, 

Print  son  corps  et  laissa  le  myen. 
On  lit  à  la  fin  : 

Cy  finist  le  Mirouer  de  mort 

A  glace  obscure  et  ténébreuse, 

Là  où  on  voit  chose  doubteuse 

Et  matière  de  desconfort. 
Ce  petit  poème  fut,  dit  M.  Deschamps  dans  son  Supplément  au 
manuel  du  libraire,  traduit  en  vers  bretons  par  Christophe  de 
Gbeffontaines  (Penfeunteunyou)  et  imprimé  sous  le  titre  :  Des 
quatre  fins  de  l'homme,  en  1570  et  1573,  dans  un  couvent  situé 
au  bas  de  la  rivière  de  Morlaix,  appelé  Saint-François  Guburien. 
(Brunet,  Suppl.,  p.  766.)  Mais  le  volume  auquel  il  renvoie,  et  qui 
a  été  retrouvé  par  M.  de  la  Villemarqué  dans  la  bibliothèque  de 
feu  M.  de  Kerdanet,  ne  porte  nullement  ce  titre.  Il  est  intitulé  : 
le  Mirouer  de  la  mort  (v.  article  de  M.  Arthur  de  la  Borderie, 
dans  le  Bulletin  du  bibliophile  breton,  p.  5,  1884),  et  a  été  «  com- 


Cxlviij  NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE. 

de  toute  preuve  positive,  nous  croyons  prudent,  jusqu'à  plus 
ample  démonstration,  d'écarter  cet  ouvrage  delà  bibliogra- 
phie d'Olivier. 

Un  autre  est  intitulé  :  Les  demandes  et  réponses 
d'amour,  ou  Les  adevineaux  amoureux. 

Cet  ouvrage  en  prose  et  en  vers  a  été  attribué  à  Olivier 
de  la  Marche,  mais  ne  lui  appartient  pas  en  entier.  Il 
existait  dès  1373,  comme  l'attestent  un  ms.  n°  177,  inti- 
tulé :  «  Chansons  pastourelles  couronnées,  demandes 
d'amour,  etc.,  en  ung  cayer  couvert  de  parchemin,  »  porté 
sur  le  catalogue  de  la  librairie  de  Charles  V,  dressé  en  1373 
par  son  bibliothécaire  Gilles  Mallet,  et  un  autre  ms.  n°  180 
du  même  catalogue,  intitulé  :  «  Demandes  et  responses 
d'amour,  en  ung  cayer  couvert  de  parchemin.  » 

Il  n'existe  aucun  ms.  de  ce  poème  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale1; mais  on  peut  en  citer  plusieurs  qui  sont  connus  et 
catalogués.  Ainsi,  le  n°  1000  du  catalogue  Crozet,  1841, 
in-8°,  concerne  un  ms.  du  xve  siècle,  des  Adevineaux 
amoureux,  qui  se  trouvait  relié  dans  le  même  volume  avec 
un  exemplaire  de  Y  Évangile  de  quenouilles.  Peut-être 
est-ce  le  manuscrit  qui  existe  aujourd'hui  dans  la  biblio- 
thèque de  monseigneur  le  duc  d'Aumale,  à  Chantilly.  Le 
British  Muséum  à  Londres  en  possède  un  de  248  feuillets 
sur  vélin,  avec  miniatures,  lettres  ornées,  bordures,  de 
37  cent,  sur  27,  contenant  quatre  ouvrages  distincts,  parmi 
lesquels  se  trouvent  les  Adevineaux  amoureux  ou  plutôt 
les  Demandes  d'amour,  car  c'est  le  titre  donné  au  poème. 

Le  texte  commence  ainsi  : 

[Demande.]  Du  chastel  d'amours  il  convient  que  vous  nommez 
le  fondement. 
[Réponse.]  Loyaument  aimer. 

posé  en  l'an  1519  par  maître  Jean  l'Archer,  l'ancien,  de  la  paroisse 
de  Plougouven.  » 
1.  Vallet  de  Viriville,  Bulletin  du  bibliophile,  année  1846,  p.  845. 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  cxlix 

Et  finit  au  fol.  209  v°  : 

[Demande.]  Dame,  je  vous  demande  quel  est  le  mantel  d'amours 
sans  penne. 

[Réponse.]  Beau  sire,  le  mantel  d'amours,  c'est  une  nyce 
demande  ;  et  non  pourtant  je  vous  diray  ce  que  j'en  sçay  :  aucuns 
dient  que  c'est  acoler  sans  baisier. 

Plusieurs  éditions  de  ce  poème  ont  été  données  aux  xve  et 
xvie  siècles1.  La  première  a  été  reproduite  au  xixe  siècle 
dans  la  collection  de  Facéties  de  Techener,  1831,  in-18, 
sous  le  titre  de  :  les  Adevineaux  amoureux,  par  Colart 
Mansion. 

Mais  cette  pièce  n'est  exclusivement  ni  de  Colart  Man- 
sion, ni  d'Alain  Chartier,  comme  l'a  pensé  M.  Brunet2,  ni 
d'Olivier  de  la  Marche  même,  comme  l'ont  dit  certains 
auteurs.  Elle  est  en  réalité  l'œuvre  de  tout  le  monde;  c'est 
peut-être  l'une  des  dernières  productions  des  cours  d'amour. 
Quoi  qu'il  en  soit,  elle  a  été  revue,  augmentée  et  publiée  sur 
les  conseils  et  les  indications  d'Olivier  de  la  Marche,  ainsi 
que  l'atteste  la  préface  de  l'éditeur  in  fine,  dans  l'édition  de 
Bruges,  1477  : 

«  Or,  me  soit  donc  pardonné,  car  ceste  hardiesse  m'a  mis 
en  corrage  le  noble  et  gentil  chevalier,  seigneur  de  la  Marche, 
que  Dieu  gard.  Et  ainçoires,  pour  augmenter  cedit  traictié, 
m'a  de  sa  grâce  donné  aucunes  demandes  et  responses  moult 
honnestes,  dont  je  l'en  remercie.  » 

Olivier  a  donc  contribué  à  augmenter  cet  ouvrage,  mais 
il  n'en  est  pas  le  véritable  auteur. 

1.  V.  Bulletin  du  bibliophile,  loc.  cit.;  Revue  de  Paris,  1853, 
p.  374;  Mélanges  tirés  d'une  grande  bibliothèque,  t.  IV,  p.  275.  — 
La  2e  édition  des  Adevineaux  amoureux  (titre  relativement 
moderne,  ajouté  à  la  main  par  le  libraire  sur  l'exemplaire  le  plus 
ancien  que  l'on  connaisse)  a  été  donnée  à  Bruges  en  1477,  in-8°. 
(V.  Van  Praët,  Notice  sur  Colart  Mansion,  1829,  p.  47.)  Cette 
édition  existe  à  la  Bibl.  nat.,  collection  des  Incunables. 

2.  Manuel  du  libraire,  v°  Chartier. 


Clij  NOTICE   BIBLIOGRAPHIQUE. 

adressées  au  duc  Philippe  le  Bon.  Peut-être  y  en  a-t-il 
quelques-unes  d'Olivier  de  la  Marche,  mais  elles  ne  sont 
pas  signées. 

On  a  également  donné,  comme  provenant  d'Olivier  de  la 
Marche,  un  fragment  de  poème  français,  dans  le  ms. 
n°  14637  de  la  même  bibliothèque.  Mais  ce  ms.  est  du 
xme  siècle,  dit  le  catalogue,  et  ne  saurait  donc  rien  contenir 
de  La  Marche. 

Enfin,  dans  le  ms.  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne 
n°  10139  se  trouvent  plusieurs  ballades  placées  à  la  suite 
de  poésies  d'Olivier.  Mais  rien  ne  nous  autorise  à  les  lui 
attribuer,  quoiqu'elles  se  rapprochent  de  ses  œuvres  par  le 
style. 

D'après  Papillon,  la  bibliothèque  de  l'Escurial  posséderait 
un  Poème  des  sept  douleurs  de  la  Vierge  Marie  et 
d'autres  ouvrages  pieux.  Mais  le  conservateur  de  la  Biblio- 
thèque nationale  de  Madrid,  à  qui  nous  nous  sommes  adres- 
sés, n'a  pas  trouvé  dans  le  dépôt  dont  il  a  la  garde  le  pre- 
mier de  ces  ouvrages  et  ne  nous  a  signalé  aucun  autre 
manuscrit  que  ceux  dont  nous  avons  fait  plus  haut  la  des- 
cription. 

Ajoutons  toutefois  que  la  bibliothèque  de  sir  Thomas  Phi- 
lipps,  à  Gheltenham  (Middlehill),  possédait,  sous  le  n°  4291, 
un  ms.  d'Olivier  de  la  Marche  contenant  des  vers.  Nous 
n'avons  pu  malheureusement  obtenir  la  communication  de 
ce  ms.,  pas  plus  que  celle  d'un  autre  déposé  à  Glascow,  et 
qui,  dit-on,  pourrait  être  autographe.  Mme  la  baronne  James 
de  Rothschild  en  aurait  également  un  qui  vient  de  la  biblio- 
thèque Didot,  et  qui  renferme  des  poésies.  Mais  il  serait 
téméraire  de  se  flatter  d'avoir,  dans  ce  travail  forcément 
incomplet,  épuisé  la  bibliographie  poétique  d'Olivier,  que 
des  recherches  plus  favorisées  éclaireront  encore;  il  suffît 
d'avoir  consulté  et  indiqué  les  manuscrits  réellement  impor- 
tants de  ses  œuvres  historiques. 

Nous  ne  terminerons  pas  cette  notice  sans  adresser  nos 


NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE.  cliij 

remerciements  aux  personnes  qui  nous  ont  aidés  de  leurs 
connaissances  et  de  leurs  communications. 

Les  manuscrits  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris  ont 
été  libéralement  mis  à  notre  disposition  par  M.  Léopold 
Delisle,  à  qui  le  gouvernement  a  confié  le  riche  dépôt  de  nos 
lettres,  comme  s'il  eût  consulté  le  suffrage  de  tous  ceux  qui 
les  cultivent.  M.  le  prince  de  Hohenlohe,  grand  maître  de 
la  maison  de  S.  M.  l'empereur  d'Autriche- Hongrie,  a  bien 
voulu,  sur  la  demande  de  M.  le  comte  Duchâtel,  autoriser 
le  déplacement  de  plusieurs  manuscrits  de  la  Bibliothèque 
impériale  de  Vienne,  que  cette  rare  faveur  nous  a  permis 
d'étudier  à  loisir  en  France.  M.  le  ministre  de  l'intérieur  du 
royaume  des  Pays-Bas  nous  a  accordé  le  même  privilège 
pour  ceux  de  la  Bibliothèque  de  la  Haye,  et,  grâce  à  la  cour- 
toise intervention  de  M.  le  sénateur  Gorresio,  directeur  de  la 
Bibliothèque  nationale  de  Turin,  un  manuscrit  de  cette  grande 
collection  nous  a  été  envoyé,  pour  être  consulté  en  France, 
par  le  gouvernement  italien.  Monseigneur  le  duc  d'Aumale 
nous  a  honorés  de  communications  puisées  dans  son  inesti- 
mable trésor  de  Chantilly.  M.  Octavio  de  Toledo,  conserva- 
teur de  la  Biblioteca  nacional  de  Madrid,  a  patiemment 
dépouillé  pour  nous  les  manuscrits  de  cette  précieuse  collec- 
tion, encore  trop  peu  connue  en  deçà  des  Pyrénées.  M.  l'abbé 
Dehaisnes,  ancien  conservateur  des  Archives  du  Nord  à  Lille, 
le  plus  obligeant  et  le  plus  laborieux  des  archivistes,  nous  a 
adressé  de  nombreux  extraits  des  Comptes  des  ducs.  Enfin, 
sans  oublier  le  travail  tout  récent  de  M.  H.  Stein,  que  nous 
avons  parfois  contredit,  mais  qui  nous  a  toujours  été  utile, 
nous  devons  des  remerciements  spéciaux  à  notre  bienveillant 
commissaire  responsable,  M.  le  marquis  de  Beaucourt,  à 
MM.  le  baron  Kervyn  de  Lettenhove  et  Alexandre  Pinchart, 
aujourd'hui  décédé,  qui  nous  ont  secourus  de  leur  expérience, 
de  leurs  notes  et  de  leurs  travaux. 

H.  B. 


ANNEXES  DE  LÀ  NOTICE  BIOGRAPHIQUE.        clvij 

II. 

LETTRES  DE  MAXIMILIEN  AUX  ÉTATS  DE  HAINAUT,  EN  1482'. 

De  par  le  duc  d'Auterice,  de  Bourgoingne,  Brabant,  Lim- 
bourg,  Lucembourg  et  de  Gelres,  conte  de  Flandres,  Artois, 
Bourgoingne,  Haynnau,  Hollande,  Zeelande,  Namur  et  de  Zuit- 
phen. 

Très  chiers  et  bien  amez,  nous  avons  chargié  noz  amez  et 
feaulx  chevaliers  et  conseilliers  le  sire  d'Aymeries,  nostre  cham- 
bellan et  grand  bailli  de  Haynnau,  et  messire  Olivier  de  la 
Marche,  nostre  premier  maistre  d'ostel,  vous  dire  et  exposer 
aucunes  choses  de  par  nous.  Si  vous  requerrons  et  néantmoins 
mandons  que  adjoutiez  plaine  foi  et  crédence  à  ce  qu'il  vous 
diront  ceste  foiz  de  nostre  part,  comme  à  nous  mesmes  et  vous 
y  emploiez  comme  y  avons  entière  confidence.  Très  chiers  et 
bien  amez,  Nostre  Seigneur  soit  garde  de  vous.  Escript  en 
nostre  ville  de  Bruges,  le  xije  jour  d'avril,  Pan  IIIIXX  et  deux, 
après  Pasques. 

Mixius,  Numàn. 

A  nos  très  chiers  et  bien  amez  les  gens  des  trois  Estaz  de 
nostre  pays  de  Haynnau. 

(Archives  de  Belgique  à  Mons,  recueil  des  mandements 
du  prince.) 


III. 


ASSEMBLEE  DU  CONSEIL  DE  LA  VILLE  DE  MONS 
DU  MERCREDI  17  AVRIL  1482. 

En  ce  conseil  firent  relation  les  députez  du  conseil  de  chéens 
qui  avoient  esté  à  l'assemblée  des  Estas  de  ce  pays  le  jour  d'huy 

1.  Le  17  avril  1482,  Olivier  de  la  Marche  et  le  grand  bailli  de 
Bainaut  exposèrent  aux  états  de  Hainaut  les  besoins  de  l'archi- 
duc, et  demandèrent  une  aide  de  2,000  liv.  pour  l'entretien,  pen- 


clviij       ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE. 

en  la  maison  de  chéens,  auxquels  nostre  très  redoubté  seigneur 
et  prince  avoit,  par  ses  lettres  de  créance  sur  monseigneur  le 
bailli  de  Haynnau  et  messire  Olivier  de  la  Marche,  fait  exposer 
ses  grans  affaires  par  leur  instruction  monstrée  et  lieulte  en  ce 
conseil,  requérant  en  effect  sur  ce  pas,  de  par  le  pays,  vouloir 
accorder  nm  bonnes  livres  à  convertir  en  l'entretènement  de 
l  lances,  mises  les  xxx  au  Quesnoy,  à  Aymeries  x  et  à  Chimay 
les  autres  x,  et  en  l'accroissement  de  ir  lances  et  lx  compaignons 
à  piet,  dont  à  Beaumont  sera  mis  une  partie,  sur  laquelle 
requeste  les  prelatz  avoient  prins  retraite,  et  les  nobles  locqueté 
la  matère  que  mieux  vaulroit  d'accorder  le  paye  desdis  gens  de 
guère  pour  ung  mois  à  venir,  qui  montera  environ  mm  livres, 
monnoie  de  ce  pays,  ou  en  dessoulx.  Et  lesdis  députez  aussi 
avoient  pris  retraite,  requérant  oudit  conseil  qu'il  en  fera  de 
faire.  Prometant  nostredit  très  redoubté  seigneur  de  le  somme 
de  l'acort  déduer  et  rabattre  sur  le  premier  aydde  qu'il  requerra, 
pour  quel  cas  que  ce  soit. 

Et  le  tout  débattu,  non  d'acort  pour  le  présent,  mais  soit 
atendu  le  retour  de  la  journée  des  Estas  à  Lille,  mandez  estre 
au  xxije  de  ce  mois. 

(3e  registre  des  consaux  de  Mons,  fol.  iiiic  xiv  v°,  aux 
Archives  de  Belgique  à  Mons.) 

Le  merquedy  xvije  jour  du  mois  d'avril,  que  lors  les  Estas 
du  pays  furent  assamblez  à  Mons  et  que  lors  monsigneur  le 
bailly  de  Haynnau  et  monsigneur  de  la  Marche,  par  leur  expo- 
sition, requisentde  par  mon  très  redoubté  seigneur  que  le  pays 
volsist  faire  le  paiement  de  l  lances  estans  au  Quesnoy,  Ayme- 
ries et  Chimay,  encores  pour  ung  mois,  promettant  par  lesdis 
exposans  que,  à  la  première  fois  que  ledit  pays  donroit  quelque 
chose  à  mondit  seigneur,  le  rabattre;  se  leur  fu  fait  présent  de 
vi  cannes  de  vin,  le  tout  à  vu  sols  le  lot,  monte  à  ...  mi  1.  nn  s. 
(1er  compte  de  Jean  Goret,  massard  de  la  ville  de  Mons, 
1481  à  1482,  ibid.) 

dant  un  mois,  de  50  lances.  Les  états  accordèrent  l'aide  néces- 
saire pour  le  mois  de  mai. 

La  lettre  de  créance  ci-dessus  est  celle  que  Maximilien  avait 
donnée  à  Olivier  et  au  sire  d'Aymeries. 


ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE.  dix 

IV. 

TESTAMENT  D'OLIVIER,  SEIGNEUR  DE  LA  MARCHE. 

Au  nom  de  la  sainte  et  inséparable  Trinité,  le  père,  le  fïlz  et 
le  Saint  Esprit,  amen.  Par  la  teneur  de  cestuy  présent  public 
instrument  soit  notoire  et  évident  à  tous  présents  et  à  venir 
que  le  viije  jour  d'octobre,  l'an  de  la  Nativité  Nostre  Seigneur 
mil  cinq  cent  et  un,  indiction  un  et  en  la  première  année  du 
pontificat  de  nostre  très  saint  père  le  pape  Alexandre,  par  la 
divine  Providence  VI  de  ce  nom,  comparu  en  sa  personne  par 
devant  nous  notaires  publics  et  les  tesmoins  cy-dessous  escrits 
noble,  vertueux,  sage  et  puissant  chevalier,  messire  Olivier, 
seigneur  de  la  Marche,  conseiller  et  premier  maistre  d'hostel  de 
très  haut,  très  excellent  et  très  puissant  prince  mon  très 
redouté  seigneur  Monseigneur  l'archiduc  d'Autriche,  duc  de 
Bourgongne,  lequel  comparant  ayant  regard,  comme  il  disoit, 
à  la  fragilité  de  nature  humaine,  et  qu'il  n'est  rien  plus  certain 
que  la  mort,  ne  moins  certain  que  l'heure  d'icelle,  a,  pour  cette 
cause  et  autres  à  ce  le  mouvant,  de  sa  propre,  pure  et  franche 
volonté,  et  luy  estant  en  son  bon  sens  et  vray  entendement, 
fais,  ordonné  et  constitué  son  testament  et  dernière  volonté 
pour  le  proffit  et  salut  de  son  âme  en  la  manière  qui  s'ensuit. 

Et  premièrement,  iceluy  testateur  a  recommandé  et  doné  son 
âme  à  Dieu  nostre  créateur,  à  la  glorieuse  Vierge  Marie  et  à 
tous  les  saints  et  saintes  de  Paradis,  quand  elle  partira  de  son 
corps,  supliant  nostredit  Créateur  qu'il  luy  plaise  de  sa  bénigne 
grâce  luy  pardoner  ses  mesfaits  et  implorant  la  plénitude  de  sa 
miséricorde,  et,  au  regard  de  son  corps,  il  le  livre  à  présent, 
combien  que  indigne,  à  la  terre  et  sépulture  de  nostre  mère 
Sainte  Église  pour  y  prendre  pourriture  et  attendre  le  grand  et 
espouvantable  jour  du  jugement  et  la  résurrection  générale, 
espérant  audit  jour  en  la  clémence  et  miséricorde  de  nostredit 
Créateur,  et  eslit  sa  sépulture  en  l'église  de  Saint-Jacques  à 
Cardebengberghe  en  la  bone  ville  de  Bruxelles,  lez  la  cour  du 
prince,  pour  y  estre  mis  sous  une  tombe  de  pierre  -,  et  est  d'in- 


clx  ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE. 

tention  de  en  ladite  église  ériger  et  ordonner  quelque  fondation 
pour  faire  dire  messes,  obils  et  prières  pour  le  remède  de  son 
âme  selon  et  ainsy  qu'il  advisera  cy  après  et  comme  ses  biens 
le  pourront  supporter.  Et  combien  qu'il  veuille  estre  enterré 
audit  lieu  de  Saint-Jacques,  toutesvoyes  pour  ce  qu'il  a  chapelle 
en  Bourgongne  où  ses  prédécesseurs  seigneurs  de  la  Marche  en 
Bresse  sont  enterrés,  il  a  ordoné  et  ordone  pour  leur  faire  com- 
plaisance que,  luy  trespassé,  son  cœur  soit  mis  en  un  coffret  de 
plomb  et  porté  en  Bourgongne  en  saditte  chapelle  qui  est  située 
auprès  de  la  Marche  en  un  lieu  appelé  Villersgaldin,  et  veut 
sondit  cœur  estre  mis  devant  le  grand  autel  de  laditte  chapelle 
en  façon  que  il  puisse  faire  marchepied  au  prestre  qui  dira  la 
messe,  et  que  ses  héritiers  fassent  faire  une  pierre  sur  laquelle 
le  prestre  aura  les  pieds  en  célébrant  la  messe,  et  à  l'entour  du 
bord  d'icelle  pierre,  non  pas  au-dessus,  mais  en  cottière  seront 
mises  quatre  lignes  qui  s'ensuivent  : 

Pour  marchepied,  repos,  passet  et  marche 
Soit  bon  le  cœur  Olivier  de  la  Marche 
Au  très  digne  prestre  sainct  et  sacré 
Dont  le  Corps-Dieu  est  ce  jour  consacré. 

Item,  a  ordonné  qu'à  le  porter  en  terre  soient  douze  pauvres 
hommes  revestus  de  noir,  tenants  chacun  en  la  main  une  torche 
armoyée  de  ses  armes,  pour  à  quoy  survenir  et  aussy  aux  messes 
et  aumosncs  qui  se  feront  pour  ce  jour,  il  a  ordonné  deux  cent 
livres  de  quarante  gros  la  livre,  à  les  prendre  sur  les  plus  appa- 
rents biens  en  outre  et  pardessus  la  fondation  qu'il  entend  faire 
esdittes  églises  de  Saint-Jacques  à  Gambenberghe  et  chapelle  de 
Villersgaldin. 

Item,  il  a  ordoné  pour  le  remède  de  son  âme  et  d'autres 
envers  lesquels  il  peut  estre  tenu,  que  son  héritier  ou  héritiers 
seront  tenus  en  dedans  un  an  après  son  décès  fonder  un  Salve 
Regina  en  l'église  parroissiale  dudit  Villersgaldin  où  il  a  esté 
baptisé,  lequel  Salve,  ensemble  la  collecte  à  ce  servant,  se  chan- 
tera à  perpétuité  une  fois  la  semeine  a  tel  jour  que  la  Nostre- 
Dame  de  mars  escherra  pour  l'année,  à  sçavoir  à  l'heure  de 
complies  et  par  trois  personnes  entre  lesquelles  du  moins  il  y 


ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE.  clxj 

aura  un  prestre.  Veut  aussy  que  sesdits  héritiers  fondent  per- 
pétuellement un  cierge  de  cire  qui  sera  allumé  durant  ledit 
Salve  et  non  autrement,  et  que  ledit  Salve  soit  sonné  par  quinze 
coups  de  cloche  pour  inciter  etesmouvoir  les  bones  gens  à  celle 
dévotion,  et  que  laditte  fondation  soit  souffisante  et  comme  il 
apartient,  au  cas  toutesvoyes  que  faitte  ne  l'eust  en  sa  vie,  dont, 
se  ainsy  esloit,  sesdits  héritiers  demeureront  deschargés. 

Item,  a  ordoné  et  ordone  que  sondit  héritier  ou  héritiers 
seront  tenus  de  en  dedans  un  an  après  son  décès  fonder  et 
amortir  bien  et  suffisamment  audit  lieu  de  Villersgaldin,  en 
sadite  chapelle  de  la  Marche,  une  messe  de  Requiem,  avec 
vigiles  et  commendation,  qui  se  chantera  à  perpétuité  une  fois 
Tan,  à  sçavoir  à  tel  jour  qu'il  trespassera  de  ce  monde,  n'estoit 
que  de  son  vivant  il  eut  fait  ladite  fondation  etadmortissement, 
auquel  cas  sondit  héritier  ou  héritiers  en  demeureront  des- 
chargés. 

Item,  a  doné  et  légué  à  noble,  honneste  et  vertueuse  dame, 
Madame  Isabeau  Machefoing,  sa  compagne,  au  cas  qu'elle  le 
survive,  tous  et  quelquonques  ses  biens  meubles  qui  seront 
trouvés  es  marches  de  par  deçà  à  luy  apartenants,  ensemble 
tous  les  deniers  qui  leur  sont  deus  par  messires  Thomas  et 
Folque  de  Portinaire  frères,  comme  peut  apparoir  par  leurs 
lettres  d'obligation,  sans  ce  qu'en  ladite  debte  aucuns  des  hoirs 
dudit  testateur  puissent  quereller  ou  demander  aucun  droict, 
moitié  ou  autre  portion,  et  ce,  à  cause  que  ladite  debte  procède 
de  la  part  de  sadite  compagne.  Et  parmy  ce,  icelle  ladite  com- 
pagne ne  pourra,  après  le  trespas  dudit  testateur,  demander 
aucun  droict  de  douaire  à  ses  héritiers  de  toutes  les  terres  qui 
leur  demeureront,  ains  sera  tenue  de  y  renonchier,  réservés 
ceux  dont  il  a  disposé  par  cettuy  son  présent  testament,  réservé 
aussy  assignations  de  gaiges,  pensions  ou  autres  obligations 
faittes  en  son  nom,  dont  elle  prendra  une  moitié  et  sesdits  héri- 
tiers l'autre,  nonobstant  tous  et  quelquonques  traittés  et  cous- 
tumes  de  villes  ou  pays  et  toutes  autres  choses  faisants  au  con- 
traire, auxquelles  il  a  renoncé  et  renonce  par  exprès. 

Item,  a  voulu  et  ordoné  que  sadite  compagne,  au  cas  qu'elle 
le  survive,  jouisse  sa  vie  durant  de  la  rente  de  cent  et  cinquante 
livres  de  quarante  gros  la  livre  qu'ilz  ont  chacun  an  sur  la 


Clxij         ANNEXES  DE  LA  NOTICE   BIOGRAPHIQUE. 

recepte  générale  de  Haynault  au  rachapt  de  deux  mille  livres  du 
prix  comme  dessus,  sans  ce  que  sesdits  héritiers  puissent  en 
aucune  chose  quereller  ou  demander,  ne  luy  baillier  aucun  des- 
tourbier  ou  empeschement,  pourveu  toutesvoyes  que  icelle  sa 
compagne  ne  pourra  vendre  ne  engaiger  ladite  rente,  mais  seu- 
lement recevoir  le  cours  d'icelle  sa  vie  durant;  et  après  son 
trespas,  il  veut,  ordone  que  saditte  rente  de  cent  et  cinquante 
livres  retourne  plainement  et  entièrement  à  Charles  de  la  Marche, 
son  filz,  et  aux  héritiers  d'iceluy  Charles  procréés  de  son  corps 
en  léal  mariage,  et  s'il  advenoil  que  iceluy  Charles  de  la  Marche 
son  filz  allast  de  vie  à  trespas  avant  ladite  dame  Ysabeau  Mache- 
foing,  sa  compagne,  sans  délaisser  hoirs  procréés  de  sa  char  en 
léal  mariage,  comme  dit  est,  en  ce  cas  ledit  testateur  a  ordoné 
que  Jean  de  Lenoncourt,  filz  de  sa  fille,  et  damoiselle  Gornille  des 
Camps,  niepce  de  sadite  compagne,  après  le  décès  d'icelle  sa 
compagne,  joissent  chacun  an  paresgales  portions  héritablement 
et  à  tousjours,  eux  et  leurs  hoirs,  desdittes  cent  cinquante  livres 
de  rente  et  des  deux  mille  livres  du  rachapt  d'icelle,  se  aucun 
s'en  faisoit,  sans  ce  que  les  héritiers  de  saditte  compagne 
puissent  quereller  ou  demander  aucun  droict  en  laditte  rente  ou 
rachapt  d'icelle. 

Item,  a  ordonné  que  ledit  Charles  de  la  Marche  joisse  d'une 
descharge  des  deniers  venants  d'icelle  montants  à  quatre  mille 
deux  cent  vingt  livres  de  quarante  gros  la  livre,  dont  il  est  assi- 
gné par  le  Roy  des  Romains  et  mondit  seigneur  l'Archiduc  son 
filz  sur  les  pays  de  Bourgongne  et  ce  à  cause  des  services, 
gaiges  et  pensions  à  luy  deues  du  temps  qu'il  fut  premier 
maistre  d'hostel  du  Roy  nostre  sire. 

Item,  veut  et  ordone  que  ledit  Charles  joisse  d'une  gaigière 
à  luy  faitte  par  le  Roy  et  mondit  seigneur  sur  le  chastel  et  sei- 
gneurie de  Chastelgirard  au  duchié  de  Bourgongne,  montant  à 
la  somme  de  trois  mille  sept  cent  livres  ou  environ. 

Item,  touchant  les  debtes  par  luy  faittes  premier  qu'il  fut 
allié  par  mariage  avec  laditte  dame  Ysabeau,  sa  compagne,  au 
cas  que  aucunes  en  fussent  treuvées  après  son  trespas,  il  a 
ordoné  qu'elles  soient  et  demeurent  à  la  charge  non  pas  de 
saditte  compagne  ou  des  héritiers  d'icelle,  mais  de  son  héritier 
cy  après  nommé,  lequel  sera  tenu  les  payer  et  entièrement 


ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE.        clxiij 

supporter  à  sa  descharge,  sans  toutes voy es  desroguer  aux  gai- 
giers  et  autres  points  cy  dessus  escrits. 

Item,  a  doné  à  sondit  fîlz  Charles  de  la  Marche  la  maison 
qu'il  a  en  laditte  ville  de  Bruxelles,  située  devant  l'Arque,  pour 
en  joir  luy  et  ses  hoirs  perpétuellement  et  à  tousjours  après  le 
trespas  de  laditte  dame  Ysabeau  Machefoing  et  non  autrement; 
devant  lequel  trespas  ils  ne  pourront  quereller  aucun  droict, 
ains  seront  tenus  les  souffrir  plainement  et  paisiblement  joir 
et  user. 

Item,  a  doné  à  saditte  compagne  et  aux  héritiers  d'icelle  une 
maison  qu'ilz  ont  en  la  ville  de  Malines  pour  en  disposer  à  son 
hon  plaisir. 

Item,  a  donné  et  légaté  à  sa  fille  Philippote  de  la  Marche, 
vefve  de  feu  Thierry  de  Charme,  escuyer,  et  à  présent  femme 
de  Philippes  de  la  Noncoirot  * ,  chevalier,  seigneur  de  Loches,  la 
somme  de  deux  cent  francs  trente  cinq  gros,  monnoye  de 
Flandres,  pour  le  franc,  pour  une  fois,  outre  et  pardessus  ce 
qu'on  treuvera  luy  estre  deu  à  cause  de  son  traittié  de  mariage 
fait  avec  sondit  feu  mary,  pourveu  toutesvoyes  que  partant 
saditte  fille  se  tiendra  pour  contente  et  qu'elle  ou  ses  hoirs  ne 
pourront  quereller  aucun  droict  sur  ses  biens  meubles,  rentes, 
cens,  héritages  ne  autres  quelquonques  quelque  part  qu'ilz 
soient  situés  ou  gisants. 

Item,  en  après  ledit  testateur  a  nommé  et  esleu  de  sa  propre 
bouche  son  héritier  universel  à  sçavoir  ledit  Charles  de  la 
Marche  es  seigneuries  de  la  Marche,  d'Esnay  et  de  Chassé  et  en 
tout  ce  que  esdittes  terres  et  seigneuries  luy  compete  et  apar- 
tient  tant  de  son  ancien  héritage  comme  aussy  de  tous  acquestz 
qu'il  a  faits  et  peu  faire,  ensemble  de  toutes  et  quelquonques 
leurs  appartenances  et  autres  acquêts  faits  ou  à  faire,  et  géné- 
ralement en  tous  et  quelquonques  bien  meubles,  immeubles, 
debtes  et  autres  dont  cy  dessus  n'est  disposé  ne  faitte  mention, 
qui  luy  competeront  et  apartiendront  au  jour  de  son  trespas,  à 
quelque  titre,  cause  ou  raison  que  ce  soit  ou  peust  estre,  ne  en 
quelquonque  part  qu'ilz  soient  situés  ou  assis,  y  compris  aussy 
le  chastel,  terre  et  seigneurie  dudit  Cbastelgirard  en  Bour- 

1.  Lcuoncourt. 


clxiv       ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE. 

gongne,  ensemble  la  descharge  montant  à  quatre  mille  deux 
cent  vingt  livres  de  quarante  gros  dont  cy  dessus  est  faitte 
mention.  Et  s'il  advenoit  que  ledit  Charles  de  la  Marche  termi- 
nast  vie  par  mort  auparavant  luy  sans  délaisser  hoirs  procréés 
de  son  propre  corps  en  léal  mariage,  iceluy  testateur  en  ce  cas 
et  dois  maintenant  pour  lors  dénomme  sa  vraye  héritière  laditte 
Philippote  de  la  Marche,  sa  fille,  pour  succéder  en  tous  et  quel- 
quonques  ses  biens  de  la  manière  cy  dessus  déclarée  et  comme 
eut  peu  faire  ledit  Charles  de  la  Marche,  pourveu  que  Cathe- 
rine Chamboye,  sa  belle  fille,  soit  contente  et  satisfaitte  de  son 
droict  de  douaire  et  d'autres  choses,  si  avant  que  Ton  se  sen- 
tira tenu  envers  elle  et  que  tout  soit  bien  fait  en  bone  équité  et 
raison. 

Item,  veut  ledit  testateur  et  ordone  que  une  custode  du  sacre- 
ment où  reposera  le  corps  de  Nostre  Seigneur,  laquelle  il  a  fait 
faire,  soit  mise  et  donée  par  les  exécuteurs  dénommés  en  sondit 
testament  en  l'église  où  son  corps  sera  enterré. 

Item,  et  pour  cettuy  présent  testament  mettre  à  exécution 
deue  selon  sa  forme  et  teneur,  il  a  prins,  nommé  et  choisy  et 
esleu  très-révérend  père  en  Dieu,  vénérable  et  discrette  per- 
sone,  messire  François,  archevesque  de  Bezançon  et  prévost  des 
églises  cathédrales  de  Saint-Lambert  en  Liège  et  collégiale  de 
Saint-Donat  de  Bruges,  messire  Thibaud  Barradol,  chevalier, 
conseiller,  chambellan  et  maistre  d'hostel  de  mondit  seigneur 
l'archiduc,  sire  Robert  Robine,  chapelain  domestique  d'iceluy 
seigneur,  Jean  de  la  Chapelle,  maistre  de  la  chambre  aux  deniers 
de  ma  très  redoutée  dame  Madame  l'Archiduchesse  d'Autriche, 
auxquels  ses  exécuteurs  et  à  chacun  d'eux  seul  et  pour  le  tout 
comme  à  ses  bons  seigneurs  et  vrays  amys  et  esquels  il  se  confie 
du  tout,  ledit  testateur  a  doné  et  done  par  ce  présent  instrument 
plain  pouvoir,  autorité  et  mandement  especial  de  disposer  et 
ordoner  en  toutes  et  singulières  les  choses  dessusdittes,  selon 
et  ainsy  qu'il  est  contenu  et  déclaré  cy  dessus,  les  requérant  en 
ce  vouloir  prendre  la  charge,  et  à  cette  fin  et  pour  à  ce  fournir 
leur  a  consenty  et  accordé,  consent  et  accorde  qu'ilz  puissent 
prendre  et  apréhender  tous  et  quelquonques  ses  biens  meubles 
et  immeubles  jusques  au  plain  fournissement  de  cettuy  son 
présent  testament. 


ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE.         clxv 

Item,  et  afin  qu'ilz  soient  de  tant  plus  enclins  à  vacquer  à 
l'exécution  audit  testament,  et  pour  leurs  peines,  labeurs  et 
vacations,  leur  a  doné  et  done,  à  sçavoir  à  mondit  seigneur  de 
Bezançon  cinquante  escus  de  quarante  huit  gros  pièce,  à  mes- 
sire  Thibaud  quinze  dudit  prix,  et  à  chacun  desdits  sire  Robert 
et  Jean  de  la  Chapelle  deux  marcs  d'argent,  et  au  surplus  a 
voulu  et  ordonné,  veut  et  ordone  que  cettuy  son  présent  testa- 
ment et  dernière  volonté  soit  valable  par  droict  de  testament 
dernier,  de  codicille  ou  de  quelquonque  autre  dernière  volonté 
et  par  toutes  les  meilleures  formes  et  manières  que  valoir  peut 
et  doit  de  droict  ou  de  coustume,  en  cassant,  révoquant  et  annu- 
lant tous  autres  testaments,  codicilles  et  quelquonques  autres 
volontés,  priant  en  outre  aux  tesmoins  cy  dessous  nommés 
vouloir  des  choses  dessusdittes  faire  foy  et  tesmoignage  en 
temps  et  lieu,  et  aussy  signer  cedit  testament  de  leurs  seings 
manuels,  et  à  nous,  notaires  cy  après  escrits,  luy  en  faire  un 
ou  plusieurs  instruments  publics  qui  se  puist  ou  puissent  cor- 
riger, refaire  et  admender  par  le  conseil  et  advis  du  sage,  sans 
toutesvoyes  au  principal  et  en  la  substance  faire  mention  ou 
changement  quelquonque. 

Ce  faict,  incontinent  après,  laditte  dame  Ysabeau  Machefoing, 
après  la  lecture  à  elle  faitte  dudit  testament,  consentit,  agréa, 
ratifia  et  appreuva  de  sa  franche  et  pure  volonté,  si  comme  elle 
disoit,  tout  ce  que  par  ledit  testament  a  esté  dict  et  ordoné, 
légaté  et  disposé,  et  mesme  renonche  à  son  droict  de  douaire 
selon  et  sous  les  conditions  cy  dessous  déclarées. 

Ces  choses  furent  faittes  et  passées  en  laditte  ville  de  Bruxelles, 
sur  la  porte  de  Thostel  de  mondit  seigneur  l'Archiduc  les  an, 
indiction,  jour,  mois  et  pontificat  dessusdits,  en  la  présence  de 
honorables  et  discrettes  persones  messire  Philippe  Loitte,  che- 
valier, seigneur  d'Aresse  et  pardessus  de  Salins,  Roland  Le 
Febvre,  seigneur  de  Thomesche,  maistre  Lyon  de  Saint- Vast, 
parsone  de  Herental,  maistre  Jean  Wouters,  maistre  de  la 
chambre  des  comptes  à  L'Isle,  Jean  Le  Blancq,  sommelier 
d'oratoire  du  Roy  des  Romains,  maistre  Jean  de  Rogierville, 
secrétaire  de  mondit  seigneur  l'Archiduc,  Jean  Desne,  somme- 
lier de  la  panneterie,  Jean  Courtois,  huissier  des  finances,  tes- 
moins à  ce  requis  et  appelés,  avec  le  scel  dudit  testateur  armoyé 


clxvj       ANNEXES  DE  LA  NOTICE  BIOGRAPHIQUE. 

de  ses  armes  cy  mis  et  apposé,  ensemble  et  avec  les  seings 
manuels  tant  de  luy  que  de  maditte  dame  Ysabeau  de  Mache- 
foing,  sa  compagne,  et  des  tesmoins  cy  dessus  escrits. 

Ainsy  signé  :  De  la  Marche,  Y.  Machefoing,  Phi- 
lippe Loytle,  Febvre,  de  Saint-Vast,  Wouters, 
J.  Albi,  de  Bogierville,  Desne,  Courtois. 

Suivent  les  attestations  des  notaires  apostoliques  et  impé- 
riaux Jehan  Canis  et  Jehan  de  Cart,  qui  ont  reçu  ce  testament 
et  l'ont  revêtu  de  leurs  signatures. 

(Ms.  de  la  Bibl.  nat.,  fonds  franc.  n°  4332,  copie  colla- 
tionnée  par  le  secrétaire  du  roi  de  Ghevanes.) 


MÉMOIRES 
D'OLIVIER  DE  LA  MARCHE 


PIECES  ANNEXEES. 


^ 

V 


S'ENSUYT  LESTAT  DE  LA  MAISON 


DUC  CHARLES  DE  BOURGOINGNE,  DIT  LE  HARDY4 


En  acomplissant  à  vostre  requeste,  monseigneur 
l'avitailleur  de  Calais,  j'ay  mis  en  brief  ce  que  j'ay 

1.  On  peut  comparer  à  cette  description  «  l'Estat  de  la  maison 
de  Charles,  dernier  duc  de  Bourgongne,  »  ms.  de  la  Bibl.  nat. 
n°  3867  fonds  franc,  (ancien  84302),  commençant  par  ces  mots  : 
«  Gomme  mon  très  redoubté  seigneur,  Monseigneur  le  duc  de 
Bourgongne  et  de  Brabant...  »  et  finissant  par  ceux-ci  :  «  et  aura 
de  gages  six  solz  par  jour  comptez  par  les  escroes  de  l'ostel  de 
mondit  seigneur.  Faict  audit  Nancy,  les  jour  et  an  dessusdicts.  » 
Ce  ms.  se  réfère  à  la  date  du  31  décembre  1475;  mais  l'écriture  en 
est  du  xvie  siècle.  C'est  la  copie  d'un  recueil  des  ordonnances  de 
Charles  le  Téméraire  sur  sa  maison  et  de  la  liste  de  ses  officiers  et 
gardes  avec  l'indication  de  leurs  gages.  —  Quant  à  l'État  publié 
ci-dessus,  sa  rédaction  primitive,  malgré  sa  date  apparente, 
est  vraisemblablement  de  1473.  (V.  la  Notice  bibliographique.) 
Nous  avons  ici  suivi  principalement  le  ms.  de  la  Haye  (Fonds 
Gérard,  B.  n°  62),  en  le  rapprochant  des  autres,  notamment  de 
ceux  de  Vienne  (V.  ibid.). 

IV  I 


%  MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

peu  comprendre  de  l'estat  de  la  maison  du  duc 
Charles  de  Bourgoingne,  mon  très  souverain  seigneur, 
ensemble  des  ordonnances  de  sa  guerre.  Et  commen- 
cerons à  Testât  de  sa  maison,  et  au  service  de  Dieu  et 
de  sa  chapelle,  qui  doit  estre  commencement  de  toutes 
choses  * . 

En  sa  chapelle  a  quarante  hommes,  à  comprendre 
ung  evesque,  son2  confesseur,  et  trois  autres  Jacopins 
prestres  et  confesseurs,  autres  chappellains  et  autres 
officiers,  organistes  et  sommeilliers3,  lesquels  chappel- 
lains, chantres  et  officiers  sont  gouvernez  par  le  pre- 
mier chappellain4.  Et  tous  les  jours,  où  qu'ilz  soient, 
chantent  les  heures  du  jour  et  la  grant  messe  solen- 
nel. Ouquel  service  et  à  toutes  heures  est  le  prince5 
quant  ils  sont  devers  lui,  et  principalement  à  la  messe 
et  aux  vespres.  Et  n'est  pas  à  oublier  que  l'evesque 
dessusdit  et  les  frères  Jacopins  sont  grans  clercs, 
doctes 6  et  prescheurs,  et  preschent  très  souvent. 

Et  d'abondant 7  a  le  duc  ung  aumosnier  et  ung  soubz 
aumosnier,  gens  de  tel  auctorité  et  de  tel  crédit,  qu'ilz 
font  les  aumosnes  pour  le  prince  par  discrétion 8  et  en 
conscience,  qui  sont  grandes  jusques  à  passer  xxm  livres 
par  an.  Et  pour  approuver  qu'il  soit  ainsi,  quant  le 

1.  Ce  premier  paragraphe  a  été  supprimé  dans  les  éditions  pré- 
cédentes. 

2.  «  Pour  son.  » 

3.  «  Organiste  et  sommellier.  » 

4.  D'après  le  ms.  n"  3867,  cité  ci-dessus,  la  chapelle  de  Charles 
se  composait  de  quinze  chapelains,  deux  demi-chapelains,  quatre 
clercs,  six  sommeliers  et  deux  fourriers. 

5.  «  Le  prince  est  présent.  » 

6.  «  Docteurs.  » 

7.  «  D'avantage.  » 

8.  «  Distributiun.  » 


MÉMOIRES    D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  3 

duc  doit  partir  d'une  ville,  son  aumosnier  lui  apporte 
par  escript  ce  dont  il  peut  enquérir  et  savoir  où  bien- 
tais  et  aumosnes  sont  bien  emploiées  en  icelle  ville,  si 
comme  de  vielles  gens,  povres  prisonniers  enchar- 
trez1,  femmes  gisans,  orphenins,  povres  filles  à  marier, 
gens  bruslez  de  feu,  marchans  destruis  par  fortune, 
et  toutes  autres  choses  nécessaires.  Et  à  chascun  le 
duc,  à  sa  dévotion,  départ  son  aumosne  et  signe  le 
papier  et  les  sommes,  et  sont  paiez  avant  que  l'au- 
mosnier  départe  de  la  ville.  Aussi  l' aumosnier  distri- 
bue et  départ  l'argent  de  l'offrande  du  prince  qui,  tous 
les  jours  et  où  qu'il  soit,  fait2  offrande  en  la  messe. 
Et  lui  est  icelle  offrande  présentée  par  le  plus  grant 
prince  de  son  hostel,  et  qui  là  soit.  Et  doit  l'aumos- 
nier  dire  le  benedicite  à  la  table  du  prince,  et  les 
grâces  après.  Et  à  icelles  grâces  doit  estre  le  maistre 
d'ostel  et  au  dessus.  Et  doit  l'aumosnier  lever  la  nef 
où  est  l'aumosne  devant  le  prince,  et  puis  oster  la 
nappe  de  la  table,  et  doit  commencer  au  hault  bout3. 
En  ensuivant  la  chappelle,  nous  parlerons  de  Testât 
du  conseil  et  de  la  justice,  pour  ce  que,  après  le  ser- 
vice fait  de  Dieu  en  l'Église,  la  justice  est  le  second 
service  dont  Dieu  doit  estre4  servy.  Et  pour  le  conseil, 
tant  de  ses  grans  affaires  comme  pour  ladicte  justice, 
le  duc  a  ung  ehancellier  en  chief,  ung  evesque  chief  du 
conseil  en  son  absence,  quatre  chevaliers  notables, 
vin  maistres  des  requestes,  quinze  secrétaires,  huis- 


1.  «    Comme  de  gens  anciens  ,  gens  pauvres  ,  prisonniers 
femmes.  » 

2.  «  Qui  tous  les  jours  se  font,  et  où  que  soit  faicte.  » 

3.  «  Qui  est  le  contraire  au  servir  viandes.  » 

4.  «  Est.  » 


4  MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE    LA   MARCHE. 

siers,  fourriers  et  autres  officiers  à  ce  servans.  Et 
quant  le  duc  n'est  point  en  la  guerre,  la  chambre  du 
conseil  se  tient  près  de  celle  du  duc.  Et  se  treuve  le 
duc  souvent  à  cedit  conseil,  et  principalement  à  déduire 
et  déterminer  grans  sentences  et  grans  affaires,  et  prent 
la  peine  d'oyr  toutes  les  opinions.  Et  ne  peut  en  celui 
conseil  entrer  sinon i  les  ordonnez,  les  chevaliers  de  la 
Thoison,  et  les  maistres  d'ostel,  sans  y  estre  par  le  duc 
ou  par  son  chancellier  menez  ou  mandez.  Et  me  passe 
de  deviser  de  l'auctorité  et  prééminence  du  chancel- 
lier, pour  ce  que  l'en  scet  bien  partout  que  ung  chan- 
cellier préside,  et  mesmes  en  la  présence2  du  prince  il 
demande  les  opinions.  Il  a  le  grand  seel  en  ses  mains, 
et  est  le  premier  homme  nommé  et  le  premier  officier 
et  devant  tous  en  toutes  choses3. 

En  ensuivant  le  fait  de  la  justice,  le  duc  estant  en 
ses  pays  tient  audience  publique  pour  oyr  et  despe- 
chier  toutes  requestes  qui  lui  sont  apportées,  et  prin- 
cipalement despovres  et  des  petis,  qui  pourroient  faire 
plainctes  des  riches  et  des  grans,  et  ne  pourroient 
approuchier  ne  avoir  lieu  devant  lui  ;  et  pour  ce  tient 
il  audience  publicque  en  sa  personne  deux  fois  la  sep- 
maine  ;  et  nous  arresterons  aux  cérémonies  et  pompes 
d'icelle  audience,  afin  que  du  tout  soit  adverty  en 
temps  et  par  ordre. 

Ladicte  audience  se  tient  le  lundi  et  le  vendredi,  et 

1.  «  Et  ne  peuvent  en  iceluy  conseil  autres  que.  » 

2.  «  Personne.  » 

3.  Les  six  derniers  mots  ont  été  détachés  de  ce  paragraphe, 
dans  les  éditions  précédentes,  et  maladroitement  rattachés,  comme 
suit,  à  un  paragraphe  qui  manque  dans  notre  manuscrit  : 

«  Et  devant  tout  en  toutes  choses,  audit  hostel  y  a  autre  dif- 
férence qu'en  France   :  le  connestable  va  devant,  et  encore  va 


MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  5 

le  duc  au  départir  de  son  disner  va  en  la  sale  où  l'au- 
dience est  préparée,  et  est  acompaigné  de  la  noblesse 
de  son  hostel,  assavoir  princes,  chevaliers4,  escuyers 
et  autres,  et  n'y  oseroit  homme  nul  faillir.  Le  duc  se 
siet  en  sa  chayere,  richement  parée  de  paile2  et  de 
drap  d'or,  et  le  marchepié,  qui  est  large  et  de  trois 
pas  de  montée,  est  tout  couvert  de  tapicerie  richement  ; 
et  à  ses  piez  a  ung  petit  bancq  auquel  sont  appoiez 
deux  maistres  des  requestes  et  l'audiencier,  qui  lisent 
les  requestes  devant  le  duc,  et  aussi  ung  secrétaire 
pour  enregistrer  les  appoinctemens  ;  et  sont  iceulx 
quatre  à  genoulx,  et  derrière  ledit  secrétaire  a  ung 
clerc  qui  enfile  les  requestes  en  ung  cordon,  selon  que 
les  luy  baille  ledit  secrétaire.  Et  sont  les  bancqs3  ordon- 
nez par  ordre,  à  l'encontre  du  passet4,  pour  seoir  les 
princes  du  sang,  les  ambassadeurs,  les  chevaliers  de 
l'ordre  et  les  grans  pencionnaires  par  ordre  ;  et  scet 
chascun  où  il  doibt  aler.  Et  derrière  la  chayere  et  le 
dos  du  duc  sont  empriz5  les  escuiers  du  duc,  c'est 
assavoir  ceulx  de  la  chambre,  qu'en  France  on  dit 
enfans  d'honneur,  qui  aucunefois  servent  à  Testât  d'es- 
chanson  ,  panetier  et  escuyer  trenchant ,  quant  le 
prince  est  en  chambre  à  sa  privauté  ;  et  point  d'es- 
cuyer  d'escuyrie,  pour  ce  que  cestuy  estât  se  sert 

par-dessus  un  lieutenant-général  ;  nota  que  ledit  chancellier  est 
de  plus  grand  proufit  que  celuy  de  France  car  il  congnoit  des 
finances  et  autres  choses  que  ne  faict  celuy  de  France.  » 

1.  «  Chancelier.  » 

2.  «  Palle,  »  tapis. 

3.  «  Chascun.  » 

4.  Passage. 

5.  Aliàs  :  «  empiez  »  (Ms.  de  Vienne  n°  3392).  «  En  pieds  » 
(édit.  précédentes). 


6  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE    LA   MARCHE. 

publiquement l.  Et  en  continuant2  la  fourme  de  l'au- 
dience3, la  sale  est  close  d'un  grant  parquet  tout  bail- 
lié,  et  clos  de  bancs  et  de  bailles4,  et  tout  couvert  de 
tapiceries  aux  armes  du  duc  ;  et  sont  au  costé  dextre 
les  panetiers  et  les  eschanssons,  escuiers  du  duc,  et 
au  costé  senestre  escuiers  trenchans  et  escuier  d'es- 
cuyrie,  et  sont  debout  appuyez  aux  bailes5.  Et  devant 
icelles  bailles  sont  bancs  à  l'entour  du  parquet,  où 
seent  les  chevaliers,  chambellans  et  estrangiers  qui 
surviennent,  et  aussi  les  maistres  d'ostel.  Et  au  bout 
d'iceluy  parquet,  devant  le  visaige6  du  prince  sont  les 
escuiers  hommes  d'armes  de  la  garde,  chascun  ung 
baston  au  poing,  ayans  bailles  comme  dessus7;  et  n'y 
vont  ce  jour  que  les  quinze  qui  doibvent  faire  le  guet 
devant  luy  à  leur  tour8.  A  l'entrée9  d'iceluy  parquet  et 
à  la  porte  sont  huissiers  d'armes,  et  devant  le  piet  du 
passet  sont  deux  sergens  d'armes  à  piet,  et  chascun 
la  masse  au  col,  aux  armes  du  prince.  Et  se  conduit 
ceste  ceremonye  par  les  maistres  d'ostel  ;  et,  l'assiette 
faicte,  sont  deux  portes  ouvertes  aux  deux  bouts  de 
la  sale,  et  entrent  par  l'une  ceulx  qui  apportent  les 
requestes  et  les  présentent  au  duc,  et  s'en  revont  par 

1 .  Ce  passage  depuis  «  de  la  chambre  »  jusqu  a  «  publiquement,  » 
ne  se  trouve  que  dans  le  ms.  de  la  Haye  n°  62,  et  n'existe  pas 
dans  ceux  de  Vienne,  nos  3360  et  3392. 

2.  «  Et  incontinent.  » 

3.  «  Passée.  » 

4.  Baillé,  bailles,  entouré  de  balustrades. 

5.  Mss.  de  la  Haye  et  de  Vienne.  Ce  passage  a  été  interverti 
par  les  précédents  éditeurs. 

6.  «  La  face.  » 

7.  Quatre  mots  omis  dans  les  mss.  de  la  Haye  et  de  Vienne. 

8.  «  A  l'entour.  » 

0.  «  Et  allencontre.  » 


MEMOIRES   D  OLIVIER    DE    LA   MARCHE.  7 

l'autre  porte;  et  sont  mises  icelles  requestes  sur  le 
banc  devant  ceulx  qui  les  doibvent  lire,  et  lisent  tour 
à  tour.  Et  le  duc  appoincte  les  requestes  à  son  plai- 
sir, et  selon  que  le  cas  le  requiert,  et  toutes  les  des- 
pesches  avant  qu'il  parte  de  la  place.  Et  pendant  ce 
temps  chascun  se  taist  et  tient  ordre  ;  et,  le  tout  achevé, 
s'en  rêva  le  duc1  en  sa  chambre,  et  puis  chascun  en 
ses  affaires. 

Continuant  la  cause2  de  la  justice,  le  duc  a  ung  pre- 
vost  des  mareschaux ,  fort  acompaigné  de  compai- 
gnons  de  guerre  ;  iceluy  prevost  sert  en  temps  de  paix 
de  faire  les  exécutions  criminelles,  et  a  par  tout  le 
pays  du  duc  juridiction  et  povoir,  et  par  toutes  villes, 
excepté  en  l'ostel  du  duc,  qui  est  en  la  juridiction  des 
maistres  d'ostel  ;  et  sert  icelui  prevost  pour  les  divers 
pays  et  les  diverses  seignouries  qui  sont  en  la  main 
du  duc.  Car,  ung  cas  criminel,  meudre  ou  autre,  faict 
en  Brabant,  le  criminel  ne  pourroit  estre  poursuivy 
en  Flandres  ne  en  Haynnau,  pour  ce  que  les  justices 
ne  ressortissent  point  l'une  à  l'autre;  et  pareillement 
de  pays  en  pays  se  sauveroient  les  malfacteurs.  Par- 
quoy  a  esté  ordonné  le  prevost  des  mareschaulx  pour 
aller  partout,  et  a  povoir  du  prince  par  tout3  ;  et  certes 
il  a  moult  prouflfité  depuis  le  règne  du  duc  Charles  ; 
car  il  a  dechassié  plusieurs  vicieux  4  malfaiteurs,  et 
a  puny  plusieurs  cas  mauvais,  et  dont  raison  vouloit 
punition.  Et  ou  temps  de  la  guerre,  le  prevost  des 
mareschaulx,  soubz  l'auctorité  du  duc  et  soubz  l'auc- 


1.  «  Le  duc  s'en  retourne.  » 

2.  «  Le  faict.  » 

3.  «  Pour  aller  par  toute  la  contrée.  » 

4.  Ce  mot  manque  dans  les  mss.  de  la  Haye  et  de  Vienne. 


8  MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

torité  des  mareschaulx,  conduict  les  marchans,  meet 
les  vivres  à  prix,  tient  la  justice  parmy  l'ost,  tant  cri- 
minelle comme  civile,  et  peut  oyr  de  toutes  matières, 
excepté  de  faict  de  guerre  ;  juge  et  exécute  criminelle- 
ment, appointe  et  juge  les  causes  civiles,  sans  y  appe- 
ler autre  personne,  s'il  ne  luy  plaist. 

Or  avons  devisé  de  l'ordre  de  justice.  Si  fault  devi- 
ser de  la  guerre  et  de  son  estât,  qui  est  l'appuy  et  le 
baston,  et  aussi  le  soustenail  de  la  seignourie  et  de  la 
chose  publique  ;  car  sans  seigneur  et,  sans  seignourie 4 
ne  povons  nous  vivre,  et  sans  soustenir  le  droict  et 
l'auctorité  du  seigneur  et  de  la  seignourie  du  pays  ;  et 
faut  aucunefois  les  soustenir  par  assault2,  et  aucune- 
fois  par  defence  ;  et  pour  ce  est  nommée  la  guerre  en 
l'arbre  des  batailles  ou  nombre  des  branches  de  jus- 
tice, et  se  nomme  justice  à  main  forte.  Pourquoy  en 
ensuyvant  mon  commencement,  qui  a  esté  du  service 
de  Dieu,  en  descendant  ue  l'Eglise  à  la  justice,  je  per- 
severeray  par  la  tierce,  qui  est  de  la  guerre,  et  par 
laquelle  Dieu  si  peut  et  doibt  estre  servy,  en  entrepre- 
nant et  faisant  guerre  justement,  et  en  l'exécutant  par 
forme  deue. 

Le  duc  a  quatre  chevaliers  ordonnez,  devant  les- 
quelz  se  mettent  les  matières  de  la  guerre,  pour  en 
faire  rapport  au  duc.  Et  se  assemblent  iceulx  quatre 
chevaliers  en  la  chambre  du  premier  chambellan,  où 
ilz  se  tiennent  à  conseil,  et  n'y  entrent  nulz  que  le 
premier  chambellan,  le  chancellier,  le  grant  maistre, 
les  quatre  chevaliers,  les  maistres  d'ostel  et  mares- 
chaulx de  l'ost  et  du  logis,  et  le  maistre  de  l'artillerie, 

1.  «  De  seigneur.  » 

2.  Attaque. 


MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  9 

le  roy  d'armes  de  la  Thoison  d'or,  et  deux  secrétaires 
du  nombre  dessusdit,  qui  escrivent  et  mettent  en 
forme  les  choses  conclûtes  et  advisées x .  Et  sont  iceulx 
secrétaires  nommez  et  ordonnez  pour  la  matière  de  ia 
guerre,  et  des  choses  advisées  et  exposées;  lesditz 
quatre  chevaliers  en  font  rapport  au  duc,  pour  en  faire 
son  bon  plaisir. 

Et  pour  ce  que  grant  chose,  grans  estas,  [et]  grans 
affaires  ne  se  peuvent  vuider  ne2  conduire  sans  grans 
deniers  et  sans  grandes  finances,  je  continueray  la  ma- 
nière de  servir  Dieu  par  la  quarte  voye,  et  monstreray 
comment  le  duc  voyt  et  congnoist  Testât  de  ses  finances, 
et  comment  le  service  de  Dieu  y  peut  estre  emploie  ; 
car  ung  prince,  par  despendre  sans  savoir  où  les 
deniers  se  prendent  et  treuvent,  apprent  ses  serviteurs 
à3  prendre  le  sien  sans  desserte,  et  retenir  à  ceulx  qui 
l'ont  desservy,  et  à  ordonner  et  distribuer  les  biens  à 
leur  plaisir  et  singulier  prouffit,  et  sans  discrétion; 
dont  le  peuple  porte  grans  faiz,  à  grans  cris4  et  grans 
plaintes  devant  Dieu  ;  pourquoy  il  appert  que  le  prince 
qui  a  le  regart  et  l'œil  aux  choses  dessusdictes  sert 
Dieu  et  luy  mesme  en  prouffit5  et  en  conscience. 

Le  duc  a  en  son  ostel  la  chambre  des  finances,  en 
laquelle  se  rapportent  tous  les  deniers  de  ses  pays, 
ordinaires  et  extraordinaires.  Là  viennent  tous  les 
deniers  et  les  receptes,  et  d'illec  sont  distribuez  les 
appointemens  aux  officiers,  selon  ce  qu'ilz   ont  de 


1.  «  Ordonnées  et  exposées.  » 

2.  Deux  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

3.  «  Apprend  à  ses  secrétaires  do.  » 

4.  «  Grand  faix,  grands  cris.  » 

5.  «  Sert  Dieu,  et  luy  mesme  en  prouiïite.  » 


10  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

charge.  Là  sont  ordonnez  deux  prothonotaires  de 
l'Eglise,  grans  seigneurs,  et  deux  notables  chevaliers  ; 
et  à  ce  bureau  siéent  iceulx  quatre,  en  chief  le  maistre 
de  la  chambre  aux  deniers  ;  et  celuy  reçoit  les  appoin- 
terons pour  la  despence  ordinaire,  tant  de  bouche 
comme  de  gaiges,  qui  montent  bien  par  an  à  plus  de 
quatre  cens  mille  livres.  Là  siet  le  trésorier  des  guerres, 
qui  reçoit  en  sa  main  tous  les  appointemens  de  tous 
les  gens  d'armes  tant  de  pié  que  de  cheval,  ordinaires 
et  extraordinaires  ;  et  monte  par  an  l'ordinaire  [à]  huict 
cens  mille  livres,  et  l'extraordinaire  communément  à 
huict  vingt  mille  livres  ;  et  départ  iceulx  deniers  aux 
clercs  et  commis  dessoubz  luy,  pour  en  faire  la  distribu- 
tion. Là  siet  l'argentier,  auquel  sont  baillez  les  appoin- 
temens pour  paieries  dons  des  ambassades  et  voyages, 
le  faict  des  habillemens  et  garderobe,  et  autres  choses 
extraordinaires,  et  n'est  pas  chose  que  l'on  sceust1 
mectre  en  règle  et  en  nombre  ;  mais  je  suis  acertené 
que  le  duc  Charles  a  despendu  pour  celuy  estât  seule- 
ment, chascun  an,  l'ung  portant  l'autre,  plus  de  deux 
cens  mille  livres.  Là  siet  le  receveur  gênerai,  qui  rend 
compte  de  toutes  les  receptes,  et  qui  toutes  viennent 
en  sa  main,  et  à  qui  les  receptes  particulières,  toutes 
en  gênerai,  viennent  à  compte.  Là  est  l'audiencier  qui 
signe  toutes  manières2  des  finances,  et  non  autres;  et  ne 
siet  à  iceluy  bureau  sinon  les  dessus  nommez.  Là  vient 
le  duc  bien  souvent,  et  ne  se  cloent  nulz  comptes  sans 
luy  ou  sans  son  sceu.  Il  signe  de  sa  main  tous  appoin- 
temens de  tous  dons  ;  il  signe  tous  comptes  et  tous 
rolles;  il  scet  bien  ce  qu'il  a  vaillant  et  ce  qu'il  des- 

1.  «  Puist.  » 

2.  «  Matières.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE.  M 

pend;  tout  chiet  en  sa  main,  et  tout  en  vuide,  et  luy 
mesme  siet  au  bureau  à  ung  bout1,  jecte  et  calcule 
comme  les  autres;  et  n'y  a  différence  en  eulx  en  ice- 
luy  exercite  sinon  que  le  duc  jecte  de  jectoirs2  d'or,  et 
les  autres  de  jectoirs3  d'argent.  En  icelle  chambre  a 
une  petite  table  à  part,  où  siet  le  greffier  et  les  clers  ; 
et  est  servie  des  huissiers 4  et  autres  officiers,  comme 
il  appartient. 

Or  ay  devisé  des  quatre  chambres  ordinaires  de 
l'ostel  du  duc;  si  est  nécessaire5  et  besoing  de  reciter 
le  nombre  des  grans  pencionnaires  qui  sont  en  sa  mai- 
son, où  il  y  a  six  ducs,  et  douze  autres  grans  person- 
naiges,  princes,  contes  et  marquis;  et  se  paient  iceulx 
personnaiges 6  par  la  main  de  l'argentier,  comme  il 
est  escript  cy  dessus. 

Et  au  regard  de  Testât  des  dames  et  de  leur  pen- 
cion,  je  n'en  fay  pas  grant  mention,  combien  que  ce 
soit  en  frait  pour  le  prince  plus  de  quarante  mille 
livres7  par  an. 

Il  est  besoing  que  j'entre  à  deviser  Testât  ordinaire 
et  comptes  par  les  escroes  et  escrips 8  de  l'ostel  du 
duc.  Et  certifie  qu'il  a  en  sa  maison,  oultre  et  pardes- 
sus les  dessus  nommez,  quarante  quatre  personnaiges9, 


1.  «  Sied  au  bout  du  bureau.  » 

2.  «  En  jects.  » 

3.  «  Jects.  » 

4.  Ce  mot  n'est  pas  dans  les  mss.  de  Vienne.  —  «  Fermée  de 
portiers.  » 

5.  «  Nécessité.  » 

6.  Mot  supprimé  par  les  précédents  éditeurs. 

7.  «  Écus.  »  Le  ms.  de  la  Haye  porte  seul  «  livres.  » 

8.  Deux  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 

9.  Le  ms.  n°  3867  précité  compte  trente-cinq  pensionnaires, 


\%  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE    LA   MARCHE. 

tant  princes,  contes,  marquis  et  grans  barons,  qui 
sont  journellement  comptez  par  les  escroes.  Item,  vingt 
chevaliers  comptez  par  demy  an,  les  uns  contre  les 
autres4.  Item,  trente  chevaliers  comptez  par  quatre 
mois,  qui  est  à  entendre  tousjours  dix  d'iceulx  trente2. 
Item,  quarante3  chevaliers 4  qui  sont  comptez  par  trois 
mois,  à  entendre  tousjours  dix  d'iceulx  quarante. 

Item,  oultre  et  pardessus  iceulx  chevaliers  comptez 
par  termes,  le  duc  a  quarante  autres  chevaliers,  qui 
sont  tousjours  comptez  aux  gaiges  et  pencions,  et  ont 
tel  estât  qu'ilz  ont  chascun  ung  hommes  d'armes  avec 
eulx.  Ainsi  sont  quatre  vingts  hommes  d'armes  en 
icelle  compaignie,  et  sont  iceulx  chevaliers  et  leurs 
hommes  conduitz  et  gouvernez  par  quatre  autres 
notables  chevaliers,  contes,  marquis  et  barons,  les- 
quelz  sont  chiefs  chascun  de  dix  chevaliers  et  de  leurs 
hommes  d'armes,  et  chevauchent  par  chambrées  en 
armes  et  soubz  la  cornette  de  leurs  chiefz. 

Le  duc  a  ung  premier  chambellan,  comme  desjà  il 
est  escript  cy  dessus,  soubz  lequel  sont  et  respondent 
tous  les  chambellans  chevaliers  dont  cy  dessus  est 
escript,  et  peuvent  en  toutes  causes  du  bureau  avoir 
leur  renvoy  devant  ledit  chambellan.  Et  touteffois  s'ilz 
sont  venus  sans  faire  deffault  devant  le  maistre  d'ostel, 
il  a  la  première  journée  5.  Il  a  la  clef  de  la  chambre 
du  prince  ;  il  a  le  scel  du  secret  en  garde  devant  tous 

dont  il  donne  la  liste  pour  l'année  1474.  Mais  six  furent  ajoutés 
à  cette  liste  en  1475. 

1 .  Le  ras.  n"  3867  en  compte  dix-neuf. 

1.  Ce  chiffre  est  aussi  donné  par  le  ms.  n°  3867. 

3.  «  Autres.  » 

4.  Le  ms.  n°  3867  ne  donne  la  liste  que  de  trente-neuf. 

5.  Cette  phrase  entière  a  été  omise  par  les  précédents  éditeurs. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  13 

les  autres;  son  droict  est  de  porter  la  bannière  en 
bataille;  des  fiefz  et  hommaiges  des  nobles  fais  au 
prince  il  doibt  prendre  le  serment  ;  il  a  la  première 
chambre  après  le  prince,  et  a  plat  et  service  comme 
luy  mesme,  et  doibt  estre  obey  en  ses  commandemens 
comme  le  lieutenant  du  prince. 

Le  duc  a  ung  grant  maistre  d'ostel  qui  peult  à  tous 
consaulx1,  tant  de  la  justice  comme  de  la  guerre;  et 
se  doibvent  adrecier  à  luy  reçoiptes  et  cœulloites 2  de 
princes  et  d'ambassades.  Il  peut  servir  aux  quatre 
nataulx3  de  l'an,  et  quant  le  prince  tient  estât  solem- 
nel.  Et  doibt  aller  devant  la  viande  du  prince,  le  bas- 
ton  levé  en  contremont  ;  mais  il  ne  doibt  point  faire 
les  assays  en  la  cuisine,  mais  les  doibt  faire  le  pre- 
mier maistre  d'ostel,  ou  l'ung  des  aultres  maistres 
d'ostel  en  son  absence.  Et,  la  viande  assise  devant  le 
prince,  le  grant  maistre  d'ostel  a  toutes  les  couver- 
tures de  tous  les  metz  dont  le  prince  est  servy,  tant 
de  la  première  fois  comme  de  la  seconde,  et  généra- 
lement4 de  tout  le  service  qui  est  à  iceluy  disner.  Et 
pour  donner  mieulx  à  entendre,  ces  choses  sont  le 
droit  du  grant  maistre  d'ostel  en  Bourgoingne  ;  mais 
je  ne  veulx  pas  jugier  qu'il  eust  celle  aucthorité  es 
pays  et  seignouries  que  tient  le  duc,  si  ce  n'estoit  que 
sa  retenue  fust  generalle,  donnée  par  le  prince  en 
droictz  et  prééminence,  telz  qu'il  les  peult  avoir  en 
Bourgoingne. 

Le  duc  a  ung  premier  maistre  d'ostel,  qui  a  chambre 

1.  Conseils. 

2.  Cérémonies  de  réception. 

3.  Les  quatre  grandes  fêtes. 

4.  Mot  omis  dans  les  éditions  précédentes. 


14  MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

et  plat  en  l'ostel  du  prince,  comme  le  premier  cham- 
bellan; et  au  surplus  a  quatre  autres  maistres  d'ostel, 
lesquelz  avec  le  premier  ont  le  regart  à  la  police  de 
la  maison  du  prince,  à  l'union  des  nobles  hommes  et 
autres  seigneurs  domestiques  de  la  maison  *.  Hz  con- 
duisent les  cérémonies  et  ordre  de  l'ostel,  ilz  ont  le 
regart  à  la  despence  du  prince,  ilz  tiennent  le  bureau 
une  fois  le  jour,  pour  compter  la  despence  du  jour 
précèdent,  et  pour  faire  justice  à  ung  chascun  ;  deux 
huissiers  de  salle  sont  les  sergens  du  bureau,  qui 
adjournent  les  parties  aux  requestes  d'autres  parties  ; 
et  dedans  trois  jours  faict  on  justice  à  ung  chascun  par 
justice  sommiere,  et  du  bureau  ne  peut  nul  appeller. 
A  ce  bureau  siéent  les  maistres  d'ostel,  le  maistre  de 
la  chambre  aux  deniers,  le  contrerolleur  et  deux  clercs 
d'office,  et  nulz  aultres  plus  qui2  qu'ilz  soient.  Le 
maistre  de  la  chambre  aux  deniers  voit  la  despence 
dont  il  fault  qu'il  face  payement,  qui  pour 3  jour  monte 
plus  de  huit  cens  livres,  comprins  gaiges  et  despens 
de  bouche,  qui  se  payent  seullement  par  ses  mains. 
Le  contrerolleur  voit  si  la  despence  est  bien  employée 
et  en  advertist  les  maistres  d'ostel,  et  voit  si  les  clercs 
d'office  ont  bien  recueilly  la  despence  du  jour  précè- 
dent. Les  clercs  d'office  rapportent  au  bureau  les 
parties  despensées  en  chascun  office,  et  les  rescrivent 
par  parties  et  par  office  en  ung  rolle  de  parchemin, 
pour  chascun  jour  ;  et  les  maistres  d'ostel,  le  maistre 
de  la  chambre  aux  deniers,  le  contrerolleur  jectent  et 
calculent  icelles   parties ,   et  sur  ce  sont  mises  les 

1.  Trois  mots  également  omis. 

2.  «  Et  nuls  autres,  quels.  » 

3.  «  Et  par.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LÀ   MARCHE.  15 

sommes  ;  et  pour  ce  faire  ont  tous  les  ans1  ung  chas- 
cun  d'eulx  pour  ung  marc  de  jects  d'argent  aux  armes 
et  devises  du  prince;  et  pareillement  font  tous  les 
jours  ung  autre  rolle  de  tous  les  noms  et  surnoms  de 
ceulx  qui  sont  comptez  par  les  escroes,  grans  et  petiz, 
de  quelque  estât  qu'ilz  soient.  Et  à  la  fin  des  noms 
d'ung  chascun  est  escripte  la  somme  de  combien  ilz 
sont  comptez  par  jour,  et  de  ce  comptent  et  royent2  les 
maistres  d'ostel  à  leur  discrétion ,  et  selon  les  ordon- 
nances du  prince.  Etlesdictes  sommes  et  despence  de 
gaiges  calculées  et  jectées  se  mettent  tout  en  une 
somme  du  jour,  et  sont  toutes  les  parties  particulières 
d'office  en  office,  ensamble  les  sommes  des  gaiges,  et 
puis  les  deux  parties  ensamble  par  une  somme  du  jour 
mises  et  escriptes  en  ung  fueillet  pour  chascun  jour 
ou  papier  du  controlle3;  et  faict  on  pour  chascune 
année4  ung  controlle,  où  il  y  a  aultant  de  fueilletz  qu'il 
y  a  de  jours  en  l'an,  et  non  plus  ;  et  ne  peult  on  escrire 
en  iceluy  controlle  que  en  la  présence  des  maistres 
d'ostel  ;  et  à  la  fin  de  l'an  se  porte  en  la  chambre  des 
comptes,  et  sert  pour  veoir  se  les  rolles  bailliez  jour- 
nellement au  maistre  de  la  chambre  aux  deniers  se 
rapportent  à  iceluy  controlle.  Les  clercs  d'office 
escrivent  toutes  autres  lettres  et  appointemens  fais  au 
bureau,  et  tous  les  jours  vont  en  chascune  office 
recueillir  les  parties  de  leurs  despences  pour  en  rendre 
compte  comme  il  est  escript  cy  dessus. 

Le  duc  a  quatre  sommelliers  pour  sa  chambre,  dont 

1.  «  Et  pour  ce  faict-on  tous  les  ans  pour.  » 

2.  Disposent  ;  portent  en  compte  ou  rayent  à  leur  volonté. 

3.  «  Gontrollcur.  » 

4.  «  Tous  les  ans  pour  chascune  année.  » 


16  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

le  premier  sommellier  a  en  la  court  chambre  et  plat, 
comme  les  maistres  d'ostel,  et  mengent  les  aultres 
sommelliers  avec  luy.  Et  ont  iceulx  sommelliers  la 
clef  de  sa  chambre,  et  servent  de  ordonner  Testât  de 
sa  chambre4,  et  peuvent  à  toutes  heures  devers  le 
prince. 

Item,  a  le  duc  pour  sa  chambre  seize  escuiers,  qui 
sont  gens  de  grant  maison,  et  servent  iceulx2  d'accom- 
paigner  le  prince  où  qu'il  voise,  àpiet  ou  achevai,  et 
d'avoir  regart  sur  sa  personne  et  sur  ses  habillemens. 
Hz  couchent  près  de  sa  chambre,  par  une  manière  de 
seureté  de  sa  personne.  Et  quant  le  duc  a  tout  le  jour 
labouré  en  ses  affaires  et  donné  audience  à  ung  chas- 
cun,  il  se  retrait  en  sa  chambre,  et  iceulx  escuiers 
vont  avec  luy3  faire  compaignie.  Les  ungs  chantent, 
les  autres  lisent  romans  et  nouvelletez,  les  autres  se 
devisent  d'amours  et  d'armes,  et  font  le  prince  passer 
le  temps  en  gratieuses  nouvelles.  Iceulx  escuiers 
peuvent  à  toutes  heures  en  la  chambre  du  prince,  s'il 
n'y  a  conseil;  ilz  ont  chambre  à  court,  plat  et  viande, 
comme  les  maistres  d'ostel  du  prince. 

Et  pour  ce  que  j'ay  commencé  à  parler  de  la 
chambre  du  prince,  je  continueray  sans  avoir  regart 
aux  estatz,  mais  pour  faire  mieulx  par  ordre. 

Le  duc  a  six  docteurs  médecins,  et  servent  iceulx  à 
visiter  la  personne  et  Testât  de  la  santé  du  prince. 
Et  quant  le  duc  est  à  table,  iceulx  médecins  sont  der- 
rière le  bancq,  et  voient  de  qùoy  et  de  quelz  metz  et 
viandes  Ton  sert  le  prince,  et  luy  conseillent,  à  leur 

1.  Cette  phrase  entière  a  été  omise  par  les  précédents  éditeurs, 
depuis  :  «  et  servent.  » 

2.  «  Escuvers.  »  —  3.  «  Pour  luv.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE    LA    MARCHE.  17 

adviz,  lesquelles  viandes  luy  sont  plus  prouffitables  ; 
ilz  peuvent  à  toutes  les  heures  en  la  chambre  du  prince 
et  sont  gens  si  notables,  si  bons  et  si  grans  clercs, 
qu'ilz  peuvent  estre  à  beaucop  de  conseilz  huchiez 
et  appelez 1  ;  ilz  ont  plat  à  court,  comme  le  premier 
sommellier,  mais  ilz  n'ont  point  de  chambre  ordinaire. 
Le  duc  a  quatre  surgiens2  ;  ces  quatre  servent  pour 
la  personne  du  duc,  et  pour  ceulx  de  son  hostel  et 
autres  ;  et  certes  ce  ne  sont  point  de  ceulx  qui  ont  le 
moins  à  faire  en  sa  maison  ;  car  le  prince  est  cheva- 
leureux,  et  de  tel  exercite  de  guerre,  que  par  bleceure 
de  cop  à  main,  de  trait  à  pouldre  ou  aultrement,  il  a 
bien  souvent  tant  de  gens  bleciez  en  sa  maison  et  en 
ses  ordonnances,  que,  tant  pour  le  grant  nombre  que 
pour  les  divers  lieux  où  les  bleciés  sont,  cinquante 
surgiens  diligens  auroient  assez  à  besoigner,  à  faire 
leur  devoir  des  cures  qui  y  surviennent.  Et  pour  ceste 
cause  a  ordonné  le  duc  en  chascune  compaignie  de 
cent  lances  ung  surgien.  Iceulx  quatre  surgiens  du  duc 
ne  prendent  riens  des  compaignons  estrangiers  ne  des 
povres  qui  sont  au  service  du  prince,  et  s'attendent  à 
luy  pour  leurs  oingnemens  et  drogueries  de  satisfac- 
tion, et  peuvent  en  la  chambre  à  toutes  heures,  comme 
les  médecins3. 


1.  Trois  mots  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

2.  Chirurgiens. 

3.  Tout"  ce  paragraphe  a  été  remanié  comme  suit  par  les  précé- 
dents éditeurs  :  «  Le  duc  a  quatre  chirurgiens  :  ces  quatre  servent 
pour  la  personne  du  duc,  et  pour  ceux  de  son  hostel  et  autre»;  et 
certes  ce  ne  sont  point  de  ceux  qui  ont  le  moins  affaire  en  la  maison  : 
car  le  duc  est  prince  chevaleureux,  et  de  tel  exercice  de  guerre, 
que  par  blessure  de  coup  à  main,  de  trait  de  pouldre  ou  aultre- 
ment, il  a  bien  souvent  tant  de  gens  blessés  en  sa  maison  et  en 

iv  2 


18  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Le  duc  a  ung  garde  des  joyaulx  et  son  ayde;  et  est 
celuy  garde  des  joyaulx  fort  privé  du  prince  ;  car  il 
a  en  ses  mains  ung  million  d'or  vaillant;  et  sert  à 
garder  les  deniers  de  l'espargne  du  prince,  tous  ses 
joyaulx  d'or  et  de  pierries,  dont  le  duc  est  riche,  eV 
en  a  les  plus  beaulx  que  l'on  sache.  Il  a  en  sa  main 
toute  la  vaisselle  d'or  et  d'argent,  tous  les  habillemens2 
et  aournemens  de  sa  chapelle;  et  cuide  qu'il  en  a  en 
vaisselle  d'argent,  [que]  blanche  que  dorée,  cinquante 
mille  marcs  en  ses  mains. 

Le  duc  a  bien  quarante  varletz  de  chambre,  dont 
la  plus  part3  servent  tousjours,  et  les  autres  sont 
comptez  par  terme,  et  servent  iceulx  en  la  chambre 
en  diverses  manières,  les  barbiers  en  leurs  estaz,  les 
chaussetiers ,  tailleurs,  cousturiers,  fourreurs  et  cor- 
douaniers,  chascun  en  leurs  estaz.  Les  paintres  font 
les  cottes  d'armes,  banieres  et  estandars;  les  aultres 
varletz  de  chambre  servent  de  faire  le  lict,  et  à  mettre 
à  point  la  chambre  ;  et  doibt  le  fourrier  battre  et 
escourre4  le  lict5,  c'est  à  sçavoir  la  coustelle6  et  le 

ses  ordonnances,  que  aultre  part  en  divers  lieux  blessés,  que  cinc- 
quante  chirurgiens  diligens  auroyent  assez  à  besoigner,  à  faire 
leur  devoir  des  cures  qui  surviennent.  Et  pour  ceste  cause  a 
ordonné  le  duc  en  chascune  compaignie  de  cent  lances  ung  chi- 
rurgien. Lesdits  quatre  chirurgiens  du  duc  ne  prendent  rien  des 
povres,  ne  des  compaignons  estrangiers  qui  sont  au  service  du 
prince,  et  s'attendent  à  luy  de  la  satisfaction  de  leurs  ongue- 
ments  et  drogueries,  et  peuvent  à  la  chambre  à  toutes  heures, 
comme  les  médecins.  » 

1.  «  Et  lequel.  » 

2.  Mot  supprimé  par  les  précédents  éditeurs. 

3.  «  La  plus  grand  part.  » 

4.  Secouer. 

5.  Les  éditions  précédentes  ajoutent  :  «  Et  mettre  à  point  la 
chambre.  »  —  6.  Le  lit  de  plume. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  19 

coussin  où  le  prince  doit  gésir  ;  et  pour  ce  seullement 
est  le  fourrier  nommé  varlet  de  chambre  ;  et  doibvent 
les  principaulx  estendre  les  linceux1  et  la  couverture. 
Et  doibt  le  sommellier  tenir  une  torche  en  ses  mains 
pour  veoir  faire  le  lict,  et  après  refermer  les  cour- 
dines2.  Et  doibt  l'ung  des  quatre  sommelliers  garder 
le  lict,  jusques  à  tant  que  le  prince  soit  couchié. 

Le  duc  a  deux  espiciers  et  deux  aydes,  et  sont  iceulx 
espiciers  si  privez  du  prince  qu'ilz  lui  baillent,  sans  y3 
autres  appeller,  tout  ce  que  le  prince  demande  touchant 
médecine.  L'espicier  apporte  le  drageoir  du  prince 
jusques  devant4  sa  personne,  à  quelque  grant  feste  ou 
estât  que  ce  soit  ;  le  premier  chambellan  prent  le  dra- 
geoir et  baille  l'assay  à  l'espicier,  et  puis  baille  le  dra- 
geoir au  plus  grant  de  l'hostel  du  duc  qui  là  soit;  et 
sert  iceluy  du  drageoir  le  prince,  et  puis  le  rent  au 
premier  chambellan,  et  le  premier  chambellan  le 
rend5  à  l'espicier.  Ledit  espicier  délivre  toutes  drage- 
ries  et  confitures;  il  faict  et  délivre  l'ypocras;  et  a 
priz  ordinaire  en  la  livre  d'espice  de  chambre  et  en  la 
quarte  d'ypocras,  et  se  compte  par  les  escroes,  soubz 
Testât  de  la  fourrière. 

Or  ay  devisé  de  Testât  de  la  chambre  et  de  divers 
offices  y  appartenans.  Si  faut  que  je  entre  suyve  ma 
matière;  et  entreray  à  deviser  de  quatre  estaz  qui 
servent  le  corps  et  la  bouche  du  prince. 

Et  premièrement,  commencerons  à  deviser  Testât 

1.  Draps  de  lit. 

2.  «  Gourdines  ;  »  rideaux. 

3.  «  Nuls.  » 

4.  «  A.  »» 

5.  Deux  mots  omis  dans  les  éditions  antérieures. 


20  MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE    LA    MARCHE. 

des  panetiers,  et  pourquoy  ne  en  quel  temps  iceluy 
estât  doibt  estre  premier  nommé,  car  Testât  du  pane- 
tier,  de  l'eschanson,  de  l'escuyer  trenehant  et  de  l'es- 
cuyer  d'escuyrie,  sont  aussi  nobles  les  uns  que  les 
autres,  [et]  les  gaiges  aussi  des  uns  que  des  autres;  et 
pour  ce  que  c'est  tout  ung,  quant  à  noblesse  et  à  estât, 
mais  il  faut1  en  toutes  choses  ordre,  règle2  et  raison. 
Si  deviseray,  selon  ce  que  j'ay  peu  aprendre3  et  con- 
cevoir, comment  iceulx  estaz  doivent  aller  et  estre 
conduis. 

Le  duc  a  ung  premier  panetier,  et  cinquante 
escuyers  panetiers  ;  et  sont  conduis  à  la  guerre  et  à  la 
paix  soubz  le  premier  panetier,  et  sont  gouvernez  par 
cinq  chiefz  de  chambre  ordonnez  par  le  prince,  dont 
chascun  a  neuf  panetiers  soubz  luy  ;  et  chevauchent 
tous  soubz  la  cornette  du  premier  panetier  en  une 
escadre.  Et  ay  nommé  le  premier  estât  des  panetiers; 
car  en  ensuyvant  la  règle  des  escroes  et  des  ordon- 
nances faictes  en  la  maison  de  Bourgoingne,  de  plus 
de  cent  ans 4,  doibt  estre  le  panetier  le  premier  nommé, 
pour  l'honneur  du  sainct  sacrement  de  l'autel,  dont  le 
pain  est  la  saincte  chose  où5  le  précieux  corps  de  Nostre 
Seigneur  Jésus  Christ6  est  consacré. 

Le  premier  panetier  faict  la  despence  de  la  panete- 
rie,  et  se  compte  soubz  luy7  celle  despence  par  les 

1.  «  Toutesfois  faut-il.  » 

2.  Mot  omis. 

3.  «  Comprendre.  » 

4.  «  Passés.  » 

5.  «  Dont.  » 

6.  Deux  mots  omis. 

7.  Les  précédents  éditeurs  n'ont  pas  bien  lu  ces  deux  mots  et 
les  ont  remplacés  par  «  toute.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  21 

escroes  ;  il  sert  en  l'absence  des  maistres  d'hostel,  se 
tous  estoient  dehors.  Et  est  la  cause  pourquoy  aucuns 
veullent  dire  que  le  premier  panetier  a  droit  d'estre 
pourveu  de  Testât  de  premier  maistre  d'hostel  ou  * 
maistre  d'hostel  avant  tous  les  autres,  mais  quant  à  ce 
qu'il  a  droit,  il  n'en  a  point;  ains  le  peut  faire  le  prince 
de  qui  qu'il  luy  plaist,  sans  faire  tort  audit  premier 
panetier.  Bien  est  vray semblable  que  le  premier  pane- 
tier, qui  a  faict  despence  journellement,  et  a  desjà 
servy  en  l'absence  des  maistres  d'hostel,  et  a  compté 
au  bureau,  et  qui  a  cognu  Testât  de  la  despence  de  la 
maison  du  prince  par  praticque,  doibt2  mieux  entendre 
et  cognoistre  par  raison  ce  que  ung  maistre  d'hostel  a 
à  faire,  que  ne  font  ceulx  qui  n'ont  point  praticque 
ladicte  despence.  Et  en  ce  cas  doibt  estre  pourveu  par 
raison.  Et3  certes  pour  les  raisons4  dictes,  ledit  panetier 
doibt  estre  premier  nommé,  et  doibt  aller  devant,  sinon 
en  certain  temps  que  je  diray,  quant  je  deviseray5  les 
ordres  et  les  mutations  en  temps  et  en  lieu. 

Et  en  continuant  Testât  des  panetiers,  je  deviseray 
comment  le  panetier  se  doibt  conduire  à  servir  la 
bouche  du  prince.  Quant  le  prince  veult6  disner  et  qu'il 
est  couvert,  l'huissier  de  salle  va  quérir  le  panetier 
qui  doibt  servir  pour  ce  jour,  et  le  maine  en  la  pane- 
terie.  Et  là  le  sommelier  de  la  paneterie  baille  une 
serviette  audit  panetier,  et  la  baise,  en  faisant  créance7  ; 

1.  Cinq  mots  omis. 

2.  «  Il  est  bien  vraysemblable,  dis-je,  qu'il  doibt.  » 

3.  Six  mots  omis. 

4.  «  Dessus.  » 

5.  «  Temps,  ainsi  que  j'adviseray.  » 

6.  «  Va.  » 

7.  «  Gredance.  » 


22  MÉMOIRES    D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

et  le  panetier  la  met  sur  son  espaule  senestre,  les 
deux  bouts  pendans  devant  et  derrière  ;  et  puis  le 
sommelier  luy  baille  la  salliere  couverte,  laquelle  ledit 
panetier  doibt  porter  entre  ses  dois  tenant  entre  le 
piet  et  le  ventre  de  la  salliere,  en  différence  du  gou- 
bellet,  qui  se  doibt  porter  par  le  piet;  et  va  le  pane- 
tier après  l'huissier  de  la  salle,  la  teste  nue  ;  et  après 
luy  va  le  sommellier,  qui  porte  en  ses  bras  la  nef 
d'argent  qui  sert  à  l'aumosne1  ;  et  dedans  icelle  nef2 
sont  les  trenchoirs  d'argent  et  la  petite  salliere,  et 
une  autre  petite  nef;  ensamble  le  baston3  et  lycorne 
dont  on  faict  l'espreuve  en  la  viande  du  prince.  Et,  eulx 
venus  en  la  salle  et  devant  la  table,  le  sommellier 
doibt  asseoir  la  nef  où  le  panetier  luy  monstre,  et 
doibt  estre  le  bas  bout  ;  et  le  panetier  ouvre  la  salliere, 
et  du  couvercle  prend4  du  sel,  et  le  baille  audit  som- 
mellier, qui  en  faict  l'assay  en  présence  dudit  panetier  ; 
et  lors  assiet  iceluy  panetier  sa  salliere  et  ses  tren- 
choirs, la  petite  salliere,  la  petite  nef  et  l'espreuve, 
et  puis  met  sa  serviette  pendant 5  à  la  nef.  Et  quant 
le  prince  veult  laver,  le  panetier  baille  la  serviete  au 
premier  maistre  d'hostel  qui  doibt  servir  pour  ceste 
fois.  Le  maistre  d'hostel  le  doibt  bailler  au  premier 
chambellan,  et  le  premier  chambellan  le  baille  à  sa 
discrétion  au  plus  grant  de  luy,  se  plus  grant  y  a,  et 
rend  au  maistre  d'ostel  icelle  serviete.  Après  que  le 
prince  a  essué  ses  mains,  le  maistre  d'hostel  la  rend 


1.  «  Aux  aumosnes.  » 

2.  «  D'argent.  » 

3.  «  D'argent.  » 

4.  «  Doibt  prendre.  » 

5.  «  Pendre.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  23 

au  panetier,  qui  la  reploie  et  remet  sur  son  espaule, 
et  puis  s'en  va  après  le  maistre  d'hostel  en  la  cuisine  ; 
et  à  lever  les  metz,  le  panetier  lieve  *  les  couvertures, 
et  le  maistre  d'hostel  faict  les  assays  desdits  metz  ;  et, 
ce  faict,  ledit  panetier  recouvre  le  plat,  et  baille  les 
plats  couvers  par  celle  manière  les  ungs  après  les 
autres  aux  gentilshommes  des  quatre  estaz,  qui  ont 
suyvy  pour  apporter  la  viande  du  prince,  et  aux 
paiges  et  varletz  servans  du  prince.  Geulx  sont  ordon- 
nez à  porter  la  viande  du  prince2,  et  sont  nues  testes. 
Et,  la  viande  chargée,  le  saulsier  présente  au  panetier 
verjus,  et  le  panetier  prend  ung  assay  pour  chascune 
saulse  et  le  baille  au  saulsier 3  pour  en  faire  la  créance  ; 
et  le  panetier  doibt  porter  lesdictes  saulses,  et  est  la 
cause  pourquoy  le  panetier  baille  l'assay  au  saulsier, 
et  non  pas  le  maistre  d'hostel,  et  si  ne  baille  que  ung 
assay,  et  le  maistre  d'hostel  deux,  et  ce  pour  ce  que 
le  panetier  rend  compte  seul  de  ce  qu'il  lieve4;  et  le 
maistre  d'hostel  ne  le  queux 5  n'en  rendent  plus  de 
compte,  mais  mettent  la  viande  en  la  charge  du  pane- 
tier et  de  l'escuier  qui  la  porte  ;  et  pour  ce  baille  le 
maistre  d'hostel  deux  assays  pour  chascun  metz;  ainsi, 
la  viande  chargée,  l'huissier  se  met  devant  le  maistre 
d'hostel  et  après  luy  le  panetier,  et  puis 6  les  metz  vont 
après  et  doibt  estre  le  plat  le  premier7.  L'escuier  de 
cuisine  doibt  venir  après  la  viande,  et  devant  le  prince 

1.  «  Ouvre.  » 

2.  Dix-sept  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 

3.  Huit  mots  également  omis. 

4.  «  Livre.  » 

5.  Cuisinier. 

6.  Mot  supprimé. 

7.  Sept  mots  omis. 


24  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

s'agenouille  l'huissier  en  faisant  place  et  voie,  et  puis 
le  maistre  d'hostel  qui1  se  met  au  bout  de  la  table,  où 
il  doit  demourer  jusques  à  tant  que  la  viande  soit 
assise  et  assays  fais,  et  doibt  avoir  tousjours  l'œil  et 
le  regart 2  sur  ce.  Et  le  panetier  assiet  la  viande  sur  la 
table,  et  puis  prend  son  assay,  et  le  baille  aux  autres 
l'ung  après  l'autre.  Et  se  remet  le  panetier  au  bout  de 
la  table  devant  la  nef,  et  sert  le  duc  à  deux  fois,  et  à 
chascune  fois  de  douze  ou  treize  metz;  et  le  soupper 
se  sert  à  une  fois  ;  et  doibt  le  panetier  prendre  ung 
des  couteaulx,  et  mettre  le  sel  de  la  grande  salliere 
en  la  petite,  et  faire  son  assay,  et  le  mettre  devant  le 
prince.  Le  panetier  prend  au  buffet  les  oublies;  et  s'il 
y  a  assemblée  au  banquet,  il  peut  asseoir  les  oublies 
devant  tous  ceulx  qui  sont  assis  à  la  table  du  prince, 
et  non  aultres  ;  et  puis  le  sommellier  de  la  paneterie 
apporte  au  panetier  une  blanche  serviette  courte  ployée 
et  la  baise,  et  le  panetier  l'enveloppe  en  une  serviette 
qu'il  a  sur  le  col  au  droit 3  de  sa  poictrine  ;  et  c'est 
la  cause  pourquoy  le  panetier  met  les  deux  boutz  de 
la  serviette  en  sa  chinture,  afin  qu'il  puist  mieux  tenir 
et  garder  la  serviette  qui  luy  doibt  estre  baillée.  Et 
après  avoir  receu  ladicte  serviette,  le  panetier  rend 
au  sommellier  les  trenchoirs,  la  petite  nef  et  les  sal- 
lieres.  Et  au  regard  de  la  grant  nef,  l'aumosnier  la 
doibt  lever  comme  il  est  dit  cy  dessus4  ;  et,  la  nappe 
ostée,  le  panetier  desveloppe  sa  serviette  et  la  baise, 
et  puis  la  desploie  devant  le  prince  et  tient  le  bout  de 

1.  Mot  supprimé  avec  raison  par  les  précédents  éditeurs. 
'2.  Trois  mots  omis. 

3.  «  Ses  espaules  auprès.  » 

4.  «  Ci-dossus  esl  declairé.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  25 

sa  serviette  à  son  costé  et  l'escuier  trenchant  de  l'aultre. 
Et  la  cause  pourquoy  l'escuier  trenchant  prent  le  hault 
bout,  c'est  pour  tenir  l'ordre  qu'ilz  ont  tenu  à  la  table 
devant  le  prince1.  Et  quant  le  prince  a  ses  mains 
essuées,  ledit  panetier  doibt  reprendre  la  serviette, 
et  la  rend  au  sommellier  avec  la  première.  Et,  en  def- 
fault  du  maistre  d'hostel  et  du  panetier,  le  panetier  ser- 
vant doibt  tenir  le  lieu  de  maistre  d'hostel  aux  grâces, 
et  doibt  faire  les  assays  en  la  cuisine  en  l'absence 
d'iceulx.  Le  premier  panetier  doibt  servir  aux  quatre 
nataulx  de  l'an  en  sa  personne,  et  les  aultres  jours  il 
doibt  ordonner  au  bureau  qui  servira,  et  faire  royer 
les  defaillans,  en  les  accusant  au2  bureau.  Et  pour  les 
affaires  du  prince,  soit  à  la  paix  soit  à  la  guerre,  il 
ordonne  aux  chiefz  de  chambre ,  et  les  chiefz  de 
chambre3  à  ceulx  qui  sont  dessoubz  eulx,  et  tient  le 
regard  à  faire  et  accomplir  ce  que  le  prince  a  com- 
mandé4. 

Et  pour  entre  suyr  l'ordre  de  la  paneterie,  je  devi- 
seray  ce  que  l'on5  despend,  et  commenceray  aux  var- 
letz  servans  qui  font  le  pain.  Et  combien  que  ce  soit 
estât  de  nobles  hommes,  ilz  sont  appeliez  varletz  ser- 
vans, pour  ce  que  c'est  le  commencement  de  Testât. 
Et  communément  le  prince  met  varletz  servans  de  ses 
paiges0,  et  montent  à  estât  d'escuiers  pour  la  bouche  ; 


1.  Quarante-quatre  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes, 
depuis  «  et  tient.  » 

2.  «  Audit.  » 

3.  Cinq  mots  omis. 

4.  «  Désire.  » 

5.  «  Ce  qu'il  en.  » 

6.  «  Met  ses  paiges  vàrlets  servans.  » 


20  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

et  de  là  viennent  à  croissance  (Testât  *  selon  leurs  ver- 
tus et  la  maison  dont  ils  sont2.  Le  duc  a  huict  varletz 
servans  comptez  par  terme  ;  et  doibt  le  varlet  servant 
aller  d'heure  à  la  paneterie3  et  demander  le  pain,  les 
coutteaux  et  les  serviettes  ;  le  sommellier  luy  baille  le 
pain  et  le  garde  linge4  les  coutteaux  et  trois  ser- 
viettes ;  le  varlet  servant  en  doibt  prendre  l'une,  et  enve- 
lopper la  main  dont  il  doibt  tenir5  le  pain  de  bouche, 
et  doibt  chapelier  iceluy  pain,  et  donner  et  bail  1er l'essay 
au  sommellier,  et  pareillement  des  pains  bis,  dont  il 
doibt  taire  les  trenchoirs  et  les  essays  pour  le  prince. 
Et  quant  le  varlet  servant  a  le  pain  chappellé,  il  doibt 
prendre  l'une  des  serviettes  et  mettre  le  pain  dedans, 
et  puis  prendre  la  seconde  serviette  toute  ploiée,  et 
mettre  sur  le  pain  et  puis  envelopper  de  la  serviette 
le  pain  si  que  il  soit 6  tout  couvert,  et  en  après  7  la  nouer 
dessus.  Et  doibt  le  varlet  servant  faire  les  trenchoirs 
de  pain  bis,  et  en  doibt  faire  huict  pilles  de  quatre  tren- 
choirs, et  les  doibt  lier  de  la  tierce  serviette,  et  doibt 
nettoyer  les  coutteaux  de  quoy  l'on  doibt  trenchier 
devant  le  prince.  Et  quant  le  panetier  porte  la  salliere, 
le  varlet  servant  doibt  aller  après  le  sommellier  de  la 
paneterie  et  doibt 8  avoir  en  son  bras  senestre  les  cout- 
teaux pendans  en  la  gayne,  et  en  icelle  main  porter  les 
trenchoirs  de  pain,  et  en  la  main  dextre  doibt  porter 

1.  Deux  mots  omis. 

2.  «  Venus.  » 

3.  «  Aller  à  la  paneterie  de  bonne  heure.  » 

4.  «  Luy  baille.  » 

5.  «  Tient.  » 

6.  «  Et  mettre  sur  le  pain  tant  qu'il  soit.  » 

7.  «  Puis.  » 

8.  Neuf  mots  omis. 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  27 

le  pain  pour  le  prince  ;  et  quant  le  panetier  et  le  som- 
mellier  ont  tout  assiz,  le  varlet  servant  doibt  mettre 
son  pain  et  les  trenchoirs  sur  la  table,  et  puis  doibt  tirer 
les  coutteaux,  et  doibt  asseoir  les  deux  grans  cout- 
teaux,  en  baisant  les  manches,  devant  le  lieu  où  le 
prince  doibt  estre  assis,  et  doibt  mettre  les  pointes 
devers  le  prince,  en  couvrant  icelles  pointes  de  la  nappe 
qui  est  redoublée;  et  puis  doit  mettre  le  petit  cout- 
teau  au  milieu  des  deux  grans,  et1  mettre  le  manche 
devers  le  prince  ;  et  les  causes  pourquoy2  sont  que 
les  grans  coutteaux  se  doibvent  retirer  par  l'escuier 
trenchant,  et  pour  ce  sont  les  manches  devers  luy,  et 
le  petit  coutteau  est  tourné  au  contraire,  pour  ce  que 
le  prince  s'en  doibt  aydier.  Et,  les  coutteaux  et  les 
trenchoirs  assiz,  le  varlet  servant  doibt  mettre  le  pain 
sur  les  deux  coutteaux,  et  les  trenchoirs  demeurent 
emprès  la  petite  nef.  Et  quant  le  prince  est  venu  et 
assiz,  et  la  viande  venue,  le  varlet  servant  doit  des- 
noucr  la  serviette  où  sont  iceulx  trenchoirs,  et  les 
mettre  en  ordre  et  par  pilles  devant  la  nef,  et  puis  doit 
prendre  le  plus  grant  coutteau,  et  faire  de  l'une  des 
pilles  des  essays,  et  les  bailler  au  panetier,  pour  faire 
les  essays  de  la  viande.  Il  doit  attacher  la  gayne  des 
coutteaux  au  tréteau  de  la  table,  au  droit3  de  la  nef,  à 
la  couverte  de  la  nappe  ;  et  doit  le  varlet  servant 
prendre  la  petite  nef  où  est  la  lycorne,  et  la  porter  au 
sommellier4  au  buffet,  et  le  sommellier  doit  mettre  de 
l'eaue  fresche  sur  la  lycorne  et  en  la  petite  nef,  et  doit 

\.  «  Doibt  aussi.  « 

2.  Mot  omis  dans  les  éditions  précédentes. 

3.  «  A  l'endroit.  » 

4.  «  Qui  est.  » 


28  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

bailler  l'essay  au  sommellier,  vuydant  de  la  petite  nef 
en  une  tasse,  et  la  doit  apporter  à  sa  place,  et  faire 
son  essay  devant  le  prince,  vuydant  l'eaue  de  la  nef 
en  sa  main  ;  et  doibt 4  le  varlet  servant  soy  tenir  der- 
rière l'escuier  trenchant,  et  recevoir  tous  les  plats  qui 
se  lievent  par  luy  de  devant  le  prince,  et  doibt  bailler 
iceulx  plats  aux  commis  de  la  saulserie,  qui  doibvent 
estre  prests  pour  les  recevoir  ;  et  quant  l'escuier 
trenchant  rend  les  coutteaux,  le  varlet  servant  les  doit 
apporter  en  sa  main  dextre,  et  la  gayne  en  la  main 
senestre,  comme  il  est  escript  cy  devant  ;  et  ainsi  a 
son  service  achevé.  Mais  il  fault  maintenant  sçavoir 
pourquoy  et  à  quelle  raison  le  varlet  servant  ne  rend 
compte  des  serviettes2  qu'il  a  apportées,  et  aussi  pour- 
quoy il  est  plustost  mis  en  Testât  des  panetiers,  et  ne 
rapporte  plustost  les  coutteaux  à  l'escuier  trenchant 
que  à  la  paneterie  (mais  au  regart  des  serviettes,  elles 
sont  mises  en  la  main  de  l'escuier  trenchant,  et  pour 
ce  en  rend  on  compte  par  sa  main,  comme  il  est 
escript  cy  devant)  ;  et  quant  à  ce  que  le  varlet  servant 
a3  le  plus  à  faire  en  l'office  de  la  paneterie,  et  aussi 
des  coutteaux,  c'est  pour  ce  que  on  luy  livre  illec 
pain  et  serviettes,  et  aussi  n'oseroit  il  mettre  ailleurs 
les  coutteaux4,  car  l'escuier  trenchant  n'a  point  de 
logis  pour  l'office,  ne  a  autre  entremise  que  de  tren- 
chier  ;  et  pour  ce  doibt  tenir  place  le  varlet  servant 
avec  les  panetiers,  et  en  l'office  de  la  paneterie. 


1.  Mot  omis  dans  les  éditions  précédentes. 
•2.  Mot  également  omis. 

3.  «  Les  varlets  servans  ont.  » 

4.  Cette  phrase  a  été  omise  par  les  précédents  éditeurs  depuis 
«  c'est  pour  ce...  >j 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  29 

En  ensuyvant  iceluy  office,  le  duc  a  deux  huissiers 
de  la  sale  comptez  à  termes  ;  et  doit  l'huissier,  quant 
on  doibt  apprester  pour  le  mengier  du  prince,  aller  à 
la  paneterie  et  prendre  une  verge  longue  et  déliée,  qui 
doibt  estre  de  quatre  piez  de  long,  et  lui  doibt  bailler 
le  sommellier  une  serviette  blanche,  laquelle  il  doit 
mettre  autour  de  son  bras  dextre,  et  près  de  son  bras 
et 4  de  sa  main  dont  il  tient  la  verge  ;  et  sert  icelle 
serviette  en  telle  manière  que,  quant  l'huissier  vient  à 
la  viande  en  la  cuisine  pour  le  prince,  il  doit  bailler 
au  queux  icelle  serviette,  et  le  queux  luy  rend  celle 
qu'il  avoit  paravant,  laquelle  l'huissier  doit  porter  en 
son  bras  comme  la  première,  jusques  qu'il  l'ayt  ren- 
due au  garde  linge  ;  l'huissier  doit  prendre  en  la  pane- 
terie le  tapis  pour  seoir  le  prince,  et  le  coussin  sur 
quoy  il  doit  seoir,  et  doit  porter  iceulx  soubz2  son 
bras  senestre,  et  la  verge  en  la  main  dextre.  Et  le 
garde  linge  doit  livrer  les  nappes  au  sommellier  en 
faisant  créance,  et  doit  le  sommellier  suyvre  l'huissier, 
et  doivent  trouver  drecié  le  banc  et  le  buffet  par  les 
fourriers;  et  doit  l'huissier  estendre  son  tapiz  sur  le 
banc  et  mettre  son  coussin  droit  au  milieu,  où  doit 
seoir  le  prince 3  ;  et  quant  le  prince  en  a  faict,  il  le 
doit  reporter  en  la  paneterie,  et  en  rendre  compte. 
Et  est  la  cause  pourquoy  ne  se  meslent  de  la  tapisse- 
rie, c'est  à  dire  du  banquier  et  du  coussin,  ceux  de 
la  tapisserie,  et  toutesfois  c'est  leur  office  et  se  y 
prennent  une  fois  iceulx  banquiers  et  coussin,  et  les 

1.  Quatre  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 

2.  «  Sur.  » 

3.  «  Au  lieu  où  doit  seoir  le  prince  et  par  dessus  mettre  le 
coussin.  » 


30  MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

fault  renouveller  en  ladicte  tapisserie,  ce  est  que1  iceluy 
banquier  doit  estre  le  bureau  sus  quoy  on  tient  les 
comptes  devant  les  maistres  d'hostel  ;  et  le  doivent 
communément  ceulx  de  Gand  des  draps  royez  dont  ils 
vestent  ceulx  de  la  loy  de  la  ville  ;  et  est  ledit  bureau 
à  l'huissier  de  la  sale,  quant  il  le  fault  renouveller  ;  et 
s'il  le  failloit  acheter,  il  le  fauldroit  compter  au  bureau 
et  payer  par  le  maistre  de  la  chambre  aux  deniers  ; 
et  pour  ce  n'a  que  faire  à  la  tapisserie,  et  aussi  on  le 
mect  en  la  paneterie,  pour  estre  plus  prest  pour  le 
service  du  prince. 

L'huissier  de  sale  doit  aller  par  les  offices  faire 
abregier  le  service,  et  est  le  sergeant  du  bureau  et 
des  maistres  d'ostel,  comme  il  estescript  cy  dessus. 

Le  sommellier  doibt  couvrir  la  table  de  deux  nappes, 
et  redoubler  la  nappe  devant  le  prince  comme  ung 
doublier  ;  il  doit  livrer  le  pain,  la  moustarde,  le  fro- 
maige,  le  beure  frais  et  la  craisme  doulce,  tant  au 
prince  comme  aux  autres,  c'est  à  sçavoir  aux  estatz. 

Le  garde  linge  doit  garder  le  linge,  et  le  délivrer 
pour  le  prince  et  pour  les  estatz  ;  le  porte  chappe2,  es 
grans  assamblées,  doit  porter  une  nappe  nouée  à  son 
col  plaine  de  pain,  et  le  doit  asseoir  sur  les  tables  pour 
le  commun,  et  doibt  recevoir  le  pain  par  compte  de 
la  main  du  boulengier,  pour  servir  les  estatz  ;  mais 
le  pain  de  bouche  se  doibt  recevoir  par  ung  sommel- 
lier de  la  paneterie,  et  non  par  autres. 

1.  «  En  rendre  compte,  et  est  la  cause  pourquoy  ne  se  meslent 
ceux  de  la  tapisserie  du  banquier  et  du  coussin,  et  toutesfois 
c'est  leur  office  ;  et  faut  renouveller  desdits  coussins  en  la  tapis- 
serie, car...  » 

2.  «  Porte -nappe.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  31 

L'oublieur1  doibt  prendre  la  fleur2  de  ses  oublies 
d'achapt,  et  prendre  en  la  cuisine  le  sucre,  le  bois  et 
le  charbon  ;  il  doit  avoir  ung  estuy  d'argent  pour 
mettre  les  oublies  du  prince,  et  se  doibt  pourveoir  à 
chascune  fois  es  mains  du  saulsier  de  vaisselle  d'argent, 
pour  servir  le  prince,  se  mestier  est  ;  et  peut  asseoir 
son  estuy  sur  le  buffet  de  l'eschanssonnerie,  jusques  à 
ce  que  le  prince  soit  servy  ;  et  se  doibt  servir  le  prince 
comme  il  est  escript  cy  dessus. 

Le  lavandier  doibt  laver  et  nettoyer  le  linge3,  et 
pour  ce  est  il  comprins4  de  la  paneterie. 

Or  avons  nous  devisé  [de]  l'ordre  et  Testât  des  pane- 
tiers,  et  de  l'office  de  paneterie  ;  si  fault  parler  du  second 
estât,  qui  sont  les  eschansons,  qui  est  le  second  estât 
selon  l'ancien  ordre  que  je  treuve  par  escript;  et  la 
raison  pourquoy,  si  est,  pour  ce  que  l'eschanson  sert 
du  vin  où  se  consacre  le  précieux  sang  et  corps  de 
Nostre  Seigneur  Jhesus  Crist 5,  ainsi  que  nous  avons 
dit  du  pain  cy  dessus,  et  est  bien  raison  que  le  ser- 
vice du  pain  et  du  vin  soit  privilégié  avant  toutes 
choses6.  Mais  de  une  chose  je  m'esmerveille  et  fay  en 
moy  mesme  de  grans  questions  pour  l'eschanson  et 
pour  l'eschansonerie,  qui  ont  nom  particulier,  sans  le 
tenir  du  vin  ou  de  la  vigne,  comme  fait  le  nom  du 
panetier  ou  de7  l'escuyer  trenchant,  dont  l'un  tient  du 

1.  L'officier  chargé  de  fournir  les  oublies. 

2.  «  Le  fléau.  » 

3.  «  Les  linges.  » 

4.  Mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

5.  Deux  mots  omis. 

6.  «  Gomme  nous  avons  dit  du  pain  et  du  vin,  qui  sont  privi- 
légiés devant  toutes  choses.  » 

7.  «  Gomme  le  panetier  ou.  » 


32  MÉMOIRES   L>  OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

pain  son  nom,  et  l'autre  le  tient  de  son  offiee,  qui  est 
de  trenchier.  Et  certes  je  ne  l'ay  pas  treuvé  par  escript, 
ne  ne  le  puis  comprendre  ne  sçavoir,  mais  à  deviner  ; 
et  y  treuve  deux  raisons,  et  non  plus.  La  première,  il 
y  a  en  France  et  en  plusieurs  autres  grans  seignouries 
boutilliers  héritiers,  et  qui  sont  rentez  soubz  ce  nom  ; 
et  combien  que  ce  boutillier  soubz  ce  nom *  soit  cause 
pour  le  vin,  si  ne  treuve  je  point  qu'il  ait  quelque  droit 
ou  prééminence  sus  l'eschanson  ne  sus  l'eschansone- 
rie,  mais  l'ont2  seullement  sur  les  celliers  où  se  mettent 
les  vins  du  creu3  du  prince,  et  non  pas  des  provisions  ; 
et  pour  ceste  cause  fut  trouvé  différence  de  nommer 
aultrement  celuy  qui  a  la  charge  du  service  domesticque 
à  celui  qui  sert  le  prince 4  ;  et  est  ce  que  je  puis 
entendre  quant  à  la  mutation  du  nom.  Et  pour  la 
seconde  raison,  pour  ce  que  le  prince  mange  publi- 
quement et  qu'il  est  regardé  de  tous,  et  qu'il  doit 
estre  miroir  de  toutes  vertus  et  honnesteté,  et  que  le 
vin  porte  en  soy  mesme  nom  de  plus  grant  gourman- 
dise que  nulle  autre  viande,  et  ne  seroit  pas  bien  séant 
de  crier  souvent  au  vin  pour  le  prince;  pour  ce  fut 
ordonné  par  les  anciens  saiges  ung  autre  nom  pour 
servir  à  iceluy  service.  Et  n'y  puis  entendre  que  ces 
deux  raisons.  Or  nous  fault  encore  entendre  un  tiers 
point,  pourquoy  et  pour  quelle  cause  fut  donné  en 
cest  estât  nom  d'eschanson  et  non  autrement.  Je  croy 
que  ce  fut  un  nom  joyeulx  donné  par  délibération,  qui 
tient  du  nom  de  chanter,  pour  ce  que  les  anciens  es 

1.  Trois  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 

2.  «  Mais  tant.  » 

3.  «  De  la  cour.  » 

4.  «  Dumestique,  qui  sert  le  prince,  à  celuy  des  celliers.  » 


MÉMOIRES  D'OLIVIER  DE  LA  MARCHE.  33 

convives  et  es  grans  chieres  et  esjoissemens  se1  sont 
resveillez  et  resjoys  par  vin,  et  la  première  et  princi- 
pale 2  joye  se  monstre  en  chanter  ;  pourquoy  le  nom 
cTeschanson  se  monstre3  sus  la  chanterie.  Et  autre 
chose  n'y  puis  entendre;  et  qui  mieulx  scet  cause  au 
contraire  si  me  l'appreigne4,  et  il  me  fera  ung  très 
grant  plaisir. 

Le  duc  a  ung  premier  escuier  eschanson,  et  a  des- 
soubz  luy  cinquante  escuiers  eschansons  toujours 
comptez,  qui  sont  conduitz  et  gouvernez  par  cham- 
brées et  par  chiefs  de  chambres,  et  chevauchent  des- 
soubz  la  cornette  de  l'eschanson  en  une  escadre  ;  et  a 
l'eschanson  telle  auctorité  et  semblable  sur  eulx, 
comme  il  est  escript5  du  panetier.  Le  premier  eschan- 
son faict  la  despence  de  vin  qui  se  despend  à  l'hostel 
du  prince,  et  se  compte  l'ypocras  par  l'eschansonnerie  ; 
aussi  se  compte  au  bureau  icelle6  despence  soubz  luy; 
il  a  regart  au  faict  de  la  cave  et  de  l'eschansonnerie, 
et  des  serviteurs  servans  en  icelle  ;  il  a  le  regart  es 
celliers  et  es  provisions.  Et  est  son  estât  à  l'hostel  du 
duc  de  grant  despence  ;  car  il  ne  se  passe  nulle  année 
que  le  duc  de  Bourgoingne  ne  despende  en  son  hostel 
plus  de  mille  queues  de  vin,  et  telle  année  mille7  par- 
dessus, selon  les  assemblées  et  les  festoiemens.  Le  pre- 
mier eschanson  sert  les  quatre  nataulx  de  l'an  en  per- 

1.  «  Les  anciens  convives,  les  grandes  chères  et  resjouisse- 
mens.  » 

2.  Trois  mots  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

3.  «  Est  prins.  » 

4.  «  Et  qui  mieux  l'entend  le  m'apprenne.  » 

5.  «  Gy-dessus.  » 

6.  «  Et  se  compte  au  bureau  d'icelle.  » 

7.  «  Encore.  »- 

iv  3 


34  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA    MARCHE. 

sonne  ;  et  quant  le  maistre  d'hostel  tient  estât  après 
le  disncr  du  prince,  il  doit  estre  assiz  au  banc  entre 
l'eschanson  et  le  panetier  ;  et  doit  estre  assiz  l'eschan- 
son  au  dcssoubz  du  maistre  d'hostel,  pour  telle  raison 
que,  en  grans  festes  et  en  grans  jours,  le  prince  après 
son  disner  demande  le  vin i  et  les  espices,  et  fault  que 
l'eschanson  se  lieve  ;  et  pour  ce  siet  il  au  dessoubz, 
pour  estre  plus  tost  prest 2.  Et  pour  deviser  icelle  cere- 
monye,  l'escuier  trenchant  doit  seoir  devant  le  queux 
qui  a  servy  le  prince,  sa  serviette  sur  son  col  en  quoy 
il  a  servy;  et  à  icelle  table  ne  doit  autre3  seoir.  Or  je 
demande  pourquoy  y  siet  le  queux,  et  non  pas  l'es- 
cuier de  cuisine,  qui  toutesfois  est  chief  en  la  cuisine. 
A  ce  respons  je  que  deux  raisons  y  a.  La  première, 
que  selon  les  estatuts  royaulx  l'on  crie  au  queux  et 
non  à  l'escuier  de  cuisine  ;  et  y  a  en  grans  seigneuries 
grans  queux  héritiers,  qui  est  office  de  grant  magnifi- 
cence. Et  l'autre  raison  si  est  pour  ce  que  l'escuier  de 
cuisine  qui  a  charge  du  service  doit  faire  servir  le  pre- 
mier maistre  d'hostel  à  icelle  table.  Et  m'est  force 
d'entremesler  les  estatz  pour  reciter  les  drois  d'ung 
chascun  ;  et  parlerons  maintenant  comment  les  eschan- 
sons  sont  ordonnez  chascun  pour  le  jour. 

Quant  la  table  est  couverte,  le4  panetier  venu,  et  son 
faict  assiz,  l'huissier  de  salle  va  quérir  l'eschanson  qui 
doit  servir  pour  le  jour,  et  le  meine  en  l'eschansonnerie, 
et  le  garde  huche5  baille  le  gobellet  couvert,  que  l'es- 
chanson prent  par  le  piet  en  sa  main  dextre,  et  en  la 

1.  «  Pain.  » 

2.  «  Plus  prest.  » 

3.  «  Ne  doivent  autres.  » 

4.  «  Pour  le  jour,  quand  la  table  est  couverte.  Le.  » 

5.  «  Garde-linge.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  35 

main  senestre  tient  une  tasse,  ensemble  Testât  pour  le 
prince  de  bacins,  de  pots,  d'esguieres,  à  l'ayde  du 
sommellier  qui  les  lave  et  nettoyé,  et  puis  met  icelui 
estât  es  mains  du  sommellier  ;  et  le  sommellier  baille 
le  gobellet  à  l'eschanson,  et  se  met  après  l'huissier  de 
la  salle  qui  doit  porter  les  bacins  pendans  en  la  main 
senestre.  Et  après  l'eschanson  va  le  sommellier  de 
l'eschansonnerie ,  qui  doit  porter  en  sa  main  dextre 
deux  potz  d'argent,  où  est  le  vin  du  prince  en  l'ung 
et  en  l'autre  de  l'eaue  ;  et  doit  estre  le  pot  du  prince 
recongneu  à  une  pièce  de  lycorne  pendant  à  iceluy  pot 
à  une  chaisne.  Le  sommellier  doit  porter  en  sa  main 
senestre  une  tasse  et  non  plus,  et  dedans  icelle  doit 
estre  couchée  l'esguiere  pour  servir  de  l'eaue.  Et  sert 
la  tasse  que  porte  le  sommellier  à  faire  l'essay  que 
l'eschanson  lui  baille.  Après,  le1  sommellier  va  à  l'ayde 
qui  doit  porter  les  potz  et  les  tasses  pour  le  buffet  du 
prince.  Et  est  ce2  quant  à  Testât  du  commun  de  tous 
les  jours  à  faire 3  quant  le  prince  disne  ou  souppe  ;  et 
s'appelle  servir  le  prince  à  simple  estât.  Ainsi  va  l'es- 
chanson en  la  salle,  et  assiet  son  gobellet  au  bout  d'en 
hault4,  et  du  costé  de  l'assiette  du  prince;  et  la  tasse 
qu'il  a  apportée,  il  Tassiet  à  l'autre  bout  de  l'assiette 
du  gobellet  ;  et  doit  demourer  sans  soy  eslongner, 
pour  garder  ce  qu'il  a  apporté  ;  et  l'huissier  de  salle 5 
va  au  buffet,  et  met  ses  bacins  dessus,  et  le  sommellier 
assiet  sa  vaisselle  et  doit  garder  le  buffet  à  l'un  des 
boutz,  et  l'ayde  à  l'autre;  et  le  barillier  doit  aller  et 

1.  «  Lui  baille  après.  Le.  » 

2.  «  Voilà.  » 

3.  «  Selon  que  on  se  règle  journellement.  » 

4.  «  Au  haut  bout  de  la  table.  » 

5.  «  La  ville.  » 


36  MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

venir  pour  aller  quérir  de  l'autre  vin  pour  les  suittes, 
se  besoing  est  ;  mais  se  il  en  falloit  pour  la  bouche  du 
prince,  il  n'appartient  à  homme  de  y  aller  ne  de  y 
mettre  la  main  que  au  sommellier  ou  à  son  ayde. 

Or  deviserons  comment  doit  faire  l'eschanson,  et 
pourquoy  on  le  mect  au  hault  bout  au  dessus  du  pane- 
tier,  et  toutesfois  le  panetier  est  le  premier  venu  et 
le  premier  nommé  ;  la  cause  si  est  que  de  la  panete- 
rie  viennent  les  nappes  à  couvrir  la  table,  et  dont  il 
fault  qu'elle  soit  couverte  premier  que  autre  chose  s'y 
assiee  ;  et  pour  ce  fault  entre  suyre  iceluy  office  et  ce 
qui  en  despend.  Secondement,  on  le  fait  pour  gaigner 
le  temps,  et  pour  avoir  fait  quant  le  prince  viendra  ; 
car  souvent  advient  que,  par  les  grans  affaires  du 
prince,  il  ne  vient  point  aux  heures  communes;  et  en 
cas  se  on  avoit  apporté  le  gobbelet,  le  vin  ne  seroit 
point  frais,  à1  avoir  esté  deux  heures  peut  estre  sur  le 
buffet,  et  ainsi  l'on  abrège  le  service,  où  riens  ne  peut 
empirer.  Et  la  cause  pourquoy  l'eschanson  a  le  hault 
bout,  c'est  pour  l'honnesteté  du  service,  pour  ce  que 
en  iceluy  costé  n'a  que  le  gobbelet  et  la  tasse.  Et 
viennent  communément  les  grans2  princes  et  ambas- 
sadeurs au  hault  bout  veoir  le  prince  à  sa  table,  et 
le  gobbelet  ne  les  empesche  de  riens  ;  ce  que  ferait 
la  nef,  qui  est  haulte,  petite  nef,  salliere  et  trenchoirs, 
qui  se  mettent  de  l'autre  costé.  Et  pour  entre  suyre  et 
de  tout  deviser,  quant  on  parle  du  hault  bout  en  com- 
mune parolle,  l'on  dit  que  c'est  à  dextre  main,  et  bien 
est  vray  le  plus  souvent  ;  mais  à  prendre  le  hault  bout 


1.  «  Pour. 

2.  «  Hauts 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE.  37 

en  toutes  assiettes  et  en  tous  lieux,  on  doit  avoir 
regart  aux  veues  et  aux  venues  et1  entrées  de  Ja  sale, 
et  doit  estre  le  hault  bout  à  la  plus  belle  veue  et  du 
costé  des  fenestres,  soit  à  dextre  ou  à  senestre.  Le 
prince2  venu  et  l'assiette  baillée,  comme  il  est  escript 
cy  dessus  en  Testât  des  panetiers,  le  maistre  d'hostel 
appelle  l'eschanson,  et  lors  l'eschanson3  abandonne  la 
table,  et  va  au  buffet,  et  treuve  les  bacins  couvers  que 
le  sommellier  a4  apprestez  ;  si  les  prent,  et  baille  l'es- 
say  de  l'eaue  au  sommellier,  et  se  agenouille  devant  le 
prince,  et  lieve  le  bacin  qu'il  cœuvre5  de  la  main 
senestre,  et  verse  de  l'eaue  de  l'autre  bacin  sur  le  bord 
d'iceluy,  et  en  fait  créance  et  essay,  et  donne  à  laver 
de  l'ung  des  bacins,  et  reçoit  l'eaue  en  l'autre  bacin  ;  et 
sans  recouvrir  Jesdits  bacins  les  rend  au  sommellier. 
Ce  fait,  l'eschanson  se  met  devant  le  gobellet,  et  regarde 
le  prince,  et  y  doibt  avoir  si  grant  regart  que  le  prince 
ne  doibt  demander  le  vin  que  par  signe.  Si  prent 
après  le  signe  le  gobellet  en  sa  main  et  la  tasse,  et 
doit  porter  son  gobellet  hault,  affiin  que  son  alaine 
n'y  attainde  point;  et  l'huissier  de  la  salle  luy  faict 
voie,  et  quant  le  sommellier  le  voit  venir,  il  emplit 
son  esguierre  d'eaue  fresche,  et  rafreschit  le  gobellet 
en  la  main  de  l'eschanson  dedans  et  dehors,  puis  prent 
une  tasse  en  sa  main  senestre,  et  le  pot  de  la  bouche 
en  la  main  dextre,  et  verse  premier  en  la  tasse  qu'il 
tient,  et  puis  au  gobellet,  et  puis  prend  l'esguierre  et 

1.  Deux  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  «  Estant.  » 

3.  Trois  mots  omis. 

4.  «  Apportés  et.  » 
ô.  «  Tient.  » 


38  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

verse  en  la  tasse,  et  puis i  atempre  le  vin  en  son  gobel- 
let,  selon  ce  qu'il  scet  et  cognoist  le  goust  du  prince 
et  sa  complexion.  Et  certes  quant  au  duc  Charles,  il  a 
tousjours  tellement2  faict  attemprer  son  vin,  que  je 
ne  croy  pas  qu'il  soit  prince  qui  si  peu  boive  de  vin , 
et  qui  plus  en  despende.  Le  vin  attempré,  l'eschanson 
verse  de  son  gobellet3  en  la  tasse  qu'il  tient,  et  recouvre 
le  gobellet,  et  doit  tenir  le  couvercle  entre  ses  deux 
petiz  dois  de  la  main  de  quoy  il  tient  la  tasse,  jusques 
à  ce  qu'il  ait  recouvert  ledit  gobellet,  et  baillé  ce  qu'il 
a  versé  en  sa  tasse  au  sommellier  ;  et  mect  dedans  la 
sienne,  et  doit  le  sommellier  faire  l'essay  devant  luy. 
Ainsi  porte  l'eschanson  le  gobellet  au  prince,  et4  des- 
cœuvre  le  gobellet,  et  met  du  vin  en  sa  tasse,  et  puis 
le  recœuvre  et  faict  son  essay.  Et  quant  le  prince  tend 
la  main,  l'eschanson  luy  baille  le  gobellet  descouvert, 
et  met  la  tasse  soubz  le  gobellet,  jusques  à  tant  que  le 
prince  ait  beu,  pour  garder  l'honnesteté  du  prince,  de 
ses  habiz,  et  pour  magnificence  que  l'on  doibt  au  prince 
plus  que  aux  autres.  Et  quant5  le  prince  a  beu,  il  rend  le 
gobellet  à  l'eschanson,  qui  le  doibt  recepvoir  en  grant 
révérence  ;  [et]  ledit  eschanson  le  rescœuvre  et  le  remet 
sur  la  table,  comme  il  estoit  paravant.  Quant  le  pane- 
lier  va  aux  oublies,  l'huissier  appelle  l'eschanson  et  ilc 
aporte  son  gobellet,  et  prent  le  vin  ou  l'ypocras  du 
sommellier  en  la  manière  devant  dicte.  Et  quant  l'ou- 
blieur  a  assis  ses  oublies  devant  le  prince,  l'eschan- 

1.  Mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  Mot  omis.  —  3.  «  Vin.  »  —  4.  «  Puis.  » 

5.  «  Habits.  Et  pour  une  magnificence  que  l'on  doibt  au  prince 
plus  que  à  autres,  et  quant.  » 

6.  «  Lequel.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  39 

son,  après  son  essay  fait,  mect  la  tasse  sur  Ja  table 
devant  luy ,  et  puis  assiet  le  gobellet  devant  le  prince, 
et  descœuvre  le  gobellet,  et  doibt  mettre  le  cou- 
vercle reposer1  devant  icelle  tasse,  jusques  à  ce  que 
le  prince  ait  fait  son  bon  plaisir  ;  et  doibt  reporter  son 
gobellet  couvert  au  buffet,  et  rendre  au  sommeiller  ; 
et,  la  nappe  et  la  table  levées,  il  doibt  reprendre  les 
bacins,  et  porter  à  laver  au  duc  pour  la  seconde  fois. 
Et  se  doibvent  faire  essay  et  cérémonies  par  la  manière 
dessusdicte,  et  se  doit  mettre  l'eschanson2  devant  le 
prince  entre  l'escuier  trenchant  et  le  panetier,  qui 
tiennent  les  deux  bouts  de  la  serviette,  comme  il  est 
escript  cy  dessus,  et  doit  asseoir  le  bacin  qu'il  cœuvre 
sus  la  table  devant  le  prince,  et  de  l'autre  donner 
l'eaue.  Et  puis  raporte  ses  bacins  et  les  rend  au  som- 
mellier,  et  reprend  le  gobellet  et  la  tasse,  et  puis  s'en 
revont  en  l'eschansonnerie  comme  ilz  sont  venus.  Le 
premier  eschanson,  ou  autre  eschansonen  son  absence, 
apporte  le  gobellet  à  tous  estaz  et  à  toutes  assemblées 
d'estat  et  d'honneur.  Et  combien  que  ung  prince  ou 
que  ung  grant  seigneur  serve  du  drageoir,  toutesfois 
l'eschanson  doit  servir  du  gobellet  ;  et  fait  on  tort  à 
un  gentil  homme  de  luy  oster  le  gobellet  qu'il  a  apporté 
pour  le  mettre  en  une  autre  main,  et  ne  le  doit  par 
droit  nul  faire,  quelque  grant  qu'il  soit,  si  ce  n'estoit 
le  filz  du  prince  qui  voulsist  servir  son  père.  Mais  bien 
est  vray  que  en  la  chambre  où  le  vin  est  apporté  par 
les  varletz  de  chambre,  et  où  l'eschanson  n'est  point 
appelle,  en  ce  cas  le  plus  grant  prince  ou  le  premier 


1.  Mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  Id. 


40  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

chambellan  *  doit  servir  ;  car  en  la  chambre  du  prince 
le  plus  grant  pensionaire  ou  le  chambellan  doit  servir 
à  mettre  le  cœuvre  chief  de  nuit  ;  et  le  plus  grant  hon- 
neur si  est  de  servir  le  prince  es  choses  plus  secrètes. 
Le  premier  eschanson  a  tel  droit  que,  quant  on  pré- 
sente au  prince  vin  en  vaisselle  d'argent,  le  présent 
est  à  l'eschanson,  et  en  vaisselle  d'estain  au  sommel- 
lier,  et  en  vaisselle  de  bois  ou  de  pierre  est  au  garde 
huche 2. 

En  ensuyvant  iceluy  estât  d'eschansonnerie ,  nous 
parlerons  de  ce  qui  en  despend.  Le  duc  a  deux  som- 
melliers  en  l'eschansonnerie,  dont  l'ung  est  tousjours 
compté3  qui  rend  compte  de  la  despence  faicte  par 
chascun  jour,  par  nuits  et  par  sextiers.  Et  se  mesurent 
à  la  gauge  françoise.  Et  touchant  les  provisions  des 
vins  qui  sont  de  plusieurs  prix  et  de  plusieurs  pays, 
tout  se  mect  en  nombre  de  muyz,  et  dont  le  contrerol- 
leur  a  [le]  nombre  en  son  contrerolle,  et  se  despendent 
iceulx  muyz  par  quatre  données  et  délivrées  aux 
estatz  selon  ce  que  chascun  a  d'ordonnance;  et  se 
met  la  despence  du  jour  en  la  main  des  clercs  d'office, 
comme  il  est  escript  cy  dessus.  Touttes  videnges  de 
fust  sont  siennes  ;  et  quant  le  prince  va  aux  champs, 
soit  à  la  chasse,  ou  à  cheminer  de  ville  en  ville,  le 
sommellier  de  l'eschansonnerie  doit  porter  en  sa  per- 
sonne une  tasse,  et  dedans  icelle  tasse  ung  pain;  et 
doivent  estre  enveloppez  en  une  serviette  dont  le  som- 
mellier doit  estre  enceinct4,  et  à  son  archon  doit  porter 

1.  «  Le  plus  grand  seigneur.  » 

2.  «  Garde-linge.  » 

3.  Mot  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

4.  «  Ceinct.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  41 

le  gobellet  du  prince  et  deux  bouteilles,  l'une  de  vin 
et  l'autre  d'eaue,  et  doit  chevauchier  après  les  che- 
vaux du  prince;  et  si  a  le  prince1  deux  aydes  de  som- 
melliers  qui  servent  en  leur  absence. 

Le  duc  a  deux  gardes  huches  servans  à  termes 
comme  dessus,  dont  celuy  qui  sert  garde  l'eschanson- 
nerie,  et  a  en  sa  main 2  toute  la  vaisselle  d'or  et  d'ar- 
gent dont  on  sert  communément  le  prince  et  les  estaz 
en  sa  maison ,  touchant  vaisselle  de  buffet  ;  et  les 
délivre  es  mains  des  commiz  desdiz  estaz  ;  et  luy  est 
icelle  vaisselle  aportée  à  chascune  fois,  soit  au  disner 
ou  au  soupper  ;  et  s'il  y  a  crue  de  festoyement  où  il 
faille  crue  de  vaisselle,  le  garde  huche3  va  au  garde 
des  joyaux,  qui  luy  délivre  ce  qu'il  luy  fault  et  non 
aultre4. 

Le  duc  a  deux  barilliers,  et  doivent  iceulx  barilliers5 
livrer  l'eaue  au  sommellier  pour  la  bouche  du  prince, 
et  avoir  le  soing  des  barilz  que  l'on  porte  en  la  salle 
pour  la  grant  despence  ;  et  aussi  doivent  ilz  mettre  en 
escript  les  quartes  de  vin  qui  se  donnent  par  jour  et 
despensent ,  lesquelz 6  sont  hors  les  ordonnances ,  les 
crues  qui  se  font,  à  quoy,  qui  et  comment,  et  aussi 
combien,  pour  les  bailler  au  sommellier,  afin  d'en 
rendre  compte  au  bureau;  et  dessoubz  eulx  a  deux 
porte  barilz  qui  doivent  porter  les  barilz  du  commun 
de  l'eschansonnerie  en  la  salle.  Et  en  la  cave  doit  avoir 


1.  Deux  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  «  Ses  mains.  » 

3.  «  Garde- linge.  » 

4.  Trois  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

5.  «  Lesquels  doivent.  » 

6.  «  Noter  coulx  lesquelz.  » 


{■2  MEMOIRES    1)  OLIVIER    DE    LA    MARCHE 

une  portier,  afin  que  nul  homme  n'entre  où  est  le  vin 
du  prince,  sans  estre  cogneu  ou  par  confie. 

Pour  le  tiers  estât,  je  pariera?  de  l'escuier  tren- 
ehant, et  pourquoi  il  doit  estre  le  tiers  nommé  devant 
t'escuier  d'eseuvrie.  et  des  drois  qu'il  a.  Et  pourquoy l 
l'escuier  trenehant  doit  estre  le  tiers  nomme,  pour  ee 
qu'il  entresuvt  le  service  de  la  bouche  du  prince;  et 
doit  estre  nomme  devant  l'escuier  d'eseuvrie,  pour  ce 
que  en  bataille  le  penon  des  armes  du  prince  est 
ordonne  es  mains  de  l'escuier  trenehant  :  et  y  doit  estre 
tout  le  jour  à  son  povoir.  où  que  le  prince  voise  ou 
viegne,  auprès  du  prince  et  derrière  luy,  le  penon  au 
poing  desploie,  pour  donner  enseigne  et  oongnoissance 
à  ehascun  où  est  la  personne  du  prince,  et  de  là  en 
avant  tant  que  l'armée  dure;  l'eseuyer  trenehant  doit 
avoir  plat  comme  les  maistres  d'hostel.  Et  pour  ee 
que  le  penon  est  armoyé  des  armes  du  prince  ainsi 
comme  la  baniere,  il  doit  aller  devant  l'escuier  d'es- 
euyrie.  et-  seroit  nomme  devant  les  deux  dessusdits, 
si  ee  ne  fussent  les  causes  dessusdietes  \  Et  si  a  l'es- 
euier  trenehant  tel  droit  et  telle  auetorite.  que  se  tous 
les  chambellans  estoient  hors  de  l'hostel  du  due  par 
aucune  adventure,  le  premier  eseuier  trenehant  doit 
tenir  le  lieu  du  premier  chambellan.  Et  ee  veux  je  dire  ' 
et  maintenir  par  deux  raisons  :  la  première  si  est, 
car  le  chambellan  est  personne  Tort  privée  et  secrète 
du  prince,  et  appartient  que  en  son  lieu  soit  mise  per- 
sonne de  granl  prisante  ;  et  est  nécessaire  au  prince 

l.  lieux  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 
C.  «  Lequel,  s 
3.  «  Que  dessus 

Ge  que  je  veux  due    • 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE    LA    MARCHE.  43 

d'avoir  plus  grant  privauté  à  son  escuier  trenchant 
que  à1  autres,  car  se  il  vouloit  estre  en  sa  chambre 
secrètement,  il  se  passeroit  mieulx  à  prendre  son 
repas  des  autres  trois  estaz  que  de  l'escuier  trenchant, 
car  l'escuier  trenchant  peut  bien  servir  d'eschanson 
et  de  panetier,  et  à  celle  heure  n'a 2  cheval  ne  harnois  ; 
mais  communément  les  autres  ne  sont  point 3  addre- 
ciez  à  trenchier,  et  ne  congnoissent  point1  le  goust  du 
prince  ;  ce  que  l'escuier  trenchant  doit  sçavoir.  Par- 
quoy  il  appert  que  le  prince  par  nécessité  a  plus  de5 
privauté  à  Testât  de  l'escuier  trenchant  que  à  autre. 
Et  la  seconde  cause  et  la  plus  vraye,  est  pour  ce  que 
l'escuier  trenchant  porte  le  penon  et  les  armes  du  prince, 
comme  dit  est,  qui  approche 6  la  baniere  mise  es  mains 
du  chambellan;  et  pour  ce  conclus  je  qu'il  doit  servir 
de  chambellan  avant  tous  les  autres.  Mais  pourquoy 
est  il  que  l'escuier  trenchant  a  le  penon  devant  tous 
les  autres,  et  que  ne  l'a  aussi  bien  le  panetier,  qui  est 
le  premier  nommé,  ou  l'eschanson,  car  au  regard  de 
l'escuier  d'escuyrie  j'en  parleray  cy  après?  A  ce  je  res- 
pons  qu'il  a  esté  anciennement  ordonné  pour  départir 
à  chascun  estât,  embesongnementet  prérogative.  Quant 
à  l'embesongnement,  les  autres  trois  estaz  rendent 
compte  de  despence,  et  l'escuier  trenchant  n'en  a 
nulle  charge;  et  quant  aux  prérogatives  et  honneurs7, 
le  panetier  sert  en  l'absence  de  maistre  d'hostel.  L'es- 

1.  «  Nuls.  » 

2.  «  Et  alors  ne  faut  au  prince.  » 

3.  <<  Mais  au  contraire  les  autres  ne  sont  communément.  » 

4.  «Et  ne  scavent  ou  cognoisseut.  » 
.">.  a  Plus  grande,  t 

i).  «  L'estat  de.  » 

7.  '<  Prérogatives  d'honneur.  » 


44  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE    LA   MARCHE. 

chanson  sert  du  gobellet  publiquement  avec  ung  duc 
ou  ung  conte  qui  sert  du  drageoir,  et  siet  en  la  sale 
d'honneur  au  dessus  du  maistre  d'hostel;  l'escuier 
d'escuyrie  a  l'estandart  du  prince  et  l'enseigne,  s'il 
convenoit '  que  l'escuyer  trenchant  fust  pourveu  subi- 
tement d'autre 2  bénéfice  ;  et  certes  l'escuier  trenchant 
se  doit  premier  nommer,  comme  dit  est,  et  si  doit 
marchier  en  armes  et  son  estandart,  puisque  le  penon 
est  desployé  devant  les  autres  escuiers,  qui  qu'ilz 
soient  ;  et  doit  marchier  à  toutes  entrées  seignourieuses, 
le  penon  demprès  de  la  baniere  au  dessoubz,  et  plus 
derrière  de  la  moitié  de  son  cheval.  Et  c'est  ce  que3 
je  puis  sçavoir  des  prérogatives,  des  drois  et  des  rai- 
sons4 de  l'escuier  trenchant. 

Doncques  le  duc  a  ung  premier  escuier  trenchant, 
lequel  a  cinquante  escuiers  trenchans  soubz  luy;  et 
sont  gouvernez 5  à  la  paix  et  à  la  guerre  par  cinq  chiefz 
de  chambre,  et  le  tout  soubz  le  premier  escuier  tren- 
chant, en  la  forme  et  manière  des  autres  cy  dessus 
nommez.  Le  premier  escuier  trenchant  doit  servir  aux 
quatre  nataulx  de  l'an  ;  il  doibt  faire  et  entretenir 
netz  à  ses  despens6  les  coutteaux;  et  à  ceste  cause  a 
l'escuier  qui  sert  toute  la  viande  et  tous  les  metz7  qu'on 
lieve  de  devant  le  prince  ;  mais  les  coutteaux  nouveaux8 


1.  «  Et  l'enseigne.  Si  convenoit.  » 

2.  «  Pourveu  d'aucun.  » 

3.  «  Voilà  ce  que.  » 

4.  «  Prérogatives  et  droits.  » 

5.  «  Et  conduits.  » 

6.  «  Il  doibt  à  ses  despens  faire  entretenir  nets,  i 

7.  Quatre  mots  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

8.  Mot  également  omis. 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA    MARCHE.  45 

se  paient  par  l'argentier,  soubz  la  certification  de  Pes- 
cuier  trenchant. 

Or  est  besoing  que  je  declaire  comment  Pescuier 
trenchant  y  sert,  et  en  quelle  manière.  Quant  les  estaz 
sont  appointez  et  la  table  parée,  Pescuier  trenchant 
qui  doit  servir  doit  pour  ce  jour 1  mettre  son  chaperon 
ou  chapeau  sus  le  buffet,  es  mains  du  sommelier;  et 
en  doit  le  sommelier  prendre  garde,  et  doit  bailler  à 
laver  à  Pescuier  trenchant ,  qui  essue  ses  mains  à  la 
nappe  du  buffet;  et  ces  choses  ne  doit  on  souffrir  ne 
laissier  faire  à  nul  autre  que  à  Pescuier  trenchant.  Et, 
le  prince  assiz,  Pescuier  trenchant  va  devant  luy,  et 
retire  le  pain  et  les  coutteaux  devers  luy2,  puis  des- 
veloppe  le  pain,  et  baise  la  petite  serviette  qu'il  treuve 
enveloppée,  et  [le]  mect  entre  les  mains  du  prince,  et 
puis  prent  celle  où  estoit  le  pain  enveloppé,  l'escout 3 
et  la  mect  sus  son  col,  et  y  met  les  deux  bouts  d'icelle 
devant  luy  ;  et  la  cause  pourquoy4  est  telle,  car  Pes- 
cuier trenchant  doit  tousjours  veoir  toutes  les  choses 
qui  doivent  toucher  au  pain,  à  la  viande  et  aux 
coutteaux  dont  il  doit  trenchier,  et  qu'il  doit  touchier 
luy  mesme^1  à  ses  mains  et  à  sa  bouche.  Puis  prent  le 
pain,  si  le  met  en  la  main  senestre,  qui  doit  estre  cou- 
verte de  la  serviette  ;  et  du  plus  grant  coutteau  le 
doit  partir  en  deux  pièces6,  et  en  doit  prendre  l'une, 
et  la  bailler  au  varlet  servant  pour  faire  son  essay  ; 


1.  Trois  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  Neuf  mots  aussi  omis. 

3.  La  déploie. 

4.  Un  mot  omis. 

5.  «  Et  doit  toucher.  » 

6.  Mot  omis. 


46  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

puis  prent  l'espreuve  de  la  licorne  en  la  petite  nef,  et 
touche  le  pain  tout  à  l'entour,  et  puis  trenche  devant 
le  prince;  et  quant  il  a  servy  de  pain,  il  la  remet  sur 
la  table  entre  luy  et  le  panetier,  et  puis  prent  le  petit 
coutteau  et  baise  le  manche,  et  puis  le  met  devant  le 
prince  ;  et  tous  les  metz  et  toute  la  viande  qui  est  sur 
la  table,  il  la1  doibt  descouvrir  et  mettre  devant  le 
prince  l'une  après  l'autre,  soit  fruict  ou  autrement;  et 
quant  le  prince  a  mangié  de  l'une,  il  luy  baille  de  l'autre 
selon  son  appétit;  et  doit  avoir  discrétion  de  présen- 
ter au  prince  les  metz  comme  ilz  doivent  aller,  c'est  à 
sçavoir  les  potaiges  premiers  que  le  plat,  et  les  œfz 
avant  que  le  poisson  ;  et  quant  il  a  mis  chascun  plat 
devant  le  prince,  il  le  doibt  descouvrir,  et  puis  faire 
l'espreuve  de  la  lycorne,  et  après  faire  son  essay  avant 
que  le  prince  en  mange  ;  et  se  c'est  viande  qu'il  faille 
trenchier,  il  doit  prendre  ung  trenchoir  d'argent,  et 
mectre  dessuz  quatre  trenchoirs  de  pain,  et  les  mettre 
devant  le  prince;  et  devant  soy  doit  mettre  quatre 
trenchoirs  de  pain,  et  sus  iceulx  quatre2  ung  autre, 
qui  fait  le  cinquiesme.    Et  doit  estre  le  cinquiesme 
trenchoir3  de  la  crouste,  pour  soustenir  le  faix  du 
trenchoir  et  du  coutteau  ;  et  doit  l'escuier  prendre  la 
chair  sur  son  coutteau,  et  la  mettre  devant  le  prince  ; 
et  s'il  est  bon  compaignon,  il  doit  très  bien  mangier 
et  soy  repaistre  avec  le  prince 4,  et  son  droit  est  de 
mangier  ce  que  luy  demeure  en  la  main  en  trenchant  ; 
et  certes  s'il  mange  bien ,  le  prince  luy  en  scet  bon 

1.  «  Qui  sont  sur  la  table,  il  les.  » 

2.  Mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

3.  «  Qui  font  le  cinquiesme  trenchoir.  » 

4.  Six  mots  également  omis. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  47 

gré  ;  car  en  ce  faisant  il  luy  monstre  appétit  et  seurté  ; 
il  peut  aller  boire  au  buffet,  et  ne  luy  peut  on  refuser 
le  vin  de  la  bouche  ;  toute  la  viande  qui  est  devant  le 
prince  est  sienne,  pour  en  faire  son  plaisir,  pourvcu 
que  le  prince  mange  publiquement  ;  car  se  le  prince 
mangeoit  en  sa  chambre  à  privé,  en  ce  cas  la  viande 
est  à  ceulx  de  la  chambre,  et  n'en  auroit  l'escuier  tren- 
chant  que  par  portion.  Aux  quatre  nataulx  de  l'an,  le 
plat  du  prince  est  au  prescheur  qui  presche  ;  le  jour 
sainct  Eloy,  le  plat  est  au  mareschal1  qui  ferre  les  che- 
vaulx  du  prince2;  et  le  jour  de  sainct  George,  pour 
l'armoyeur  qui  nettoyé  les  harnois  ;  et  leur  doit  estre 
baillé  sans  refuz3.  L'escuier  trenchant  doit  nettoier 
ses  coutteaux  de  la  serviette  en  quoy  estoient  les  tren- 
choirs  enveloppez,  et  les  doit  tenir  netz  sur  toutes 
riens4,  et  doit  mettre  en  la  nef  pièces  de  bouilly  et  de 
rosty,  afin  que  les  varletz  de  l'aumosne  ne  facent  leur 
présent  et  leurs5  prouffiz,  mais  le  donnent  aux  povres 
comme  il  appartient,  [et]  l'escuier  trenchant  doit  donner 
en  chascune  pièce  deux  ou  trois  cops  de  coutteau.  Et 
quant  le  prince  est  servy  d'oubliés,  l'escuier  trenchant 
doit  rassambler  les  coutteaux  et  les  envelopper,  et 
couvrir  l'allumelle G  de  sa  serviette  dont  il  les  a  net- 
toiez,  et  tenir  la  pointe  en  hault  et  les  doit7  rendre  au 
varlet  servant,  qui  les  doit  recevoir  moult  humble- 
ment en  sa  main  dextre  ;  et  en  la  senestre  doit  avoir 

1.  «  Du  prince.  » 

2.  «  Qui  ferre  ses  chevaux.  » 

3.  «  Et  ne  leur  doit-on  point  refuser.  » 

4.  «  Toute  chose.  » 

5.  Trois  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

6.  La  lame. 

7.  Mot  aussi  omis. 


48  MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE    LA   MARCHE. 

la  gaine  de  ses1  coutteaux,  elles  rapporter  en  lapane- 
terie  ;  et  l'escuier  reprend  la  serviette  qui  est  devant 
le  prince,  et  la  rend  au  sommellier  de  la  paneterie  ;  et 
quant  la  table  est  levée,  l'escuier  trenchant  doit  estre 
prest  pour  aller  au  prince,  et  de  la  serviette  qu'il  a  au 
col  luy  nettoie2  les  myes  de  pain,  ou  autres  choses  qui 
luy  peuvent  estre  cheues  dessuz  ;  et  puis  va  rendre  sa 
serviette  au  sommellier  de  la  paneterie  ou  au  garde 
huche3  illec  attendant;  et  par  ainsi  a  fait4  son  service. 
Or  avons  devisé  du  fait  de  l'escuier  trenchant; 
si  fault  maintenant  que  devisons  de  ce  qui  en  despend, 
et  premier  de  la  cuisine.  L'escuier  trenchant  n'a  nulle 
auctorité  en  la  cuisine,  fors  seullement  qu'il  peut  par- 
ler en  la  cuisine  de  la  viande  mal  appointée  ou  mal 
cuitte 5,  et  le  doit  dire  au  maistre  d'hostel,  et  le  maistre 
d'hostel  en  advertit  le  queux  ;  toutesfois  est  le  droit 
quant  à  escripre  ou  reciter,  que  l'on  parle  de  Tes- 
tât de  la  cuisine,  après6  l'escuier  trenchant.  Et  au  regart 
d'iceluy  estât  de  la  cuisine,  elle  est  gouvernée  et  con- 
duite par  deux  escuiers  de  cuisine,  après  l'escuier 
trenchant7  qui  sont  comptez  par  termes  l'ung  après 
l'autre,  et  tiennent  en  reigle  ceulx  de  la  cuisine,  et 
doibvent  sçavoir  la  despense 8,  et  comment  la  viande9 


1.  a  Desdits.  » 

2.  «  Nettoier.  » 

3.  «  Garde-linge.  » 

4.  «  Il  achève.  » 

5.  Trois  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

6.  «  Toutesfois  c'est  bien  raison  d'escrire  et  réciter  touchant 
Testât  de  la  cuisine,  après  avoir  parlé  de.  » 

7.  Quatre  mots  omis. 

8.  «  La  viande.  » 

9.  «  Elle.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  49 

est  despensée1;  et  se  délivre  la  boucherie  par  mar- 
chans  et  par  marchiez  fais  au  bureau,  et  se  renou- 
velle iceluy  marchié  tous  les  ans,  ensamble  le  marchié 
des  boulengiers  ou  mois  de  mars  aussi2  en  plain 
bureau,  et  est  le  marchié  es  mains  du  contrerolleur  et 
des3  chiefz  d'office.  Et  au  regart  du  poisson,  il  se  fait 
tous  les  jours  par  achapt,  et  doit  estre  à  iceluy  achapt4 
le  contrerolleur,  l'escuier  de  cuisine  et  le  clerc  de  la 
chambre  aux  deniers  pour  le  payer  ;  et  doit  toute  la 
viande,  soit  chair  ou  poisson,  estre  apportée  devant 
le  queux,  qui  choisit  ce  qui  luy  semble  bon  pour  la 
bouche  du  prince,  et  la  départ  et  met  es  mains  de 
ceulx  de  la  cuisine,  chascun  à  ce  servant;  et  le  surplus 
de  la  viande  est  délivrée  aux  compaignons  de  la  cui- 
sine à  ce  ordonnez,  qui  en  une  autre  cuisine  appointent 
la  viande  pour  ceulx  qui  doibvent  avoir  viande  et  plat 
en  l'hostel  du  prince.  L'escuier  de  cuisine  a  droit  sur 
les  bestes  grosses  que  l'on  donne  au  prince  ;  car  il  a 
le  cuyr,  et  le  queux  a  le  sieu5;  et  quant  on  sert  le 
prince,  il  va  après  la  viande,  comme  j'ay  escript  cy 
dessus,  et  doit  avoir  tous  les  jours  une6  torche  qui  luy 
doit  estre  délivrée  en  la  fruiterie  ;  et  quant  le  prince 
souppe,  l'escuier  de  cuisine  doit  avoir  la  torche  allu- 
mée au  poing  pour  esclairer  le  derrenier  de  la  viande  ; 
et  l'huissier  de  la  salle7  en  doit  aussi  avoir  une  pour 

1.  Les  éditeurs  précédents  ont  ajouté  ici  :  «  Et  la  despence  qui 
se  fait.  » 

2.  «  Les  ans  ensamble  :  le  marché  ...  de  mars  en  plain.  » 

3.  «  Des  contrôleurs  et.  » 

4.  «  Auquel  achapt  doit  estre.  » 

5.  Suif.  —  «  Sien  »  dans  les  précédentes  éditions. 

6.  «  Petite.  » 

7.  «  De  la  chambre.  » 

iv  4 


50  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE    LA    MARCHE. 

esclairer  le  devant.  Le  duc  a  trois  queux J  pour  sa  bouche , 
chascun  compté  par  quatre  mois  ;  et  doit  le  queux  en 
sa  cuisine  commander,  ordonner  et  estre  obey,  et  doit 
♦avoir  une  chaiere  entre  le  buffet  et  la  cheminée,  pour 
seoir  et  soy  reposer  se  besoing  fait  ~  ;  et  doit  estre  assise 
icelle  chaiere  en  tel  lieu  qu'il  puist  veoir  et  congnoistre 
tout  ce  que  l'on  fait  en  ladicte  cuisine,  et  doit  avoir  en 
sa  main  une  grande  louche3  de  bois,  qui  luy  sert  à 
deux  fins  :  l'une  pour  assayer  potaige  et  brouez,  et 
l'autre  pour  chasser  avant 4  les  enfans  hors  de  la  cuisine, 
pour  faire  leur  devoir,  et  ferir  dessus 5  se  besoing  est. 
Le  queux  a  en  sa  garde  les  espices  de  garnison,  et  en 
rend  compte  à  conscience  et  à  discrétion,  et  luy  sont 
baillées  icelles  espices,  comme  sucre  et  autres  choses, 
par  le  contrerolleur,  qui  en  a  le  double;  et  quant  il 
est  adverty  que  le  prince  veult  venir6  à  table,  il  doit 
faire  couvrir  son  buffet  par  le  saussier,  qui  doit  appor- 
ter la  nappe  et  la  vaisselle  ;  et  doit  le  queux  soy  ves- 
tir7  d'ung  honneste  habit,  et  avoir  la  serviette  pendante 
à  son  espaule  dextre,  et  doit  recevoir  la  viande  de 
ceulx  à  qui  il  l'a  mise  en  main,  et  leur  bailler  à  tous 
leur  essay  ;  et  puis  recœuvre  les  platz,  et  reçoit  l'es- 
say  que  luy  baille  le  maistre  d'hostel,  comme  il  est 
devant  dit.  Et  peult  le  queux  aporter  un  metz  devant 
le  prince,  et  faire  son  essay  luy  mesmes,  et  aller  boire 
au  buffet;  et  luy  doit  on  bailler  du  vin  de  la  bouche, 

1.  Cuisiniers. 

2.  «  Est.  » 

3.  Cuiller. 

4.  Mot  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

5.  Mot  omis. 

6.  «  Aller.  » 

7.  «  Et  parer.  » 


MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE    LA    MARCHE.  51 

comme  à  l'escuier  trenchant,  mais  il  ne  se  fait  pas  sou- 
vent. Et  le  peult  faire  quant  il  a  appointé  nouvelle 
viande,  comme  de  truffes  et  de  harens  frais  pour  la 
première  fois  en  l'année  ;  il  doibt  avoir  torche  d'ordi- 
naire, comme  l'escuier  de  cuisine,  tant  pour  visiter 
son  rost  que  pour  allumer  au  buffet,  pour  lever  la 
viande.  Et  feray  cy  une  question  touchant  le  fait  du 
queux,  et  premièrement,  comment  se  doibt  faire  le 
queux,  et  qui  donne  Testât,  et  aussi  qui  doit  servir 
de  queux  en  son  absence.  A  ce  je  respons  que,  quant 
il  fault  ung  queux  à  l'hostel  du  prince,  les  maistres 
d'hostel  doivent  mander  les  escuiers  de  cuisine,  et  tous 
ceulx  de  ladicte  cuisine  l'ung  après  l'autre  ;  et  par  élec- 
tion solennelle i ,  et  après  avoir  receu  le  serment  de 
chascun  se  doit  créer  le  queux  ;  car  ce  n'est  pas  estât 
ou  office  commun,  c'est  mestier  subtil  et  sumptueux, 
et  qui  toute  seureté  sent2,  et  est  le  prouffit  nécessaire 
du  prince,  et  dont  on  ne  se  peut  passer  ;  et  est  bien 
raison  que3  le  prince,  par  le  rapport  de  ses4  maistres 
d'hostel,  [et]  de  l'élection  sur  ce  faite,  donne5  le  don  au 
queux.  Et  au  regart  de  celuy  qui  servira  en  son 
absence,  quant  les  queux  seront  dehors  ou  malades, 
le  hateur 6  est  le  premier  en  la  cuisine  après  le  queux  ; 
etsembleroitqueàceste  cause  il  debvroit  servir  devant 
tous  les  autres,  et  pareillement  le  potaigier,  qui  est  moult 
aprins  du  goust  du  prince,  et  de  la  saveur7  que  le 

1.  «  Souveraine.  » 

2.  «  Serve.  » 

3.  Quatre  mots  supprimés  par  les  précédents  éditeurs. 
\.  «  Des.  » 

5.  «  Doibt  donner.  » 

6.  Rôtisseur. 

7.  «  Sauce.  » 


52  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

queux  ordonne  à  l'appétit  d'iceluy.  Mais  je  res- 
pons  que  l'ung  ne  l'autre  n'y  a  point  de  droit,  mais 
se  doit  faire i  par  élection  comme  le  queux  ;  et  le 
peuvent  les  maistres  d'hostel  ordonner,  sans  parler 
au  prince. 

Le  duc  a  en  sa  cuisine  vingt  cinq  hommes,  chascun 
servant  en  son  mestier  et  en  son  office,  et2  plusieurs 
enfans  de  cuisine,  qui  sont  sans  gaiges,  et  qui  y  sont 
mis  pour  apprendre3.  Le  hateur  retient  le  compte  du 
rost  et4  son  ayde  ;  le  potaigier  rend  compte  des  potaiges 
et  son  ayde,  et  livre  le  potaigier  toutes  potaigeries, 
comme  de  fèves,  pois,  bledz  et  lait,  à  faire  fourmen- 
ter  le  persin 5,  et  aussi  le  sel  qui  se  despense  en  la 
cuisine  ;  et  ce  par  marchié  fait  au  bureau  une  fois  tous 
les  ans6  comme  les  autres  marchans;  et  se  compte 
tous  les  jours  par  la  cuisine,  à  tel  prix  et  somme  que 
l'on  doit  payer  pour  jour.  Et  s'il  fault  espices  en  iceulx 
potaiges,  le  queux  en  fait  la  délivrance.  Les  enfans  de 
cuisine  ordinaires  plument  et  nettoient  les  poissons, 
et  les  livrent  à  ceulx  qui  les  doivent  appointiez  Les 
souffleurs  font  bouillir  la  chaudière,  et  rendent  compte. 
Les  portiers  gardent  la  porte,  et  doivent  prendre 
garde,  quant  on  va  aux  champs,  aux  chariotz  qui 
portent  les  vaisseaux  de  la  cuisine,  comme  chaudières, 
payelles,  grilz,  hattiers  et  autres  choses.  Les  buchiers7 
doivent  livrer  le  bois  et  le  charbon  pour  la  cuisine,  et 

1.  «  Sinon.  » 

2.  «  Et  aussi.  » 

3.  «  Le  mestier.  » 

4.  a  Avec.  » 

5.  Persil. 

6.  «  L  an.  » 

7.  «  Bouchiers.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  o3 

ce  pour  le  pris  et  par  le  marchié  '  qui  se  délivre  en  la 
fourrière,  et  se  compte  par  cent  de  bois,  et  par  man- 
dées2 de  charbon,  soubz  la  despence  de  la  cuisine.  Et 
en  suyvant  ce  que  le  buchier  se  mesle  de  Testât  de  la 
fourrière,  le  buchier  doit  logier  et  prendre  logis  pour 
l'escuier  de3  cuisine  ;  les  garde  mengier  doivent  garder 
toutes  les  viandes  crues  dont  l'on  fait  provision,  soit 
salure  ou  autrement  ;  les  potiers 4  doivent  nettoier  tous 
les  vaisseaux  et  les  habillemens  de  cuisine,  ilz  doivent 
tirer  toute  l'eaue  qui  sert  à  la  cuisine5.  Les  galopins6 
et  les  enfans  sans  gaiges  nourris  en  la  cuisine  doivent 
tourner  les  rostz  et  faire  tous  les  autres  services  menus 
qui  appartiennent  en  ladicte  cuisine. 

En  continuant  le  fait 7  de  la  cuisine ,  nous  revien- 
drons à  la  sausserie.  Le  duc  a  deux  saussiers,  comp- 
tez par  termes;  et  doit  le  saussier  garder  et  rendre 
compte  de  toute  la  vaisselle  d'argent  en  quoy  l'on  sert 
le  prince  pour  le  fait  de  la  cuisine,  et  aussi  de  toute 
la  vaisselle,  soit  d'argent  ou  autrement,  de  quoy  on 
sert  les  estatz  pour  icelle  cause.  Et  quant  le  prince 
veult  aller  à  la  table,  le  saussier  si  doit8  couvrir  le  buf- 
fet devant  le  queux  d'une  blanche  nappe,  et  puis  doit 
mettre  la  vaisselle  du  prince  par  pilles  de  platz  et  par 
pilles  d'escuelles  devant  le  queux.  Et  sur  iceluy  buf- 
fet la  doit  mettre  au  bas  bout  en  faisant  place  pour 

1.  «  Du  bois.  » 

2.  «  Mandelles.  »  Mande,  espèce  de  grand  panier. 

3.  «  Pour  la.  » 

4.  «  Portiers.  » 

5.  a  Qui  y  sert.  » 

6.  «  Happe-lopins,  »  marmitons. 

7.  «  L'estat.  » 

8.  «  Le  saussier  doit  aller.  » 


54  MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

asseoir  la  viande.  Et  à  l'autre  bout  doit  mettre  le  saus- 
sier  entre  deux  escuelles  couvertes  les  essais  tous  frois 
et  tous  prestz,  dont  le  maistre  d'hostel  doit  faire  ses 
essays  avec  le  queux,  et  doivent  estre  de  pain  biz1. 
Le  saussier  doit  livrer  les  sausses  de  verdure,  et  le 
buaige  des  nappes  pour  le  buffet,  et  des  napperons 
à  nettoyer  la  vaisselle;  et  ce  par  ung  marchié  fait 
qui  se  compte  tous  les  jours  soubz  la  despence  de  la 
cuisine  ;  et  aussi  le  verjus  de  grain,  le  verjus  de  vin 
aigre  semblablement,  et  de  ce  on  fait  provision  es  mains 
du  saussier,  et  dont  le  contrerolleur  a  le  double,  et  se 
despense  par  nombre  de  lotz  en  la  cuisine.  Et  en  l'of- 
fice de  la  sausserie,  soubz  iceulx  saussiers  sont  les 
aydes  et  les  varletz  de  la  chaudière.  Les  aydes  font 
les  sausses  et  les  varletz  de  la  chaudière  nettoient  la 
vaisselle,  et  la  lavent2;  et  quant  la  viande  du  prince 
est  levée  pour  servir  à  table,  le  saussier  doit  présen- 
ter les  sausses  au  panetier  toutes  couvertes,  et  le  pane- 
tier  luy  doit  bailler  son  essay,  comme  cy  dessus  est 
escript.  Le  saussier  doit  estre  en  la  salle  où  le  prince 
mange,   et   doit  recevoir  toute  la  vaisselle    par  les 
mains  du  varlet  servant,  pour  sçavoir  qu'elle  devient  ; 
car  s'il  y  a  voit  perte,  ce  seroit  sur  luy.  Et  au  regart 
de  la  vaisselle  pour  la  viande  des  estatz,  il  la  délivre 
au  commis  des  estatz,  comme  fait  le  garde  huche  la 
vaisselle  du  buffet,  et  se  rend  à  chascune  fois  audit 
saussier.  Le  saussier  doit  délivrer  le  sel  qui  se  des- 
pense par  les  estatz,  et  doit  avoir  le  pain  en  chascun 

1 .  Les  deux  phrases  qui  précèdent  ont.  été  omises  par  les  pré- 
cédents éditeurs. 

2.  «  De  lots  en  la  cuisine  et  en  l'office  de  la  sausserie.  Soubs 
iceux  saussiers  sont  les  aides,  et  les  vallets  de  la  chaudière  net- 
toient la  vaisselle  et  la  lavent.  » 


MÉMOIRES   D  OLIVIER  DE  LA   MARCHE.  ob 

estât,  sur  quoy  on  met  le  sel  pour  faire  la  salliere. 
Et  combien  que  le  fait  de  la  fruiterie  ne  touche  en 
riens  le  fait  de  la  cuisine,  toutesfois  je  entre  suivray 
continuant  et  suivant1  iceluy  estât,  pour  ce  qu'il  sert  à 
la  bouche.  Le  duc  a  deux  fruitiers  comptez  par 
termes,  et  a  le  fruitier  telle  auctorité  qu'il  apporte  le 
fruit  devant  le  prince,  et  faict  son  essay.  Il  livre  toutes 
manières  de  fruis,  comme  poires,  pommes,  cerises  et 
raisins,  et  se  compte  tous  les  jours  soubz  luy  et  soubz 
son  office,  selon  ce  qu'il  a  en  despense2,  l'une  fois  plus 
et  l'autre  fois  moins  pour3  jour.  Il  livre  prunes  sèches, 
câpres,  figues,  dates,  roisins,  nois  et  noisettes;  et  ce 
se  achate  par  provision  et  se  despense  par  quantité  ; 
et  pareillement  livre  la  cire  qui  se  despense  à  l'hostel 
du  prince,  tant  en  flambeaux,  torches,  comme  en  des- 
roys4  d'obsèques  de  prince  ;  et  s'achate  la  cire  par  pro- 
vision de  milliers  et  par  cens,  et  se  despensent  par 
onces  et  par  livres  soubz  iceluy  office  ;  et  en  la  fin  du 
mois  l'on  compte  au  fruitier  bastons  et  lumynons5, 
pour  les  torches  et  flambeaux  que  il  a  despendu  en 
iceluy  mois,  et  ce  selon  la  quantité  de  sa  dépense.  Il 
a  en  garde  les  chandeliers  d'argent  à  mettre  les  flam- 
beaux, et  doit  asseoir  lesdits  flambeaux  à  la  table  du 
prince  et  au  buffet.  Il  a6  en  garde  la  vaisselle  d'argent 
pour  servir  le  fruit,  et  doit  estre  icelle  vaisselle  trouée7 
en  trois  lieux,  pour  plus  habilement  laver  son  fruit;  [et] 
l'on  nomme  en  la  maison  de  Bourgoingne  les  flambeaux 

1 .  Deux  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  «  Selon  ce  qu'il  en  a  despensé.  » 

3.  «  L'une  fois  plus  que  l'autre  par.  » 

4.  «  Deffroy.  »  —  5.  «  Bastons-luminons.  » 

6.  <  Du  prince  ;  et  au  buffel  il  a.  » 

7.  «  Trouvée.  » 


»G  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

qui  se  allument  au  prince  les  Mestiers d  ;  et  se  prent 
cestuy  nom,  à  que2  le  fruitier  doit  estre  homme  de  mes- 
tier,  et  doit  faire  luy  mesmes  les  torches  et  les  flam- 
beaux. Et  pourquoy  se  met  le  mestierde  la  cire  es 
mains  du  fruitier  qui  a  son  nom  sur  le  fruit3,  et  non 
pas  sur  la  cire,  qui  toutesfois  est  plus  grande  despence? 
C'est  en  efïect  pour  ce  que  la  cire  est  tirée  par  la  mouche 
es  Heurs,  dont  viennent  les  fruis  ;  pourquoy  on  a 
ordonné  très  bien  ceste  chose4.  Et  quant  le  prince  veult 
servir  à  l'église,  comme  à  la  feste  de  Dieu  devant  le 
Corpus  Domini,  ou  le  jour  du  bon  vendredy,  le  frui- 
tier apporte  la  torche  du  prince  et  la  baise,  et5  la  baille 
au  premier  chambellan,  et  délivre  les  autres  torches 
aux  princes,  contes  et  barons,  aux  chevaliers  et  aux 
seigneurs,  par  trois  ou  quatre  douzaines.  Et  le  jour  de 
la  Chandeleur,  àfi  aller  à  la  procession,  le  fruitier  baille 
pareillement  le  cierge  du  prince,  qui  est  armoyé  de 
ses  armes  et  de  sa  devise,  et  pareillement  de  tous  les 
princes  et  princesses  ;  et  ne  sont  nulz  cierges  armoyez 
délivrez  sinon  aux  princes  et  princesses,  comme  dit 
est7,  et  prochains  du  sang  du  prince8;  et  à  tous  les 
autres  sont  délivrez  cierges  selon  leurs  estatz,  et 
jusques  au  moindre  varlet  de  l'hostel,  compté  par  les 
escroez  ;  et  ne  se  comptent  pas  par  nombre  de  cent 

1.  «  Qui  s'allument  autour  des  Mestiers.  » 

2.  «  Parce  que.  » 

3.  Sept  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

4.  «  Pourquoy  a  bien  esté  ordonné  à  ceste  cause.  » 

5.  «  Puis.  » 

6.  «  Pour.  » 

7.  Phrase  omise  dans  les  précédentes  éditions,  depuis  «  et  ne 
sont  nulz  cierges.  » 

8.  Deux  mots  également  omis. 


MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE    LA   MARCHE.  o7 

ou  de  quartrons,  mais  par  milliers  ;  et  tous  suivent  le 
duc  en  la  procession,  le  cierge  allumé,  par  estât  et  par 
ordre,  qui  est  moult  grant  chose  à  veoir.  Le  fruitier 
livre  torches  et  flambeaux,  filez,  mortiers  de  cire  et 
de  chandelles  de  sieu1  par  tous  les  estatz,  et  selon  ce 
que  ordonné  luy  est.  En  la  fruiterie  a  deux  sommel- 
liers  qui  délivrent  icelles  choses,  et  si  a  six  varletz  de 
torches  qui  doivent  tenir  les  torches  à  toutes  heures, 
soit  en  salle  ou  en  chambre,  excepté  seullement2  que 
quant  on  tient  conseil,  les  secrétaires  tiennent  les 
torches  en  la  chambre  dudit  conseil  ;  et  quant  le  prince 
va  dehors  de  son  hostel,  et  qu'il  convient  avoir  plus 
largement  de  torches,  comme  par  douzaines,  pour 
allumer  au  prince3,  le  fruitier  peut  prendre  gens  aux 
despens  du  prince  pour  porter  icelles  torches,  et  luy 
est  compté  par  les  escroes  soubz  son  office.  Le  frui- 
tier livre  torches  et  cire  en  la  chappelle,  et  sont  les 
grans  torches  merchées4  par  le  contrerolleur,  et  se 
rapportent  les  coppons  des  grans  torches  au  bureau, 
auquel  lieu  elles  sont  desmerchées5  ;  et  rend  ledit  frui- 
tier son  compte  par  livres  et  par  onces,  et  se  compte 
quatorze  onces  pour  la  livre.  Et  au  regart  de  la  chan- 
deille  de  sieu,  le  sommellier  de  la  fruiterie  la  délivre 
et  a  l'argent,  et  scet  combien  il  doit  avoir  de  la  livre, 
et  est  compté  par  les  escroez  soubz  iceluy  office.  Et  au 
regart  des  marchans,  tant  boulengiers  comme  bou- 
chiers,  ils  doivent  livrer  le  pain  en  la  paneterie,  et  la 
chair  et  les  pastez  en  la  cuisine  ;  et  pour  ceste  cause 
ont  certaines  bouches  comptées  par  les  escroez,  pour 

1.  »  Sien,  «  comme  ci-devant,  p.  49,  et  t\e.  mémo  plus  loin. 

2.  Un  mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 
'■'>.  Deux  mots  omis.  —  i.  5.  «  Marquées*  » 


58  MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE   LA    MARCHE. 

chascune  trois  solz  par  jour  ;  et  se  compte  à  la  fin  du 
moys  les  boulengiers  en  la  paneterie,  et  les  bouchiers 
en  la  cuisine. 

Item,  les  petites  torches  dont  l'escuier  de  cuisine  et 
les  autres  queux  esclairent  la  viande  sont  marquées  en 
queue,  et  en  rendant  les  bouts  ainsi  marquées  en  ont 
d'autres. 

Or  ay  devisé  de  la  manière  de  servir  la  bouche  du 
prince;  si  fault  que  j'entre  au  quatriesme  estât,  qui 
est  de  l'escuyrie.  Et  prent  iceluy  estât  et  office  son 
nom  au 4  labeur  des  autres ,  car  les  autres  escuiers 2 
prennent  leur  nom  et  leur  office  par  la  manière  que 
j'ay  escript  cy  dessus  ;  aussi  le  nom  de  l'escuyrie  se 
prent  sous  le  nom  d'escuier  pour  ce  que  l'escuier 
gouverne  l'office,  et  n'y  a  estât  en  la  maison  qui  se 
puist  nommer  escuier  sans  queue,  sinon  l'escuier  d'es- 
cuyrie,  et  quant  on  dit  :  «  J'ay  veu  l'escuier,  »  c'est  à 
dire  l'escuier  d'escuyrie,  et  ne  desplaise  à  ceulx  qui 
dient  :  «  J'ay  veu  ou  parlé  à  monsieur  l'escuier  d'es- 
cuyrie, »  certes  c'est  mal  usé  de  la  manière  de  par- 
ler selon  la  coustume  ancienne  de  la  maison  de  Bour- 
goingne,  car  l'on  doit  dire  l'escuier  seullement,  et  en 
France  l'on  dit  le  grant  escuier,  et  non  autrement.  Mais 
je  croy  bien  que  nous  avons  aprins  ceste  manière  de 
parler  aux  autres  maisons  de  princes  voisins.  Et  ne 
peut  on  trop  honnourer  le  nom  et  Testât,  car  il  le 
vault,  et  est  de  grant  magnificence. 

Le  duc  a  un  escuier  d'escuyrie ,  lequel  a  soubz  sa 
charge  cinquante  escuiers  d'escuyrie ,  et  a  povoir  et 

1.  «  Et  office  à  la.  » 

?.  Un  mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 


MEMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  59 

auctorité  sur  eulx,  et  sont  gouvernez  par  chambrées  et 
en  escadres,  comme  il  est  escript  es  trois  estatz  cy 
dessus  nommez  ;  et  soubz  luy  se  rend  compte  par  les 
escroez,  et  soubz  sa  certification,  de  toute  la  despence 
faite  pour  tes  chevaulx,  pour  rembourure,  de  méde- 
cine, et  autres  choses  nécessaires  à  la  despence  com- 
mune, et  si  se  paye  en  compte  journellement  par  les 
escroez  soubz  son  office ! .  Et  c'est  à  la  charge  du 
maistre  de  la  chambre  aux  deniers.  Et  au  regart  des 
pompeux  habillemens  des  chevaulx  et  des  paiges,  des 
paintures  pour  bannières  etestandarts,  de  harnois,  de 
l'armoyrie  aussi2,  ces  choses  se  payent  soubz  certifi- 
cation par  la  main  de  l'argentier. 

L'escuier  d'escuyrie  doit  avoir  trois  proprietez,  qui 
ne  sont  pas3  legieres  à  rencontrer  ensamble.  Il  doit 
estre  puissant  de  corps,  saige,  mixte4,  vaillant  et  hardy. 
Premièrement,  je  diray  pourquoy  il  doit  estre  vaillant  ; 
car  force  de  couraige,  qui5  est  le  principal  point  de  vail- 
lance, est6  la  principale  des  quatre  vertus  cardinales. 
Il  doit  estre  vaillant  et  hardy,  pour  ce  que  en  armes  il 
doit  avoir  l'estandart  du  prince  en  gouvernement,  qui 
est  enseigne  qui  toujours  est  portée  et  veue,  et  que 
chascun  suit,  et  où  chascun  tient  règle,  et  où  chascun 
se  rallye  ;  et  convient  que  celuy  qui  le  maine  et  con- 
duit soit  hardy  pour  emprendre  et  vaillant  pour  sous- 
tenir;  et  doit  estre  telle  la  renommée  de  luy7,  pour 

1.  Phrase  omise  dans  les  précédentes  éditions  depuis  :  «  et  si 
se  paye.  » 

2.  Quatre  mots  <>nii>. 
i.  «  Trop.  » 

4.  «  Juste.  » 

h.  Un  mot  supprimé. 

6.  «  Et.  »  —  7    »  Sa  renommée.  » 


GO  MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE   LA    MARCHE. 

donner  à  chascun  couraige  de  valloir  et  honte  de  faire 
le  contraire.  Il  doit  estre  puissant  de  corps,  pour  ce 
que  luy  mesmes  en  personne  porte  l'estandart  du  prince 
en  bataille,  qui  est  ung  puissant  faiz  à  porter;  car 
l'estandart  du  prince  doit  estre  grant  et  eslevé  par 
dessuz  les  autres,  et  se  doivent  toutes  autres  enseignes 
ployer  et  amoindrir  là  où  est  l'estandart  du  prince  ; 
et  toutesfois  pour  desploier  la  bannière  du  prince  où 
sont  ses  propres  armes,  les  bannières  de  ses  subjetz 
ne  se  reploient  point,  ains  se  desployent  ;  et  la  cause 
si  est1  que  les  enseignes  doivent  révérence  à  l'estan- 
dart, comme  font  les  petiz  batteaux  en  la  mer  devant 
une  carracque  ou  une  grant  nef.  Et  pour  l'autre 
enseigne,  qui  est  la  bannière,  doit  on  hommage  et 
service  ;  et  pour  ce  desploie  chascun  banneret  la  ban- 
nière de  ses  armes ,  pour  monstrer  qu'il  sert  en  per- 
sonne, et  qu'il  veult  tenir  sa  foy  et  loyaulté,  comme 
il  veult  vivre  et  morir  avec  son  prince  et  que  faire  le 
doit2. 

L'estandart  doit  estre  paint  des  couleurs,  devise  ou 
mot3  du  prince,  afin  d'estre  recongneu,  et  doit  avoir 
ung  fer  de  lance  au  bout  de  l'estandart  en  hault  ;  car 
au  besoing  l'escuier  peut  couchier  son  estandart,  se 
la  bannière  est  à  ceste  heure  desploiée  ;  et  pareillement 
doit  avoir  fer  la  lance  du  penon,  pour  ce  que  l'escuier 
trenchant4  est  si  près  du  prince  ordonné  en  la  bataille, 
que  au  besoing  il  le  doit  deffendre  et  faire  lance  de 
son  penon.  Et  ne  sceus  oneques,  par  escript  ou  autre- 

1.  «  Raison  est.  » 

2.  «  Gomme  il  doit  mourir  et  vivre  avec  son  prince.  » 

3.  «  Couleurs  et  devise.  » 

4.  «  L'escuyer  du  prince.  » 


MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE    LA    MARCHE.  61 

ment,  où  le  penon  fut  desploié  sans  la  baniere,  ne  la 
haniere  sans  le  penon  ;  mais  j'ay  bien  veu  et  sceu  grans 
choses1  soubz  l'estandart  du  prince  seulement  et  sans 
avoir  baniere  ou  penon  desployé2. 

Et  pour  le  tiers  point,  l'escuier  doit  estre  mixte3, 
car  il  se  mesle  de  toutes  les  pompes  et  des  parures 
qui  se  font  pour  le  prince,  d'armer  et  attinter4  le 
prince,  soit  pour  la  guerre,  pour  le  tournoy  ou  pour 
la  jouste;  et  pour  ce  fault  qu'il  soit  sage  et  mixte5, 
comme  j'ay  dit.  L'escuier  doit  avoir  en  la  guerre  la 
première  chambre  après  le  prince,  et  en  paix  la  der- 
reniere  ;  et  est  la  raison  pour  ce  que  en  la  guerre  à 
toutes  heures  il  doit  estre  prest  pour  armer  le  prince. 
Et  toutes  les  fois  que  le  prince  chevauche  en  armes  à 
estandart  desployé,  doit  avoir  plat  comme  le  sommel- 
lier  de  corps  ;  son  estandart  doit  chevauchier  en  armes 
le  premier  de  tous  escuiers,  excepté  quant  le  penon 
est  desployé,  comme  j'ay  dit  dessus;  car  chascune 
escadre  doit  accompaigner  son  enseigne.  Or  je 
demande,  se  le  prince  chevauchoit  en  armes  par 
escadres ,  et  ne  portassent  que  les  cornettes  des  esca- 
dres, et  que  l'estandart  n'y  fut  point ,  s'il  venoit  ung 
effroy,  à  laquelle  des  quatre  cornettes  se  devroient0 
rallier  les  escuiers?  Je  respons  que  ce  seroit  à  l'es- 
cuier d'escuyrie,  et  ce  pour  deux  raisons  :  la  première, 
pour  ce  que  l'on  est  plus  accoustumé  que  tous  soient 


1.  «  De  bien  grandes  choses.  » 

2.  Sept  mots  omis. 

3.  «  Juste.  » 

4.  Ajuster,  parer. 

5.  «  Juste.  » 

6.  «  Viendroient.  » 


62  MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

soubz  la  gouvernance  de  l'estandart  et  soubz  la  sienne 
que  des  autres  ;  et  l'autre  raison  si  est  pour  ce  qu'il 
est  plus  accoustumé  de  tenir  enseigne  que  nul  des 
autres  ;  et  je  cuyde  bien  jugier  de  bailler  l'auctorité  à 
l'escuier  d'escuyrie  quant  à  ce  point1. 

L'escuier  a  jurisdiction  sur  ceulx  de  son  escuyrie, 
et  peuvent  demander  leur  renvoy  au  bureau  de  toutes 
matières  qui  touchent  partie  à  partie.  Et  pour  ce  que 
deux  personnes  de  l'escuyrie  seroient  ensoignées  par 
plusieurs  journées,  et  ne  pourroient  estre  d'emprès 
leurs  chevaulx ,  parquoy  pourrait  advenir  que  par 
maladie  desroy  y  fust,  ou  qu'aucuns  chevaulx  se  per- 
draient, et  pour  ce  sont  ilz  renvoyez  à2  l'escuier.  Mais 
si  ung  homme  de  l'escuyrie  estoit  adjourné  pour  autre 
cause,  et  contre  ung  autre  que  de  l'escuyrie,  il  seroit 
tenu  de  respondre  et  n'aurait  point  de  renvoy  ;  et 
toutesfois  s'il  avoit  desservi  d'estre  mis  en  prison  pour 
quelque  cas,  on  le  rendroit  à  l'escuier  chargé  de  ses 
fais,  s'il  le  vouloit  avoir,  et  si  la  matière  ne  touchoit  à 
l'encontre  du  prince.  L'escuier  doit  porter  l'espée  de 
parement  devant  le  prince  à  toutes  entrées  honnou- 
rables,  soit  à  piet  ou  à  cheval,  et  la  doit  tenir  en  sa 
main  dextre  empoingnée 3  entre  la  croix  et  le  pommeau  ; 
et  doit  porter  icelle  espée  couchée  sur  l'espaule,  la 
pointe  dessus,  et  doit  estre  l'escuier  seul  à  tout  l'es- 
pée4 et  la  première  personne  devant  le  prince.  Soubz 

1.  «  Nota  qu'il  y  a  guidon  à  l'estandart  comme  pennon  à  la 
baniere,  que  jamais  à  la  guerre  on  ne  ployé;  car  c'est  à  quoy  et 
soubs  qui  les  archers  se  conduisent  et  rallient  ;  et  le  gouverne  le 
capitaine  des  archers  du  prince.  »  (Note  d'Olivier  de  la  Marche.) 

2.  «  Devant.  » 

3.  Mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

4.  «  Avec  l'épée  seul.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  63 

l'escuyer  sont  trompettes,  menestrelz  et  tous  joueurs 
d'instrumens,  messaigiers  et  chevaucheurs  portans  les 
armes  du  prince  ;  et  leur  donne  le  prince  la  retenue, 
et  l'escuier  leur  met  la  boitte  armoyée.  Il  a  en  garde 
la  cotte  d'armes  et  l'estandart,  mais  les  paintres  qui 
les  font  sont  varletz  de  chambre,  et  n'ont  que  faire  à 
luy  que  pour  leur  mestier.  Les  armuriers  sont  pareil- 
lement varletz  de  chambre,  et  respondent  à  l'escuier 
seullement ,  et  non  à  autre  ;  paiges  et  varletz  de  piet 
sont  soubz  luy,  et  tous  autres  servans  à1  l'escuyrie  ; 
et  quant  le  prince  jouste  ou  tournoie,  l'escuier2  doit 
avoir  les  parures  du  prince  et  de  son  cheval,  en  quoy 
il  a  jousté  et  tournoie  pour  chascune  fois,  et  quelque 
riche  qu'elle  soit,  excepté3  l'or  pur  et  la  pierrie  ;  car  ce 
revient  au  prouffit  du  prince. 

Les  escuiers  d'escuyrie  doivent  mettre  l'estrier  au 
pié  du  prince,  et  l'aydier  à  monter  et  à  descendre,  et 
tenir  la  bride  de  son  cheval;  et  le  varlet  de  pié4  doit 
tenir  l'estrier  hors  du  montoir,  et  doivent  estre  soin- 
gneux  que  le  cheval  soit  prest  à  l'heure  qu'il  le 
demande.  Les  escuiers  d'escuyrie  doivent  estre  bons 
chevaucheurs,  et  deux  ou  trois  fois  le  mois  et  selon 
le  temps,  se  l'escuier  l'ordonne,  ilz  doivent  aller  aux 
champs  et5  chevauchier  les  chevaulx  du  prince. 

Or  est  temps  que  nous  devisons  du  nombre  de 
ceulx  qui  sont  en  l'escuyrie,  et  quelz  gens.  Le  duc  a 
premièrement6  douze  paiges,  enfans  de  bonne  maison, 

\.  «  Et  tous  autres  de.  »  —  2.  «  II.  »  —  3.  «  Réservé.  » 

4.  «  Le  vallet  lacquay.  » 

5.  k  Le  mois  ils  doivent  aller  aux  champs  selon  le  temps,  si 
l'escuyer  ordonne  de.  » 

6.  Un  moi,  passé  dans  1rs  précédentes  éditions. 


64  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE    LA   MARCHE. 

lesquelz  sont  en  la  subjection  et  gouvernement  de  l'es- 

cuier,  comme  dit  est,  et  doivent  chevauchier  après 

le  prince,  ainsi  que  leur  est  ordonné  par  lepalfrenier1  ; 

et  n'ont  que  faire  iceulx  paiges  autour  des  chevaulx, 

sinon  de  brider  chascun  son  cheval  et  les  mener  boire 

après  le  palfrenier,  et  par  ordre  de  chevauchier  après 

le  prince,  comme  dit  est;  et  doivent  aller  à  la  viande 

pour  le  prince  comme  j'ay  escriptcy  devant2.  L'escuier 

se  sert  d'eulx  pour  les  endoctriner.  Hz  ont  varlet3  aux 

despens  du  prince,  qui  les  pansent  et  nettoient  ;  et  doit 

icelui  varlet  soy  l  tenir  hors  de  la  cuisine,  pour  garder 

les  chevaulx  du  prince  quant  les  paiges 5  vont  à  la  viande 

du  prince.  Le  plus  grant  et  le  plus  puissant  des  paiges 

doit  porter  l'estandart  après  le  prince  ;  et  le  prince, 

selon  ce  qu'ilz  viennent  grans,  les  met  ses  coustilliers6 

et  ses  serviteurs  servans  en  armes   autour  de  luy 

pour  fairemessaigerieset  courrent7  là  où  il  les  envoie. 

Le  duc  a  ung  palfrenier;  celui8  est  le  premier  en 

l'escuyrie,  et  doit  estre  obey  des  autres  au  regart  du 

faict  des  chevaulx,  et  doit  chevauchier  après  lesaultres9 

et  porter  le  manteau  du  prince,  et  non  autre.  Il  a  en 

garde  toutes  les  selles  qui  appartiennent  aux  chevaulx  ; 

1.  «  Que  leur  ordonne  le  palfrenier.  » 

2.  Neuf  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

3.  «  Vallets.  » 

4.  «  Et  se  doivent  iceux  vallets.  » 

5.  «  Pour  garder  les  chevaux  des  pages  quand  ils.  » 

6.  Les  éditeurs  précédents  ont  lu  conseillers,  ce  qui  n'avait 
aucun  sens.  —  Goustillier,  soldat  armé  d'une  coustille  ou  grand 
couteau.    - 

7.  «  Les  faict  ses  conseilliers,  et  servent  en  armes  auprès  de 
luy  pour  faire  message,  et  pour  courir.  » 

8.  «  Qui.  » 

9.  «  Après  les  pages.  » 


MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE   LA    MARCHE.  65 

il  mect  les  chevaulx  et  les  paiges  en  ordre  après  le 
prince,  et  doit  estre  obey1,  comme  dit  est. 

Le  duc  a  quatre  varletz  de  pié,  iceulx2  doivent  ame- 
ner le  cheval  du  prince  au  montoir,  et  le  doivent  aller 
quérir  à  l'escuyrie,  et  le  mener  par  la  bride,  et  non 
monter  sus,  et  doivent3  bien  garder  que  nul  homme 
approche  ledit  cheval  ;  et  depuis  que  le  palfrenier  leur 
a  délivré  le  cheval  du  prince4  es  mains,  nul  ne  doit  le 
attouchier  ne  à  la  selle  ou  à  la  harnassure5,  s'il  n'est 
escuier  d'escuyrie  ;  et  doivent  avoir  iceulx  varletz  de 
pié  ung  chascun  ung  blanc  baston  en  sa  main,  sans 
fer  et  sans  glaive,  et  ce  pour  reculler  le  peuple  qu'il 
n'approche  point  le  prince.  Car  il  ne  seroit  pas  bien 
séant  que  le  povre  peuple,  qui  amoureusement  court1' 
après  le  prince,  et  se  tire  près  pour  le  veoir,  fust  reculé 
ou  féru  de  glaive  ou  de  trenchant  ;  mais  doit  estre 
rebouté  par  iceluy  baston  qui  n'a  point  de  pointe.  Les 
paiges,  palfreniers  ou  varletz  de  pié7  doivent  estre  habil- 
lez paraulx;  et  les  varletz  de  pié  ou  palfreniers  font  les 
aulmosnes  avant  les  champs  à  tous  les  povres  que  le 
prince  rencontre  ;  et  rend  compte  en  conscience  celuy 
qui  faict  l'aulmosne  de  ce  qu'il  a  donné  ;  et  doivent  les 
varletz  de  pié  estre8  aux  sallies  et  entrées  de  toutes 
villes,  et  aller  à  pié  autour  de  son  cheval,  comme  dit 
est.  En  icelle  escuyrie  a  bien  trente  hommes  servans  et 

1.  Quatre  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  «  Lacquais  vallets,  et.  » 

3.  Un  mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

4.  Quatre  mots  également  omis. 

5.  «  Nul  ne  doit  attoucher  le  cheval  sellé  ou  en  harnassure.  » 

6.  «  Vient.  » 

7.  «  Vallets  lacquais.  » 

8.  «  Aller,  » 

iv  5 


66  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA    MARCHE. 

à  ceste  cause,  et  selon  Testât  d'ung  ehasoun1.  Les  var- 
letz  de  corps  nettoient  les  chevaulx  d'estrilles  et  de 
flassars2,  et  leur  donnent  l'avaine,  font  les  littieres, 
fîentent  les  chevaulx,  et  tiennent  l'escuyrie  honneste. 
Les  mareschaulx  ferrent  et  medecinent  les  chevaulx  ; 
les  bottelleurs  livrent  le  foin,  l'avaine  et  la  littiere  ;  les 
chevaulcheurs  font  la  despence  et  les  pourveances,  et 
les  aydes  d'iceulx  chevaulcheurs  sont  fourriers  de  l'es- 
cuyrie, et  prendent  les  logiz.  Les  varletz  des  som- 
miers, dont  il  y  a  plusieurs,  pansent  les  chevaulx  des 
sommiers,  et  les  meinentà  tout  le3  sommaige  ;  et  oultre 
plus,  sont  iceulx  chevaulcheurs  messaigiers,  et  n'en 
y  a  que  douze  ordinaires;  et  iceulx  douze4  ont  ung 
varlet  aux  despens  du  prince,  et  eulx  douze  n'ont  en 
l'escuyrie  que  quatrées  de5  chevaulx,  qui  sont  délivrées6 
aux  varletz  des  chevaucheurs  chascun  jour,  et  sont 
mises7  au  prouffit  d'iceulx  où  qu'ilz  soient;  car  selon 
leurs  charges  et  leurs  commissions,  aucune  fois  tous 
y  sont,  aucune  fois  néant  et  peu  souvent,  l'une  fois 
deux,  l'autre  fois  point  ;  et  sont  payez  de  leurs  voyaiges, 
quant  ils  vont  dehors,  par  l'argentier8;  et  pour  ce 
fut  ordonné  qu'ilz  auroient  quatre  livres  par  jour 
et   non   plus.    Les    varletz  des  chariotz   despensent 


1.  «  Trente  hommes  à  ceste  cause  et  chascun  selon  son  estât.  » 

2.  Couvertures  de  chevaux. 

3.  «  Avec  leur.  » 

4.  «  Et  lesdits  douze  messagiers.  » 

5.  «  Quatre.  » 

6.  «  Délivrés.  » 

7.  «  Mis.  » 

8.  «  Les  officiers  d'armes  se  créent  et  baptisent  à  l'hostel  du 
duc.  »  Phrase  maladroitement  intercalée  ici  par  les  précédents 
éditeurs.  Elle  se  retrouvera  plus  loin. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE    LA    MARCHE.  67 

de  leurs  chevaulx  et  chariotz * ,  et  se  compte  le 
tout  soubz  la  main  du  chevaulcheur,  qui  fait  la  des- 
pence par  les  escroes  et  en  l'office  d'escuyrie  ;  et 
doivent  estre  dessoubz  l'escuier  tous  ceux  qui  portent 
esmail  du  prince  ou  enseigne  armoyée  des  armes2, 
excepté  l'office  d'armes. 

Et  puisque  nous  avons  parlé  de  l'office  d'armes,  je 
deviseray  d'iceulx.  Le  duc  a  en  son  hostel  six  roys 
d'armes,  huict  heraulx  et  quatre  poursuyvans,  et  leur 
sont  leurs  cottes  d'armes  délivrées  et  renouvellées  par 
l'escuyrie  ;  mais  ilz  ne  sont  pas  subjectz  à  l'escuier,  et 
n'ont  à  respondre  que  au  duc  et  à  son  premier  cham- 
bellan ;  et  sont  iceulx  comptez  par  les  escroes,  sinon 
quant  ils  vont  es  voiaiges,  qui  sont  comptez  par  l'ar- 
gentier. Les  officiers  d'armes  se  créent  et  baptisent  à 
l'hostel  du  duc  es  grans  jours  et  es  bonnes  festes. 
Et  à  faire  ung  poursuyvant  doit  avoir  deux  heraulx, 
qui  doivent  tesmoigner  qu'il  est  personne  honneste, 
qu'il  a  discrétion  et  renommée  de  vertu  et  de  vérité 
pour  entrer  en  l'office  d'armes,  qui  jadis  furent  nom- 
mez les  voir  disans.  Le  prince  luy  donne  tel  nom  qu'il 
luy  plaist,  et  en  le  nommant,  le  baptise  de  vin  que  les 
heraulx  luy  ont  apporté  en  une  tasse,  et  puis  donne 
la  tasse  au  poursuyvant,  et  la  racheté  communément 
d'ung  marc  d'argent;  et  puis  les  heraulx  luy  vestent 
la  cotte  d'armes  du  long  des  bras,  et  non  autrement; 
et  la  doit  [ainsi]  porter  tant  qu'il  soit  poursuyvant,  en 
différence  des  roys  d'armes  et  heraulx.  Et  se  le  poursui- 
vant se  gouverne  bien,  et  qu'il  soit  trouvé  homme  de 


1.  Doux  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions 

2.  Deux  mots  également  omis. 


68  MÉMOIRES   D'OLIVIER  DE   LA   MARCHE. 

bien  et1  de  vertu,  il  parviendra  au  noble  office  de 
herault  ;  et  doit  avoir  en  sa  création  deux  roys  d'armes 
et  quatre  heraulx,  qui  doivent  certifier  de  sa  première 
conduite,  et  qu'il  a  esté  poursuivant  sept  ans,  et  qu'il 
est  digne  d'estre  herault.  Si  doit  estre  baptisé  encore 
une  fois,  et  le  prince  luy  mue2  son  nom,  et  les  heraulx 
luy  tournent  la  cotte  d'armes  selon  ce  qu'elle  doit  aller  ; 
et  pour  créer  ung  herault  à  estre  roy  d'armes,  convient 
que  tous  les  roys  d'armes,  heraulx  et  poursuivans  que 
l'on  peut  finer3  soient  là,  et  qu'ilz  portent  tesmoignaige 
devant  le  prince  des  vertus  du  herault,  et  qu'il  est  stillé 
au  très  grant*  office  de  roy  d'armes,  qui  est  si  grant,  si 
hault  et  si  noble  que  jamais  ne  peut  avoir  plus  hault 
nom  en  office  d'armes.  Le  herault  doit  avoir  la  cotte 
d'armes  vestue,  et  le  prince  luy  met  la  couronne  en 
la  teste,  qui  doit  estre  d'argent  doré  et  non  point 
d'or,  et  n'y  doit  avoir  pierres  que  saphirs,  en  signi- 
fiant que  le  roy  d'armes  ne  doit  avoir  nul  regart  à 
quelques5  richesses,  fors  au  ciel  seullement  que  le 
saphir  figure,  et  dont  il  doit  tirer  vertu  et  vérité.  La 
couronne  doit  estre  en  quatre  lieux  croisettée,  et  non 
flouronnée  ;  et  luy  doit  estre  baillée  nom  de  province 
subjecte  au  prince,  et  où  d'ancienneté  il  y  ait  eu  nom 
de  roy  d'armes.  Et  au  regart  du  roy  des  royers,  il  se 
nomme  par  le  marquis  du  Sainct  Empire,  et  se  crée 
par  l'Empereur,  qui  ne  luy  doit  refuser  ;  et  est  ung 
des  principaux  roys  d'armes  qui  soit  de  la  çrestienté. 

1.  Trois  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 

2.  «  Et  lui  change  le  prince.  » 

3.  Trouver. 

4.  «  Haut.  » 

5.  «  Point  avoir  regard  à  nulles.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  69 

Et  du  temps  des  nobles  tournois,  ils  se  combatoyent 
par  deux  partiz,  les  ungs  royers  et  les  autres  poyers. 
Et  furent  deux  roys  d'armes  fais  pour  soustenir  iceulx 
deux  partiz,  et  pour  mettre  par  ordre  les  blasons  des 
nobles  hommes,  en  gardant  à  chascun  son  estât  et 
degré  :  c'est  à  sçavoir  le  roy  d'armes  des  royers  pour 
toute  la  noblesse  de  Germanie,  et  le  roy  d'armes  des 
poyers  pour  toute  la  noblesse  de  Gaulle  ;  et  certes  les 
matières  sont  de  grans  recommandations.  Mais  je  m'en 
passe  pour  abregier  et  pour  entre  suire  ma  matière. 
Et  qui  désir  aura  de  sçavoir  à  parler  de  ceste  chose 
quiere1  ung  traicté  que  fist  Anthoine  de  la  Salle2,  et  il 
trouvera  matière  de  grant  recommandation.  Et  au 
regart  de  créer  le  roy  d'armes  de  la  Thoison  d'or3,  il 
doit  estre  fait  par  élection  des  chevaliers  de  l'ordre. 
C'est  le  premier  et  le  principal  de  l'hostel  du  duc  de 
Bourgoingne,  et  a  l'entremise  de  la  feste  de  la  Thoison  ; 
[et]  ne  doit  avoir  autre  officier  d'armes  pour  conduire 
les  cérémonies  que  luy  seullement,  et  se  doit  aider  de 
Fusil4,  poursuyvant,  et  non  plus.  Hz  doivent  tous  à 
toutes  grandes  choses  accompaigner  le  prince,  leurs 
cottes  d'armes  vestues  ;  ilz  ont  de  grans  drois  et  de 
grans  dons.  L'office  d'armes  doit  honnourer  les  nobles, 
et  la  noblesse  les  doit  nourrir,  soustenir  et  porter.  Les 
officiers  d'armes  doivent  porter  les  blasons  du  prince 
au  costc  dextre,  selon  nostre  coustume  ;  mais  les  offi- 

1.  «  Cherche.  » 

2.  Cet  ouvrage  n'a  pas  été  publié.  Sur  les  Royers  et  les  Poyers, 
voy.  du  Cange,  Gloss.,  Vis  Poheri  et  Ripuarii,  et  Vulson  de  la 
Colombière,  Théâtre  d'honneur  et  de  chevalerie,  t.  I,  p.  55. 

3.  Deux  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

4.  Les  précédents  éditeurs  n'ont  pu  lire  ce  nom  et  l'ont  rem- 
placé par  le  mot  «  iceulx,  »  qui  n'a  ici  aucun  sens. 


70  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA    MARCHE. 

ciers  d'armes  d'Angleterre  portent  leurs  blasons  au 
costé  senestre.  Et  autrefois  ay  demandé  au  roy 
d'armes  de  leur  party  pourquoy  ilz  avoient  telle  cous- 
tume  en  Angleterre.  Sur  quoy  il  me  respondit  qu'il 
luy  sembloit1  que  leur  raison  estoit  plus  grande  que 
autre,  et  que  se  ung  noble  josne  homme  qui  jamais 
n'auroit  esté  armé  vouloit  sçavoir  de  quel  costé  il 
devroit  prendre  son  escu,  il  le  verroit  aux  blasons 
des  officiers  d'armes  de  quel  costé  ilz  les  portent. 
Et  pardeçà  les  officiers  d'armes  les  portent  au  dextre 
costé,  pour  ce  que  le  dextre  est  le  plus  noble  pour 
faire  honneur  aux  armes  et2  au  blason,  et  ainsi  chas- 
cun  a  opinion  raisonnable.  Et  la  cause  pourquoy  le 
prince  [leur]  donne  la  tasse  d'argent  à  les  créer,  c'est 
pour  faire  le  blason  de  ses  armes.  Et  me  tais  à  tant  des 
cérémonies  de  l'office  d'armes  pour  entre  suyre  ma 
matière. 

Le  duc  de  Bourgoingne  a  douze  trompettes  de 
guerre,  les  meilleurs  qu'il  a  sceu  finer,  et  sont  iceulx 
trompettes  gouvernez  par  l'ung  d'eulx  qui  est  leur 
chief.  Et  le  matin  que  le  prince  doit  partir,  ilz  doivent 
tous  ensamble  venir  faire  une  basture  devant  les 
fenestres  du  prince  pour  [le]  resveiller  à  l'heure  qui  leur 
est  baillée,  et  puis  se  partent  eulx3  quatre  et  vont 
sonner  à  mettre  selle  par  les  quatre  parties  de  la  ville 
ou  de  l'ost,  et  au  retour  de  chascun  ilz  doivent  sonner 
ung  mot  à  rentrer  au  logiz  du  prince,  et  se  doivent  [là] 
rallier  ensamble,  puis Mesjeuner  aux  despens  du  prince. 

1.  Quatre  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 
•?.  Trois  mots  également  omis. 

3.  Mot  également  omis. 

4.  «  Tous  ensamble,  puis.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE    LA   MARCHE.  71 

Et  le  chief  des  trompettes  se  doit  tenir  prest  pour 
sçavoir  quant  on  sonnera  à  cheval  ;  et  quant  le  prince 
le  commande,  les  trompettes  se  départent  et  vont  son- 
ner à  cheval  ;  si  se  mettent  chascun  en  armes  et  en 
habillemens ,  et  se  tire  chascun  dessoubz  son  chief  et 
dessoubz  sa  cornette,  et  les  trompettes  se  tirent  devers 
le  prince  comme  la  première  fois  ;  et  assez  tost  après 
sonnent  les  trompettes  la  tierce  fois;  si  viennent  les 
cornettes  et  escadres  accompaignez  chascun  de  leurs 
gens  devant  l'hostel  du  prince;  et  quant  tous  sont 
venus,  les  trompettes  font  une  basture,  et  à  celle 
heure  monte  le  prince  ;  et  doivent  toutes  les  trompettes1 
sonner  à  toutes  entrées  et  saillies,  tant  que  la  ville 
dure  ou  le  camp  où  on  a  esté  logé.  L'escuier  d'escuy- 
rie  leur  livre  bannières  de  trompettes  ;  ilz  ont  droit  es 
deniers  donnez  en  largesse  dont  l'office  d'armes  prent 
la  moitié,  et  les  trompettes,  menestrelz  et  joueurs 
d'instrumens  l'autre  moitié.  Le  duc  a  six  haulz  menes- 
trelz, qui  par  l'ung  d'eulx  six  sont  gouvernés2  et 
portent  les  armes  du  prince,  et  sont  comptez  par  les 
escroez  comme  les  trompettes  ;  le  duc  a  quatre  joueurs 
de  bas  instrumens  pareillement  comptez,  et  portent 
les  armes  du  prince  ;  et  m'a  esté  force  d'entre  suyre 
les  estatz,  non  pas  par  ordre,  mais3  par  règle.  Et 
combien  que  ceulx  dont  je  parleray  cy  après  soient 
plus  nobles,  toutefois  j'ay  voulu  entre  suyre  l'escuyrie 
et  ce  qui  en  dépend. 

Le  duc  a  soixante  deux  archiers  pour  son  corps, 

1.  «  Et  les  trompettes  doivent.  » 

2.  «  Qui  sont  gouvernée  par  un  des  menestriers  qui  est  roy 
d'iceux.  » 

3.  Mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 


72  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

qui  sont  gouvernez  par  deux  chevaliers  qui  se  nomment 
capitaines  des  archiers,  et  sont  comptez  par  les  escroez 
ordinaires  ;  et  les  peuvent  iceulx  capitaines  corriger  et 
pugnir,  et  doivent  annoncer  les  defaillans  au  bureau 
et  aux  maistres  d'hostel  pour  les  royer4  se  besoing 
est,  et  on  ne  leur  doit  point  refuser  quant  ils  le  dyent. 
Hz  ont  tous  les  ans,  ou  souvent,  palletoz  d'orfavrerie 
richement  chargez  ;  ilz  font  le  guet  tour  à  tour  devant 
le  prince;  ilz  le  doivent  accompaigner  où  qu'il  voise, 
soit  à  pié,  soit  à  cheval2  ;  s'ilz  sont  à  pié,  ilz  doivent 
estre  autour  de  son  cheval,  le  gouge  ou  le  baston  sur 
le  col  ;  et  s'ilz  sont3  à  cheval,  ilz  doivent  chevaucher 
après  leur  enseigne,  et  doit  aller  leur  enseigne  devant 
celle  des  escuiers,  et  entre  suyre  les  archiers  de  la 
garde,  comme  je  declareray  cy  après. 

Le  duc  a  six  vingts  et  six  hommes  de  sa  garde  pour 
la  seureté  de  sa  personne,  tous  nobles  hommes,  et  les 
fait  appeler  les  escuiers  de  la  garde,  et  a  chascun 
homme  d'armes4  ung  archier  à  cheval,  qui  sont  six 
vingts  et  six  archiers 5,  et  sont  lesdits  hommes  d'armes 
et  archiers  conduis  et  gouvernez  par  ung  capitaine 
qui  se  nomme  capitaine  de  la  garde  et  par  quatre 
escuiers  chiefs  d'escadre,  dont  chascun  a  soubz  luy 
trente  hommes  d'armes  et  trente  archiers  en  son 
escadre  ;  et  est  chascune  escadre  conduite  par  quatre 
chiefz  de  chambre,  lesquelz  en  ont  dessoubz  eux 
chascun  six  hommes  d'armes  et  leurs  archiers.  Ainsi 


1.  Rayer. 

2.  «  A  pied  ou  à  cheval,  où  qu'il  voye.  » 

3.  «  S'il  est.  » 

4.  «  Et  a  chascun  un  homme  d'armes  et. 

5.  Sept  mots  omis. 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  73 

sont  en  chascune  chambre  sept  hommes  d'armes,  qui 
sont  vingt  huit  pour  les  quatre  chambres,  et  a  chas- 
cun  chief  d'escadre  deux  lieutenans,  l'ung  pour  con- 
duire les  hommes  d'armes  en  son  absence,  et  l'autre 
pour  conduire  les  archiers.  Ainsi  sont  xxx  hommes 
d'armes  et  les  archiers1  en  chascune  escadre.  Le  capi- 
taine de  la  garde  a  pour  sa  chambrée  seullement2, 
oultre  et  pardessus  le  nombre  dessusdit,  plusieurs 
hommes  d'armes  qui  ont  requis  estre  de  la  garde.  Et 
pour  ce  que  ce  n'est  chose  ordinaire,  fors  à  volenté,  et 
que  le  nombre  est  aucune  fois  de  plus  et  l'autre  de 
moins,  je  ne  m'y  veulx  guère  arrester,  mais  viendray 
à  l'ordinaire  seullement.  Le  capitaine  a  ordinairement 
huit  archiers  et  deux  coustilliers3,  deux  trompettes 
et  ung  chappellain,  qui  sont  comptez  aux  gaiges  du 
prince.  Item,  a  deux  hommes  d'armes,  ses  lieutenans, 
dont  l'ung  a  conduite  de  l'estendart  en  son  absence4, 
et  l'autre  conduit  le  guidon  des  archiers  de  toute  la 
garde,  et  ont  les  chiefz  d'escadre  chascun  ung  archier 
ordinaire  aux  despens  du  prince,  et  a  telz  gaiges  que 
les  autres  ;  et  d'abondant  les  chiefz  d'escadre  et  leurs 
lieutenans5  ont  chascun  ung  coustillier  de  crue  payé  aux 
gaiges  du  prince.  Ainsi  sont  douze  coustilliers  en  ladicte 
garde,  et  servent  iceulx  d'aller  avec  le  fourrier  de  la 
garde  prendre  les  logiz  ;  et  les  deux  coustilliers  font  le 
logiz  pour  leur  escadre,  et  le  troiziesme  doit  revenir  au 

1.  Neuf  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  Un  mot  également  omis. 

3.  «  Conseillers,  »  comme  précédemment,  page  64,  et  de  même 
plus  loin. 

4.  «  Dont  l'un  conduit  l'estandart,  en  son  absence,  des  hommes 
d'armes.  » 

5.  «  Le  lieutenant.  » 


74  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE    LA   MARCHE. 

devant  de  l'escadre  pour  les  mener  au  logiz  ;  et  che- 
vaulchent  iceulx  hommes  d'armes  et  archiers  en  huit 
escadres  et  tousjours  en  armes,  soit  à  la  paix,  soit  à 
la1  guerre.  Et  chevauche  le  second  lieutenant  du  capi- 
taine le  premier,  et  le  guidon  des  archiers  après  luy  ; 
et  pour  ce  se  nomme  icelluy  capitaine  le  capitaine2 
des  archiers  de  la  garde  ;  et  après  luy  chevauche  la 
première  escadre3  qui  est  conduite  parl'homme  d'armes, 
second  lieutenant  de  la  première  escadre  ;  et  puis  che- 
vauche la  seconde  escadre,  la  tierce  et  la  quarte,  et 
sont  conduites  par  le  second  lieutenant,  comme  dit 
est.  Et  après  iceulx  chevaulchent  les  archiers  de  corps, 
à  guidon  desployé,  soubz  le  gouvernement  du  premier 
capitaine  ;  et  se  c'est  en  temps  de  paix,  les  escuiers 
des  quatre  estatz  du  prince  chevaulchent  après  luy 
par  ordre,  et  puis  les  chevaliers,  les  grans  pension- 
naires4, ceulx  du  sang,  princes  et  autres,  et  puis  les 
trompettes  et  l'office  d'armes  en  ordre.  Et  au  regart 
des  huissiers  d'armes,  ilz  chevauchent  deçà  et  delà 
pour  tenir  la  place  ouverte  ;  et  puis  devant  le  prince 
chevaulchent  sergeans  d'armes,  la  masse  sur  l'espaule, 
et  le  dernier  est  escuier  d'escuyrie  à  tout5  l'espée.  En 
tel  ordre  chevaulche  le  prince,  ses  paiges  et  ses 
parures6  après  luy,  et  derrière  luy  vient  le  capitaine 
de  sa  garde  à  l'estendart  desploié,  conduit  par  luy  ou 
par  son  lieutenant;  et  après7  vient  le  premier  chief 

1.  «  En  temps  de  paix  ou  de.  » 

2.  Deux  mots  supprimés  dans  les  précédentes  éditions. 

3.  «  Des  archers.  » 

4.  «  Et  puis.  » 

5.  «  Avec,  »  et  de  même  plus  loin. 

6.  Trois  mots  également  omis. 

7.  «  Après  luy.  » 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  75 

d'escadre,  à  cornette  desploiée,  qui  conduit  la  pre- 
mière escadre  des  hommes  d'armes  qui  accompaignent 
l'enseigne,  et  puis  la  seconde,  la  tierce  et  la  quarte, 
chascune  conduite  par  son  chief  d'escadre,  si  comme 
dit  est.  Mais  quant  le  prince  chevauche  pour  la 
guerre,  ceulx  de  sa  maison  chevauchent  après  la  per- 
sonne du  prince,  les  chevaliers  les  plus  près  de  luy, 
les  escuiers  après  et  puis  la  garde  ;  et  se  ployé  l'estan- 
dart  à  demy,  pour  celuy  du  prince  qui  est  desploié  ; 
et  ne  chevauche  nul  devant d  luy  entre  les  archiers  et 
sa  personne,  sinon  les  escuiers  de  sa  chambre  et  ceulx 
de  son  sang.  En  la  manière  devant  dicte  chevauche  le 
duc  tous  les  jours,  et  de  sa  personne  porte  le  harnois 
comme  les  aultres2.  Et  tous  les  jours  sont  tenuz  ceulx 
de  la  garde  faire  le  guet  devant  le  prince  tour  à  tour, 
à  chascune  fois  quinze  hommes  d'armes,  la  première 
nuyt  le  chief  d'escadre,  et  la  seconde  son  premier 
lieutenant  à  tout  le  demourant  ;  et  doivent  iceulx  du 
guet  tous  les  jours  accompaigner  le  prince,  embasto- 
nez  et  armez  se  besoing  fait3  ;  et  sont  iceulx  de  la  garde 
comptez  par  les  escroez  et  payez  par  le  maistre  de  la 
chambre  aux  deniers,  et  font  les  clercs  d'office  ung 
rolle  tous  les  jours  de  leurs  noms,  et  sont  mis  dedens 
le  contrerolle  par  ung  petit  escroe,  et  sont  royez  et 
recomptez  par  le  capitaine  de  la  garde  seullement,  qui 
a  le  regard  sur  eulx.  Hz  ont  mantelines  et  parures  du 
prince,  et  les  archiers  palletoz  d'orfavrerie  ;  et  sont 

1 .  «  Et  ne  chevauchent  devant.  » 

2.  Seize  mots  omis  par  les  précédents  éditeurs  qui  ont  rattaché 
le  commencement  de  la  phrase  :  «  en  la  manière  devant  dicte  »  à 
la  fin  de  la  précédente. 

3.  «  Est.  » 


76  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

comptez  à  si  grans  gaiges  et  en  tel  estât  qu'ilz  ont 
chascun  ung  coustillier  armé,  qui  font  six  vingt  et  six4 
combattans,  oultre  et  pardessus  le  nombre  nommé2. 
Tous  les  hommes  d'armes  ont  par  mois  argent  du 
prince  et  à  ses  despens  pour  tenir  sommier  à  mener3 
le  bagaige;  et  à  tant  me  tais  du  fait  de  la  garde. 

Et  pour  conduire  ceste  grande  chose,  fault  deviser 
comment  il  se  loge,  et  la  police  du  logis,  selon  lequel 
est  nommé  en  tout  temps  mareschal,  [pour]  estre  et 
servir  pour  le4  fait  de  la  guerre  ;  et  doit  livrer  les  quar- 
tiers aux  fourriers  des  compaignies5  des  gens  d'armes 
et  de  tous  les  quartiers.  Le  second  mareschal,  et  qui  est 
mareschal  de  l'hostel  du  duc,  doit  avoir  le  choix  pour 
logier  le  prince  et  son  estât.  Et  ne  devïseray  gueres 
pour  le  présent  du  mareschal  du  logis,  pour  ce  que  je 
y  reviendray  en  temps  et  lieu;  mais  deviseray  du 
mareschal  du  logis  de  l'hostel  pour  deviser  [de]  Testât 
de  la  fouriere,  et  comment  elle  se  doit  conduire.  Le 
mareschal  du  logis  se  souloit  appeller  l'escuier  du 
logis,  et  ne  se  mettoit  sus  iceluy  estât  qu'en  la  guerre 
seulement  ;  mais  pour  ce  que  le  duc  va  tousjours  en 
armes,  et  que  sa  maison  est  si  grandement  accompai- 
gnée,  comme  on  peut  veoir,  il  est  ordonné  qu'il  seroit 
ung  mareschal  du  logis  de  l'hostel,  et  est  ung  moult 
bel  estât  et  office.  En  l'hostel  du  duc  il  y  a  quatre 
archiers  comptez  et  une  trompette  par  les  escroez,  qui 
accompaignent  le  mareschal  où  qu'il  voise  ;  et  quant 


1.  «  Cent  vingt-six. 

2.  «  Armé.  » 

3.  «  Et  amener.  » 

4.  «  Pour  servir  au. 

5.  «  Capitaines.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  77 

il  doit  partir  pour  aller  faire  ung  logiz  de  ville  en  ville, 
il  fait  sonner  sa  trompette;  et,  sa  trompette  revenue, 
il  monte1  à  cheval,  et  les  fourriers  du  prince  doivent 
venir  vers  luy  ;  et  doit  avoir  le  mareschal  une  cornette 
pour  enseigne,  et  doit  aller  par  toutes  les  rues  et  par 
tous  les  logiz  sa  cornette  après  luy,  et  le  doivent 
suyvre  de  tous  les  estatz  ung  gentilhomme  et  fourrier 
de  tous  les  seigneurs2.  Le  fourrier  de  la  garde,  accom- 
paigné  des  coustilliers  ordinaires,  doivent  marchier 
en  belle  ordonnance  jusques  au  lieu  où  ilz  doivent 
faire  le  logiz  ;  et  est  bien  besoing  en  temps  de  paix 
que  ce  soit  par  aucuns  jours  avant  que  le  prince  se 
parte  ;  et  se  départ  le  logiz  en  deux  parties  dont  la 
première  partie  est  livrée  au  fourrier  pour  le  prince, 
les  chambellans,  les  quatre  estatz,  la  chappelle,  les 
archiers  de  corps,  la  garde3,  la  chambre  et  les  officiers 
domestiques  ;  et  le  mareschal  loge  de  soy 4  princes  et 
grans  pencionnaires,  chambellans  et  gens  de  conseil, 
ambassadeurs  et  autres  survenans  qui  ne  sont  point 
domestiques.  Et  ainsi  se  départ  le  logiz,  et  le  fourrier 
et  ses  aydes  font  le  logiz  qui  leur  est  ordonné  et  baillé. 
Ce  quartier  de  la  garde  est  aussi  délivré 5  au  fourrier 
de  ladicte  garde,  et  iceluy  fourrier  départ  son  logiz  en 
cinq  parties,  l'une  pour  le  capitaine  et  ceulx  de  sa 
chambre,  et  l'autre  partie  se  part6  en  quatre  pour  les 
quatre  chiefz  et  leurs  quatre  escadres.  Et  combien  que 

1.  «  Doit  monter.  » 

2.  Huit  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 

3.  «  Les  quatre  estats  de  la  chappelle,  les  archers  de  corps  de 
la  garde.  » 

4.  Deux  mots  également  omis. 

5.  o  Est  ordonné  et  le  gardier  de  la  garde,  et  aussi  délivre.  » 

6.  «  Départ.  » 


78  MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE   LA    MARCHE. 

Je  duc  de  Bourgoingne  soit  prince  et  seigneur1  des  plus 
belles  villes  du  monde,  toutesfois  est  son  estât  si  grant 
que  l'on  trouve  peu  de  villes  là  où  ilz  puissent  tous 
logier,  et  fault  souvent  adjunctions  de  villes  et  de  vil- 
laiges.  Le2  duc  a  fourrier  ordinaire3,  comme  dit  est, 
[et]  se  ce  ne  fust  pour  tenir  ordre  en  mon  escript,  j'eusse 
mis  Testât  de  sa  fourrière4  tenant  à  sa  chambre,  car  la 
fourrière5  est  de  la  chambre.  Le  fourrier  est  de  la 
chambre  et6  fait  la  despense  de  tout  le  bois  qui  se  des- 
pent  en  l'hostel  du  prince,  réservé  de  la  cuisine,  et  se 
compte  par  les  escroez  en  estât  de  fourier7.  Et  soubz8 
iceluy  se  comptent  les  espices  de  chambre,  dragées9 
et  autres  qui  se  livrent  par  espicier10.  Et  la  cause  si 
est11  pour  ce  que  le  fourrier  est  varlet  de  chambre, 
et  aussi  est  l'espicier,  et  ne  se  compte  nulle12  despence 
de  la  chambre,  sinon  en  fouriere  ;  et  aussi,  pour  ce  qu'on 
ne  veult  point  entremesler  la  despence  ordinaire13  des 
officiers,  se  met  il  en  fourrière  et  toutes  despenses  qui 
surviennent  qui  ne  despendent  d'autres  offices14.  Le 
fourrier  doit  porter  ung  baston,  et  doit  estre  verd 
en  signifiance  de  bois,  et  le  doit  porter  en  manière 
comme  s'il  vouloit  tousjours  hurter  à  ung  huys  pour 

1.  Deux  mots  omis. 

2.  «  Ainsi  le.  » 

3.  Un  mot  omis. 

4.  5.  «  La  fourie.  » 

6.  Cinq  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

7.  «  Soubs  Testât  de  la  fourie.  » 

8.  «  Sur.  » 

9.  «  Drageries.  » 

10.  «  Les  espiciers.  » 
H.  «  La  raison  est.  » 

12.  «  Aucune.  » 

13.  Mot  omis. 

14.  Seize  mots  omis. 


MÉMOIRES    D'OLIVIEK    DE    LA    MARCHE.  79 

demander  ouverture  ;  sa  marque  doit  estre  tenue  à 
tous,  sur  paine  de  mort.  Le  fourrier  en  sa  personne 
doit  battre  le  lit  du  prince  de  son  baston,  comme  je 
l'ai  escript  une  fois  ;  et  quant  le  prince  vient,  le  fourrier 
doit  mettre  le  bancq,  les  tréteaux  et  la  table  ;  il  doit 
reculer,  remettre  et  oster  à  icelle  table  les  tréteaux 
et  à  toutes  autres  dont  le  prince  est  servy  ;  il  doit  faire 
son  bancq,  chayeres  et  toutes  autres  ouvraiges  de 
bois;  il  doit  livrer  les  linceux  et  estrain  pour  les  litz 
et  pour  paillaces  de  l'hostel  du  prince;  et  livre  bois 
de  livrée  et  bois  de  despence,  et  soubz  luy  se  fait 
une  très  grande  despence.  Et  en  icelluy  office  sont 
douze  personnaiges  et  aydes  pour  ayder  le  fourrier  et 
pour1  servir  en  son  absence.  [Et  y  a]  varletz  de  four- 
rière qui  portent  le  bois  en  la  chambre  du  prince  et 
besongnent  des  feux  et  des  lumières,  comme  il  appar- 
tient, et  doivent  tenir  l'hostel  du  prince  net  et  hon- 
neste.  Les  serviteurs  de  l'eaue  servans  à  porter  l'eaue2 
doivent  porter  l'eaue  en  la  chambre  du  prince  et 
livrent  caches3  et  ramons4.  Et  quant  le  prince  tient 
un  grant  estât  ou  une  grant  feste,  le  serf  de  l'eaue 
doit  donner  à  laver  à  tous,  excepté  aux  princes  ser- 
vans et  ambassadeurs. 

Et  pour  continuer  Testât  du  duc,  nous  parlerons  de 
Testât  des  portiers.  Le  duc  a  deux  portiers  et  deux 
aydes  comptez  par  termes.  Le  portier  doit  estre  le 
premier  levé  et  doit  estre  logié  à  la  porte5  du  prince, 
et  ne  doit  point  ouvrir  que  le  chief  du  guet  et  cculx 

1.  Mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  Quatre  mots  omis. 

3.  Cassettes. 

4.  Rameaux,  branchages,  balais. 

5.  «  Porterie.  » 


80  MÉMOIRES    D'OLIVIER    DE    LA   MARCHE. 

qui  ont  faict  le  guet  devant  le  prince  ne  soient  venuz  ; 
et  puis  il  ouvre  sa  porte  et  la  doit  bien  soigneuse- 
ment garder,  que  nul  n'y  entre  que  il  ne  congnoisse 
bien.  Et  quant  ce  vient  à  l'entrée  de  la  nuit,  il  doit 
allumer  falloz  à  sa  porte  et  la  doit  garder,  comme  dit 
est,  jusques  à  ce  que  le  prince  soit  couchié,  et  que 
les  chambellans  et  ceulx  qui  ont  esté  à  son  couchier 
soient  retrais.  Et  doit  le  portier  visiter  la  maison  et 
sçavoir  se  il  ne  trouvera  nulluy  que  il  n'ait  point 
accoustumé  de  veoir,  et  le  peut  prendre  et  mettre  en 
prison.  Et,  chascun  retrait,  le  portier  ferme  la  porte 
et  ne  la  doit  point  ouvrir  pour  personne  qui  viengne, 
sans  le  congié  du  prince  ou  du  premier  maistrc  d'hos- 
tel.  Le  portier  est  garde  des  prisons  de  l'hostel  du  duc, 
et  principalement  de  ceulx  que  les  maistres  d'hostel 
font  prendre  et  punir.  Et  pour  entre  suyr  ma  matière, 
je  parleray  des  sergeans  et  huissiers  d'armes,  et  prin- 
cipalement parlerons  de  ses  sergeans  d'armes. 

Le  duc  a  quatre  sergeans  d'armes  comptez  par 
termes,  et  dont  les  deux  servent  tousjours,  et  doivent 
iceulx  sergeans  d'armes  estre  devant  la  porte  du 
prince.  Et  quant  le  prince  part  hors  de  sa  chambre 
pour  aller  à  la  messe  ou  ailleurs,  les  sergeans  d'armes 
se  doivent  mettre  devant  luy.  Et  quant  le  duc  tient 
estât,  ou  milieu  de  la  sale  doit  avoir  deux  basses 
tables,  dont  l'une  doit  estre 1  petite  pour  quatre  per- 
sonnes seullement,  et  doit  estre  tournée  devers  le 
prince  et  devant  luy,  et  doivent  à  icelle  seoir  au 
milieu 2  deux  huissiers  d'armes,  et  aux  deux  bouts  les 
deux  sergeans  d'armes,  et  doivent  chascun  couchier 

1.  o  Est.  » 

2.  «  Et  ;iu  milieu  (Ficelle  doivent  seoir.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  81 

leurs1  masses  sur  les  bouts  de  la  table  et  avoir  le 
visaige2  devers  le  prince.  Et  derrière  eulx  doit  estre 
la  table  des  officiers  d'armes,  et3  doivent  estre  du 
long  de  la  table  et  doivent  seoir  les  officiers  d'armes4 
leurs  cottes  d'armes  vestues.  Mais  je  demande  pour- 
quoy  ne  sont  les  roys  d'armes  et  heraulx  plus  près  du 
prince  que  les  huissiers  et  sergeans  d'armes,  et  tou- 
tesfois  ilz  ont  leurs  cottes  d'armes  vestues  et  sont  de 
plus  noble  estât  que  les  autres.  A  ce  je  respons  que 
c'est  pour  ce  que  les  huissiers  et  sergeans  d'armes 
sont  les  exécuteurs  du  prince,  et  que  telles  nouvelles 
pourroient  advenir  ou  telle  chose  pourroit  estre  faite, 
que  le  prince  vouldroit  faire5  mettre  la  main  au  plus 
grant  de  ses  pays  ou  autres,  et  pour  ce  doivent  estre 
assis  iceulx  sergeans  d'armes6  devant  sa  face  pour 
promptement  exécuter  son  bon  plaisir  et  commande- 
ment. Et,  au  regart  des  huissiers  d'armes,  le  duc  a 
bien  vingt  quatre  servans  par  termes,  dont  les  uns 
servent  à  garder  la  chambre  des  chevaliers,  autres  à 
garder  la  chambre  des  escuiers  et  autres  à  garder  la 
chambre  du  conseil.  Et  doivent  iceulx  huissiers  faire 
place  devant  le  prince  quant  il  va  de  lieu  à  autre  ;  ilz 
doivent  garder  la  sale  où  il  mange,  et  aller  et  venir 
où  il  leur  commande.  Hz  adjournent  gens  au  conseil, 
soit  devant  le  chancellier,  chambellan  ou  mareschal; 
ilz  exécutent  toutes  choses  ordonnées  par  le  conseil. 


1.  «  En  couchant  chascun  les.  » 

2.  «  Et  ayans  leurs  visages.  » 

3.  «  Qui.  » 

4.  «  Et  seoir.  » 

5.  Mot  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

6.  Deux  mots  omis. 

IV 


82  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE    LA   MARCHE. 

Et  cy 4  feray  fin  de  l'ordre  de  l'hostel  du  prince  et  de 
son  estât  en  entrant2  à  parler  de  sa  guerre,  en  devisant 
le  nombre3  de  ses  gens  qu'il  tient  journellement  pour4 
son  ordonnance.  Et  ne  me  suis  pas  arresté  à  deviser5 
plusieurs  choses  qui  sont  journellement  en  toutes 
nobles  cours.  On  scet  bien  que  le  confesseur  confesse 
le  prince,  et  que  luy  ou  le  clerc  de  la  chappelle  dit  ses 
heures  avec  luy,  et  que  le  prince  offre  tous  les  jours 
et  porte  le  clerc  de  chapelle  son  coussin  pour  age- 
nouillier  au  plus  grant6,  et  cent  mille  menues  choses 
qui  sont  en  la  maison  des  princes7  communes  à  tous. 
Et  aussi  n'est  pas  à  entendre  que  les  ordres,  les  cous- 
tumes  et  les  loix  soient  pardessuz  les  princes,  mais 
les  princes  pardessuz  elles  pour  en  ordonner  à  leur8 
bon  plaisir,  et  sont  communément  les  statutz  des 
princes  confermez  et9  leurs  conditions. 

Or  ai  je  devisé  de  Testât  et  de  l'ordre  de  la  maison 
du  duc  Charles  de  Bourgoingne,  ci  est  bien  raison  et10 
besoing  que  je  devise  de  Testât  de  sa  guerre,  du 
nombre  de  ses  gens  d'armes,  et  comment  ilz  sont 
conduitz,  exercitez  et  gouvernez,  et  aussi  comment  les 
conducteurs  et  chiefz  d'escadre  sont  fais  et  créez. 

Le  duc  a  deux  mil  deux  cens  hommes  d'armes  en 
ses  ordonnances,   compté  chascun   homme  d'armes 

1.  «  Or.  » 

2.  «  Et  entrerons.  » 

3.  «  De  sa  guerre,  et  le  nombre.  » 

4.  «  Et  de.  » 

5.  Mot  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

6.  Treize  mots  omis. 

7.  «  Du  prince.  » 

8.  «  Son.  » 

9.  «  Conformés  à.  » 

10.  Trois  mots  omis. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER  DE  LA   MARCHE.  83 

à  telz  gaiges  que  a  coustilier1  armé;  et  dessoubz  ung 
chascun  homme  d'armes  y  a  trois  archiers  à  cheval  ; 
et  d'abondant2  pour  chascun  homme  d'armes  y  a  trois 
hommes  de  pié  armez,  arbalestriers,  coleuvriniers  et 
picquenaires  ;  ainsi  sont  huit  combattans  pour  chas- 
cune  lance  ;  mais  les  gens  de  pié  ne  sont  pas  gouver- 
nez par  les  gens  de  cheval. 

Et  pour  gouverner  icelle  compaignie  qui  monte  à 
dix  huit  mille  combattans,  à  prendre  les  conducteurs, 
lieutenans  et  autres  archiers,  qui  sont  oultre  le  nombre, 
huit  combattans  pour  lance,  et  sont  iceulx  payez  et 
comptez  tous  les  jours  à  la  souldée3  du  prince  par  la 
main  du  trésorier  des  guerres,  je  monstreray,  par  la 
conduite  de  cent  lances,  comment  se  gouvernent  tous 
les  autres,  et  semblablement  ceux  de  pié.  En  chas- 
cune  cent  lances  y  a  ung  conducteur  soubz  qui  respond 
icelle  compaignie  ;  et  se  nomme  conducteur,  pour  ce 
que  le  duc  veult  estre  seul  capitaine  de  ses  gens,  et 
en  faire  et  ordonner  son  bon  plaisir.  Et  pour  ensuivir 
ce  propoz,  parlerons  de  la  forme  et  manière  com- 
ment le  duc  crée  les  conducteurs,  et  puis  après  de  leur 
conduite  ;  et  m'en  abregeray  le  plus  que  je  pourray, 
pour  ce  que  le  duc  Charles,  qui  a  ses  ordonnances  mis 
sus,  a  labouré  en  sa  personne  si  notablement,  et  fait 
mettre  par  escript  les  ordonnances  de  sa  guerre  si 
bien,  si  notablement,  et  a  tous  mystères4  esclarci  en 


1.  Soldat  armé  de  la  coustille  qui  était  une  sorte  d'épée  poin- 
tue, à  deux  tranchants,  moins  longue  que  l'estoc. 

2.  «  D'abondance.  » 

3.  Solde. 

4.  Notre  ms.  porte  ici  :  «  Si  notablement  et  à  toutes  monstres 
et  esclarci,  »  ce  qui  n'a  pas  de  sens. 


84  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

telle  forme1,  que  mon  escripture  ne  sembleroit  après 
que2  temps  perdu,  et  lesquelles  ordonnances  sont  por- 
tées en  Angleterre,  et  se  besoing  fait3  sont  recouvrables 
par  deçà,  toutes  et  quantes  fois  que  besoing  sera; 
pourquoy  je  me4  passe  pour  abregier,  et  parferay  ce 
que  j'ay  dit. 

Le  duc  renouvelle  tous  les  ans  les  conducteurs  de  ses 
ordonnances,  comme  il  est  escript  en  sesdites  ordon- 
nances; et  contre  le  temps  que  lesdits  conducteurs  se 
doivent  renouveller,  iceulx  conducteurs  viennent  ou 
envoient  devers  le  duc,  selon  leurs  affaires  et  selon  la 
charge  qu'ilz  ont  ;  et  en  iceluy  temps  ceulx  qui  désirent 
d'avoir  charge  de  conducteur  pour  l'année  advenir  se 
tirent  devers  les  secrétaires  qui  sont  ordonnez  pour  la 
guerre,  et  ilz  les  enregistrent  et  mettent  en  mémoire; 
et  en  temps  ordonné  ilz  apportent  icelles  mémoires  au 
duc,  qui  les  retient5  devers  luy  par  certains  jours  et  à 
son  bon  plaisir  ;  et  selon  les  recommendations  des 
mérites  d'ung  chascun,  il  pointie  ceulx  à  qui  il  veut 
donner  les  charges6  de  conducteur,  et  à  la  fois  de  ceulx 
qui  l'estoient  paravant,  et  à  la  fois  non,  et  les  fait 
par  nom7  de  compaignie8  ;  l'une  s'appelle  la  première 
compaignie,  l'autre  la  seconde,  et  ainsi  jusques  à  la 
vingt  deuxiesme  compaignie9  ;  et  par  ce  moyen  scevent 

1.  «  Et  manière.  » 

2.  «  Ne  me  sembleroit  que.  » 

3.  «  Et  si  besoin  est.  » 

4.  «  Je  m'en.  » 

5.  «  Par.  » 

6.  «  La  charge.  » 

7.  «  Et  les  fois  par  noms.  » 

8.  «  Compaignie  dont.  » 

9.  Mot  omis  dans  les  éditions  précédentes. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER  DE   LA   MARCHE.  85 

les  conducteurs  en  quelle  compaignie  ilz  doivent  aller 
quant  ils  ont  le  don.  Et  à  jour  ordonné,  il  mande  par 
ung  huissier  d'armes  les  conducteurs  qu'il  a  choisiz,  et 
les  faict  venir  en  une  sale  en  laquelle  le  duc  siet  en 
chayere  parée,  comme  à  prince  appartient  ;  et  là  sont 
les  seigneurs  du  sang,  le  conseil  et  les  nobles  de  la 
maison  ;  et  sont  presens  ceulx  qui  ont  esté  conducteurs 
auparavant1 .  Et  le  duc  par  son  chambellan  fait  dire  la 
cause  pourquoy  il  se  contente  de  la  condicion2  des 
conducteurs  passez;  et  se  grans  causes  survenoient 
de  parlera  aucun  particulièrement,  en  soy  contentant3 
le  duc  feroit  dire  publiquement,  pour  rendre  à  chas- 
cun  le  mérite  de4  sa  desserte.  Et  n'ay  point  veu  que 
le  duc  ait  deschargié  les  conducteurs  de  leurs  charges, 
sinon5  à  leur  très  grand  honneur  et  recommandation. 
Et  après  iceulx  estre  deschargiez,  le  duc  fait  parler  à 
ceulx  qu'il  a  choisiz  pour  l'année,  et  leur  fait  lire  les 
ordonnances  qui  servent 6  à  la  conduite  de  la  guerre  ; 
et  après  la  lecture  d'icelles  il  fait  appeller  devant 
luy  chascun  conducteur  particulièrement  l'ung  après 
l'autre,  et  publiquement  baille  à  ung  chascun  deux 
choses  :  premièrement,  le  livre  de  ses  ordonnances 
richement  faict  et  escript,  couvert  de  veloux,  en  moult 
honneste  vollume,  seellé  du  grant  seau  en  cire  verde, 
et  en  laz  de  soye;  et  en  luy  baillant,  parle7  le  duc  par 


1.  «  Qui  paravant  ont  esté  conducteurs.  » 

2.  Trois  mots  omis  par  les  précédents  éditeurs. 

3.  «  En  soy  contenant  ou  non  contenant.  » 

4.  «  Mérite  selon.  » 

5.  Un  mot  omis. 

6.  «  Qu'il  faut.  » 

7.  «  Parlant.  » 


86  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

sa  bouche,  et1  dict  :  «  Vous  tel,  je  vous  fay  conduc- 
«  teur  pour l'année'de  telle  compaignie  de  cent  lances 
«  de  mes  gens  d'armes.  Et  afin  que  vous  sçachiez, 
«  entendiez  et  ne  puissiez  ignorer  comme  j'entens  le  fait 
«  de  mes  gens  d'armes  et  de  la  guerre  estre  conduict  et 
«  ordonné2,  je  vous  baille  les  ordonnances  quej'ay 
«  sur  ce  faites  et  ordonnées,  et  vous  commande  de 
«  les  estroittement  tenir  et  garder,  selon  le  contenu 
«  en  icelles.  »  Et  puis  prent  le  duc  ung  baston  que  on 
appelle  baston  de  capitaine,  et  est  iceluy  baston  cou- 
vert de  bleu  entortillé  de  blanche  soye,  qui  sont  les 
couleurs  du  prince,  et  baille  le  baston  au  conducteur, 
et  luy  dit  :  «  A  fin  que  vous  soyez  obey,  et  plus  puis- 
«  sant  sur  ceulx  dont  vous  avez  par  moy  charge,  et 
«  que  vous  puissiez  entretenir  et  faire  entretenir  mes 
«  ordonnances  et  faire  mes  commandemens,  je  vous 
«  baille  le  baston  pour  avoir  la  main  forte  sur  voz 
«  gens,  et  vous  donne,  en  effect  de  les  gouverner  et 
«  pugnir3,  telle  auctorité  et  povoir4  que  moy  mesmes.  » 
Et  sur  ce  reçoit  du  conducteur  le  serment  de  faire  et 
entretenir  les  ordonnances  du  prince,  et  selon  le  con- 
tenu d'icelles  ;  et  ainsi  l'ung  après  l'autre  crée  le  duc 
de  Bourgoingne  ses  conducteurs,  et  sont  tenus  de  ren- 
voyer icelles  ordonnances  et  le  baston  en  la  fin  de 
l'année  pour  les  bailler  à  celuy  à  qui  il  plaira  au  duc 
de  y  ordonner  ;  et  se  tire  chascun  en  la  compaignie  à 
luy  ordonnée. 

En  chascune  compaignie  de  cent  lances  a  quatre 

1.  «  II.  » 

2.  «  Gonduicte  et  gouvernée.  » 

3.  «  Par.  » 

4.  Deux  mots  omis  dans  les  éditions  précédentes. 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  87 

chefs  d'escadre,  dont  l'ung  est  ordonné  par  le  duc,  et 
y  met  communément  ung  escuier1  de  son  hostel  ;  et 
n'ay  gueres  veu  que  le  conducteur  ne  face  d'iceluy  son 
lieutenant,  combien  qu'il  le  peut  faire  d'ung  autre  s'il 
luy  plaist;  et  au  regart  des  autres  chiefz  d'escadre,  le 
conducteur  les  peut  choisir  à  son  bon  plaisir.  Et  soubz 
chascun  chief  d'escadre  y  a  chiefz  de  chambre  au 
nombre  de  quatre2,  [lesquels  chiefs  de  chambre]  le 
chef  d'escadre  peut  choisir  et  nommer  sans  ceulx  de 
son  escadre,  à  son  bon  plaisir.  Soubz  chascun  chief  de 
chambre  a  cinq  hommes  d'armes,  qui  sont  en  chascune 
des  chambres,  à  prendre  le  chief  de  chambre  et  les 
hommes  d'armes  ;  soubz  luy  sont  six  hommes  d'armes. 
Ainsi  sont  vingt  quatre  hommes  d'armes  et  le  chief 
d'escadre,  qui  font  xxv  hommes  d'armes3,  et  ainsi  par 
quatre  chiefz  d'escadre  trouvons  cent  lances  soubz  le 
conducteur;  chascun  homme  d'armes  a  soubz  luy  trois 
archiers  à  cheval,  ainsi  sont  trois  cens  archiers  en  chas- 
cune compaignie  ;  et  chevauchent  chascune  cent  lances 
en  huit  escadres,  et  a  en  chascune  escadre  d'archiers 
septante  cinq  archiers  pour  ung  homme  d'armes  prin- 
cipal conduis  au  regart  et  à  la  devise  d'icelle  escadre 
et  de  son  chief4.  Et  chevauche  le  guidon  des  archiers 
ou  front  devant  la  première  escadre,  et  pareillement 
l'estandart  des  hommes  d'armes  au  front  de  la  pre- 
mière escadre  des  hommes  d'armes. 

1.  «  Un  des  escuiers.  » 

2.  «  Y  a  quatre  chefs  de  chambre.  » 

3.  Six  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

4.  «  C'est  à  sçavoir  les  archers  en  quatre  esquadres,  et  en 
chascune  esquadre  d'archers  septante  cinq  archers;  et  sont  con- 
duits iceux  archers  par  un  homme  d'armes  principal  en  chascune 
esquadre,  au  regard  et  à  la  devise  du  chef  d'icelle  esquadre.  » 


88  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Or  nous  fault  deviser  de  Testât  des  gens  de  pié,  les- 
quelz  sont  conduis  par  ung  chevalier  chief  de  toutes 
gens  de  pié,  et  soubz  qui  respondent  tous  les  chiefz 
d'iceux  gens  de  pié.  Sur  chascune  compaignie  de  trois 
cens  piétons  a  un  capitaine,  homme  d'armes  à  cheval, 
et  porte  enseigne  et  guidon  ;  et  sur  chascun  cent 
hommes  a  ung  centenier  homme  d'armes  à  cheval,  qui 
porte  une  autre  plus  courte  enseigne,  et  respondent 
iceulx  centeniers  aux  capitaines  dessus  nommez;  et 
oultre  plus,  en  chascun  trente  ung  hommes,  l'ung  est 
trentenier ,  à  qui  respondent  tous  les  autres  ;  et 
marchent  par  compaignies  et  par  ordre  de  capitaine 
de  centeniers  et  de  trenteniers,  et  communément  sont 
gardes  de  l'artillerie  et  du  charroy.  Et  pour  les  rai- 
sons devant  dites,  je  me  passeray  à  deviser  des  ordon- 
nances sur  ce  faites. 

Et  combien  que  j'ay  mis  en  escript  le  nombre  des 
hommes  d'armes,  archiers  à  cheval  et  gens  de  pié  des 
ordonnances  de  monseigneur  de  Bourgoingne,  et  que 
je  aye  devisé  les  gens  d'armes,  et  qui  sont  tousjours 
prestz  et  armez  les  uns  comme  les  autres,  où  vous 
trouverez  en  nombre  plus  de  vingt  mille  combattans, 
toutesfois  n'est  pas  encores  tout  le  nombre  de  ses 
gens  d'armes  comptez  journellement  prestz  et  en 
point  ;  car  de  nouvel 1  oultre  et  pardessus  le  nombre 
dessusdit,  il  a  fourny  sa  maison  de  douze  escadres 
d'archiers  d'Angleterre,  lesquelles  douze  escadres  sont 
conduites  par  douze  Anglois  hommes  d'armes2,  par 
la  manière  que  cy  après  s'ensuit3. 

1 .  «  Car  de  nommer.  » 

2.  «  Douze  hommes  d'armes  anglois.  » 

3.  «  Qui  s'ensuit.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  89 

Premièrement,  le  duc  a  ordonné  ung  escuier  pour 
conduire  quarante  archiers  pour  l'escadre  de  la 
chambre  ;  et  est  à  entendre  deux  archiers  pour  chascun 
homme  de  sa  chambre,  qui  sont  vingt  hommes 
d'armes,  à  prendre  l'escuier  et  les  quatre  sommelliers, 
comme  dit  est.  La  seconde  escadre  est  de  quatre 
vingts  archiers1,  pour  les  quarante  archiers  toujours 
compter,  et  les  départir  en  la  manière  dessusdite.  Item, 
quatre  autres  escadres ,  chascune  de  cent  archiers, 
pour  les  quatre  estaz  des  escuiers  ;  pour  chascun  estât, 
qui  sont  cinquante  hommes,  deux  archiers  pour  chas- 
cune escadre2.  Item,  et  pour  le  renforcement  de  la 
garde,  sont  ordonnez  quatre  escadres  de  quarante3 
archiers  pour  chascune  escadre,  qui  pareillement  est 
à  entendre  deux  archiers  pour  chascun  homme  d'armes, 
et  sont  trente  hommes  d'armes  en  chascune  escadre. 
Et  puis  que  nous  avons  devisé  des  gens  d'armes  ordi- 
naires, il  fault  deviser  de  l'artillerie,  laquelle  est  une 
merveilleuse  despense,  et  moult  grande. 

L'artillerie  se  conduit  soubz  ung  chevalier  qui  se 
nomme  le4  maistre  de  l'artillerie,  lequel  a  telle  aucto- 
rité,  qu'il  doit  estre  obey  en  son  estât  comme  le  prince  ; 
il  a  soubz  luy  le  receveur  qui  paye  les  officiers,  et  les 
pouldres,  les  canons,  les  forges,  les  pionniers,  les  cha- 
retons,  et  tous  les  ouvraiges  qui  se  font  à  cause  de  l'artil- 
lerie ;  et  certes  la  despence  qui  passe  par  ses  mains 


1.  «  Hommes.  » 

2.  «  Deux  archers;  et  pour  ce  cent  archers  pour  chascune 
esquadre.  » 

3.  Lisez  :  soixante.  Le  chiffre  quarante  se  trouve  dans  tous  les 
mss.  Mais  il  y  a  là  une  erreur  évidente  de  calcul. 

4.  Un  mot  omis  dans  les  précédentes  éditions 


90  MÉMOIRES    D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

monte  par  une  fois  l'an1  plus  de  soixante  mille  livres; 
et  devez  sçavoir  que  en  la  pluspart  des  armées  du  duc 
il  meine  avec  luy,  pour  le  fait  de  l'artillerie  seullement, 
plus  de  deux  mille  chariotz,  les  mieulx  enharneciez2  et 
les  plus  puissans  que  l'on  puist  trouver  en  Flandres  ne 
en  Brabant;  et  certes  le  duc  peut  avoir  trois  cens 
bouches  d'artillerie,  dont  il  se  peut  ayder  en  bataille, 
sans  les  hacquebuttes  et  couleuvrines  dont  il  a  sans 
nombre.  En  l'artillerie  est  le  contrerolleur  qui  tient 
par  ordre  et  par  escript  le  contrerolle  de  toutes  les 
despences  faites  et  payées,  de  toutes  les  provisions3  de 
l'artillerie,  comme  d'arcs,  flesches,  arbalestres,  de 
traitz,  de  bastons  à  main,  de  cordes,  et  toutes  autres 
choses  nécessaires  appartenans  à  iceluy  estât;  là  est 
le  maistre  des  euvres,  charpentiers,  mareschaulx,  for- 
geurs,  et  toutes  manières  de  gens.  Et  quant  le  duc  est 
devant  une  ville,  et  il  fault  asseoir  ses  bombardes,  il 
convient  pour  chascune  bombarde  ung  gentilhomme 
de  son  hostel  pour  la  conduite  d'icelle  bombarde,  et  la 
suylte4,  qui  est  es  mains  du  bombardier,  est  derechief 5 
estoffée  et  garnie  de  toutes  choses  ;  tellement  que  le  duc 
ne  se  souffre6  point  à  passer  rivières  en  peu  de  temps 
de  mille  piez  de  long,  se  mestier  fait7;  puissant8  et  fort 
pour  passer  la  plus  grande  bombarde  de  tout  le  monde 9 . 

1.  «  Monte  par  an.  » 

2.  «  Chariots,  les  meilleurs.  » 

3.  «  La  dépense...  la  provision.  » 

4.  Suite  signifie  ici  l'équipage  de  la  bombarde. 

5.  «  Bombardier.  Et  est  l'artillerie.  » 

6.  «  Soucie.  » 

7.  «  De  mille  pieds  en  peu  de  temps,  si  besoin  est.  » 

8.  «  Et  est  puissant.  » 

9.  «  Du  monde.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  91 

Le  maistre  de  l'artillerie  a  prevost  en  son  artillerie, 
lequel  a  jurisdiction  et  auctorité  de  justice  sur  ceux 
de  l'artillerie,  et  en  peut  faire  justice  criminelle  ou 
civile,  telle  qu'il  luy  plaist  selon  l'exigence  du  cas1.  Et 
n'est  pas  à  oublier  le  fait  des  tentes  et  des  pavillons, 
qui  est  une  somptueuse  chose,  et  se  conduit  par  ung 
gentilhomme  qui  a  la  charge  d'iceluy  estât,  et  meine 
aux  despens  du  prince  plus  de  quatre  cens  chariotz 
puissamment  attelez  ;  et  se  comptent  iceulx  chariotz 
soubz  la  despence  de  l'artillerie.  Et  certainement  le 
duc  délivre  pour  sa  compaignie  bien  mille  tentes  et 
mille  pavillons,  à  prendre  pour  ambassadeurs  et 
estrangiers,  pour  la  maison  du  duc,  pour  ses  serviteurs 
et  gens  d'armes.  Et  à  chascun  voyage,  le  maistre  des 
tentes  a  nouvelles  tentes  et  nouveaux  pavillons  aux 
despens  du  prince  ;  et  monte  icelle  despence,  à  prendre 
toille  et  ouvrages  seullement,  plus  de  trente  mille  frans. 

Or  à  ce  point  ne  souffist  il  pas  seullement  d'avoir 
devisé  de2  ce  grant  nombre  de  gens  d'armes  à  cheval 
et  à  pié,  de  ce  grant  nombre  de  chariotz,  qui  est  une 
chose  merveilleuse;  car  combien  que  le  duc  donne  à 
tous  argent  particulier  pour  tous  sommiers,  et  mer- 
veilleux nombre  de  chariotz  et  charettes  pour  les 
nécessitez  pour  ce  que  le  duc  fait  communément  durer 
la  guerre  en  temps  d'yver  aussi  bien  qu'en  temps 
d'esté,  pour  ce  fault  plus  de  provisions  contre  les 
froidures  et  autres  nécessitez.  Et  ne  souffiroit  point 
qui  ne  deviseroit  par  quelle  manière  et  par  quel  ordre 
aussi3  se  loge  cestuy  grant  ost.  Le  duc  a  pour  son  grant 

1.  Cinq  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  «  Or  ne  sufïit-il  d'avoir  seulement  devisé.  » 

3.  Un  mot  omis  dans  les  précédentes  éditions. 


92  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

principal  officier  pour  la  guerre1  le  mareschal  de  Bour- 
goingne,  lequel  a  telle  prééminence,  qu'il  prent  droit 
de  mareschal  sur  tous  gens  d'armes,  excepté2  des 
ordonnances  ;  et  se  nomme  le  mareschal  de  Bour- 
goingne  pour  ung  des  mareschaulx3  de  France,  et  prent 
droit  avec,  comme  les  autres,  et  ce  de  toute  ancien- 
neté. Et4  se  conduit  le  fait  de  la  guerre  par  sa  main 
avant  tous  les  autres,  et  doit  estre  à  l'avant  garde 
du  prince5  le  principal.  Et  toutesfois  se  le  prince  met- 
toit  en  l'avant  garde  aucun  prince  de  son  sang,  le 
mareschal  luy  seroit  per  et  compaignon  touchant 
ladite  avant  garde;  et  en  l'absence  dudit  mareschal  de 
Bourgoingne  se  fait  ung  mareschal  de  l'ost,  qui  est 
son  lieutenant,  lequel  conduit  les  matières  de  guerre, 
prent  les  drois  de  mareschal,  et  ordonne  les  commis- 
saires comme  se  luy  mesme  y  estoit  ;  et  sont  soubz  le 
mareschal  ou  son  lieutenant  les  mareschaulx  du6  logiz 
et  de  l'hostel,  et  par  iceluy  mareschal  du  logiz  est 
logée  toute7  ceste  grant  armée. 

Le  mareschal  du  logiz,  quant  le  prince  doit  prendre 
logiz  nouveau,  il  doit  faire  sonner  sa  trompette,  et 
doit  avoir  enseigne  desployée  ;  et  à  luy  se  doivent 
assembler  le  mareschal  de  l'hostel,  et  tous  les  fourriers 
de  toutes  les  compaignies,  soit  de  pié  ou  de  cheval  ; 
et  doivent  chevaucher  en  ordre  et  en  bataille  soubz  la 
conduite  dudit  mareschal  ;  et  quant  ils  sont  prestz  à 

1.  Trois  mots  omis  dans  les  précédentes  éditions. 

2.  o  Mais  non  point  es  gens  d'armes.  » 

3.  «  Pour  un  mareschal.  » 

4.  «  Ancienneté,  et.  » 

5.  «  Comme  le.  » 

6.  «  Des.  »  Et  de  même  à  la  ligne  suivante. 

7.  Un  mot  omis. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  93 

logier,  il  peut  faire  arrester  les  compaignies  avec  son 
enseigne,  et  prent  avec  luy  le  mareschal  ceulx1  qu'il 
luy  plaist,  et  là  advise  le  pays  et  le  logiz  ;  et  départ 
les  quartiers  pour  l'avant  garde,  pour  la  bataille  et 
pour  l'arriére  garde;  et  ainsi  conclud,  assiet  l'artillerie 
et  luy  baille  place. 

Par  ceste  manière  ceste  grant  armée  logée,  le  mares- 
chal de  l'ost  doit  visiter  les  advenues,  mettre  en 
ordre  les  escoutes  et  guetz  ;  et  doit  soigner  le  mares- 
chal ou  son  lieutenant  d'enquérir  et  sçavoir  des  pas- 
saiges  et  du  pays.  Il  doit  avoir  des  guides  avec  luy 
pour  guider  l'armée;  et  peut  on  appeller  devant  luy 
du  grant  conseil  et  du  parlement,  ou  autre  jugement 
pour  matière  de  guerre  et  qui  touche  fait  de  guerre 
et  dont2  il  peut  jugier.  Et  de  luy  on  ne  peut  appeler, 
et  certifie  que  j'ay  expérimenté  les  fais  de  la  noble 
maison  de  Bourgoingne  plus  de  trente  ans  et  que  j'ay 
bien  calculé  et  debatu  à  quelles  sommes  de  deniers 
peut  venir  et  monter  une  fois  l'an  la  grant  despense 
et  les  grans  choses  dont3  j'ay  icy  devant  fait  mencion. 
Et  certes  je  treuve  que  par  an  monte  icelle  somme  de 
despense  bien  environ  deux  millions  bien  payez  et  bien 
contentez4  à  chacun  selon  son  estât  et  selon  la  voca- 
tion5 à  quoy  il  est  appelé. 

Et  afin  que  il  appere  que  je  vueil  que  chascun  sache 
que  ce  qui  est  baillé  par  escript  est  baillé  d'homme 
qui  le  peut  bien  savoir,  jay  mis  mon  nom  en  escript 


1.  «  Et  prendre  avec  luy  le  mareschal  et  ceux. 

2.  «  Le  fait  de  la  guerre  dont.  » 

3.  «  Monter  la  grand-despence  dont.  » 

4.  «  Et  comptez.  » 

5.  «  Son  estât  et  vacation.  » 


94  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

soubz  ceste  présente  epistre,  en  moy  recommandant 
à  vous,  laquelle  epistre  j'ay  faitte  et  compilée  au  siège 
de  Nuysse1  en  Alemaigne  ou  mois  de  novembre  l'an 
mil  GGGG  LXXIIII. 

Le  bien  vostre  Olivier  de  la  Marche,  chevallier, 
conseillier  et  maistre  d'ostel  de  monseigneur  le  duc  de 
Bourgoingne,  capitaine  de  sa  garde  et  son  bailly 
d'Amont  ou  comté  de  Bourgoingne. 

Tant  a  souffert 
La  Marche. 

1.  «  Aisse.  »  Mot  mal  lu  par  les  précédents  éditeurs,  qui  l'ont 
pris  à  tort  pour  Aix-la-Chapelle. 


TRAIGTIÉ  DES  NOPGES 


MONSEIGNEUR  LE  DUC  DE  BOURGOINGNE 
ET  DE  BRABANT1. 


Les  fais  et  advenues  louables  ne  se  doibvent  des 
bons  souffir2  extaindre,  mais  collegier  et  mettre  par 
escript,  affin  de  perpétuelle  mémoire,  especialement 
quant  c'est  chose  catholicque  si  digne  que  sacramen- 
tel,  on  en  doibt  reciter  la  solempnité  esmouvant  les 
corraiges  des  hommes  à  louer  Dieu,  en  vertu  duquel 
ce  se  fait.  Pour  tant  je,  moindre  entre  les  plus  petis, 
me  suis  entremis  d'escripre  une  haulte  feste  et  solemp- 
nité de  mariage,  qui  fut  célébrée  le  dimence  me  jour 
de  jullet  l'an  mil  IIIP  soixante  huit,  en  l'ostel  de  très 
hault,  très  puissant  et  excellent  prince  Charles,  par  la 
grâce  de  Dieu  duc  de  Bourgoigne,  de  Brabant,  etc., 
touchant  le  mariage  d'icellui  avec  noble  et  puissant 
princesse  Marguerite  d'Yorc,  suer  au  Roy  Edouart 
d'Engleterre ,  lequel  mariage  avoit  esté  pourparlé, 
traictié  et  conclud  longuement  au  paravant  entre  ceulx 
des  deux  parties  à  grant  deliberacion  de  conseil,  du 

1.  Transcrit  sur  le  rns.  de  la  Bibl.  de  Turin,  Manuscript.  gai- 
lie.  codex  XXI,  L.  V.  1. 

2.  Souffrir. 


96  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

quel  demene  je  me  passe1.  Et  commence  ad  ce  que 
ladicte  dame  et  princesse  arriva  au  port  de  l'Escluse, 
coursairement  selon  ma  prudesse,  suppliant  aux  lisans 
qu'ilz  veullent  suppler  les  faultes  et  obmissions,  s'aul- 
cunes  en  y  a. 

Le  vingt  cinquiesme  jour  du  moys  de  jung  oudit  an 
soixante  huit,  à  l'eure  du  matin,  laditte  très  noble  prin- 
cesse ma  très  redoubtée  dame  madame  la  ducesse 
Marguerite  avant  dicte,  au  gré  de  Dieu  par  le  vent 
qui  lui  fut  propice,  sans  avoir  eu  aulcun  encombrier, 
se  trouva  à  quatre  lieues  près  de  l'Escluse  en  la  mer, 
là  où  il  lui  fut  mestier  d'actendre  le  marée  qui  estoit 
retraicte,  puis  avec  ladicte  marée  retournant  entra  ou 
havene 2  dudit  lieu  de  l'Escluse  entre  cinq  et  six  heures 
du  soir,  à  grant  et  puissant  estât,  car  elle  avoit  en  sa 
compaignie  xim  navires.  Desquelz  il  en  y  avoit  les 
sept  bien  puissans,  et  par  especial  les  quatre  estoient 
grans  cravelles3  moult  aptes  à  la  guerre,  esquelz 
bateaulx  estoient  pour  l'acompagnier  pluiseurs  nobles, 
chevaliers,  escuiers,  dames  et  damoiselles,  archiers 
de  la  couronne,  officiers  d'armes,  menestrelz  et  huict 
clarons  qui  sonnoient  très  mélodieusement  lors  qu'elle 
arriva  et  descendit  en  terre;  desquelz  seigneurs  et 
dames  dessusdictes  estoient  les  principaulx  monsei- 
gneur de  Scalles,  monseigneur  du  Cres,  messire  Jehan 
d'Oudeville,  messire  Jehan  Havart,  admirai  d'Engle- 
terre,  et  messire  Thommas  de  Montgommry,  et  des 
dames  la  ducesse  de  Norfollt,  madame  de  Scalles  et 
madame  du  Cres. 

\ .  Dont  je  me  dispense  de  parler. 

2.  Havre. 

3.  Caravelles. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  97 

En  ladicte  ville  de  l'Escluse  avoit  au  paravant 
envoyé  mon  très  redoubté  seignieur  monseigneur  le 
duc  pour  recepvoir  madicte  dame  monseigneur  le 
conte  de  Gharny,  messire  Symon  de  Lalaing,  messire 
Glaude  de  Tholongeon,  seigneur  de  la  Bastie,  et  mes- 
sire Jehan  de  Roubenpré,  et  aussy  madame  de  Charny 
et  madame  la  vidame  d'Amiens  et  mademoiselle  de 
Bergues,  et  sestoit  audit  lieu  de  l'Escluse  madame  de 
Montigny,  lesquelz  seigneurs  et  dames  en  grant  hon- 
neur et  révérence  vindrent  bienviengnier  madicte 
dame,  la  conduire  et  entretenir  ;  et  vindrent  au  devant 
d'elle  les  pourcessions,  ensamble  les  estas  et  mestiers 
de  ladicte  ville,  portans  grans  nombre  de  torsses,  en 
la  conduisant  joieusement  jusques  à  l'ostel  Guy  de 
Baeust,  où  elle  fut  par  lesditz  seigneurs  et  dames 
logié  et  festoyé  la  nuit. 

Le  lendemain  xxvie  jour  de  jung,  qui  estoit  dimence, 
vint  madame  la  ducesse,  mère  à  mondit  seigneur,  et 
mademoiselle  de  Bourgoingne,  avec  grant  nombre  de 
dames  et  damoiselles,  visiter  madicte  dame  Marguerite 
audit  lieu  de  l'Escluse,  où  elles  furent  avec  elles  devi- 
sans  par  l'espace  de  quatre  ou  cinq  heures,  puis  s'en 
retournèrent  à  Bruges. 

Le  lundi,  monseigneur  le  duc  à  privé  estât  ala  audit 
lieu  de  l'Escluse  et,  lui  là  venu,  environ  l'eure  de  dix 
heures  de  nuit,  alla  visiter  les  dames  et  s'en  retourna 
environ  mienuit,  et  le  lendemain  s'en  revint  à  Bruges. 

Le  jeudi  ensuivant,  y  retourna  encores  mondit  sei- 
gneur à  plus  grant  quantité  de  gens  qu'il  ne  fist  la 
première  foiz,  car  il  y  ala  de  chascune  chambre  trois 
hommes,  lesquelz  là  venus  firent  grant  chiere  de  dan- 
ser et  esbatre  la  nuit  ;  et  le  lendemain  vint  de  rechief 
iv  7 


98  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

mondit  seigneur  vers  les  dames  prendre  congié,  puis 
s'en  retourna  vers  Bruges. 

Le  samedi  environ  midi,  que  la  marée  commen- 
choit  à  bouter  avant1,  se  mist  madame  en  bateau  elle 
et  son  estât,  et  s'en  vint  par  eaue  jusques  en  la  ville 
du  Dam2,  à  une  lieue  près  de  Bruges,  là  où,  selon  la 
faculté  de  ladicte  ville,  elle  fut  très  honnourablement 
receue,  car  avec  ce  que  les  pourcessions  vindrent  au 
devant  en  grant  révérence,  et  les  bourgois  et  mestiers 
de  la  ville  portails  grant  quantité  de  torsses  et  flam- 
beaux, les  rues  estoient  toutes  tendues  et  parées  très 
richement,  et  en  grant  jubilacion  fut  menée  au  logis 
où  lesdis  de  la  ville  le  festoierent  de  toute  leur  puis- 
sance. 

Le  dimence  me  jour  de  jullet,  monseigneur  le  duc 
se  parti  de  Bruges  environ  chine  heures  du  matin  et 
s'en  ala  privement  vers  ladicte  ville  du  Dam,  là  où, 
lui  venu  ainsi  comme  vers  sept  heures  en  l'ostel  de 
madicte  dame,  en  la  salle  disposée  à  ce,  les  espousa 
l'evesque  de  Salsebery,  qui  scet  franchois  et  anglois, 
oyrent  la  messe,  laquelle  fînée  mondit  seigneur  recon- 
voya jusques  en  la  chambre  madame  sa  mère,  menga 
ung  petit,  puis  à  privé  estât  s'en  retourna  à  Bruges 
en  son  hostel,  dont  il  ne  se  party  ne  se  monstra  jusques 
il  sera  dit  cy  après. 

Après  le  department  de  mondit  seigneur,  se  partit 
madicte  dame  en  une  littiere  portée  de  deux  chevaulx, 
richement  dorée  et  estoffée  de  drap  d'or  moult  riche, 
laquelle  littiere  estoit  conduicte  d'aulcuns  chevaliers, 

1.  A  monter. 

2.  Damme,  entre  l'Écluse  et  Bruges,  à  cinq  kil.  de  cette  der- 
nière ville. 


MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  99 

tant  anglois  comme  de  l'ordre  de  la  Thoison,  du 
capitaine  et  xx  archiers  de  mondit  seigneur  à  piet,  et 
estoit  en  ladicte  littiere  madicte  dame  assise,  vestue 
de  drap  d'or  blanc,  couronne  d'or  en  teste,  cheveulx 
pendans  moult  honnourablement  ;  et  ainsi  ayans  tam- 
bourins, trompettes,  clarons  et  menestrelz,  s'en  vint 
jusques  à  la  porte  Saincte  Croix  audit  lieu  de  Bruges 
assés  legierement,  pour  ce  que  pendant  sadicte  venue 
il  fist  une  très  grosse  pluye. 

Au  venir  de  madicte  dame  se  vindrent  pluiseurs 
présenter  aux  champs  en  grant  point.  Mais  pour  ce 
que  partant  de  ladicte  porte  jusques  à  la  court  chas- 
cun  tint  ordre  et  s'en  peult  mieulx  faire  declaracion, 
j'en  diray  le  commenchement  ce  que  j'en  vis. 

Premièrement,  à  ladicte  porte  et  es  rues  rengiés 
actendoient  les  collieges1  dudit  Bruges,  tant  posses- 
sans  comme  mendians,  evesques,  abbez,  aultres  pré- 
lats et  gens  d'église  revestus  en  grant  révérence  pour 
illec  recepvoir  madicte  dame  pourcessionnellement, 
et  actendoient  aussi  les  gens  de  l'ostel  de  mondit  sei- 
gneur et  aultres  qui  estoient  à  court  pour  lors,  les- 
quelz  par  chevaliers  commiz  à  ce  faire  furent  mis  en 
ordonnance  pour  cheminer  devant  madicte  dame  en 
la  manière  que  s'ensieult. 

Devant  en  ladicte  ordonnance  estoient  et  chascun  à 
cheval  :  premièrement,  les  bailli  et  escouttete2  de 
Bruges,  et  après  aulcuns  gentilzhommes,  tant  de  l'os- 
tel de  monseigneur  de  Ravenstain,  de  monseigneur 
le  bastart ,  comme  ceulx  comptez  par  les  escrocs  de 
mondit  seigneur. 

1.  Communautés  religieuses. 

2.  V.  la  note,  t.  III,  p.  108. 


100  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

En  après  les  archiers  de  corps  de  monseigneur  le 
bastart  en  nombre  de  xn  et  leur  capittaine. 

Lesquelz  avoient  journades1  vestues  semées  habon- 
damment  d'orfavrie  blanche,  et  ou  milieu,  devant  et 
derrière,  ung  grant  arbre  doré,  le  tout  assis  sus  palle- 
tos2  vermaulx,  ayans  iesdis  archiers  pourpoinz  de 
satin  noir,  bonnes  jaunes,  chausses  de  pluiseurs  cou- 
leurs, et  chascun  portant  vouge3. 

Après  lesditz  archiers  commenchierent  à  sievir4 
demourant  desdiz  gentilzhommes  comptez  en  l'ostel  de 
mondit  seigneur,  chascun  vestu  en  la  manière  qui  sera 
dicte  cy  après,  tant  d'iceulx  comme  des  chevaliers  et 
aultres. 

Ensievant  lesditz  gentilzhommes,  chevauchoient  les 
chevaliers  des  pays  estans  à  la  feste,  et  en  après  les 
chambellans  de  mondit  seigneur  le  duc. 

Après  lesditz  chambellans  ceulx  du  sang  de  mondit 
seigneur,  puiz  juoient  tambourins,  ménestrels,  trom- 
pettes de  guerre  et  clarons  en  grant  nombre,  tant  des 
nostres  comme  d'Engleterre,  et  ensievant  iceulx  les 
officiers  d'armes ,  desquelz ,  tant  d'un  costé  que 
d'aultre,  il  en  y  avoit  xxm  à  cheval  en  cottes  d'armes, 
dont  les  six  estoient  roys  d'armes,  et  se  y  estoient 
tous  les  archiers  de  corps  de  mondit  seigneur  et  les 
deux  capitaines  avec  aussi  certaine  quantité  des  archiers 
de  corps  du  Roy  d'Engleterre. 

Puis  venoit  madicte  dame  en  ladicte  littiere  à  com- 


i.  Casaques. 

2.  Sortes  de  hoquetons,  ou  saies  à  manches,  descendant  à  mi- 
cuisse. 

3.  Epieu  à  large  fer. 

4.  Suivre. 


MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  101 

pagnie  des  seigneurs  que,  comme  dit  est,  vindrent 
avec  elle  d'Engleterre ,  en  especial  monseigneur  de 
Scalles,  et  nos  seigneurs  de  ladicte  Thoison  d'or.  Et 
après  madicte  dame  xm  haquenées  richement  parées 
de  drap  d'or  cramoisi  dont  on  menoit  les  deulx  en 
main,  et  les  aultres  chevauchoient  lesdictes  dames 
d'Engleterre.  Et  si  avoit  chine  chariots  dorez  moult 
richement  et  couvers,  esquelz  estoient  les  dames  des- 
ditz  pays,  desquelles  mondit  seigneur  avoit  mandé 
largement  à  ladicte  feste. 

En  tel  estât  se  partit  madicte  dame  de  ladicte  porte 
à  laquelle  neantmoings  l'estoient  et  bien  prèz  du  Dam 
venu  querre  les  nacions  qui  sont  audit  Bruges,  c'est 
assavoir  Florentins,  qui  vindrent  premiers,  Espagnars, 
Osterlings1,  Venissiens  et  Jenevoys  en  grant  honneur. 
Mais  ilz  vindrent  en  ladicte  ville  après  ledit  estât  pour 
mieulx  abregier.  Et  s'en  vint  madicte  dame,  passant 
lesdictes  rues  qui  estoient  tendues  de  tous  riches  draps 
et  décorées  de  verdures  et  fleurs  habondamment.  Et 
si  estoient  entre  ladicte  porte  et  ladicte  court  en  divers 
lieux  assises  dix  grandes  louables  histoires,  desquelles 
je  feroy  declaracion  pour  tant  qu'elles  estoient  ser- 
vans  audit  mariage  et  fondées  en  saincte  escripture. 

La  première  histoire  prouchaine  de  la  porte  estoit 
comment  Dieu  conjoingnoit  Eve  et  Adam  au  paradis 
terrestre  selon  Genèse. 

La  seconde,  devant  les  Jacoppins,  estoit  moult  excel- 
lente. G'estoit  comment  Cleopatre  fut  donnée  en  mariage 
à  Alixandre.  Et  si  avoit  escript  en  latin  au  destre 
costé  :  Alixander  rex,  obtenta  Victoria  super  Deome- 
trium    regem,    ad   regem    Ptolomeum    Egipti    regem 

1.  Autrichiens. 


10$  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA  MARCHE. 

legatos  destinavit  ut  Cleopatram  ejus  filiam  sibi  daret 
in  uxorem.  Et  au  senestre  estoit  escript  :  Qualiter 
rex  Ptolomeus  Ptolomaidam  venit  et  Cleopatram  ejus 
filiam  Alexandro  régi  dédit  in  uxorem.  Primo  Macha- 
beorum  Xmo.  Et  au  dessus  estoit  escript  :  Gaudeamus 
et  exultemus  et  demus  gloriam  Deo  quia  venerunt  nupcie 
agni  et  uxor  ejus  preparavit  se.  Apocalipsi  XIX0.  Et 
pluiseurs  autres  menues  escriptures  desquelles  je 
m'en  passe  à  tant. 

La  tierche  estoit  des  cantiques  de  Salomon  et  y 
avoit  escript  :  Vulnerasti  cor  meum,  sponsa  mea,  et 
letijicasti  animant  meam;  plie,  annunciate  dilecto  meo 
quia  amore  langueo. 

La  quarte  estoit  de  l'evangille  Johannis  secundo  : 
Nupcie  fade  sunt  in  Ghana  Galilée,  etc. 

La  ve  estoit  encores  des  cantiques  Cantico  tertio, 
etc.  :  Pulcra  es,  arnica  mea,  suavis  et  décora;  inveni 
quem  diligit  anima  mea;  tenebo  eam  nec  dimittam. 

La  VIe  estoit  devant  Saint  Donas  où  il  estoit  escript  : 
Civitas  solis  vocabitur  una;  in  die  Ma  erit  altare  Domini 
in  medio  terre  et  tytulus  Domini  juxta  terminum  ejus. 
Ysaie  XIX0. 

La  septiesme  estoit  dessoubz  les  prisons  qui  disoit  : 
Moi/ses  postquam  diutius  obsedisset  civitatem  Saba,  Tar- 
ins filia  régis  Egijpti  in  eum  oculos  injecit,  quam  ipse 
Moijses  postmodum  in  uxorem  duxit.  Petrus  Commes- 
toris  in  historia  scolastica. 

La  vme  estoit  devant  la  halle  ou  marchié  où  il  y 
avoit  une  femme  tenant  plain  son  geron  de  lions  où  il 
avoit  escript  :  Léo  et  pardus  se  mutuo  invenerunt  et 
amplexi  sunt  se  invicem  sub  lilio 4 . 

1 .  Allusion  aux  armes  d'Angleterre,  de  Flandre  et  de  Bourgogne. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  4  03 

La  IXe  estoit  en  la  fin  du  marchié  vers  la  court  le 
mariage  de  Hester,  qui  disoit  :  Assuerus,  rex  Persa- 
rum,  cui  Rester  formosa  omnium  oculis  graciosa  pla- 
cuit,  dueta  ad  ejus  cubiculum  dyadema  regni  capiti 
ejus  imposuit,  cunctis  principibus  convivium  nuptiarum 
preparavit.  Hester  secundo. 

La  xe  près  de  la  court  disoit  :  Benedictio  super 
uxorem  tuam  et  super  parentes  tuos  ut  videatis  filios 
filiorum  vestrorum  usque  in  terciam  et  quartam  gene- 
racionem.  Thobie  IX0. 

Esdictes  rues  aussi,  qui  ne  fait  à  oublier,  estoient 
aulcunes  maisons  en  especial  décorées  de  taintures  et 
riches  draps,  et  grans  alumeries  de  torsses,  si  comme 
es  maisons  des  Cathelans,  des  Geciliens,  des  Lucois 
et  des  Portugalois,  sur  le  marchié.  Et  si  estoient  sur 
ledit  marchié  rengiés  lesditz  seigneurs  de  la  ville  et 
les  seremens,  si  comme  archiers  et  arbalestriers. 
Toutes  lesdictes  rues  passées,  histoires  et  seremens, 
madicte  dame  vint  à  ladicte  court,  à  la  porte  de 
laquelle  estoit  faicte  nouvellement  ung  riche  ouvrage 
de  fin  or,  en  quoy  sont  et  demeurent  à  perpétuel  les 
armes  tymbrées  de  mondit  seigneur,  environnées  des 
armes  de  ses  pays  tenues  de  deux  grans  lions,  et  sa 
devise  desoubz  en  lettre  antique  :  Je  Vaij  emprins.  Et 
à  l'un  costé  desdictes  armes  estoit  ung  archier  tyrant 
vin  blanc,  et  à  l'aultre  costé  estoit  ung  crennequinier 
tyrant  vin  vermeil  tout  le  jour,  que  le  commun  recep- 
voit  partant  de  leur  trait.  Si  entra  madicte  dame  par 
ladicte  porte  en  l'ostel  et  tout  Testât,  et  la  mist  on  hors 
de  ladicte  lictiere,  et  l'emmenèrent  monseigneur  Adolf 
de  Cleves  et  mondit  seigneur  de  Scalles  en  chambre 
soy  retraire  jusques  au  disner  qui  fut  tost  après. 


104  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Et  devez  sçavoir  aussi  qu'en  ladicte  court  estoit  ung 
pellican  moult  riche  qui  par  la  poitrine  jectoit  ypocras. 

Madicte  dame  entrée  dedens  ledit  hostel  de  mondit 
seigneur  le  duc,  passèrent  pardevant  la  porte  pour 
monstrer  devoir  les  nacions  dont  devant  est  faicte 
mencion,  en  Testât  qui  s'ensieult  :  premiers  les  Venis- 
siens. 

Les  Venissiens  estoient  euJx  dix  marchans  à  cheval, 
vestus  de  velours  cramoisi,  après  eulx  x  serviteurs 
vestus  de  drap  vermeil,  et  aloyent  devant  eulx  trois 
poursievans  et  cinquante  hommes  à  piet  vestus  de 
vermeil,  portans  chascun  une  torsse. 

Les  Florentins  faisoient  porter  devant  eulx  chin- 
quante  et  quatre  torsses,  ceulx  qui  les  portoient  tous 
habilliez  de  bleu  drap,  et  quatre  paiges  vestus  de 
pourpoins  de  drap  d'argent  cramoisy,  mantelines  de 
satin  blanc,  leurs  chevaulx  houssiez  de  satin  blanc, 
bordez  de  satin  bleu.  Puis  venoient  xi  marchans, 
Thommas  Portinaire  premier,  habillié  comme  conseil- 
lier  de  monseigneur  le  duc  qu'il  est,  et  les  x  vestus 
de  satin  figuré  cramoisy  et  pourpoins  de  satin  noir  ; 
après  eux  xi  facteurs  vestus  de  satin  simple  cramoisi 
et  pourpoins  de  satin  noir,  et  au  derrenier  xxmi  ser- 
viteurs habilliez  de  bleu,  et  tous  à  cheval. 

Les  Espangnars  estoient  xxxmi  marchans  à  cheval, 
vestus  de  damas  violet,  ayans  xxxim  paiges  à  piet, 
chascun  le  sien,  vestus  lesdiz  paiges  de  pourpoins  de 
satin  noir  et  jacquectes  de  velours  cramoisi.  Et  fai- 
soient lesditz  marchans  porter  devant  eulx  soixante 
torsses,  les  porteurs  vestus  de  robes  de  drap  violet  et 
vert. 

Les  Jennevois  faisoient  chevauchier  tout  devant  la 


MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  105 

pucelle  et  saint  Jeorge,  vestue  ladicte  pucelle  de 
damas  blanc,  son  cheval  houchié  de  velours  cramoisi, 
et  saint  George  armé,  son  cheval  couvert  de  damas 
blanc  à  la  grande  croix  de  cramoisi.  Puis  sievoient 
trois  paiges  vestus  de  pourpoins  de  damas  blanc,  jour- 
nades  de  velours  cramoisy.  Et  si  estoient  xvm  mar- 
chans  à  cheval,  vestus  de  robes  de  damas  blanc, 
doublées  de  velours  noir,  les  six  longues  et  les  aultres 
courtes,  et  les  pourpoins  de  satin  noir,  et  xvm  var- 
lets  à  piet  vestus  de  drap  blanc  à  manche  rouge,  ung 
saint  Jeorge  broudé  dessus. 

Les  Osterlings  faisoient  porter  devant  eulx  lxxii  tors- 
ses,  les  porteurs  vestus  de  violet,  et  chevauchoient 
après  six  paiges  vestus  de  pourpoins  de  satin  violet  et 
robes  de  damas  violet.  Puis  sievoient  les  marchans  en 
nombre  de  cent  et  huict  à  cheval,  tous  vestus  de  drap 
violet. 

Et  n'est  pas  à  oublier,  mais  est  raison  que  je  die, 
que  tous  les  prinches,  chambellans,  gentilzhommes, 
officiers  et  serviteurs  de  mondit  seigneur,  meismes 
tous  ceulx  qui  lurent  à  court  comptez  ou  nom,  furent 
du  don  de  mondit  seigneur  à  ladicte  feste  habilliez 
comme  il  s'ensieult.  Aussi  tous  les  anchiens  serviteurs 
de  feu  monseigneur  le  duc,  que  Dieu  absoille,  qui  y 
furent,  estoient  tous  vestus  comme  les  aultres,  chascun 
selon  son  estât.  C'est  assavoir  les  chambellans  et 
princes  longues  robes  de  velours  noir,  pourpoins  de 
velours  cramoisi,  les  gentilzhommes  satin  noir,  pour- 
poins de  damas  violet,  le  conseil  velours  noir,  et  tous 
serviteurs  robes  de  drap  noir  et  violet,  et  pourpoins 
de  camelot  violet. 

Ladicte  entrée  ainsi  faicte  et  la  messe  chantée  en  la 


106  MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

chapelle,  où  riens  ne  fut  fait  touchant  les  nopces,  le 
disner  estoit  prest  en  la  court  et  fist  on  seoir  en  divers 
lieux.  Premièrement,  mondit  seigneur  le  duc  disna 
seul  en  la  sallette  prez  de  ladicte  chapelle,  soy  faisant 
servir  comme  il  est  de  coustume. 

Et  madicte  dame,  accompagnée  de  madame  la 
ducesse,  mère  de  mondit  seigneur,  et  mademoiselle 
de  Bourgoingne,  desdictes  dames  d'Engleterre  et  grant 
nombre  de  celles  de  par  deçà,  vint  en  la  grande  salle 
faicte  nouvelle  pour  les  nopces,  en  laquelle  estoit  la 
haulte  table  et  deux  aultres  de  longueur  de  ladicte 
salle.  Cy  lava  madicte  dame  et  puis  fut  menée  seoir  à 
ladicte  haulte  table,  puis  s'assist  madicte  dame  la 
mère  à  sa  destre  et  au  senestre  madicte  damoiselle,  et 
oultre  madicte  dame  la  mère  à  dextre  madame  d'Ar- 
guel  ;  et  demourerent  droites  contre  le  leson d  derrière 
madicte  dame  la  ducesse  une  dame  d'Engleterre  et 
madame  de  Scalles.  Et  à  l'une  desdictes  tables  à 
dextre  en  entrant  s'assirent  chinquante  deux  nobles 
femmes  de  par  deçà,  et  vm  d'Engleterre  à  l'autre 
table  seulement.  Sy  fut  servie  madicte  dame  à  grant 
honneur  et  à  grant  bruit  desdictes  trompettes,  clarons 
et  menestrelz,  par  les  maistres  d'ostel  de  mondit  sei- 
gneur et  d'elle  très  honnourablement  de  moyen 
service. 

En  une  chambre  qui  est  ordinairement  pour  mon- 
seigneur le  bastart  furent  servis  les  seigneurs  d'En- 
gleterre, les  prélats  et  gens  d'église  en  la  gallerie  ou 
gardin,  monseigneur  le  chancellier  en  ung  lieu  con 
dist  la  bagnerie,  et  les  chambellans  et  ceulx  de  la  cha- 

1.  Siège,  petit  lit. 


MÉMOIRES  D'OLIVIER   DE  LA  MARCHE.  107 

pelle  en  la  salle  sur  le  court  près  de  mondit  seigneur, 
en  la  salle  bas  les  Anglois  et  les  archiers,  et  en  aultres 
chambres  comme  desdis  maistres  d'ostelz  jusques  à 
xii  assietes  où  très  plenierement  furent  servis  pre- 
miers et  derreniers  jusques  à  chincq  heures  après 
nonne  et  plus. 

La  grant  salle  dont  j'ay  fait  mencion  estoit  moult 
noblement  parée  ;  elle  estoit  tendue  de  la  tapisserie  de 
Gedeon,  qui  est,  comme  pluiseurs  scevent,  très  riche 
d'or  et  de  soye.  Et  d'emprès  ladicte  haulte  table 
estoit  ung  très  hault  dressoir  fait  à  trois  quarrés  con 
dist  losengue,  chascune  quarré  de  quinze  pies  de  large 
et  îx  degrez  de  hault  en  estroicissant  jusques  à  pointe. 
Sur  lesquelz  degrez  estoit  vaisselle  d'or  et  d'argent 
garnie  de  riche  pierrie,  autant  qu'il  s'i  en  povoit 
bouter,  et  en  chascun  quarré  deux  cornes  de  licorgne 
dressées  comme  chierges  moult  longues.  Et  sur  le 
sommeron1  dudit  dressoir  faisant  la  fin,  une  très 
grande  et  très  rice  couppe  d'or;  de  laquelle  vaisselle 
dicte  je  m'en  passe  en  brief,  pource  qu'il  m'est  impos- 
sible de  declairier  la  valeur. 

En  ladicte  salle  y  avoit  pluiseurs  chandelers  pendus 
de  bois,  comme  il  est  d'usage,  entre  lesquelz  il  en  y 
avoit  deux  merveilleuz  qui  estoient  fais  à  façon  de  fort 
et  puissant  chasteau  assis  sur  roce,  et  soubz  chascun 
vers  les  gens  y  avoit  sept  miroirs  assis  en  roze,  et 
lesquelz  estoient  grans  et  ronds  comme  de  piet  et 
demi  en  rondeur.  Et  là  sembloit  à  regarder  en  chas- 
cun qu'il  y  eust  dix  mil  hommes,  et  tournoient  lesditz 
chastiaux  si  dru  con  vouloit. 

1.  Au  sommet. 


108  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Geclit  jour  après  disner,  à  six  heures  ou  environ, 
s'en  ala  madicte  dame  à  chariot,  vestue  d'une  robe 
de  drap  d'or  cramoisy,  en  chapiau  d'or  sans  couronne, 
à  un  très  riche  collier  garni  de  pierrie,  et  toutes  les 
dames  et  damoiselles,  tant  à  chariot  comme  sur 
haquenées,  à  ung  pas  de  jouste  que  commenchoit 
monseigneur  le  bastard  de  Bourgoingne,  et  qu'il 
maintint  jusques  à  ce  qu'il  ot  jousté  contre  xxmi  che- 
valiers sur  le  tiltre  de  l'arbre  d'or  ;  à  laquelle  jouste 
je  reviendray  pour  icelle  poursieurre  et  aultres  fais 
d'armes  ensievans  en  ung  traictié  à  part  comment 
ladicte  jouste  fut  démenée  chascun  jour  et  les  banc- 
quetz  qui  s'y  firent,  qui  neantmoins  estoient  desdictes 
nopces,  mais  je  m'en  passe  icy  pour  abregier  l'entrée. 
Puis  aprez  le  partement  de  madicte  dame  partit  mon- 
seigneur le  duc  à  cheval,  vestu  d'une  robe  à  longues 
manches  ouvertes  jusques  en  terre,  de  drap  d'or 
fourré  de  très  fines  martres  sabelines,  et  s'en  ala  à 
ladicte  jouste,  laquelle  finée  pour  le  jour,  retournèrent 
les  seigneurs  et  dames  à  court  où  estoit  préparé  ung 
bancquet  duquel  il  me  semble  honneste  d'en  faire  la 
declaracion. 

Quant  il  fut  temps,  monseigneur  le  duc  et  madame 
la  ducesse,  mademoiselle  et  generalment  tous  les  sei- 
gneurs et  dames  vindrent  audit  bancquet  qui  se  fist 
en  la  grant  salle  moult  excellent  en  la  manière  que 
s'ensieult. 

A  la  haulte  table  y  avoit  assises  six  grans  navires  à 
façon  de  grandes  naves  à  trois  hunnes  ressamblans 
celles  de  la  mer,  faictes  et  garnies  moult  richement  de 
toutes  choses  quelzconques  qu'à  navires  telles  peult 
et  doit  appartenir,  où  sur  chascune  ou  milieu  estoit 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA   MARCHE.  109 

assis  ung  plat  de  viande,  et  à  chascun  plat  embas  sur 
la  table  y  avoit  seze  sieultes1  sans  les  entremés,  ayant 
chascune  carvelle2,  au  près  d'elle  quatre  botquins3 
plains  d'espicerie  ou  fruiterie.  Et  au  milieu,  à  chascun 
service,  c'est  assavoir  entre  deux  navires,  y  avoit  une 
grande  tour,  non  pas  pareilles  les  unes  aux  aultres, 
si  estoient  lesditz  bateaux  et  tours  representans  pays 
ou  ville  appartenans  à  mondit  seigneur,  portant  avec 
les  banieres  d'icellui  seigneur  les  banieres  et  escuçons 
et  le  nom  par  escript  ce  que  representoit. 

Item,  à  chascune  longue  table  dont  il  en  y  avoit 
deux  en  ladicte  salle  dont  j'ay  fait  mencion  au  fait  du 
disner,  y  avoit  xn  desdictes  navires  et  douze  tours 
pareilles  à  ceulx  dessusditz  ;  ainsy  en  y  avoit  xxx  nefs 
en  somme  et  xxx  tours.  Si  debvez  sçavoir  qu'avec 
lesditz  pays  que  lesditz  navires  representoient  dont 
chascun  scet  les  noms,  il  y  avoit  Bethune,  Signy, 
Ostervant,  Faulquemont,  Aussonne,  Ponthieu,  Cha- 
rollois,  Aussous4,  Boulongne,  Mascom,  Alost,  Arbrele 
le  Grande,  le  Leyde,  la  Brielle,  Gourtray,  Dourdrecht, 
Douay,  Herlem,  Audenarde,  Bruges,  Lille,  Mons,  Bois 
le  Duc,  Gand,  Dijon,  Brouxelles,  Louvain,  Anvers, 
Roterdam,  Midelbourg,  l'Escluse,  Aaras,  Valenchienne, 
Trecht,  Saint  Orner,  Aellremare,  Austredam,  Yppre 
et  Delst.  Ce  sont  les  lieux  qui  estoient  nommez  esdits 
navires  et  carvelles. 


1.  Sieute,  se  dit  parfois  des  différentes  pièces  d'un  service  ou 
d'une  parure,  lorsqu'elles  sont  de  même  façon. 

2.  Caravelle. 

3.  Petit  bateau,  nacelle;  mot  usité  dans  le  dialecte  de  Valen- 
ciennes  et  à  Lille. 

4.  Pour  Auxois. 


110  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Item,  audevant  de  ladicte  haulte  table  estoit  le 
dressoir  dont  ou  chappitre  du  disner  est  faicte  men- 
tion, sans  estre  plus  grant  ne  plus  petit.  Ainsi  ledit 
bancquet  disposé,  aprez  laver  s  assist  mondit  seigneur, 
madicte  dame  à  ladicte  haulte  table,  le  légat,  l'evesque 
de  Mes,  l'evesque  d'Utrecht,  monseigneur  Adolf  de 
Gleves,  monseigneur  de  Scalles,  la  duchesse  de  Nort- 
follc,  madamoiselle  de  Bourgoingne,  madame  d'Ar- 
guel,  madame  de  Montigni,  madame  d'Arssy,  la 
vicontesse  de  Furnes,  et  les  aultres  seigneurs  et  dames 
aux  aultres  deulx  tables,  tous  meslez  Englois  et  aultres, 
tant  que  tout  estoit  plain.  Ce  fist  chascun  grant 
chiere.  Et  ne  fault  pas  demander  comment  toutes 
manières  de  menestrelz  faisoient  devoir.  Et  quant  ce 
vint  à  la  fin,  entra  dedens  ladicte  salle  une  licorgne 
grande  et  bien  artificielment  faicte,  sur  laquelle  seoit 
ung  lupart  tenant  à  une  pâte  banerolle  de  mondit  sei- 
gneur, et  à  l'autre  une  marguerite,  de  laquelle  devant 
la  table  il  fist  à  icellui  seigneur  présent. 

Après  ladicte  licorgne  retraicte  entra  ung  lion, 
dedans  lequel  estoient  deux  chantres  chantans  une 
chanson  qui  disoit  :  Bien  viengnant  la  cloulce  bergiere. 
Si  fist  ledit  lion  son  tour  et  puis  s'en  retourna. 

Tiercement  et  derrenier  entra  ung  dromedaire  char- 
gié  de  deux  panniers  plains  de  volille1  menue,  et 
ung  homme  dessus ,  lequel  prendoit  d'un  pannier  et 
d'aultre  dragie  qu'il  jectoit,  et  aussi  lesdictes  volilles 
jectoit  voiler  parmi  ladicte  salle,  qui  fut  bien  plaisant. 
Lequel  dromedaire  retrait,  ledit  bancquet  fina  et  com- 
mencha  la  dansse,  laquelle  finée  on  prist  vin  et  espices, 

\.  Volaille,  oiseaux. 


MÉMOIRES  D'OLIVIER  DE  LA  MARCHE.  1  1  1 

et  envers  trois  heures  après  mienuit  on  s'en  ala  cou- 
cher. 

Les  aultres  bancqués,  festes  et  esbatemens  seront 
our  pour  jour  déclarez  en  l'autre  traictié  du  fait  des 
oustes  et  tournoy  qui  se  feront  journellement  tant  que 
es  nopces  dureront. 

Touchant  le  fait  des  joustes  qui  furent  aux  nopces 
de  monseigneur  le  duc  dont  la  feste  s'entretint  par  l'es- 
pace de  neuf  jours,  elles  furent  entreprises  par  mon- 
seigneur le  bastart  de  Bourgoingne  soubz  umbre  du 
commandement  d'une  dame  qui  se  nomme  de  Ville 
cellée,  laquelle,  pour  certaines  causes  ad  ce  mouvans, 
avoit  requis  audit  chevalier  trois  choses,  est  assavoir 
qu'il  se  volsist  trouver  pour  amour  d'elle  en  une  jouste 
où  cent  et  une  lanches  fussent  rompues  sur  lui,  ou  qu'il 
les  rompist  sur  aultre  ;  après  qu'il  se  trouvast  en  ung 
fait  d'armes,  où  cent  et  ung  cops  d'espées  fussent  par 
lui  férus  ou  qu'on  les  ferist  sur  lui;  tiercement,  que 
ung  arbre  d'or  qu'elle  lui  bailleroit,  qui  estoit  en  son 
trésor,  fust  par  ses  fais  encores  plus  enrichi  et  plus 
noblement  décorés  qu'il  n'estoit.  Ce  lui  bailla  ledit 
arbre  d'or  et  ung  poursuivant  nommé  ainsy  Arbre  d'or, 
et  pour  les  dictes  armes  regarder  ung  jayant1  qu'elle 
avoit  prisonnier,  qui  se  nommoit  le  jayant  de  la  forest 
doubteuse,  lequel  jayant  est  par  ladicte  dame  baillié  à 
conduire  tout  lyé  à  ung  nayn  qu'elle  avoit,  et  aussi 
audit  nayn  lesdictes  armes  à  regarder  pour  lui  en  faire 
record.  Etaffin  que  mieulx  lesdictes  armes  se  peussent 
acomplir  en  la  très  noble  maison  de  Bourgoingne  que 
ledit  chevalier  avoit  eslevé  pour  ce  faire,  ladicte  dame 

\.  G-éant. 


\\%  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

de  File  celée  en  rescripvitau  duc,  en  lui  requérant  que 
icelles  armes  volsist  souffrir  publier  et  acomplir,  des- 
quelles lectres  la  teneur  s'ensieult  : 

«  Très  excellent  et  très  victorieux  prince,  je  me 
recommande  humblement  à  vostre  bonne  grâce,  et 
vous  plaise  sçavoir,  très  excellent  prince,  que  comme 
des  diverses  parties  du  monde  nouvelles  vont  et 
courent  en  pluiseurs  lieux,  est  venu  à  ma  cognoissance 
comment  ung  noble  chevalier,  mon  serviteur  et  de 
singulière  recommandacion  de  vous,  nagaires  doit 
avoir  prins  son  accès  par  devers  vostre  très  noble  et 
très  haulte  seignourie.  Et  ce  à  cause  et  en  espoir  de 
soy  povoir  deschargier  en  vostre  très  fameuse  maison 
d'aulcunes  haultes  et  glorieuses  emprises  et  charges 
peult  estre  à  lui  enjointes  et  dont  le  exécution,  telle  qu'il 
plaira  à  Dieu  lui  en  garder,  il  en  est  en  sa  merchi  et  en 
l'actente  de  son  adventure  non  congneue,  dont  et  affin 
que  vostre  très  clere  et  très  renommée  haultesse  soit 
et  puist  tant  mieulx  estre  informée  et  advertie  de  la 
nature  de  cestui  cas,  ensamble  de  la  qualité  et  estât 
dudit  noble  chevalier  et  de  la  cause  de  son  louable  et 
courageux  emprendre,  ou  de  son  venir  vers  vous,  j'en- 
voye  présentement  par  devers  vostre  haultesse  ung 
mien  herault,  nommé  Arbre  <Tor,  à  tout  ces  présentes 
par  lesquelles  de  vostre  grâce  et  soubz  vostre  princial 
bénigne  humilité  povez  clerement  et  tout  au  vif  com- 
prendre et  estre  infourmé  de  ceste  matière.  Très 
excellent  prince,  ce  chevalier  droit  cy  comme  après 
longs  et  divers  voyages  par  les  diverses  parties  du 
monde,  et  après  multitude  de  haulx  et  louables  fais  et 
prouesses  en  armes,  adventure  l'ait  mené  finablement 
devers  moy  à  ma  grant  joye,   qui  par  ung  cruel  et 


MÉMOIRES  D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  113 

inhumain  tyrant  longuement  ay  esté  persécutée,  deshi- 
retée  et  destruite  et  menée  à  misérable  desolacion 
toute  confuse,  advint  lors  que  lui,  meu  ung  jour  de 
noble  et  vertueulx  esperit  et  de  singulière  compassion 
en  mon  triste  cas,  tendant  à  soy  esprouver  en  ver- 
tueuse œuvre  caritable  et  à  moy  relever  de  ma  ruyne 
par  sa  diligence,  se  rendi  à  moy,  me  requist  de  rete- 
nance  et  d'entretenement  en  ma  désolée  maison,  et 
après  foy  présentée  et  promise  de  loyaulment  me  ser- 
vir, me  prommist  aussi  et  jura  soubz  mon  plaisir  per- 
pétuel contendement  pour  venir  à  ma  grâce,  laquelle, 
au  prix  de  son  noble  et  francq  corraige,  et  à  la  mesure 
de  mon  honneur,  tant  que  je  povoie  et  dévoie  licite- 
ment, je  lui  accorday,  et,  considérant  ma  basse,  des- 
confortable fortune  et  les  estrois  dangiers  esquelz  je 
me  trouvoye,  glorieuse  fille  de  Roy,  le  retins  mon 
serviteur  par  condicion  telle,  que  tout  en  chief  et  pre- 
mièrement il  se  mettroit  en  paynne  et  assay  de  moy 
délivrer  et  relever  hors  de  la  cruelle  main  dudit 
jayant,  ramener  ma  personne  en  sa  franchise,  et  mes 
terres  et  possessions  remettre  et  relever  hors  de  sa 
tyrannie,  de  laquelle  chose  toutes  fois,  louengeàDieu, 
en  peu  de  temps  après  tellement  le  regarda  et  com- 
pleut  que  de  son  hault  emprendre  il  en  parvint  en 
glorieuse  fin,  et  de  son  valereux  exécuter  j'en  ay  tiré 
l'effect  de  ma  desirance,  dont  jamais  n'en  sera  heure 
que  je  ne  soye  son  obligée,  et  que  je  ne  labeure  en  ma 
pensée  comment  je  lui  polray  satisfaire  à  son  condigne 
dont1.  Et  comme  ce  noble  chevalier,  en  mon  regard 


1.  On  avait  lu  jusqu'à  ce  jour  :  Condigue,  dont  et  comme,  etc., 
ce  qui  n'a  aucun  sens. 

rv  8 


114  MÉMOIRES   D'OLIVIER  DE   LA   MARCHE. 

tant  personnaige  comme  de  meurs,  et  par  ses  haulx  et 
singuliers  fais  que  je  perceus  en  lui,  me  sembloit  digne 
encores  avecques  œvres  passées  d'amonceler  encores 
et  d'actraire  devers  lui  le  sourplus  de  Ponneur  du 
monde,  et  de  venir  en  la  cognoissance  de  tous  les  meil- 
leurs, je  lui  requis,  et  pour  le  magniffier  tant  plus, 
qu'en  la  plus  chevaleureuse  maison  de  la  terre  il  feist 
tant  que  cent  et  une  lanches  feussent  rompues  sur  lui 
ou  que  lui  se  meist  en  assay  de  les  rompre,  et  autant 
de  cops  d'espées  par  arroy  de  bataille  l'un  contre 
l'autre,  laquelle  chose  faicte  et  emprinse  à  faire  luy 
tourneroit  et  poulroit  tourner,  ce  lui  dis  je,  en  grant 
avancement  de  sa  ricquesse.  Gomme  doncques ,  ce 
second  point  déclaré,  je  désirasse  tousjours  plus  et  plus 
gloriffier  encorres  et  grandir  ce  noble  chevalier  et  le 
pourveoir  d'aulcune  singulière  retribucion  pour  béné- 
fice receu  de  lui,  m'avisay  d'un  arbre  d'or  que  j'avoye 
et  lequel,  pour  decoracion  de  la  future  emprinse  en 
aulcune  glorieuse  maison,  jeconcluds  de  lui  mettre  en 
main  par  condicion  telle,  que  ly  de  toutes  ses  vertus 
et  vigueurs  se  doneroit  traveil  de  le  moy  rendre  plus 
digne  encores  et  plus  précieux  que  receu,  dont  et  de 
la  richesse  et  de  la  dignité  là  où  il  la  vouldra  trouver, 
je  m'attendoye  bien  à  luy,  croyant  véritablement  que 
ce  feroit  il  de  plus  précieuse  estoffe  que  de  milles 
gemmes.  Or  est  ainsi,  très  excellent  prince,  que  comme 
renommée  porte  ce  noble  chevalier  droit  cy,  sur  et 
devant  toutes  crespiennes1  maisons  a  choisi  et  eslevé  la 
vostre,  et  a  conclu,  comme  j'entens,  de  mon  arbre  d'or 
en  vostre  chevalereuse  court  gloriffier  droit  et  grandir 

1.  Chrétiennes. 


MÉMOIRES  D'OLIVIER  DE  LA   MARCHE.  115 

icellui  de  precieulx  et  non  communs  estoremens  por- 
tans  mistere,  et  de  quoy  le  jayant  mon  prisonnier 
sera  garde  et  administreur  jusques  au  retour  du  dit 
noble  chevalier  vers  moy,  que  Dieu  domst1  tost,  sy 
vous  prie,  très  excellent  prince,  et  requiers  en  toute 
humilité  qu'en  l'avanchement  de  l'emprinse  dudit 
noble  chevalier  vers  vous  comparu,  et  en  magnifica- 
cion  de  son  arbre  d'or  par  la  nature  qui  lui  est  baillié, 
il  vous  plaise  à  lui  prester  faveur,  expedicion  et 
adresse,  telles  que  gloire  et  exaltacion  de  vostre  très 
noble  renommée,  et  à  ma  joye  et  à  son  preu,  il  puist 
très  briefment  et  tost  retourner  vers  moy,  pour  le 
plus  hault  de  mes  désirs,  et  dont  de  l'honneur  que  de 
vostre  grâce  vous  plaira  à  moy  y  faire,  j'en  rendray 
les  louenges  à  Dieu  et  à  vous  les  remerciemens  con- 
dignes  à  vostre  noble  estât,  que  Dieu  veulle  conserver 
et  parmaintenir  en  félicité  sempiterne.  Escript  en  mon 
chasteau  de  bonne  espérance,  le  vme  jour  de  janvier 
l'an  LXVII.  Ainsi  subscriptes  :  la  toute  vostre  très 
humble  recommanderesse,  la  dame  de  Fille  celée.  Et 
pareillement  subscriptes  :  A  très  excellent,  très  victo- 
rieux et  très  puissant  prince  Charles,  par  la  grâce  de 
Dieu,  duc  de  Bourgoingne  et  de  Brabant,  etc.  » 

Lesdictes  lectres  receues  de  mondit  seigneur  le  duc 
et  présentées  par  ledit  Arbre  d'Or  poursievant,  icelles 
lettres  leues,  mondit  seigneur  s'accorda  à  la  volenté 
de  ladicte  dame  de  l'isle  celée.  Ainsi  fut  sur  le  marchié 
de  Bruges  dressé  ledit  arbre  d'or  auquel,  pour  le  déco- 
rer et  enrichir  selon  le  désir  de  ladicte  dame,  furent 
successivement  pendus  les  escus  armoiés  des  armes  des 

1.  Ou  donist. 


116  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

nobles  chevaliers  et  escuiers  qui  se  vin drent  présenter 
à  la  jouste  pour  furnir  l'entreprinse  dudit  chevalier.  Et 
emprès  ledit  arbre  ung  peron  à  trois  piliers  sur  lequel 
durant  ladicte  jouste  sévit  ledit  nayn  en  une  très  riche 
chaiere  à  tout  ung  orloge  devant  luy  et  ung  cor  pour 
sonner  entrée  et  yssue  sur  le  champ  du  chevalier  à 
l'arbre  d'or  ;  autour  du  peron  escript  ainsi  : 

De  ce  peron  nul  n'en  prende  merveille, 
C'est  une  emprinse  qui  nobles  cuers  resveille, 
Pour  souvenir  de  la  tant  honnorée 
Dame  d'honneur  et  de  l'ille  celée. 

Au  devant  dudit  arbre  estoit  lié  ledit  jayant,  et 
emprès  estoit  ung  grant  hourt  ouquel  estoient  les 
juges  commis  pour  lesditz  fais  d'armes  de  par  mondit 
seigneur,  assavoir  monseigneur  de  Mirammont  comme 
lieutenant  de  monseigneur  le  marescal  de  Bourgoingne, 
messire  Giaude  de  Toulengeon,  seigneur  de  la  Bastie, 
le  bailli  de  Gaen  et  monseigneur  de  la  Roche,  et  em- 
près eulx  en  ung  aultre  hourt  les  officiers  d'armes. 

Ainsi  les  choses  ordonnées,  on  commença  le 
dimence,  jour  desdictes  nopces,  IIIe  jour  de  jullet,  par 
la  manière  qui  s'ensieult. 

Monseigneur  Adolf  de  Gleves,  seigneur  de  Ravens- 
tain,  fut  le  premier  venant  pour  jouster  contre  le  che- 
valier de  la  dame  de  l'ille  celée,  qui  est  monseigneur 
le  bastart.  Et  debvez  sçavoir  quant  ung  combatant 
venoit  à  la  porte  du  parc  à  l'arbre  d'or,  le  poursievant 
venoit  parlera  lui  lors  qu'il  avoit  busquié1  d'un  maillet 
d'or  qui  pendoit  à  ladicte  porte,  lui  demandoit  son 
nom,  et  puis  l'aloit  dire  au  défendeur,  et  de  là  s'en 

1.  Heurté. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  117 

retournoit  querre  le  nayn  et  le  jayant,  qui  venoient 
mectre  ens  ledit  assaillant.  Ainsi  vint  hurter  à  ladicte 
porte  mondit  seigneur  de  Ravenstain,  laquelle  fut 
ouverte  après  lesdictes  solempnités. 

Mondit  seigneur  de  Ravenstain  entra  ou  champ  moult 
richement  en  une  littiere  portée  à  deux  chevaulx, 
ladicte  lictiere  painte  de  bleu  et  blanc,  qui  sont  ses 
couleurs,  et  armoyée  de  ses  armes,  couverte  d'un  drap 
d'or  velours  cramoisy,  garnie  de  pluiseurs  gros  pom- 
meaulx  tous  de  fin  argent.  Là  dedens  estoit  il  couchiés 
sur  deux  grans  coussins  de  drap  d'or  cramoisy,  et 
estoit  armé,  et  sur  son  harnas  une  robe  de  camelot 
de  soye  fourrée  d'ermines,  les  deux  chevaulx  de  ladicte 
littiere  harneschiez  de  velours  bleu  garny  de  platines 
d'argent,  deux  paiges  sus  vestus  comme  ses  aultres 
paiges,  est  assavoir  depalletos  de  velours  bleu,  la  moi- 
tié semée  d'orfavrie  blanche  à  ung  collier  d'orfavrie 
dorré;  et  de  chascun  costé  de  ladicte  littiere  aloient 
deux  gentilzhommes  vestus  de  velours  bleu  à  tout 
chainnes  d'or.  Avec  ladicte  littiere  estoit  mené  ung 
cheval  en  main  pour  monter  ledit  chevalier,  houssié  de 
drap  d'or  bleu  velours,  chargié  de  grosses  campanes 
d'argent,  et  ung  aultre  housse  de  drap  d'or  velours 
violet,  chargié  de  campanes  d'argent  à  manière  de 
poires  grosses,  sur  lequel  estoit  ung  paige  vestu  comme 
dessus,  et  ung  aultre  cheval  portant  deux  panniers 
couvers  de  velours  noir,  chargié  de  campanes  comme 
dessus,  ung  petit  fol  dessus  habilliez  comme  les 
paiges.  En  tel  estât  le  conduisit  devant  les  dames,  et 
là  lisit  une  lectre  messire  Olivier  de  la  Marche  vestu 
d'une  robe  de  velours  bleu.  Puis  s'alla  ledit  chevalier 
heaulmer,  et  revint  faire  son  debvoir,  auquel  le  ser- 


118  MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE  LA   MARCHE. 

virent  de  lances  messire  Anthoine  et  messire  Josse  de 
Lalaing,  monseigneur  de  Peruwez  de  Haynnaut,  mon- 
seigneur de  Herchoubbez,  et  ledit  messire  Olivier, 
habilliez  de  mantelines  de  velours  bleu,  pourpoins  de 
satin  cramoisy,  harnas  de  chevaulx  de  velours  bleu, 
bordez  de  blanc,  tous  chargiez  de  campanes  d'argent. 
Et  le  servoit  aussi  le  bastart  de  Saveuse,  son  escuier 
d'escuyrie,  habilliez  de  velours  bleu. 

Quant  j'ay  dit  de  monseigneur  Adolf,  à  ce  commen- 
cement je  dois  dire  de  nostre  chevalier  à  l'arbre  d'or 
comment  il  vint  pour  le  recevoir  très  honnorablement, 
vuidant  hors  d'une  porte  dorée  à  ung  arbre  d'or  qui 
estoit  à  l'autre  part  du  champ. 

Monseigneur  le  bastart  se  fîst  amener  ou  champ  en 
ung  riche  pavillon  de  damas  blanc  et  jaune,  à  une 
gouttière  de  drap  d'or  violet,  bordé  par  bas  de 
velours  vert,  et  si  fut  lors  servy  de  monseigneur  de 
Cohem,  monseigneur  de  Montra vel,  messire  Hugues 
de  Lannoy,  seigneur  de  Biaumont,  messire  Phelippe 
de  Cohem  et  messire  Josse  de  Varsennare,  ayant 
chascun  demie  houssure  de  velours  violet  bordez  de 
cresée4  blanche,  chargié  de  grosses  campanes  d'argent, 
et  de  Jehan  de  Maulpas  et  Alardin  Bornel,  ses  escuyers 
d'escuyerie,  ayans  harnas  de  chevaulx  chargiez  aussi 
de  pareilles  campanes  d'argent.  Et  mondit  seigneur 
ayant  sondit  cheval  couvert  d'une  riche  houssure  d'or- 
favrie  à  ung  arbre  d'or,  et  portoit  ung  escu  vert  et 
toute  la  feste  durant. 

En  tel  estât  assemblèrent  ces  deux  nobles  chevaliers 
et  jousterent  très  puissamment  l'un  contre  l'autre  par 

1.  Étoffe  de  laine  croisée. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE.  119 

l'espace  de  demie  heure,  qui  estoit  le  temps  ordinaire 
pour  chascun  et  non  plus;  mais  des  lances  qu'ilz  ne 
aultres  rompoient,  je  ne  fay  nulle  mencion,  affin  que 
mon  escript  n'en  soit  à  nul  desplaisant,  ainchois  pour- 
sieurray  de  jour  en  jour  sur  le  fait  de  leurs  estas  à 
venir.  Et  quant  au  fait  aussy  des  heraulx,  tamburins  et 
trompettes  qui  venoient  acompagnier  les  jousteurs, 
vous  debvez  sçavoir  une  fois  pour  toutes  que  chascun 
qui  venoit  en  estoit  grandement  accompagniés,  les 
aulcuns  pour  ce  qu'à  eulx  meismes  appartenoient,  les 
aultres  pour  les  dons  qu'ils  en  esperoient.  Si  m'en 
remetz  en  la  consideracion  des  lisans. 

Ledit  temps  de  demie  heure  passée,  le  nayn  corna, 
les  seigneurs  dessusditz  coururent  les  planchons  pour 
les  dames  comme  chascun  fist  et  que  les  chapittres 
contenoient.  Et,  ce  fait,  se  départit  la  seignourie  et  s'en 
revint  à  court,  où  le  soir  on  fist  le  riche  et  solennel 
bancquet,  dont  devant  estfaicte  mencion.  Là  se  trouva 
chascun  fort  en  point,  mais  je  seroye  trop  prolixe  à 
declairer  les  riches  robes  et  habillemens  d'orfavrie,  de 
brodure,  de  draps  de  diverses  sortes  et  grosses 
chainnes  que  chascun  portoit  à  ces  haulx  estas  ;  si  ne 
m'y  suis  point  arrestez,  fors  seulement  aux  houssures 
et  parures  desdictes  joustes  et  declaracion  des  bagues. 

Le  lundi  1111e  jour,  monseigneur  le  duc,  les  dames  et 
les  juges  vindrent  sur  les  rens  ;  si  vint  hurter  en  soy 
présentant  à  la  porte  monseigneur  de  Chasteauguyon, 
frère  au  prince  d'Orenge,  moult  gentement  en  point. 
Il  avoit  sept  serviteurs  de  lances  habilliés  de  pour- 
poins  de  damas  violet  et  mantelines  de  satin  vert, 
chascun  trois  tours  de  chaine  d'or  au  col  et  plumes 
blanches.  Son  cheval  estoit  houssié  de  drap  d'or  bleu, 


120  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA   MARCHE. 

et  avoit  aprez  lui  deux  paiges  portans  pourpoins  de 
satin  noir  et  mantelines  de  satin  vert  comme  dessus, 
barettes  de  velours  noir  et  plumes  blanches,  et  autour 
de  leurs  colz  plusieurs  tours  de  chainnes  d'or  ;  l'un  des 
chevaulx  desdits  paiges  houssié  de  drap  d'or  cra- 
moisi; l'autre  de  drap  d'or  violet. 

A  l'encontre  de  mondit  seigneur  de  Chasteauguion 
vint  monseigneur  le  bastart,  tousjours  servi  desdis 
escuiers  d'escuierie  en  especial,  son  cheval  houssié  de 
drap  d'or  cramoisy. 

Ensievant  mondit  seigneur  de  Chasteauguion,  vint 
sur  le  champ  Charles  de  Visaen,  acompaigniés  des  capi- 
taines et  archiers  de  corps  de  mondit  seigneur  le  duc, 
chascun  à  piet,  une  branche  de  may  en  la  main  ;  et 
n'avoit  que  ung  serviteur  vestus  de  palletos  d'orfavrie, 
et  lui  avoit  son  cheval  houssié  d'orfavrie  blanche  et 
dorée  assise  par  bendes. 

Contre  ledit  Charles  de  Visaen  vint  monseigneur  le 
bastart,  harnaschié  d'orfavrie  à  campanes  d'argent. 

Le  jousteur  du  lundi  fut  monseigneur  de  Fiennes, 
lequel  servirent  monseigneur  de  Roussy,  monseigneur 
Jacques  de  Luxambourg,  son  oncle,  messire  Jehan  de 
Luxembourg,  son  frère,  et  monseigneur  le  marquis  de 
Ferare,  habilliez  de  hoctons  de  velours  noir  et  tané, 
et  ung  collier  d'or  de  brodure  devant  et  derrière 
brodé  de  fin  or,  ayans  desoubz  vestus  pourpoins  de 
satin  cramoisy,  et  les  chevaulx  de  messire  Jehan  de 
Luxembourg  et  de  monseigneur  le  marquis  avoient 
harnas  de  velours  noir  brodez  à  xxmi  cloches  d'argent 
pendans  sur  chascun  ;  cellui  de  messire  Jacques  de 
Luxembourg  estoit  de  drap  d'or  de  velours  cramoisy, 
et  celui  de  monseigneur  de  Roussy  de  velours  noir 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  121 

broudé.  Et  avoit  septchevaulx  moult  richement  hous- 
siés,  que  ehevauchoient  quatre  paiges  et  palefrenier 
habilliez  de  palletos  de  velours  noir,  tous  chargiés  d'or- 
favrie  blanche,  et  gros  bastons  de  brodured'or  fin,  et 
ung  large  collier  de  pareille  brodure,  capronceaulx1  en 
teste  de  satin  tané  et  noir  bordez  de  semence  de 
rozettes,  sa  houssure  de  velours  noir  à  grandes  des- 
cendues de  brodure  de  fin  or,  portans  dessus  la  couppe 
jusques  à  la  bordure  qui  estoit  de  bordure  pareille 
grossement  eslevée,  la  seconde  de  velours  bleu  semé 
de  campanes  blanches,  le  111e  d'ermines  bordé  de  drap 
d'or  bleu,  le  mie  semée  de  talloces2  en  brodure  d'ar- 
gent, le  Ve  d'orfavrie  blanche,  le  VIe  de  satin  noir  bordé 
et  entersemé  de  bouillons  d'argent,  le  vu6  de  drap  d'or 
cramoisy. 

A  l'encontre  de  mondit  seigneur  de  Fiennes  vint 
mondit  seigneur  le  bastart,  houssié  de  drap  d'or  vert 
brodé  d'orfavrie  d'argent.  Gy  sont  les  trois  jousteurs 
de  lundi. 

Lesquelz  aians  fait  leur  debvoir,  mondit  seigneur 
et  chascun  s'en  revint  à  court  où  on  fist  ce  jour  ung 
bancquet  de  xxx  plas  de  viande  furnis  de  xm  mes  sans 
les  entremés.  Et  si  estoit  nouveau  dressoir  et  de  nou- 
velle vaisselle,  pendant  lequel  bancquet  il  vint  en  salle 
une  grande  beste,  comme  ung  griffon,  faire  ung  tour 
seulement  pour  resjouir  la  compagnie.  Et  si  jua  on 
audit  bancquet  une  partie  de  l'enfance  de  Hercules, 
comme  il  est  en  la  poetrie  traictant  d'icellui  ;  puis  se 
fist  la  danse  en  fin  dudit  bancquet  jusques  qu'on  ala 
couchier. 

1.  Chaperons  de  petite  forme;  diminutif  de  caperon. 

2.  Boucliers,  écus. 


\%%  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Le  mardi  Ve  jour  de  jullet,  vint  à  la  jouste  mondit 
seigneur,  c'est  assavoir  en  une  maison  sur  le  marchié 
où  lui  et  les  dames  tant  ce  jour  comme  les  autres  regar- 
dèrent Testât  ;  lequel  venu  et  lesditz  juges,  se  vint  pré- 
senter monseigneur  d'Arguel,  filz  au  prince  d'Orenge, 
nepveu  au  duc  de  Bretaigne,  lequel  avoit  ses  servi- 
teurs vestus  de  pourpoins  de  satin  noir  et  hoctons  de 
velours  vert,  ayant  chascun  son  harnas  de  cheval  char- 
gié  de  campanes  d'argent  à  façon  de  poire  ;  entre  les- 
quelz  en  estoit  monseigneur  de  Ravenstain.  Il  estoit 
houssié  de  drap  d'argent  cramoisy  chargié  de  cam- 
panes; son  escu  estoit  cramoisy,  blanc  et  vert;  s'avoit 
ung  gros  plumas  sur  son  heaulme  ;  et  après  lui  estoient 
trois  pages  vestus  de  robes  de  velours  vert  à  deux 
plois  de  velours  blanc,  barettes  de  velours  cramoisy  en 
teste  rebrussées1  de  velours  noir,  l'un  de  leurs  che- 
vaulx  houssié  de  drap  d'or  cramoisy,  l'autre  de  drap 
d'or  bleu,  et  le  tierch  de  drap  d'or  velours  violet. 

Contre  mondit  seigneur  d'Arguel  vint  monseigneur 
le  bastart,  houssié  de  damas  blanc  bordé  de  velours 
cramoisy  à  une  croix  Saint  Andrieu  sur  le  dos  d'orfa- 
vrie  semés  de  larmes  d'argent  dorez  à  une  fiolle  d'ar- 
gent qui  les  espandoit. 

Le  second  de  ce  jour  fut  messire  Anthoine  de  Hale- 
win,  qui  fut  servy  à  la  jouste  du  visconte  de  Furnes, 
de  monseigneur  de  Hallewin,  monseigneur  de  Hames 
et  monseigneur  d'Estrées  vestus  de  pourpoins  de  satin 
cramoisy,  journades  de  velours  noir  et  tané,  à  ung 
y  devant  et  derrière  de  brodure  d'or,  chascun  une 
chainne  d'or  en  son  col,  lui  monté  sur  ung  cheval 

1.  A  bords  relevés. 


MÉMOIRES  D  OLIVIER  DE   LA   MARCHE.  123 

houssié  de  velours  noir  et  broudé  de  feullages  de  fil 
d'or  umbrée  de  grans  Y,  et  sur  chascun  feullage  une 
campane  d'argent  à  fachon  d'ancolies  jusques  au 
nombre  de  l  ;  et  sy  avoit  trois  paiges  vestus  de  pour- 
poins  de  velours  noir,  robes  de  drap  violet  broudées 
d'ourfavrie.  Le  premier  cheval  desditz  paiges  houssié 
de  violet  velours  cramoisy  à  tout  i  bort  d'orfavrie, 
l'autre  i  ygraton1  de  drap  d'or  noir,  l'autre  de  satin 
violet  semé  de  bouillons  d'argent  doré,  bordé  de  fil 
d'or  à  taches  de  cramoisy  frangées  à  F  environ. 

Et  vint  monseigneur  le  bastart  contre  lui,  ayant  une 
houssure  d'orfavrie  assise  à  façon  de  drap  d'argent. 

Ce  jour  fut  le  tierch  jousteur  messire  Jehan  de 
Luxembourg,  lequel  servirent  monseigneur  de  Roussy , 
monseigneur  Jacques,  son  oncle,  monseigneur  de 
Fiennes  et  monseigneur  le  marquis  de  Ferare,  vestus 
de  pourpoins  de  satin  noir  et  de  hoctonsde  satin  bleu, 
à  une  fleur  d'or  devant  et  derrière  ;  ung  fol  devant  eulx 
vestu  d'orfavrie  ;  et  si  avoit  quatre  paiges  et  son  pale- 
frenier vestus  de  paletos  de  velours  noir  chargiez  d'or- 
favrie blanche  et  barettes2  de  sattin  vert  rebrachées 
de  velours  noir  à  grandes  chiffres  d'or  devant  et  der- 
rière ;  ledit  messire  Jehan  ayant  houssure  toute  d'or- 
favrie dorée  très  riche,  son  escu  violet  ;  l'un  desditz 
aultres  chevaulx  houssié  de  velours  cramoisy  bordé  de 
drap  d'argent  bleu ,  le  IIe  de  satin  bleu ,  à  tout  tron- 
chons  d'argent,  et  à  chascun  une  campane  d'argent 
pendans;  le  me  de  martres  sables3;  le  mie  de  drap 
d'or  cramoisy  velours;  le  ve  de  velours  noir  semé  de 

1.  Mot  inconnu.  Ne  faudrait-il  pas  lire  :  y  grégeois? 

2.  Sortes  de  toques  ou  bonnets. 

3.  Martres  zibelines. 


\%k  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

grandes  lettres  d'or.  Ce  sont  ceulx  qui  jousterent  ce 
jour  et  non  aultres. 

Monseigneur  le  bastart  venant  à  l'encontre  dudit 
messire  Jehan  estoit  houssié  de  velours  tané  chargié 
de  brodure  en  barbequesnes1  et  ses  lettres  avec  son 
mot  à  bordure  de  velours  vert. 

Après  ladicte  jouste,  que  les  seygneurs  et  dames 
furent  retournez  à  court,  il  avoit  en  la  grant  salle  ung 
riche  bancquet  préparé  aux  deux  grandes  tables,  et  à 
la  haulte  estoient  assises  en  manière  que  furent  les 
grandes  naves  pour  les  plas  de  viande,  grandes  tentes 
de  soye  à  deux  mas,  banerolles  dessus,  et  pour  les 
pastez  pavillons  parez,  dorez  et  johiez  richement.  Et 
si  fut  le  service  de  xv  mes  de  cuisine,  et  y  avoit 
encoires  nouveau  dressoir  assis  et  nouvelle  vaysselle. 
A  la  dextre  partie  de  la  haulte  table  dessusdicte  et 
droit  devant  icelle  estoit  une  grande,  puissante  et 
haulte  tour  représentant  celle  de  Gorchem2  à  façon  de 
pierre  bleue,  bachicolemens3,  faulces  braies4  et  tout,  sur 
laquelle  tour  en  l'esquarguette  avoit  ung  homme  qui 
fist  plusieurs  remonstrances  servans  au  pourpos  tant 
desdictes  tentes  et  pavillons  comme  desdicte  tour,  et 
aux  fenestres  d'icelle  tour  se  monstroient  première- 
ment, grans  senglers5  sonnans  trompettes  de  guerre 

1.  Barbequennes ,  de  barbacane,  ouvrage  avancé  à  créneaux, 
terme  emprunté  à  l'architecture  militaire. 

2.  Gorcum. 

3.  Expression  du  dialecte  de  Douai,  signifiant  construction,  et 
que  M.  Fr.  Godefroy,  dans  son  Dictionnaire  de  l'ancienne  langue 
française,  dit  n'avoir  rencontrée  qu'au  xvne  siècle.  On  voit  qu'elle 
était  usitée  bien  auparavant. 

4.  Sorte  de  corridors  établis  en  avant  d'une  enceinte  fortifiée, 
et  munis  de  murs  crénelés,  pour  couvrir  le  pied  de  la  forteresse. 

5.  Sangliers. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  125 

bien  et  par  ordre,  puis,  après  iceulx  retrais,  lorsque 
ledit  guet  le  dist,  se  monstrerent  chievres  jouans  comme 
menestrelz  très  mélodieusement,  tierchement,  loups 
jouans  de  fleutes,  et  quartement,  asnes  qui  chantèrent 
une  chanson  très  plaisante  ;  et  en  la  fin  sallirent  hors 
de  ladicte  tour  six  hommes  en  guise  de  singes,  et  dan- 
sèrent et  firent  merveilles. 

Le  mercredi,  le  premier  venant  sur  les  rens  fut 
messire  Jehan  de  Chassa,  seigneur  de  Monnet,  servi 
de  quatre  gentilzhommes  habilliez  de  bien  riches 
robes  à  façon  de  Turcs  ;  et  estoient  devant  lui  quatre 
Moriens1  et  sur  ung  gros  cheval  à  panniers  en  avoit 
deux  et  ung  fol  jouans  de  divers  instrumens,  ledit  che- 
val houssié  de  velours  violet  broudé  de  lettres  d'or,  et 
y  avoit  ung  cheval  houssié  de  velours  cramoisy  broudé 
de  nuées  d'or,  sur  lequel  cheval  seoit  une  pucelle  ves- 
tue  de  drap  de  soye  vert  royée,  à  tout  une  grosse 
chainne  d'or  au  col,  habilliée  à  la  manière  de  Turquie, 
laquelle  dame  menoit  ledit  chevalier,  icellui  vestu 
aussy  comme  Turcq  ;  sur  son  harnas,  son  cheval  hous- 
sié de  velours  noir  semé  du  hault  en  bas  d'orfavrie 
viaulatre  ;  et  avoit  deux  paiges  à  piet  portans  chausses 
et  robes  d'orfavrie  branlant;  et  puis  avoit  quatre 
aultres  aprez  lui  habilliez  comme  Turcqs  de  bien  riches 
robes,  chascun  dart  ou  poing,  et  ceulx  de  devant 
aussi,  quiestoit  riche  et  nouvelle  chose  à  veoir. 

A  l'encontre  dudit  monsieur  de  Monnet  vient  mon- 
seigneur le  bastart,  houssié  de  drap  d'or  velours  cra- 
moisy bordé  d'ermines. 

Le  second  de  ce  jour  fut  monseigneur  Jacques  de 

1.  Maures. 


126  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA   MARCHE. 

Luyxembourg ,  lequel  fut  servi  de  monseigneur  de 
Scalles,  messire  Jehan  d'Oudeville,  son  frère,  monsei- 
gneur de  Roussy,  monseigneur  de  Fiennes,  messire 
Jehan  de  Luxembourg  et  monseigneur  le  marquis  de 
Ferare,  portans  hoctons  de  satin  bleu  ;  ledit  monsei- 
gneur Jacques  avoit  mi  pages  et  le  palafrenier  vestus  de 
pourpoins  de  damas  noir,  mantelines  de  velours  bleu, 
chausses  de  violet  et  bonnez  vers;  mondit  seigneur 
Jacques  houssié  de  drap  d'or  pers  bordé  de  drap  d'or 
violet,  plumas  pers,  chamfrains  de  brodure  ;  l'un  paige 
houssié  de  velours  cramoisy  bordé  d'ermines,  ledit 
houssure  ayant  une  branche  d'estoc  sur  le  crupe  du 
cheval  de  brodure  d'or  s'espandans  aval,  le  feullage 
gros  eslevé  entresemé  de  feulles  de  chesne  d'or, 
l'autre,  de  bleu  et  violet,  à  larges  feulles  d'orfavrie, 
semé  de  bouillons  d'argent  et  bordée  de  velours  noir 
semé  de  grosses  larmes  de  fin  or  en  broudure;  le 
tierch,  houssié  de  velours  noir  chargié  de  chiffres  dudit 
seigneur  et  de  y,  les  chiffres  dorez,  les  y  blans,  et  lar- 
gement campanes  à  demi  dorées  ;  le  quatre,  de  satin 
violet  semé  de  cardons  d'orfavrie,  bordé  de  velours 
noir  broudé  de  larmes  et  de  fringes  d'or  ;  le  v%  de  drap 
de  damas  noir  à  chiffres  et  chardons  de  mondit  sei- 
gneur en  brodure  semé  de  campanes  dorées,  bordé  de 
damas  blanc  semé  des  mêmes  campanes;  le  vie,  que 
menoit  le  palefrenier  en  main,  estoit  houssié  de  drap 
d'or  noir  et  violet  cramoisy.  En  tel  estât  entra  sur  le 
champ. 

A  l'encontre  de  lui   vint  monseigneur  le  bastart 
houssié  de  drap  de  velours  bleu  sur  crupe  et  cringne1, 

1.  Groupe  et  crinière. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA  MARCHE.  127 

ayant  ung  rabot  et  toute  la  houssure  semée  de  rabo- 
tures  d'argent. 

Le  tierch  venant  sur  le  champ  fut  messire  Philippe 
de  Poitiers,  seigneur  de  la  Frète,  servi  de  monsei- 
gneur de  Dormans,  son  frère,  le  visconte  de  Furnes, 
messire  Anthoine  et  messire  Josse  de  Lalaing,  portans 
pourpoins  de  satin  noir,  palletos  de  taffetas  vermeil  et 
chainnes  d'or  en  leurs  eolz  ;  et  estoit  amené  d'une  fil- 
lière  sur  le  champ  par  une  pucelle  à  cheval,  vestue  de 
taftas  blanc,  cheveulx  pendans,  chapiau  de  roses  en 
teste,  ung  coler  d'or  au  col,  son  cheval  couvert  de 
colletés  de  soye  tout  semé  de  violettes  ;  ledit  seigneur 
ayant  escu  blanc,  lui  houssié  de  satin  cramoisy  bro- 
chié  d'or,  semé  de  campanes  de  vaches  d'argent.  Et 
avoit  deux  paiges  habilliez  de  robes  volans,  le  corps 
de  taftas  vermeil  et  noir,  et  petites  chappes  de  satin 
noir;  l'un  des  chevaulx  desditz  paiges  houssié  de 
velours  noir,  et  une  descendue  sur  la  cruppe  de  velours 
cramoisy  violet  ;  le  second  houssié  d'un  drap  d'or  bleu. 

Ci  vint  monseigneur  le  bastart  contre  ledit  Poitiers, 
houssié  de  velours  noir  semé  d'orfavrie  blanche. 

Le  quatriesme  ledit  jour  fut  messire  Glaude  de 
Vauldré,  ayant  dix  serviteurs  habilliez  de  mantelines 
de  damas  devant  vert  et  derrière  violet,  sa  houssure 
de  velours  sanguin  et  vert  semé  de  coquilles  d'or  en 
brodure,  entresemé  de  campanes  d'argent. 

Contre  ledit  Vauldré  jousta  monseigneur  le  bastart, 
houssié  de  drap  d'or  cramoisy  et  bordé  de  cresée 
blanche. 

Celui  jour  se  fist  le  souper  à  court,  et  n'y  eut  point 
de  banquet  jusques  à  lendemain. 

Le  jeudi  jousta  le  premier  monseigneur  le  conte  de 


128  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Saulme,  lequel  servirent  quatre  nobles  hommes  habil- 
liez de  hoctons  de  damas  noir  et  violet  ;  s'estoit  ledit 
conte  houssié  de  drap  d'or  bleu  velours;  ung  paige 
vestu  de  damas  noir  et  violet,  houssié  de  velours  vio- 
let semé  de  grosses  campanes  d'argent  environ  de 
cent. 

Encontre  lui  vint  monseigneur  le  bastart  houssié  de 
satin  cramoisy  et  chargié  à  façon  de  gorgerins  de 
haubergerie  d'argent. 

Le  deuziesmefut  messire  Bauduin,  bastart  de  Bour- 
goigne,  qui  fut  servi  ce  jour  de  monseigneur  de 
Montferrant,  le  bailli  de  Bruges,  Guillelme  de  Ternay 
et  Guiot  de  Fougny,  vestus  de  mantelines  de  velours 
bleu  à  lettres  de  brodure  devant  et  derrière,  pourpoins 
de  satin  cramoisy  les  trois,  ledit  Montferrant  de  drap 
d'or,  et  chascun  harnas  de  cheval  chargié  de  campanes 
d'argent,  capeletz  de  satin  vert  et  plumes  blances,  et 
chascun  une  grosse  chainne  d'or  aux  colz  ;  ledit  mes- 
sire Bauduin  houssié  de  velours  bleu  semé  de  plumes 
en  brodure  qui  sont  sa  livrée,  ayant  une  longue  bane- 
rolle  de  samis 4  vert  sur  le  heaulme  ;  et  après  lui  trois 
paiges  vestus  de  robes  de  velours  bleu  semé  de 
chiffres  d'orfavrie  blanche  et  dorée  ;  le  second,  de  drap 
d'or  cramoisy  bordé  de  satin  figuré  noir,  les  figures 
rouges  ;  le  tiers,  de  velours  violet  semé  de  campanes 
d'argent  et  une  très  grosse  sur  le  dos  du  cheval  ;  le  mf, 
houssié  de  velours  noir  broudé  d'orfavrie  à  sa  devise. 

Monseigneur  le  bastart  jousta  contre  ledit  messire 
Bauduin  portans  harnas  de  cheval  de  damas  blanc 
chargié  de  brodure  et  semé  de  campanes  d'or. 

1.  Sorte  de  satin  tramé  d'or. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  129 

Le  tierch  de  ce  jour,  monseigneur  de  Renty,  servi  à 
ladicte  jouste  de  monseigneur  Adolf  de  Gleves,  mon- 
seigneur Jacques  de  Luxembourg,  monseigneur  de 
Bievres,  monseigneur  de  Fiennes  et  messire  Jehan  de 
Luxembourg,  vestus  de  pourpoins  de  damas  noir,  man- 
telines  de  satin  blanc,  à  tout  chainnes  d'or  aux  colz  ; 
lui  houssié  de  velours  noir,  decopé  tout  en  figure  de 
7  Y  7  monstrant  sur  satin  blanc.  Et  avoit  trois  paiges 
portans  porpoins  de  satin  noir  et  mantelines  de  satin 
blanc,  l'un  houssié  de  drap  d'or  cramoisy,  l'autre  de 
velours  bleu  semé  de  tout  a.  b.  c.  cl.,  etc.,  en  brodure 
d'or,  l'autre  de  drap  d'or  vert. 

Et  contre  mondit  seigneur  de  Renty  jousta  monsei- 
gneur le  bastart,  houssié  de  velours  tané  chargié  en 
manière  de  testes  de  lions  plattes  tenant  chascune  teste 
ung  aneau  ront  en  sa  bouche  d'argent,  bordé  de  tafe- 
tas  vert. 

Le  jour  meismes,  après  que  monseigneur  le  duc  et 
les  dames  eurent  veu  les  joustes,  ilz  vindrent  à  ung 
très  gracieulx  bancquet  qui  estoit  préparé  au  lieu  que 
dessus,  lequel,  touchant  le  service,  fut  très  grant,  car 
on  y  servit  de  xxim  mes.  Et  pour  nouvelleté  y  ot  sur 
les  tables  aultrefois  dictes  olifans,  licorgnes,  drome- 
daires  et  cherfs  {  grans  et  richement  fais,  chascun 
portans  coffres  sur  le  dos  plains  d'espicerie  et  homme 
dessus,  chevauchant  lesdictes  bestes  entresemées  de 
paons  et  chisnes2  moult  riches,  toutes  lesdictes  armoiez 
des  armes  des  seigneurs  de  la  Toison  d'or  et  de  plu- 
sieurs aultres  nobles.  Et  en  tant  con  estois  assis  audit 


1.  Cerfs. 

2.  Cygnes. 

rv 


130  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA  MARCHE. 

bancquet  furent  perjouez  encores  certains  fais  d'Er- 
cules,  si  comme  quand  il  ala  querre  sa  dame  en  enfer, 
etc.  Audit  bancquet  fut  on  jusques  à  deux  heures 
après  mienuit. 

Le  vendredi  y  ot  très  noble  assemblée  sur  les  rens, 
car  monseigneur  de  Scalles,  Anglois,  y  vint  pour 
ladicte  jouste;  mais  à  cause  que  lui  et  monseigneur  le 
bastart  sont  frères  d'armes,  monseigneur  Adolf  de 
Cleves  soustint  le  pas,  dont  il  advint  que,  mondit  sei- 
gneur le  bastart  estant  en  robe  sur  les  rens  regar- 
dant sondit  frère  d'armes,  ung  cop  de  piet  de  cheval 
lui  mist  très  villanement  le  genoul  hors  du  lieu,  et 
ne  pot  faire  plus  avant,  mais  fournirent  ceulx  qui 
seront  ditz. 

Monseigneur  de  Scalles  vint  donc  sur  les  rens  très 
honnorablement,  car  premièrement  il  avoit  service 
de  tous  les  Anglois,  et  les  nostres,  de  grant  couraige, 
lui  faisoient  compagnie  ;  ses  serviteurs  estoient  douze 
pour  le  lance,  monseigneur  Jacques  de  Luxembourg 
y  est  et  monseigneur  de  Fiennes,  monseigneur  le 
marquis,  les  aultres  Anglois,  et  messire  Jehan  de 
Luxembourg,  portans  palletos  vers  à  une  ancolie  de 
brodure,  aulcuns  de  damas,  aultres  de  satin  figuré  ;  et 
leurs  chevaulx  avoient  harnas  de  velours  tané  à  tout 
xii  fleurs  d'ancolies  d'argent  sur  chascun  cheval,  et 
chascun  une  chainne  d'or  au  col.  Et  avoit  six  paiges 
vestus  de  pourpoins  de  satin  noir,  mantelines  de  satin 
figuré  vert,  semées  d'ancolies  d'argent,  barettes  de 
velours  noir  rebracées  de  drap  d'or  cramoisy  à  plumes 
jaunes  et  houseaux  blancs.  Ledit  seigneur  avoit  son 
escu  de  drap  d'or  cramoisy  et  bleu,  houssié  de  drap 
d'or  velours  cramoisy  et  bleu;  lesditz  paiges,  l'un 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LÀ  MARCHE.  131 

houssié  de  velours  tané,  semé  de  grosses  campanes 
et  grosses  ancolies  d'argent  ;  l'autre  de  drap  d'or  cra- 
moisy  velours,  bordé  de  velours  noir  semé  d'orfavrie 
blanche;  le  tierch  de  drap  d'argent  violet  bordé  de 
drap  d'or  bleu  à  grandes  estendues  de  velours  cra- 
moisy  semé  de  campanes  ;  l'autre  de  velours  cramoisy 
semé  de  ses  chiffres  en  brodure  d'or,  à  grans  esten- 
dues de  drap  d'argent  et  velours  noir,  semées  de 
houpes  d'or;  l'autre  de  velours  gris  semé  de  grans 
pièces  de  drap  d'or  noir  et  de  campanes  d'argent; 
l'autre  de  velours  bleu  semé  de  larmes  d'argent, 
bandé  partout  d'ermines,  bordé  de  damas  gris  semé 
de  ses  chiffres  en  brodure  d'or. 

Item,  contre  lui  joustant  fut  monseigneur  de  Ravens- 
tain,  houssié  de  velours  cramoisy  chargié  d'orfavrie 
d'or  et  d'argent  à  feullages. 

Le  second  de  ce  jour  fut  monseigneur  de  Roussy, 
lequel  se  fist  amener  sur  le  champ  en  ung  très  grant 
chastiau  à  quatre  tours  et  une  grosse  au  milieu.  Et 
estoit  le  chasteau  quarré  de  machonnerie  de  pierre 
noire,  bien  fait  et  bien  garny  de  tout  ce  qu'à  veue  de 
chastiau  appartient.  Là  dedens  vint  jusques  sur  le 
champ  devant  les  dames  où  il  sailloit  dehors  armé  et 
monté.  Si  estoit  à  son  devant  le  nayn  d'Engleterre, 
vestu  d'une  robe  de  velours  noir  à  ung  ploy1  blanc, 
et  quatre  chevaliers  qui  le  servirent,  c'est  assavoir 
monseigneur  de  Fiennes,  messire  Jehan  de  Luxem- 
bourg, monseigneur  le  marquis  de  Ferare  et  messire 
Anthoine  de  Halewin,  vestus  de  pourpoins  de  satin 
cramoisy  et  hoctons  de  satin  noir  à  ung  ploy  blanc. 

1.  Pli  ou  bande. 


132  MÉMOIRES  D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE. 

Et  avoit  ledit  seigneur  sept  chevaulx   couvers  ;  le 
sien  estoit  houssié  de  damas  blanc  traillié  de  fil  d'or, 
semé  de  a.  e.  partout  en  brodure,  et  avoit  sur  son 
heaulme  ung  long  volet;  puis  avoit  quatre  paiges  et 
son  palefrenier  et  ung  varlet  à  piet  menant  ung  des- 
trier, ledit  varlet  vestu  de  velours  noir  à  ung  ploy 
blanc.   Le  premier  desditz  chevaulx  desditz  paiges 
houssié  de  velours  noir,  bordé  de  velours  cramoisy, 
chargié  de  campanes  d'argent;  le  second  chargié  à 
force  d'orfavrie  blance  ;  le  tierch  de  satin  cramoisy  à 
une  grosse  branche  ou  estoc  de  brodure  d'or  haute- 
ment eslevée  jettant  ses  feullages  tout  avant  la  hous- 
sure  ;  l'autre  estoit  aussi  de  brodure  d'or  entièrement 
toute  faicte  de  gaufrure  quarelée  comme  machonnerie, 
entresemée  de  larmes  d'argent  et  de  fenestres  à  deux 
testes  de  dames  et  une  d'homme,  et  semée  de  a.  e. 
tousjours,  bordée  ladicte  houssure  d'une  galerie  de 
brodure  faicte  à  gros  piliers,  en  chascun  parquet  ung 
grant  pot  de  violiers  ou  lectres  et  tout  de  brodure 
d'or,  d'argent  et  de  soye,  semée  aussi  de  larmes; 
l'autre  encores  estoit  de  brodure  d'or  hault  eslevée  de 
grandes    feulles   entresemées   de    lettres    et    larmes 
d'argent  de  brodure  ayant  sur  la  coingne4  une  grosse 
fleur  d'or  faicte  à  l'aguille,  bordée  de  satin  cramoisy, 
entresemée  que  dessus,  fringié  de  noir.  Le  destrier  en 
main  houssié  de  drap  d'or  cramoisy.  Et  povez  sçavoir 
que   lesditz    paiges    et   palefrenier    avoient    vestues 
mantelines  de  pareille  estoffe  chascun  à  sa  houssure, 
pourpoint  de  satin  noir  et  barettes  de  velours  noir 
decoppées  dessus  de  drap  noir  et  blanc. 

1.  L'angle. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LÀ  MARCHE.  133 

A  l'encontre  de  mondit  seigneur  de  Roussy  jousta 
pour  monseigneur  le  bastart  Charles  de  Visaen,  hous- 
sié  de  damas  blanc  semé  d'arbres  d'or,  atout  un 
bort  de  velours  violet  à  arbres  d'or. 

Le  tierch  pour  le  jour  fut  Jehan  de  Rochefay,  dit 
Rosquin,  premier  escuier  d'escuierie  à  monseigneur 
le  duc,  servy  de  monseigneur  d'Aussy,  messire  Phi- 
lippe de  Crevecuer,  Drieu  de  Humieres  et  Simon, 
frère  audit  Rosquin,  vestus  de  pourpoins  de  velours 
cramoisy,  hoctons  de  velours  vert  semé  d'orfavrie 
blance  atout  deux  lettres;  l'escu  dudit  Rosquin  et  sa 
houssure  de  velours  vert  bordé  de  velours  tané  char- 
gié  d'orfavrie,  et  par  dessus  lettres  d'orfavrie,  l'une 
dorée  et  l'autre  blanche,  et  n'avoit  nulz  paiges. 

Ledit  Charles  de  Visaen  jousta  encoires  contre  ledit 
Rosquin,  houssié  d'ermines  à  bordure  de  martres 
sables.  Ainsi  la  jouste  fina  pour  le  jour.  S'en  revint  on 
souper  à  court,  et  n'y  eult  ce  venredi  ne  le  semmedi 
point  de  bancquet. 

Le  semmedi  revint  monseigneur  le  duc  sur  les  rens, 
les  dames  et  lesdis  juges;  puis  vindrent  ou  champ 
deux  chevaliers  ensamble,  dont  l'un  estoit  nommé 
messire  Jehan  de  Ligne,  seigneur  de  Rely,  et  l'autre 
messire  Jacques  de  Harchies.  Ces  deux  sont  compa- 
gnons; si  se  habillèrent  pareilz,  est  assavoir  qu'ilz 
avoient  six  serviteurs  pour  la  jouste,  vestus  de  hoc- 
tons, le  dessus  de  velours  violet  et  le  dessoubz  de 
velours  noir  à  une  chiffre  d'or  devant  et  derrière,  à 
une  chainne  d'or  es  colz  chascun  ;  leurs  houssures  de 
velours  violet  bordé  de  velours  noir  chargié  de  cam- 
panes  d'argent,  les  escus  noirs  et  la  chiffre  d'or 
devant  dicte. 


134  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Phelipe  de  Poictiers  jousta  pour  monseigneur  le 
bastart  contre  messire  Jehan  de  Ligne,  ayant  harnas 
de  cheval  d'orfavrie  d'argent. 

Et  contre  messire  Jacques  de  Harchies  ledit  Poitiers, 
houssié  de  satin  de  coulleur  de  fleurs  de  peschier,  à 
grosses  feulles  d'argent  comme  plumes  en  brodure, 
pendans  au  col  du  cheval,  colier  de  campanes  dorées. 

Après  ces  deux  vint  ou  champ  messire  Phelippe  de 
Crievecuer,  ayans  douze  compaignons  à  piet  devant 
lui,  vestus  de  paletos  de  tafetas  blanc  et  vert,  et  pour 
serviteurs  monseigneur  d'Aussy,  monseigneur  de  la 
Roche,  Guillelme  Bournel  et  Rosquin,  portans  pour- 
poins  de  damas  tané  et  hoctons  de  drap  d'or  cra- 
moisy,  ayans  trois  paiges  vestus  de  pourpoins  de  satin 
cramoisy,  mantelines  de  damas  blanc  semées  de  larmes 
d'orfavrie  dorée  à  ung  collier  d'orfavrie  dorée  en  façon 
de  gorgerin,  barettes  de  velours  vert  et  plumes  vertes 
et  blanches,  l'un  houssié  de  drap  d'or  vert,  l'autre  de 
drap  d'or  noir,  le  tierch  de  drap  d'or  bleu,  et  lui  de 
drap  d'or  cramoisy,  son  escu  de  drap  d'or  vert. 

Item,  jousta  contre  lui  ledit  Poitiers,  houssié  de 
velours  bleu  chargié  de  campanes  dorées  et  blanches. 

Le  quart  jousteur  de  ce  samedi  fut  messire  Jehan  de 
Doudeville,  frère  à  monseigneur  de  Scalles,  lequel  fut 
amené  à  toute  solemnité  tant  des  nostres  comme  des 
Anglois.  Et  le  servoient  monseigneur  de  Scalles,  mon- 
seigneur Jacques  de  Luxembourg,  monseigneur  de 
Roussy  et  sept  Anglois  vestus  de  satin  figuré,  par  moi- 
tié ressamblant  drap  d'or  et  l'autre  moitié  de  drap 
d'argent.  Si  estoit  ledit  seigneur  houssié  de  drap  d'or 
velours  blanc  bordé  de  drap  d'or  cramoisy.  Après  lui 
quatre  paiges  habilliez  de  pourpoins  de  satin  noir, 


MÉMOIRES  D  OLIVIER  DE  LA  MARCHE.  1  35 

mantelines  telles  que  lesditz  serviteurs;  le  premier 
houssié  de  drap  d'or  velours  moitié  cramoisy,  moitié 
bleu;  le  IIe  de  drap  d'or  noir  velours;  le  tierch  de 
drap  d'or  cramoisy  velours.  Item,  lui  menoit  on  en 
main  ung  destrier  couvert  de  très  riche  drap  d'or,  la 
selle  garnie  de  drap  d'or  bleu  à  chamfrain  de  brodure 
d'or  fin  ;  celui  qui  le  menoit  vestu  d'une  longue  robe  de 
velours  noir,  son  cheval  houssié  de  velours  violet  semé 
de  campanes  dorées  et  blanches. 

En  tel  estât  fut  ledit  messire  Jehan  receu  à  la  jouste 
dudit  Philippe  de  Poitiers,  houssié  de  martres  sables 
bordé  d'ermines. 

Le  cinquiesme  ce  jour  fut  monseigneur  de  Ternant 
servy  de  monseigneur  d'Arguel,  messire  Mile  de  Bour- 
bon, messire  Jehan  de  Bourbon,  chevalier  de  Rodes, 
et  Phelippe  Copin,  portans  palletos  de  satin  violet; 
ledit  seigneur  houssié  de  drap  d'or  cramoisy,  char- 
gié  de  campanes  d'argent,  et  dessoubz  la  houssure  ung 
harnas  de  cheval  pareil,  qui  demeura  ou  jousteur  quant 
on  osta  la  houssure. 

Contre  mondit  seigneur  de  Ternant  jousta  Poitiers, 
ayant  ung  harnas  de  cheval  d'orfavrie  d'argent  à  rennes 
pendans.  Ainsi  fina  la  journée,  car  il  estoit  bien  tart 
quand  les  seigneurs  et  dames  revindrent  à  court  et  bien 
largement  heure  de  souper. 

Le  dimence  après  disner,  à  heure  acoustumée,  les 
seigneurs  et  dames  venus,  vint  soy  présenter  à  la 
jouste  Pierre  de  Bourbon,  seigneur  de  Carency,  lequel 
servoit  Phelippe  de  Bourbon,  son  frère,  messire 
Anthoine  et  messire  Josse  de  Lalaing,  et  Mile  de  Bour- 
bon, vestus  de  palletos  de  satin  cramoisy  bajoés1  de 

1.  Chargés. 


136  MÉMOIRES   D'OLIYIER   DE   LA   MARCHE. 

bestes  devant  et  derrière  en  brodure  d'or,  bonnetz 
blancs  en  teste,  son  escu  de  velours  cramoisy  à  une 
bajoe1  et  ung  0  d'or2  ;  et  estoit  houssié  de  velours  cra- 
moisy bordé  de  drap  d'or  noir.  Si  avoit  trois  paiges 
habilliez  de  pourpoins  de  satin  noir,  mantelines  de 
satin  figuré  bleu  et  bonnetz  blans,  houssiés  l'un  de 
drap  d'or  velours  noir,  l'autre  de  velours  bleu  char- 
gié  de  trois  grosses  campanes  d'argent,  aussi  grosses 
comme  testes  d'enfans,  et  grandes  bajoes  d'argent,  le 
tierch  houssié  de  drap  d'or  bleu  velours. 

En  ce  point  le  receupt  Phelippe  de  Poitiers,  houssié 
de  drap  d'or  bleu  velours  à  ung  saultoir,  et  bordé  de 
velours  violet. 

Le  second  de  ce  jour  fut  monseigneur  de  Contay,  ses 
serviteurs  habilliez  de  velours  noir  en  hoctons,  lui  hous- 
sié de  drap  d'or  noir,  et  I  paige  houssié  de  drap  d'or 
cramoisy  velours,  ledit  paige  vestu  de  velours  noir.  Et 
de  la  première  course  que  ledit  monseigneur  de  Con- 
tay courut  contre  Phelippe  de  Poitiers,  il  le  desarma 
et  fut  blechié  ou  corps,  tant  qu'il  le  convint  cesser. 
Ainsi  demeura  là  mondit  seigneur  de  Contay  jusques 
que  tost  après  entra  monseigneur  le  marquis  de  Ferare. 

Ledit  Phelippe  de  Poitiers,  ou  nom  que  dessus,  avoit 
une  houssure  de  drap  d'or  velours  vert,  atout  ung 
bort  de  damas  blanc  et  une  croix  de  Sainct  Andrieu 
sur  le  clos  du  cheval,  de  damas  blanc. 

Monseigneur  le  marquis  à  sa  venue  estoit  gentement 
en  point.  Il  fut  servy  de  monseigneur  de  Roussy,  mon- 
seigneur Jacques  de   Luxembourg,   monseigneur  de 

1.  Hotte,  panier,  manne  d'osier,  qui  forme  la  charge  d'un 
homme. 

2.  Un  os  de  cheval,  d'après  les  Mémoires,  t.  III,  p.  181. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  137 

Fiennes  et  messire  Jehan  de  Luxembourg,  vestus  de 
palletos  de  satin  bleu,  a.  e.  m.  en  brodure  d'or, 
capronceaux  rebracés  de  velours  noir,  decoppez  de 
drap  violet,  ayant  xii  chevaulx  parmi  le  sien  qu'il 
chevauchoit,  les  six  houssiés  et  lesaultres  harnaschiés; 
ceulx  qui  les  chevauchoient  vestus  de  robes  toutes 
chargées  d'orfavrie  blanche,  à  manches  de  velours 
noir,  capronceaux  telz  que  dessus  et  pourpoins  de 
velours.  Les  six  harnas  de  chevaulx  tous  de  brodure 
et  les  houssures,  la  sienne  de  satin  bleu  semée  de  ser- 
viettes d'or  et  de  brodure  de  miroirs  et  fleurs  pareilles, 
entrefournie  d'orfavrie  blanche,  brodée  de  grans 
chiffres  d'or  et  bordure  pareille  très  large  et  haulte; 
l'un  de  ses  paiges  houssié  de  velours  violet  chargié  de 
roses  dorées  boutans  hors  gros  aneaux  d'argent  à  trois 
neulx  dorez,  l'autre  de  velours  noir  semé  de  grosses 
pommes  d'argent,  à  quoy  on  gette  feu  es  bateaux  en 
la  mer,  de  nuées  et  campanes  tout  d'argent;  le  tierch 
de  satin  figuré  gris  chargié  de  reschauffoirs  d'argent  à 
demie  dorure  gectans  flambe  en  hault,  semée  en  la  bor- 
dure de  chardons  d'or  ;  la  quarte  de  damas  jaune  semée 
de  lunes  gectans  rays  et  larmes  d'argent  ;  le  Ve  de 
velours  vert  semée  de  chardons  dorez,  de  campanes 
et  de  feulles  de  chardons  d'argent. 

En  tel  estât  jousta  mondit  seigneur  le  marquis  contre 
monseigneur  de  Contay,  lequel  ne  chambga  point  sa 
houssure. 

Après  la  retraite  de  monseigneur  le  marquis  fist  on 
armer  monseigneur  Glaude  de  Vauldré  pour  jouster 
pour  l'arbre  d'or  contre  monseigneur  de  Contay,  et 
vint  ledit  messire  Glaude  sur  le  champ,  houssié  de 
drap  d'or  vert  semé  de  campanes  d'argent. 


138  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Ledit  jour  de  dimence,  aprez  la  jouste  finée,  se  fist 
ung  bancquet  à  la  court,  où  les  seigneurs  et  les  dames 
furent  servis  très  plentineusement  seulement  en  vais- 
selle sans  personnages,  et  y  fut  servy  tant  de  euisine 
comme  de  fruiterie  et  espicerie  de  xxim  mes,  et  pen- 
dant ledit  bancquet  se  parjoua  l'istoire  d'Ercules,  qui 
estoit  commencée  auparavant. 

Le  lundi  XIe  jour,  nul  ne  jousta  que  monseigneur  le 
duc,  lequel,  comme  avoient  fait  les  aultres  chevaliers, 
vint  ou  champ  à  très  grant  estât  ;  car,  avec  l'officier 
d'armes  qu'il  avoit  devant  lui  et  de  toutes  sortes  de 
menestrelz,  trompettes  et  clarons,  xn  chevaliers  le 
servirent,  c'est  assavoir  monseigneur  de  Scalles,  mon- 
seigneur d'Arguel,  monseigneur  de  Ghasteau  Guiaut, 
messire  Jacques  de  Luxembourg,  monseigneur  de 
Fiennes,  monseigneur  de  Roussy,  messire  Jehan  de 
Luxembourg,  monseigneur  le  marquis  de  Ferare,  mes- 
sire Bauduin  le  bastart,  messire  Phelippe  Pot,  mon- 
seigneur de  Ternant,  monseigneur  de  Rochefay,  dit 
Rosquin,  lesquelz  estoient  vestus  de  pourpoins  de  satin 
cramoisy  et  de  hoctons  tous  chargés  d'orfavrie  d'or  sur 
champ  violet  ;  et  dix  paiges  habilliez  de  mantelines 
pareilles,  à  barettes  de  velours  bleu  et  plumes  blanches  ; 
lequel  mondit  seigneur  estoit  houssié  d'une  houssure 
de  menue  orfavrie  d'or  en  brodure,  bordée  de  deniers 
d'or  assis  en  branlant  ;  une  aultre  de  velours  cramoisy 
à  grans  fusilz  d'or  en  brodure  et  le  feu  partout  semé  ; 
ung  de  velours  bleu  fait  d'orfavrie  d'or  en  façon  de 
drap  d'or;  ung  aultre  de  drap  d'or  noir;  l'autre  de 
drap  d'or  cramoisy,  l'autre  en  brodure  de  petis 
fusiz;  le  destrier  en  main,  de  velours  cramoisy,  plain 
de  deniers  d'or  branlans;  les  aultres  chevaulx  tous 


MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE  LA   MARCHE.  139 

houssiés  d'orfavrie  en  pluiseurs  façons  ;  ledit  palefre- 
nier habiîlié  comme  les  paiges,  et  chascun  cheval  cham- 
frain  de  brodure  de  soye,  et  la  houssure  et  plumas  de 
la  couleur. 

Ainsi  mondit  seigneur  venu  sur  le  champ,  vint  contre 
lui  monseigneur  Adolf  de  Cleves,  seigneur  de  Ravens- 
tain,  faisant  porter  sur  lui  ung  riche  pavillon  paie  de 
damas  blanc  et  violet,  duquel  il  vuida  près  de  la 
toille,  prestpour  courre.  Si  avoit  sept  paiges  et  aultres 
tant  chevaliers  comme  escuiers  jusques  à  xx  chevaulx, 
portans  les  meismes  houssures  ensamble  qui  l'une 
aprez  l'autre  avoient  servy  à  la  jouste  précédente.  En 
tel  estât,  saillant  dudit  pavillon,  jousta  contre  mondit 
seigneur  le  duc. 

Si  debvez  sçavoirque,  ce  dit  jour,  dès  deux  heures 
après  midi,  se  fist  apporter  monseigneur  le  bastart  qui 
avoit  le  genoul  hors  du  lieu,  en  une  riche  littiere  painte 
comme  drap  d'argent  et  couverte  de  drap  d'or,  sur  le 
champ,  lui  vestu  d'une  riche  robe  d'orfavrie  d'or. 

Quant  mondit  seigneur  le  duc  et  monseigneur  de 
Ravenstain  eurent  jousté  leur  temps,  le  nayn  corna  ; 
si  jousterent  pour  les  dames,  puis  se  retrairent. 

Et,  incontinent  ce  fait,  vint  hors  de  la  porte  de 
l'arbre  d'or  ung  destrier  bay  chargié  de  deux  panniers 
de  cuir  plains  du  harnas  et  l'escu  dessus,  sur  quoy  et 
en  quoy  jousta  monseigneur  le  bastart  contre  monsei- 
gneur d'Arguel,  ledit  destrier  houssié  de  velours  noir 
chargié  d'orfavrie;  lesditz  panniers  couvers  d'un 
velours  violet;  lequel  destrier,  couverte,  harnas  et  escu 
les  officiers  d'armes,  le  nayn  et  le  jayant,  après  grand 
deliberacion  et  pluiseurs  manières  observées,  présen- 
tèrent sur  le  champ  devant  les  dames  à  mondit  sei- 


140  MÉMOIRES  D'OLIVIER   DE  LA  MARCHE. 

gneur  d'Arguel  pour  le  plus  avoir  rompu  de  lanches 
à  ladicte  jouste. 

Ladicte  jouste  faicte,  mondit  seigneur  s'en  ala  desar- 
mer entrement  que  on  deffist  la  toille  et  despeça  tout 
le  champ.  Si  s'en  ala  chascun  armer  pour  le  tournoy, 
meismes  mondit  seigneur  le  duc,  et  habillier  chascun 
des  xxim  devant  nommez  en  la  jouste  de  l'arbre  d'or 
de  demies  houssures  de  violet,  aulcuns  de  velours, 
aultres  de  damas  ou  satin,  tous  semez  d'arbres  d'or, 
car  les  chapictres  estoient  telz  qu'aprez  ayant  jouste  ilz 
dévoient  compagnier  le  chevalier  entrepreneur  audit 
tournoy.  Ainsy  environ  l'eure  de  six  heures  et  demie 
[vindrent]  xxmi  nobles  hommes  de  dehors,  desquelz 
estoit  capitainne  messire  Charles  de  Ghalon,  conte  de 
Joingny,  lesquelz  se  rengierent  sur  le  champ,  comme 
pour  bataille,  et  leur  furent  présentées  chascun  lance 
ressamblant  à  fers  esmolus.  Et  avoient  chascun  espée 
rabatue  sans  pointe,  lesquelles  ilz  présentèrent  aux 
juges  pour  eschiever l  violence,  et  puis  les  reprindrent. 
Et  tantost  aprez  vindrent  les  xxmi  de  l'arbre  d'or  vuy- 
dans  hors  de  la  porte  dont  vuydoit  tousjours  le  cham- 
pion et  se  rengierent  pareillement  que  les  aultres, 
envoierent  leurs  espées  et  prindrent  leurs  lances.  Ainsi 
regardoient  l'un  l'autre,  et  monseigneur  le  bastart  les 
regardoit  en  sa  dicte  littiere. 

Et  en  tant  qu'il  touche  de  la  venue  de  mondit  seigneur 
le  duc  sur  les  rens  pour  ce  tournoy,  il  estoit  de  sa  per- 
sonne habillié  comme  les  aultres,  mais  aprez  lui  il  avoit 
x  paiges  et  ung  destrier  qu'on  menoit  en  main  ;  les- 
quelz paiges,  varlet  de  piet  et  palefreniers  estoient  ves- 

1.  Éviter. 


MÉMOIRES  D'OLIVIER  DE  LA  MARCHE.  141 

tus  de  robes  de  velours  cramoisy,  le  desoubz  brodé  de 
fin  or  ;  et  lesditz  paiges  à  cheval ,  chascun  collier  de 
grosses  roses  de  fin  or  au  martel  pendant  au  derrière 
jusques  sur  le  cheval,  à  deux  fillandres1  de  feulles  de 
chesne  d'or  ;  leurs  chevaulx  et  ledit  destrier  en  main 
houssiés  de  velours  cramoisy,  semé  chascun  de  cent 
campanes  de  fin  or  pesans  chascune  ung  marc,  menans 
ung  merveilleux  bruit. 

Lesdis  xlviii  nobles  hommes  assamblez  ainsi  l'un 
devant  l'autre,  la  trompette  de  guerre  sonna;  lors  se 
ferirent  en  l'un  l'autre  des  lances  très  victorieusement, 
puis  ferirent  des  espées  l'un  sur  l'autre  chascun  à  son 
povoir,  une  bonne  espace  de  tous  costez  du  champ  tant 
que  le  nayn  corna,  et  les  dames  faisoient  signe  d'un 
volet.  Après  quoy  à  grant  paine  on  les  fist  abstenir  et 
retraire  chascun  à  son  renc  ;  lors  osta  monseigneur  le 
duc  son  habillement  de  teste  et  vint  d'un  renc  à  l'autre  ; 
si  en  fist  pluiseurs  par  couples  venir  l'un  contre  l'autre 
corps  à  corps,  qui  se  batoient  desdictes  espées  vilaine- 
ment tant  que  le  plaisir  de  mondit  seigneur  fut  de  faire 
retraicte.  Lors  deux  à  deux  rentrèrent  en  la  porte  de 
l'arbre  d'or,  et  passèrent  devant  les  dames  en  ce  point 
et  ramenèrent  mondit  seigneur  à  court  et  mondit  sei- 
gneur le  bastart  en  littiere  ;  puis  s'alla  chascun  desar- 
mer pour  venir  au  bancquet  et  aux  danses. 

Et  en  tant  qu'il  touche  desdictes  joustes  et  tournoy, 
la  chose  en  la  manière  que  dit  est  fut  honnorablement 
conduitte  en  toute  doulceur  et  en  plus  grant  richesse 
qu'il  ne  m'est  possible  d'escripre  que  il  ne  fusse  trop 
long.  Car  il  ne  futoncques  jour  que  sur  les  rens,  aux- 

1.  Espèces  de  filets. 


142  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE. 

dictes  joustes  et  aux  bancquetz  pluiseurs  ne  fussent 
habilliez  de  riches  vestemens  d'orfavrie,  de  brodure, 
de  pierrie,  de  riches  draps,  de  houssures,  de  harnas 
de  chevaulx  ung jour  l'un,  aultre  jour  l'aultre,  et  pareil- 
lement aux  bancquets  et  aux  danses,  meismes  mondit 
seigneur  le  duc  et  monseigneur  le  bastart  et  leurs 
paiges  chascun  jour  nouveau,  et  en  ensievant  les 
aultres  princes  et  seigneurs.  Pensez  que  chascun  se 
monstroit  dont  je  m'en  passe  de  la  déclaration,  excepté 
du  fait  des  armes  et  ce  que  y  servoit. 

Le  jour  dessusdit,  après  le  tournoy,  on  avoit  préparé 
à  court  ung  bancquet  qui  fut  bien  gracieux.  Première- 
ment on  avoit  dressié  ung  riche  dressoir  garny  de 
riche  vaisselle,  et,  sur  les  trois  tables  de  la  grant  salle 
dont  aultre  fois  j'ay  fait  mencion,  y  avoit  assis 
xxx  arbres  de  chire l  portans  de  toutes  manières  de 
fruits  ;  autour  de  la  racine  desditz  arbres  la  viande 
mise  dont  il  y  avoit  xx  mes  de  cuisine,  et  pour  les 
entremets  y  avoit  personnaiges  d'hommes  et  de 
femmes  entresemez  qui  portoient  J'un  en  une  hotte, 
l'autre  en  ung  chapiau,  l'autre  en  son  geron,  fruiteries 
et  espiceries,  lesditz  personnaiges  pains  de  fin  or,  de 
fin  argent  et  azur  très  richement.  Et  devant  monsei- 
gneur, à  sa  table,  y  avoit  une  tour  sur  quoy  estoit  ung 
homme  tenant  ung  dart,  et  de  ladicte  tour  comme 
d'une  fontaine  partoit  eaue  rose  très  habondamment. 
Et  dedens  l'un  des  chandelers  pendans  à  miroir  dont 
j'ay  parlé  au  premier  bancquet  y  avoit  ung  dragon  en 
la  roche  qui  gettoit  feu,  et  de  ladicte  roche  respandoit 
eaue  et  feulles  de  roses  sur  les  gens.  Item,  devant 

1.  Cire. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA  MARCHE.  143 

ladicte  table  vint  une  très  grande  balaine  gardée  de 
deux  jayans,  laquelle  avoit  dedens  son  ventre  deux 
seraines1  et  xn  ou  xm  hommes  habilliez  estrangement, 
lesquelz  hommes  et  seraines  vuiderent  hors  de  ladicte 
balaine  pour  danser,  chanter  et  esbatre  ;  et  desdiz 
hommes  avoit  qui  se  combattoient  et  les  aultres  dan- 
soient. 

En  la  fin  dudit  bancquet  se  commença  la  danse,  à 
laquelle  fut  donné  par  les  dames  à  messire  Jehan 
d'Oudeville,  frère  à  monseigneur  de  Scalle,  le  pris 
du  tournoy.  Et  après  firent  quatre  chevaliers  adven- 
tureux  crier  une  jouste  à  lendemain,  puis  s'en  ala  on 
couchier  environ  à  trois  heures. 

Le  lendemain,  aprez  messe  dicte,  monseigneur  le  duc 
fist  en  la  grant  salle  un  très  riche  disner,  auquel  seoit 
avec  lui  le  légat  de  nostre  saint  père,  et  les  prélats, 
princes  et  seigneurs  aux  aultres  tables.  Après  lequel 
disner,  qui  fut  plentineusement  servy  et  longuement 
dura,  mondit  seigneur  le  duc  donna  aux  officiers 
d'armes,  trompettes  et  menestrelz  vic  frans  en  mon- 
noye,  et  lors  commencèrent  ilz  à  crier  larghesse, 
larghesse  à  puissance.  Et  si  donna  mondit  seigneur  à 
Cestre,  le  herault  anglois,  une  longue  robe  d'un  riche 
drap  d'or  vert  fourré  d'ermines. 

En  l'après  disner  on  ala  à  la  jouste,  laquelle  tindrent 
monseigneur  d'Arguel,  monseigneur  Jacques  de 
Luxembourg,  monseigneur  de  Renti  et  monseigneur  de 
Lens  ;  mais  il  n'y  vint  guaires  de  jousteurs  que  monsei- 
gneur de  Roussy  et  le  forestier  de  Bruges,  nommé  mon- 
seigneur d'Unterche,    et  deux  aultres.   Ainsi  je  me 

1.  Sirènes. 


144  MÉMOIRES  D'OLIVIER  DE   LA  MARCHE. 

retrays  et  cessay  d'escripre,  car  à  lendemain,  si  comme 
on  disoit,  se  debvoit  la  feste  rompre  et  monseigneur 
partir  de  Bruges. 


GY  FINE  LE  TRAICTIE  DES  NOPCES  DE  MONSEIGNEUR 
LE  DUC  DE  ROURGOINGNE  ET  DE  RRARANT. 


LETTRE  D'OLIVIER  DE  LA  MARCHE 
AU  COMTE  DE  NEVERS1. 


A  haut  et  puissant  prince  et  mon  très  redoubté  seigneur 
monseigneur  le  Comte  de  Nevers  et  de  Retel. 

Haut  et  puissant  prince  et  mon  très  redoubté  sei- 
gneur, le  plus  humblement  que  je  puis  je  me  reeog- 
mande  à  vostre  noble  grâce  ;  et  vous  plaize  savoir,  mon 
très  redoubté  seigneur,  que  les  materez  dont  nous 
parlamez  vous  et  moi  sont  à  ce  menéez  par  desà  que 
s'a  nous  ne  tient  la  matere  prendra  bonne  ysue.  Vous 
estez  fort  amé  et  désiré  par  desà,  comme  vous  dira 
monsieur  de  Vilarnoul,  porteur  de  cestez,  qui  à  son 
pouvoir  se  montre  vostre  cerviteur,  et  me  samble, 
monseigneur,  et  à  seux  qui  bien  vous  veullent,  que 
vous  ne  devez  prendre  aultre  chemin  que  cely  quy  vous 
dira  pour  le  bien  de  ladite  matere.  Hault  et  puissant 
prince  et  mon  très  redoubté  seigneur,  je  ne  vous  escris 
aultre  chose  fors  que  je  prie  à  nostre  seigneur  quy  vous 
doinct  bonne  vie  et  longue  et  voz  haultx  et  noblez 
désirs  accomplir.  Escrit  à  Rruselle,  le  vu  d'octobre,  de 
la  main 

Votre  très  humble  cerviteur, 

Olivier  de  la  Marche. 

1.  Bibl.  nat.,  ms.  n°  2901,  fonds  français,  fol.  17. 
iv  10 


MÉMORIAL  DE  LA  FÊTE  DE  LA  TOISON-D'OR 
TENUE  A  BOIS-LE-DUG  EN  J48-H. 


S'ensuyt  ung  petit  mémorial  compris  sur  la  feste  de  la 
Thoison  d'or  solempnisée  au  Bois  le  Duc  le  vme  de 
may  IHIXXI,  contenant  aucunes  cérémonies  faites  à 
la  feste  dudit  Thoison  par  monseigneur  Varcheduc 
aV  kustrice,  etc.,  souverain  dudit  ordre,  et  autres 
chevaliers,  frères  et  compaignons. 

Et  princes  vindrent  de  cheval  le  samedy  aux  vespres  ; 
mais  devant  eulx  precedoient  xv  heraulx,  vestus  de 
diverses  armes,  selon  la  nominacion  des  seigneurs 
ausquelz  ilz  estoient.  Après  venoient  Thoison  d'or, 
maistre  Jehan  le  Gros,  trésorier  de  l'ordre,  et  le  doyen 
de  Bruxelles,  secrétaire  d'icellui  ordre,  tous  trois  ves- 
tus d'une  robe  de  vermeil  velours  et  ung  mantel  du 
pareil  jusques  au  piet,  avec  ung  chapon2  à  courte  cor- 
nette à  la  mode  ancienne  du  pareil  velours,  et  le  col- 
liege  de  l'église  avecques  ceulx  de  la  chapelle  à  tout 
chappes.  Lendemain  à  la  messe  vindrent  pareillement 
vestus,  et  à  aler  à  l'offrande  on  les  appelloit  trois  par 
ordre,  affin  que  on  veist  quelz  procureurs  estoient  com- 
mis pour  ceulx  qui  n'estoient  presens  pour  adonc  en 

1.  Ce  fragment  est  extrait  du  ms.  de  la  Bibliothèque  nationale 
de  Turin,  l.  v.  1,  où  il  occupe  du  fol.  170  au  fol.  172  inclusivement. 

2.  Chaperon. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  147 

leurs  lieux  aler  à  l'offrande.  Et  sachiez  que  les  raame- 
lus l  n'y  furent  pas  appeliez  jusques  au  mercredy  que  on 
leur  fîst  leur  deposicion  et  le  dimence  aux  vespres.  Et 
le  lundy  à  la  messe  vindrent  en  habis  noirs  de  la  façon 
des  premiers.  Le  mardy  ensievant  vindrent  en  blans 
habis  de  satin,  et  aux  vespres  en  leurs  premiers  habis 
sans  manteau.  Le  mercredy  à  la  messe  vindrent  en 
communs  habis.  Le  dimence  ensievant  fut  fait  l'office 
de  saint  Andrieu.  Le  second  jour  des  trespassez;  et 
quant  vint  à  l'offrande  pour  ceulx  qui  estoient  trespas- 
sez, offroit  Thoison  d'or  à  tout  une  chandeille  ardant  et 
au  retour  l'estaindoit;  les  autres  offroient  pour  eulx  et 
pour  ceulx  desquelz  ilz  estoient  commis  procureurs. 
Le  tiers  jour  [fut  fait  l'office]  de  Nostre  Dame  et  le 
derrenier  du  Saint  Esperit.  Après  venoit  le  duc  vestu 
comme  les  dessus  nommez  avec  les  autres  chevaliers 
dudit  ordre,  et  estoient  tous  leurs  manteaulx  batus  en 
or  par  dessoubz  d'un  piet  de  hault,  etc.;  mais  selon  la 
plume  les  oiseaulx. 

P°. 

Mondit  seigneur  le  duc  d'Austrice,  etc.  Devant  l'of- 
fertoire proclama  Thoison  d'or  les  filtres  d'un  chascun 
selon  l'ordre  dudit  Thoison  pour  aler  à  l'offrande  eulx 
ou  leurs  procureurs,  et  n'appelloit  pour  les  trespas- 
sez ne  lesmamelus  comme  dit  est.  Après  fu  appelle  : 

Très  hault  et  très  puissant  prince  Jehan,  Roy  d'Ar- 
ragon  et  de  Navarre,  trespassé.  Nulz  ne  offri  pour  lui. 

1.  L'adjectif  mamelu  signifiait  ordinairement,  dans  la  langue 
du  moyen  âge,  celui  ou  celle  qui  a  de  grosses  mamelles,  et,  au 
figuré,  qui  est  bien  fourni.  Ici,  il  semble  désigner  les  chevaliers 
qui  avaient  trahi  le  chef  de  la  Toison  en  échange  de  grands 
biens  ou  avantages. 


148  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Très  hault  et  très  puissant  prince  Edouart,  Roy 
d'Angleter  et  seigneur  d'Irlande,  pour  lequel  se  pré- 
senta monseigneur  de  Roman,  et  offry. 

Très  hault  et  très  puissant  prince  Fernande,  Roy  de 
Napples.  Pour  lui  offri  monseigneur  de  Nassou  comme 
procureur. 

Très  hault  et  très  puissant  prince  Fernande,  Roy  de 
Gastille,  de  Lyon  et  de  Sezille,  etc.  Pour  lui  offri  mon- 
seigneur de  Ravestein. 

Anthoine  de  Groy,  seigneur  de  Porcien.  Nul  ne  offri 
pour  lui,  car  trespassé. 

Le  Besque  de  Lannoy,  seigneur  de  Molembays,  tres- 
passé. Nul  ne  offry  pour  lui. 

Jehan  de  Melun,  seigneur  d'Anthoing.  Pour  lui  offry 
monseigneur  de  Lannoy. 

Jehan,  duc  de  Gleves,  conte  de  la  Marke.  Pour  lui  se 
présenta  monseigneur  de  Ravestein. 

Jehan  de  Neufchastel,  seigneur  de  Montagu,  subget 
naturel  de  mondit  seigneur  le  duc,  etc.,  chief  et  sou- 
verain dudit  ordre,  etc.,  lequel  s'est  aie  rendre  en 
France,  et  tenant  parti  contraire  à  mondit  seigneur  sans 
avoir  renvoie  le  colier,  ne  gardé  les  status  dudit  ordre 
qu'il  a  juré.  Il  a  esté  jugié  hors  d'icellui  ordre  et  déclaré 
inhabille  de  jamais  plus  porter  ledit  colier,  etc. 

Jehan  de  Lannoy,  comparu  personnellement  à  toute 
la  feste  en  habit  comme  dessus. 

Messire  Phelippe  Pot,  seigneur  de  la  Roche  et  de 
Nolay,  [subget  naturel  de  mondit  seigneur  le  duc], 
chief  et  souverain  dudit  ordre,  etc.,  s'est  aie  rendre 
au  Roy,  etc.  Et  à  ceste  cause  a  esté  privé  dudit  ordre 
et  déclaré  inhabile  de  jamais  plus  porter  ledit  colier,  etc. 

Messire  Anthoine,  bastard  de  Bourgoingne,  conte  de 


MÉMOIRES  D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  149 

la  Roche  en  Ardenne.  Attendu  que  mondit  seigneurie 
duc  et  autres  chevaliers  dudit  ordre  ne  sont  encores 
au  vray  informez  s'il  a  delaissié  à  porter  le  colier 
d'icellui  ordre,  ne  pris  autre  ordre,  ne  aussi  comment 
il  est  traictié  depuis  son  retour  de  prison,  a  esté  dit  par 
lesdits  de  l'ordre  que  son  fait  sera  remis  au  futur  cha- 
pitre dudit  ordre  de  la  Thoison  d'or. 

Loys  de  Bruges,  seigneur  de  la  Grutuze,  conte  de 
Wincestre  et  prince  de  Steehuse.  Pour  lui  se  présenta 
messire  Josse  de  Lalaing. 

Messire  Adolf,  duc  de  Gheldres,  trespassé. 

Messire  Phelippe  de  Crevecuer,  seigneur  d'Es- 
querdes,  [subget  naturel  de  mondit  seigneur  le  duc], 
souverain  du  noble  ordre  de  la  Thoison  d'or,  lequel  a 
esté  nourry  dès  son  enfance  en  la  maison  de  Bour- 
goingne,  et  par  cy  devant  a  esté  commis  à  la  garde  de 
pluseurs  bonnes  villes  et  places  pour  feux  de  très  noble 
mémoire  les  ducs  Phelippe  et  Charles  de  Bourgoingne, 
que  Dieu  absoille,  assavoir  :  Abbeville,  Boulongne,  le 
Crotoy  et  autres,  et  que  plus  est  estoit  capitaine  gêne- 
rai de  Picardie,  etc.,  et  lequel  avoit  fait  le  serementet 
juré  de  les  garder  sans  les  mettre  en  autruy  main,  et 
au  contraire  de  ce  les  a  rendues  au  Roy  et  lui  fait  le 
serment,  et  avec  ce  a  délaissée  à  porter  ledit  colier 
dudit  ordre  de  la  Thoison  d'or,  en  mal  recongnoissant 
les  grans  biens  et  honneurs  qui  lui  ont  par  cy  devant 
esté  fais  par  lesdits  ducs  Phelippe  et  Charles,  et,  qui 
plus  est,  s'est  mis  et  a  fait  guerre  ouverte  contre  les 
pays  de  par  deçà  en  livrant  bataille  devant  la  Vief- 
ville,  car  il  estoit  lors  chief  et  capitaine  de  l'armée  du 
Roy  de  France,  en  commettant  par  ce  et  autrement 
faulse  trahison  et  desleauté,  pour  lesquelles  causes,  à 


150  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

grande  et  meure  deliberacion ,  il  a  esté  au  chapitre 
dudit  ordre  présentement  tenu,  etc.,  privé  et  débouté 
dudit  ordre,  jugié  et  déclaré  inhabille  et  indigne  de 
jamais  le  porter.  Et  s'il  eust  esté  présent  audit  cha- 
pitre, autre  et  plus  grande  correction  lui  eust  esté 
déclarée  selon  ses  mesmes  demerittes  et  maléfices.  Et 
pour  donner  congnoissance  à  chascun  de  ses  dits  malé- 
fices, a  esté  ordonné  et  déclaré  par  mondit  seigneur  le 
duc,  etc.,  et  mesdits  seigneurs  les  chevaliers  frères  et 
compaignons  dudit  ordre  que  le  tablet  de  ses  armes 
mis  et  posé  à  la  présente  feste  au  cuer  de  l'église  collé- 
giale dudit  Bois  le  Duc  sera  hosté  de  la  place  où  il  a 
esté  posé  et  sera  porté,  mis  et  actachié  au  grant  portai 
de  ladicte  église,  et  ses  armes  reversées  et  mises  à 
reboux.  Fait  que  dessus. 

Messire  Adolf  de  Gleves,  seigneur  de  Ravestein, 
comparu  personnellement  pour  lui  tout  durant  la  feste. 

Messire  Jacques  de  Lucembourg,  seigneur  de  Riche- 
bourg.  Combien  qu'il  ait  esté  prins  en  exploix  de  guerre 
honnorablement  et  pour  la  querelle  et  deffense  de  ma 
très  redoubtée  dame  Marie,  fille  légitime  et  héritière 
de  mondit  seigneur  le  duc  Charles,  chief  et  souverain 
dudit  noble  ordre  de  la  Thoison,  à  présent  femme  et 
compaigne  de  mondit  seigneur  d'Austrice,  etc.,  neant- 
moins,  depuis  sa  liberté  de  prison,  lui  qui  est  cheva- 
lier dudit  ordre,  n'a  pas  seulement  fait  serment  au  Roy 
de  France,  leur  adversaire,  mais  a  delaissié  de  porter 
le  colier  d'icellui  ordre  de  la  Thoison  d'or  sans  le  rendre 
ou  renvoyer,  et  a  receu  et  porte  publiquement  l'ordre 
dudit  Roy  de  France,  s'est  monstre  en  armes  avec  les 
ennemis  de  mondit  seigneur,  en  exploit  de  guerre,  et 
a  receu  par  don  et  auctorité  d'icellui  Roy  à  son  prouf- 


MÉMOIRES  D'OLIVIER  DE  LA   MARCHE.  151 

fit  villes,  places,  terres  et  seigneuries  appartenant  à 
mesdits  seigneur  et  dame  et  à  leurs  leaux  vassaulx  et 
subgectz,  pour  quoyila  estéjugié  hors  d'icellui  ordre, 
et  déclaré  inhabille  pour  jamais  cy  après  plus  le  por- 
ter. Fait  que  dessus. 

Englebert,  conte  de  Nassou  et  de  Viende,  seigneur 
de  Breda,  y  fu  en  personne  pour  lui. 

Messire  Jehan  de  Damas,  seigneur  de  Clessy,  se  vous 
estiés  en  vie,  veu  et  considéré  les  grans  biens  et  hon- 
neurs que  avez  receuz  en  la  maison  de  Bourgoingne, 
mesme  de  feu  mondit  seigneur  feu  le  duc  Charles,  et 
les  estrois  services  par  vous  fais  audit  ordre  quand 
chevalier,  frère  et  compaignon  d'icellui,  vous  avez  esté 
notté  de  pluseurs  faultes  souffisantes  à  vostre  priva- 
tion dudit  ordre,  mais  l'on  a  présentement  esté  acer- 
tené  de  vostre  trespas,  parquoy  l'on  délaisse  le  juge- 
ment à  Dieu,  nostre  souverain  juge. 

Messire  Guillaume,  seigneur  d'Egmonde,  y  fu 
personnellement  durant  la  feste. 

Josse  de  Lalaing,  seigneur  de  Montigny,  y  vint  per- 
sonnellement. 

Jacquet  de  Lucembourg,  seigneur  de  Fiennes.  Pour 
lui  fist  les  hommaiges  messire  Josse  de  Lalaing. 

Phelippe  de  Savoye,  conte  de  Baugey  et  seigneur  de 
Bresse.  Monseigneur  de  Romant,  comme  procureur, 
fist  debvoir  pour  son  frère. 

Phelippe  de  Groy,  conte  de  Chimay,  viconte  de  Bri- 
mon  et  baron  de  la  Baue.  Pour  lui  ofiri  comme  procu- 
reur monseigneur  de  Lannoy. 

Jacques  de  Savoye,  conte  de  Romond,  seigneur  du 
pays  et  de  Leuze,  y  fut  personnellement. 

Welfart,  conte  de  Grant  Pré,  seigneur  de  la  Vere  ; 


152  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

pour  lui  se  présenta  et  offri  comme  procureur  mondit 
seigneur  de  Nasso  à  toutes  seremonies. 

Phelippe  de  Bourgoingne,  seigneur  de  Beure.  Mon- 
seigneur de  Nasso  se  présenta  pour  lui  et  fîst  les  hom- 
maiges. 

Jehan  de  Bubempré,  seigneur  de  Vendue1.  Nul  ne 
comparu  pour  lui.  Il  est  trespassé  devant  Nanssy. 

Pierre  de  Lucembourg,  conte  de  Saint  Pol,  de  Linoy, 
de  Bryane,  de  Marie,  et  seigneur  d'Enghien.  Pour  lui 
offry  monseigneur  de  Nassau. 

Messire  Bettrement  (ou  Vettremien)  de  Lickestein2. 
Pour  lui  se  présenta  comme  procureur  messire  Guil- 
laume d'Egmonde. 

1.  Jeau  de  Rubempré  est  toujours  qualifié  :  seigneur  de  Bièvres. 

2.  Lisez  :  Bartholomé  de  Lichtenstcin. 


ADVIS  DES  GRANS  OFFICIERS 

QUE  DOIT  AVOIR  UNG  ROY  ET  DE  LEUR  POVOIR 
ET  ENTREPRISE1. 


Sacrée  Majesté,  mon  très  redoubté  et  souverain  sei- 
gneur, le  plus  très  humblement  que  faire  puis  je  me 
recommande  à  vostrereale  magnificence,  monseigneur 
Maximilien,  par  la  clémence  divine  Roy  des  Romains, 
Empereur  apparant  et  toujours  auguste. 

Je,  Olivier,  seigneur  de  la  Marche,  indigne  premier 
maistre  d'ostel  de  monseigneur  l'archiduc  d'Austriche 
vostre  filz,  et  à  vous  humble  serviteur  et  subject,  aiant 
receu  voz  lettres  qui  me  valent  commandement  par 
lesquelles  me  mandez  que  je  vous  envoyé  ce  que  je 
sçay  et  ay  apris  des  officiers  qui  appartiennent  à  Tes- 
tât d'un  Roy,  et  me  mandez  de  vostre  grâce  que,  se  je 
n'en  ay  aucune  chose  par  escript,  que  je  en  face  de 
tout  nouveau  selon  mon  advis  et  entendement,  et  com- 
bien que  je  n'ay  le  sens  de  si  haulte  chose  comprendre, 
touteffois,  pour  obeyr  à  vostre  mandement  et  escrip- 
ture,  je  employray  la  capacité  de  mon  entendement  à 
mettre  par  escript  ce  que  je  en  ay  peu  enquérir,  sça- 
voir  et  retenir. 

Sire,  je  ne  tienne  point  en  mes  registres  que  j'aye 

1.  Transcrit  sur  un  ms.  de  la  Bibl.  impériale  de  Vienne, 
n°  3360.  Cette  pièce  précède  la  copie  de  VÉtat  de  la  maison  du 
duc  Charles. 


154  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

aucune  chose  par  escript  de  ce  que  vous  me  deman- 
dez, mais  j'ay  careult *  et  pensé  de  vous  en  escripre 
mon  advis  en  deux  manières.  La  première  manière, 
c'est  des  grans  et  principaulx  officiers  que  doit  avoir 
ung  Roy,  et  ne  me  artre2  point  sur  la  manière  d'Alle- 
maigne  ne  de  l'Empire,  car  vous  estes  assez  informé 
de  ceste  matière,  et  mieulx  que  je  ne  vous  sauroye 
escripre.  Mais  vous  informeré  desestatutz  de  France, 
d'Angleterre  et  d'ailleurs,  où  vous  pourrez  avoir  regard 
à  vostre  bon  plaisir.  Et  pour  la  seconde  manière,  je 
vous  envoyé  en  ce  présent  volume  Testât  du  duc 
Charles,  qui  fut  pour  ung  duc  grant  et  magnificque, 
et  en  la  manière  que  je  l'enregistray,  nous  estant  au 
siège  devant  Nuys,  à  la  requeste  du  Roy  Edouart  d'An- 
gleterre qui  m'envoya  l'avitailleur  de  Calais  pour  avoir 
ledit  estât  par  escript,  pour  ce  que  en  celluy  temps  il 
vouloit  descendre  en  France  à  puissance  d'armes  et 
se  monstrer  en  son  estât  grant  Roy  et  puissant,  ce 
qu'il  fist  et  descendit.  Mais  la  conclusion  de  son  voiage 
fut  qu'il  retourna  en  Angleterre  par  appointement,  qui 
ne  fut  pas  trop  à  son  avantaige,  et  vauldroit  mieulx  à 
ung  prince  en  prendre  plus  sobrement  que  se  départir 
de  son  affaire  en  confusion . 

Et  pour  ce,  sire,  je  commenceré  et  entreré  en  la 
première  voye.  C'est  quelz  officiers  doit  avoir  ung  Roy. 
Et  n'est  pas  à  entendre  que  en  chascune  office  il  ne 
puist  et  doye  avoir  qu'un  seul  officier;  mais  s'entend 
que,  selon  que  les  seignouries  de  son  royaulme  sont 
grandes,  il  se  peult  eslargir  et  tenir  plusieurs  officiers 
d'une  vocation,  comme  je  pourray  dire  cy  après. 

1.  Cru. 

2.  Arrête. 


MÉMOIRES  D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE.  155 

Sire,  toutes  choses  se  doivent  commencher  par  les 
divins  offices.  Et  doit  avoir  ung  Roy  ung  confesseur, 
prélat,  docteur  et  renommé  de  bonne  vie,  et  doit  estre 
icelluy  prélat  aymé  et  obey  du  Roy  touchant  Testât  de 
sa  conscience.  Et  ne  tienne  point  par  escript  ne  autre- 
ment que  qui  n'ayme  son  confesseur  et  l'a  en  chierté, 
cremeur  et  révérence,  à  grant  peine  seroit  il  obey  en 
ses  divins  commandemens  de  crainte  d'en  cheoir  en 
pechic  et  maléfices.  Car  qui  craint  et  ayme  celluy  qui 
le  chastie  et  corrige,  il  monstre  dévotion  éternelle  et 
toute  espérance  de  la  voye  de  Paradis. 

Ung  Roy  doit  avoir  ung  grant  chambellan  et  le  nom- 
mer premier  que  tous  les  autres  officiers,  pour  ce  que 
c'est  le  plus  prochain  de  la  personne  du  Roy,  et  doit 
conduire  la  bannière  du  Roy  en  bataille.  Il  doit  avoir 
les  seaulx  du  secret  en  ses  mains  et,  au  regard  des 
grans  seaulx,  soit  pour  previlleiges ,  pour  paix  et 
pour  le  fait  de  la  justice,  ilz  doivent  estre  es  mains  du 
chancelier;  et  doit  estre  le  grant  chambellan  ung  des 
principaulx  lieutenans  du  Roy,  et  doit  estre  obey  en  la 
maison  comme  la  personne  du  Roy. 

Ung  Roy  doit  avoir  ung  connestable,  et  doit  estre 
lieutenant  du  Roy  en  toutes  choses  et  principalement 
au  fait  de  la  guerre.  Et  se  doit  faire  d'un  homme  noble 
et  puissant,  et  qui  puist  soustenir  et  porter  oultre  Tes- 
tât de  son  office,  tant  ce  que  le  Roy  luy  commande 
comme  aussy  les  choses  qui  peuvent  survenir  devant 
luy  des  affaires  du  royaulme  en  l'absence  du  Roy.  Il 
peult  donner  sauf  conduitz,  il  peut  cognoistre  de gaige 
de  bataille,  et  mesmement  du  fait  de  gaige,  affin  que 
par  droit  y  soit  congneu  que  le  gaige  est  recevable  ou 
qu'il  face  à  rebouter. 


156  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Ung  Roy  doit  avoir  ung  chancelier,  noble  de  meurs, 
clerc  et  bien  fondé  en  loix,  et  qu'il  soit  homme  pour 
respondre  soit  en  latin  ou  en  la  langue  du  royaulme. 
Et  doit  estre  homme  droiturier,  droit  en  justice  et  en 
ses  jugemens  hors  de  toute  faveur. 

Ung  Roy,  se  son  royaulme  est  scitué  sur  la  mer,  doit 
avoir  ung  admirai  qui  soit  homme  en  noblesse  et  en 
povoir  de  telle  qualité  que  le  connestable.  Et  doit  avoir 
telle  autorité  et  telle  puissance  par  tous  les  havres  du 
royaulme,  par  la  mer,  par  les  nefz  et  navires,  comme 
le  connestable  a  sur  terre.  Et  doit  estre  lieutenant  du 
Roy  es  parties  dessusdites  et  peult  donner  en  la  mer 
grâces  et  sauf  conduitz  et  faire  ce  qu'un  lieutenant  de 
Roy  peult  faire. 

Ung  Roy  doit  avoir  ung  mareschal  ou  plusieurs, 
selon  l'estendue  et  quartiers  de  son  royaulme,  le 
mareschal  qui  est  la  place  du  connestable  en  l'absence 
d'icelluy  connestable.  Tous  gens  de  guerre  qui  sont  au 
service  du  Roy  se  doivent  passer  à  reveues  par  le 
mareschal  ou  par  ses  commis,  et  prend  droiz  sur  cha- 
cune paye  aux  paiemens  desditz  gens  d'armes.  Et  doit 
ordonner  le  mareschal  le  prevost  des  mareschaulx  et 
les  prevostz  des  mareschaulx  pour  avoir  regard  à  fur- 
nir  les  vivres  en  l'ost  du  Roy  ou  de  son  armée.  Et  doit 
le  prevost  tenir  la  justice  du  camp,  du  siège  ou  de 
l'armée  du  Roy  ;  et  ne  peult  de  soy  faire  grâce  aux 
malfaicteurs,  mais  le  peult  faire  le  Roy,  le  connestable 
ou  le  mareschal. 

Ung  Roy  doit  avoir  ung  grant  maistre  d'oste.  Ce 
grant  maistre  d'oste  doit  congnoistre  de  toutes  les 
serimonies  et  police  de  la  maison  du  Roy,  et  les  aultres 
maistres  d'oste  luy  doivent  obeyr.  Et  doit  le  grant 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  157 

maistre  d'oste  soingnier  de  recepvoir  et  aller  au  devant 
des  embassadeurs  et  estrangiers  venans  à  l'ostel  du 
Roy,  de  les  festoyer  et  conduire  devers  le  Roy,  ou  de 
sçavoir  quelz  personnaiges  les  conduiront.  Et  est  à 
entendre  que,  se  les  embassadeurs  viennent  de  grant 
Roy  ou  de  grant  prince,  ilz  doivent  estre  selon  leur 
maistre  bien  benigniez  et  honnorez.  Et  si  doit  le  grant 
maistre  d'oste  soingnier  des  dons  et  des  gratuitez  que 
le  Roy  son  maistre  vouldra  faire  auxditz  embassadeurs. 

Ung  Roy  doit  avoir  ung  premier  verlet  de  chambre, 
que  nous  appelions  en  la  maison  de  Bourgoingne  ung 
sommilier  de  corps.  Et  se  doit  avoir  premier  pannetier, 
premier  eschanson,  premier  escuier  tranchant  et  ung 
grant  et  premier  escuier  d'escuirye.  Et  d'iceulx  je  me 
déporte  d'escripre,  pour  ce  que  en  tous  royaulmes  ilz 
ont  droiz  et  usaiges  selon  les  coustumes  de  chacun 
royaulme.  Et  aussy  se  pourra  veoir,  par  Testât  du  duc 
Charles,  grand  partie  de  la  conduite  d'iceulx  estatz. 
Si  soit  prins  en  gré,  sacrée  Majesté,  ce  que  j'ay  peu 
enregistrer  selon  mon  entendement  en  ensuivant  ce 
qu'il  vous  a  pieu  moy  mander  et  escripre.  Et  pour  le 
second  point  je  vous  envoyé  cy  tenant  de  point  en 
point  et  de  mot  à  autre,  ce  que  je  mis  enescript  pour 
envoyer  au  Roy  Edouart  d'Angleterre,  que  Dieu  par- 
doint.  Sire,  ayez  pour  recommandé  le  viellart  de 
soixante  seize  ans  et  sa  vielle  compaîngne  qui  ne  ser- 
vons en  ce  monde  que  de  prier  pour  vous  et  pour 
vostre  noble  lignée.  Fait  en  vostre  ville  de  Bruxelles 
le  dixiesme  jour  de  juing  l'an  de  grâce  mil  cinq  cens. 

Ensuite  on  lit  :  C'est  le  double  de  Vestat  du  duc 
Charles  de  Bourgoingne  envoyé  par  la  Marche  au  Roy 
Edouart  d'Angleterre. 


ESPITRE 


POUR   TENIR    ET    CELEBRER 


LA  NOBLE  FESTE  DU  THOISON  D'OR 


FAITE  ET  COMPOSEE  PAR  ET  COMME  S  ENSUIT 


Mon  souverain  seigneur,  mon  prince  et  mon  maistre, 
je,  Olivier,  seigneur  de  la  Marche,  indigne  premier 
maistre  d'hostel  de  vostre  noble  maison,  mes  en  vostre 
noble  main,  comme  chief  de  l'ordre  de  la  noble  Thoi- 
son  d'or,  ceste  espitre  que  j'ay  faicte  et  composée  pour 
les  raisons  cy  après  escriptz. 

Il  est  notoire  que  suis  en  la  Lxxvr3  année  de  ma  vie 
et  n'a  plus  le  corps  que  le  bon  vouloir  et  ne  vous  puis 
suyvre  ne  servir  comme  je  vouldroye.  Et  pourroit 
estre  que  par  faulte  de  vie  ou  pour  non  povoir  labeur 
de  mon  corps,  je  ne  pourroye  estre  es  lieux  où  vous 
tiendrez  la  sollempnité  de  la  noble  feste  delà  Thoison. 
Et  pour  ce  que,  par  la  grâce  de  Dieu  et  par  ma  longue 
vie,  et  meismes  que  j'ay  esté  long  temps  maistre  d'hos- 
tel tant  de  feu  le  duc  Charles,  que  Dieu  absoille,  du 
Roy  vostre  père  comme  de  vous,  et  meismes  ay  veu 
celle  solempnité  tenir  par  plusieurs  fois  moult  soliemp- 
nellement  par  le  duc  Philippe,  vostre  ayeul,  premier 

1.  Transcrit  sur  le  ms.  n°  5046,  fonds  français,  de  la  Biblio- 
thèque nationale,  fol.  lxxvii. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  159 

fondateur  d'icelle  ordre,  ayant  regard  que  c'est  le 
principal  parement  de  vostre  maison  et  l'honneur  que 
vous  devez  maintenir  et  exaucer1,  et  rebouter  ceulx 
qui  le  vouldroient  reculler  ou  estaindre,  car  par  ce 
moien  vous  et  voz  confrères  aurez  et  avez  en  plu- 
sieurs grans  et  notables  aliances  fraternelles,  comme 
Empereurs,  Roys,  ducz,  contes,  barons  et  chevaliers 
de  haulte  et  grande  renommée,  et  pour  ces  causes  je 
me  délite  et  prens  le  labeur  et  traveil  de  mon  entende- 
ment de  mettre  par  escript  la  manière  de  tenir  et 
solempniser  ceste  haulte  solempnité  tant  à  l'ordre  qu'il 
appertient  de  tenir  à  icelle  leste  soit  à  l'église,  à  la 
maison  et  aux  séances  des  salles  et  des  tables.  Et  se 
vostre  grand  maistre  d'hostel  n'estoit  occupé  au  con- 
clave et  aux  affaires  de  vostre  dit  ordre  dont  il  est 
confrère  et  chevalier,  il  ne  seroit  ja  besoing  que  je 
m'entremise  de  donner  règle  et  ordre  en  ceste  matière, 
mais,  pour  ce  qu'il  n'y  peult  estre  et  qui  peult  advenir 
que  mes  compaignons  en  l'office  de  maistre  d'hostel 
presens  et  advenir  n'ont  point  tant  veu  de  ceste 
matière  que  j'ay,  priant  d'estre  excusé  en  mes  def- 
faultes  et  ignorances,  je  menray  fin2,  se  Dieu  plaist, 
mon  œuvre  commencée  en  toute  bonne  affection,  et, 
comme  j'ay  dit,  mettray  ceste  espitre  en  une  noble 
main,  affin  que,  s'il  y  a  chose  dont  voz  maistres  d'hos- 
telz  se  puissent  servir,  vous  les  leur  baillez  pour  avoir 
leur  advis.  Et  à  eulx  et  à  leur  souvenance  je  recom- 
mande le  viellart. 

Et  pour  mettre  si  haulte  et  si  solempnelle  œuvre  en 

1.  Exhausser. 

2.  Je  mènerai  à  (in,  je  terminerai. 


160  MÉMOIRES   D  OLIVIER    DE    LA  MARCHE. 

règle  et  en  forme,  il  est  besoing  de  declairer  aucunes 
choses  de  la  fondacion  de  ceste  noble  confrairie  et  fra- 
ternelité.  Et  est  vray  que  le  bon  duc  Philippe  de 
Bourgoigne  fonda  premier  cest  ordre  et  esleva  la  Thoi- 
son  d'or,  et  la  fîst  porter  à  luy,  xxve  de  chevaliers , 
assavoir  xxim  chevalliers  et  luy  comme  chief  le  xxve. 
Et  depuis  augmenta  icelle  ordre  de  six  chevalliers,  et 
furent  en  tout  xxxi  chevalliers,  y  comprins  le  chief 
comme  dessus.  Et  affin  que  je  ne  soye  reprins  en 
ceste  partie,  l'on  polroit  dire  que  à  présent  y  sont 
xxxii  chevalliers.  Et  à  ce  je  respons  qu'il  ne  s'entend 
point  ainsi,  car  bien  est  vray  que  monseigneur  Maxi- 
milien,  à  présent  Roy  des  Romains,  releva  ceste  ordre 
aruynée  et  deschutte  par  la  mort  de  feu  le  duc  Charles, 
dont  Dieu  ayt  l'ame.  Et  depuis  vous  fustes  né  de  luy 
et  de  madame  Marie,  héritière  de  ceste  maison,  dont 
Dieu  ayt  l'ame,  vostre  noble  mère,  et  demourastes  seul 
filz  et  duc  de  Bourgoigne  par  le  trespas  d'icelle.  Et 
pour  ce  que  cest  ordre  fut  fondée  pour  chief  pour  le 
duc  de  Bourgoigne  et  ses  successeurs,  vous  parvîntes, 
dès  icelle  heure  que  Dieu  l'a  prise,  à  estre  chief  d'icelle 
noble  ordre.  Et  vostre  noble  père  Roy  des  Romains, 
tant  pour  ce  qu'il  avoit  relevé  ledit  ordre  comme  pour 
ce  qu'il  est  vostre  père,  est  demeuré  en  estât  et  nom 
de  chief  d'icelle  ordre  comme  vous,  mais  le  nom  de 
vous  deux  n'est  que  ung  mesme  nom  en  ceste  partie, 
et  ne  debvez  avoir  que  ung  siège  à  l'église  parez  de 
deux  tableaux;  et  à  la  table,  au  disner  solempnel, 
devez  estre  assiz  l'ung  d'emprès  l'autre  et  ne  devez 
avoir  que  ung  plat  pour  vous  deux  et  aller  à  l'offrande 
ensemble.  Et  tousjours  vous  devez  l'honneur  au  père 
comme  humble  et  obéissant  filz.  Et  ainsi  je  concluz 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  161 

que,  jaçoit  ce  que  vous  soyez  xxxn  chevalliers  portans 
l'ordre  pour  le  présent,  toutesfoiz  ilz  ne  s'entent  que 
xxxi,  pour  ce  que  le  père  et  le  filz  n'est  que  une 
meisme  chose  en  ceste  cause1. 

Mon  très  redoubté  seigneur,  en  mettant  en  œuvre 
la  manière  de  tenir  et  célébrer  ceste  haulte  solempnité 
de  la  feste  de  l'ordre  de  la  Thoison  d'or,  qui  est  le 
triumphe  de  vostre  maison,  comme  j'ay  dit,  il  me 
fault  arrester  pour  vous  donner  à  entendre  deux  pointz 
qui  sont  assavoir  et  point  à  oublier.  Le  premier  point, 
c'est  que  c'est  de  ordre  de  prince  et  en  quelle  manière 
on  le  peult  tenir  pour  ordre.  Et  avant  que  je  esclair- 
cisse  le  second  point,  je  declareray  le  premier  au 
mieulx  qu'il  me  sera  possible.  Quant ung  prince  donne 
quelque  devise  à  plusieurs  nobles  hommes  sans  nombre 
et  sans  chapitres,  cela  ne  se  doit  point  nommer  ordre, 
mais  devises  seullement.  Exemple  :  les  Rois  d'Engle- 
terre  ont  leur  ordre  de  la  Jarretière  où  ils  sont  nombre 
de  chevalliers  et  chapitres  notables,  et  en  celle  ordre 
a  et  a  eu  moult  de  notables  et  vaillans  chevalliers.  Mais 
oultre  celle  ordre  ilz  ont  une  devise  qui  donnent  à 
plusieurs  chevalliers,  dames  et  damoiselles  et  escuiers. 
Et  est  icelle  devise  selon  les  Roys  qui  régnent  et  leurs 
affections,  et  communément  est  icelle  devise  parée  de 
roses,  l'une  fois  blance  et  l'autre  vermeille,  selon  l'af- 
fection des  Roys,  comme  dit  est,  et  se  donne  sans 
nombre  ou  quantité  de  gens,  les  unes  d'or  et  les 
aultres  d'argent.  Et  puis  icelle  manière  de  faire  nom- 

1.  On  lit  dans  le  ms.  n°  5046  :  «  Sur  icelluy  article  fust  mis  en 
marge  par  feu  le  seigneur  du  Sart,  greffier  d'icelluy  ordre  :  Ils  ont 
esté  comptez  pour  deux  et  si  n'ont  esté  que  xxxi  en  tout  et  ont 
eu  le  père  et  le  filz  et  devoyent  avoir  deux  sièges  en  l'église.  » 
IV  11 


162  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA  MARCHE. 

mer  pour  devise  et  non  aultrement.  Le  Roy  Régnier 
de  Gecille  esleva  une  confrairie  de  chevalliers  et  d'es- 
cuyers  qui  portoient  le  croissant  soubz  l'esselle,  les 
chevalliers  d'or  et  les  escuiers  d'argent,   et  y  avoit 
escript  :  Croissant  en  loz;  et  combien  que  les  enseignes 
furent  belles  et  portées  à  gens  de  bien,  touttesfois  ce 
n'estoit  point  ordre,  car  il  n'y  avoit  ne  nombre  ne 
chapitres,  et  n'en  fut  jamais  la  feste  tenue  ne  célébrée  ; 
pourquoy  je  dis  et  concluz  en  ceste  partie  que  ce  ne 
fust  point  ordre,  mais  la   nommerons   confrairie  ou 
devise,    qui  certes  fut  belle  et  de    grand  monstre. 
Charles,  duc  d'Orléans,  porta  en  devise  le  quamail  où 
il  pendoit  ung  porc  epic,  et  fut  porté  par  beaucoup  de 
gens  de  bien,  chevalliers  et  escuyers  ;  mais  il  n'eult 
jamais  nombre  ne  chapitres,  et  pour  ce  je  diz  que  ce 
n'estoit  que  une  devise  et  non  pas  ordre.  Les  ducs  de 
Bretaigne  et  mesmement  le  duc  François  ont  sembla- 
blement  porté  ung  collier  où  pendoit  une  hermine  que 
moult  de  gens  de  bien  ont  porté,  chevalliers  et  escuyers  ; 
mais  ce  ne  fut  pas  ordre,  que  devise  seullement, 
pour  les  raisons  que  j'ay  escript  cy  dessus.  Les  ducz 
de  Savoye  portent  ung  ordre  d'ung  lachz  d'amours,  et 
le  puis  nommer  ordre,  car  il  y  a  nombre  et  chapitres; 
et  est  et  a  esté  ceste  ordre  portée  par  mains  bons  che- 
valliers. Mais,  au  regard  de  Cippre,  de  Gecille  ou  d'Ar- 
ragon,  se  ne  sont  point  ordre,  mais  devises  seulle- 
ment. Le  Roy  Loys  de  France  et  le  Roy  Charles,  son 
filz,  et  le  Roy  Loys  à  présent  ont  eslevé  ung  ordre  ou 
devise  qui  s'appelle  l'ordre  Sainct  Michiel  ;  mais  jus- 
qu'à présent  il  n'y  a  point  de  nombre  prefix,  sinon 
que  plusieurs  notables  chevalliers  portent icelle  ordre; 
mais  de  moy  et  de  mon  entendement  je  ne  la  puis 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  163 

nommer  ordre,  pour  ce  qu'il  n'y  a  point  de  nombre 
de  chevalliers,  et  ne  fut  oncques  la  feste  tenue  ne  les 
chevalliers  assemblez,  pourquoy  je  diz  que  ce  n'est 
que  une  obligacion  de  quoy  le  Roy  de  France  oblige 
plusieurs  chevalliers  en  son  service.  Mais  vostre  noble 
ordre  de  la  Thoison  d'or  se  peult  nommer  ordre  par 
tout  le  monde,  car  elle  est  réglée  en  nombre  et  en 
chapitres.  Et  ceste  noble  feste  a  esté  tenue  et  magni- 
fiée tant  de  fois  que  ordre  se  peult  bien  nommer  du 
Thoison  d'or.  Et  sur  ce  mot  que  l'on  peult  dire  :  il  y  a 
ordre  tant  en  nombre  de  chevalliers  et  chapitres 
escriptz,  en  festes  et  solempnitez  tenues  où  ordre  a  esté 
gardée,  je  déclare  que  celle  ordre  donne  le  nom  à 
l'ordre  d'ung  prince  et  se  peult  nommer  ordre.  Et 
prenés  en  grâce  ce  que  je  vous  ay  peu  et  sceu  mons- 
trer  et  remonstrer  que  c'est  de  ordre  et  que  c'est  de 
devise  ;  et  devez  bien  soigneusement  avoir  l'oiel  et  le 
regard  que  si  noble  compaignie  et  fraternelle  union  ne 
soit  mis  en  oubli  et  en  non  challoir1. 

Et  pour  ce  que  j'ay  dit  que  je  declareroye  deux 
pointz,  pour  le  11e  il  est  bien  raison  que  je  vous  adver- 
tisse  et  ramentoive  sur  quoy  se  fonda  le  bon  duc  Phi- 
lippe vostre  ayeul,  quant  il  esleva  la  noble  Thoison 
d'or.  Et  premièrement,  il  se  fonda  sur  la  poeterie  de 
Jason,  qui  dit  que  en  l'isle  de  Golcoz  avoit  ung  mou- 
ton de  merveilleuse  grandeur  dont  la  peau,  la  laine 


1.  Le  ms.  n°  5046  porte  ici  :  «  Sur  l'article  cy  dessus,  ledit 
greffier  d'icelluy  ordre  a  escript  sur  la  marge  cest  article  :  Ils 
baptisent  l'ordre  de  S1  Michiel  ordre  et  ont  chapitres  assez  pareilz 
aux  chapitres  et  status  de  l'ordre  du  Thoison  d'or,  mais  le  Roy 
seul  les  donne  à  qui  il  luy  plaist  sans  l'advis  des  chevalliers  de 
la  compaignie  et  n'y  a  nombre  arresti'.  » 


164  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE. 

et  tout  le  vyayre  estoit  d'or  ;  et  dit  l'histoire,  laquelle 
je  abregeray  à  mon  possible,  que  celluy  mouton  estoit 
gardé  de  dragons,  serpens  et  de  beufs  sauvaiges  qui 
gectoient  feu  et  flamme  et  de  plusieurs  autres  enchan- 
temens,  et  que  Jason,  qui  fut  moult  vaillant  chevallier, 
alla  en  Golcoz  pourconcquerir  ledit  mouton,  ce  à  quoy 
il  ne  fut  jamais  parvenu  se  ne  fust  esté  par  Medée,  fille 
du  Roy  d'icelle  ysle,  et  laquelle  sçavoit  moult  d'en- 
chantemens,  de  charmes  et  de  sorceries.  Icelle  Medée 
se  énamoura  dudit  Jason  et  tant  traicterent  ensemble 
qu'il  luy  promist  de  l'emmener  et  de  la  prendre  à 
feme,  et  elle  luy  aprist  les  sors  qu'il  convenoit  faire 
contre  les  dragons  et  les  beufz  et  aultres  enchantemens 
qui  moult  estoient  contraires  à  ung  chevallier  qui 
voulloit  le  mouton  concquerir.  Jason  crut  Medée  et 
fist  ce  qu'elle  luy  enseigna  et  fîst  tellement  qu'il  vint 
à  son  dessus  de  toutes  les  sorceries  dessusdites.  Et 
parvint  jusques  au  mouton  et  l'occit.  Mais  pour  ce 
qu'il  trouva  ledit  mouton  si  grand  et  si  pesant  qu'il  ne 
le  povoit  apporter,  il  escorcha  ledit  mouton  et  apporta 
la  peau  et  le  vyaire  qui  estoit  d'or,  et  à  celle  peau  pen- 
doit  la  teste,  les  cornes,  les  quatre  piedz  et  la  queue 
dudit  mouton.  Et  pour  ce  fut  il  dit  que  Jason  avoit 
concquis  la  thoison  d'or,  et  ne  parle  l'on  point  du 
mouton,  et  s'en  retourna  à  toute  ladite  thoison.  Mais 
il  trompa  Medée  et  ne  l'emmena  ou  espousa.  Et  ainsi, 
monseigneur,  je  vous  ay  declairé  à  l'abregiet  sur  quoy 
le  bon  duc  Philippe  vostre  ayeul  se  fonda  première- 
ment en  la  fondacion  de  son  ordre.  Mais  depuis  fut 
ung  chancellier  en  l'ordre,  evesque  de  Chalon  en 
Bourgoigne,  nommé  messire  Jehan  Germain,  moult 
notable  clercq  et  grand  orateur,  et  changea  celle  opi- 


MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  165 

nion  et  fondacion,  et  s'arresta  sur  le  fort  Gedeon,  qui 
est  histoire  de  la  Bible  et  approuvée.  Et  vault  bien  de 
en  ramentevoir  aucune  chose.  Et  dist  l'histoire  que  les 
Filistiens  persécutèrent  moult  le  peuple  de  Dieu,  qui 
estoient  les  Juifz,  et  Nostre  Seigneur  qui  ne  vouloit 
plus  souffrir  l'iniquité  des  Filistiens  ne  laisser  son 
peuple  en  la  misère  où  il  avoit  longuement  demouré, 
il  esleva  ung  batteur  en  grange  et  laboureur,  nommé 
Jedeon,  et  lui  fist  commander  par  son  ange  qu'il  prist 
les  armes  et  alast  contre  les  Filistiens  et  assemblist  des 
Juifz  ce  qu'il  pourroit  avoir,  luy  donnant  espoir  d'estre 
victorieux  et  de  gaignier  la  bataille  contre  les  Filistiens. 
Jedeon,  combien  que  ce  fust  ung  fort  homme,  et  est 
nommé  l'ung  des  trois  fors,  toutesfois  il  doubta  en  son 
emprinse  et  requist  à  Dieu  qui  le  voulut  asseurer  en 
sa  doubte;  et  fist  deux  essayes  où  il  tempta  Nostre 
Seigneur  par  bonne  dévotion.  Le  premier  fut  qu'il 
estendit  la  thoison  d'un  mouton  sur  la  terre  et  requist 
à  Dieu  que  toute  icelle  nuict  la  pluye  du  ciel  tombast 
dessus  ladite  terre,  et  non  pas  sur  ladite  toison,  ce 
qu'il  advint.  Et  fist  Dieu  à  sa  requeste  que  la  terre  fust 
mouillée  et  non  pas  la  thoison.  Jedeon,  qui  n'estoitpas 
asseuré  en  son  faict,  requist  à  Dieu  qu'il  voulsist  de 
rechief  luy  faire  grâce  d'exemple  pour  sa  sceurté,  et 
estendit  ung  autre  thoison  sur  la  terre  et  demanda  à 
Dieu  qu'il  pleust  toute  la  nuyt  sur  ladite  thoison  et  non 
point  sur  la  terre,  ce  que  Nostre  Seigneur  luy  accorda, 
et  fust  la  thoison  mouillée  et  point  la  terre.  Et  lors 
Jedeon  se  asseura  et  pria  merci  à  Nostre  Seigneur  de 
sa  temptacion,  et  fit  sa  cotte  d'armes  par  en  devant 
et  derrière  de  la  thoison  d'or.  Et  dit  l'histoire  que 
soubz  sa  conduvte  furent  desconfiz  et  mors  vic  mille 


166  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Fillistiens  à  si  peu  de  gens  que  Dieu  monstra  bien  que 
]uy  meismes  y  mettoit  la  main.  Et  ainsi  rompit  mes- 
sire  Jehan  Germain  la  première  opinion  qui  estoit  de 
Jason  et  le  changea  sur  Jedeon,  dont  l'histoire  de  la 
Bible  fait  mencion.  Et  de  ce  second  article  j'ay  parlé  à 
l'abrégée,  pour  ce  que  la  Bible  et  plusieurs  histoires 
parlent  assez  de  ceste  matière. 

Ce  duc  Philippe  fonda  en  icelle  solempnité  deux  ser- 
vices. Le  premier,  les  chevalliers  aloient  à  vespres  et 
lendemain  à  la  messe,  qui  est  le  premier  service,  et 
estoient  du  temps  d'icelluy  duc  fondateur  luy  et  les 
chevalliers  vestus  de  robes  d'escarlate  et  par  dessus 
grans  manteaulx  d'escarlate  dont  la  bordure  dessoubz 
estoit  d'ung  grant  pied  de  hault  ou  de  plus  de  brodure 
de  fil  d'or  à  fuzilz  et  à  la  Thoison  moult  richement.  Et 
le  second  service  fut  que  le  soir  les  chevalliers  alloient 
à  vigilles,  vestus  de  robbes  noirs  et  manteaulx  noirs 
sans  nulle  brodure.  Et  le  lendemain  venoient  à  la 
messe  comme  en  icelluy  estât,  et  s'entent  que  celluy 
second  service  fut  ordonné  pour  prier  pour  les  tres- 
passez  et  meismement  pour  ceulx  d'icelle  ordre.  Et 
ordonna  le  duc  Philippe  quatre  officiers  qui  marchoient 
devant  l'ordre  en  tel  habit  que  les  chevalliers,  excepté 
de  la  brodure.  Les  quatre  officiers,  c'est  le  chancellier 
de  l'ordre,  qui  se  fait  communément  d'ung  grand  pré- 
lat ;  le  second,  c'est  le  trésorier  de  l'ordre,  lequel  a 
devers  luy  en  garde  les  manteaulx  et  habillemens  des 
chevalliers,  doit  soingnier  des  colliers  et  de  toutes 
choses  où  il  appertient  seure  garde  ;  le  troisiesme,  le 
greffier  de  l'ordre,  qui  doit  enregistrer  et  mètre  par 
escript  tout  ce  qu'il  se  conclud  et  ordonne  en  leurs 
secretz   conclave  ;    et    le   quatriesme ,    c'est   le   roy 


MÉMOIRES    D  OLIVIER    DE   LA   MARCHE.  167 

d'armes  de  la  Thoison  d'or,  qui  doibt  conduyre  les 
cérémonies  d'icelle  feste  et  ordonner  que  les  blasons 
soient  mis  en  cueur  comme  doibvent  estre  et  doibt 
offrir  pour  les  trespassez. 

Et  depuis  le  duc  Charles,  qui  fut  moult  somptueulx 
en  pompes  et  habillemens  tant  à  la  guerre  que  à  la 
paix,  icelluy  noble  prince  augmenta  les  habillemens  de 
la  Thoison,  qui  furent  d'escarlates  par  la  première 
fondacion,  et  les  fîst  faire  de  velours  cramoisy,  robbes 
et  manteaulx  et  chapperons.  Et  fist  les  bordures  brou  - 
dées  richement  et  le  tout  à  la  fachon  des  premières. 
Et  si  augmenta  celle  feste  de  deux  services,  l'un  ou  nom 
du  Saint  Esprit  et  l'autre  ou  nom  de  la  glorieuse  Vierge 
Marie.  Et  portèrent  les  chevalliers  et  officiers  ce  jour 
du  Saint  Esperit  robbes  de  velour  vermeil,  et  le  jour 
de  NostreDame  robbes  de  drap  damas  blancq,  et  tou- 
siours  chapperons  de  meismes.  Et  alloient  les  cheval- 
liers à  vespres  et  le  lendemain  à  la  messe  du  Saint 
Esprit  et  continuoient  à  vespres  etàlamessedeNostre 
Dame.  Et  chacun  de  ces  quatre  jours  trouvoient  le 
disner  en  salle  de  parement  comme  le  premier  jour, 
et  doivent  estre  assiz  et  servis  jour  pour  jour  en  la 
manière  que  je  diray  cy  après,  quant  je  toucheray  de 
la  manière  du  service. 

Et  pour  ce  qu'il  a  esté  plusieurs  fois  devisé  de  aug- 
menter le  nombre  des  chevalliers  de  ceste  noble  con- 
frayrie  portant  la  Thoison,  pour  ce  que  je  désire 
qu'elle  soit  et  demeure  en  si  honnorable  extime  qu'elle 
a  esté  cy  devant,  je  donne  à  mon  opinion  qu'elle  doit 
demorer  ainsi  que  le  fonda  le  duc  Philippe  et  au 
nombre  de  xxxi  chevalliers,  comme  j'ay  dit  dessus. 
Car  plus  de  chevalliers  y  auroit  et  plus  d'estranges 


168  MÉMOIRES   D'OLIVIER    DE   LA   MARCHE. 

choses  pourroient  advenir  entre  iceulx  chevalliers 
qu'ilz  ne  seroient  pas  tous  correspondais  à  l'union 
d'iceulx  et  au  proffit  de  l'intencion  du  chief.  Et  aussi 
moins  est  une  chose  commune  et  plus  fait  à  estimer. 
Pourquoy  je  demeure  en  oppinion  que  le  nombre  des 
chevalliers  de  l'ordre  de  la  Thoison  d'or  ne  se  doient 
excéder,  mais  doient  demorer  en  la  fondacion  dessus 
dite.  Et  ainsi,  mon  souverain  seigneur,  je  vous  ay 
donné  à  entendre  et  ramentu  comment  le  bon  duc 
Philippe,  vostre  ayeul,  que  l'on  dit  Philippe  l'asseuré, 
fonda  ceste  noble  ordre  de  la  Thoison  d'or  et  com- 
ment il  augmenta,  et  aussi  comment  le  duc  Charles, 
vostre  grant  père,  augmenta  et  accrust  ceste  noble 
Thoison  tant  de  habillemens  comme  de  deux  services. 
Et  aussi  ay  donné  advis  de  non  excéder  le  nombre.  Et 
est  temps  que  nous  commenchons  à  parler  le  fait  de 
l'église  pour  tenir  et  célébrer  icelle  noble  solempnité, 
car  le  fait  de  Dieu  et  de  l'église  doibt  aller  devant 
toutes  choses. 

Le  trésorier  et  l'officier  d'armes,  qui  doit  estre 
Thoison  d'or,  doivent  soingnier  à  préparer  l'église  des 
dévotes  pompes  qui  doivent  estre  à  celle  solempnité 
et  doibvent  soingnier  que  le  painctre  commis  à  ce  soit 
préparé  et  furny  des  tableaux  des  chevalliers  qui 
doibvent  représenter  pour  celle  fois  tant  des  vivans 
comme  des  mors.  Et  y  a  tax  ordonné  pour  chacun 
tableau  dont  le  chief  de  l'ordre  doibt  payer  pour  les 
estrangiers  et  trespassez  l ,  et  les  autres  chevalliers, 
domesticques  et  privez  de  la  maison  doibvent  payer 


1.  En  marge  du  ms.  5046,  on  lit  :  «  Le  chief  doit  tout  payer 
et  le  paye.  » 


MÉMOIRES  D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  169 

chacun  le  leur.  Et  doibvent  estre  les  tableaux  des  vivans 
autant  que  l'on  tiendra  celle  feste  armoyez  et  tymbrez 
pour  estre  congnus;  et  au  regard  des  tableaux  des 
mors,  ilz  doivent  estre  en  plat  escu,  seullement  des 
armes  du  trespassé  et  sans  timbre  ;  et  doibvent  estre 
iceulx  tableaux  mis  et  attachiez  par  ordre  et  paradvis 
du  roy  d'armes,  assavoir  pour  les  chevalliers,  selon 
qu'ilz  sont  premier  venu  en  l'ordre,  et  quant  deux, 
trois,  quatre  ou  plusieurs  rechoivent  ledit  ordre  en 
ung  jour,  leurs  tableaux  doivent  estre  mis  et  rengié 
selon  que  chacun  d'eulx  a  esté  premièrement  cheval- 
lier. Et  selon  celle  ordre  doivent  les  chevalliers  aller  et 
garder  l'honneur  l'un  à  l'autre  comme  il  appertient. 
Et  au  dessus  de  tout  et  en  ce  meisme  rencg4  doibvent 
estre  les  tableaux  des  ducz,  selon  la  haulteur  de  leur 
noblesse  et  seignourie.  Et  encores  en  ce  meisme  rencg 
et  au  dessus  d'iceulx  ducz  doivent  estre  les  tableaux 
des  Roix,  selon  leur  degré.  Et  si  doibt  soingnier  le 
roy  d'armes  que  sur  chacun  tableau  des  Roix,  soient 
vifz  ou  mors,  soit  mis  ung  pal  pour  monstrer  que  ce 
sont  Roix  par  dessus  les  autres.  Et  doibvent  estre 
iceulx  tableaux  des  Roix  plus  grans  et  de  plus  grande 
apparence  que  les  autres.  Et  est  à  entendre  que  les 
tableaux  des  chevalliers,  des  ducz  et  des  Roix  doibvent 
estre  mis  es  deux  costez  du  cœur,  c'est  à  dire  quinze 
de  chacun  costé. 

Et  au  regard  du  siège  du  chief,  il  doibt  estre  eslevé 
plus  hault  que  [ceulx]   des  chevalliers,  et  le  tableau 

1.  En  marge  du  ms.  5046,  on  lit  :  «  A  bien  noter  le  statut  de 
l'ordre  faisant  mencion  du  rencq  et  sièges  des  confrères  de  l'ordre 
entre  eulx.  Il  peut  sembler  que  Monsieur  de  la  Marche  dit  bien, 
combien  que  l'usaige  est  contraire.  » 


170  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

par  dessus  des  armes  du  chief.  Ainsi,  en  continuant  ce 
que  j'ay  dit  devant  que  le  père  et  le  filz  doient  seoir 
en  ung  siège  et  avoir  chacun  leur  tableau  escriptz  et 
intitulé  avecq  les  armes  de  chacun ,  le  tiltre  de  leur 
haulteur  et  seignouries,  et  doibt  avoir  ung  pal  par  des- 
sus eulx  deux  ou  l'ung  d'eulx,  et  si  fault  entendre, 
selon  l'advis  que  je  donne,  que  tousjours  se  doit  faire 
la  place  du  chief  pour  le  père  et  pour  le  filz  et  les 
tableaux  de  meismes.  Et  au  regard  des  quatre  officiers, 
ilz  doivent  seoir  sus  ung  bancq  bas  et  au  piet  du  chief 
en  leurs  habillemens,  comme  j'ay  premier  dit.  Et  si 
doit  le  roy  d'armes  préparer  ung  candélabre  par 
devant  la  face  de  l'autel  pour  mettre  lesxxxi  chierges 
dont  l'on  doibt  faire  chacun  jour  l'offertoire1. 

Or,  fault  que  j'entre  en  ung  fort  argument  comme 
l'on  doibt  faire  du  tableau  de  l'Empereur,  que  Dieu 
absoille,  vostre  grand  père.  Et  suis  d'opinion  que,  con- 
sidéré [qu'jung  Empereur  a  prins,  receu  et  porté  l'ordre 
de  la  Thoison,  que  l'on  doibt  regard  à  ce  qu'il  est  et  a 
esté  souverain  de  plusieurs  des  seignouries  que  vous 
tenez  et  à  ceste  cause  lui  devez  plus  d'honneur  que  à 
ung  autre  Roy,  et  semble  que  le  tableau  de  cestui 
Empereur  doit  estre  mis  à  l'autre  costé  de  la  porte  en 
dedens  et  à  l'opposite  du  siège  et  du  tableau  du  chief 

1.  Le  seigneur  du  Sart  a  mis  ici  en  apostille  :  «  Saulve  la  révé- 
rence d'ung  chacun ,  le  Roy  Philippe  qui ,  au  decez  de  feue 
madame  Marie,  sa  mère,  fut  chief  et  souverain  de  l'ordre,  selon 
les  status  et  ordonnances  de  l'ordre  es  chapitres  de  l'ordre  au  fait 
du  tableau,  devises,  armes  et  ordonnances  es  actes  dudit  ordre, 
doibt  avoir  la  prééminence  à  l'Empereur  Maximilien  son  père, 
lequel,  par  le  trespas  de  ladite  dame,  a  perdu  le  tiltre  de  chief  et 
souverain  de  l'ordre,  lequel,  à  cause  d'icelle  dame,  ducesse  de 
Bourgoigne,  lui  appertenoit,  etc.  » 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  171 

et  en  celle  meisme  haulteur,  et  doit  estre  paré  d'ung 
riche  pal  ;  et  s'il  advenoit  que  le  Roy  de  France  portast 
icelle  Thoison,  on  luy  devroit  faire  semblable  honneur 
que  à  l'Empereur,  pour  ce  qu'il  est  souverain  de  par- 
ties de  voz  seignouries  ;  et  à  ceulx  qui  vous  sont  sou- 
verain vous  leur  devez  plus  d'honneur  que  aux  autres 
de  qui  vous  ne  tenez  riens,  sinon  l'amitié,  l'aliance  et 
la  fratern alité  de  la  confrairie. 

Or,  avons  nous  préparé  l'ordonnance  de  l'église,  et 
fault  retourner  à  préparer  l'hostel  du  prince  ou  l'hos- 
tel  ordonné  à  tenir  celle  noble  feste  et  solempnité.  Les 
fouriers  doivent  ordonner  la  voie  et  le  chemin  par  où 
iront  et  viendront  les  chevalliers.  Et  doibt  on  prépa- 
rer une  chambre  de  parement  richement  estoffée  où  les 
chevalliers  viendront  pour  eulx  reposer;  et  au  plus 
près  doit  avoir  une  chambre  où  le  chief  se  puisse  reti- 
rer et  appeler  ceulx  qu'il  luy  plaist.  Et  d'emprès  celle 
chambre  à  parer  doit  avoir  une  autre  chambre  pour 
tenir  le  conclave  des  chevalliers,  et  doibt  estre  une 
chaiere  assez  haulte  eslevée,  parée  de  palle  et  de  tap- 
pis  richement  pour  seoir  le  chief,  et  aux  deux  costez 
deux  bancz  pour  asseoir  les  chevalliers  de  l'ordre.  Mais 
se  Roix  y  venoient,  on  prepareroit  siège  du  rencq  du 
chief,  aussi  paré  du  palle  et  de  riche  tapis.  Et  doient 
estre  les  bancz  des  chevalliers  tapissez  et  couvers.  Et 
au  boult  d'icelluy  conclave  doit  avoir  ung  bancg  pour 
les  quatre  officiers  regardans  le  visaige  du  chief,  et 
devant  iceulx  doit  avoir  une  table  couverte  d'ung 
tapis  ;  et  doivent  estre  iceulx  officiers  assiz,  le  chan- 
cellier  au  dessus,  le  trésorier  après,  le  greffier  suyvant, 
et  puis  le  roy  d'armes  de  la  Thoison  d'or.  Et  doibvent 
estre  les  chevalliers  en  telle  ordre  que  j'ay  premier 


172  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

devisé,  assavoir  ceulx  qui  ont  esté  plus  longuement  en 
l'ordre  au  dessus,  et  ceulx  qui  ont  esté  chevalliers  de 
l'ordre  en  ung  temps,  selon  qu'ilz  ont  esté  premier 
chevallier,  et  qui  sont  aisné  en  chevallerie,  et  tou- 
siours  les  ducz  precederoient,  comme  j'ay  dit  premiè- 
rement. 

De  ce  qu'il  se  dit  et  qu'il  se  fait  en  ce  noble  con- 
clave, il  ne  me  appertient  d'en  parler,  et  pour  ce  m'en 
taiz.  Mais  tant  en  puis  dire  que  là  se  font  élection  des 
chevalliers  ou  lieu  des  trespassez  et  à  qui  le  chief  et 
les  confrères  sont  d'accord  de  bailler  icelle  noble  ordre 
de  la  Thoison.  Et  oultre  plus  le  chancellier  et  le  gref- 
fier doivent  avoir  coeuillys  et  mis  en  escript  toutes 
choses  où  il  appertient  correction  de  chevalliers  adve- 
nues depuis  l'autre  feste  tenue  jusques  à  icelle.  Et  doit 
avoir  lieu  ordonné  où  le  chevallier  se  polra  retirer  dont 
les  autres  veullent  parler,  et  jusques  à  ce  qu'il  sera 
appelle  pour  oyr  ce  qu'il  sera  ordonné  de  son  fait,  et 
en  ceste  ordonnance  n'a  point  d'appel.  Et  ont  les  che- 
valliers ceste  grâce  que  en  toutes  choses,  s'ilz  ne 
déclinent  au  contraire,  et  tout  ce  qui  sera  là  ordonné, 
le  greffier  le  doibt  enregistrer  et  lire  à  chacune  fois 
devant  les  chevalliers,  afïîn  de  savoir  s'il  l'a  mis  selon 
l'entendement  et  le  désir  du  chief  et  des  chevalliers. 

Ainsi  avons  nous  devisé  du  fait  de  ce  noble  conclave, 
ce  qui  est  en  moy  d'en  escripre  et  magnifester.  Et 
fault  revenir  après  à  une  autre  chambre  spacieuse  qui 
doibt  tenir  à  celle  du  conclave,  laquelle  chambre  se 
doit  nommer  la  chambre  du  trésorier  de  l'ordre,  et  en 
celle  chambre  doit  avoir  une  grande  table  ou  plusieurs, 
sur  lesquelles  tables  seront  mis  les  robes,  manteaulx, 
chapperons  et  autres  habillemens  servans  es  quatre 


MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  173 

jours  de  celle  haulte  solempnité.  Et  desquelz  habille- 
mens  je  deviseray  selon  les  jours,  et  comme  chacun 
doit  servir;  et  en  celle  chambre  communément  se 
doivent  retirer  les  chevalliers  l'un  après  l'autre,  selon 
qu'ils  seront  mis  en  l'exament  du  chief  et  des  confrères. 
Et  ne  doit  avoir  en  celle  chambre  que  le  trésorier  de 
l'ordre,  quand  il  lui  plaist  estre,  et  son  especial  servi- 
teur, celluy  qui  garde  pour  le  trésorier  les  manteaulx 
et  les  habillemens  de  l'ordre. 

Or,  ay  je  devisé  et  escript  comme  les  salles  et 
chambres  doibvent  estre  préparées  pour  celle  noble 
feste,  et  est  temps  que  je  occupe  ma  plume  à  mettre 
par  escript  comment  se  doit  préparer  la  salle  et  le  lieu 
où  se  tiendront  les  mengiers  et  convives  ordonnez  en 
ceste  partie.  Et  est  besoing  que  je  commenche  es  cui- 
sines et  es  fours  où  les  viandes  se  prépareront;  les- 
quelles cuisines  doivent  estre  parées  de  bufïetz  et  de 
garde  mengiers.  Et  au  regard  des  bufïetz,  ils  doivent 
estre  faiz  en  telle  manière  que  l'on  puist  lever  la  viande 
tout  à  une  fois  et  qu'elle  s'entretene  ou  service  l'ung  à 
l'autre.  Et  doibvent  estre  les  escuiers  de  cuisine  et  les 
keulx l  diligens  que  le  service  dessus  dit  se  face  et  entre- 
tiegne  comme  il  appertient.  Et  doivent  les  maistres 
d'hostel  ordonner  et  mettre  par  escript  les  gentilz- 
hommes  et  leur  départir  à  chacun  sa  charge,  qui  sera 
de  la  conduyte  d'ung  plat  selon  le  jour  et  selon  le  ser- 
vice; et  chacun  d'iceulx  gentilzhommes  se  doivent  fur- 
nir  de  ceulx  qui  porteront  les  metz  après  eulx  et  sans 
entremeller  l'un  l'autre. 

En  la  salle  où  se  feront  les  disners  aura  une  grande 

1.  Cuisiniers. 


174  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

table  pour  le  premier  jour  où  tous  les  chevalliers  por- 
tans  l'ordre  présent  doivent  seoir  et  le  chief  au  millieu 
d'eulx.  Et  doivent  les  fourriers  avoir  regard  et  enqué- 
rir quant  chevalliers  de  l'ordre  sont  presens  pour 
seoir  à  celle  noble  table.  Et  doit  estre  la  table  couverte 
d'une  grande  nappe  à  ce  ordonnée,  laquelle  le  tréso- 
rier de  l'ordre  doit  garder.  Et  doivent  faire  diligence 
ceulx  de  la  panetterie  de  recouvrer  icelle  nappe  en 
temps  et  lieu  au  trésorier  de  l'ordre  pour  en  couvrir 
et  parer  icelle  table.  Et  doibt  estre  icelle  table  parée 
d'ung  riche  tappis  à  manière  d'un  doseret  qui  doit 
estre  si  grand  qui  doibt  couvrir  toute  la  table  et  tous  les 
chevalliers  de  l'ordre  estans  à  ce  noble  disner.  Et  si 
doibt  avoir  au  millieu  d'icelluy  dosseret  ung  aultre 
plus  riche  dosseret  pour  couvrir  le  chief  et  le  prince 
d'icelle  noble  ordre.  Et  doivent  estre  les  tappissiers 
songneux  et  diligentz  de  tendre  la  salle  de  riche  tap- 
pisserie,  de  mettre  bancquiers  et  de  tendre  iceulx 
dosseretz  dessus  escriptz. 

Or,  avons  nous  la  grand  table  parée  pour  celluy 
jour.  Et  plus  baz  doibt  avoir  une  autre  table  à  la  main 
senestre  du  chief  où  se  porra  seoir  quatre  personnaiges 
seullement,  assavoir  les  quatre  officiers  de  l'ordre, 
comme  le  chancellier,  le  trésorier,  le  greffier  et  le  roy 
d'armes.  Et  est  nécessité  de  préparer  ung  buffet  hon- 
norablement,  lequel  buffet  doit  estre  devisé  et  à  la 
guise  du  garde  des  joyaulx,  pour  ce  qu'il  scet  quelle 
vaisselle  il  peut  mettre  en  monstre  et  comment  il  le 
veult  logier.  Et  doit  estre  le  fourier  soingneux  de 
livrer  audit  garde  [des]  joyaulx  charpentiers  et  ce  qu'il 
luifault  pour  préparer  ledit  buffet.  Et  doit  estre  ledit 
garde  des  joyaulx  adverty  de  longue  main  du  jour  et 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  175 

du  temps  de  la  solempnité  pour  recueillir  et  préparer 
la  vaisselle,  tant  pour  la  parure  du  buffet  comme  pour 
le  service  de  la  salle.  Et  si  fault  en  celle  salle  une 
longue  table  pour  les  officiers  d'armes,  pour  seoir 
xx  ou  xxx  personnes  à  deux  costez.  Et  devant  et  tenant 
à  icelle  table  du  costé  de  la  grande  table  doit  avoir  à 
manière  de  potence  une  table  pour  asseoir  quatre  per- 
sonnaiges,  les  visaiges  tournez  vers  le  prince,  assavoir 
deux  huissiers  d'armes  au  millieu  de  ladite  table,  leur 
baston  d'huissier  emprès  eulx,  et  es  deux  bouts  de  la 
table  doit  avoir  assiz  deux  sergens  d'armes,  chacun  sa 
mâche  couchée  sur  la  table  d'emprès  luy.  Et  ce  point  a 
esté  ordonné  anciennement  et  qu'ilz  doivent  regarder 
le  prince,  affin  que  s'il  se  faisoit  chose  en  la  salle  qui 
fut  à  reprendre  par  le  commandement  du  prince,  sans 
autre  mandement  ilz  ont  puissance  et  auctorité  de 
mettre  la  main  et  faire  prisonnier  l'offenseur,  quelque 
grand  qu'il  soit  et  de  quelque  estât  qu'ilz  soient.  Et 
doibvent  estre  serviz  iceulx  officiers  deux  et  deux  et 
les  heraulx  quart  et  quart  et  de  moyen  service.  Et 
appelle  on  cette  table  la  gallée1  delà  salle,  et  n'y  peult 
seoir  nulz  officiers  sans  son  baston,  ne  nulz  officiers 
d'armes  sans  sa  coste  d'armes. 

Nous  avons  devisé  des  tables  qu'il  fault  en  la  salle 
et  qui  sont  nécessaires.  Mais  il  me  semble  que  pour  ce 
premier  jour  devroit  avoir  encores  une  table  à  la  main 
dextre  du  prince,  où  pourroient  seoir  les  ambassa- 
deurs venuz  devers  le  prince,  affin  que  plus  à  leur 
aise  ilz  puissent  regarder  et  veoir  l'honnesteté  du  ser- 


1.  Dans  ses  Gaiges  de  batailles,  La  Marche  se  sert  de  cette 
expression  pour  désigner  une  table  à  manger. 


176  MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

vice  des  chevalliers.  Et  doivent  estre  servys  iceulx 
ambassadeurs,  selon  la  quantité  qu'ilz  sont,  semblable- 
ment  que  le  prince.  Et  affin  que  je  ne  faice  faulte  en 
ceste  ordonnance,  se  le  lieu  de  la  salle  le  peult  por- 
ter, il  doibt  avoir  au  boult  de  ladite  salle,  regardant 
sur  la  grant  table,  ung  hourt  qui  soit  treillié,  affin  que 
la  princesse  et  les  dames  puissent  estre  sur  ledit  hours 
et  puissent  veoir  et  non  estre  veues,  s'il  ne  leur  plaist, 
et  par  ce  moien  porront  les  dames  regarder  et  veoir 
ladite  solempnité.  Et  si  doibt  avoir  tenant  à  icelle  salle 
chambre  ou  lieu  propice  pour  retirer  la  viande,  affin 
qu'elle  soit  mise  à  proffit  tant  pour  le  service  comme 
pour  les  povres. 

Or,  avons  nous  mis  en  ordre  le  fait  des  tables 
d'icelle  salle  pour  le  premier  jour.  Et  fault  encores 
préparer  deux  chambres  et  deux  tables  en  chacune 
une.  Et  seront  ces  deux  tables  chacune  pour  deux  plats 
de  viande  seullement  :  la  première,  pour  les  ambassa- 
deurs, car  le  second  jour  ilz  ne  pourroient  seoir  en  la 
salle,  comme  je  diray  cy  après  ;  la  seconde,  pour  fes- 
toyer gens  de  villes,  prelatz  et  autres  sourvenans, 
selon  que  le  mettray  en  l'ordre,  l'un  point  après 
l'autre.  Et  doit  souffire  quant  à  ce  que  j'ay  devisé  de 
toutes  les  tables  qui  sont  nécessaires  à  servir  à  celle 
noble  feste.  Et  maintenant  est  besoing  que  je  declaire 
la  préparation  du  service  pour  ce  premier  jour. 

Il  est  apparent  que  vous  aurez  quinze  ou  seize  che- 
valliers portans  l'ordre  presens  à  ce  jour.  Et  est  de 
nécessité  et  de  coustume  que  vous  ayez  autant  de  platz 
que  de  chevalliers  et  que  de  officiers,  car  chacun  doit 
estre  servy  à  part  soy  selon  la  fondacion  d'icelle  ordre. 
Et  pour  ce  que  sus  la  grand  table  où  tous  les  chevalliers 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE.  177 

sont  assiz  pour  celluy  jour  pourroient  [faire]  confusion 
de  metz  et  de  viandes,  il  semble  qu'il  souffit  pour  cha- 
cun plat  six  suytes  tant  pour  les  chevalliers  que  pour 
les  officiers  de  l'ordre.  Et  je  prens  le  service  de  la 
grande  table  à  quinze  platz,  les  services  des  officiers 
à  quatre  platz,  chacun  plat  furny  de  huyt  ou  de  six 
suytes.  Et  doit  estre  servi  ce  premier  jour  à  quatre 
fois.  Et  pour  continuer  le  nombre  des  platz,  il  fault 
icelluy  jour  ung  plat  de  viande  servy  à  quatre  fois 
comme  les  autres ,  et  ce ,  pour  servir  les  dames  qui 
seront  sur  le  hourt  regardant  lafeste.  Mais  les  maistres 
d'hostelz  n'en  seront  en  riens  ensoingnié,  pour  ce  que 
les  gens  de  madame  lèveront  icelle  viande  et  serviront 
sur  le  hourt  de  ce  qu'il  y  fauldra.  Et  au  regard  de  la 
gallée  à  potence,  qui  sera  en  la  salle  pour  les  officiers 
et  heraulx  d'armes,  il  se  servira  en  petitz  services  par 
deux  et  deux  et  quatre  et  quatre.  Et  si  est  nécessité 
d'avoir  encoires  deux  platz  de  viande  en  une  chambre 
pour  festoyer  les  quatre  jours  diverses  gens  selon  qu'il 
sera  advisé,  et  que  iceulx  ayent  ung  chief  pour  les 
recueillir  et  ung  gentilhomme  qui  tiegne  lieu  de  maistre 
d'hostel  pour  soingnier  du  service  et  de  ce  qu'il  fault 
en  icelle  chambre.  Et  ainsi  pour  ce  premier  jour  vous 
aurez  xxmi  ou  xxv  platz  de  viande,  sans  y  comprendre 
le  service  des  heraulx  et  les  chantres  qui  doivent  estre 
délivrez  en  viandes  crues.  Et  n'est  pas  besoing  que  je 
declaire  les  metz  et  entremetz  qu'il  fault  despenser  à 
icelle  feste,  car  il  demeure  à  la  discrétion  des  maistres 
d'hostel  et  en  ordonneront  selon  les  saisons  et  selon 
qu'ilz  verront  qu'il  sera  'besoing.  Et  si  est  nécessité 
que  pour  chacun  plat  soit  ung  gentilhomme  ordonné 
et  devant  lequel  il  doit  servir,  affin  qu'il  n'y  ayt  faulte 
IV  \% 


178  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

ou  service,  et  celluy  gentilhomme  se  furnira  de  servi- 
teurs pour  porter  le  nombre  des  platz  ordonnez  après 
luy.  Et  ainsi  tous  les  autres,  et  les  gentilzhommes  et 
serviteurs  des  chevalliers  ou  officiers  serviront  de  vin 
et  autres  choses  nécessaires.  Et  me  semble  que  j'ay 
assez  devisé  pour  ceste  fois  de  la  manière  du  service,  et 
au  surplus  nous  reverrons  point  après  autres  comment 
se  doibt  continuer  ceste  noble  feste  jour  après  autres. 
Il  est  certain  que  ceste  noble  feste  se  doibt  commen- 
chier  à  la  veille  du  jour  prefix  et  ordonné,  et  doibvent 
aller  les  chevalliers  à  vespres  ayans  leurs  manteaulx, 
chapperons  et  colliers  de  l'ordre  au  col;  et  doivent 
marchier  deux  et  deux,  après  les  quatre  officiers  de 
l'ordre  qui  doivent  estre  d'ung  front.  Et  au  regard  des 
chevalliers,  ilz  doibvent  marcher  les  premiers  selon 
qu'ilz  sont  derrenierement  entrez  en  l'ordre.  Et  pour 
tout  ramentevoir,  combien  que  j'en  ay  parlé,  les  che- 
valliers faiz  en  ung  jour,  celluy  qui  a  esté  plus  ancien- 
nement chevallier  doit  précéder,  et  ainsi  d'ordre  en 
ordre.  Et  le  chief  doit  marchier  le  dernier,  son  espée 
devant  luy,  ses  sergans  à  mâche  et  ses  huissiers  à  cos- 
tieres.  En  ceste  ordre  marcheront  à  cheval  jusques  à 
l'église  préparée  pour  tenir  icelle  solempnité,  et  vien- 
dront au  cueur  en  celle  règle,  et  chacun  chevallier 
recongnoistra  le  tableau  de  ses  armes  et  se  mettra  es 
formes  à  l'endroit  d'icelluy  tableau.  Et  là  se  diront  les 
vespres  sollempnelles,  et  ne  fault  point  oublier  que  les 
prelatz  voisins  doivent  estre  mandez  par  le  prince  et  à 
jour  compétent,  et  auront  leurs  bancqz  tapissez  auprès 
de  Phostel1  où  lesdits  prelatz  seront  revestuz  et  en 

1.  Lisez  :  autel. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  179 

habitz  de  prelatz.  Et  doibvent  estre  iceulx  prelatz  déli- 
vrez de  pain  et  devin  durant  ladite  feste.  Et,  les  vespres 
[dites],  les  chevalliers  s'en  retourneront  comme  ilz 
sont  venuz  et  yront  tout  droit  au  lieu  de  leur  conclave. 
Et  ce  jour  commencheront  à  traicter  de  leurs  affaires. 

Le  lendemain,  qui  est  le  jour  ordinaire1,  en  celle 
meisme  ordre  et  habillement  retourneront  les  cheval- 
liers à  l'église  pour  oyr  la  grand  messe,  et  reprendra 
chacun  son  lieu  ordonné.  Et  à  celle  messe  et  à  l'heure 
que  l'on  doibt  aller  à  l'offrande,  par  ung  notable  frère 
prescheur  sera  faicte  une  briefve  collation  de  sermon 
qui  ramentevera  la  cause  de  la  fondacion  de  celle  noble 
ordre  et  à  quelle  intencion  fut  fondée  ceste  noble  con- 
frairie  et  amiable  fraternité,  concluant  au  chief  et  es 
chevalliers  qu'ilz  aient  en  mémoire  de  maintenir,  obser- 
ver et  garder  la  cause  de  ceste  noble  fondacion. 

Et  après  icelluy  sermon,  les  chevalliers  se  prépare- 
ront pour  venir  à  l'offrande,  et  le  roy  d'armes  de  la 
Thoison  d'or  doit  aller  prendre  le  chierge  ordonné 
pour  le  chief  de  l'ordre,  et,  après  la  révérence  faicte, 
il  doibt  dire  :  «  Vous,  tel,  chief  de  l'ordre  de  la  noble 
Thoison,  »  ensemble  ramentevoir  tous  ses  tiltres,  et 
dist  :  «  Venez  à  l'offrande  ;  »  et  doit  baillier  au  chief 
son  chierge  en  grande  humilité  et  révérence.  Et  puis 
après  doibt  le  roy  d'armes  regarder  de  tableau  en 
tableau  pour  présenter  les  chierges  chacun  en  son 
degré,  comme  il  appartient. 

Et  en  visitant  les  tableaux  par  ordre,  quand  il  trou- 
vera aucun  tableau  des  chevalliers  trespassez,  il  pren- 
dra le  chierge  d'icelluy  chevallier,  et,  en  faisant  reve- 

1.  Ne  serait-ce  pas  plutôt  :  ordonné? 


180  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

rence  audit  tableau,  se  mettra  le  roy  d'armes  en  la  place 
que  devroit  estre  le  chevallier,  s'il  vivoit,  et  puis  ira 
à  l'offrande  pour  luy,  sans  l'appeller  ou  nommer  pour 
celle  fois. 

Et  pour  venir  mieulx  à  l'esclaircissement  d'icelle 
noble  feste  et  à  la  manière  que  l'on  y  doit  tenir,  les 
chevalliers,  au  nombre  de  six  du  moins,  avecq  le  chief 
et  les  officiers  de  l'ordre  doibvent  tenir  ung  conclave 
et  là  prendre  et  conclure  ung  jour  prefix  pour  tenir 
icelle  feste  et  escripre  [à]  tous  les  Roix,  ducz  et  che- 
valliers d'icelle  noble  ordre  pour  eulx  trouver  au  jour 
advisé  en  telle  ville  qu'il  sera  conclud.  Et  doibt  estre 
six  mois  devant,  affin  que  les  loingtains  se  puissent 
préparer  de  venir  en  leurs  personnes  ou  d'envoyer 
leurs  procurations  ;  et  doivent  estre  icelles  procurations 
adreschées  à  chevalliers  portans  l'ordre  et  que  l'on  scet 
qui  sera  à  icelle  feste.  Et  pour  continuer  ceste  offrande, 
quant  le  roy  d'armes  viendra  tour  à  tour  aux  tableaux 
desabsens,  chacun  ensonrencg,  il  apportera  le  chierge 
comme  se  le  chevallier  y  estoit,  et  l'appellera  par  son 
nom  et  tiltre  qu'il  viengne  à  l'offrande.  Et  tantost  se 
présentera  le  chevallier  qui  aura  la  procuration  de  luy 
et  prendra  le  chierge  et  yra  offrir  pour  luy. 

Et  au  regard  des  chevalliers  qui  seront  presens,  ilz 
seront  appeliez  à  leur  tour,  et  leur  baillera  on  leur 
chierge  pour  aller  à  l'offrande.  Et  se  doit  entendre  que 
les  chevalliers  presens  et  absens,  les  absens  par  pro- 
cureurs et  les  presens  par  leurs  mesmes  personnes, 
yront  à  l'offrande  deux  à  deux,  ainsi  qu'ilz  seront  appel- 
iez. Mais  pour  les  mors,  nulz  ne  yra  à  l'offrande  que  le 
roy  d'armes  seullement,  se  ce  n'estoit  que  le  chief  fust 
trespassé.  En  ce  cas,  l'héritier,  comme  releveur  de 


MÉMOIRES  D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE.  181 

l'ordre,  yroit  à  l'offrande  pour  le  deffunct,  et  l'accom- 
paigneroient  tous  les  chevalliers  confrères  presens.  Et 
ainsi  se  passera  la  solempnité  de  l'offrande,  et,  la 
messe  dicte,  les  officiers,  les  chevalliers  et  le  chief  se 
remettront  en  ordre  comme  ilz  sont  venuz  et  retour- 
neront à  l'hostel  et  entreront  en  le  conclave  pour  besoi- 
gnier  à  leurs  affaires  et  pour  eulx  aysier.  Et  tandis  se 
préparera  le  disner  et  la  manière  du  service  comme  il 
appertient.  Le  disner  prest,  les  maistres  d'hostel 
doivent  advertyr  le  chief  et  les  chevalliers  et  ceulxqui 
sont  à  appeller  pour  venir  à  ce  noble  convive.  Et  vien- 
dront les  officiers,  les  chevalliers  et  le  chief  en  l'ordre 
accoustumée,  à  tous  leurs  abillemens  qu'ilz  auront 
porté  à  l'église,  et  se  retireront  sur  le  hault  marche- 
piet,  près  de  la  table  et  à  la  dextre  main,  et  là  sera 
donné  l'eaue  au  chief  pour  laver  ses  mains  par  le 
premier  eschanson  et  la  serviette  par  l'un  des  grans 
princes  qui  sera  présent  sans  estre  de  l'ordre.  Et  puis 
viendront  les  escuiers  à  plusieurs  bachins  et  donneront 
à  laver  par  une  esghiere  ou  par  plusieurs  à  tous  les 
chevalliers  et  pareillement  aux  officiers,  et  doit  laver  le 
chancellier  à  part,  et  les  autres  trois  ensemble.  Et  à 
celle  mesme  foiz  se  doibt  bailler  l'eaue  aux  ambassa- 
deurs. Et,  l'eaue  donnée,  le  chief  doit  seoir  au  milieu 
de  la  table  et  dechà  et  delà  de  luy  les  chevalliers  con- 
frères et  portant  l'ordre.  Et  doibt  prendre  le  roy 
d'armes  soing  que  chacun  chevallier  tiengne  son  ordre 
comme  il  appertient.  Et  puis  s'assiseront  les  officiers 
de  l'ordre  comme  il  appertient  et  les  ambassadeurs 
chacun  à  leur  table,  et  doivent  soingnier  les  maistres 
d'hostel  que  chacun  ambassadeur  soit  assiz  en  son 
rencq  et  en  l'ordre  qu'il  doibt  aller.  Et,  les  cheval- 


182  MÉMOIRES    D'OLIVIER   DE    LA    MARCHE. 

liers  assiz,  les  ambassadeurs  et  les  officiers,  les 
officiers  domesticques  serviront  selon  le  temps  de 
prince  ordonné ,  assavoir  au  mois  de  may  de  bure ' 
fretz,  se  c'est  en  juing,  de  frezes  ou  de  serizes,  en  juil- 
let de  prunes  ou  de  tranches  meures,  en  août  ou  en 
septembre  de  raisins.  Et  ainsi,  selon  le  temps,  ilz  seront 
serviz  de  fruit  chacun  à  part  soy  pour  celluy  jour.  Et  ce 
c'est  jour  de  poisson,  ilz  auront  Tipogras  blanc  et  les 
rotties  pour  le  commenchement.  Et  tandis  que  l'on 
fera  le  service,  l'uissier  de  salle  criera  tout  hault  à  la 
viande,  chambelan  nommez.  Et  doibvent  estre  choisiz 
et  advertiz  les  chambellans  qui  porteront  la  viande  du 
prince;  et  le  premier  pannetier prendra  sa  serviette,  et 
se  mettront  les  maistres  d'hostel  devant  pour  aller  à  la 
viande.  Et  chacun  gentilhomme  ordonné  pour  le  ser- 
vice seront  furny  de  ceulx  qui  doibvent  porter  la 
viande  dessoubz  eulx.  comme  j'ay  dit  devant.  Et,  la 
viande  chargée,  entreront  les  premiers  en  la  salle, 
trompettes,  menestriers  et  joueurs  des  instrumens,  et 
puis  les  officiers  d'armes  ayant  leurs  costes  d'armes 
vestues,  et  après  iceulx  venront  deux  et  deux  les  grans 
pensionnaires  et  les  grans  seigneurs  de  l'hostel  qui  ne 
sont  point  de  Tordre.  Et  après  iceulx  venront  les 
maistres  d'hostel,  et  puis  le  grand  maistre  d'hostel 
et  le  premier,  puis  le  pannetier  et  sa  syeutte2  de 
metz,  et  après  les  gentilzhommes  et  leur  charge.  Et  se 
doibt  icelluy  service  entretenir  et  chacun  escuier  sça- 
voir  devant  lequel  chevallier  il  doibt  servir  et  asseoir 
ses  metz. 


1.  Beurre. 
î.  Suite. 


MÉMOIRES    DOUY1ER    DE    Là    MARCHE.  183 

Et  en  continuant  l'ordre  du  service,  comme  j'ay  dit. 

premier  les  gens  de  madame  serviront  les  dames  qui 
seront  au  liourl.  et  se  seront  ser\  i/  de  deux  plat/  de 
viande  ceux  qui  seront  dans  la  seconde  chambre.  El 
semble  que  se  doibvent  estre  eeulx  de  la  Ion  et  les 
notables  de  la  ville  où  se  tient  celle  teste  et  au  nombre 
île  huiet  ou  dix.  de  plus  gens  de  bien.  Et  doibt  en  avoir 
regard  que  de  festoier  ieeulx  pour  ee  que  communé- 
ment eeulx  des  villes  font  dons  et  gratuit/  pour  tenir 
icelle  te>te.  Et  doivent  ieeulx  estre  prie/  et  advertii 
de  œ  jour  devant  par  l'un  des  maistres  d'hostel.  Ht 
après  ieeulx  services,  on  doibt  servir  la  gallee  desotli- 
eiers  et  des  heraulx  en  petit  service,  comme  j'a\  dit 
une  ibis. 

Or.  est  nostre  premier  service  ordonne.  Et  tault 
desservir  ee  premier  sen  ice  pour  apporter  le  second. 
et  doit  l'ausmonier  et  le  varie!  d'aulmosne  avoir  mande 
toutes  prestes  pour  reeueilir  la  viande  desservie  et  le 
appoinctier  au  lieu  ordonne  pour  retirer  ladite  viande, 
et  ee.  sous  L'auctorité  vie  l'eseuier  de  cuisine  pour  en 
ordonner  comme  j'en  diray  cy  après.  Ce  premier  ser- 
vice desservy,  on  retournera  au  second  met/  eu  ordre 
premier.  El  sera  servi  le  prince  et  les  chevalliers  du 
second  metz  en  l'ordre  île  la  première  toi/,  ensemble 
les  tables  de  la  salle  et  de  ailleurs  ordonne  pour  ee 
disner.  Et  seront  les  chevalliers  servis  de  vin  par  les 
gentilshommes  qui  sont  à  eulx,  et  lechiefpar  son  pre- 
mier eschançon,  et  trenchera  devant  ln\  son  premier 
eseuver  treueliant.  car  a  ce  jour  solempiul  doivent 
lo  eliiel'/  d'offices  servir  avant  tous  autres.  Et  en  con- 
tinuant le  premier  service  se  sers  ira  la  salle  par  quatre 
foiz.  Et  se  entremet/  y  a.  il  se  doit  apporter  au  troi- 


184  MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE  LA   MARCHE. 

siesme  service,  et  lesquelz  entremetz  sont  à  deviser 
es  maistre  d'hostel  pour  faire  parure  à  ladite  feste. 

Les  quatre  services  passez  et  recœullis,  on  servira 
d'ipogras  et  d'oblies  chacun  à  part  soy.  Les  escuiers 
apportent  l'ipogras,  et  le  premier  pannetier  doit  servir 
d'oblies  à  la  table  du  prince.  Et  ne  doibt  nulz  asseoir 
d'oblies  sans  son  congié  à  icelle  table  ;  et  se  parfera  le 
service  à  la  salle.  Mais  au  regard  de  la  gallere  des  offi- 
ciers et  des  heraulx,  ilz  ne  ont  point  accoustumé  d'estre 
servis  d'ipogras  ne  de  oublies;  mais  doivent  à  ce  ser- 
vice lever,  et  doivent  les  fouriers  abatre  leurs  tables 
pour  monstrer  la  salle  plus  grande  et  plus  unie.  Et,  ce 
service  passé,  se  lèveront  premièrement  les  quatre 
officiers  et  les  ambassadeurs  tout  à  une  foiz,  et  seront 
leur  table  abbatue ,  et  puis  les  fouriers  abbateront  la 
grand  table  et  se  lèveront  les  chevalliers  en  faisant 
honneur  et  révérence  à  leur  chief,  et  seront  les  grâces 
dites  pour  celluy  jour  par  l'aulmosnier  ou  par  le  pre- 
mier chappellain.  Ettantost  après  les  maistres  d'hostel 
feront  venir  les  espices  à  ung  dragioir  couvert  pour 
le  chief,  et  les  autres  ne  seront  point  couvert.  Et  y 
doit  avoir  plusieurs  dragioirs.  Le  premier  eschanson 
doit  apporter  le  vin  pour  le  prince  et  en  doibt  servir 
avant  tous  autres,  se  ce  n'estoit  que  le  filz  du  prince, 
héritier  apparant,  fut  présent  pour  servir  son  père.  Et 
au  regard  du  dragioir,  le  plus  grand  prince  ou  person- 
naige  qui  ne  sera  point  de  l'ordre  doit  servir  le  prince 
du  dragioir,  et  puis  le  rendre  es  mains  de  l'espicier, 
et  après  les  maistres  d'hostel  doivent  servir  les  sei- 
gneurs des  dragioirs  et  les  escuiers  de  vin.  Et  conse- 
quemment  doivent  estre  servis  les  ambassadeurs  et 
les  officiers  de  l'ordre.  Et  souffit  quant  au  vin  et  espices 


MÉMOIRES   D  OLFVIER   DE   LA   MARCHE.  1  85 

pour  celle  salle  seullement.  Et  n'est  à  oublier  que  à  si 
grande  solempnité  on  a  accoustumé  de  donner  lar- 
gesse, et  se  doibt  crier  à  l'heure  que  l'on  fait  le  ser- 
vice d'oubliés  et  d'ipogras,  où  doivent  estre  tous  les 
officiers  portant  costes  d'armes  et  Thoison  d'or  ou  le 
principal  officier  présent. 

Ce  service  passé,  les  chevalliers  se  retireront  en  leur 
conclave,  et  tandis  se  prépareront  les  vigilles  à  la 
grande  église  où  les  chevalliers  doivent  aller  en  l'ordre 
accoustumée  ;  mais  ilz  seront  vestuz  et  parez  de  grans 
manteaulx,  robbes  et  chapperons  noirs,  car  celle 
seconde  journée  et  ses  vespres  sont  ordonnez  pour 
prier  pour  les  trespassez  confrères  de  l'ordre.  Et  se 
mettront  chacun  devant  son  tableau  comme  devant, 
et  n'est  pas  à  oublier  que,  le  disner  fait  chacun  jour, 
les  maistres  d'hostel  soingneront  de  mettre  une  table 
pour  ceulxqui  auront  servy  et  qui  disner  voldront,  et 
principallement  les  nobles  hommes  ;  et  sera  icelle  table 
dressée  en  la  grand  salle  ;  et  doibt  l'escuier  de  cuisine 
soingnier  de  les  servir  de  la  plus  honneste  viande  qui 
sera  demorée.  Et  semblablement  ceulx  delapaneterie, 
de  l'eschançonnerie  et  autres  officiers  serviront  icelle 
table  comme  il  appertient.  Et  ainsi  se  passera  la  pre- 
mière journée  d'icelle  feste,  et  retournerons  à  la 
seconde  journée  qui  commenchera  par  les  vigilles  et 
en  la  manière  que  j'ay  dit. 

Et  pour  entrer  en  celle  seconde  journée,  les  cheval- 
liers yront  lendemain  à  la  messe  en  l'ordre  accoustu- 
mée, parez  et  vestuz  de  noir,  et  entrera  chacun  en  sa 
place,  et  se  dira  la  grand  messe  pour  les  trespassez; 
et  là  devant  l'offertoire  doit  le  greffier  de  l'ordre  faire 
une  brieve  collacion  en  ramentevant  tous  les  cheval- 


186  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

liers  trespassez  d'icelle  confrairie  et  parler  de  leurs 
nobles  meurs  et  de  leurs  nobles  faiz,  et  après  se  con- 
duyra  l'offrande  en  la  manière  du  premier  jour.  Et,  la 
grand  messe  achevée,  les  chevalliers  s'en  retourneront 
à  l'hostel  en  la  manière  et  en  l'ordre  accoustumée,  et 
se  retireront  en  leur  conclave,  et  tandis  se  préparera 
le  second  disner,  et  seront  les  tables  dressées  comme 
je  diray. 

Les  fouriers  drescheront  la  table  du  prince,  qui  sera 
assez  longhue  et  pour  asseoir  trois  personnes  seulle- 
ment,  assavoir  le  prince  au  millieu,  le  prélat  qui  aura 
dit  la  messe  au  dextre  boult  et  ung  prince  ou  ambas- 
sadeur au  bout  senestre.  Et  au  regard  des  aultres  che- 
valliers de  l'ordre,  ilz  seront  à  une  table  mise  au.mil- 
lieu  où  les  ambassadeurs  auront  esté  du  jour  devant, 
et  seront  assiz  tous  d'ung  costé,  et  seront  servys  par 
trois  ou  par  quatre  platz,  chacun  furny  de  huyt  ou  dix 
suytes,  comme  la  table  du  prince.  Et  au  regard  des 
quatre  officiers  de  l'ordre,  ilz  auront  leur  place  accous- 
tumée, et  seront  serviz  par  deux  platz  de  viande, 
chacun  plat  furny  d'autant  de  suytes  que  les  autres.  Et 
au  regard  de  la  gallée,  elle  sera  servie  comme  le  jour 
précèdent,  et  les  dames  qui  seront  au  hourt  regardant 
la  feste  seront  servie  comme  le  prince.  Et  fault  reve- 
nir pour  le  festoiement  des  ambassadeurs  qui  auront 
chambre  ordonnée,  nobles  gens  et  gens  de  bien  pour 
les  servir,  et  d'autant  de  metz  que  le  prince.  Et  au 
regard  de  la  chambre  où  furent  festoiez  le  premier 
jour  les  notables  de  la  ville,  celluy  second  jour 
seront  festoyez  les  prelatz  venuz  à  la  feste  et  doient 
estre  priez  au  vigilles  par  les  maistres  d'hostel  qui 
en  doivent  faire  la  diligence.  Et  sont  tous  les  platz  qu'il 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LA  MARCHE.  187 

fault  pour  celluy  jour  qui  sont  en  nombre  de  quatorze 
platz  furniz  de  huyt  ou  dix  suytes,  comme  dit  est,  et 
ce  servira  pour  ce  jour  à  trois  foiz  et  chacune  foiz  à 
chacun  plat  servy  desdites  suytes.  Et  après  le  me  ser- 
vice, on  servira  des  oblies  et  de  ypocras  comme  le 
jour  devant.  Et  doivent  les  prelatz  tous  revenir  en  la 
salle  pour  dire  et  respondre  les  grâces.  Et,  les  tables 
levées,  seront  rapporté  le  vin  et  les  espices  comme  le 
jour  devant,  et  après  que  les  chevalliers  auront  esté 
servys  les  platz  de  vin  et  de  espisses...  Et  j'ay  volen- 
tiers  prins  la  paine  de  declairer  le  service  de  ce  second 
jour  pour  abregier  mon  escripture.  Et,  le  disner 
apresté,  viendront  les  chevalliers  et  seront  à  table 
comme  est  escript  cy  dessus.  Et  ainsi  se  passera  ce 
second  disner. 

Et  pour  continuer  l'ordre  du  troisiesme  jour,  les 
chevalliers  yront  celluy  jour  aux  vespres  du  Sainct 
Esprit,  vestuz  de  robes  de  velours  cramoisy  et  les  chap- 
perons  de  meismes,  et  tenront  l'ordre  accoustumée 
tant  à  marchier  comme  à  l'église,  et  chacun  jour  y  aura 
offrande  coutumée  comme  le  premier  jour.  Et  se 
durant  le  temps  élection  estoit  faicte  d'aucuns  cheval- 
liers presens  et  qu'ilz  portassent  l'ordre,  ilz  pourroient 
[entrer]  au  conclave  comme  les  autres  et  au  disner 
polroient  estre  assiz  avecq  les  aultres  chevalliers, 
pourveu  qu'ilz  fussent  vestuz  comme  les  autres.  Mais 
au  service  de  l'église  ne  peullent  y  aller  pour  celle 
feste,  pource  qu'ilz  ne  sçauroient  tenir  ordre  et  ne 
trouveroient  nulz  tableaux  de  leurs  armes  comme  les 
autres  premiers1. 

I.  Le  ms.  donne  cette  note  en  apostille  :  «  L'on  ne  faict  nulles 


188  MÉMOIRES   D  OLIVIER   DE   LA   MARCHE. 

Ce  troisiesme  jour  yront  les  chevalliers  en  l'ordre 
accoustumée  ouyr  la  grand  messe  du  S'  Esprit,  et 
seront  vestuz  de  robbes  de  velours  cramoisy ,  et  comme 
le  vespre  devant  ;  à  icelle  grand  messe  se  fera  l'of- 
frande en  la  manière  accoustumée,  et  n'y  aura  ny  ser- 
mon ny  ramentevance  ;  et,  la  messe  dicte,  s'en  retour- 
neront en  leur  ordre  et  rentreront  en  leur  conclave,  et 
puis  reviendront  en  la  salle  qui  sera  préparée  comme  le 
jour  devant.  Et  pour  le  festoyement  des  estrangiers 
seront  nouvelles  gens  priez  au  disner  celuy  jour  en  la 
chambre  où  ont  esté  festoyez  les  gens  de  villes  et  prelatz . 
Et  si  doibt  seoir  en  la  table  du  prince  ung  aultre  prélat 
que  le  jour  de  devant,  et  pareillement  ung  prince  ou 
ambassadeur  autre  que  le  premier  pour  mieulx  décorer 
icelle  feste  ;  et  doivent  estre  servis  à  trois  fois  comme  le 
jour  devant,  et  à  chacune  foiz  suyte  de  huit  ou  de  dix.  Et 
chacun  jour  se  doivent  assembler  ensemble  les  maistres 
d'hostel,  escuier  de  cuisine  et  le  keulx  pour  deviser 
leur  metz  et  leurs  viandes  qui  doivent  estre  diverse 
chacun  jour  et  le  plus  que  l'on  peult  faire.  Le  prélat 
doibt  dire  les  grâces  et  les  seigneurs  levez  retourne- 
ront en  leur  conclave.  Et  ne  soit  pas  oublié  que  les 
ambassadeurs  soient  chacun  jour  festoyé  en  leurs 
chambres  comme  il  appertient. 

Pour  les  quatriesmes  vespres,  les  chevalliers  yront 
à  la  grand  église,  vestus  de  robbes  de  drap  de  damas 


élections  que  après  les  corrections  et  toute  sollempnité  d'église 
passée,  et  ne  peuvent  nouveaulx  chevalliers  d'ung  chapitre  estre 
à  la  correction  en  la  feste  en  laquelle  ilz  sont  esleuz  chevalliers 
de  l'ordre,  ny  aux  élections  d'autres  au  mesnie  chapitre.  »  Cette 
note  est  hien  postérieure  à  La  Marche  et  émane  sans  doute  de 
Laurent  du  Blioul,  seigneur  du  Sart. 


MÉMOIRES   D'OLIVIER   DE   LÀ   MARCHE.  189 

blancq  etleschapperons  de  velours  cramoisi,  et  retour- 
neront en  leur  siège  accoustumé,  et  après  les  vespres 
retourneront  en  leurs  conclaves.  Et  lendemain  yront 
oyr  la  messe  de  Nostre  Dame,  car  c'est  en  l'honneur 
d'elle  que  a  esté  fondée  celle  quatriesme  journée.  Se 
fera  l'offrande  accoustumée  et  n'y  aura  autre  sermon 
ne  ramentevance  ;  puis  s'en  reviendront  en  leur  con- 
clave, et  tandis  se  préparera  le  disner  où  viendront  les 
chevalliers;  et  seront  les  tables  comme  le  jour  devant. 
Et  tousiours  pour  accompaignier  le  prince  nouveaulx 
prelatz,  nouveaux  princes  ou  ambassadeurs  ;  et,  le 
service  fait  et  les  cérémonies  accoustumées,  se  retire- 
ront les  chevalliers  en  leurs  conclaves.  Et  à  tant  j'ay 
fait  fin  de  la  manière  du  service  et  comment  se  doibt 
conduire  ceste  feste  pour  les  quatre  jours.  Et  n'est  à 
oublier  que  les  officiers  de  l'ordre  doivent  tous  les 
jours  avoir  pain  et  vin  pour  leur  couchier  et,  s'il  y  a 
jour  de  jeusne,  ilz  doivent  avoir  les  espices.  Et  ce  doibt 
ceste  despence  de  ses  quatre  jours  compter  par  les 
maistres  d'hostel,  contrerolleur  et  clercq  des  offices, 
en  la  présence  de  aucuns  des  finances  commis,  et,  l'ar- 
ticle passé,  il  se  doibt  escripre  es  escroes  pour  une 
fois  et  par  une  autre  escroe  que  la  despence  ordinaire. 
Et  à  tant,  mon  très  redoubté  et  souverain  seigneur,  je 
fay  fin  en  ce  présent  advis,  lequel  je  submetz  à  la  cor- 
rection de  vous  et  de  ceulx  de  l'ordre,  ce  j'ay  en  aucun 
point  peu  mis  ou  plus  parlé  que  je  ne  devoye,  me 
recommandant  en  toute  humilité  en  vostre  noble  grâce. 


TABLE 

DES   PIÈGES  ANNEXÉES. 


S'ensuyt  Testât  de  la  maison  du  duc  Charles  de  Bourgoingne, 
dit  le  Hardy.  Page  1 

Traictié  des  nopces  de  Monseigneur  le  duc  de  Bourgoingne  et 
de  Brabant.  95 

Lettre  d'Olivier  de  la  Marche  au  comte  de  Nevers.  445 

Mémorial  de  la  fête  de  la  Toison -d'Or  tenue  à  Bois -le -Duc 
en  1481.  146 

Advis  des  grans  officiers  que  doit  avoir  ung  roy  et  de  leur  povoir 
et  entreprise.  153 

Espitre  pour  tenir  et  célébrer  la  noble  feste  du  Thoison  d'Or 
faite  et  composée  par  et  comme  s'ensuyt.  158 


PRINCIPAUX  OUVRAGES 


CITES  DANS  LA  TABLE 


LISTE  DES  ABRÉVIATIONS  QUI  Y  SONT  CONTENUES 


Ans.  —  P.  Anselme,  Histoire 
généalogique  de  la  maison  de 
France,  9  vol.  in-fol. 

Argh.  Côte-d'Or.  —  Archives 
du  département  de  la  Côte- 
d'Or. 

Arch.  Nord.  —  Inventaire  des 
Archives  du  département  du 
Nord. 

Argh.  nat.  —  Archives  natio- 
nales. 

Arm.  comptes.  —  J.  d'Arbau- 
mont,  Armoriai  de  la  Chambre 
des  comptes  de  Dijon,  d'après 
le  ms.  médit  du  P.  Gautier. 

Art  dates.  —  L'art  de  vérifier  les 
dates,  3e  édit.,  3  vol.  in-fol. 

Bar.-Gach.  —  Barante,  His- 
toire des  ducs  de  Bourgogne  de 
la  maison  de  Valois,  édit.  Ga- 
chard,  1840,  2  vol.  in-8°. 

Beaug.  —  Chronique  de  Mathieu 
d'Escouchy,  édit.  Beaucourt 
(Société  de  l'histoire  de  Fran- 
ce), 2  vol.  in-8°,  table. 

Beaune,  Hist.  Rab.  —  Histoire 
généalogique  de  la  maison  de 
Rabutin,  éditée  par  Henri 
Beaune,  1866,  1  vol.  in-8°. 

Boull.  —  Boullemier  (l'abbé), 
Notes  pour  les  Mémoires  d'Oli- 
vier de  la  Marche,  ms.  Biblio- 
thèque de  Dijon  (copie  aux 
mains  des  auteurs). 


Boull.  Généal.  Rolin.  —  Nicolas 
Rolin,  chancelier  de  Bourgo- 
gne. Notice  historique  sur  sa 
famille,  par  l'abbé  Boulle- 
mier, avec  une  introduction 
et  des  notes  par  J.  d'Arbau- 
mont,  1865,  in-8°. 

Chast.  —  Œuvres  de  G.  Chastel- 
lain,  édit.  Kervyn  de  Letten- 
hove. 

Chevalier. —  Mémoires  pour  ser- 
vir à  l'histoire  de  Poligny, 
1769,  2  vol.  in-4<>. 

Comm.-Brux.  —  Mémoires  de 
Philippe  de  Commines,  édit. 
de  Bruxelles. 

Comm.-Buch.  —  Les  mêmes, 
édit.  du  Panthéon  littéraire. 

Comm.-Dup.  — Les  mêmes,  édit. 
Dupont  (Société  de  l'histoire 
de  France),  3  vol.  in-8°. 

Courtépée.  —  Description  géné- 
rale et  particulière  du  duché 
de  Bourgogne,  2e  édit.,  4  vol. 
in-8°. 

Du  Clercq.  —  Chronique  de  J. 
Du  Clercq,  édit.  du  Panthéon 
littéraire. 

Dunod.  Hist.  —  Dunod,  Histoire 
du  comté  de  Bourgogne,  1735- 
1737,  2  vol.  in-4°. 

Dunod.  —  Le  même,  Mémoires 
pour  servir  à  l'histoire  du 
comté  de  Bourgogne,  compre- 


192 


PRINCIPAUX   OUVRAGES   CITES. 


nant   le   Nobiliaire   de   cette 
province,  1740,  in-4°. 

Gollut.  —  Les  Mémoires  histo- 
riques de  la  République  sé- 
quanoise,  édit.  de  1846,  in-8°. 

Guich.  —  Guichenon,  Histoire 
de  Bresse  et  de  Bugey,  1  vol. 
in-fol.,  comprenant  4  parties 
et  deux  suites  ou  continua- 
tions. 

Guill.  —  Guillaume,  Histoire 
généalogique  des  sires  de  Sa- 
lins, 1757,  2  vol.  in-4°. 

D'Hozier.  —  Armoriai  général 
de  la  France,  10  vol.  in-fol. 

Kervyn.  —  Kervyn  de  Letten- 
hove,  Histoire  de  Flandre, 
2e  édit.,  4  vol.  in-8°. 

Labbey.  —  Labbey  de  Billy, 
Histoire  de  l'Université  du  com- 
té de  Bourgogne,  1814,  1815, 
2  vol.  in-4°. 

La  Barre.  —  Mémoires  pour 
servir  à  l'histoire  de  France  et 
de  Bourgogne,  1729,  in-4°. 

La  Chesn.  —  La  Chesnaye-des 
Bois,  Dictionnaire  de  la  no~ 
blesse,  1770-1786, 15  vol.  in-4° 

Mol.  —  Chroniques  de  Jean  Mo 
linet,  édit.  Buclion,  5  vol 
in-8°. 

Mor.  —  Moréri,  le  Grand  Dic- 
tionnaire historique. 


Palliot,  Mém.  —  P.  Palliot, 
Mémoires  généalogiques,  ms. 
de  la  Bibliothèque  de  Dijon, 
2  vol.  in-fol. 

Palliot,  Pari.  —  P.  Palliot, 
le  Parlement  de  Bourgongne, 
1649,  in-fol. 

Peinc.  —  Peincedé,  Recueils  de 
Bourgogne,  30  vol.  in-fol., 
mss.  des  Archives  de  la  Côte- 
d'Or. 

Publ.  Lux.  —  Publications  de  la 
section  historique  de  V  Institut 
royal  grand-ducal  de  Luxem- 
bourg, in-4". 

S1-Remy.  —  Chronique  de  J.  le 
Fèvre,  seigneur  de  Saint-Re- 
my,  édit.  Morand  (Société  de 
l'histoire  de  France),  2  vol. 
in-8». 

Tuetey.  —  Les  Êcorcheurs  sous 
Charles  VU,  2  vol.  in-8°. 

Wavrin.  —  Anchiennes  chro- 
nicques  d'Engleterre,  édit.  Du- 
pont (Société  de  l'histoire  de 
France),  3  vol.  in-8". 

Nota.  — Toutes  les  notices  dont 
les  sources  ne  sont  pas  indi- 
quées sont  empruntées  à  l'Art 
de  vérifier  les  dates,  au  Dic- 
tionnaire de  Moréri  ou  au  P. 
Anselme. 


TABLE  ANALYTIQUE 

DES  MATIÈRES 


Abbeville.  I,  131  note  1,  133; 
III,  2;  IV,  149.  Cédée  au  duc 
Philippe  par  le  traité  d'Ar- 
ras,  I,  225;  rachetée  par 
Louis  XI  et  transportée  au 
comte  de  Charolais  par  celui 
de  Conflans,  1, 125,  126;  prise 
par  le  seigneur  d'Escordes, 
III,  74,  75;  reprise  par 
Louis  XI,  I,  154. 

Abpsebrouch  (le  comte  d').Voy. 
Habsbourg. 

Achey  (Jean  d').  II,  117  note. 

Acre  (roi  d').  Voy.  Enguerand. 

Acre.  I,  78,  80,  81. 

Acres  (le  seigneur  d'),  gentil- 
homme anglais,  accompagne 
Marguerite  d'York  à  son  en- 
trée à  Bruges,  III,  111. 

Acrisius.  I,  112  et  note  4. 

Adam.  III,  115;  IV,  101. 

Adizeele  (Jean  d').  Voy.  Dadi- 
zeele. 

Adrians  (Luc).  III,  115  noie  2. 

Aellremare.  IV,  109. 

Aeneas  Sylvius.  Voy.  Pie  II. 

Aethra,  fille  de  Pitheus.  I,  113. 

Afflighem  (l'abbé  de),  négocia- 
teur du  traité  d'Arras  en  1482, 
III,  262  note  5. 

Afrique.  I,  110,  112,  113. 

Agénor  (le  roi).  I,  113. 

Agey  (château  d').  I,  334  note  2. 

IV 


Agolas  ou  Haultas,  roi  de  «Jé- 
rusalem. 1,  79,  80. 

Aiguës-Mortes.  III,  36  note  2. 

Ailly  (Jean  d'),  vidame  d'A- 
miens, baron  de  Picquigny, 
conseiller  et  chambellan  du 
roi,  f  1492  [Beauc  455].  — 
IU,  107  note  2. 

Ailly  (Jacqueline  d').  Voyez 
Etampes. 

Ailly  (Marie  d'),  sœur  de  Jac- 
queline ,  mariée  à  Antoine 
Rolin,  seigneur  d'Aymeries 
[Boull.  Généal.  Rolin,  36].  — 
II,  416  et  note  3. 

Aire.  III,  237  note. 

Ais,  près  Luxembourg.  II,  33, 
35. 

Aix-la-Chapelle.  I,  271;  IV, 
94  note  1.  Frédéric  IV  et 
Maximilien  y  sont  couronnés 
rois  des  Romains,  I,  276, 
277;  III,  286  et  notes  ^  1  et  4; 
ses  habitants  envoient  du 
vin  au  duc  Charles  pendant 
son  expédition  au  pays  de 
Franchimont,  212.  Voy.  aussi 
Notre-Dame  d'Aix. 

Albanie  (le  roi  d').  Voy.  Scan- 


Alberegale,  Albe-Royale,  assiégée 
et  prise  par  les  troupes  de 
Maximilien,  III,  307  et  note  3, 
308. 

Albergati  (Nicolas),  cardinal 

13 


194 


TABLE   ANALYTIQUE 


du  titre  de  Sainte-Croix,  ar- 
chevêque de  Bologne  en  1417, 
f  9  mai  1443.  —  I,  206  note  1. 
Ambassadeur  du  pape  à  l'as- 
semblée d'Arras,  I,  204  et  note 

I ,  208  ;  chargé  de  veiller 
à  l'exécution  de  certaines 
clauses  du  traité,  212,  214,  et 
de  recevoir,  avec  le  cardinal 
de  Chypre,  les  promesses  du 
roi  relatives  à  son  exécution, 
234. 

Albert  II  (V  d'Autriche),  em- 
pereur d'Allemagne,  f  1439. 
—  I,  26  et  note  A,  289  note  5; 

II,  2  note  2. 
Albine.  I,  118. 
Albion  (île  d').  I,  118. 
Albret  (Jean  d'),  sire  d'Orval, 

gouverneur  de  Champagne, 
f  10  mai  1524.  —  II,  335 
note  2. 

Alcumena,  fille  d'Amphitryon. 
I,  113. 

Alencon  (Jean  V,  le  Beau,  duc 
d'),°f  1476.— 1,235  et  note  3. 
Assiste  par  procureur  au  cha- 
pitre de  la  Toison  d'or  tenu 
à  Gand  en  1445,  II,  84  ;  prend 
part  à  la  ligue  du  Bien  pu- 
blic, III,  8  et  note  4. 

Alexandre  le  Grand.  I,  112, 
179. 

Alexandre  Bala.  III,  115;  IV, 
101,  102. 

Alexandre  (Luc),  médecin  de 
Milan.  II,  421  note  3. 

Alfarrobeira  (combat  d').  II,  139 
et  note  1. 

Aliénore  de  Portugal.  Voyez 
Eléonore. 

Alise.  I,  43,  44. 

Alise,  en  Bourgogne.  I,  44. 

Allemagne  (empereurs,  impé- 
ratrices d').  Voy.  Albert  II, 
Charles  V,  Ferdinand  Ier, 
.Frédéric  III  ou  IV,  Louis  V, 

MAXIMILIEN       Ier,       SlGISMOND, 

Venceslas,  Eléonore  de  Por- 
tugal, Elisabeth  de  Luxem- 
bourg. Voy.  aussi  II,  336. 
Allemagne.  I,  142,  271,  272;  II, 


7  note,  9  note  1,  26,  53,  119 
note  1,  264,  397  note  2  et  p. 
suiv.;  III,  285,  296,  297,  307; 
IV,  94,  154.  Adhère  au  pape 
Félix,  I,  263.  —  (cheval  d'). 

II,  76.  —  (cheveux  crêpés  à 
la  façon  d').  I,  319.  —  (cor- 
net d'i.  II,  356.  —  (cranequi- 
niers  d').  II,  259.  —  (gratuités 
d').  I,  281.  —  (langue  d').  I, 
272.  —  (ligue  de  la  Haute), 
comprise  dans  la  trêve  de  So- 
leuvre,  III,  226.  —  (noblesse 
d').  I,  90,  273.  — (piétons  d'). 

III,  282.  —  (princes  et  sei- 
gneurs d').  I,  23  note  1,  311; 
II,  399;  III,  286;  en  débat 
avec  le  seigneur  de  Saint- 
Georges  pour  la  seigneurie 
de  Joux,  I,  189;  convoqués  à 
Ratisbonne,  II,  337;  festoyés 
par  Charles  le  Téméraire  de- 
vant Neuss,  I,  138;  élisent 
Maximilien  roi  des  Romains, 

I,  175;  accompagnent  Frédé- 
ric IV  dans  son  expédition 
contre  les  Flamands,  III,  292 
et  s.  —  (seigneuries  d').  I,  23. 

Allemagncs  (les).  I,  21, 141,  189  ; 

II,  9,  61,  62,  403.  Les  bas- 
ses —  comprises  en  partie 
dans  le  royaume  de  Bour- 
gogne, I,  50.  Les  hautes  — , 

III,  310. 

Alleman  (Louis),  seigneur 
d'Arbent,  Coisselet,  Mornay 
et  la  Marche,  qualifié  par 
Commines  à'homme  vaillant 
et  expérimenté,  surtout  en  ar- 
mée de  mer,  lieutenant  du 
prince  d'Orange  lors  de  la 
conquête  de  Naples,  teste  en 
1494  ;  dernier  représentant  de 
la  branche  des  Alleman  d'Ar- 
bent [La  Chesn.  I,  186;  Guich. 
III  (continuation),  7].  —  Ac- 
cusé d'avoir  livré  à  Louis  XI 
le  château  de  Joux,  dont  la 
duchesse  Marie  lui  avait  con- 
fié la  garde,  III,  254  et  note  5, 
255  et  note  1. 

Alleman  (Louis),  évêque  de  Ma- 


DES   MATIERES. 


guelone,  archevêque  d'Arles, 
cardinal  du  titre  de  Sainte- 
Cécile  en  1426,  f  1450.  — 
Contribue  puissamment  à  la 
réunion  du  concile  de  Bàle, 
I,  260  et  note  1 . 

Allemands.  I,  274,  277  ;  II,  15, 
22,24,  36,  47,332,  333;  III, 
247  note  4,  281  note  4,  308. 
En  guerre  avec  le  roi  Clo- 
vis,  I,  55,  56  ;  leur  mépris 
des  bâtards,  MO;  servent  le 
duc  Philippe  dans  son  expé- 
dition du  Luxembourg,  II, 
18,  19  ;  autres  au  service  des 
Saxons,  29  et  suiv.;  leur  sage 
conduite,  29,  46  ;  députés  du 
comte  de  Gleichen,  37  ;  se  ré- 
fugient au  château  de  Luxem- 
bourg après  la  prise  de  la 
ville,  38  et  suiv.;  leur  capitu- 
lation, 45;  battus  à  Bàle,  62; 
harcèlent  les  troupes  du  dau- 
phin, ibid.;  défendent  Neuss 
contre  Charles  le  Téméraire, 
I,  137,  III,  92  et  suiv.;  bat- 
tus près  de  cette  ville,  99  et 
note  6  ;  servent  dans  les  trou- 
pes de  René  II  de  Lorraine, 
1, 142,  et  de  Maximilien,  174  ; 
ni,  273  et  suiv. 

Allés  ou  d'Ales  (Philippe  d'). 
Voy.  Dales. 

Alleux,  cédé  au  duc  Philippe 
par  le  traité  d'Arras,  I,  225. 

Allobrogie,  envahie  par  les  Ro- 
mains, I,  45;  prend  le  nom 
de  Bourgogne,  50,  57  ;  armes 
des  rois  d'  — ,  48.  —  (rois  d'). 

I,  57. 

Allobrogiens ,  ancien   nom   des 

Bourguignons.  1,44,  47,  119. 

Aloguet  (le  trompette),  pendu, 

II,  316. 

Alonse.  Voy.  Alphonse. 

Alost.  II,  222  note  1,  226,  227 
noie  1,  246,  251,  283,  303  et 
note  3;  III,  273;  IV,  109. 
Occupé  par  le  seigneur  de 
Ternant,  II,  226;  le  bâtard 
de  Blanc  -  Estrain  repoussé 
par  la  garnison  d'  — ,  286. 


\% 


Alphonse  V,  le  Sage  et  le  Ma- 
gnanime ,  roi  d  Aragon  en 
1416,  de  Naples  en  1441, 
f  22  juin  1458. —  I,  114;  II, 
220  note  2.  Chevalier  de  la 
Toison  d'or  au  chapitre  de 
Gand,  où  il  n'assiste  que  par 
procureur,  II,  84  et  note  8, 
89,  95  note  1  ;  ne  veut  pas 
souffrir,  comme  frère  d'ar- 
mes de  Philippe  le  Bon,  que 
les  seigneurs  de  sa  cour  tou- 
chent à  l'emprise  de  Jacques 
de  Lalaing,  203,  204. 

Alphonse  VI,  le  Vaillant,  roi 
de  Léon  et  de  Castille,  f  1 109. 
—  Sa  fille  naturelle  porte  le 
Portugal  en  dot  à  Henri  de 
Bourgogne,  I,  35  et  note  3. 

Alphonse  -  Henriquez,  roi  de 
Portugal  le  25  juillet  1139, 
f  6  décembre  1185.  —I,  35, 
81. 

Alphonse  II,  le  Gros,  roi  de 
Portugal  en  1211  ou  1212, 
f  25  mars  1223.  —  Ses  ex- 
ploits contre  les  Sarrazins,  I, 
36  et  note  4  ;  ses  différends 
avec  le  pape,  ibid. 

Alphonse  V,  l'Africain,  roi  de 
Portugal  en  1438,  f  28  août 
1481.  —  II,  137  et  note  1, 
210  note  2;  III,  227.  Le  duc 
de  Coimbre  lui  fait  épouser 
sa  fille,  II,  137  et  note  2;  vi- 
site Charles  le  Téméraire 
dans  son  camp  devant  Nan- 
cy, I,  142. 

Alsace  (Philippe,  Thierry  d'). 
Voy.  Flandre. 

Alsace,  II,  63  note.  —  (avouerie 
d').  Il,  2  note  2. 

Aman  (1')  de  Bruxelles.  II,  52. 

Amange  (Guillaume  d').  Voy. 
Bassant. 

Amboise.  III,  262  et  note  8. 

Amiens  (la  vidamesse  d').  Voy. 
Bourgogne  (Yolande  de). 

Amiens.  I,  133,  154;  III,  222. 
Cédé  à  Philippe  le  Bon  par  le 
traité  d'Arras,  I,  224  ;  racheté 
par  Louis  XI  et  transporté 


196 


TABLE   ANALYTIQUE 


au  comte  de  Charolais  par  le 
traité  de  Conflans,  I,  125;  li- 
vré à  Louis  XI,  III,  71  et 
note  1  ;  assiégé  par  Charles  le 
Téméraire,  I,  130;  III,  71  et 
note  2;  joutes  pendant  le  siège 
d'  — ,  72  ;  escarmouche  de- 
vant —,  79.  —  (le  bailli  d'). 
I,  223. 
Amorat-Bey  (1'),  Amorault  Beys, 
Lamouratkbaby ,  etc.  Corrup- 
tion du  nom  d'Amurat  II, 
que  La  Marche  applique  in- 
différemment sous  cette  for- 
me à  tous  les  sultans.  Voy. 
Amurat  II,  Bajazrt  Ier,  Ma- 
homet II. 
Amsterdam.  I,  155  note  1:  IV, 

109. 
Amurat  II,  sultan  ottoman  en 
1421,  f  1451.  —  Menace  la 
Grèce  et   Coustantinople,  I, 
288;  confondu  avec  Bajazet, 
II,  206  et  note  1. 
Ancône.  III,  39  note  2. 
Andelot  (Jean  d').  II,  117  note. 
Andernach,  près  Lintz.  III,  94 

et  note  4. 
Andrevet  (Philibert)  et  non  An- 
drcnet,  seigneur  de  Coursant, 
Beaurepaire,  etc.,  chevalier, 
conseiller  et  chambellan  du 
duc  de  Bourgogne,  teste  en 
1437  [La  Barre  b,  184,  209; 
Guich.  III,  5].  —  Chargé  de 
plusieurs  négociations  près  du 
duc  de  Savoie,  I,  265  note  2, 
266  note. 
Anes  (le  pont  aux),  à  Bruges. 

III,  291  note  5. 
Anglais.  I,  139,  141,  208,  209, 
230,  238,  239,  244;  II,  21,  58, 
120  et  note  1,141,208  note  1, 
218,  274,  316;  III,  69,  74, 
104,  111,  121;  IV,  88,  107, 
110,  130,  134.  Au  service  du 
Portugal,  1, 115  ;  leur  impar- 
tialité, 62;  alliés  de  Jean 
sans  Peur,  199,  et  de  Phi- 
lippe le  Bon,  98,  202;  possè- 
dent la  plus  belle  partie  du 
royaume  de  France,  203  ;  bat- 


tus à  Brouwers-Haven,  239  ; 
peu  aimés  de  Philippe  le  Bon, 
240,  qui  prend  les  armes  con- 
tre eux,  101;  restent  en  guerre 
avec   les   Français   après    le 
traité  d'Arras,  241  ;  soutien- 
nent le  comte  de  Ligny,  242; 
Charles  d'Orléans  tiré  de  leurs 
mains,  249;  assiègent  Dieppe, 
II,  16  note;  battent  les  Fran- 
çais en  Guyenne,  208  note  1; 
expulsés  de  France,  I,  99  ;  II, 
209  ;  au  service  des  Gantois, 
288  et  note  1,  290,  qu'ils  tra- 
hissent  à   Gavre,    292,  293, 
314,  315;  prennent  part  au 
siège  de  Neuss,  III,  92  note  1; 
leur  dispute  avec  les  Italiens, 
96;   défendent   Nancy,    208, 
238;  au  service  du   duc  de 
Saxe,  298,  et  de  Philippe  le 
Beau,  300,  301. 
Angleterre  (rois  et  reines  d'). 
Voy.  Artus,  Brenius,  Edouard 
Ier,  Edouard  III,  Edouard  IV, 
Guillaume  Ier,  Guillaume  II, 
Harald  II,  Henri  IV,  Hen- 
ri V,  Henri  VI,  Henri  VII, 
Catherine,  Isabelle  et  Mar- 
guerite de  France,  Elisabeth 
Woodwill,  Marguerite  d'An- 
jou. —  (armes  d').  III,  134, 
135;  IV,  102  note  1.  —  (con- 
nétable d').  II,  109.  —  (rois 
d').  II,  59   note  2;  IV,  161. 
Voy.  Cambridge,   Cornouail- 
les,  Galles,  Glocester,  Lan- 
castre,  York. 
Angleterre.    I,    91,    231,   263, 
296;  II,  65,  110  note  2,  119 
note  1,  125  note  1,  143,  396, 
411;  III,  37  note,  39,  49,  76, 
98  note  4,  103,  107,  237.  Ori- 
gine fabuleuse   du  royaume 
I,  118  et  suiv.;  guerres 


!: 


civiles  et  affaires  d'  — ,  121  ; 
II,  210;  III,  68  et  suiv.;  sa 
longue  querelle  avec  le  royau- 
me de  France,  I,  68  ;  gouver- 
née par  Marguerite  d'Anjou, 
II,  209;  armes  faites  par  le 
bâtard  Antoine  en  — ,  III,  41 , 


DES   MATIERES. 


197 


48  et  suiv.  —  (archers  d').  IV, 
88.  —  (archers  du  roi  et  de  la 
couronne  d').  III,  110;  IV, 
100.  — (cour  d').  III,  56  note; 
J.  de  Lalaing  y  est  petite- 
ment reçu,  II,  109  note  4. 
—  (couronne  d').  III,  135 
note  1.  —  (dames  d').  III,  106, 
201;  IV,  106.  —  (nain  d'). 
IV,  131.  —  (officiers  d'armes 
d').  IV,  70.  —  (royaume  d'). 

II,  59  et  noie  1,  110.  —  (sei- 
gneurs et  princes  d').  I,  63; 

III,  201  ;  IV,  106. 
Angoulême  (le  comte  d').  Voy. 

Orléans. 

Angoulême  (la  comtesse  d').  I, 
73.  —  C'est  par  une  erreur 
étrange  que  La  Marche  at- 
tribue à  une  fille  de  Jean, 
comte  de  Nevers,  dernier  mâle 
de  la  maison  de  Bourgogne, 
le  titre  de  comtesse  d'Angou- 
lême,  qui  était  alors  porté  par 
Louise  de  Savoie,  femme  de 
Charles  d'Orléans ,  comte 
d' Angoulême,  décédée  en 
1531.  Voy.  Bourgogne  (Char- 
lotte de). 

Anguijen,  Enghien.  II,  300. 

Anjou  (Charles  Ier  d'),  comte 
du  Maine  et  de  Guise,  vi- 
comte de  Chàtellerault,  etc., 
gouverneur  de  Paris  en  1435, 
fils  de  Louis  II,  ci-dessous, 
f  10  avril  1472.  —  I,  235  et 
note  2.  Assiste  à  l'assemblée 
de  Châlons,  II,  56  et  note  1  ; 
conspire  avec  les  princes  con- 
tre Louis  XI,  III,  8  et  note  5; 
quitte  l'armée  du  roi  avant  la 
bataille  de  Montlhéry,  ibid. 
note  5,  et  s'enfuit  après  jus- 
qu'à Chàtellerault,  14  ;  chef 
des  conférences  de  la  Grange 
aux  Merciers,  24  et  note  1. 

Anjou  (Jean  II  d'),  duc  de  Ca- 
labre  et  de  Lorraine,  fils  de 
René,  roi  de  Sicile,  ci-des- 
sous, né  le  2  août  1 424,  f  ^dé- 
cembre 1470.  —  II,  225  note. 
Son  mariage  avec  Marie  de 


Bourbon,  II,  56  et  note  7,  57 
note;  prend  part  à  la  ligue  du 
Bien  public,  I,  124;  rejoint 
le  contingent  bourguignon 
après  la  bataille  de  Montlhé- 
ry, III,  19,  20  et  note  1  ;  re- 
lève le  moral  des  troupes  qui 
croyaient  à  la  défaite  du 
comte  de  Charolais,  19  ;  est 
rejoint  par  les  princes  ses  al- 
liés, 20  et  note  2  ;  se  loge  à 
Saint  -  Mathurin  de  Lar- 
champs,  21,  puis  à  Conflans, 
22;  fait  défendre  les  appro- 
ches de  cette  place  et  établir 
un  pont  sur  la  rivière,  ibid.; 
manière  de  combattre  des 
Suisses  à  son  service,  22,  23  ; 
assiste  aux  conseils  tenus  à 
Beaulté,  23;  signe  le  traité 
de  Saint-Maur,  29  note;  se 
rend  à  Villiers-le-Bel  après 
le  licenciement  de  l'armée 
des  princes,  30;  envoyé  en 
Bretagne  avec  la  mission  d'en 
ramener  le  duc  de  Berry,  33 
note  1  ;  fait  bon  accueil  au 
bâtard  Antoine  à  Marseille, 
41  ;  sa  mort,  79  et  note  4;  ne 
laisse  qu'un  fils,  208. 

Anjou  (Louis  Iep  de  France,  duc 
d'),  roi  de  Naples,  de  Sicile 
et  de  Jérusalem,  etc.,  né  le 
23  juillet  1339,  f  20  septem- 
bre 1384.  -1,69. 

Anjou  (Louis  II,  duc  d'),  roi  de 
Naples,  etc.,  fils  du  précédent, 
né  le  7  octobre  1377,  f  29  avril 
1417.  —I,  235  note  1. 

Anjou  (Louis  III,  duc  d'),  roi 
de  Naples,  etc.,  fils  du  pré- 
cédent, né  le  24  septembre 
1403,  f  1434.  — I,  258  note  h, 
264  note  1. 

Anjou  (Nicolas  d'),  fils  de  Jean  II, 
ci-dessus,  duc  de  Galabre  et  do 
Lorraine,  né  en  1448,  f  27  juil- 
let 1473. — Vienttrouverleduc 
Charles  en  Normandie  et  lui 
demande  la  main  de  sa  fille, 
III,  79  et  notes  2  et  3  ;  re- 
nonce à  cette  alliance,  80  et 


198 


TABLE   ANALYTIQUE 


note  4;  retourne  en  Lorraine, 
ibid.;  sa  mort,  208  et  note  1. 
Anjou  (René  d'),  roi  de  Naples, 
de  Sicile  et  de  Jérusalem,  duc 
de  Bar  (1419)  et  de  Lorraine 
11431),  fils  de  Louis  II,  né  le 
16  janvier  1408,  +  10  juillet 
1480.  —  I,  235  et  note  1,242, 
243  note  2;  II,  59,  209;  III, 
226.  Hérite  de  la  reine  de 
Naples,  I,  90;  prisonnier  à 
Bulgnéville,  ibid.,  239;  II, 
149;  l'ait  sa  paix  avec  le  duc 
de  Bourgogne,  I,  90  ;  assiste 
à  l'assemblée  de  Chàlons,  II, 

56  et  note  7,  où  remise  lui  est 
faite  de  partie  de  sa  rançon, 

57  note  ;    fonde    l'ordre  *  du 
Croissant,  IV,  162. 

Anjou  (Sibille  d'),  2e  femme  de 
Thierry  d'Alsace,  comte  de 
Flandre,  en  1135  ou  1136.  — 
I,  79.  Son  mariage,  I,  76; 
sa  mort,  77  et  note  1 . 

Anjou  (Yolande  d'Aragon,  du- 
chesse d'),  femme  du  duc 
Louis  II,  f  14  novembre  1442. 
—  I,  235  note  1. 

Anjou  (maison  d').  II,  209.  Voy. 
aussi  Fouques,  Marguerite  et 
Marie. 

Anne  de  Bretagne,  reine  de 
France,  née  le  26  janvier  1477, 
f  9  janvier  1514.  —  Son  ma- 
riage par  procureur  avec  l'ar- 
chiduc Maximilien,  III,  258 
et  note  2  ;  épouse  le  roi  Char- 
les VIII,  motifs  de  cette  al- 
liance, ibid.,  259  note  1,  317. 

Annonciade  (ordre  de  1').  IV, 
162. 

Anthiocus,  roi  de  Syrie,  mangé 
des  vers,  I,  179. 

Anthon.  I,  265  note  2. 

Anvers  (Godard  d' ),  peintre. 
III,  115  note  2. 

Anvers.  I,  170;  II,  288;  III, 
273,  287  et  notes  1,  5,  297 
note  3;  IV,  109.  Le  duc  y  as- 
siste à  une  fête,  II,  80  ;  reste 
fidèle  au  jeune  archiduc,  III, 
298;  Maximilien  y  joute  con- 


tre le  sire  de  Vaudrey,  309 

et  note  2. 
Aplaincourt   (le   seigneur   d'). 

Voy.  Happlaincourt. 
Appiano,  ambassadeur  milanais. 

III,  236  note  2.  Son  jugement 

sur  Charles  le  Téméraire,  I, 

123  note  2. 
Aquitaine.  I,  61. 
Arabes.  I,  35  note  3;   II,   136, 

note  5. 
Aragon  (rois  et  reines  d').  Voy. 

Alphonse  V,  Ferdinand  IV, 

Ferdinand    V,    Jacques    Ier, 

Jean  II,  Blanche  de  Navarre. 

—  (Eléonore  d').  Voy.  Eléo- 
nore  et  Foix.  —  (Isabelle  d'). 
Voy.  Coïmbre  et  Isabelle.  — 
(Léonore  d').  Voy.  Castille. 

—  (Yolande  d').  Voy.  Anjou. 
Aragon.  IV,  162. 

Arban,  Arbent  (le  cardinal,  le 
seigneur  d').  Voy.  Alleman. 

Arberg  (Jean,  comte  d'),  sei- 
gneur de  YTalengin,  joute  au 
pas  de  Marsannay,  î,  318  et 
note  2,  319;  ses  armes,  334 
note  2  ;  Guillaume  de  Chalon 
fait  chevalier  de  sa  main  à 
Jérusalem,  II,  117  note;  prend 
part  à  la  campagne  de  1474, 
III,  90  note  2. 

Arbois.  I,  283  note. 

Arbre  Charlemagne  (pas  de  P). 
I,  253  note  2,  266  note  2,  271 
note,  284.  285,  290  et  suiv., 
333;  II,  175,  219,  318  note  2. 

Arbre  d'or  (le  chevalier  à  1';. 
LII,  125  et  suiv.  Voy.  Bour- 
gogne (Antoine  de). 

arbre  d'or  (le  poursuivant), 
figure  au  pas  du  même  nom, 

111,  123   et   suiv.;   IV,   111, 

112,  115;  amène  le  prix  sur 
les  rangs,  III,  191. 

Arbre  d'or  (pas  de  1').  III,  109, 
122  et  suiv.;  IV,  108  et  suiv. 

Arbre  sec  (assemblée  de  1').  I, 
85,  200. 

Arbrèle  la  Grande.  IV,  109. 

Arceo  (Inigo  d'),  écuyer,  con- 
seiller de  Charles  VII,  bour- 


DES   MATIERES. 


199 


sier  d'Espagne  [Beauc.  459]. 
—  Empêché  de  fournir  l'em- 
prise du  bâtard  de  Saint-Pol 
dont  il  avait  touché  l'écu,  II, 
119  note  1. 

Arcle  (seigneurie  d').  III,  133. 

Arcy  (le  seigneur,  le  fils  du  sei- 
gneur d').  Voy.  Poitiers.  — 
(madame  d').  Voy.  Souza. 

Arenberg  (Guillaume  d',  le  sei- 
gneur d').  Voy.  Mark  (la). 

Arguel  (le  seigneur  d').  "Voy. 
Chalon. 

Arguel  (Catherine  de  Bretagne, 
dame  d')  et  princesse  d'Oran- 
ge, fille  de  Bichard  de  Bre- 
tagne, comte  d'Etampes, 
f  1476.  —  II,  114  note  2, 
171;  III,  149  note  1.  Son  ma- 
riage avec  Guillaume  de  Cha- 
lon, seigneur  d'Arguel,  I, 
283  ;  accompagne  son  mari  au 
pas  de  la  Fontaine  de  Plours, 
II,  172;  sa  renommée  de 
beauté  et  de  vertu,  173. 

Arguel  (Jeanne  de  Bourbon, 
dame  d')  et  princesse  d'Oran- 
ge, fille  de  Charles  Ier,  duc 
de  Bourbon,  mariée  à  Jean  II 
de  Chalon,  seigneur  d'Arguel 
et  prince  d'Orange,  f  10  juil- 
let 1493.— III,  42  note  1;  IV, 
110.  Va  visiter  Marguerite 
d'York  à  l'Ecluse,  III,  103  et 
note  2;  assiste  à  ses  noces, 
116;  places  qu'elle  occupe  aux 
banquets  donnés  à  cette  occa- 
sion, 121,  138. 

Aristote.  I,  178. 

Arlay  (  Philippe  d'  ),  écuyer 
franc-comtois,  figure  dans  les 
montres  d'armes  de  Bourgo- 
gne en  1417  et  1421  [Peinc. 
XXVI,  271,  340].  —  Accom- 
pagne Olivier  de  la  Marche 
dans  une  reconnaissance  de- 
vant Gand,  II,  243. 

Arles  (le  cardinal  d').  Voy.  Al- 
leman. 

Arles,  en  Provence.  I,  49. 

Arlon.  II,  18, 19,  20,  36,  37,  40, 
50,  302;  III,  207  note  1.  — 


(déclaration  d').  11,28  note  1. 

—  (prévôté  d').  II,  7  note. 
Armagnac  (Bernard  VII,  comte 

d'),  de  Fézensac,  etc.,  conné- 
table de  France  en  1415, 
f  12  juin  1418.  —  1,  250 
note  1. 

Armagnac  (Bernard  d'),  comte 
de  Pardiac,  fils  du  précédent, 
f  1462.  —  I,  235  et  note  6. 

Armagnac  (Jean  III,  comte  d'), 
de  Fézensac,  etc.  f  25  juillet 
1391.  —  Vend  le  comté  de 
Charolais  au  duc  Philippe  le 
Hardi  (1390)  et  non  à  Jean 
sans  Peur,  comme  le  dit  Oli- 
vier de  la  Marche,  I,  86. 

Armagnac  (Jean  IV,  comte  d'), 
de  Fézensac  et  de  Bodez,  fils 
de  Bernard  VII,  f  vers  1450. 

—  I,  235  et  note  5;  II,  117 
note  2. 

Armagnac  (Jean  V,  comte  d'), 
fils  du  précédent,  f  5  mars 
1473.  —  III,  138.  Prend  part 
à  la  ligue  du  Bien  public,  I, 
124  ;  III,  8  et  note  6  ;  signe  le 
traité  de  Saint-Maur,  29  note. 

Armagnac  (Anne  d').  Voy.  Bour- 
bon. —  (Bonne  d').  Voy.  Or- 
léans. —  (Eléonore  d').  Voy. 
Orange.  —  (le  bâtard  d'). 
Voy.  Lescun. 

Armenier  (Etienne),  seigneur 
de  Vonrourt,  Montigny  et 
Bermont,  gouverneur  de  la 
chancellerie  de  Bourgogne 
(1438),  conseiller  du  duc, 
bailli  d'Aval,  chef  du  conseil 
et  président  des  parlements 
de  Bourgogne  [La  Barre,  b. 
168,  190;  Palliot,  Pari.  6]. 
—  II,  170  note  2,  339  note. 

Arnay-le-Duc  (châtellenie  d'), 
donnée  à  Marie,  bâtarde  de 
Bourgogne  et  unie  au  comté 
de  Charny,  I,  284;  II,  112 
note  1  et  113  note. 

Arques  (forteresse  d'),  confis- 
quée, II,  272  note  3. 

Arragonnais  (François  1').  Voy. 
Surienne. 


200 


TABLE   ANALYTIQUE 


Arras.  I,  54  noie  3, 159;  II,  402 
note  1:  III,  71  note  2,  202 
note  2,  251,  306;  IV,  109. 
Joutes  à  — ,  II,  67  et  suiv., 
79;  pris  par  Louis  XI,  III, 
245  et  note  4,  qui  lui  donne 
le  nom  de  Franchise,  246  et 
note  1.  —  (assemblée  et  traité 
d').  1,87,  99,100,125,154,204 
et  suiv.,  206  note  1  ;  texte  du 
traité  d'  —,  207  et  suiv.;  dif- 
ficultés relatives  à  son  exécu- 
tion réglées  à  Châlons,  II,  57 
note;  paix  d'  —  non  respec- 
tée, I,  245;  citée,  256,  269 
note  2.  2e  traité  d'  —,  III. 
262  et  notes  5,  7,  293  note  2. 

Artois  (Charles  d'),  comte  d'Eu 
en  1397,  |  25  juillet  1472.  — 
I,  97  ;  III,  4  et  note  2. 

Artois  (Bonne  d').  Voy.  Bour- 
gogne. 

Artois  (Marguerite,  comtesse 
de  Flandre  et  d'),  femme  de 
Louis  Ier,  comte  de  Flandre, 
f  9  mai  1382.— I,  72  note  4. 

Artois  (le  roi  d'armes  d'),  si- 
gnifie en  France  le  pas  de  la 
Pèlerine,  II,  119  note  1. 

Artois.  1,90,  132,169,196,201, 
225;  III,  12  note  2,  43  note  6, 
223.  —  (comté  d').I,  102,  154, 
162,  224;  III,  316;  pris  par 
Louis  XI,  III,  245.  —  (états 
d'),  accordent  une  aide  au  duc 
pour  la  croisade,  II,  338  note. 
—  (hôtel  d'),  à  Paris,  II,  425 
et  note  3.  —  (mer  d').  III,  224. 

Artus,  roi  d'Angleterre.  I,  114, 
120. 

Arundel  (Jean  Fitz-Alan,  ba- 
ron de  Maltravers  et  comte 
d'),  commandant  des  troupes 
anglaises  en  France  pendant 
les  négociations  du  traité 
d'Arras,  auxquelles  il  est  dou- 
teux qu'il  ait  assisté,  quoi 
qu'en  dise  Olivier  de  la  Mar- 
che [La  Barre,  a,  158, 161].— 
1,  204  ;  le  prénom  de  Thomas 
lui  est  donné  par  erreur,  ibid. 
noie  7. 


Ascuque  (Robert,  abbé  d').  II, 
107  note  1. 

Asie.  II,  337. 

Asne  roijc  (logis  de  1'),  à  Chalon. 
II,  155. 

Assche,  Ask.  III,  268  note  4,  270 
et  note  1. 

Assele,  Hassel.  III,  268  et  note  4. 

Assenède.  II,  258  note  6. 

Assix  (seigneurie  d').  III,  221. 

Assuérus.  IV,  103. 

Asti,  Ass  (comté  d'),  compris 
dans  l'ancien  royaume  de 
Bourgogne,  I,  50  ;  sa  con- 
quête, II,  115  et  note  2,  169. 

Ath,  Hast.  II,  226  note  1,  227 
note  A,  234,  303  note  3;  III, 
270  note  2. 

Atlas  (mont).  I,  113. 

Aubeaux  (Waleran ,  seigneur 
des)  et  de  Lomme,  chevalier, 
conseiller  et  chambellan  du 
duc  de  Bourgogne,  f  4  octo- 
bre 1464  [Beauc.  461].  —  II, 
378  note  6. 

Aubeaux  (Antoinette  d'Inchy, 
dame  des),  2e  femme  de  Wa- 
leran [Beauc.  462].  —  Dan- 
se au  banquet  de  Lille,  II, 
378  et  note  6. 

Aubert  (Savin).  I,  95  note  1. 

Aubin  (Jean),  seigneur  de  Mali- 
corne  en  Puysaïe,  premier 
chambellan  de  Charles,  duc 
de  Berry,  son  ambassadeur 
près  du  duc  de  Bourgogne  en 
1468  [Ans.  VIII,  922].— Ac- 
compagne ce  prince  en  Bre- 
tagne, III,  34  et  note  5. 

Aubry  (Gravier).  II,  208  note  1. 

Audenarde.  1, 169;  II,  222  note  1, 
227,  246,  257,  274  noie  2,  283, 
289,  291,  292,  304  note  3,307 
note  3,  330;  III,  272,  305;  IV, 
109.  Assiégée  par  les  Gantois, 
II,  228,  229;  héroïque  con- 
duite de  son  commandant, 
233;  batailled'— ,236etsuiv.; 
levée  du  siège,  241,  243,  244 
note  2  ;  conseil  de  guerre  te- 
nu à  — ,  246  note  2;  livrée  à 
Maximilien  qui  y  entre  par 


DES   MATIERES. 


201 


surprise,  I,  166,  168;  III, 
269  note  2,  270,  271. 

Augustin  (saint).  I,  112,  177. 

Augustins  (cloître  des),  à  Gand. 
IU,  295  note  2. 

Auperre  (Jean),  seigneur  an- 
glais, assiste  à  l'entrée  de 
Marguerite  d'York  à  Bruges, 
III,  111. 

Auroles.  I,  95  note  1. 

Auroul,  Aurou  (Guillaume  d'), 
gentilhomme  picard.  Sa  bril- 
lante conduite  à  la  défense 
de  Villy,  II,  16, 17;  entre  au 
service  du  duc,  33  et  note  1  ; 
chargé  de  la  garde  d'une  des 
portes  de  Luxembourg  après 
la  prise  de  cette  ville,  43  et 
note  1. 

Austie.  Voy.  Ostie. 

Autriche  (Ernest  Ier  d'),  dit  de 
Fer  (Ferreus),  duc  de  Styrie 
et  de  Carinthie,  f  1424.  —  I, 
30  et  notes  3  et  4,  32. 

Autriche  (François,  duc  d'),  fils 
de  l'archiduc  Maximilien.  Sa 
naissance,  son  baptême  et  sa 
mort,  I,  40,  156;  III,  261  et 
note  5,  262  et  notes  1,  2. 

Autriche  (Frédéric,  duc  d').  Ses 
exploits  contre  les  Sarrazins, 
I,  23  et  suiv.;  auteur  fabu- 
leux de  la  maison  d'Autriche, 
dont  il  change  les  armes, 
ibid. 

Autriche  (Jaspar,  ducd'),  frère 
du  précédent.  Ses  guerres 
contre  les  Sarrazins,  1, 23, 24. 

Autriche  (  Lerpedus ,  Lupus, 
Léopold,  duc  d'),  tué  à  Sem- 
pach  le  9  juillet  1386.  —  I, 
28,  30  et  note  3.  Ses  deux  ma- 
riages, I,  27  et  note  6  ;  porte 
les  nouvelles  armes  d'Autri- 
che, 30. 

Autriche  (Léopold  d'),  dit  le 
Gros  ou  le  Superbe,  beau- 
frère  de  Jean  sans  Peur, 
f  1411.  —  Philippe  le  Bon 
réclame  de  grands  arrérages 
sur  ses  biens,  I,  279  note  2, 
280. 


Autriche  (Sigismond  d'),  comte 
deTyrol,  né  en  1427, +  1496. 

—  Mort  paralytique,  I,  180. 
Autriche  (Anne  d'),  fille  d'Al- 
bert II,  empereur,  mariée  à 
Guillaume  de  Saxe,  f  1461. 

—  Ses  droits  à  la  succession 
du  Luxembourg  dont  son 
mari  se  met  en  possession  et 
qu'il  dispute  à  Philippe  le 
Bon,  I,  289  note  5;  II,  2 
note  2;  les  vend  au  roi  Char- 
les VII,  III,  6  note. 

Autriche  (Marguerite  d'),  fille 
de  l'archiduc  Maximilien  et 
de  Marie  de  Bourgogne,  née 
en  1480,  f  l*r  décembre  1530. 
I,  73;  II,  397  note;  III, 
260  note  3,  287  et  note  4.  Sa 
naissance  à  Bruxelles,  I,  40, 
156;  III,  257  et  note  2;  re- 
mise aux  Gantois  avec  son 
frère  Philippe,  261  et  note  2; 
conduite  en  France  et  mariée 
au  dauphin  en  vertu  d'une 
clause  du  traité  d'Arras,  I, 
163,  164  et  note  1  ;  III,  257, 
262  et  notes  1,  8,  264  note  4, 
317  et  note  2;  rupture  de  son 
mariage,  259;  reconduite  à 
son  père,  260  et  note  1,  317; 
ses  vers  sur  son  séjour  en 
France,  263  note  1  ;  épouse  le 
prince  de  Gastille  qui  la  laisse 
grosse  d'un  fils  mort  en  bas 
âge,  257  et  note  3,317;  rame- 
née d'Espagne,  318;  son  ma- 
riage avec  Philibert  le  Beau, 
duc  de  Savoie,  ibid.  note  3; 
son  cœur  à  Saint-Donat  de 
Bruges,  57  note  1. 

Autriche  (maison  d').  I,  16,  18 
note  3,  30,  41.  Voy.  Frédé- 
ric IV,  Ladislas,  Maximi- 
lien, Philippe  le  Beau,  Eli- 
sabeth. —  (armes  d').  I,  21  et 
suiv.,  32. 

Autriche.  I,  17,  18,20,  21,  157, 
271;  III,  308,  311.  Erigée  en 
archiduché,  I,  23  et  note  1  ; 
prise  par  le  roi  Mathias  et 
reconquise  par   Maximilien, 


TABLE   ANALYTIQUE 


III,  307.  —  (seigneurie  d'), 
passe  aux  Habsbourg,  I,  25, 
26. 

Autun.  I,  47.  Ses  habitants  ré- 
voltés contre  César,  I,  44  ;  im- 
positions d'  —  cédées  au  duc 
Philippe  par  le  traité  d'Ar- 
ras,  I,  218. 

Auvart  (le  fils  Jean).  Voy.  Ho- 
ward. 

AUYERON,  HaYERON  OU  HeUYE- 

ron  (Antoine),  conseiller  du 
duc  de  Bourgogne,  prévôt  de 
Saint  -  Donatien  de  Bruges 
(1490),  envoyé  en  1460  en  Al- 
lemagne pour  réclamer  au 
nom  de  Philippe  le  Bon  la 
couronne  de  Lotharingie  ou 
au  moins  la  dignité  de  vicaire 
impérial  [Beauc.  518;  ms. 
Bibl.  de  Bourg,  à  Bruxelles, 
n°  7246].  —  Négocie  la  trêve 
des  moissonneurs,  IH,  248. 

Auxerre.  III,  224.  —  (bailli  d'). 
I,  219.  — (comté  d').  111,224; 
cédé  à  Philippe  le  Bon  par 
le  traité  d'Arras  avec  l'élec- 
tion et  les  impositions  du 
même  lieu,  I,  218,  219,  220; 
pris  par  Louis  XI,  III,  245. 
Vov.  Auxerrois. 

Attxerrois.  I,  220;  II,  208  note  1. 
—  (comté  d').  I,  8,  154;  III, 
316. 

Auxois,  Lauchois.  I,  44  ;  IV, 
109  et  note  4. 

Auxonne.  I,  290  note  1  ;  III, 
206  notes  4,  5.  Refuse  d'ou- 
vrir ses  portes  aux  troupes 
du  duc  pendant  la  guerre  des 
Écorcheurs,  I,  246  note  1.  — 
(vicomte  d').  I,  8,  9  note  1; 
H,  146;  HI,  316;  IV,  109. 

Auxy  (Antoine,  bâtard  d'),  fils 
de  Jean  IV,  seigneur  de  la 
Tour,  capitaine  des  archers 
de  corps  de  l'empereur  Maxi- 
milien  [Ans.  VIU,  107].  — 
Prend  part  au  tournoi  de 
l'Arbre  d'or,  III,  192  et  note  4. 

Auxy  (Georges,  bâtard  d'),  frère 
du  précédent,  maître  d'hôtel 


de  Louis  XII  (Ans.  VIII, 
107].  —  Prend  part  au  tour- 
noi de  l'Arbre  d'or,  III,  192 
et  note  4. 

Auxy  (Jean  IV,  seigueur  et  ber 
d'.),  Famechon,  Hangest,  etc., 
chevalier,  conseiller  et  cham- 
bellan du  duc  de  Bourgogne, 
gouverneur  de  Saint-Riquier, 
Courtray  et  Termonde,  séné- 
chal et  gouverneur  de  Pon- 
thieu,  grand-maître  des  arba- 
létriers de  France,  etc.,  f  1474 
[Beauc.  462].  —  IH,  192  note 
4.  Conduit  le  comte  de  Cha- 
rolais  au-devant  de  son  père 
lors  de  l'entrée  de  ce  prince 
à  Bruxelles,  II,  51  ;  chevalier 
de  la  Toison  d'or  au  chapitre 
de  Gand,  95  et  note  1;  pre- 
mier chambellan  et  garde  de 
la  personne  du  comte  de  Cha- 
rolais,  215  et  note  2,  416  et 
note  4  ;  assiste  ce  prince  aux 
joutes  de  Bruxelles,  215;  le 
détourne  d'attaquer  Moerbe- 
ke,  278;  figure  à  l'entrée  de 
Marguerite  d'York  à  Bruges, 
IH,  111,  et  au  pas  de  l'Arbre 
d'or,  III.  176;  IV,  133,  134. 

Avallon  (siège  d').  I,  95  note  1, 
96  et  note  \,  248. 

Avanchies  ,  aliàs  Avanchier 
(Jacques  d'),  écuyer  de  Sa- 
voie [Chast.  VIII,  21 8J.  — 
Fait  toucher  les  trois  targes 
au  pas  de  la  Fontaine  de 
Plours,  II,  176  et  note  1,  177 
note;  ses  diverses  joutes  à  ce 
pas,  185  et  suiv.,  193  note  2; 
y  gagne  le  prix  de  l'épée,  201  ; 
ses  armes,  186  note  2. 

Avesnes.  I,  159,  248  note  2;  III, 
166,  202  note  2. 

Avis  i ordre  d').  I,  39  et  note  5, 
109,  110. 

Axel,  Ascelle.  11,222  note  1,  258 
note  6,  279  note  3,  Prise  par 
le  bâtard  de  Blanc-Estrain, 
II,  286  et  note  5. 

Aydie  (Odet  d'),  seigneur  de 
Lescun  et  de  Castillon,  che- 


DES   MATIÈRES. 


203 


valier,  capitaine  des  châteaux 
de  Blaye,  Bayonne,  Dax  et 
Saint-Sever,  chevalier  de  l'or- 
dre de  Saint  -  Michel ,  créé 
comte  de  Comminges  en  1472, 
etc.,  etc.,  f  25  août  1498. 
[Beauc.  463;  La  Chesn.  I, 
605].  —  III,  32  et  note  2. 
Conduit  le  duc  de  Berry  en 
Bretagne,  III,  7  et  note  2. 

Aylia,  mère  de  Romulus.  I, 
114. 

Aymeries  (le  seigneur  d').  Voy. 

ROLIN. 

Ayne.  III,  271. 

Azincourt  (bataille  d').  I,  268 
note;  II,  266  note  4. 

B 

Bacchus.  I,  112  et  note  1. 

Bade  (Albert  de),  fils  de  Char- 
les, +  23  juillet  1488.  —  Ac- 
compagne Frédéric  IV  dans 
son  expédition  contre  les  Fla- 
mands, III,  296;  tué  devant 
Damme,  ibid.  note  6. 

Bade  (Charles,  le  Belliqueux, 
marquis  de),-j- 24  février  1475. 
—  Envoie  défier  comme  ré- 
gent de  Liège  le  duc  de  Bour- 
gogne et  son  fils,  III,  25 
note  2. 

Bade  (Christophe,  marquis  de), 
comte  de  Spanheim,  cheva- 
lier de  la  Toison  d'or,  fils 
aîné  du  précédent,  né  en 
1453,  f  19  avril  1527.  —  Ac- 
compagne Frédéric  IV  dans 
son  expédition  contre  les  Fla- 
mands, III,  296  et  note  6. 

Bade  (Georges  de),  frère  de 
Charles  ci-dessus,  chanoine 
de  Cologne,  coadjuteur,  puis 
évêque  de  Metz,  f  1484.  — 
III,  226,  227.  Assiste  à  l'en- 
trée de  Marguerite  d'York  à 
Bruges,  III,  112  et  note  3;  sa 
place  aux  banquets,  200  ;  IV, 
110;  négocie  le  mariage  de 
Marie  de  Bourgogne  et  de 
l'archiduc  Maximilien ,  III, 
242  et  note  4. 


Bade  (Jean  II  de),  archevêque 

de  Trêves,  f  9  février  1503. 

—  Enfermé  dans  Lintz,  III, 

93  et  note  4. 

Baenst  (Paul  de),  ou  Baeust. 

III,  279  note  1. 
Baer selle,   Vasselle.  Voy.  Basele. 
Baeust  (hôtel  Guy  de),  à  Bru- 
ges. IV,  97. 

Bailles  (les),  à  Bruxelles.  II,  53. 

Bajazet  Ier,  sultan  ottoman  en 
1389,  f  23  mars  1413.  — 
Vainqueur  du  comte  de  Ne- 
vers  à  Nicopolis,  I,  84  et  note 
4,  199,  200;  H,  206  et  note  3; 
s'empare  de  la  Hongrie,  I, 
199. 

Bâle  (expédition  du  dauphin 
contre).  II,  61.  —  (bataille 
de)  ou  de  Saint-Jacques,  62, 
63  note.  —  (concile  de).  I,  98 
note  2,  260  et  note  2,  265  note 
2  ;  II,  85  note  1  ;  ses  ambas- 
sadeurs à  l'assemblée  d'Ar- 
ras,  I,  204,  206  note  1,  208, 
235;  dépose  Eugène  IV  et 
élit  Félix  V,  260  et  note  2, 
261  et  suiv.  —  (traité  de), 
met  fin  à  la  guerre  dite  de 
Souabe,  III,  310  note  2. 

Balignen  (Loïset  de),  rend  la 
ville  de  Roye  au  duc  de  Bour- 
gogne, III,' 77. 

Ballart  (Martin),  piémontais. 
Sa  piteuse  attitude  au  pas  de 
Marsannay,  I,  321.  322. 

Baltasin  (Galiot  de).  II,  104, 
205  note.  Joute  contre  Phi- 
lippe de  Ternant,  II,  64  et 
suiv. 

Baltique  (la).  III,  297  note  3. 

liapaume.  III,  71  note  2. 

Bar  (Robert  dej,  comte  de  Marie 
et  de  Soissons,  tué  à  Azin- 
court (1415).  —  II,  57  note. 

Bar,  compris  dans  l'ancien 
royaume  de  Bourgogne,  I,  50. 

—  (duché  de).  I,  243  note  2. 

—  (marches  de).  I,  243.  Voy. 
Bar  rois. 

Bar-sur-Aube.  I,  248  et  note  2  ; 
IL  13,  398. 


204 


TABLE   ANALYTIQUE 


Bar-sur-Seine  (châtellenie  de). 
III,  224.  Cédée  avec  ses  im- 
positions au  duc  Philippe  par 
le  traité  d'Arras,  I,  220,  221. 
—  (seigneurie  de).  I,  154. 

Barbares.  III,  39. 

Barbarie.  I,  110;  III,  39. 

Barbazan  (Arnaud-Guilhem, ba- 
ron de),  premier  chambellan 
de  Charles  VII,  gouverneur 
de  Champagne  et  Laonnois, 
f  1431.  —  Occis  à  Bulgné- 
ville,  I,  90,  239. 

Bare  (messire).  Voy.  Barre  de 
Surlet. 

Barlemont  ou  Berladiont  (Lan- 
celot  de),  marié  à  Marguerite, 
fille  de  Guillaume  d'Aren- 
berg,  tué  en  1484  dans  une 
querelle  qu'il  eut  à  Cambrai 
avec  Philippe  de  Clèves  [Ker- 
vyn,  V,  350,  353;  Wavrin, 
III,  323,  342].  —  Entre  dans 
Lintz,  III,  95. 

Barnet  (bataille  de).  III,  70  et 
note  3,  237  noie  3. 

Barre  (Corneille  de  la),  sei- 
gneur de  Mouscron,  écuyer 
tranchant  du  duc  Philippe 
[Mol.  III,  203,  332;  Arch. 
Nord,  B.  1978].  —  Joute  à 
Dijon,  I,  286. 

Barre  ou  Baré  de  Surlet,  che- 
valier, bourguemestre  de  Liè- 
ge [Wavrin,  II,  359  ;  Comm. 
Dup.  III,  224].  —  Commande 
les  Liégeois  à  la  bataille  de 
Brunstein,  III,  65  et  note  4; 
y  est  tué,  ibid.  note  4,  66. 

Barrois.  I,  242  ;  II,  57  note;  III, 
241. 

Basam  (Guillaume).  "Voy.  Bas- 

SANT. 

Basele  (combat  de).  II,  259  note 
1,  260  et  suiv.,  264  et  note  3, 
266  et  note  1. 

Basine  (Louis  de  la),  seigneur 
de  Bermette,  écuyer  dauphi- 
nois, joute  au  pas  de  Marsan- 
nay,  ï,  318,  319. 

Basque  (Jehannot  le).  Olivier 
de  la  Marche  son  prisonnier 


après  la  bataille  de  Nancy, 
III,  241. 

Bassant  ou  Baussant  (Guillau- 
me), écuyer,  seigneur  d'A- 
mange  et  en  partie  de  Rom- 
prey,  fils  de  Philippe  Bassant, 
écuyer,  de  Rochefort-sur-le- 
Doubs,  et  de  Huguette  de  Bi- 
nant, figure  en  1455  parmi 
les  nobles  qui  doivent  lods 
sur  leurs  héritages  à  Roche- 
fort  [Peinc.  XVIII,  621; 
XXIII,  696;  XXV,  537].  — 
Fait  toucher  la  targe  noire 
au  pas  de  la  Fontaine  de 
Plours,  II,  176  et  note  2;  dé- 
tails de  sa  joute,  191  et  suiv.; 
le  Livre  des  faits  ne  le  désigne 
que  sous  le  nom  d'Amange, 
ibid.  note  4. 

Bassompierre  (château  de).  III, 
234  note  1. 

Bastongne.  II,  50. 

Bataille  (Chariot),  prend  part 
à  l'attentat  de  Montereau,  I, 
198  note  2. 

Bataille,  Batailler  ou  Batil- 
lier  (Guillaume),  frère  de 
Chariot,  prend  part  comme 
lui  au  meurtre  de  Jean  sans 
Peur,  I,  87,  198  et  note  2. 

Bâtards  illustres.  1, 110  et  suiv. 

Batarnay  (Imbert  de),  seigneur 
du  Bouchage,  successivement 
conseiller  des  rois  Louis  XI, 
Charles  VIII,  Louis  XII  et 
François  I",  f  1523.  —  III, 
234  note  \ . 

Baudeloo  (l'abbé  de).  II,  222 
note  1. 

Baudeloo  (abbaye  de),  occupée 
par  les  Gantois,  II,  277  et 
note  2. 

Baudin  (Antoine),  marchand 
florentin  à  Bruges.  III,  245 
note  1. 

Baudin,  Baudins  ou  Boudin  (Gil- 
les), avocat  de  la  Keure,  à 
Gand.  II,  281  et  note  2.  C'est 
probablement  le  même  à  qui 
Olivier  de  la  Marche  donne 
précédemment    le    nom    de 


DES  MATIERES. 


205 


Pierre,  II,  213  et  note  2,  à 
moins  qu'il  ne  s'agisse  ici 
d'un  certain  Pierre  Baudin, 
magistrat  de  Gand  en  1468, 
qui,  étant  infirme  et  aveugle, 
tut  décapité  dans  cette  ville 
comme  traître  à  sa  patrie  le 
14  mars  1477  [Kervyn,  V, 
238  et  suiv.]. 

Baudouin,  peintre.  III,  118 
note  3. 

Baudricourt  (Jean,  sire  de),  ma- 
réchal de  France,  f  11  mai 
1499.  —  Bat  les  Français  à 
Guinegate,  III,  257  note. 

Bauffremont  (Guillaume  de), 
seigneur  de  Scey-sur-Saône 
(par  corruption  de  la  Scei- 
che),  Sombernon ,  Màlain, 
etc.,  etc.,  chevalier,  conseil- 
ler et  chambellan  (1460)  du 
duc  de  Bourgogne,  frère  de 
Pierre,  ci-dessous  [La  Barre 
b,  186,  213;  Dunod,  Hist. 
II,  504].  —  I,  269  note  2. 
Joute  au  pas  de  Marsannay, 

I,  316,  317;  ses  armes,  334 
note  2  ;  assiste  Pierre  de  Chan- 
dio  à  celui  de  la  Fontaine  de 
Plours,  II,  150  et  note  2. 

Bauffremont  (Jean  de),  cheva- 
lier, seigneur  de  Mirebeau, 
Bourbonne,  Choie,  etc.,  frère 
de  Pierre  ci-dessous,  vivait 
encore  en  1467  [Dunod,  Hist., 

II,  503].  —  Assiste  Pierre 
de  Ghandio  au  pas  de  la  Fon- 
taine de  Plours,  II,  150  et 
note  2. 

Bauffremont  (Jean  de),  sei- 
gneur de  Soye  et  de  Vauvil- 
lars,  chevalier,  conseiller  et 
chambellan  de  Philippe  le 
Bon  et  de  Louis  XI,  fils  de 
Gauthier,  seigneur  de  Vau- 
villars  et  de  Rupes  [Dunod, 
Hist.,  II,  516;  Palliot,  Mém. 
I,  1017].  —  II,  49  note.  Che- 

.  valier  à  Gavre,  II,  318  et  note 
3  ;  rejoint  l'armée  du  comte 
de  Gbarolais  après  Montlhéry, 
IIL  18  et  note  5. 


Bauffremont  (Pierre  de),  sei- 
gneur et  comte  de  Charny, 
chevalier,  conseiller  et  cham- 
bellan du  duc  de  Bourgogne, 
gouverneur,  capitaine  géné- 
ral (1432)  et  sénéchal  hérédi- 
taire de  Bourgogne,  chevalier 
de  la  Toison  d'or,  fils  de  Hen- 
ri de  Bauffremont  et  de  Jean- 
ne de  Vergy,  f  1473  [Dunod. 
#«*.  II,  503;Beauc.,464].— 

I,  243  note  2,  284  note  2,  294 
noie  5,  316,  321,328,  329,331, 
332;  II,  1,  147  note  2,  175, 
178.  Accompagne  le  duc  Phi- 
lippe comme  conseiller  à  l'as- 
semblée d'Arras,  I,  205;  as- 
siste à  l'entrevue  de  Besan- 
con, 273  et  note  9;  danse  aux 
fêtes  données  à  cette  occasion, 
281;  fait  publier  un  pas  d'ar- 
mes, 283  et  suiv.;  le  tient 
avec  douze  compagnons  à  la 
charme  de  Marsannay,  290 
et  suiv.;  veille  aux  prépara- 
tifs du  pas,  291;  se  présente 
pour  jouter  comme  garde  du 
pas,  298,  299;  détail  de  ses 
diverses  joutes,  301,  303-305; 
autorise  une  nouvelle  empri- 
se, 324,  325;  s'arrête  avec  ses 
compagnons,  en  revenant  du 
pas,  à  l'hôpital  du  Saint-Es- 
prit de  Dijon  et  à  l'église  No- 
tre-Dame de  la  même  ville, 
333,  334  note  2;  ses  armes, 
ibid.;  son  procès  à  l'occasion 
de  la  démolition  des  lices  de 
Marsannay,  293  note  1  ;  joute 
à  Ghâlons,  60  et  note  1  ;  as- 
siste comme  chevalier  de  la 
Toison  d'or  au  chapitre  de 
Gand,  II,  83  et  note  3;  son 
mariage  avec  Marie,  bâtarde 
de  Bourgogne,  I,  284  note  2; 

II,  112  et  note  1  ;  érection  en 
sa  faveur  de  la  baronnie  de 
Gharny  en  comté,  ibid.;  figu- 
re au  pas  de  la  Fontaine  de 
Plours,  150  et  note  2,  151  et 
suiv.;  assiste  au  conseil  tenu 
après  la  bataille   de  Gavre, 


206 


TABLE   ANALYTIQUE 


325,  et  à  l'amende  honorable 
des  Gantois,  331;  son  vœu  du 
faisan,  384  ;  assiste  à  l'en- 
trevue de  Péronne,  III,  84  et 
note  1,  et  aux  noces  de  Char- 
les le  Téméraire,  103,  104, 
111;  IV,  97. 
Bauffremont  (Jeanne  de),  sœur 
de  Pierre  [Dunod,  toc.  cit.]. 

—  Ses  deux  maris,  II,  150 
note  2. 

Baume  (Henri  de).  1, 192  note  2. 

Baume- tes- Dames.  II,  319  note 
et  note  2,  320  note  1  ;  III,  206 
note  4. 

Baume  (Guillaume  de  la),  sei- 
gneur d'Irlains ,  chevalier, 
conseiller  et  chambellan  du 
duc  de  Bourgogne  et  son  am- 
bassadeur auprèsdu  duc  d'Au- 
triche, chevalier  d'honneur 
de  la  duchesse  Marguerite, 
chevalier  de  la  Toison  d'or 
(1481),  gouverneur  des  deux 
Bourgognes,  f  août  1490  [La 
Ghesn.  II,  97;  Gollut,  1100]. 

—  Porte  le  pennon  ducal  aux 
obsèques  de  Philippe  le  Bon 
et  d'Isabelle  de  Portugal,  III, 
59  et  note  2  ;  va  au-devant  de 
l'archiduc  Maximilien,  244. 

Baume  (Quentin  de  la),  seigneur 
du  Mont-Saint-Sorlin,  cosei- 
gneur  de  Marbos,  chambel- 
lan du  duc  de  Bourgogne  [La 
Ghesn.  II,  97].  —  Tué  a  Gran- 
son,  III,  209  et  note  6. 

Bausignies  (le  seigneur  de).  Voy. 
Hornes. 

Davay,  capitale  des  Nerviens.  I, 
45  et  note  1. 

Bavière  (Albert,  duc  de),  comte 
de  Hainaut,  Hollande,  Zé- 
lande,  etc.,  beau-père  de  Jean 
sans  Peur,  f  1404.  —  I,  84 
note  5,  87. 

Bavière  (Albert  III,  le  Pieux, 
duc  de),  né  en  1396,  f  1er  mars 
1460.  —III,  293  note  1. 

Bavière  (Bernard  de).  Voy.  Ba- 
vière (Bobert  de). 

Bavière  (Christophe,  duc  de), 


fils  d'Albert  III,  f  1493.  — 
A  la  solde  de  l'empereur  Fré- 
déric dans  son  expédition 
contre  les  Flamands,  III, 
293  et  note  1,  296. 

Bavière  (Frédéric  de),  dit  le 
Victorieux,  comte  palatin  et 
électeur,  né  en  1425,  f  12  dé- 
cembre 1476.  —  III,  89  et 
note  1,  112.  Fait  mine  d'ai- 
der son  frère  Bobert  dans  sa 
querelle  avec  le  chapitre  de 
Cologne,  III,  98  et  note  5. 
C'est  probablement  lui  à  qui 
Bertholet  donne  par  erreur  le 
prénom  de  Louis,  II,  333 
note  1. 

Bavière  (Guillaume  IV  de), 
comte  de  Hainaut,  Hollande, 
Zélande,  etc.,  fils  d'Albert, 
f  31  mai  1417.  —  I,  279  no- 
tes 1  et  2. 

Bavière  (Jean  de),  dit  sans  Pi- 
tié, évêque  de  Liège  en  1389, 
marié  en  1418  à  Elisabeth  de 
Gorlitz,  f  5  janvier  1421.  — 
I,  84  et  note  5,  200  et  note  1, 
288  note  2. 

Bavière  (Louis  (?),  duc  de).  Sa 
fille  naturelle  Jeanne  épouse 
Jean  de  Salins,  I,  267  et 
note  2. 

Bavière  (Louis  IV,  le  Pieux, 
duc  de),  comte  et  électeur  pa- 
latin, f  13  août  1449.  —  I, 
258  note  4. 

Bavière  (Louis,  duc  de),  dit  le 
Noir,  de  la  branche  de  Deux- 
Ponts,  f  19  juillet  1489.  — 
Chargé  par  l'empereur  Frédé- 
ric IV  de  demander  la  main 
de  Marie  de  Bourgogne  pour 
son  fils  Maximilien,  III,  242 
et  note  4. 

Bavière  (Otton  II  de),  comte 
palatin  à  Mosbach,  f  7  avril 
1499.  —  Accompagne  l'em- 
pereur Frédéric  dans  son  ex- 
pédition contre  les  Flamands, 
III,  296  et  note  4. 

Bavière  (Bobert  de),  évêque 
de   Strasbourg,  puis  arche- 


DES   MATIÈRES. 


207 


vêque  -  électeur  de  Cologne 
en  1463,  f  16  juillet  1480. 

—  III,  227.  La  Marche  lui 
donne  par  erreur  le  prénom 
de  Bernard,  I,  136;  demande 
et  obtient  le  secours  de  Char- 
les le  Téméraire  contre  le 
chapitre  de  son  église,  ibid.; 
III,  88,  89  et  note  1,  98. 

Bavière  (Wolfgand,  duc  de), 
frère  de  Christophe  ci-dessus, 
f  1514.  —  A  la  solde  de  l'em- 
pereur Frédéric  dans  son  ex- 
pédition contre  les  Flamands, 
III,  293  et  note  1,  296. 

Bavière  (Jacques  ou  Jacqueline 
de),  comtesse  de  Hainaut,  fille 
de  Guillaume,  comte  de  Hai- 
naut et  de  Hollande,  et  de  Mar- 
guerite de  Bourgogne,  mariée 
trois  fois,  f  8  octobre  1436. 

—  Recherche  l'alliance  du 
ducde  Glocester,  1, 91  ;  épouse 
Franc  de  Borselle,  93;  son 
appointement  avec  Philippe 
le  Bon  qui  lui  succède  dans 
ses  états,  ibid.;  débats  au 
sujet  de  sa  succession,  279  et 
note  1. 

Bavière  (Jeanne,  bâtarde  de), 
fille  du  duc  Louis  [Guill.  II, 
3e  part.  86].  —  Epouse  Jean 
de  Salins,  l,  267  et  notes  2,  3. 

Bavière  (maison  de).  Voyez 
Louis.  —  (Marguerite  de). 
Voy.  Bourgogne.  —  (armes 
de).  I,  88.  —  (princes  de).  H, 
399. 

Bayeux.  II,  208  note  1. 

Béarn  (Bernard  de),  bâtard  et 
sénéchal  de  Foix,  fils  naturel 
de  Jean,  comte  de  Foix,  ma- 
rié à  la  fille  unique  d'Arnaud, 
vicomte  de  Lavedan  [  La 
Chesn.  II,  131].  — Lève  l'em- 
prise du  seigneur  de  Haut- 
bourdin,  II,  119  note  1  ;  em- 
pêché par  la  maladie  de  se 
rendre  au  pas  de  la  Pèlerine, 
123  ;  joute  à  Bruges  contre  le 
même  seigneur,  129  et  suiv.; 
ses  armes,  130  et  note  2. 


Béarn.  II,  119  note  1. 

Béatrix  de  Portugal,  reine  de 
Castille,  femme  du  roi  Jean 
I"  (mai  1383).  —  I,  107  et 
note  6,  109. 

Beauce.  III,  19. 

Beauchamp  (Richard) ,  évêque 
de  Salisbury,  chancelier  de 
l'ordre  de  la  Jarretière,  -J- 1481 . 
—  Négocie  le  mariage  du  duc 
Charles  avec  Marguerite 
d'York,  111,75  et  note  3,  101; 
le  bénit  au  Dan,  104,  105; 
IV,  98;  assiste  à  l'entrée  de 
cette  princesse  à  Bruges,  111, 
112  et  note  2. 

Beauchamp  (  le  seigneur  de  ). 
Voy.  Rolin. 

Bbaufort  (Edmond  Ier),  comte 
de  Mortain,  marquis  de  Dor- 
set,  duc  de  Sommerset  en 
1448,  connétable  d'Angleter- 
re, f  22  mai  1455  [Beauc. 
465].  —  Ses  débats  avec  le 
duc  d'York  pour  le  gouver- 
nement de  l'Angleterre,  II, 
209  et  note  2. 

Beaufort  (Edmond  II),  duc  de 
Sommerset,  f  1471.  —  Tué 
après  la  bataille  de  Tewksbu- 
ry,  III,  70  et  note  4. 

Beaufort  (Henri),  évêque  de 
Lincoln  et  de  Winchester, 
chancelier  d'Angleterre,  car- 
dinal du  titre  de  Saint-Eu- 
sèbe  (1426),  f  11  avril  1447. 
—  Ambassadeur  du  roi  d'An- 
gleterre à  l'assemblée  d'Ar- 
ras,  I,  204  et  note  6. 

Beaufort  (Jean),  duc  de  Som- 
merset, f  31  mars  1448.  — 
II,  87. 

Beaufort,  Belfort.  III,  206  notei. 

Beaugrant  (madame  de),  naine 
de  Mlle  de  Bourgogne,  figure 
aux  fêtes  de  Bruges,  III,  135. 

Beaujeu  (le  seigneur,  le  baron 
de).  Voy.  Bourbon  (Philippe 
et  Pierre  de). 
Beaujeu  (Anne  de  France,  da- 
me de),  fille  de  Louis  XI, 
mariée  en  1474  à  Pierre  de 


208 


TABLE   ANALYTIQUE 


Bourbon,  sire  de  Beaujeu, 
f  novembre  1522.  —  Sa  nais- 
sance, II,  412  et  note  5; 
son  mariage  projeté  avec  le 
comte  de  Charolais,  III,  27 
et  note  1,  28,  30,  32;  rompu, 
35;  épouse  le  sire  de  Beau- 
jeu,  ibid.  et  note  1  ;  gouverne 
le  royaume,  264  et  note  3;  re- 
çoit Marguerite  d'Autriche  à 
son  arrivée  à  Hesdin,  262. 

Beaujeu  (baronnie  de),  donnée 
en  apanage  à  Pierre  de  Bour- 
bon, II,  54  note  2. 

Beaujolais.  I,  96. 

Beaulieu  (  forteresse  de  ).  III, 
220. 

Beaulté.  III,  22,  23. 

Beaumont  (Jaquemin  de),  sou- 
doyer du  damoiseau  de  Com- 
mercy.  II,  29,  43.  S'em- 
pare de  "Villy  et  y  est  assiégé, 

II,  15  et  suiv.;  prend  et  pille 
Montmédy,  20  ;  s'échappe  de 
Villy,  31  ;  fait  deux  prison- 
niers dans  une  embuscade, 
32,  33. 

Beaumont  (Louis  de).  II,  275 
note  1. 

Beaumont  (ville  et  seigneurie 
de).  II,  333  note. 

Beaune.  I,  247  note.  Refuse 
d'ouvrir  ses  portes  au  duc 
pendant  la  guerre  des  Ecor- 
cheurs,  I,  246  note  1;  hor- 
loge de  Dinant  envoyée  à  — , 

III,  45  note  3  ;  vin  de  —,  III, 
115. 

Beauquesne  (prévôté  de  Feulloy 
et).  III,  223. 

Beaurevoir.  III,  223.  Pris  par  le 
duc,  I,  133.  —(camp  de).  III, 
80  note  4. 

Beauvais  (siège  de).  I,  133;  LU, 
77  et  note  4. 

Beauvoir  (Jean,  seigneur  de) 
et  de  Caumainil,  chevalier, 
échanson,  puis  conseiller  et 
chambellan  du  duc  de  Bour- 
gogne, était  mort  en  1473 
[Beauc.  467].— II,  302  note  3. 

Beauvoisis.  III,  222.  Transporté 


à  Charles  le  Téméraire,  III, 
29  note. 

Bebemberg  (Georges  de),  assiste 
à  la  journée  de  Florenge,  II, 
23  note  3. 

Bec-Grespin  (Antoine  du),  ar- 
chevêque de  Narbonne  (1460- 
1472).  —  Fait  partie  d'une 
ambassade  envoyée  par  Louis 
XI  au  duc  de  Bourgogne,  III, 
4  et  notes  2,  4. 

Behaignons,  Bohémiens.  I,  274  ; 

II,  113.  Défendent  Luxem- 
bourg et  Thionville,  II,  17; 
leur  capitulation,  45. 

Belden   (  Guillaume  ),    écuyer. 

III,  90  note  2. 
Belgiens.  I,  47. 
Belgius.  I,  119. 

Belledent  (Jacot),  clerc  de  l'ar- 
tillerie du  duc  de  Bourgogne. 
I,  95  note  1. 

Belleforière  i  Perceval ,  sei- 
gneur de)  et  d'Ittre,  cheva- 
lier, conseiller  et  chambellan 
de  Charles  le  Téméraire  et  de 
Maximilien,  teste  en  1475 
[Beauc.  467].  —  Combat  à 
Audenarde,  II,  239  et  note  1. 

Bellemotte,  près  Arras.  II,  68. 

Belleval  (Couraud  ou  Conrad 
de),  gentilhomme  allemand, 
joute  au  pas  de  Marsannay, 

X.   o  I  1  f   o l  £• 

Belleville  (siège  de).  I,  96  et 
note  5,  97  et  notes  3,  4. 

Belvédère  (villa  du).  LT,  350 
note  2. 

Benoit  XIII  (Pierre  de  Lune), 
pape,  f  1424.  — 1,192  note  2. 

Bensdorff  (Jean  de),  maréchal 
de  Luxembourg,  assiste  à  la 
ratification  du  traité  d'Hes- 
din,  II,  6  note. 

Benthun  (Guy  de),  porte-éten- 
dard du  comte  de  Saint-Pol, 
se  distingue  au  combat  de 
Basele,  U,  262. 

Bercy.  ffl,  23  note  2. 

Berg-op-Zoom.  111,287  note\. 

Berghes  (Henri  de),  docteur  es 
droits ,   notaire    apostolique, 


DES   MATIERES. 


209 


chancelier  de  la  Toison  d'or, 
évêque  de  Cambrai  en  1480, 
f  1502  [Boull.  90]. -Chargé 
de  parlementer  avec  les  Lié- 
geois, III,  285  et  note  2. 

Berghes  (Jean  de),  seigneur  de 
"Walhain,  chevalier  de  la  Toi- 
son d'or  en  1481 ,  f  20  janvier 
1531  [Boull.  91].  —  L'un  des 
négociateurs  du  traité  d'Ar- 
ras  en  1482,  III,  262  note  5  ; 
accompagne  Maximilien  à  la 
prise  de  Termonde,  267; 
chargé  avec  Baudoin  de  Lan- 
noy  de  conduire  le  jeune  ar- 
chiduc à  Bruxelles,  285. 

Bergues  ou  Berghes  (Philippe 
de)  [La  Barre,  a,  361].  — 
Figure  au  ravitaillement  de 
Lintz,  III,  93,  94. 

Bergues  (Mgr  de).  Voy.  Glimes. 

Bergues  {Wle  de),  envoyée  au- 
devant  de  Marguerite  d'York, 
IV,  97. 

Bergues-sur-le-Soin.  II,  80. 

Berjoud  (Aymé),  procureur  fis- 
cal au  bailliage  de  Dijon 
(1458)  et  au  parlement  de 
Bourgogne  (1462)  [Arm.  comp- 
tes, 384].  —  1,  293  note  1. 

Bernard  (Etienne),  dit  Moreau, 
conseiller  de  Charles  VII  et 
son  ambassadeur  à  l'assem- 
blée d'Arras,  I,  208,  209. 

Bernard  (Guy),  archidiacre  de 
Tours,  maître  des  requêtes  de 
l'hôtel.  II,  275  note  1. 

Berne  (communauté  de).  III, 
226.  —  (habitants  de),  invités 
à  servir  le  comte  de  Gharo- 
lais,  III,  9  noie  1.  —  (musée 
de).  I,  54  note  3.  —  (ville  de). 
II,  397  note  2. 

Berry  (le  duc  de).  Voy.  France 
(Charles  et  Jean  de).  —  (Ma- 
rie de).  Voy.  Bourbon. 

Berry.  I,  201,  203. 

Bersabée.  I,  111  et  note  5. 

Bersat  (Robert  de),  prépare 
l'escalade  de  Luxembourg, 
II,  35,  36. 

BERTRANDON.Voy.BROQUIÈRE(la). 

IV 


Besançon  (archevêques  de).  Voy. 
Flavigny  (Quentin  de)  et  Tour 
(Guillaume  de  la). 

Besancon.  I,  192  note  2,  193 
note;  II,  397  note  2;  III,  206 
note  4,  207  note,  238  note  1. 
Joutes  à  — ,  I,  267  et  note  3  ; 
entrevue  à  —  du  roi  des  Ro- 
mains Frédéric  et  de  Phi- 
lippe le  Bon,  270  et  suiv. 

Béthune.  I,  102  note;  IV,  109. 
—  (terre  et  seigneurie  de).  I, 
8,  9  note  1  ;  III,  133.  Cédées 
au  comte  de  Gharolais,  II, 
414  note  3. 

Beures  ou  Bèvres  (Marie  de  la 
Vie  ville,  dame  de),  femme, 
en  1459,  du  bâtard  Antoine, 
seigneur  de  Beveren  ou  Bè- 
vres. —  Assiste  au  banquet 
de  Lille,  II,  355  et  note  5. 

Beveren,  aliàs  Beures  ou  Bè- 
vres (le  seigneur  de).  Voy. 
Bourgogne. 

Beveren  (terre  de),  donnée  au 
bâtard  Corneille,  passe  après 
sa  mort  à  son  frère  Antoine, 

II,  270  note  3. 

Biervliet,  BerviUier.  I,  170  et 
note  1  ;  III,  273  et  note  2. 

Billecocq  (N.),  écuyer,  joute  à 
Bruges,  III,  199,  200. 

Binchois,  musicien  de  la  cour 
de  Bourgogne.  II,  351  note  1. 

Bische,  Biche  ou  Bisse  (Guil- 
laume), «  pauvre  valeton  » 
du  pays  de  Champagne,  d'a- 
près Du  Clercq,  natif  de  Mou- 
lins-Engilbert,  suivant  d'au- 
tres auteurs,  élevé  par  la 
faveur  du  comte  de  Charo- 
lais,  qui  le  fit  son  premier 
maître  d'hôtel;  seigneur  de 
Cléry,  conseiller  et  chambel- 
lan du  roi,  gouverneur  de 
Péronne  en  1478  [Du  Clercq, 
1.  III,  ch.  xxvi  ;  Boull.  66; 
Bar.-Gach.  II,  604  note  1  •  La 
Barre,  b,   273;    Comm.-Dup. 

III,  478].  -  II,  423;  III,  31, 
223  et  note  3.  Renvoyé  de 
l'hôtel  du  comte  de  Charo- 

14 


210 


TABLE   ANALYTIQUE 


lais,  II,  420;  se  relire  à  Pa- 
ris où  il  prend  beaucoup  de 
crédit,  ibid.;  figure  aux  fêtes 
de  Bruges,  III,  121  ;  livre  Pé- 
ronne  à  Louis  XI,  II,  420 
note  1. 
Bladelin  (Pierre),  dit  Lestma- 
kere,  conseiller,  maître  d'hô- 
tel du  duc,  trésorier  de  la 
Toison  d'or  ;  donne  quittance 
le  6  mars  1451  de  six  queues 
de  vin  dont  le  duc  lui  avait 
fait  cadeau  pour  ses  bons  ser- 
vices [Gomm.-Dup.  III,  256; 
Peinc.  XXIII,  742;  Arch. 
Gôte-d'Or,  B.  383].  — Assiste 
au  chapitre  de  Gand,  II,  85 
et  note  2. 

Blaisy  (Alexandre,  seigneur 
de),  Ghaudenay  et  Thoisy-la- 
Berchère,  marié  le  7  novem- 
bre 1404  à  Catherine  de  Bour- 
gogne-Montagu ,  était  mort 
en  1424  [Moréri,  art.  Bour- 
gogne; Palliot,  Mém.  I,  707, 
796].  —  II,  182  note  1. 

Blaisy  (Claude  Ier  de),  seigneur 
en  partie  de  Brognon  et  Saint- 
Julien,  fils  d'Alexandre,  ma- 
rié vers  1448  à  Jeanne  de 
Granson,  était  mort  en  1461 
[Palliot,  Mém.  I,  225,  768, 
796  ;  Peinc.  VII,  171;  XVIII, 
622;  XXVII,  410].  — II,  182 
note  1. 

Blaisy  (Claude  II  de),  baron  de 
Couches,  comte  d'Arnay,  sei- 
gneur de  Blaisy,  etc.,  fils  de 
Claude  Ier,  marié  en  1486  à 
Louise  de  la  Tour,  f  1503 
[Ans.  IV,  530;  Peinc.  VII, 
122;  VIII,  126;  XVIII,  622]. 
—  Figure  très  jeune  au  pas 
de  la  Fontaine  de  Plours,  II, 
182  et  note  1. 

Blaisy  (Guillaume  de),  frère  du 
précédent,  figure  avec  lui  au 
pas  de  la  Fontaine  de  Plours, 
II,  182  et  noie  1. 

Blamont  (le  sire  de).  Voy.  Neuf- 
chatel  (Thibaut  de). 

Blanc  (Jean  le).  I,  274  note  1. 


Blanc  -Estrain,  aliàs  Blans- 
troem  (le  bâtard  de),  nommé 
capitaine  de  la  Verde-Tente, 
II,  286  ;  prend  Hulst  et  Axel, 
ibid.  et  notes  4  et  5  ;  repoussé 
à  Alost,  ibid.;  blessé,  303 
note  3. 

Blanche  de  Navarre,  reine 
d'Aragon,  femme  du  roi  Jean 
II,  f  1«  avril  1441.  —  II, 
137  note. 

Blanche  de  Navarre,  reine  de 
France,  2e  femme  de  Philippe 
de  Valois,  f  5  octobre  1398. 
—  I,  68  et  note  5. 

Blanche  (personnage  de  la  da- 
me). III,  161  et  suiv. 

Blancs  chaperons  (faction  des). 

II,  221,  222. 
Blangy.  III,  79  note  2. 
Blioul  (Laurent  du),  seigneur 

du  Sart,  greffier  de  la  Toison 
d'or.  IV,  161  note  1,  170  note 

I,  188  note. 
Blois  (N.).  I,  238. 

Blosset  (Etienne) ,  évèque  de 
Lisieux,  f  1505.  —  III,  34 
note  4. 

Blosset  (Jean  de),  accompagne 
le  duc  de  Berry  en  Bretagne, 

III,  34. 

Bocquam  (le  sire  de).  Voy.  Bouc- 

QUAM  et  BûRSELLE. 

Bocqueaux  (le  seigneur  de),  en- 
voyé en  ambassade  aux  Gan- 
tois après  la  bataille  de  Gavre, 

II,  327  note  1. 
Boetslaer  (le  seigneur  de).  II, 

271  note  4. 
Bohain.  I,  134. 
Bohême  (roi  de).  — Voy.  Ladis- 

las  I,  Ladislas  II.  —  (Bonne 

de).  Voy.  Bonne. 
Bohème.  I,  289,  290;  II,  2  note  2. 

Occupée  par  les  Vandales,  I, 

47.  —  (royaume  de),  usurpé 

par  le  roi  Mathias,  I,  26,  27. 
Boilleaue  (Jean),  clerc.  I,  243 

note  2. 
Bois  (Jean  du),  écuyer  picard, 

prend  part  à  l'expédition  du 

Luxembourg,  II,  12. 


DES   MATIERES. 


211 


Bois  (Jean  du  ou  de),  lieutenant 
du  capitaine  du  château  de 
Gavre,  s'échappe  avec  lui  de 
cette  place,  II,  313  et  note  3. 
Le  même  que  Jean  de  Vos, 
Ost  ou  Fox, d'après  Du  Clercq. 
Voy.  Fox. 

Bois  ou  du  Boz  (Jean  du),  sei- 
gneur du  Bois,  Hannekin, 
Vermelles,  etc.,  chevalier, 
bailli  de  Cassel,  conseiller  et 
chambellan  du  duc  de  Bour- 
gogne, était  mort  en  1496 
[Beauc  469].  —  Joute  à  Di- 
jon, I,  286;  figure  au  pas  de 
la  Pèlerine,  II,  121  ;  chevalier 
à  Audenarde,  238  et  note  3, 
239  ;  blessé  au  siège  de  Schen- 
delbecke,  307;  son  vœu  du 
faisan,  391  et  note  2. 

Bois-Bailly  (Josselin  du),  ma- 
réchal des  logis  de  Louis  XI 
[Bar.-Gach.  II,  222].  —  An- 
nonce à  Philippe  le  Bon  la 
naissance  du  fils  aîné  du  dau- 
phin, II,  412. 

Bois-le-Duc.  III,  287  note  1,  298; 
IV,  109.  Chapitre  de  la  Toi- 
son tenu  à  —,  IV,  146  et 
suiv.;  église  collégiale  de  — , 
150. 

Dois- Sainte-Marie  (terre  de).  II, 
134  note  1. 

Bolant  (Guillaume  de).  II,  50 
note  1 . 

Bon-Espoir  (chapelle  de),  à  No- 
tre-Dame de  Dijon.  I,  334 
note  2. 

Bonard  (  Claude  de  ) ,  grand 
écuyer  du  roi  de  Castille.  III, 
266  note. 

Bonaventure  (saint).  I,  177. 

Bonféal  (Pierre),  conseiller  aux 
conseils  du  duc,  avocat  du  roi 
au  bailliage  de  Dijon  et  au 
parlement  de  Bourgogne,  ma- 
rié en  1461  [Palliot,  Pari. 
331;  Arm.  comptes,  358].  — 
III,  71  note  3. 

Bonin,  Bouin  ou  Bovin  (Antoine 
ou  Gilles),  chef  des  Gantois 
dans  leur  révolte  de  1452,  II, 


213  et  note  2,  281  et  note  3. 

Bonne  de  Bohême,  reine  de 
France,  première  femme  du 
roi  Jean  le  Bon,  -j-  Il  sep- 
tembre 1349.  —  I,  69  et note'i. 

Bonniface  (Jean  de),  gentil- 
homme de  la  maison  du  duc 
de  Milan  [Beauc.  469].  —  II, 
104.  Le  duc  l'autorise  à  lever 
une  emprise,  II,  81  ;  assiste  à 
la  fête  de  la  Toison  d'or  à 
Gand,  94  ;  y  joute  contre  Jac- 
ques de  Lalaing,  96  et  suiv.; 
touche  les  targes  blanche  et 
noire  au  pas  de  la  Fontaine 
de  Plours,  154;  détail  de  ses 
joutes,  155  et  suiv.;  gagne  le 
prix  des  courses  de  lance,  201 . 

Boone  (Liévin),  justicier  ou  hof- 
man  des  Gantois  en  novem- 
bre 1451  [Bar.-Gach.  II,  88 
note  6;  Beauc  469].  —  Son 
élection,  II,  228  ;  entraîne  les 
Gantois  au  siège  d  Audenarde, 
ibid.  et  note  3,229;  décapité, 
228  note  1. 

Boos.  I,  111  et  note  5. 

Bordeaux.  III,  6  note,  318. 

Bordelais.  II,  274. 

Borluut  (Simon).  II,  329  note  1. 

Bornel  (Alardin).  Voy.  Bour- 
nel. 

Borselle  (Adrien  de),  seigneur 
de  Bredam,  chevalier,  marié 
en  deuxièmes  noces  à  Anne, 
fille  bâtarde  de  Philippe  le 
Bon  (Boull.  80;  Ans.  VII, 
106].  —  Se  fait  remarquer 
par  son  luxe  aux  noces  de 
Charles  le  Téméraire  et  meurt 
peu  après,  III,  108. 

Borselle  (Frank  ou  François 
de),  comte  d'Ostrevant,  che- 
valier, conseiller  et  chambel- 
lan du  roi,  gouverneur  de 
Hollande,  Zélande  et  West- 
frise,  etc.  [Beauc  470;  Gol- 
lut,  1092  eXnotc  1].  —  Epouse 
Jacqueline  de  Bavière,  I,  93; 
fait  chevalier  de  la  Toison 
d'or  au  chapitre  de  Gand,  II, 
84  et  note  9,  95  et  note  1. 


%\% 


TABLE   ANALYTIQUE 


Borselle  (Henri  de),  seigneur 
de  la  Vère,  comte  de  Grand- 
pré,  chevalier  à  la  bataille  de 
Zuyricsee  (1425),  chevalier  de 
la  Toison  d'or,  conseiller  et 
chambellan  du  roi,  f  17  fé- 
vrier 1471  [Beauc.  470].  — 
n,  207  note  3.  Elu  chevalier 
de  la  Toison  d'or  au  chapitre 
de  Gand,  II,  94  et  note  2,  95 
note  1  ;  conduit  Marie  de  Guel- 
dres  en  Ecosse,  118  note  1; 
chargé  avec  le  seigneur  de 
Bréda  de  lever  le  contingent 
hollandais  pour  la  guerre  con- 
tre les  Gantois,  224;  l'amène 
au  duc,  271  et  note  1  ;  figure  à 
l'entrée  de  Marguerite  d' Yorck 
à  Bruges,  III,  111;  commande 
l'armée  envoyée  contre  le  duc 
de  Glarence/69. 

Borselle  (Wolfart  de),  comte 
de  Boucquam  et  de  Grandpré, 
seigneur  de  la  Vère  après 
son  père  Henri,  maréchal  de 
France  (1464),  chevalier  de  la 
Toison  d'or,  conseiller  et 
chambellan  du  roi,  etc.,  f 
1487  [Beauc.  470].  —  II,  207 
note  3,  III,  224  et  note  3,  252 
note  6.  Son  premier  mariage 
avec  Marie.  d'Ecosse,  II,  94 
note  2,  95  et  note  ;  joute  à 
Bruxelles,  216;  danse  au  ban- 
quet de  Lille,  378  et  note  1  ; 
membre  du  conseil  de  régence 
nommé  par  les  Gantois, 111,261 
note  2  ;  représenté  au  chapitre 
de  Bois-le-Duc,  IV,  151, 
152. 

Boschuysen  (Floris  de),  prévôt 
d'Yvoy.  II,  5  note  2. 

Bosquehuse,  Boschuse  (Jean  de), 
sommelier  de  corps  du  duc 
de  Bourgogne,  marié  à  Mar- 
guerite de  Bourgogne,  fille 
naturelle  de  Jean,  évêque  de 
Cambrai,  f  vers  1485  (Boull. 
60;  Comm.-Dup.  I,  150].  — 
Prend  part  à  la  défense  d'A- 
lost,  II,  287;  négocie  l'entre- 
vue de  Péronne,  III,  81. 


Bosquiel  (Colette  de).  II,  407 
note  2. 

Bosworth  (combat  de).  III,  111 
note  6. 

Botelare  (Evrard  van),  décapité, 
II,  228  note  1. 

Bouchain,  pris  par  Louis  XI,  1, 
159. 

Bouchoute.  II,  258  note  6. 

Bouclans  (seigneurie  de).  II,  117 
note  1. 

Boucq  (Jacques  le).  I,  267 
note  3. 

Boucquam  (le  comte  de).  Voy. 
Borselle. 

Boucquam  (Charlotte  de  Bour- 
bon, comtesse  de),  2e  femme 
de  Wolfart  de  Borselle  (17  juin 
1468).  —  Assiste  au  baptême 
de  Philippe  le  Beau,  HI,  252 
et  note  6. 

Boucquam  (Marie  d'Ecosse,  com- 
tesse de),  lre  femme  de  Wol- 
fart de  Borselle.  —  Son  ma- 
riage, II,  95  et  note  ;  accouche 
d'un  fils  que  le  comte  de  Cha- 
rolais  tient  sur  les  fonts,  207 
et  note  3. 
Boudaut  (Jean),  écuyer,  sei- 
gneur de  Marcilly  et  du  Breul 
en  Morvan,  écuyer  d'écurie 
du  duc  de  Bourgogne,  gruyer 
et  bailli  de  Château-Chinon  en 
1461  ;  en  1476  le  roi  lui  donne 
et  à  sa  femme  Antoinette  la 
terre  de  Cou  langes-sur- Yonne, 
pour  en  jouir  comme  au 
temps  des  ducs  Philippe  et 
Charles  [Beauc  470;  Peinc 
XVI,  226;  XXV,  379].  — 
II,  379.  Chargé  avec  le  sei- 
gneur de  Lannoy  des  pré- 
paratifs du  banquet  de  Lille, 
II,  339;  La  Marche  lui  sou- 
met le  récit  de  ce  banquet, 
380  ;  négocie  la  cession  de 
Chàteau-Chinon,  397. 
Boudin  (Gilles  ou  Pierre).  Voy. 

Baudfn. 
Bouesseau  (Thomas),  secrétaire 
du  duc   et  trésorier   de   ses 
chartes  à  Dijon  (1431),  f  1446 


DES   MATIERES. 


213 


[Arm.  comptes,  441].  —  II, 
7  note. 

Boulay  (Jean  de),  seigneur  de 
Soleuvre,  Beaurepaire,  Dude- 
langes,  marié  à  Marguerite 
d'Autel  [Ans.  VIII,  352].  — 
Prend  parti  pour  le  duc  de 
Bourgogne,  II,  14  et  note  2, 
48;  aide  ses  officiers  à  main- 
tenir le  Luxembourg  en  son 
obéissance,  302. 

Boulenois,  I,  132.  —  (mer  de). 
III,  224. 

Boulogne  (Jeanne  de).  "Voy. 
Jeanne. 

Boulogne  (Jean  de),  peintre  et 
valet  de  chambre  du  duc  de 
Bourgogne.  II,  112  note,  119 
note,  231  note  3,  369  note  2. 

Boulogne  (Marie  de),  femme  de 
Fernand  de  Portugal  et  mère 
d'Henri,  roi  de  Portugal.  — 
I,  38.  Personnage  imaginaire. 
La  Marche  a  probablement 
fait  confusion  avec  Alphonse 
III,  qui  épousa  en  1235  Ma- 
haut  de  Dammartin,  fille  uni- 
que de  Benaud,  comte  de 
Dammartin,  etd'Ide,  comtesse 
de  Boulogne;  resté  veuf,  Al- 
phonse III  épousa  en  secondes 
noces  une  bâtarde  de  Gastille, 
dont  vint  un  fils  Denis  et  non 
Henri  qui  fut  roi  de  Portugal 
après  son  père. 

Boulogne-sur- Mer.  I,  8,  9  note  1, 
154;  II,  332;  III,  207  note  2, 
254  note,  256  note  1  ;  IV,  109, 
149.  —  (comté  de),  cédé  tem- 
porairement au  duc  de  Bour- 
gogne par  le  traité  d'Arras, 
I,  227. 

Bourbon  (Aimon  Ier,  sire  de),  fils 
de  Gui.  1, 149.  —  La  Marche 
lui  donne  par  erreur  le  prénom 
de  Geoffroy. 

Bourbon  (Alexandre,  bâtard  de), 
fils  du  duc  Jean  Ier,  noyé  par 
exécution  en  1440.  —  Capi- 
taine d'Ecorcheurs,  I,  244  et 
notes  1  et  8. 

Bourhon  (Anseau  de),  fils  d'Ai- 


mon,  donne  son  nom  à  la 
baronnie  de  Bourbon-Lancy, 
I,  149. 

Bourbon  (Archambault  Ier,  sire 
de),  fils  d'Aimon  (959),  donne 
son  nom  à  la  baronnie  de 
Bourbon -l'Archambault,  I, 
149. 

Bourbon  (Charles  I«r,  duc  de)  et 
d'Auvergne,  comte  de  Gler- 
mont,  etc.,  grand  chambrier 
de  France,  f  4  décembre  1456. 
—  I,  96,  97  note  4,  146,  150, 
153,  211  note\,  227,228,235, 
246  note;  II,  54  note  2,  56 
note  7,  208  note  1,  209  note  5; 
III,  42  note  1.  —  Epouse 
Agnès  de  Bourgogne,  I,  96  et 
note  4,  153;  ambassadeur  du 
roi  de  France  à  l'assemblée 
d'Arras,  204,  208,  209  ;  assiste 
à  l'assemblée  de  Nevers,  250; 
visite  le  duc  de  Bourgogne  à 
Ghalon,  252  ;  l'assiste  au  dé- 
bat du  procès  de  Jacques  de 
Chabannes  contre  le  sire  de 
Pesmes,  ibid.  et  suiv.;  son 
éloge,  254;  quitte  Ghalon, 
257  et  note  2  ;  ses  deux  séjours 
dans  cette  ville,  266  note  2; 
vient  trouver  le  duc  Philippe 
à  Dijon,  267;  assiste  (ou  son 
fils  Jean)  à  l'entrevue  de  Châ- 
lons,  II,  56  et  note  2;  sa  fille 
Isabelle  demandée  en  mariage 
pour  le  fils  du  comte  de  Saint- 
Pol,  395,  et  peu  après  fiancée 
à  son  insu  au  comte  de  Cha- 
rolais,  396;  instructions  par 
lui  données  pour  ce  mariage, 
401  note  2;  promet  en  dot  à 
sa  fille  la  seigneurie  de  Châ- 
teau-Chinon  et  cherche  vai- 
nement à  se  dégager  de  cette 
promesse,  I,  154;  II,  396  et 
note  3. 

Bourbon  (Geoffroy  de).  Voy. 
Bourbon  (Aimon  Ier  de). 

Bourbon  (Jacques  II  de),  comte 
de  la  Marche  et  de  Castres, 
grand  chambrier  de  France, 
régent  et  roi  de  Naples,  mort 


214 


TABLE   ANALYTIQUE 


cordelier  à  Besancon,  le 
24  septembre  1438.  —  I,  193 
note.  Epouse  Jeanne  de  Duras, 
reine  de  Naples,  I,  190  et 
note  1;  ses  démêlés  avec  sa 
femme  qui  le  relient  prison- 
nier au  château  de  l'Œuf, 
191  et  note  1  ;  s'échappe  de 
prison,  192;  prend  l'habit  de 
saint  François,  193;  Bon  entrée 
à  Pontarlier,  d'où  il  se  rend 
à  Besancon,  193  et  suiv. 

Bourbon  (Jacques  de),  chevalier 
de  Saint-Michel  et  de  la  Toi- 
son d'or  (1468),  lils  de  Char- 
les Ier,  f  22  mai  1  168.  — 
Soupe  avec  le  duc  de  Bour- 
gogne, 111,  i  note  i  ;  prend 
part  a  la  guerre  du  Bien  pu- 
blic, I,  124. 

Bourbon  (Jacques  de),  chevalier 
de  Rhodes,  grand  prieur  de 
France,  fils  bâtard  de  Louis, 
évoque  de  Liège,  -,'■  27  sep- 
tembre 1527.  —  Sert  le  sei- 
gneur île  Ternanl  au  pas  de 
PArbre  d'or,  IV,  135.  —  La 
Marche  lui  donne  par  erreur 
le  prénom  de  Jean. 

Bourbon  (Jean  h p,  dm-  de),  ne 
en  1381,  y  janvier  1434.  — 
1,  ir.3. 

Bourbon  (Jean  II  le  lion,  due 
de)  et  d'Auvergne,  fils  aine 
du  duc  Charles  l,r,  connétable 

et  grand  chaïuhi  ier  de  France, 
Y  ïtr  avril  1 188.  —  Séjourne 
avec  ses  parents  vers  le  dur 
Philippe  a  Dijon,  I.  267;  as- 
siste 'ou  son  père  Charles)  à 
l'assemblée  de  Châlons,  II, 
56  et  note  0  ;  vainqueur  tlos 
Anglais  à  Formigny,  209  et 
5  :  reçu  par  le  comte  de 
Charolais  *  à  Gand,  III,  3 
note  3;  soupe  avec  le  due 
Philippe,  i  note  i;  prend  part 
à  la  ligue  du  Bien  public,  I, 
124;  111,  7  et  note  \.  8  et 
note 3;  signe  le  traite  de  Saiut- 
Maur,  -,".i  note;  rentre  dans 
les  bonnes  grâces  du  roi,  32; 


donation  à  lui  faite  du  comté 
de  Bourgogne  et  de  la  sei- 
gneurie de  Salins,  confisqués 
sur  Charles  le  Téméraire, 
229  note  1  ;  visite  Charles  VI 11 
à  Beaugency,  264  et  note  1. 

Bourbon  (Jean  Ier  de),  comte  de 
la  Marche  et  de  Vendôme, 
père  de  Jacques,  roi  de  Na- 
ples, f  11  juin  1393.  —  III, 
1S1  note. 

Bourbon  (Jean  VII  de),  comte 
de  Vendôme  en  14G6,  f  G  jan- 
vier 1478.  -  III,  180,  181  et 
note.  Prisonnière  Montlhéry, 
111.  16  note  4. 

Bourbon  (Louis  Ier  le  Grand, 
créé  duc  de)  eu  1327,  f  jan- 
vier 1342.  —  Affligé  de  la 
goutte,  I,  180. 

Bourbon  (Louis  II  le  Bon,  duc 
de)  en  1356,  y  19  août  1410. 
—  La  Marche  lui  donne  à  tort 
pour  femme  une  comtesse 
d'Armagnac,  I,  153. 

Bourbon  (Louis  de),  comte  de 
Vendôme  et  de  Chartres, 
grand  chambellan  et  grand 
maître  de  France,  lieutenant 
du  roi  en  Picardie,  Champa- 
gne et  Une.  etc.,  y  21  dé- 
cembre 1446.  —  I,  235.  Am- 
bassadeur du  roi  de  France  à 
l'assemblée  d'Arras,  I,  204, 
208,  209;  assiste  a  l'assemblée 
de  Nevere,  ;'•"><». 

Bourbon  i  Louis  de)  le  Bon, 
comte  de  Montpensier,  de 
Clermoui  et  de  Bancerre,  dau- 
phin d'Auvergne,  etc.,  f  mai 
i486.  —  II,  208  note  I. 

Bourbon  .Louis  de),  évéque  de 
Liège  en    1455,   lils  du  duc 

Charles  [<*,  y  1  î S  J .  —  III, 
7  note  i.  '.il.  227.  Fai1  prison- 
nier à  Tongres  par  les  Lié- 
geois, 1,  10'.»;  CEI,  82  et  note  2; 

rétabli  sur  son  siège  par  son 
COUSin  le  due  Charles,  1,  129; 

nouvelle  révolte  d(>s  Liégeois 

contre  lui,  175;  assassiné, 
17.")  note  1. 


DES   MATIERES. 


215 


Bourbon  (Louis,  bâtard  de),  fils 
du  duc  Charles  Ier,  comte  de 
Roussillon,  amiral  de  France 
en  1466,  f  19  janvier  1486. 

—  Kl,  223  et  note  1. 
Bourbon  (Mile  de),  sert  les  sei- 
gneurs de  Ternant  et  de  Ga- 
rencv  au  pas  de  l'Arbre  d'or, 
IV,  135. 

Bourbon  (Philippe  de),  seigneur 
et  baron  de  Beaujeu,  second  fils 
du  duc  Charles  Ier,  mort  jeune. 

—  Assiste  à  l'entrevue  de 
Chalon-sur-Saône,  I,  258  et 
note  2;  suit  le  duc  Philippe 
dans  son  expédition  du  Lu- 
xembourg, II,  12;  accompa- 
gne la  duchesse  à  Chàlons, 
54  et  note  2;  assiste  aux  jou- 
tes d'Arras,  68,  69,  et  à  celles 
de  Bruges,  124  et  note  3. 

Bourbon  (Philippe de),  seigneur 
de  Duisant,  frère  de  Pierre, 
seigneur  de  Carency;  vivait 
encore  en  1477.  — '  Assiste 
son  frère  au  pas  de  l'Arbre 
d'or,  IV,  135. 

Bourbon  (Pierre  Ier,  duc  de)  en 
1342,  f   19  septembre  1356. 

—  I,  153. 

Bourbon  (Pierre  II  de),  sire  de 
Beaujeu,  puis  duc  de  Bour- 
bon à  la  mort  de  son  frère 
Jean  II,  f  8  octobre  1503.  — 
II,  54  noie  2;  III,  222.  Accom- 
pagne le  duc  de  Berry  en 
Bretagne,  III,  34  et  note  1; 
rentre  en  France  avec  01.  de 
la  Marche,  ibid.;  épouse  Anne 
de  France,  35  et  note  1  ;  près 
du  roi  à  Beaugency,  264  et 
note  3. 

Bourbon  (Pierre  de),  seigneur 
de  Carency,  fils  de  Jean,  aussi 
seigneur  de  Carency,  et  de 
Jeanne  Vendômois,  f  après 
1493.  — Joute  au  pas  de  l'Ar- 
bre d'or,  III,  180  et  note  1, 
181;  IV,  135. 

Bourbon  (Agnès  de  Bourgogne, 
duchesse  de),  fille  de  Jean 
sans  Peur,  mariée  en  1425  au 


duc  Charles  Ier  de  Bourbon, 
■f  1er  décembre  1476.  —  I,  96 
et  note  A,  97,  146,  153;  11,54 
note  2,  56  note  7,  401  note  2. 
Accompagne  son  mari  à  l'as- 
semblée de  Nevers,  I,  250  et 
note  4;  vient  avec  lui  visiter 
le  duc  Philippe  à  Dijon,  267 
et  note  1  ;  rejoint  le  duc  à 
Lille  et  soupe  avec  lui,  III,  4 
notes r  1  et  4;  son  séjour  pro- 
longé à  la  cour  de  ce  prince, 
41,  42  et  note  1. 

Bourbon  (Anne,  de  France,  du- 
chesse de).  Voy.  Beaujeu. 

Bourbon  (Béatrix,  dame  de), 
femme  de  Robert  de  France, 
comte  de  Clermont  et  sire  de 
Bourbon,  f  1"  octobre  1310. 

—  Héritière  de  la  baronnic 
de  Bourbon,  1, 149.  —  La  Mar- 
che lui  donne  par  erreur  le 
prénom  de  Louise. 

Bourbon  (Isabelle  de  Valois, 
duchesse  de),  femme  du  duc 
Pierre  I",  f  26  juillet  1383. 

—  I,  153. 

Bourbon  (Isabelle  de),  religieuse 
Clarisse.  I,  193  note. 

Bourbon  (Marguerite  de),  femme 
de  Rodrigue  de  Villandrando. 
I,  244  note  5. 

Bourbon  (Marie  de  Berry,  du- 
chesse de),  femme  du  duc 
Jean  I",  -j-  jum  1434.  __  t} 
153. 

Bourbon  (Catherine  de).  Voy. 
Gueldres.  —  (Charlotte  de). 
Voy.  Boucquam.  —  (Isabelle 
de).  Voy.  Charo^ais.  —  (Jean- 
ne de  ).  Voy.  Arguel.  — 
(Louise  de).  Voy.  Bourbon 
(Béatrix  de).— (Màrgueritede) 
Voy.  Savoie.  —  (Marie  de). 
Voy.  Calabre.  —  (armes  de  . 
I,  152,  153;  III,  181.  — (mai- 
son de).  I,  97,  147,  148,  150. 

—  (origine  des  ducs  de).  I, 
152. 

Bourbon  (baronnie  de),  érigée 
en  duché  en  1327  par  le  roi 
Charles  IV  et  non  par  saint. 


216 


TABLE   ANALYTIQUE 


Louis,  comme  le  dit  La  Mar- 
che. I,  150.  —  (origine  du 
nom  de).  I,  148. 

Bourbon  (tournoi  dans  la  salle 
de),  à  Paris.  II,  426. 

Bourbon- Lancy.  I,  149;  II,  426 
note  4. 

Bourbon-VArchambault.  I,  149. 

Bourbonnais.  I,  148. 

Bourbourg.  III,  166. 

Bourgeois  (Philipot),  écuyer 
nivernais,  porte  l'étendard  du 
comte  d'Etampes  au  combat 
de  Nevele,  II,  256. 

Bourgogne  (Antoine  de),  duc 
de  Brabant  en  1405,  f  25  oc- 
tobre 1415.  —  I,  288  note  2; 
II,  2  note  2,  266  note  4. 

Bourgogne  (Antoine,  bâtard  de), 
dit  le  grand  bâtard,  seigneur 
de  Beures,  Bèvres  ou  Beve- 
ren,  chevalier  de  la  Toison 
d'or  en  1456,  fils  du  duc  Phi- 
lippe et  de  Jeanne  de  Presle, 
f  1504.  -  II,  299;  III,  39 
note  1,109,  280  note  1;  IV,  99, 
100,  130,  142,  148,  149.  As- 
siste à  l'entrée  du  duc  son 
père  à  Bruxelles,  II,  51  ;  em- 
mené par  lui  en  Luxembourg, 
207;  chevalier  à  Audenarde, 
où  il  commandait  l'avant- 
garde,  236,  237  ;  escarmouche 
devant  Gand,  245;  son  ensei- 
gne engagée  au  combat  de 
Nevele,  254,  256;  commande 
l'arrière-gardeà  Rupelmoncle, 
avec  le  comte  d'Etampes,  268  ; 
regrets  que  lui  cause  la  mort 
de  son  frère  Corneille,  270; 
lui  succède  dans  ses  terres  et 
dans  le  titre  de  grand  bâtard, 
ibid.  et  note  3  ;  son  expédition 
au  pays  des  Quatre-Métiers, 
279  et  note  2;  tient  garnison 
à  Termonde  pendant  la  trêve, 
282;  repoussé  dans  une  course 
sous  les  murs  de  Gand,  288, 
289;  attire  Jean  Fallot  au 
parti  du  duc,  292;  ses  succès 
contre  les  Gantois,  293  et 
suiv.;  prend  part  au  siège  de 


Poucques,  309;  combat  à  Ga- 
vre,  317;  assiste  à  l'amende 
honorable  des  Gantois,  331  ; 
sert  Adolphe  de  Clèves  aux 
joutes  du  banquet  de  Lille, 
345  ;  y  joute  lui-même,  347  ; 
sa  place  au  banquet,  355  ;  au- 
tre joute  où  il  gagne  le  prix 
de  dedans,  380  ;  son  vœu  du 
faisan ,    383  ;    mène    grande 
fête  à  Lille  lors  du  2e  mariage 
du  comte  de  Charolais,  401 
et  note  1  ;  prend   part   à   la 
guerre  du  Bien  public,  1, 124  ; 
commande   la  troisième  ba- 
taille   à    Montlhéry,    III,    9 
note  2;  son  expédition  contre 
les  Sarrazins,  I,  104;  III,  35 
et  suiv.;  fait  lever  le  siège  de 
Ceuta,  39  ;  rentre  à  Marseille, 
40;  rejoint  son  père  malade 
qui  lui  donne  le  comté  de  la 
Roche,  ibid.;  obtient  du  duc 
l'autorisation  de  jouter  contre 
le  comte  de  Scalles,  41;  prend 
part  au  siège  de  Binant,  48; 
son  emprise    en  Angleterre, 
I,  104;  III,  48  et  suiv.;  ap- 
prend la  mort  de  son  père, 
55  ;  revient  à  Bruges,  56  note, 
57  ;  figure  à  l'entrée  de  Mar- 
guerite   d'York    dans    cette 
ville,  111  et  note  2;  chef  d'une 
des  chambres  de  festin  aux 
noces  de  cette  princesse,  117  ; 
tient  le  pas  de  l'Arbre  d'or, 
123  et  suiv.;  IV,  108  et  suiv.; 
sa  première   entrée   dans  la 
lice,  III,  131;  gagne  la  verge 
d'or,  132;  suite  de  ses  joutes, 
139  et  suiv.;  IV,  116  et  suiv.; 
ne  joute  pas  contre  le  seigneur 
de  Scalles  dont  il  était  frère 
d'armes,  III,  172;  blessé  au 
genou,  ce  qui  l'empêche  de 
continuer  son  emprise,   173, 
IV,  139;  assiste  à  la  joute  du 
duc,  III,  188. 
Bourgogne  (Baudoin,  bâtard  de), 
fils  du  duc  Philippe  et  de  Ca- 
therine de  Tipsferies,  f  1505. 
—  Accompagne  son  frère  An- 


DES   MATIERES. 


217 


toine  dans  son  expédition 
contre  les  infidèles,  III,  36  et 
note  1;  va  saluer  Marguerite 
d'York  au  Dan,  106  et  note  7; 
joute  au  pas  de  l'Arbre  d'or, 
163;  IV,  128;  y  sert  le  duc, 
138;  exclu  de  la  trêve  de  So- 
leuvre,  III,  221  et  note  2. 
Bourgogne  (Charles  le  Témé- 
raire, comte  de  Gharolais, 
puis  duc  de)  en  1467,  f  5  jan- 
vier 1477.  —  I,  11  note,  54 
note  3,  105,  106,  127,  129  et 
note  1,  144,  145,  188;  II,  85, 
86,  112  note,  118,  146,  164 
note  1,  199  note  3,  213,  243, 
245,  249,  258,  259,  300  note  2, 
324,  326,  331,380  note  1,  397 
et  note;  III,  3  note  4,  14  note 
1,  21,  40  note,  88  note  1, 
98,  116,  117,  151,  242,  248 
note  3,  249  note,  305;  IV,  33, 
38,  70,  82,  83,  86,  88,  100, 
101,  149,  150,  154,  157,  158, 
160,  167,  168.  Son  histoire 
abrégée,  I,  121  et  suiv.;  son 
père  se  rendant  en  Bourgogne 
le  laisse  à  Bruxelles,  248;  la 
duchesse  Isabelle  l'y  rejoint 
au  début  de  la  campagne  du 
Luxembourg,  II,  14;  reçoit 
son  père  à  son  entrée  à  Bru- 
xelles, 51  ;  assiste  à  la  joute 
du  seigneur  de  Ternant  à 
Arras,  68,  au  chapitre  de  la 
Toison  d'or  tenu  à  Gand  en 
1445,  83,  94,  et  à  la  joute  qui 
suivit,  96;  se  rend  au  pas  de 
la  Pèlerine,  121  ;  fait  bon  ac- 
cueil aux  infants  de  Portugal, 
136,  211  ;  parrain  d'un  fils  de 
la  comtesse  de  Boucquam, 
207;  court  sa  première  lance 
au  parc  de  Bruxelles,  214, 
215;  assiste  aux  joutes  don- 
nées dans  le  marché  de  la 
même  ville;  son  éloge,  I,  122, 
123;  II,  216,  217  et  note  3; 
envoyé  à  Bergues  et  en  Zé- 
lande,  225;  sa  ferme  résolu- 
tion de  prendre  part  à  la 
guerre    contre    les    Gantois, 


dont  son  père  aurait  voulu 
l'écarter,  226;  suit  ce  prince 
dans  cette  expédition,  231, 
245;  passe  l'Escaut  avec  lui, 
263;  ses  premières  armes  à 
Bupelmonde,  265,  où  il  fait 
plusieurs  chevaliers,  268;  ses 
regrets  de  la  mort  du  bâtard 
Corneille,  270;  veut  attaquer 
Moerbeke  contre  l'avis  des 
seigneurs,  277;  y  renonce  à 
regret,  278  et  note  2;  accom- 
pagne son  père  au  siège  de 
Schendelbeke,  304  ;  vivement 
affecté  de  la  mort  de  Jacques 
de  Lalaing,  311;  son  père 
cherche  en  vain  à  l'éloigner 
du  théâtre  de  la  guerre,  312, 
313;  combat  à  Gavre  avec  lui, 
317,  322;  y  est  blessé,  323; 
séjourne  à  Lille,  333;  son 
portrait,  334,  335;  assiste 
Adolphe  de  Clèves  à  la  joute 
de  Lille,  345;  y  joute  lui- 
même,  347;  sa  place  au  ban- 
quet, 355;  prend  part  à  la 
danse,  378,  et  en  gagne  le 
prix,  379;  fait  crier  une  joute, 
ibid.;  son  vœu  du  faisan,  382; 
fiancé  secrètement  à  Isabelle 
de  Bourbon ,  396  ;  son  père 
partant  pour  l'Allemagne  lui 
confie  le  gouvernement  de  ses 
états,  398  ;  s'acquitte  bien  de 
cette  mission,  ibid.;  son  ma- 
riage à  Lille,  401  et  notes  1  et 
2;  joute  aux  fêtes  données  à 
cette  occasion,  401  note  1;  va 
au-devant  du  dauphin,  409; 
son  séjour  au  Quesnoy,  412; 
se  brouille  avec  les  Croy,  414 
et  notes  1  et  3  ;  ne  veut  pas  ac- 
cepter Philippe  de  Croy  pour 
tiers  chambellan,  ce  qui  pro- 
voque la  fureur  de  son  père, 
416,  417,  418;  entre  en  débat 
avec  ce  dernier,  I,  105;  se 
réconcilie  avec  lui  par  l'inter- 
médiaire du  dauphin,  II,  419, 
420  et  note  1,  421;  apprend  la 
mort  de  Charles  VII,  423; 
ses   relations   amicales   avec 


218 


TABLE   ANALYTIQUE 


son  successeur,  ibid.;  assiste 
à  l'entrée  de  Louis  XI  à  Pa- 
ris, 424;  y  joute,  425,  et  y 
donne   un  tournoi,  426;  se 
rend  en  Bourgogne,  ibid.  et 
note  4,  et  de  là  à  Tours  où  il 
est  bien  reçu  par  le  roi  qui 
lui  donne  une  pension,  423, 
426  et  notes  4  et  5  ;  s'égare  dans 
une  partie  de  chasse,  427  note; 
rentre  à  Bruxelles,  ibid.  note 
2;  mécontent    de    Louis  XI 
qui  lui  retire  sa  pension  et 
ne    lui    remet    pas    le    prix 
du   rachat   des  villes    de   la 
Somme,  comme  il  le  lui  avait 
promis,  III,  1,  2;  son  séjour 
en  Hollande,  2  note  3,   3  et 
note  3;  reçoit  à  Gand  le  duc 
de  Bourbon,  3  note  3;  soupe 
avec  Philippe  le  Bon,  4  note  4  ; 
ses  relations  avec  le  comte  de 
Saint -Pol,  6,   7    et  note  1; 
averti  de  l'arrivée  du  duc  de 
Berry  en  Bretagne,  7  ;  informe 
son  père  de  son  alliance  avec 
ce  prince,  8;  se  ligue  contre 
Louis  XI  avec  les  seigneurs 
de  France,  I,  124;  son  entrée 
en  campagne,  III,  9  et  note  1, 
10  note  1;  combat  à  Montlhéry 
où  il  commande  la  deuxième 
bataille,  III,  11,9  et  note  2; 
blessé,   I,    124;    III,    12,   13 
note  3;  couche  sur  le  champ 
de  bataille,   13,  qu'il   garde 
trois  jours,  16  et  note  1,  17, 
18  et  note  1;  bruit  répandu  de 
sa  mort  ou  de  sa  capture,  16, 
17,  19;  tient  conseil,  14,  15; 
se  porte  au-devant  des  ducs 
de  Berry  et  de  Bretagne,  qui 
le  rejoignent  à  Étampes,  17, 
20  et  note  2  ;   traite  avec  ce 
dernier,  17  note  6;  décide  les 
princes  à  marcher  sur  Paris, 
21;  fait  fortifier  les  approches 
de  Conflans  et  établir  un  pont 
sur  la  rivière,  22;  assiste  aux 
conseils  tenus  au  même  lieu, 
23  ;  se  brouille  avec  le  conné- 
table de  Saint-Pol,  25;  reçoit 


de  l'argent  pour  la  solde  des 
troupes,  ibid.,  27  et  note  3  ;  le 
roi  l'amuse  par  l'offre  de  la 
main  de  sa  fille  Anne,  27  et 
s.,  avec  les  comtés  de  Cham- 
pagne et  de  Brie  pour  dot, 
28;  signe  le  traité  de  Saint- 
Maur,  29  note;  cession  à  lui 
faite  des  villes  de  la  Somme, 
ibid.;  son  entrevue  avec  le  roi 
à  Villiers-le-Bel,  28  note  1, 
30  et  note  3  ;  quitte  la  France 
et  marche  contre  les  Liégeois 
révoltés  qu'il  réduit  à  merci, 
25  note  2,  30  et  notes  3  et  4,  31 
et  note  1 , 1, 125  ;  rentre  à  Bru- 
xelles, III,  31;  envoie  01.  de 
la  Marche  en  Normandie,  33 
et  note  2  ;  dissimule  ses  vrais 
sentiments  envers  le  roi,  35; 
rupture  de  son  projet  de  ma- 
riage avec  Anne  de  France, 
ibid.;  insulté  par  les  Dinan- 
tais,  42  notes,  43;  se  dispose 
à  les  châtier,  43  et  note  6;  as- 
siège, prend  et  brûle  Dinant, 
I,  126;  III,  44  et  note  3,  45 
et  notes;  fait  justice   sévère 
de   trois  archers,  ibid.,  46; 
fait  annoncer  à  son  père  la 
prise  de  Dinant,  ibid.;  pour- 
suit  les   Liégeois   venus   au 
secours  de  cette  ville,  ibid.; 
son  entrevue  avec  leur  capi- 
taine, 47  ;  ne  peut  les  attein- 
dre,  ibid.;   reçoit   leur   sou- 
mission et  retourne  vers  son 
père,  48  et  notes  1  et  2  ;  lui  suc- 
cède, I,   122,  127;    III,   57; 
marche  contre  les  Liégeois  de 
nouveau  révoltés,  63  et  note  2  ; 
assiège  Saint-Trond,  I,  127; 
III,  64  et  note  2;  commande 
en  personne  à  la  bataille  de 
Brunstein ,    65    et    note    5  ; 
bat  les  Liégeois,  I,  127;  III, 
66  ;  s'empare  de  Saint-Trond 
et  de  Tongres,  I,  127  ;  III,  67 
et  note  3;  entre  à  Liège  dont 
il  fait  abattre  les  murailles, 
I,  128;  III,  68  et  note  1;  ren- 
tre à  Bruxelles,  ibid.;  en  paix 


DES   MATIERES. 


219 


avec  Louis  XI,  I,  128;  sa 
grande  prospérité;  son  ma- 
riage avec  Marguerite  d'York 
projeté  et  conclu,  1,  128;  III, 
75  et  note  2,  101  ;  récit  de 
ses  noces,  III,  101  et  suiv.; 
IV,  95  et  suiv.  ;  va  visiter 
Marguerite  à  l'Ecluse,  III, 
104;  IV,  97;  fiancé  et  marié 
au  Dan  par  l'évêque  de  Salis- 
bury,  III,  105;  IV,  98;  sa  ri- 
chesse en  vaisselle,  III,  120; 
assiste  aux  dîners  et  aux  jou- 
tes, III,  122,  133,  138,  148, 
200;  IV,  108,  110,  115,  119, 
122,  129,  133;  sa  devise,  III, 
133,  151  ;  lettre  à  lui  pré- 
sentée par  la  dame  de  l'Ile 
Celée,  IV,  112  et  suiv.;  joute 
au  pas  de  l'Arbre  d'or,  III, 
189  et  suiv.;  IV,  138  et 
suiv.;  prend  part  au  tournoi 
qui  suivit,  III,  194,  195;  IV, 
140,  141;  refuse  le  prix  que 
veulent  lui  donner  les  dames, 
III,  199;  prend  congé  de  la 
duchesse  de  Norfolk  et  se  rend 
en  Hollande,  201  et  note  1;  se 
met  aux  champs  à  Lyons-en- 
Santers,  I,  129;  son  entrevue 
à  Péronne  avec  Louis  XI, 
ibid.;  III,  201  note  1,  81  et 
suiv.  et  notes  ;  le  force  à  mar- 
cher contre  les  Liégeois,  84  ; 
enire  avec  lui  à  Liège,  86,  87 
et  note  1;  le  fait  reconduire 
dans  ses  états,  87  ;  fait  préve- 
nir le  duc  de  Rerry  du  traité 
de  Péronne,  88;  son  expédi- 
tion au  pays  de  Franchimont, 
I,  130;  III,  212,  213  et  note  1; 
lève  une  armée  pour  com- 
battre le  duc  de  Clarence  et  la 
dissout  presque  aussitôt,  69, 
70;  reçoit  le  roi  Edouard  IV 
dans  ses  états,  I,  130;  III, 
237;  fait  arrêter  Adolphe  de 
Gueldres  et  mettre  son  père 
en  liberté,  202  et  notes  1,  2  et 
3;  prend  en  haine  le  comte 
de  Saint-Pol,  203;  apprend 
que  Saint-Quentin  et  Amiens 


se  sont  mis  en  l'obéissance 
du  roi,  71;  assiège  Amiens,  I, 
1 30  ;  III,  7 1  et  notes  2  et  3  ;  con- 
clut une  trêve  avec  Louis  XI, 
I,  131;  III,  73  et  note  2;  ses 
ordonnances  sur  les  gens  de 
guerre,  I,  131  et  note  1;  III, 
74,  76  et  note  1;  fait  régner  la 
justice  dans  ses  états,  I,  132; 
établit  un  parlement  à  Mali- 
nes,  ce  qui  le  fait  accuser  de 
lèse-majesté  au  parlement  de 
Paris,  ibid.  et  note  2;  se  con- 
sidère, le  roi  ayant  rompu  la 
trêve,  comme  dégagé  de  tout 
devoir  de  fidélité  envers  lui, 
ibid.;  prend  les  armes,  133; 
son  invasion  en  France,  ibid.; 
s'empare  de  Roye  et  de  Nesle, 
III,  77;  assiège  Beauvais,  I, 
133;  III,  77;  lève  le  siège, 
78  et  note  2;  son  expédition 
en  Normandie,  ibid.  et  suiv.; 
brûle  Neufchâtel,  ibid.  et 
note  3;  se  porte  sur  Rouen 
où  il  ne  peut  entrer,  I,  133  ; 
III,  78  et  note  4,  79;  bat  en 
retraite  sur  Amiens,  79  ;  son 
entrevue  avec  le  duc  de  Ca- 
labre  qui  lui  demande  la  main 
de  sa  fille,  ibid.  et  notes -2  et  o; 
obtient  de  ce  prince  la  renon- 
ciation aux  promesses  qui  lui 
avaient  été  faites  à  cet  égard, 
80  et  note  4  ;  cherche  en  vain 
à  livrer  bataille  à  Louis  XI, 
I,  133;  III,  81;  établit  un 
camp  d'honneur  à  Lyons-en- 
Santers,  III,  81  et  note  1; 
tient  un  chapitre  de  la  Toison 
d'or  à  Valenciennes,  I,  134; 
III,  203  ;  y  change  les  man- 
teaux des  chevaliers,  ibid., 
note  5;  s'y  réconcilie  avec  les 
Groy  par  l'intermédiaire  de 
Jean  de  Rubempré,  ibid.; 
s'empare  des  pavs  de  Gueldres 
et  de  Zutphen,"  I,  135;  III, 
205  et  notes  2  et  3  ;  son  entre- 
vue à  Trêves  avec  l'empereur 
Frédéric,  I,  135;  se  rend  en 
Bourgogne,  III,  206  et  notes  2, 


220 


TABLE   ANALYTIQUE 


3  et  4  ;  son  entrée  à  Dijon  où  il 
prend  possession  du  duché  de 
Bourgogne  et  préside  aux  ob- 
sèques de  Philippe  le  Bon  et 
d'Isabelle  de  Portugal,  1, 136; 
III,  58  et  suiv.,  206;  prend 
aussi  à  Dole  possession  du 
comté,  206  et  note  5  ;  va  en 
pèlerinage  à  Saint -Claude, 
207  ;  retourne  à  Bruxelles, 
ibid.;  fait  emprisonner  le 
comte  de  Montbéliard,  ibid. 
et  note  2;  se  porte  au  secours 
de  l'archevêque  de  Cologne, 
1, 136  ;  III,  89  ;  assiège  Neuss, 
I,  136,  137;  III,  88  et  suiv.; 
apaise  une  querelle  des  An- 
glais et  des  Italiens  qui  ser- 
vaient dans  son  armée,  96; 
festoie  le  roi  de  Danemark  et 
plusieurs  princes  d'Allema- 
gne, 1, 139  ;  III,  97  et  notes  4  et 
5  ;  attaque  le  camp  de  l'empe- 
reur, 99;  traite  avec  lui,  100 
et  notes  2  et  3  ;  lève  le  siège  de 
Neuss,  ibid.;  rejoint  à  Calais 
le  roi  Edouard,  I,  139,  III, 
73  note  5  ;  traite  avec  lui,  74 
note;  signe  la  trêve  de  So- 
leuvre,  214  et  note  4,  215  et 
suiv.;  s'empare  de  la  Lorraine, 
1, 1 39,  III,  208  ;  secourt  le  comte 
de  Romont  contre  les  Suisses, 
1,139;  III,  209;  battu  à  Gran- 
son,  I,  139;  III,  209,  210,  et 
àMorat,  1,140;  111,210,  211; 
assemble  les  états  du  comté 
de  Bourgogne  à  Salins,  I,  141; 
son  mécontentement  contre  la 
maison  de  Savoie,  III,  234 
note  2  ;  ordonne  à  01.  de  la 
Marche  de  s'emparer  de  la 
duchesse  de  Savoie  et  de  ses 
fils,  ibid.;  sa  fureur  en  appre- 
nant l'évasion  du  jeune  duc, 
236  et  note  2;  ordonne  une 
levée  en  masse  à  laquelle  les 
états  généraux  de  Gand  ne 
veulent  pas  consentir,  213 
note  2;  fait  de  nouvelles  le- 
vées, ibid.;  se  porte  au  secours 
de   Nancy,  dont   il  ne  peut 


prévenir  la  reddition  au  duc 
René  II,  I,  141;  III,  213,  238 
et  note  1;  contraint  ce  prince 
à  se  retirer  en  Allemagne,  1, 
142;  assiège  Nancy,  ibid.; 
III,  238;  livre  bataille  sous 
les  murs  de  cette  ville,  I,  142; 
III,  240;  tué,  ibid.;  laisse  sa 
fille  seule  héritière  de  ses 
états,  I,  12,  142,  143  ;  avait 
beaucoup  désiré  le  mariage 
de  cette  princesse  avec  l'archi- 
duc Maximilien,  III,  243  et 
note  2  ;  cru  vivant  longtemps 
après  sa  mort,  240  note  3; 
réflexions  sur  cette  catastro- 
phe, I,  144  ;  ses  titres  et  sei- 
gneuries, I,  9  note  2, 185  ;  III, 
214,  215;  ses  armes,  I,  146, 
156,  176;  ses  trois  femmes,  I, 
145,  146,  147,  154,  155;  état 
de  sa  maison,  IV,  1  et  suiv.; 
surnommé  le  Travaillant,  I, 
122;  Kl,  315. 

Bourgogne  (Charles  de),  comte 
de  Nevers  et  de  Rethel,  fils 
de  Philippe,  aussi  comte  de 
Nevers,  f  1464.  —  I,  248 
note  2,  228;  II,  312  note.  As- 
siste à  l'assemblée  d'Arras,  I, 
205;  accompagne  Philippe  le 
Bon  à  Chalon,  258  et  note  1  ; 
joute  à  Besançon ,  267  et 
note  4  ;  figure  au  pas  de  Mar- 
sannay,  298;  y  remplit  les 
fonctions  de  juge  de  la  lice, 
302,  304,  306;  prend  part  à 
l'expédition  du  Luxembourg, 
II,  12,  21  ;  son  mariage  pro- 
jeté avec  Marguerite  d'Anjou, 
59  et  note  3  ;  lettre  à  lui  adres- 
sée par  01.  de  la  Marche  ou  à 
son  frère  Jean,  IV,  145.  —  La 
Marche  lui  donne  par  erreur 
le  prénom  de  Louis. 

Bourgogne  (  Corneille ,  bâtard 
de),  dit  le  grand  bâtard,  sei- 
gneur de  Beures,  Bèvres  ou 
Beveren,  fils  de  Philippe  le 
Bon,  f  1452.  —  II,  21,  33, 
34,  35,  42,  45,  301.  Accom- 
pagne son  père  à  Chalon,  I, 


DES   MATIERES. 


221 


258;  joute  à  Dijon,  286;  y 
remporte  le  prix  de  dedans, 
287  ;  son  éloge,  ibid.;  lève  sa 
première  armée  pour  l'expé- 
dition du  Luxembourg,  II, 
4;  son  entrée  en  campagne, 
10,  11  ;  ses  courses  devant 
Tbionville,  21  ;  partage  le 
commandement  de  l'armée 
avec  le  comte  d'Etampes,  33  ; 
figure  à  la  prise  de  Luxem- 
bourg, 39,  et  à  l'entrée  du 
duc  Philippe  dans  la  même 
ville,  41  ;  nommé  gouverneur 
du  Luxembourg,  48,  49  note; 
fait  partie  du  conseil  de  jus- 
tice établi  à  Luxembourg 
après  la  conquête,  50  note  1  ; 
lettres  par  lui  écrites  à  la  du- 
chesse de  Bourgogne,  7  note; 
envoyé  au  secours  de  Zons, 
114  et  note  1  ;  assiste  à  la 
joute  de  Bruges,  124;  main- 
tenu par  le  duc  dans  le  gou- 
vernement du  Luxembourg, 
207;  prend  part  à  la  guerre 
contre  les  Gantois,  234,  245; 
combat  à  Termonde  où  il  ac- 
compagnait l'étendard  du  duc 
et  où  il  est  fait  chevalier, 
250-252;  passe  l'Escaut  avec 
le  duc,  263  ;  conduit  son  éten- 
dard à  la  journée  de  Rupel- 
monde,  265  ;  tué  pendant  la 
poursuite  des  fuyards,  269, 
270  ;  regrets  universels  excités 
par  sa  mort,  ibid.;  inhumé  à 
Sainte-Gudule,  270  et  note  3. 

Bourgogne  (David,  bâtard  de), 
évêque  de  Thérouanne  et 
d'Utrecht,  fils  de  Philippe  le 
Bon  et  de  Colette  de  Bosquiel, 
f  1496.  —II,  225  et  note  2; 
III,  227.  Les  habitants  de 
Deventer  se  révoltent  contre 
lui,  II,  407  et  note  2;  assiste 
à  l'entrée  de  Marguerite 
d'York  à  Bruges,  III,  112  et 
note  6  ;  retenu  prisonnier  à 
Utrecht,  I,  165  ;  délivré  par 
l'archiduc,  ibid. 

Bourgogne  (Eudes  IV,  duc  de) 


en  1315,  |  1350.  —  I,  70  et 
notes  1  et  3,  72;  II,  164  note  3. 

Bourgogne  (Guiliaume  de).  I, 
97.  —  Erreur  de  la  Marche; 
il  s'agit  de  Philippe,  comte 
de  Nevers.  Voy.  ci-dessous. 

Bourgogne  (Henri  de),  comte 
d'Estorgues  et  de  Portugal, 
petit-fils  du  duc  Robert,  f 
1112. —  Fondateur  de  la  mo- 
narchie portugaise,  I,  35  et 
note  3. 

Bourgogne  (Hugues  le  Grand, 
duc  de),  maire  du  palais, 
+  956.  —  I,  65. 

Bourgogne  (Jean  sans  Peur, 
comte  de  Nevers,  puis  duc 
de)  en  1404,  f  10  septembre 
1419.  —I,  88,  89,  102,  153, 
188,  209,  214,  227,  232,  239, 
258;  II,  206,  336.  Abrégé  de 
son  histoire,  I,  82  et  suiv.;  La 
Marche  lui  attribue  à  tort 
l'acquisition  du  comté  de 
Gharolais  qui  avait  été  acheté 
par  Philippe  le  Hardi  en 
1390,  I,  86;  épouse  Margue- 
rite de  Bavière,  88  ;  leur  des- 
cendance, ibid.;  son  expédi- 
tion de  Hongrie,  199,  200; 
fait  prisonnier   à  Nicopolis, 

83  ;  soutient  l'évêque  de  Liège 
contre  les  Liégeois  révoltés, 
200  ;  les  bat  à  ïongres,  ibid., 

84  ;  reprend  la  croix  de  Saint- 
André  pour  enseigne,  85; 
s'empare  du  gouvernement 
du  royaume  de  France,  ibid., 
200;  fait  assassiner  le  duc 
d'Orléans,  85,  86,  200;  dé- 
fend Arras,  201  ;  assiège  Bour- 
ges, ibid.;  assassiné  à  Mon- 
tereau,  86, 196, 198  et  note  2, 
231  ;  désaveu  de  sa  mort  et 
fondations  pour  le  repos  de 
son  âme  imposés  à  Char- 
les VII  par  le  traité  d'Arras, 
210  et  suiv.;  ses  assassins 
exclusdu  traité,  211  et  notel; 
sa  sépulture  aux  Chartreux  de 
Dijon,  213;  III,  60  note  4;  son 
surnom,  315  ;  ses  armes,  I,  87, 


%t% 


TABLE   ANALYTIQUE 


Bourgogne  (Jean  II  de),  comte 
d'Etampes,  puis  de  Nevers 
après  son  frère  Charles  ci- 
dessus  (1464),  f  25  septembre 
1491.  —I,  73,  227,  228,  245 
note  1;  II,  4,  34,  35,  42,  43, 
45,  255,  297  note  3,  312  note, 
335  et  note  2,  391,  394.  As- 
siste à  l'assemblée    d'Arras, 

I,  205  ;  nommé  gouverneur 
de  Picardie,  248;  conduit  le 
duc  Philippe  à  Bar-sur- Aube, 
ibid.  et  note  2;  prend  part  à 
l'expédition  du  Luxembourg 
dont  il  partage  le  commande- 
ment avec  le  bâtard  Corneille, 

II,  13,  21  et  note  1,  33;  as- 
siste à  la  prise  de  Luxem- 
bourg, 36,  39,  et  à  l'entrée 
du  duc  dans  cette  ville,  41  ; 
figure  à  la  joute  d'Arras,  68  ; 
y  assiste  Caliot  de  Baltha- 
zin,  69,  70;  scelle  les  chapi- 
tres du  pas  de  la  Pèlerine, 
119  note;  le  duc  l'emmène  en 
Luxembourg,  207  ;  accompa- 
gne le  comte  de  Charolais 
aux  joutes  de  Bruxelles,  215; 
lève  le  contingent  de  Picardie 
pour  la  guerre  contre  les 
Gantois,  224  ;  attaque  le  pont 
d'Espierres,  235,  236  et  note 
3;  chevalier  à  Audenarde, 
237  ;  décide  du  succès  de  la  ba- 
taille, 241;  entre  dans  la  place, 
ibid.,  242;  fait  porter  au  duc 
la  nouvelle  de  la  levée  du 
siège,  243  ;  escarmouche  près 
de  Gand,  245  ;  tient  garnison 
à  Audenarde,  246  ;  attaque 
Nevele,  254  et  note  4,  255, 
256  ;  fait  brûler  les  morts 
après  le  combat,  257;  com- 
mande l'arrière  -  garde  aux 
journées  de  Basele,  264,  et 
de  Rupelmonde,  265  note  1, 
268  ;  se  dirige  vers  Moerbeke, 
276,  277;  renonce  à  l'attaque 
de  cette  place,  ibid.;  fait  ob- 
tenir un  sauf-conduit  aux 
Gantois,  293;  envoyé  aux 
journées   de   Bruges,   ibid., 


294,  et  de  Séclin,  298  ;  com- 
bat à  Gavre,  317;  conduit 
l'arrière-garde  aux  approches 
de  Gand,  327;  assiste  à  l'a- 
mende honorable  des  Gan- 
tois, 331  ;  donne  un  banquet 
à  Lille,  333  note  2,  343;  as- 
siste Adolphe  de  Clèves  et  le 
comte  de  Charolais  aux  jou- 
tes du  banquet  de  Lille,  345, 
347  ;  figure  au  banquet,  355  ; 
y  danse,  378  ;  son  vœu  du 
faisan  ,  382  ;  envoyé  au-de- 
vant du  dauphin,  409;  lettre 
à  lui  adressée  ou  à  son  frère 
Charles  par  01.  de  la  Marche, 
IV,  145. 

Bourgogne  (Jean  IV  de),  duc 
de  Brabant,  fils  d'Antoine, 
f  17  avril  1426.  —  II,  267 
note. 

Bourgogne  (Jean,  bâtard  de), 
fils  de  Philippe  le  Bon  et 
d'Agnès  de  Croy,  évêque  de 
Cambray,  f  1479.  —  Assiste 
à  l'entrée  de  Marguerite 
d'York  à  Bruges,  III,  112  et 
note  5. 

Bourgogne  (Jean,  bâtard  de), 
fils  du  bâtard  Corneille.  — 
II,  270  note  3. 

Bourgogne  (Jérôme,  bâtard  de), 
fils   du  bâtard  Corneille.  — 

II,  270  note  3. 
Bourgogne  (Philippe  de),  père 

du  duc  Philippe  de  Rouvre, 
f  22  septembre  1346.  —  I, 
69  note  3,  70  et  note  1. 

Bourgogne  (Philippe  de  Rou- 
vre, duc  de),  dernier  de  la 
première  race,  f  novembre 
1361.  —  I,  69  note  3,  70  et 
notes  1  et  3,  71,  73. 

Bourgogne  (Philippe  le  Hardi, 
duc  de)  en  1463,  f  27  avril 
1404.  —1,  58  et  note  1,  63, 
64,  69,  85,  258  note  1,  277; 

III,  314.  Sa  vaillance  à  Poi- 
tiers, I,  59;  d'abord  surnom- 
mé sans  Terre,  69;  traits  de 
courage  et  d'intrépidité  qui 
lui  valent  le  surnom  de  Har- 


DES   MATIERES. 


%%3 


di,  59  et  suiv.;  III,  314;  le 
roi  lui  fait  don  du  duché  de 
Bourgogne  après  lui  en  avoir 
confié  pendant  quelque  temps 
la  lieutenance,  I,  72  et  notes  2 
et  4  ;  épouse  Marguerite  de 
Flandres,  71,  72  note  4,  82; 
ses  armes,  73,  74  note  1  ;  sa 
sépulture  aux  Chartreux,  III, 
60  note  4. 
Bourgogne  (Philippe  le  Bon, 
duc  de)  en  1419,  f  25  juin 
1467.  —  I,  11  note,  122,  123, 
125,  126,188,203,206  notel, 
211  notes  1  et  2,  242,  243  et 
note  2,  245  note  et  note  2,  247 
note  2,  250  note  4,  258  note  2, 
278  note  1,  324;  II,  15  noie  2, 
17  note  3,  18  note,  28  note  1. 
30  note  1,  31,  34  note  1,  37, 
45  note  1,  48  note  1,  52  et  no- 
tes 1  et  2,  53  note  2,  54  note  2, 
58  note,  65,  85  et  note  1,  100 
notes  1  et  2,  105,  110,  111, 
146,  150,  164  et  note  1,  169, 
203,  204,  206,  225  et  note  2, 
226  note  1,  227  note  4,  228, 
250,  251,256,  271  noie  4,  272 
note  2,  281,  294,  314,391,  395, 
400  note  et  note  3,  414,  415  et 
note  1,  421  notes  1  et  2;  III, 
3  et  note  4,  7  note  3,  9,  14, 
19  et  note  1,  25,  27,  31  et 
note  1,  42  et  notes  1  et  2,  118 
note  3;  IV,  105,  149,  166, 
167.  Abrégé  de  ses  hauts 
faits,  I,  88  et  suiv.;  son  cou- 
rage et  ses  mâles  résolutions 
après  l'attentat  de  Montereau, 
201,  202;  s'allie  aux  An- 
glais, 202,  et  soutient  pendant 
seize  ans  la  guerre  contre  le 
roi  de  France,  89,  98,  99; 
vainqueur  à  Saint-Riquier  où 
il  est  fait  chevalier,  89  et 
note  2;  III,  15;  ses  débats 
avec  Jacqueline  de  Bavière 
pour  la  succession  de  Hai- 
naut,  Hollande  et  Zélande,  I, 
91  ;  défié  par  le  duc  de  Glo- 
cester,  qui  épouse  la  querelle 
de  cette  princesse,  92;  II,  28; 


par  l'empereur  Sigismond  et 
le  roi  d'Angleterre,  I,  94;  as- 
sure la  soumission  de  ces 
provinces  et  signe  un  appoin- 
tement  avec  Jacqueline,  92, 
93  ;  fonde  l'ordre  de  la  Toison 
d'or,  98  et  note  2;  IV,  160, 
163  ;  retient  le  roi  René  pri- 
sonnier et  se  réconcilie  avec 
lui,  I,  90  ;  hérite  de  Philippe 
de  Brabant  et  de  Jacqueline 
de  Bavière,  91,  93;  expulse 
les  Français  du  duché  de 
Bourgogne,  95;  sa  querelle 
avec  le  duc  de  Bourbon,  96; 
se  réconcilie  avec  lui  par  l'in- 
termédiaire de  la  duchesse 
de  Bourbon,  sa  sœur,  ibid., 
97  ;  assiste  à  l'assemblée  d'Ar- 
ras,  204  ;  signe  la  paix,  99, 
196,  208  et  suiv.,  et  la  fait 
publier  dans  ses  états,  206; 
motifs  qui  le  décident  à  la 
conclure,  240  et  note  3;  son 
renom  chevaleresque,  238; 
son  éloge,  100  ;  prospérité  de 
ses  états,  99  ;  assiège  Calais, 
101  ;  fait  plusieurs  séjours  en 
Bourgogne,  247  et  note  2, 
248  et  note  2,  249  et  note  1  ; 
paie  la  rançon  du  duc  d'Or- 
léans et  le  marie  à  sa  nièce 
de  Clèves,  102,  249  et  note  4; 
assiste  à  l'assemblée  de  Ne- 
vers,  249,  250;  rentre  en 
Bourgogne,  251  et  notes  1  et 
2,  252  note  4;  ses  ambassa- 
deurs au  concile  de  Bâle,  260 
note  2  ;  négocie  avec  le  duc 
Amédée  de  Savoie,  265  note 
2;  reste  fidèle  au  pape  Eu- 
gène, 263;  son  entrevue  à 
Besançon  avec  le  roi  des  Ro- 
mains Frédéric,  270  et  suiv.; 
le  reçoit  à  son  entrée  dans 
cette  ville,  272  et  suiv.,  274 
note  1  ;  dîne  seul  avec  lui, 
279;  affaires  traitées  entre 
eux,  ibid.;  danse  avec  la  com- 
tesse d'Etampes,  281  ;  fait  de 
grands  dons  au  roi  des  Ro- 
mains, ibid.;  le  reconduit  à 


*m 


TABLE   ANALYTIQUE 


son  départ,  ibid.,  282  et  note 
1  ;  assiste  à  Nozeroy  aux  no- 
ces de  Guillaume  de  Ghalon, 

282  et  notes  2  et  3,  283;  fait 
un  pèlerinage  à  Saint-Claude, 

283  et  note  2;  rentre  à  Dijon 
avec  la  duchesse  ;  y  fait  grande 
chère,  286;  y  reçoit  les  am- 
bassadeurs de  l'empereur  de 
Constantinople  et  la  duchesse 
douairière  de  Luxembourg, 
287  et  suiv.;  II,  8  note;  reçoit 
à  Ghalon  le  duc  Louis  de  Sa- 
voie et  sa  femme,  I,  257  et  s.; 
ses  deux  séjours  dans  cette 
ville  avec  ce  prince  et  le  duc 
de  Bourbon,  251  note  4,  257 
note  3,  266  note  2,  267  ;  jour- 
née tenue  devant  lui  et  le  duc 
de  Bourbon  à  Ghalon  pour  le 
jugement  d'un  débat  entre 
Jacques  de  Ghabannes  et  le 
seigneur  de  Pesmes,  253  et 
suiv.,  257  et  note  1;  renou- 
velle avec  le  duc  Louis  les 
anciens  traités  d'alliance  des 
maisons  de  Bourgogne  et  de 
Savoie,  259  note  1  ;  emmène 
ses  hôtes  au  pas  de  Marsan- 
nay,  296  et  suiv.;  juge  du 
pas,  284,  285,  297,  299,  300; 
rentre  à  Dijon  et  se  rend  de 
là  à  Saint-Claude,  302,  266 
note  2;  revient  à  Dijon,  et 
assiste  aux  dernières  armes 
du  pas,  308  et  note  1,  331, 
332;  suite  de  l'expédition  de 
ses  affaires  avec  l'empereur 
de  Constantinople,  II,  1,  à 
qui  il  envoie  du  secours,  4,  5 
et  note  1,  et  avec  la  duchesse 
de  Luxembourg,  1,  qui  lui 
cède  la  mainbournie  de  ses 
états  et  leur  propriété  après 
sa  mort,  2  note  2,  5  note  2, 

8  ;  se  dispose  à  quitter  la 
Bourgogne,  3,  4;  ordonne  à 
ses  capitaines  d'envahir  le 
Luxembourg,  8,  13  ;  fait  dé- 
fier le  comte  de  Gleichen,  8, 

9  ;  dispense  plusieurs  des  jou- 
teurs du  pas  de  Marsannay 


de  l'achèvement  de  leurs  ar- 
mes, 9,  10  ;  ses  préparatifs 
de  guerre,  10,  11  et  note  1  ; 
son  départ,  11,  12  et  note  1; 
description  de  son  attirail, 
ibid.;  la  duchesse  l'accompa- 
gne jusqu'à  Maizières,  14; 
suite  de  son  voyage,  15,  17; 
se  loge  à  Florenge,  20,  21  ;  y 
tient  une  journée  pour  parle- 
menter avec  le  comte  de  Glei- 
chen, 23  et  suiv.;  lui  offre  de 
vider  par  bataille  la  querelle 
du  Luxembourg,  25  et  suiv.; 
rejoint  la  duchesse  à  Iwis, 
33;  averti  de  la  prise  de  Lu- 
xembourg, 40;  y  fait  son  en- 
trée, 41,  42;  achève  la  con- 
quête de  la  province,  I,  103  ; 
renouvelle  ses  traités  avec 
Elisabeth  de  Gorlitz,  II,  46  et 
note  2;  fait  la  paix  avec  le 
duc  de  Saxe,  47  note;  s'attire 
la  confiance  des  Allemands, 
47,  48;  nomme  le  bâtard  Cor- 
neille gouverneur  du  Luxem- 
bourg, ibid.;  se  rend  en  Bra- 
bant,  50;  son  entrée  à  Bru- 
xelles, 51,  où  il  tient  ses 
carémaux,  52,  et  les  fêtes  de 
Pâques  à  Bruges,  53  ;  ses  ga- 
lanteries, 55  et  note  3;  prend 
part  aux  conférences  de  Tours, 
59  note  1  ;  quitie  une  partie 
de  la  rançon  du  roi  René, 
57  note;  autorise  le  seigneur 
de  Ternant  à  jouter  contre 
Galiot  de  Balthazin,  66;  as- 
siste comme  juge  à  la  joute, 
68  et  suiv.;  sa  devise,  74; 
festoie  Galiot  de  Balthazin, 
79;  se  retire  en  Flandre  et 
Brabant,  ibid.;  tient  un  par- 
lement en  Zélande,  ibid.;  y 
fait  exécuter  Jean  de  Dom- 
bourc,  80;  son  pèlerinage  à 
Notre-Dame  d'Aix,  ibid.;  re- 
joint la  duchesse  à  Anvers, 
ibid.;  autorise  l'emprise  de 
Jean  de  Bonniface,  81;  se 
rend  à  Gand,  82,  où  il  tient  un 
chapitre  de  la  Toison  d'or,  83 


DES   MATIERES. 


225 


et  suiv.,  91,  94;  assiste  à  la 
joute  qui  suivit,  96  et  suiv.; 
marie  sa  fille  naturelle  Marie 
au  seigneur  de  Charny,  112 
et  note  1  ;  envoie  une  armée 
au  secours  du  duc  de  Clèves, 
114  et  note  1  ;  autorise  le  duc 
d'Orléans  à  lever  des  troupes 
en  Bourgogne  pour  son  expé- 
dition du  Milanais  et  lui  ac- 
corde une  aide  pour  le  même 
objet,  114,  115  et  note  1,  170 
et  note  2,  171  ;  marie  sa  pe- 
tite-nièce de  Gueldres  au  roi 
d'Ecosse,  117  et  note  4,  118  : 
assiste  au  pas  de  la  Pèlerine, 
121,  122,  et  aux  joutes  faites 
à  Bruges  par  Jacques  de  La- 
laing,  123  et  suiv.,  et  le  sei- 
gneur de  Hautbourdin,  129 
et  suiv.;  accueille  honora- 
blement les  infants  de  Portu- 
gal, 135  et  suiv.,  211;  fait 
relâcher  un  Anglais  prison- 
nier du  seigneur  de  Ternant, 
141,  142;  envoie  Toison  d'or 
pour  être  juge  en  son  absence 
au  pas  de  la  Fontaine  de 
Plours,  145;  tient  à  Mons  la 
fête  de  la  Toison  d'or,  204  ; 
se  rend  en  Luxembourg,  206, 
et  y  reçoit  le  serment  des  ha- 
bitants, 207  ;  mécontent  des 
Gantois,  213;  se  rend  à  Bru- 
xelles, 214,  où  il  assiste  à  la 
première  lance  courue  par 
son  fils,  215  ;  ses  négociations 
avec  les  Gantois  et  le  roi  de 
France,  218;  s'entremet  en 
faveur  des  seigneurs  de  Sa- 
voie révoltés  contre  le  duc 
Louis,  219,  220  et  note  2  ;  re- 
çoit une  ambassade  des  Gan- 
tois, 222  et  note  1  ;  apprend 
leur  prise  d'armes  et  se  dis- 
pose à  les  combattre,  224; 
prêts  à  lui  faits  pour  la  guerre, 
225  note  1;  voudrait  en  écar- 
ter son  fils,  226  ;  envoie  des 
garnisons  à  Alost  et  Aude- 
narde,  ibid.,  227  et  note  4  ;  ses 
préparatifs  de  guerre,  231  et 

IV 


note  3;  se  rend  à  Ath  pour 
y  attendre  son  armée,  232  et 
note  1  ;  est  rejoint  par  ses 
principaux  capitaines,  234; 
apprend  la  levée  du  siège 
d'Audenarde,  242,  243;  son 
message  au  roi,  242  note  3  ; 
suite  de  ses  opérations  de 
guerre,  245  et  suiv.;  prépare 
le  passage  de  l'Escaut,  247  ; 
fait  souper  Jacques  de  Lalaing 
avec  lui  après  le  combat  de 
Lokeren,  249,  250;  réunit  ses 
forces  à  Termonde,  259  ;  passe 
l'Escaut,  263;  force  de  son 
armée,  264  ;  prend  position  à 
Rupelmonde,  266;  fait  plu- 
sieurs chevaliers,  ibid.;  auto- 
rise Louis  de  la  Viéville  à 
relever  bannière,  267,  268,  et 
fait  Jacques  de  Harchies  ban- 
neret ,  268  ;  victorieux  des 
Gantois,  269  ;  ses  regrets  de 
la  mort  du  bâtard  Corneille, 
270  ;  met  le  pays  des  Gantois 
à  feu  et  à  sang,  272,  273;  ses 
négociations  avec  eux  par 
l'entremise  des  ambassadeurs 
du  roi,  274  note  2,  275  ;  son 
séjour  à  Waesmunster,  272 
note  2,  276;  accorde  aux 
Gantois  une  trêve  de  trois 
jours,  278  note  3;  se  remet 
aux  champs,  279;  suite  de 
ses  négociations,  280  et  note  1  ; 
accorde  une  nouvelle  trêve  de 
six  semaines,  ibid.,  283  ;  re- 
joint la  duchesse  à  Bruxelles, 
ibid.;  les  ambassadeurs  du 
roi   prennent  congé  de  lui, 

286  ;  apprend  à  Lille  que  les 
Gantois  ont  repris  les  armes, 

287  ;  reprend  les  négociations, 
298  et  note  2  ;  mande  ses 
hommes  d'armes,  300  et  note 
3,  304  ;  fait  de  nouvelles  offres 
de  paix,  300,  301;  ses  officiers 
soumettent  le  Luxembourg, 
qui  avait  profité  de  la  guerre 
des  Gantois  pour  se  révolter 
contre  lui,  301  et  note  4,  302 
et  note  5  ;  se  résout  à  pousser 

15 


2186 


TABLE   ANALYTIQUE 


vigoureusement  la  guerre, 
304  et  notes  2  et  3  ;  assiège 
Schendelbecke,  ibidem,  et 
notes  5;  s'en  empare,  306, 
307  et  note  2;  met  le  siège 
devant  Pouques,  307,  308; 
ses  regrets  de  la  mort  de 
Jacques  de  Lalaing,  311; 
cherche  en  vain  à  éloigner 
son  fils  du  théâtre  de  la 
guerre,  312  et  note  4;  assiège 
et  prend  Gavre,  313,  316 
notes  1  et  2  ;  commande  le 
corps  de  bataille  à  la  journée 
de  Gavre,  317;  se  jette  dans 
la  mêlée,  321,  322;  entouré 
et  reconnu  par  les  Gantois, 
323  et  note  1  ;  les  met  en 
fuite,  324,  325  ;  rend  grâce  à 
Dieu  de  sa  victoire,  325; 
déclare  son  intention  d'user 
de  miséricorde  envers  les 
Gantois,  326  et  note  1  ;  leur 
envoie  ses  ambassadeurs,  327 
et  notes  1  et  2,  328;  accorde 
un  sauf-conduit  à  leurs  dépu- 
tés, 328  note  1;  leur  dicte  les 
conditions  de  la  paix,  329 
et  notes  1  et  2  ;  reçoit  leur 
amende  honorable,  I*  102,  II, 
330  et  notes  1  et  2,  331,  sans 
entrer  dans  leur  ville,  ibid.; 
son  entrée  triomphale  à  Au- 
denarde,  332;  se  retire  à 
Lille,  où  il  rompt  son  armée, 
ibid.;  y  donne  des  fêtes,  333; 
y  apprend  la  prise  de  Gons- 
tantinople  par  les  Turcs,  335, 
337  ;  prend  la  résolution  de 
faire  le  saint  voyage,  ibid.,  et 
de  le  publier  dans  un  ban- 
quet, 339  ;  autorise  par  le  roi 
et  le  pape  à  lever  des  troupes 
et  des  subsides  pour  cette 
expédition,  337  note  3  ;  s'oc- 
cupe des  préparatifs  du  ban- 
quet, 339,  341  ;  le  chapelet 
lui  est  offert  dans  une  fête 
donnée  par  le  comte  d'Etam- 
pes,  343,  344;  fixe  le  jour  du 
banquet,  345  ;  en  visite  les 
entremets,  354  ;  s'assied  à  la 


moyenne  table,  355  ;  fait  lire 
son  vœu  par  Toison  d'or,  367, 
et  le  charge  de  recevoir  ceux 
des  seigneurs,  368;  donne  un 
banquet  aux  dames,  380;  son 
vœu  du  faisan,  381;  se  pro- 
pose d'aller  à  Ratisbonne, 
396  ;  décide  le  mariage  de  son 
fils  avec  Isabelle  de  Bourbon 
et  les  fait  fiancer  secrètement, 

I,  102;  II,  396;  son  voyage 
en  Allemagne,  397  et  suiv.; 
prêts  à  lui  faits  à  cette  occa- 
sion, ibid.  note  2;  cherche 
en  vain  à  joindre  l'empereur, 
399  ;  tombe  malade,  ibid.  et 
note  3  ;  festoyé  au  retour  par 
le  prince  d'Orange,  400;  as- 
siste au  mariage  d'Antoine 
de  "Vergy,  ibid.  et  note  2;  or- 
donne à  son  fils  de  consom- 
mer le  sien,  401;  revient  en 
Flandre,  402  et  note  1;  assiste 
à  Valenciennes  à  un  combat 
judiciaire,  402  et  suiv.;  tient 
un  chapitre  de  la  Toison  d'or 
à  la  Haye ,  407  et  note  1  ; 
assiste  en  personne  au  siège 
de  Deventer,  ibid.;  reçoit  le 
dauphin  à  Bruxelles,  f,  103; 

II,  409  ;  le  force  à  épouser 
Charlotte  de  Savoie,  411  et 
note  1  ;  parrain  de  son  fils 
aîné,  412;  négocie  avec  Char- 
les VII,  412  et  note  6,  413; 
ses  conseils  au  dauphin,  ibid.; 
se  brouille  avec  son  fils  au 
sujet  des  Groy,  415,  416;  ses 
emportements  contre  lui,  417 
et  notes  2  et  3  ;  se  sauve  hors 
d'esprit  dans  les  champs, 
ibid.;  retrouvé  chez  un  char- 
bonnier, 418  ;  ses  plaintes 
contre  la  duchesse,  qu'il  ac- 
cuse de  favoriser  leur  fils, 
ibid.;  se  réconcilie  avec  ce 
dernier,  419,  421;  tombe  ma- 
lade, 421  et  notes  2  et  3;  se 
fait  raser  sur  le  conseil  des 
médecins,  ibid.,  et  ordonne 
que  tous  les  nobles  de  ses 
Etats  en  devront  faire  autant, 


DES   MATIERES. 


227 


ibid.;  apprend  la  mort  de 
Charles  VII,  422  ;  assiste  au 
sacre  de  Louis  XI  et  à  son 
entrée  à  Paris,  1, 104  ;  II,  424 
et  notes  1,  3  et  4;  fêtes  par 
lui  données  dans  son  hôtel 
d'Artois,  425  ;  se  rend  à  Va- 
lenciennes,  où  il  reçoit  plu- 
sieurs ambassades,  426  et  note 
3,  et  de  là  à  Bruxelles,  ibid.; 
cession  à  lui  faite  par  Louis  XI 
de  ses  droits  sur  le  duché  de 
Luxembourg,  dont  il  avait 
pris  le  titre  à  la  mort  d'Elisa- 
beth de  Gorlitz,  III,  5,  6  note; 
cautionne  le  mariage  de  sa 
nièce  Catherine  de  Bourbon, 
42  note  2, 1, 102  ;  ses  relations 
fréquentes  avec  le  roi  de 
France,  III,  2  et  note  3;  n'ac- 
cepte pas  l'offre  que  lui  fait 
ce  monarque  de  le  réconcilier 
complètement  avec  son  fils, 
ibid.,  3;  prend  la  résolution 
d'envoyer  une  armée  contre 
les  Sarrazins,  I,  402;  III,  35 
et  note  3,  36  note  2;  en  confie 
le  commandement  au  bâtard 
Antoine,  I,  104  ;  III,  36,  39  ; 
lui  donne  à  son  retour  le 
comté  de  la  Roche  en  Ar- 
denne,  40;  plusieurs  fois  vi- 
sité par  le  roi  à  Hesdin,  4  et 
note  1  ;  reçoit  ses  ambassa- 
deurs et  leur  donne  à  dîner, 
4  et  note  4  ;  refuse  de  lui 
livrer  01.  de  la  Marche,  ibid.; 
grièvement  malade  à  Bruxel- 
les, 6  et  note  4;  sa  rupture 
avec  le  comte  de  Saint- Pol, 
6  note  2  ;  autorise  son  fils  à 
entrer  dans  la  ligue  du  Bien 
public,  8  ;  apprend  la  révolte 
des  Liégeois,  qui  le  font  défier 
par  le  marquis  de  Bade,  25  et 
note  2  ;  charge  ses  capitaines 
de  les  réprimer,  ibid.,  26,  I, 
105  ;  tombe  malade  et  ne 
quitte  presque  plus  Bruxelles, 
40  note  2;  autorise  le  bâtard 
Antoine  à  faire  une  emprise 
en  Angleterre,  41;  insulté  par 


les  Dinantais,  42  note  3,  43; 
conseillé  de  s'en  venger,  ibid.  ; 
son  séjour  à  Namur  pendant 
le  siège  de  Dinant,  ibid.,  44 
et  note  4;  averti  par  son  fils 
de  la  prise  de  cette  ville,  46, 
dont  il  fait  démolir  les  fortifi- 
cations, 45  et  note  4  ;  traite 
avec  les  Liégeois,  I,  126;  re- 
tourne à  Bruxelles,  III,  46- 
donne  3,000  écus  au  bâtard 
Antoine  pour  son  emprise  en 
Angleterre,  48  note  3;  sa 
mort,  1, 127  ;  III,  55  et  note  3  ; 
le  duc  de  Bretagne  fait  célé- 
brer un  service  pour  le  repos 
de  son  âme,  62,  63  ;  son  éloge, 
56;  sa  richesse  en  vaisselle, 
120;  ses  obsèques  à  Bruges, 
57  et  note  1;  son  corps  trans- 
porté à  Dijon,  58  et  suiv.,  et 
inhumé  aux  Chartreux,  1, 136; 
III,  60  et  notes  1  et  4,  61  noie  1; 
ses  trois  mariages,  I,  97;  sur- 
nommé l'Asseuré  et  le  Bon, 
I,  89;  III,  315;  son  nom 
donné  à  Philippe  le  Beau, 
III,  252  ;  ses  armes,  I,  105, 
106,  156. 

Bourgogne  (Philippe  Ier  de),  duc 
de  Brabant  en  1427,  f  4  août 
1430.  —  I,  91;  II,  266  note  4. 

Bourgogne  (Philippe  II  de), 
comte  de  Nevers  et  de  Réthel 
en  1404,  f  25  octobre  1415. 

—  1,  97,  268  note;  II,  59  note 
3.  La  Marche  lui  donne  par 
erreur  (I,  p.  97)  le  prénom  de 
Guillaume. 

Bourgogne  (Philippe  de),  sei- 
gneur de  Beures,  Bèvres  ou 
Beveren,  la  Vère  et  Vlissin- 
ghes,  conseiller  et  chambel- 
lan du  duc,  chevalier  de  la 
Toison  d'or  en  1478,  gouver- 
neur de  Flandre,  fils  du  bâ- 
tard Antoine  [Ans.  I,  255]. 

—  I,  171;  111,280  note  1,282 
note  1.  Prend  parti  pour  les 
Gantois  contre  l'archiduc  Ma- 
ximilien,  III,  265  et  note  2; 
nommé  membre  de  leur  con- 


228 


TABLE   ANALYTIQUE 


seil  de  régence,  26 1  note  2  ; 
son  manifeste  à  Maximilien, 
265  note  7  ;   député  vers  lui 
pour  traiter  de  la  paix,  279 
note  1;  représenté  au  chapitre 
de  Bois-le-Duc,  IV,  152. 
Bourgogne  (Robert  II,  duc  de) 
en  1272,  f  mars  1306.  —  I, 
69  note  2,  70,  72;  III,  314 
note  2. 
Bourgogne  (Agnès  de  France, 
duchesse  de),  femme  du  duc 
Robert  II  (1279).    —  I,  69 
note  2. 
Bourgogne  (Bonne  d'Artois,  du- 
chesse  de),  femme  en  pre- 
mières noces  de  Philippe  de 
Bourgogne,  en  deuxièmes  de 
Philippe  le  Bon  (1424),  f  17 
septembre  1425.  —  I,  97,  228, 
268  note;  II,  59  note  3. 
Bourgogne  (Catherine  de),  fille 
de  Philippe  le  Hardi,  mariée 
en  1393  à  Léopold,  duc  d'Au- 
triche, f  26  janvier  1425.  — 
I,  279  et  note  2. 
Bourgogne  (Charlotte  de),  fille 
de  Jean,  comte  d'Etampes  et 
de   Nevers,    mariée   à   Jean 
d'Albret,  sire  d'Orval,  f  23 
août  1500.  —  II,  335  note  2. 
Par  une  erreur  étrange,  La 
Marche  lui  donne  (I,  73)  le  titre 
de  comtesse  d'Angoulême. 
Bourgogne  (Isabelle  de  Portu- 
gal,   duchesse    de),    fille    de 
Jean  Ier,  f  17  décembre  1471. 
—  1,  97,    106,  117,   122,  248 
note  2;  II,  6  note,   135,  136, 
207,  210,  213,  214,  215,  259, 
283,296,409,412;  m,  31,  70 
note  3,  135  note  1.  Figure  à 
l'entrevue  de  Besançon,  I,  280 
et  suiv.;  son  entrée  "dans  cette 
ville,  275  note,  280;  danse 
avec  le  roi  des  Romains,  281; 
reçoit    sa   visite   au    départ, 
ibid.;  assiste   aux   noces  de 
Guillaume  de   Chalon,  283; 
son  pèlerinage  à  Saint-Claude, 
ibid.;  rentre  à  Dijon,  où  elle 
l'ait  grande  chère,  286;  son 


séjour  à  Chalon,  259;  assiste 
aux  dernières  joutes  du  pas 
de   Marsannay,   332;    apaise 
la   querelle    de    Jacques    de 
Chabanne  et  du  seigneur  de 
Pesmes,   257  ;  suit  son  mari 
au  début  de  la  campagne  du 
Luxembourg,  II,   12,  et   le 
quitte  pour  se  rendre  en  Bra- 
bant,  14  ;  le  rejoint  à  Ywis, 
33  ;  de  là  à  Luxembourg,  46  ; 
le    reçoit    à    son    entrée    à 
Bruxelles  à  la  fin  de  la  cam- 
pagne,  52  ;    son    entrevue  à 
Châlons  avec  le  roi  de  France, 
54  et  suiv.;  son  âge  à  cette 
époque,  ibid.,  note  5;  consent 
à  la  remise  d'une  partie  de  la 
rançon  du  roi  René,  57  note; 
habile  négociatrice,  58  noie; 
festoie  avec  le  duc  à  Anvers, 
80;  fait  bon  accueil  aux  in- 
fants de  Portugal,  140,  211; 
évite    une   embûche   dressée 
par  les  Gantois  pour  s'empa- 
rer de  sa  personne,  296  ;  le 
duc  la  charge  de  retenir  près 
d'elle  le  comte  de  Charolais, 
qu'il    désirait    éloigner    du 
théâtre  de  la  guerre,  312  et 
note  4;  séjourne  à  Lille  avec 
son  mari,  333;   le  chevalier 
du  Cygne  lui  est  présenté  à 
la  joute  du  banquet  de  Lille, 
346;  visite  les  entremets  du 
banquet,  354;  y  prend  place 
à  la  gauche  du  duc,  355;  se 
montre  opposée  au  mariage 
d'Isabelle  de  Bourbon  avec  le 
comte  de  Charolais,   qu'elle 
désirait  marier  en  Angleterre, 
396  ;  soutient  son  fils  dans  sa 
brouille  avec  le  duc,  417,  418; 
redoute  la  colère  de  ce  der- 
nier, 419;  figure  aux  noces 
de  Charles  le  Téméraire  et  de 
Marguerite  d'York,  III,  103 
et  note  3,  116,  120,  121,  129, 
138;  IV,  97,  98,   106;    son 
corps  et  celui  de  son   mari 
transportés  à  Dijon  et  sépul- 
tures aux  Chartreux,  I,  136} 


DES  MATIERES. 


229 


III,  58  et  suiv.,  60  et  note  4, 
61  note  1  ;  ses  armes,  I,  106. 

Bourgogne  (Jeanne  de  France, 
duchesse  de),  femme  en  1318 
du  duc  Eudes  IV.  —  I,  70 
note  1. 

Bourgogne  (Marguerite  de  Ba- 
vière, duchesse  de),  femme 
en  1385  de  Jean  sans  Peur, 
7  janvier  1423.  —  I,  84  note 
5,  88;  III,  89  et  note  2.  Son 
mariage,  I,  87  ;  sa  douleur  à 
la  nouvelle  de  l'assassinat  de 
son  mari,  201  ;  ses  armes,  88. 

Bourgogne  (Marguerite  de  Flan- 
dre, duchesse  de),  successi- 
vement femme  de  Philippe  de 
Rouvre  et  de  Philippe  le 
Hardi,  f  16  mars  1405.  —  I, 
70,  71,  72  note  4,  73,  82.  Son 
mariage  projeté  avec  le  comte 
de  Cambridge,  I,  71  et  note  3  ; 
ses  armes,  74  et  note  3. 

Bourgogne  (Marguerite  d'Yorck, 
duchesse  de),  fille  de  Richard, 
duc  d'Yorck,  troisième  femme 
de  Charles  le  Téméraire,  f 
1503.  —  I,  14  et  note  6,  146; 

III,  70  note  3,  73  note  4,  136, 
138,  174.  Son  mariage  négo- 
cié et  conclu,  I,  128;  III,  75 
et  note  2,  76,  101  et  note  1  ; 
récit  de  ses  noces,  101  et  suiv.; 

IV,  95  et  suiv.;  son  arrivée  à 
l'Ecluse,  III,  102,  103;  IV, 
96  ;  visitée  par  la  duchesse 
douairière,  III,  103;  IV,  97; 
fiancée  et  mariée  au  Dan  par 
l'évêque  de  Salisbury,  III, 
104,  105;  IV,  98;  fait  son 
entrée  à  Bruges,  III,  106  et 
suiv.;  IV,  98  et  suiv.;  assiste 
aux  banquets  et  aux  joutes, 
III,  120  et  suiv.;  IV,  '106  et 
suiv.;  rejointe  par  son  mari  à 
Bruxelles,  III,  201  note  1; 
pousse  au  mariage  de  Marie 
de  Bourgogne  avec  l'archiduc 
Maximilien,  I,  155,  157;  III, 
244;  marraine  de  Philippe  le 
Beau,  IIJ,  252,  et  de  Margue- 
rite d'Autriche,  257  ;  son  por- 


trait, 103  note  3;  traite  bien 
01.  de  la  Marche,  242. 

Bourgogne  (Marguerite  de), 
sœur  du  duc  Jean,  mariée  en 
1385  à  Guillaume  de  Bavière. 
—  I,  258  note  4,  279  notes  1 
et  2. 

Bourgogne  (Marguerite,  bâtarde 
de),  fille  de  Philippe  le  Bon, 
f  27  décembre  1454  [Beauc. 
476].  —  Danse  au  banquet 
de  Lille,  II,  379. 

Bourgogne  (Marie  de),  archidu- 
chesse d'Autriche,  tille  unique 
de  Charles  le  Téméraire,  f 
25  mars  1482.  —  I,  33  note  3, 
42,  58  note  1,  86,  129  note  1, 
147,  158;  II,  397  note;  III, 
57  note  1,  73  note  4,  135,  202 
note  1,  203  note,  246  note  1, 
249  note,  248  note  3,  254,  265 
note  1,305,  315;  IV,  150, 160, 
170  note  1.  Sa  naissance  et 
son  baptême,  I,  146;  II,  410 
et  notes  1  et  4  ;  son  mariage 
projeté  avec  Nicolas  de  Cala- 
bre,  III,  79, 80 et  note 4;  assiste 
aux  noces  de  Charles  le  Témé- 
raire et  de  Marguerite  d'Yorck. 
103,  116,  120;  IV,  97,  106, 
108,  110  ;  bruit  répandu  de 
son  mariage  avec  le  duc  de 
Savoie,  III,  208;  comprise 
dans  la  trêve, de  Soleuvre,  I, 
134;  III,  214;  succède  à  son 
père,  I,  12,  142,  143;  reçoit 
humainement  01.  de  la  Mar- 
che à  son  retour  de  captivité, 
111,242;  environnée  de  périls, 
mais  bien  servie  par  les  siens, 
I,  143;  ses  Etats  envahis  par 
Louis  XI,  154,111,  245;  for- 
cée d'accorder  des  privilèges 
à  ses  sujets,  I,  133,  154,  155 
et  note  1  ;  recherchée  en  ma- 
riage par  de  nombreux  pré- 
tendants; I,  143,  III,  243; 
Louis  XI  veut  la  marier  au 
dauphin,  I,  155;  déclare  ne 
vouloir  épouser,  suivant  les 
intentions  de  son  père,  que  le 
fils  de  l'empereur,  III,  243  et 


230 


TABLE   ANALYTIQUE 


note  2;  son  mariage  avec  ce 
prince  projeté,  conclu  et  con- 
sommé, I,  40,  155  et  suiv.; 
III,  244  ;  achat  d'étoffes  pour 
ses  noces,  III,  245  note  1  ; 
naissance  de  ses  trois  enfants, 
1,156;  III,  252  et  note  3,  257, 
261  et  note  4;  sa  mort,  I, 
164  et  note  2;  111,262  noie  3, 
316;  ses  portraits,  III,  315 
note  2;  ses  armes,  I,  41,  176. 

Bourgogne  (Michelle  de  France, 
duchesse  de),  première  femme 
de  Philippe  le  Bon,  f  8  juil- 
let 1422.  —  I,  97. 

Bourgogne  (  Philippine  de  ), 
femme  d'Antoine  de  Roche- 
baron.  —  Accompagne  Marie 
de  Gueldres  en  Ecosse,  II, 
118  note  1. 

Bourgogne  (Yolande,  bâtarde 
de),  fille  de  Philippe  le  Bon, 
mariée  à  Jean  d'Ailly,  vidame 
d'Amiens,  baron  de  Picqui- 
gny,  chevalier,  conseiller  et 
chambellan  du  roi  [Ans.  "VII, 
112;  Beauc.  476].  —  Figure 
au  banquet  de  Lille,  II,  366 
et  note  1 ,  et  aux  nocps  de 
Charles  le  Téméraire,  III,  107 
et  note  2. 

Bourgogne  (Jean  et  Philippe 
de).  Yoy.  Brabant.  —  (Agnès 
de).  Yoy.  Bourbon.  —  (Anne 
de).  Yoy.  Ravestain.  —  (Eli- 
sabeth ou  Isabelle  de).  Voy. 
Clèves.  —  (Jeanne  de).  Yoy. 
Jeanne.  —  (Marie  de).  Yoy. 
Charny,  Clèves  et  Savoie. 

Bourgogne  (armes  de),  I,  41,  48, 
57,  334  note  2;  II,  119  note; 

III,  62,  115,   135,  151,  188; 

IV,  102  note  1.  —  (chance- 
liers de).  YToy.  Carondelet 
(Jean),  Goux  (Pierre  de),  Hu- 
gonet  (Guillaume)  et  Rolin 
(Nicolas).  —  (comtes  de).  I, 
221,  222.  —  (maison  de).  I,  10 
note  A,  48,  73,  142,241,287; 
II,  24,  66,  140,  143,  204,  270, 
395,  415,  416;  III,  5,  84  note 
2,  135  note  1,  157;  IV,  1  et 


suiv.,  111,  157;  son  luxe,  II, 
350  note  2.  —  (maréchaux 
de).  —  Voy.  Frjbourg  (Jean 
de),  Luxembourg  (Antoine  de) 
et  Nedfchatel  (Thibaut  de). 
—  (président  de).  Yoy.  Arme- 
nier.  —  (rois  de).  Voy.  Chil- 
déric,  Etienne,  Gondebaud. 

Bourgogne  (le  héraut),  assiste  au 
pas  de  l'Arbre  d'or,  III,  125. 

Bourgogne.  I,  9,  42,  136,  140, 
160,  188,  192,  195,  201,  242, 
244,  245  note,  248  et  note  2, 
253  note  1,  259,  269,  306;  II, 
4,  8  note,  62  et  note  5,  114, 
115,  142,  143,  144  et  note  2, 
163,  172  note,  173,  176,  178, 
181,  191,  249,  398,  400;  III, 
15  note  1,  36  note  et  note  2, 
58,  98  note  4,  206,  208,  222, 
234,  249;  IV,  13.  Ancienne- 
ment appelée  Allobrogie,  I, 
50,  57  ;  le  duc  Philippe  y 
fait  publier  la  paix  d'Arras, 
206  ;  y  séjourne  à  plusieurs 
reprises,  247  et  suiv.;  maux 
causés  en  —  par  l'armée  du 
dauphin,  II,  61,  62;  pèlerins 
passant  en  — ,  162;  grands 
préparatifs  qui  y  sont  faits 
pour  la  guerre  du  Bien  pu- 
blic, III,  9  note  1.  —  (aides 
levées  en).  1, 249  note  4  ;  II,  48 
note  1,  115  note  1, 170  note  2, 
338  noie;  III,  6  note. —  (armée 
de).  II,  116.  —(baillis de). III, 
76  note  1.  —  (comté  de).  I, 
154,  1S9,  192  note  2,  193,  222, 
271,  273,  283,  285;  II,  53  et 
note  2,  154,195  et  note  2,  338 
note;  III,  223,  229  note  1,253 
note  4,  316;  compris  dans 
l'ancien  royaume  de  Bour- 
gogne, I,  50  ;  pris  par  Louis 
XI,  III,  245;  perdu  et  repris 
par  les  Français,  254,  255  ; 
reconquis  par  Maximilien, 
309.  —  (cour  de).  II,  76;  III, 
28  note  2;  musiciens  à  la  — , 
II,  351  note  1.  —  (duché  de). 
I,  8,  43,  51,  57,  95,  148,  154, 
273,  283,  285;  II,  144,  145, 


DES   MATIERES. 


231 


195  note  2,  197;  III,  202 
note  1,  223,  23G,  316;  com- 
pris dans  l'ancien  royaume 
de  Bourgogne,  I,  50  ;  première 
pairie  de  France,  70  ;  échoit 
à  Jean  le  Bon  par  proximité 
de  lignage,  ibid.  note  3;  les 
Français  en  sont  chassés,  95  ; 
conquis  par  Louis  XI,  III, 
245.  —  (états  du  duché  et  du 
comté  de).  I,  246  note;  II, 
170  note  2,  338  note;  III,  36 
note  2.  —  (hôtel  du  duc  de). 
IV,  69.  —  (lances  de).  II,  38, 
207,  246;  III,  71  note  2.  — 
(marches   de).    III,   21,  222. 

—  (maréchal   de).    IV,    92. 

—  (montres  d'armes  en).  I, 
131  note  1;  II,  49  note.  — 
(nobles  et  seigneurs  de).  I, 
253,  254;  II,  150,  156,  163, 
185,  317.  —  (officiers  de 
l'hôtel  du  duc  de).  II,  149; 
IV,  1  et  suiv.;  mis  à  gages, 

II,  80.  —  (parlement  du 
comté  de).  III,  207  note  2.  — 
(recette  générale  de).  II,  10 
note  1,  11  note  1,  86  note  2, 
225  note  1,  397  note  2,  etc.; 

—  (rois  de).  I,  43,  48,  49,  57. 

—  (royaume  de).  I,  53;  son 
étendue,  I,  50  ;  changé  en 
duché,  51,  57.  —  (vins  de),  I, 
291  note  5. 

Bourgogne  (forteresse  de),  à  Au- 

denarde.  III,  269  note  2. 
Bourgogne  (tour  de),  à  Rhodes. 

III,  56. 
Bourguignon-lez-la-Charité.  II, 

49  note. 

Bourguignon  (le),  serviteur  du 
seigneur  de  Bausignies.  II, 
240. 

Bourguignon  (Nicolas  le),  secré- 
taire du  duc  de  Bourgogne 
[Beauc.  ,  476].  —  II,  274  note  2. 

Bourguignons.  I,  85,  119,  239, 
242,  248,  264;  II,  20,  30,  37, 
185;  111,10  et  noies  1,2  et  3, 
19,  20  et  note  2,  22,  40,  73, 
78,  79,  110.  Anciennement 
appelés  Allobrogiens,  I,  44, 


47  ;  résistent  aux  Ecorcheurs, 
245  ;  prennent  part  à  la  guerre 
du  Luxembourg,  II,  9  note 
2,  18  ,  38 ,  50  ;  harcèlent  les 
troupes  du  dauphin,  62;  en- 
rôlés par  le  duc  d'Orléans 
pour  son  expédition  du  Mi- 
lanais, 115;  figurent  dans  la 
guerre  contre  les  Gantois,  224, 
234,  246,292,  293,  298;  leurs 
pertes  à  Nevele,  256  note  4  ; 
amenés  par  le  maréchal  de 
Bourgogne,  282,289;  repous- 
sés à  l'attaque  de  Courtrai, 
295  ;  combattent  à  Gavre,  298  ; 
rejoignentl'armée  après  Mont- 
lhéry,  III,  18;  victorieux  à 
Montenaken,  26  et  note  5; 
marchent  contre  les  Liégeois, 
64;  leurs  pertes  à  Brunstein, 
66  note  3;  fort  réjouis  de  la 
mort  du  comte  de  Warwich, 
73.  —  (nobles)  tués  à  Mont- 
lhéry.  III,  17  note  3. 

Bournel  (Alardin),  seigneur  de 
Vezigneul  et  de  Malmy,  ca- 
pitaine de  Sainte-Menehould, 
écuyer  d'écurie  du  bâtard  de 
Bourgogne,  vivant  encore  en 
1486  [Ans.  VIII,  154].  —  Sert 
le  bâtard  au  pas  de  l'Arbre 
d'or,  IV,  118. 

Bournel  (Guillaume),  seigneur 
de  Namps,  Esteembecq,  etc., 
bailli  de  Guynes,  maitre  d'hô- 
tel du  roi,  frère  d' Alardin,  f 
1508  [Ans.  VIII.  154].  —  Sert 
Ph.  de  Crèvecœur  au  pas  de 
l'Arbre  d'or,  IV,  134. 

Bourset  (le  seigneur  de).  Voy. 
Burschidlt. 

Bousanton  (Guillaume,  aliàs 
Gilles  de),  dit  le  Veau,  écuyer 
d'écurie  du  roi  de  France 
(1491),  maître  d'hôtel  de  Mar- 
guerite d'Autriche  (  Peinc. 
XXII,  898;  Mol.  II,  116;  III, 
464].— III,  206  et  noie  1.  Ac- 
compagne Marguerite  d'Au- 
triche en  France,  III,  263; 
annonce  à  Maximilien  la  rup- 
ture du  mariage  de  cette  prin- 


TABLE   ANALYTIQUE 


cesse  avec  Charles  VIII,  259. 

Boussut  (château  de),  perdu  et 
repris  par  Maximilien,  I,  159. 

Bouton  (Emard),  chevalier,  sei- 
gneur du  Fay,  Pierre,  etc., 
échanson  du  duc  Philippe, 
conseiller  et  chambellan  du 
duc  Charles,  chambellan  du 
roi,  bailli  et  maître  des  foires 
de  Chalon.  -J-  3  novembre  1 485 
[Beauc.  477;  La  Chesn.  III, 
80] .  —  Chevalier  à  Montlhéry, 
III,  11. 

Bouton  (Philippe),  seigneur  de 
Corberon,  chevalier,  conseil- 
ler et  chambellan  du  duc 
Charles,  son  premier  écu- 
yer  tranchant  en  1474,  bailli 
de  Dijon,  chevalier  d'hon- 
neur au  parlement  de  Bour- 
gogne, frère  d'Emard,  f  1515 
[La  Barre,  b,  263,  272,  276, 
281;  La  Chesn.,  III,  79,  80]. 
—  Accompagne  le  bâtard 
Antoine  en  Angleterre,  III, 
41,  49  note  1;  y  joute  contre 
Thomas  de  la  Lande,  55. 

Bouverie  (Jean  del).  III,  65 
note  4. 

Bouvigne.  III,  44  et  note  2,  45 
note  3. 

Brabançons.  II,  224;  III,  252, 
253/ 

Brabant  (Antoine,  bâtard  de), 
fils  du  duc  Philippe.  —  Che- 
valier à  Rupelmonde,  II,  266 
et  note  4  ;  danse  au  banquet 
de  Liile,  378  ;  prend  part  à  la 
guerre  de  Liège,  III,  26  et 
note  1. 

Brabant  (Jean  II  le  Pacifique, 
duc  de),  f  1312.  —  II,  426 
note. 

Brabant  (Philippe,  duc  de). 
Voy.  Bourgogne. 

Brabant  (Philippe,  bâtard  de), 
frère  d'Antoine.  —  Chevalier 
à  Rupelmonde,  II,  266  et 
note  4  ;  danse  au  banquet  de 
Lille,  378;  accompagne  le 
bâtard  Antoine  en  Angle- 
terre, III,  49  et  note  3. 


Brabant  (armes  de).  I,  41. 

Brabant.  I,  125  et  suiv.,  130, 
167;  II,  4,  17  note  3,  33,  50, 
79,  206,  408  note,  409  noie  1  ; 
III,  26  note  4,  71  note  2,  261, 
270  note  1,  285,  297  note  3, 
298,  305;  IV,  7,  90.  —  (duché 
de),  II,  82;  III,  316;  passe 
par  succession  à  Philippe  le 
Bon,  I,  91,  94.  —  (états  de). 
I,  155  note  1.  —  (lieutenant 
des  fiefs  en).  III,  12.  —  (sei- 
gneurs de).  III,  44. 

Brabon  (Salvius).  U,  343  note. 

Braga  (archevêché  de),  fondé 
par  Alphonse  Ier  de  Portugal, 

1,  36  et  note  1. 

Bragny.  I,  241  note. 

Brandebourg  (Albert  III,  mar- 
quis de),  né  en  1414,  f  11 
mars  1486.  —  III,  296,  note 

2.  Accompagne  l'empereur 
Frédéric  dans  son  expédi- 
tion sur  le  Rhin,  III,  99 
et  note  3. 

Brandebourg  (Frédéric,  marquis 
de),  fils  d'Albert  III,  né  en 
1460,  f  4  avril  1536.  —  Ac- 
compagne l'empereur  Frédé- 
ric dans  son  expédition  contre 
les  Flamands,  III,  296  et 
note  2. 

Brandebourg  (Simon  ou  Sigis- 
mond,  marquis  de),  duc  de 
Voigtland,  frère  du  précé- 
dent, né  en  1468,  f  25  février 
1495.  —  Accompagne  l'em- 
pereur Frédéric  dans  son  ex- 
pédition contre  les  Flamands, 
III,  296  et  note  2. 

Brandebourg  (le  marquis  de), 
tué  au  siège  de  Gand,  III,  295 
note  2. 

Bray.  I,  248  note  2. 

Bréda.  II,  418  note  2;  III,  287 
note  1. 

Brederode  (Renaud,  seigneur 
de),  et  de  Viane,  f  16  octobre 
1473  [Beauc.  477;  Boull.  60]. 
Elu  chevalier  de  la  Toison 
d'or  au  chapitre  de  1445,  II, 
95  note  1  ;  l'un  des  chefs  du 


DES   MATIERES. 


233 


contingent  hollandais  contre 
les  Gantois,  271  et  note  2. 
Bregilles  (Jacot  ou  Jacques  de), 
écuyer,  valet  de  chambre  et 
garde  des  joyaux  du  duc  de 
Bourgogne,  fils  de  Guillau- 
me, concierge  de  la  Chambre 
des  comptes  de  Dijon,  f  25 
janvier  1474  [Peinc,  II,  291; 
Palliot,  Mém.  génial.  I,  483, 
484;  II,  617].  —  II,  338  note,- 

III,  2  et  note  2,  39. 
Brenius,    roi   d'Angleterre.    I, 

119. 

Dresse.  I,  265  note  2. 

Bretagne  (Artur  de),  comte  de 
Richemont  et  d'Etampes,  con- 
nétable de  France,  duc  de 
Bretagne  en  1457,  f  26  dé- 
cembre 1458.  —  I,  211  note  1, 
235;  II,  173.  Ambassadeur 
du  roi  de  France  à  l'assem- 
blée d'Arras,  I,  204  et  note  3, 
208,  209  ;  vainqueur  des  An- 
glais à  Formigny,  II,  209. 

Bretagne  (François  Ier,  duc  de), 
né  en  1410,  f  juillet  1450. 
—  Refuse  le  collier  de  la  Toi- 
son d'or,  II,  95  note  2  ;  en 
danger  de  mort,  208  note  1. 

Bretagne  (François  II,  duc  de), 
né  en  1435,  f  9  septembre 
1488.  —  I,  283  note  1  ;  III, 
149  note  1,  227,  258  note  2; 

IV,  122.  La  xMarche  le  voit 
pour  la  première  fois  à  la 
cour  de  Bourgogne,  II,  173 
et  note  2;  son  éloge,  ibid.; 
rend  hommage  à  Louis  XI  et 
besogne  avec  lui,  427  et  note 

1  ;  reçoit  le  duc  de  Berry  en 
Bretagne.  III,  7  ;  prend  part 
avec  lui  a  la  guerre  du  Bien 
public,  I,  124;  III,  8  et  note 

2  ;  ne  se  trouve  pas  au  ren- 
dez-vous pris  à  Saint-Denis, 
10  et  note  1  ;  apprend  la  ba- 
taille de  Montlhëry  et  se  dis- 
pose à  rejoindre  le  comte  de 
Gharolais,  16;  traite  avec  lui, 
17  note  6  ;  suite  de  leur  cam- 
pagne, 20  et  note  2,  21,  22; 


signe  le  traité  de  Saint-Maur, 
29  note  ;  se  rend  en  Norman- 
die, 30  ;  son  entrée  à  Rouen, 
32  ;  éloigne  de  lui  Tanneguy 
du  Chastel,  ibid.;  se  brouille 
avec  le  duc  de  Berry,  ibid.  et 
note  et  note  3  ;  rentre  dans 
ses  Etats,  33  et  note  1  ;  01.  de 
la  Marche  le  trouve  à  Rennes, 
34;  fait  célébrer  un  service 
pour  le  duc  Philippe  le  Bon, 
62  ;  parrain  de  François  d'Au- 
triche, 261  ;  son  ordre  de 
l'Hermine,  IV,  162. 

Bretagne  (Gilles  de),  seigneur 
de  Chantocé,  chevalier  de  la 
Jarretière,  frère  du  duc  Fran- 
çois Ie',  f  24  avril  1450.  — 
Bruit  répandu  de  sa  mort,  II, 
208  note  1 . 

Bretagne  (Jean  V  ou  VI  le  Bon, 
duc  de)  en  1399,  f  28  août  1442. 
—  II,  95  et  note  2. 

Bretagne  (Richard  de),  comte 
d'Etampes,  frère  de  Jean  V, 
f  2  juin  1438.  —  I,  283  et 
note  1;  II,  171,173  et  note  2. 

Bretagne  (Anne  de).  Voy.  Beau- 
jeu.  —  (Catherine  de).  Voy. 
Arguel. 

Bretagne  (le  héraut),  assiste  au 
pas  de  l'Arbre  d'or,  III,  125. 

Bretagne.  I,  198  ;  II,  223  ;  III, 
7,  33  et  note  1,  62,  258.  — 
(duché  de).  II,  427  note  1; 
III,  258,  317.  —  (Grande),  tire 
son  nom  du  roi  Brutus,  I, 
119;  conquise  par  les  Saxons, 
ibid.  —  (seigneurs  de).  III, 
63. 

Bretelles  ou  Breteilles  (Louis, 
sire  de),  écuyer  gascon,  ser- 
viteur du  roi  d'Angleterre 
[Comm.-Dup.,  I,  379,  380].  — 
Joute  en  Angleterre,  III,  54. 

Bretons.  III,  10,  14  note,  16, 
258. 

Brezé  (Pierre  II  de),  seigneur 
de  la  Varenne  et  de  Brissac, 
comte  de  Maulevrier,  cheva- 
lier, grand  sénéchal  d'Anjou, 
de  Poitou  et  de  Normandie, 


234 


TABLE   ANALYTIQUE 


etc.,  etc.,  f  17  juillet  1465 
[Beauc,  479].  —  III,  11  noie. 
Assiste  à  l'entrevue  de  Châ- 
lons,  II,  56  et  note  5;  son 
éloge,  ibid.;  passe  pour  l'ins- 
tigateur de  l'ordonnance  sur 
les  gens  de  guerre,  63  ;  tué  à 
Montlhéry,  III,  16  et  note  2. 

Brie  (comté  de).  III,  28,  35,  88. 

Driele  (la).  I,  155  note  1;  IV, 
109. 

Brienne  -  le  -  Comte.  II,  13  et 
note  1. 

Brignon- l'Archevêque.  I,  95 
note  1. 

Brighe  ou  Brigz  (Louis  de  Silé- 
sie,  duc  de),  I,  87. 

Brimeu  (Florimond  de),  sei- 
gneur de  Massincourt,  cheva- 
lier, conseiller,  chambellan 
du  duc  de  Bourgogne,  séné- 
chal et  gouverneur  de  Pon- 
thieu,  chevalier  de  la  Toison 
d'or  en  1430  [Beauc,  480].  — 
II,  84  et  note  6. 

Brimeu  (Guy  de),  seigneur 
d'Humbercourt ,  comte  de 
Meghen,  chevalier,  conseiller 
et  chambellan  du  duc  de 
Bourgogne,  capitaine  du  châ- 
teau de  Remv,  etc.,  décapité 
le  3  avril  1477  [Beauc  480]. 
—  Accompagne  le  comte  de 
Charolais  lors  de  l'entrée 
du  duc  Philippe  à  Bruxelles, 
II,  51  ;  fait  la  lecture  à  ce 
prince,  334  ;  chevalier  à  Ter- 
monde,  251  ;  annonce  au  duc 
la  prise  de  Dinant,  IEL,  46; 
reçoit  commission  pour  trai- 
ter avec  les  Liégeois,  ibid. 
note  1  ;  nommé  lieutenant 
général  du  duc  au  pays  de 
Liège,  82  et  note  3  ;  pris  par 
les  Liégeois  et  prisonnier  sur 
parole  du  seigneur  de  Haute- 
penne,  I,  129;  111,82;  se  fait 
porter  quoique  blessé  au  siège 
de  Liège,  85  ;  dégagé  de  sa 
parole  par  la  mort  du  sei- 
gneur de  Hautepenne,  86; 
ambassadeur    au    siège    de 


Neuss,  100;  chevalier  de  la 
Toison  d'or  au  chapitre  de 
Valenciennes,  204  et  note  2  ; 
négociateur  de  la  trêve  de 
Soleuvre,  214,  dont  il  est 
nommé  l'un  des  conserva- 
teurs, 223  ;  emprisonné  et  mis 
à  mort  par  les  Gantois,  242. 

Briqucbec.  II,  208  note  1. 

Brisach.  III,  206  note  3. 

Broquière  (Bertrandon  de  la), 
conseiller,  premier  écuyer 
tranchant  du  duc  de  Bourgo- 
gne, gouverneur  des  ville  et 
château  de  Marcigny-les-No- 
nains  en  janvier  1434,  etc. 
[Beauc,  481].  —  Assiste  aux 
joutes  de  Bruges,  II,  134;  le 
duc  lui  fait  don  de  la  terre  de 
Viel-Chastel,  ibid.  note  1; 
capitaine  du  château  de  Ru- 
pelmonde,  dont  il  refuse  d'ou- 
vrir les  portes  aux  troupes 
ducales  sans  un  ordre  exprès, 
259  ;  porte  le  pennon  à  la 
bataille  de  Gavre,  318  et  note 
1  ;  près  du  duc  dans  la  mêlée, 
323  et  note  1. 

Broussalles.  II,  296. 

Brouwers - haven  (bataille  de), 
I,  92  et  note  4,  239  et  note  2. 

Bruchsal.  III,  240  note  3. 

Brugeois.  II,  212  note  1.  Leurs 
luttes  contre  Maximilien,  I, 
33,  167;  III,  277  note,  288  et 
suiv.,  293  et  note  2,  313. 

Bruges  (Louis  de),  seigneur  de 
la  Gruthuse,  comte  de  Win- 
chester, prince  de  Steenhuyse, 
chevalier,  échanson ,  .puis 
conseiller  et  chambellan  du 
duc  de  Bourgogne,  chevalier 
de  la  Toison  d'or  en  1461, 
etc., etc., f  1492  [Beauc, 481]. 
—  III,  188,  276  et  notes  2  et  3. 
Lève  le  contingent  flamand 
pour  la  guerre  contre  les 
Gantois,  II,  224  et  note  8; 
capitaine  de  Bruges,  où  il 
tient  garnison  pendant  la 
trêve,  283  ;  chevalier  à  Ga- 
vre, 318;  joute  à  Lille,  347; 


DES  MATIÈRES. 


235 


chef  d'une  des  chambres  de 
festin  aux  noces  de  Charles 
le  Téméraire,  III,  117;  reçoit 
le  roi  d'Angleterre,  qui  "lui 
donne  le  comté  de  Winches- 
ter, 237  et  note  2;  assiste  au 
mariage  de  Marie  de  Bour- 
gogne, 244  ;  désire  que  cette 
princesse  fasse  ses  couches  à 
Bruges,  261  note  4  ;  se  met  du 
parti  des  Gantois,  265  ;  pri- 
sonnier de  Maximilien,I,  171; 

III,  276  et  note  3;  mené  à 
Gand,  279,  280;  représenté 
au  chapitre  de  Bois-le-Duc, 

IV,  149. 

Bruges  (Rogier  de).   III,  315 

Bruges.  ï,  10  note  2,  77,  102, 
169;  II,  5  note  1,  53,  111  et 
note  1,  135,  141,  283,  294, 
296,  300,  402  note  1,  421 
note  1;  III,  42  noie  2,  75,201 
note  1,  256  note  1,  261  noie  4, 
300  note  1.  Le  Saint  Sang 
envoyé  à  —,  I,  77  ;  une  jour- 
née pour  la  paix  y  est  tenue 
sans  résultat,  II,  293,  294; 
Philippe  le  Bon  y  meurt,  III, 
55  et  note  3,  57  ;  Charles  le 
Téméraire  y  célèbre  ses  noces 
avec  Marguerite  d'Yorck,  III, 
101  et  suiv.;  IV,  97  et  suiv.; 
Maximilien  y  relève  l'ordre  de 
la  Toison  d'or,  III,  248  et  note 
3,  249  ;  Marie  de  Bourgogne 
y  fait  ses  premières  couches, 
252  et  note  3  ;  se  révolte  con- 
tre Maximilien,  1, 167;  111,276 
note  4  ;  occupée  par  les  troupes 
de  ce  prince,  277  note,  qui  y 
entre  lui-même  et  y  fait  ré- 
gner la  justice,  I,  171;  III,  278 
et  note  1  ;  nouvelle  prise  d'ar- 
mes de  ses  habitants,  278  et 
note  6,  279  et  suiv.;  Maximi- 
lien y  est  retenu  prisonnier 
et  mis  en  cage,  289,  291,  292 
et  note  1.  —  (bailli  et  écou- 
tôte  de).  III,  108  et  note  2; 
IV,  99,  128.  —  (joutes  à).  II, 
123  et  suiv.;  129  et  suiv.  — 


(le  Franc  de).  I,  72  note.  — 
(marché  de).  III,  289,  note  1; 
IV,  115. 

Brugghe  (Jean  van  den).  II,  6 
note. 

Brughe  (château  de).  I,  135. 

Brun  (Louis).  III,  306  note  1. 

Brunier  (Jacquemart),  écuyer, 
d'origine  dauphinoise,  joute 
au  pas  de  Marsannay,  I,  314. 

Brunstcin  ou  Brusthem  (bataille 
de).  I,  127  et  note  2;  III,  65 
et  note  2. 

Brunswick  (Frédéric  le  Pieux, 
duc  de),  f  1478.  —  Accom- 
pagne le  roi  de  Danemark  à 
Neuss,  III,  97  et  note  5. 

Brunswick-Gottingen  (Guillau- 
me II  le  Jeune,  duc  de),  f 
1495.  —  Accompagne  l'empe- 
reur Frédéric  dans  son  expé- 
dition contre  les  Flamands, 
III,  296  et  note  3. 

Brunswick  (Henri,  duc  de),  dit  le 
Pacifique,  né  en  1411,  f  6  dé- 
cembre 1473.  — Vient  visiter 
le  duc  Philippe  à  Dijon,  I, 
272  ;  l'accompagne  à  l'entre- 
vue de  Besançon,  ibid.,  où  il 
se  fait  remarquer  comme  un 
danseur  intrépide,  281;  épouse 
Hélène  de  Clèves,  272  et 
note  3. 

Brunswick  (Hélène  de  Clèves, 
duchesse  de),  sœur  du  duc 
Jean  I«r,  femme  d'Henri  de 
Brunswick  ci-dessus  f  1471. 
—  I,  272  et  note  3. 

Brusac  (Gauthier  de),  capi- 
taine d  Ecorcheurs.  I,  244  et 
note  2. 

Brutus,  prince  anglais.  I,  118, 
119. 

Bruxelles.  I,  54  note  3,  126, 127, 
166,  175;  H,  14,  221,  226  et 
note  1,  227  note  4,231,409  et 
note  1,  419  note  1,  421  note  1, 
426  note  3,427  note  2;  111,64 
note  1,  201  note  1,  254,  262 
note  2,  278,  318  note  3;  IV, 
109,  145.  Le  comte  de  Charo- 
lais  laissé  à  —,  I,  248  ;  le  duc 


TABLE   ANALYTIQUE 


Philippe  y  fait  son  entrée,  II, 
50  et  note  4,  51;  y  séjourne, 
226  et  note  1  ;  y  festoie  avec 
la  duchesse,  283;  Marie  de 
Bourgogne  baptisée  à — ,  411 
note;  le  comte  de  Charolais 
s'y  réconcilie  avec  son  père, 
420,  qui  y  tombe  gravement 
malade,  III,  6  et  note  1,  et  y 
demeure  presque  continuel- 
lement depuis  lors,  40  et  note 
2  ;  Marie  de  Bourgogne  y  ac- 
couche d'une  bile,  257,  et 
d'un  fils,  261  et  note  4  ;  Ma- 
ximilien  force  ses  habitants  à 
prendre  son  parti,  269  ;  il  y 
fait  conduire  son  fils,  285; 
l'empereur  Frédéric  à  — , 
287  note  3.  —  (le  doyen  de). 
IV,  146.  —  (états  tenus  à). 
III,  268  note  3.  —  (joutes  au 
parc  et  au  marché  de).  II, 
215,  216. 

Bude.  III,  307  note  3,  308. 

Bueil  (le  Cadet  de),  blessé  dans 
une  joute  sous  Amiens,  III, 
72. 

Bueil  (Jean  V,  sire  de),  comte 
de  Sancerre,  chevalier,  con- 
seiller et  chambellan  du  roi, 
amiral  de  France,  était  mort 
en  1477  [Beauc,  468;Comm.- 
Dup.,  III,  488].  —  Son  avis 
sur  les  suites  de  la  bataille 
de  Montlhéry,  III,  20 et notek. 

Bulgnéville.  III,  238  note  1.  — 
(bataille  de).  I,  90  et  note  3, 
239  et  note  1  ;  II,  149  et  note  3. 

Buren  (château  de).  III,  202 
note  2. 

Bures  (Vincent  de).  III,  86  note. 

Burgos.  I,  10  note  2. 

Burgundiones.  I,  47. 

Burschidlt  ou  Bourset  (Ber- 
nard, seigneur  de),  chevalier 
luxembourgeois ,  reconnaît 
l'autorité  du  duc  de  Bourgo- 
gne, II,  14  et  note  1  ;  blessé 
par  un  des  archers  de  ce  prince, 
48;  continue  de  tenir  son  parti, 
302. 


Borschidlt  (Bernard  de),  dit  le 

Jeune.  II,  14  note  1. 
Burschidlt   (Giltz  de).  II,    14 

note  1. 
Burschidlt  (Jean  de),  seigneur 

d'Esche.  II,  14  note  1. 
Burschidlt  (Louis  de),  seigneur 

de  Brednis.  II,  14  note  1. 
Burschidlt  (Marsilius  de).   II, 

14  note  1. 
Burschidlt  (Suger  de).  II,   14 

note  1. 
Buscampvelt  (embuscade  de).  II, 

296  et  note  3. 
Buxy.  I,  247  note. 


Gabillaux  (les).  I,  93  et  notes  1 

et  2,  165. 
Gacus.  III,  184  et  suiv. 
Cad  art  (Jean),  exclu  du  traité 

d'Arras,  I,  211  note  1. 
Cadet  (Jean).  III,  12  note. 
Cadmus,  roi  de  Crète.  I,  112  et 

note  1. 
Gadzand   (traité   de).    III,    303 

note  2. 
Caen.  Il,  208  note  1. 
Calabre  (Jean  et  Nicolas  de). 

Voy.  Anjou. 
Calabre    (Marie    de    Bourbon, 

duchesse   de),  fille   du   duc 

Charles  Ier,  mariée  en  1437 

au  duc  Jean  de  Calabre,  -J- 

1448.  —  II,  56  et  note  7,  57 

note. 
Calais.   II,  119  note,  121,   141. 

—  (port  de).  III,  70  note  1.  — 
(sièges  de).  I,  101  et  note  1, 
102  et  note;  II,  212  et  note  1. 

—  (l'avitailleur  de).  IV,  1, 
154. 

Calatrava  (ordre  de).  I,  110. 
Galigula  (l'empereur),  mort  fou, 

I,  179. 
Galmelet  (frère  François) .  I,  334 

note  2. 
Cambrai  (évêques  de).  Voy.  Ber- 

ghes  (Henri  de)  et  Bourgogne 

(Jean  de). 
Cambrai.  I,  160;  III,  256  note  1. 


DES   MATIERES. 


237 


—  (fête  de  la  Licorne  à).  II, 
395  et  note  1. 

Cambray  (Adam  de),  premier 
président  du  parlement  de 
Paris,  ambassadeur  du  roi  à 
l'assemblée  d'Arras,  I,  208, 
209. 

Cambray  (Gérosme  de),  prend 
part  au  tournoi  du  pas  de 
l'Arbre  d'or,  III,  192. 

Cambrésis.  III,  223. 

Cambridge  (Edmond  d'Angle- 
terre, comte  de),  fils  du  roi 
Edouard  III,  +  1"  août  1402. 

—  I,  71  note  3. 
Camp  (Guy  de).  I,  175. 
Campdorick.  Voy.  Ourique. 
Campobasse  (le  comte  de).  Voy. 

MONTFORT. 

Cana,  en  Galilée.  IV,  102. 

Cardone  (Pierre  de),  comte  de 
Golizano,  fait  chevalier  de  la 
Toison  d'or,  II,  205  note  3. 

Ca7Hgnan  [prise  de).  11,  13  note  6. 

Garistos  (Théodore  de),  envoyé 
de  l'empereur  de  Constanti- 
nople.  I,  287  et  note  2; 
11,2. 

Carmes  (les)  de  Bruxelles.  II, 
111  note  2.  —  (l'église  Notre- 
Dame  des),  à  Chalon,  II,  149, 
156,  199. 

Carondelet  (Jean),  seigneur  de 
Champvans  et  de  Solre,  con- 
seiller, maître  des  requêtes 
des  ducs  Philippe  et  Charles, 
chancelier  de  Bourgogne  et 
de  Flandres  en  1479,  f  1501 
[Boull.,  72  ;  La  Barre,  b,  187  ; 
Gollut,1  186  note  2, 1190,  etc.]. 

—  III,  28,  33  note  2,  35. 
Chargé  de  rechercher  les  titres 
du  comté  de  Brie,  III,  28  et 
note  2;  prisonnier  des  Gan- 
tois qui  le  rançonnent,  290 

^  et  note  5,  301,  314. 

Carpentier  ou  le  Charpentier 
(Jean),  décapité,  I,  126  ;  III, 
43  et  notes  1,  2  et  3,  63  note 
2,  87. 

Carreman  (Philippe),  fait  che- 
valier, III,  298. 


Casimir  IV,  roi  de  Pologne 
(1445-1492).  —  III,  227.  Hé- 
rite de  Ladislas  d'Autriche  et 
cède  ses  droits  sur  le  Luxem- 
bourg à  Charles  le  Téméraire, 
III,  5  note  1,  6  note. 

Cassel  (seigneurie  de),  cédée  au 
duc  de  Bourgogne,  I,  90  ;  II, 
57  note,  58.  —  (val  de).  I,  102. 

Castille  (Jean,  prince  de),  mari 
de  Marguerite  d'Autriche,  né 
le  26  juin  1478,  f  1497.  — 
III,  257  et  note  3,  317  et 
note  3. 

Castille  (Léonore  de),  fille  du 
roi  Henri  II,  fiancée  à  Ferdi- 
nand, roi  de  Portugal,  mariée 
à  don  Carlos,  depuis  roi  de 
Navarre.  —  I,  107  et  note  5, 
109.  C'est  par  erreur  que  La 
Marche  la  dit  fille  d'un  roi 
d'Aragon. 

Castille  (rois  et  reines  de).  Voy. 
Alphonse  VI,  Ferdinand  V, 
Henri  II,  Jean  Ier,  Philippe 
le  Beau,  Pierre  le  Cruel, 
Béatrix  de  Portugal.  — 
(Thérèse  de).  Voy.  Portugal. 

Castille  (royaume  de),  II,  94 
note  1.  —  (officier  d'armes  du 
roi  de).  I,  297. 

Cat  (Gilles  le).  II,  354  note  1. 

Cathelans  pour  Catalans.  IV, 
103. 

Catherine  de  France,  reine 
d'Angleterre,  femme  du  roi 
Henri  V,  f  1438.  -  I,  202. 

Gaudenberg  (église  de),  à  Bru- 
xelles. II,  411  note  1;  III,  262 
et  note  2. 

Caudet,  chirurgien  du  duc  de 
Bourgogne.  III,  12  note.  Voy. 
Cadet. 

Cazal  (Barthélémy).  II,  421 
note  3. 

Cécile  (le  roi  de).  Voy.  Anjou. 

Céciliens,  Siciliens.  IV,  103. 

Célestins  (les)  de  Paris.  III,  57 
note  1. 

Cempen,  Kamp.  1, 135  et  note  1. 

Cepte  (le  comte  de).  Voy.  Por- 
tugal. 


238 


TABLE   ANALYTIQUE 


Cerberus.  III,  167  et  suiv. 

Cerf  (logis  du),  à  Audenarde. 
III,  271. 

Cersanders.  Voy.  Sersanders. 

Certaines  (Michault  de),  écuyer 
bourguignon,  figure  comme 
tel  dans  les  montres  d'armes 
del421etl444[PEiN-c.,XXVI, 
331,  458].  —  II,  249.  Joute 
au  pas  de  la  Fontaine  de 
Plours,  II,  167  et  suiv.,  et  y 
remplit  les  fonctions  de  ma- 
réchal de  la  lice,  180  note  1, 
182;  ses  armes,  167  note  1. 

César  (Julius).  I,  44,  45  note  1. 
Épileptique,  I,  179;  II,  343 
note. 

Césarée.  I,  80. 

Cestre,  héraut  anglais.  IV,  143. 

Cette,  Ceulte  ou  Ceula.  I,  116: 
III,  39. 

Chabannes  (Antoine  de),  comte 
de  Dammartin,  vicomte  de 
Breteuil,  etc.,  grand  panetier, 
puis  grand-maitre  de  France, 
chevalier  de  l'ordre  du  roi, 
bailli  de  Troyes,  etc.,  etc., 
f  25  décembre  1488  [Beauc, 
"484J.  —  I,  253  note  1;  111,34 
et  note  3,  248  note  2.  Capi- 
taine d'Ecorcheurs,  I,  244  ; 
accusé  de  pilleries  sur  le  sei- 
gneur de  Pesmes,  256  ;  con- 
tribue à  l'occupation  d'A- 
miens et  de  Saint-Quentin, 
III,  70  et  note  5,  71  et  note  1; 
reçoit  l'ordre  d'abandonner  le 
Qûesnoy,  247. 

Chabannes  (Geoffroy  de),  neveu 
du  précédent,  seigneur  de  la 
Palisse,  Charlus,  etc.,  con- 
seiller et  chambellan  du  duc 
de  Bourbon,  etc.,  etc.,  f 
après  1494  [Mor.]. —  Prison- 
nier du  seigneur  de  Pesmes, 
I,  256;  le  duc  le  fait  rendre  à 
son  père,  257  et  note  1  ;  suit 
le  duc  de  Berry  en  Bretagne, 
III,  34  et  note  3. 

Chabannes  (Gilbert  de),  frère  de 
Geoffroy,  seigneur  de  Curton, 
chevalier  de  l'ordre  du   roi, 


gouverneur  du  Limousin  et 
sénéchal  de  Guyenne,  f  avant 
1493  [Mou.]-  —  ni,  255  et 
note  3. 

Chabannes  (Jacques  de),  sei- 
gneur de  la  Palisse,  Charlus 
et  Curton,  chevalier,  conseil- 
ler et  chambellan  du  roi, 
grand  maître  d'hôtel,  séné- 
chal de  Toulouse,  etc.,  père 
des  deux  précédents,  -J-  oc- 
tobre 1453  [Beauc,  484].  — 
—  III,  34  noie  3.  Son  procès 
avec  le  sire  de  Pesmes,  I,  252 
et  suiv. 

Chaffaut  (Jean  de),  compagnon 
du  bâtard  Antoine  en  Angle- 
terre, III,  49  note  1. 

Chalant  (Jacques  de),  écuyer, 
seigneur  de  Varey,  Usson, 
etc.,  teste  en  décembre  1499 
[Guich.,  III,  cont.,  74].  — 
Figure  parmi  les  seigneurs 
de  Savoie  révoltés  contre  le 
duc  Louis,  II,  219  et  note  7. 

Chalant  (Jacques  de),  seigneur 
d'Aymeville,  Cbâtillon,  Us- 
sel,  comte  de  Chalant  en  1456, 
cousin  du  précédent  [Guich., 
III,  cont.,  76].  —  Joute  au 
pas  de  Marsannay,  I,  320  et 
suiv.;  lève  l'emprise  de  Diego 
de  Yalière,  325,  326;  ses  der- 
nières joutes  au  même  pas, 
332,  333  ;  son  blason,  335  note  ; 
dispensé  de  l'achèvement  de 
ses  armes,  II,  9,  10. 

Chalon  (Charles  de),  comte  de 
Joignv,  baron  de  Viteaux,  f 
1485  [Beauc,  484].  —  Porte 
la  bannière  aux  funérailles  de 
Philippe  le  Bon  et  d'Isabelle 
de  Portugal,  III,  59  et  note  5  ; 
figure  au  tournoi  de  l'Arbre 
d'or,  192;  IV,  140,  et  à  l'en- 
trée de  Maximilien  à  Gand, 
III,  281  et  note  1. 

Chalon  (Guillaume  VII  de),  seigr 
d'Arguel,  prince  d'Orange  en 
1463,  fils  de  Louis  ci-dessous, 
f  1475.  —  I,  274  note  1  ;  III, 
59  notez,  106  note  1,138, 149, 


DES   MATIERES. 


339 


207,  209;  IV,  119,  122.  As- 
siste à  l'entrevue  de  Besan- 
çon, I,  273  et  note  1  ;  épouse 
Catherine  de  Bretagne,  282 
et  note  3,  283  ;  le  duc  l'auto- 
rise à  lever  des  troupes  pour 
l'expédition  du  Milanais,  II, 
114  et  note  2, 1 15  ;  s'empare  du 
comté  d'Asti,  ibid.;  triste  fin 
de  son  expédition,  116  et  note 
5  ;  fait  un  pèlerinage  à  Jéru- 
salem, 117  note;  ses  folles  dé- 
penses, cause  du  méconten- 
tement de  son  père,  117  et 
note  1,  171,  172,  et  de  ses 
débats  avec  ses  frères  consan- 
guins, 171  note  2;  festoie  le 
duc  à  Lons-le-Saulnier,  III, 
207. 

Ghalon  (Hugues  de),  seigneur 
d'Orbe,  fils  de  Louis.  —  Fa- 
vorisé par  son  père  aux  dé- 
pens de  son  père  consanguin 
Guillaume,  II,  117  et  note  2; 
ses  débats  avec  ce  dernier, 
171  note  2. 

Chalon  (Jean  de),  seigneur  de 
Ghàtelbelin  et  d'Arlay,  frère 
de  Louis.  —  I,  282  note  3. 

Chalon  (Jean  II  de),  seigneur 
d'Arguel,  prince  d'Orange  à 
la  mort  de  son  père  Guil- 
laume (1475),  f  25  avril  1502. 
—  III,  178,  317.  Epouse 
Jeanne  de  Bourbon,  III,  42 
note  1  ;  va  saluer  Marguerite 
d'York  au  Dan,  106  et  note  1; 
joute  au  pas  de  l'Arbre  d'or, 
149;  IV,  122,  143;  y  gagne 
le  prix  des  lances,  III,  191  ; 
IV,  140;  y  sert  le  seigneur 
de  Ternant,  135,  et  le  duc 
Charles,  138;  autorisé  par  le 
duc  à  faire  crier  une  autre 
joute  où  il  gagne  le  prix  du 
dedans,  III,  199;  reprend  le 
comté  de  Bourgogne  sur  les 
Français ,  254  ;  négocie  le 
mariage  de  Charles  VIII  avec 
Anne  de  Bretagne,  258  et 
note  3. 

Chalon  (Louis  de),  dit  le  Bon, 


seigneur  d'Arguel  et  de  Mont- 
faucon,  prince  d'Orange,  che- 
valier, conseiller,  premier 
chambellan  du  duc  de  Bour- 
gogne, f  13  décembre  1463 
[Beauc,  484].  — U,  171,  411 
note  2  ;  III,  59  note  5.  Assiste 
à  l'entrevue  de  Besançon,  I, 
272  ;  épouse  en  deuxièmes 
noces  Eléonore  d'Armagnac, 
II,  117  et  note  2, 171  et  note  2; 
son  prêt  au  duc  pour  la 
guerre  contre  les  Gantois,  225 
note  1  ;  le  festoie  à  son  retour 
d'Allemagne,  400  et  note  1  ; 
reçoit  le  dauphin  à  sa  sortie 
du  Dauphiné  et  le  conduit  à 
son  château  de  Nozeroy,  409 
note  1  ;  mécontent  de  son  fils 
aîné  Guillaume,  aux  dépens 
de  qui  il  favorise  ses  cadets, 
117  et  note  2;  sa  mort,  III, 
11  note  2;  discussions  aux- 
quelles donne  lieu  l'exécution 
de  son  testament,  II,  171  et 
note  2. 

Chalon  (Louis  de),  seigneur  de 
Ghâteau-Guyon,  fils  du  pré- 
cédent, chevalier  de  la  Toi- 
son d'or  en  1468,  f  1476. 
—  IU,  209  note  2.  Favorisé 
par  son  père,  II,  117  et 
note  2;  ses  débats  avec  son 
frère  Guillaume,  171  note  2; 
chevalier  à  Montlhéry,  III, 
1 1  et  note  2  ;  va  saluer  Mar- 
guerite d'York  au  Dan,  106 
et  note  2  ;  joute  au  pas  de 
l'Arbre  d'or,  138  et  suiv.;  IV, 
119,  120;  y  sert  le  duc,  138; 
tué  à  Granson,  III,  209. 

Chalon  (évêque  de).  Voy.  Ger- 
main (Jean).  —  (maison  de). 
I,  254;  II,  117,  171;  III,  210 
note  1. 

Chalon-sur-Saône.  I,  246  et  note 

1,  251  note  4,  253,  295,  296; 
II,  145  et  suiv.,  185,200  note 

2,  203  et  note  1,  397  note  2, 
426  note  4.  —  (bailli  de).  Voy. 
Sercey  (Guillaume  de).  — 
(états  réunis  à).  I,  246  note  1; 


no 


TABLE   ANALYTIQUE 


II,  170  note  2.  —  (imposi- 
tions de),  cédées  au  duc  Phi- 
lippe par  le  traité  d'Arras,  I, 
218.  —  (montres  d'armes  à). 

I,  247  note.  —  (pas  de  la  Fon- 
taine de  Plours  près).  II,  129, 
144  et  suiv. 

Châlons-sur-Mame  (entrevue  et 
traité  de).  II,  54  et  suiv.,  63 
note.  —  (joutes  à).  II.  59,  60 
et  note  1. 

Chalop  (Jean),  prévôt  de  Lu- 
xembourg. II,  38  et  note  1. 
Tué,  39. 

Ghambart  (Jean),  canonnier  à 
Dijon.  I,  95  noie  1. 

Chambéry.  II,  411  note  2. 

Chambes  (Hélène  de),  dame  de 
Thouars,  gouvernante  de  Mar- 
guerite d'Autriche.  [Comm.- 
Dup.,  III,  497J.  III,  263  note. 

Chambre  (Simon  de  la).  III,  252 
noie  2. 

Chambre  (Anne  de  la),  fille 
d'Urbain,  seigneur  de  la 
Chambre,  vicomte  de  Mau- 
rienne,  etc.,  mariée  à  Guil- 
laume de  Luyrieux  (Guich., 

III,  238].  —  Elle  et  son  mari 
nourrissent  01.  de  la  Marche, 
1,251. 

Champ    (Guyot    du).    II,    337 

llûtô    1 

Champagne.  1, 132, 242, 245  note; 

II,  13,  54;  III,  88,  222.  — 
(comté  de).  I,  221  ;  III,  28,  35. 

—  (gouverneur  de).  III,  222. 
Champaigne  (Brandely  de),  sei- 
gneur de  Bazoges,  Brouas- 
sin,  Villaines,  etc.,  écuyer 
de  la  chambre,  puis  conseil- 
ler et  chambellan  du  roi, 
lieutenant  général  et  com- 
mandant en  Artois,  gouver- 
neur de  Saumur,  etc.,  teste 
en  1504  [La  Chesn.,  IV,  191]. 

—  III,  255. 
Champdivers  (Guillaume,  sei- 
gneur de)  et  de  Chevigny- 
lez-Auxonne,  chevalier,  fils 
de  Henri,  aussi  chevalier,  con- 
seiller et  chambellan  du  duc, 


vivait  encore  en  1469  [Peinc. 
XXIII,  291;  XXIV,  744: 
XXV,  537,  708,  etc.].  —  Joute 
au  pas  de  Marsannay,  I,  313, 
314;  ses  armes,  334  note  2; 
assiste  Jean  de  Villeneuve 
au  pas  de  la  Fontaine  de 
Plours,  II,  193  et  note  3; 
chevalier  à  Gavre,  318  et 
note  2. 

Ghandio  (  Jean  de  ) ,  chevalier, 
seigneur  d'Arcelot.  II,  150 
note  2. 

Chandio  (Pierre  de),  écuyer,  fils 
de  Jean  ci-dessus  et  de  Jeanne 
de  Bauffremont.  —  Fait  tou- 
cher la  targe  blanche  au  pas 
de  la  Fontaine  de  Plours,  II, 
147,  148;  sa  joute  au  même 
pas,  148-150;  ses  armes,  151 
note  2. 

Chandivers.  Voy.  Champdivers. 

Chanteraine  (le  seigneur  de), 
chevalier  de  Rhodes  [Wa- 
vrin,  III,  327;  Kervyn,  V, 
448,  458;  Mol.,  I,  237;  II, 
34;  III,  490].  —  Prend  part 
à  la  bataille  de  Zons,  III,  99  ; 
défend  Saint -Orner  contre 
Louis  XI,  246  ;  accompagne 
Maximilien  à  la  prise  de  Ter- 
monde,  267. 

Chantrans  (Guillaume  de).  II, 
117  note  1. 

Chapelle  ducale  ou  de  la  Toison 
d'or  à  Dijon.  II,  225  note  1. 
Voy.  aussi  Toison  d'or. 

Chaperons  blancs  (faction  des). 
I,  93  notes  1  et  2. 

Chappuis  (Jean),  premier  maître 
des  comptes  à  Dijon,  f  1467 
[Arm.  comptes,  18].  —  III,  9 
note  1. 

Charenton  (pont  de).  III,  20 
note  2,  22. 

Charles  le  Grand,  roi  et  empe- 
reur. I,  65,  114. 

Charles-Quint,  empereur.  III, 
315  note  2. 

Charles-Martel.  I,  65,  114. 

Charles  IV  le  Bel,  roi  de 
France.  I,  151  note. 


DES   MATIERES. 


U\ 


Charles  V  le  Sage,  roi  de 
France.  I,  64,  69.  Confirme 
la  donation  du  duché  de 
Bourgogne  à  Philippe  le  Bon, 
I,  72  note  2  ;  négocie  le  ma- 
riage de  ce  prince  avec  Mar- 
guerite de  Flandre,  71. 

Charles  VI  le  Bien  Aimé,  roi 
de  France.  1,64,97,201,228, 
229.  Sa  folie,  I,  85  ;  livré  au 
duc  de  Bourgogne,  202;  sa 
mort,  203. 

Charles  VII  le  Victorieux,  roi 
de  France.  1,97, 103,145,201, 
202,  208,  209,  240  note  3,  243, 
244  note  8,  245,  249  note  3, 
250;  II,  14,  57  note,  58  note, 
59  et  note  4,  112,  164  note  1, 
172,  205,  280  note  1,  294  note 
3,  395,  397  note,  401  note  2  ; 
III,  5  note  1.  Assiste  à  l'as- 
sassinat de  Jean  sans  Peur, 
I,  86,  196,  197;  son  avène- 
ment, 203;  se  retire  à  Bourges, 
ibid.;  sa  lutte  contre  Philippe 
le  Bon,  89  ;  signe  la  paix  d'Ar- 
ras,  99,  196,  206  note  1,  207  et 
suiv.;  ses  ambassadeurs  à  l'as- 
semblée qui  en  arrêta  les 
bases,  204  ;  sa  puissance  au 
moment  de  la  conclusion  du 
traité,  238;  motifs  qui  le  dé- 
terminèrent à  le  conclure, 
239  ;  reste  fidèle  au  pape  Eu- 
gène, 263  ;  heureuse  influence 
prise  sur  lui  par  Agnès  So- 
rel,  II,  55;  son  séjour  en 
Lorraine,  59  et  note  4  ;  reçoit 
la  duchesse  de  Bourgogne  à 
Ghâlons,  ibid.,  54  et  note  4; 
intervient  près  d'elle  en  fa- 
veur du  roi  René,  57  note; 
son  ordonnance  sur  les  gens 
de  guerre,  61  et  notes  2  et  3, 
63  ;  fait  la  guerre  en  Nor- 
mandie, 207,  208  note  1  ;  en- 
tretient les  discordes  d'Angle- 
terre, 208,  209  ;  soupçonne  le 
duc  Philippe  d'encourager  le 
dauphin  dans  sa  rébellion, 
218  et  note  3;  s'entremet  en 
faveur  des  seigneurs  de  Sa- 

IV 


voie  et  apaise  leur  querelle 
avec  le  duc  Louis,  219,  220 
et  note  2;  sollicité  de  mettre 
fin  à  la  guerre  de  Philippe  le 
Bon  et  des  Gantois,  274  et 
note  2  ;  leur  envoie  une  am- 
bassade, ibid.,  275  et  note  1, 
276  et  note  3  ;  négociations  de 
ses  ambassadeurs,  280  note  1, 
283  ;  leur  sentence  arbitrale, 
283,  284,  que  les  Gantois  ne 
veulent  pas  accepter,  285  et 
notes  1,  2  et  3;  fait  une  nou- 
velle tentative  de  réconcilia- 
tion, 294  note  3  ;  lettre  à  lui 
adressée  par  Philippe  le  Bon 
sur  la  prise  du  château  de 
Gavre,  316  notes  1  et  2,  319 
note  2;  autorise  ce  prince  à 
lever  des  troupes  pour  la  guerre 
contre  les  Turcs,  337  note  3; 
reçoit  à  Tours  les  ambassa- 
deurs du  roi  Ladislas  de  Hon- 
grie qui  lui  fait  demander  la 
main  de  sa  fille,  408  ;  accuse  de 
nouveau  Philippe  le  Bon  de 
soutenir  le  dauphin  dans  sa 
rébellion,  411;  négocie  avec 
lui,  412  et  note  6,  413,  420; 
achète  les  droits  de  Guillaume 
de  Saxe  et  de  sa  femme  sur 
le  Luxembourg,  III,  5,  6 
note;  sa  mort,  I,  104  ;  II,  421 
note  2,  422  et  note  3. 
Charles  VIII,  roi  de  France.  I, 
33,  134;  III,  264,  271,  274, 
275.  Compris  dans  la  trêve  de 
Soleuvre,  1,134;  III,  214;  le 
roi  son  père  prétend  pour 
lui  à  la  main  de  Marie  de 
Bourgogne,  243  ;  conclusion 
de  son  mariage  avec  Margue- 
rite d'Autriche  qui  est  ame- 
née en  France,  leurs  fiançail- 
les, I,  164  et  note  1  ;  III,  257, 
262  et  note  8,  317  et  note  2; 
son  avènement  au  trône,  I, 
165;  III,  263;  entretenu  par 
les  serviteurs  de  son  père  dans 
la  haine  de  la  maison  de 
Bourgogne,  I,  166,  167; 
rompt  son  mariage  avec  Mar- 

1G 


%m 


TABLE   ANALYTIQUE 


guérite  d'Autriche  pour  épou- 
ser Anne  de  Bretagne,  III, 
258  et  note  2,  259  et  note  1, 

263  ;  la  fait  reconduire  à  son 
père,  260  et  note  1 ;  donne  au- 
dience à  01.  de  la  Marche, 

264  ;  soutient  Philippe  de 
Glèves  et  les  communes  de 
Flandres  dans  leur  lutte  contre 
Maximilien,  276  note  4,  295, 
319  ;  son  ordre  de  Saint-Mi- 
chel, IV,  162  :  sa  mort  subite, 
I,  180. 

Charles  (la  fontaine),  près  Mar- 
sannay.  I,  292  et  note  3. 

Charles  (l'orme).  I,  293  note  1. 
Voy.  aussi  :  Arbre  Charle- 
magne  (V). 

Charlotte  de  Savoie,  dauphine, 
puis  reine  de  France,  f  1483. 
—  Son  mariage  avec  le  dau- 
phin, 1, 103  ;  II,  218  et  note  3, 
411  et  note  2. 

Charmes^  (Thierry  de),  écuyer 
d'écurie  du  duc  Charles  en 
1474,  tenait  la  même  année  en 
fief  de  ce  prince  la  forte  mai- 
son de  la  Chaume  et  celle  de 
Charmes  en  arrière-fief  [Peinc. 
VII,  120].  —  Combat  à  B.u- 
pelmonde  avec  le  bâtard  Cor- 
neille, II,  269. 

Charmonl  (porte  de),  à  Besan- 
çon. I,  275  note. 

Charny  (Geoffroy  de),  seigneur 
de  Pierre-Perthuis,  Montfort 
et  Savoisy,  chevalier  de  l'or- 
dre de  l'Étoile,  commandant 
de  Bé thune  en  1347,  tué  à 
Poitiers  [Luce  sur  Froissart, 
IV,xxxi;Boull.,8].  — 1,101 
et  note  6. 

Charny  (Marie,  bâtarde  de  Bour- 
gogne, comtesse  de),  fille  de 
Philippe  le  Bon  et  de  Nicole 
Chastellain,  dite  du  Bosquiel, 
deuxième  femme  de  Pierre  de 
Bauffremont  (1448).  —  Son 
mariage  avec  le  comte  de 
Charny,  1,  284  note  2;  H, 
112  et  note  1  ;  assiste  au  ban- 
quet de  Lille,  355  et  note  3; 


envoyée  au-devant  de  Mar- 
guerite d'York,  III,  103;  IV, 

97;  accompagne  cette  prin- 
cesse à  son  entrée  à  Bruges, 
III,  107,  et  au  banquet  qui 
suivit,  121. 

Charny  (le  seigneur,  le  comte 
de).  Voy.  Bauffremont  (Pierre 
de). 

Charny  (baronnie  de).  I,  284 
note  2. 

Charolais  (Charles,  comte  de). 
Voy.  Bourgogne. 

Charolais  (Catherine  de  France, 
comtesse  de),  première  fem- 
me de  Charles  le  Téméraire, 
f  1446.  —  Son  mariage,  I, 
145;  II,  14  et  note  4;  assiste 
à  l'entrée  du  duc  Philippe  à 
Bruxelles,  52;  meurt  jeune, 
ibid.,  111  et  note  2;  ses  obsè- 
ques à  Sainte  -  Gudule  de 
Bruxelles,  ibid.;  difficultés 
relatives  aux  conditions  pécu- 
niaires de  son  mariage,  164 
note  1. 

Charolais  (Isabelle  de  Bourbon, 
comtesse  de),  deuxième  fem- 
me de  Charles  le  Téméraire, 
f  25  septembre  1465.  —  I, 
129  note  1,  147,  150,  153; 
III,  2  note  3.  Assiste  au  ban- 
quet de  Lille,  II,  355  et  note  1  ; 
y  danse,  373  ;  y  offre  le  prix 
de  la  danse  au  comte  de 
Charolais,  379;  le  comte  de 
Saint-Pol  veut  lui  faire  épou- 
ser son  fils  aîné,  395;  le  duc 
Philippe,  frappé  de  ses  mé- 
rites, se  résout  à  la  marier  au 
comte  de  Charolais,  396  ;  fian- 
cée secrètement  à  ce  prince, 
ibid.;  l'épouse  à  Lille,  401  et 
note  2  ;  1, 146  ;  reçoit  en  dot  la 
terre  de  Château-  Chinon, 
154;  II,  401  note  2;  sa  gros- 
sesse, 407;  envoyée  au-devant 
du  dauphin,  409  ;  naissance 
de  sa  fille  Marie,  410  et  note 
1;  marraine  du  fils  aîné  de 
Louis  XI,  412;  son  séjour  au 
Quesnoy,  ibid.,  et  à  la  Haye, 


DES   MATIÈRES. 


243 


III,  2  note  3  ;  sa  mort,  24  ;  en- 
terrée à  Saint-Michel  d'An- 
vers, I,  146;  III,  24;  ses 
armes,  I,  156  et  note  1. 

Charolais  (le  héraut).  Sa  pen- 
sion était  de  50  1.  t.  en  1448 
[Arch.  Côte -d'Or,  B.  1705, 
fol.  71].  —  II,  105  note,  146 
et  note  2,  148,  202. 

Charolais.  II,  170  note  2;  IV, 
109.  —  (comté  de).  I,  8,  154, 
218,  246  note  1;  III,  316. 
Vendu  par  le  comte  d'Arma- 
gnac non  pas  à  Jean  sans 
Peur,  comme  le  dit  La  Mar- 
che (l,  86),  mais  à  Philippe  le 
Hardi  (1390);  donne  son  nom 
aux  aînés  de  Bourgogne,  ibid.  ; 
pris  par  Louis  XI,  III,  245. 

Chartier  (Guillaume),  évêque 
de  Paris  en  1447,  f  1er  mai 
1472.  —  III,  23  et  note  1.  Am- 
bassadeur du  roi  à  l'assemblée 
d'Arras,  I,  208,  209. 

Chartres  (Renaut  de),  évêque 
de  Beauvais,  puis  archevêque 
de  Reims  (1414),  chancelier 
de  France  (1424),  cardinal, 
f  1445.  —  Ambassadeur  du 
roi  à  l'assemblée  d'Arras,  I, 
204  et  note  5,  208,  209. 

Chartreux  de  Dijon  (église  des). 
I,  74  note  1 .  Les  —,  II,  225  note 

I.  Fondations  faites  aux  — 
pour  le  repos  de  l'âme  de  Jean 
sans  Peur,  I,  213,  214;  Phi- 
lippe le  Bon  et  Isabelle  de 
Portugal  y  sont  inhumés,  I, 
136  -III,  60  et  note  4,  61  note. 
—  de  Gand  (le  prieur  des). 

II,  294,  329  a  note  1,  331.  — 
de  Gonain.  Isabelle  de  Portu- 
gal y  est  provisoirement  in- 
humée, I,  136.  —  de  Monte- 
reau  (fondations  aux)  pour  le 
repos  de  l'âme  de  Jean  sans 
Peur,  I,  212. 

Chassa  (Jean  de),  dit  le  Bene- 
tru ,  seigneur  de  Monnet, 
chevalier,  panetier ,  échan- 
son,  écuyer  tranchant  et  enfin 
chambellan  du  duc  de  Bour- 


gogne, vivait  encore  en  1481 
[Beauc,  490].  —  Combat  à 
Nevele,  II,  255,  où  il  est 
blessé,  256  ;  figure  aux  joutes 
et  au  banquet  de  Lille,  348 
note  3,  379  et  note  5  ;  accom- 
pagne le  bâtard  Antoine  en 
Angleterre,  III,  41,  54;  fait 
le  personnage  du  chevalier 
esclave  au  pas  de  l'Arbre  d'or, 
154  et  suiv.,  159  ;  y  joute,  IV, 
125  ;  exclu  de  la  trêve  de  So- 
leuvre,  III,  221  et  note  2. 

Chastel  (Tanneguy  du),  maré- 
chal de  Guyenne,  prévôt  de 
Paris  et  grand  maître  de 
France,  f  1449.  —  Accusé 
du  meurtre  de  Jean  sans  Peur, 
I,  87,  198  et  note  2;  exclu  du 
traité  d'Arras,  211  note  1. 

Chastel  (Tanneguy  du),  neveu 
du  précédent,  vicomte  de  la 
Bellière,  seigneur  de  Renac 
et  du  Bois -Raoul,  grand 
écuyer  de  France,  -j-  1477.  — 
III,  21,  32. 

Chastel  (Thierry  du).  II,  89 
note  2. 

Chastel- Devant.  II,  53  note  2. 

Chastelain  (Georges),  le  chro- 
niqueur, f  1475.  —  I,  14, 
184,  185;  II,  147  note  2,  310; 
III,  92  note  1. 

Chasteler  (Jean  ou  Jacques  du). 
Tué  à  Montlhéry,  III,  17  et 
note  2. 

Chasteller  (Simon  du),  échan- 
son,  conseiller  et  maître  d'hô- 
tel du  duc  de  Bourgogne 
[Beauc,  491].  —  II,  379 
note  1 . 

Chasteller  (madame  du),  fem- 
me de  Simon,  danse  au  ban- 
quet, de  Lille,  II,  378,  379 
note  1. 

Chasteller  (le).  I,  133.  —  (sei- 
gneurie du).  III,  221. 

Chastenier  (Jean),  trésorier  de 
France  et  secrétaire  du  roi 
Charles  VII  [Saint  -  Remy, 
édit.  Morand,  à  la  table].  — 
Ambassadeur  du  roi  à  l'as- 


244 


TABLE    ANALYTIQUE 


semblée  d'Arras,  I,  208,  209. 
Château-Chinon.  I,  8,  9  note  1. 

—  (seigneurie  de).  III,  316. 
Donnée  en  dot  à  Isabelle  de 
Bourbon,  I,  154;  II,  396  et 
noie  3,  397  note;  II,  401  note  2. 

Chateauguyon  (le  seigneur  de). 
Voy.  Chalon. 

Chateauneuf  (Antoine  de),  sire 
du  Lau,  chevalier,  chambel- 
lan et  grand  bouteiller  de 
France,  sénéchalde  Guyenne, 
etc.,  etc.,  était  mort  en  août 
1485[LaChesn.,IV,298,299]. 

—  Favori  de  Louis  XI,  II, 
413  et  note  5,  425. 

Chdteauvillain  (prise  de).  1,  269 
et  note  2. 

Chatelbelin  (le  héraut).  II,  120 
et  note. 

Chdtellerault.  III,  14. 

Châtel-Porcien.  II,  398. 

Chatillon-en-Bazois  (armes  de 
la  maison  de).  II,  165  note. 

Ghaugy  (Michault  de),  dit  le 
Brave,  seigneur  de  Chissey, 
chevalier,  ecuyer  tranchant, 
premier  maître  d'hôtel,  con- 
seiller et  chambellan  du  duc 
de  Bourgogne,  gruyer  de 
Bourgogne,  chevalier  d'hon- 
neur au  parlement,  etc., 
f  1478  [La  Barre,  b,  190,  218, 
J-2-2,  232,  261,  271  ;  Palliot, 
Pari.,  122].  — CombatàOvcr- 
meire,  II,  251;  chevalier  à 
Rupelmonde,  266. 

Chaumergis  (Jean  de),  écuyer, 
premier  écuyer  d'écurie'  du 
duc,  figure  dans  une  montre 
de  1434  [Peing.,  XXVI,  427J. 

—  Joute  au  pas  de  Marsan- 
nay,  I,  317-323;  ses  armes, 
335  note;  observation  par  lui 
faite  au  duc  et  réponse  qu'elle 
lui  attire,  II,  40;  fait  planter 
les  bannières  ducales  sur  les 
tours  de  Luxembourg,  45. 

Chaumergis  (Philippe  de),  écu- 
yer. III,  90  note  2. 
Chaumont,  en  Gharolais  (siège 


et  prise  de).  I,  96  et  notes  3 
et  6. 

Chaunij  (prise  de).  I,  133. 

Chaux  (maison  de  la).  I,  7  note  1. 

Chavancy.  II,  20,  29,  33. 

Chenu  (Pierre),  frère  de  Jean 
Chenu,  écuyer,  tenant  avec 
lui  en  1473 "ce  qu'ils  possé- 
daient au  village  de  la  Tre- 
malière  relevant  du  fief  de 
Louhans  [Peinc.,  X,  133].  — 
Combat  à  Rupelmonde,  II, 
269. 

Cherbourg.  II,  208  noie  1. 

Chesne  (Jean  du).  II,  327  noie2, 
3-29  note  1. 

Chevalart  (Louis,  seigneur  du), 
échanson  du  duc  de  Bour- 
gogne [Beauc.,  491].  —  Joute 
au  banquet  de  Lille,  II,  348 
et  note  3. 

Cheyrot  (Jean),  conseiller  du 
duc,  évêque  de  Tournai  (  1437) 
et  de  Toul  (1460),  f  23  sep- 
tembre 1460  [Beauc,  491].— 
Figure  au  chapitre  de  la  Toi- 
son d'or  tenu  à  Gand  en  1445, 

II,  88  et  note  1,  90. 
Childérig  III,  roi  des  Francs. 

I,  64  et  note  4. 

Childéric,  Cidérig,  roi  des  Bour- 
guignons. I,  52,  53. 

Chimay,  Cimay  (comte,  seigneur 
de).  Voy.  Croy. 

Chiny  (comté  de).  I,  288;  II, 
2  note  2,  5  note  2,  7  ?iote, 
8  note  1,  15,  18,  28  note  1; 

III,  6  note. 

Christiern  Ier  d'Oldenbourg,  roi 
de  Danemark,  f  21  mai  1481. 

—  III,  226,  227.  Visite  Char- 
les le  Téméraire  devant  Neuss, 
I,  138;  III,  97  et  note  A. 

Chypre  (le  roi  de).  I,  78.  Voy. 
aussi  Janus.  —  (le  cardinal 
de).  Voy.  Lusignan. 

Chypre  (île  de).  L;  78;  IV,  162. 

Cicon  (Didier  de),  chevalier,  sei- 
gneur de  Rançonnières,  Ge- 
vigney,  etc.,  -f  1458  [Guill., 
I,  141  note;  Peinc,  II,  298]. 

—  II,  49  note. 


DES   MATIERES. 


n;> 


Cicon  (Guillaume,  seigneur  de), 
premier  ocuyer  du  comte  de 
Charolais,  chambellanen  1475 
[Beauc,  491].  II,  49  note. 

Cicox  (Jean  de),  damoiseau  en 
1442,  qualifié  écuyer  hanne- 
ret,  seigneur  de  Rançonnières 
en  1444,  fds  de  Didier,  sei- 
gneur de  G-evigney  ci-dessus, 
et  de  Béatriz  île  Villersexel, 
7  1454  [Dukod,  Nobil.,  100; 
Guill.,  I,  141,  144  notes; 
Peint..,  II,  CHS;  XXVI,  431, 
145,  458].  —  Joute  au  pas  de 
Marsannay,  I.  314  ;  ses  armes, 
335  note. 

Cidéric.  Yoy.  Childéric. 

Qimav  (le  comte,  le  seigneur  de). 
Voy.  Croy. 

Cîteaux  (abbé  de).  II,  225  note  1 . 

Citeaux  (abbaye  de).  III,  196. 

ClairraiLV.  I,  78. 

Clarexce  (le  duc  de).  Voy.  York. 

Clarisses  (couvents  des)  de  Be- 
sançon et  de  Poligny,  fondes 
par  sœur  Colette,  I,  192  note  -2, 
193  note. 

Clecy,  Clessy  (le  seigneur  de). 
Yoy.  Damas. 

(7<7~(hôteilerie  de  la),  à  Arras.  II, 
68. 

Clémencey  (le  seigneur  de).  III, 
87  note  1. 

Cléopatra.  H!,  115;  IV.  101, 
102. 

CLERMONT(Jean,  comte  de).  Yoy. 
Bourbon. 

Glermont  (Robert  de  France, 
comte  de),  +7  février  1318. 
—  I,  149,  152  ;  ses  armes.  153. 

Clermont-en-Argonne.  II,  57  note, 
58  note. 

Clerval.  Lï,  53  note  2. 

Gleryau  (Jean).  I,  274  note  1. 

Glèves  (Adolphe  IV  d'Egmont, 
premier  duc  de),  f  septembre 
1448.—  II.  49 note,  5-:  note 2. 
Assiste  à  l'entrevue  de  Besan- 
con. I,  274  note  1  ;  allié  de 
Philippe  le  Bon,  II,  48  note  1  ; 
attaque  par  L'archevêque  de 
Cologne,  113  et  note  2. 


Glèves  (Adolphe  de),  seigneur 
de  Ravestein,  fils  cadet  du 
précédent ,  chevalier  de  la 
Toison  d'or,  f  18  septembre 
1493.  —  I.  248  note  "2:  II,  52 
note  2,  265  note  1;  III.  252 
note  5.  279,  291  note  5;  IV, 
99,  103,  122.  Accompagne  le 
duc  Philippe  à  Ghalon,  I, 
258;  joute  à  Dijon,  086;  son 
éloge,  287  :  son  départ  pour 
l'expédition  du  Luxembourg, 
II.  12  ;  ligure  aux  joutes  d'Ar- 
ras,  68,  et  de  Bruges,  124  et 
note  4,  133;  épouse  Béatrix 
de  Portugal,  136  et  note  2, 
"21 1  et  note  1  ;  prend  part  à  la 
guerre  contre  les  Gantois, 
■234,  245;  accompagne  l'éten- 
dard du  duc  à  la  journée  de 
Termonde,  '250,  où  il  est  fait 
chevalier,  251,252;  tient  gar- 
nison à  Gourtray,  "28"2;  le 
duc  l'envoie  contre  les  Gan- 
tois, -287  ;  visite  l'artillerie  au 
siège  de  Poucques,  309  ;  com- 
bat à  Gavre,  317  ;  accompagne 
le  duc  aux  portes  de  Gand, 
331;  l'ait  crier  à  Lille  une 
joute  dont  il  se  porte  entre- 
preneur sous  le  nom  du  Che- 
valier au  cygne,  3 il,  342, 
345  et  suiv.;  origine  fabuleuse 
de  sa  maison,  3  4 "2  et  note  2; 
ligure  au  banquet  de  Lille, 
355  ;  y  danse,  378  ;  gagne  le 
prix  du  dehors  aux  joutes  qui 
suivirent,  379;  son  voeu  du 
faisan,  383;  donne  une  fête  à 
l'occasion  du  mariagedu  com- 
te de  Charolais  avec  Isabelle 
de  Bourbon,  401  ;  y  joute, 
ibid.,  note  1  ;  envoyé  vers  ce 
prince  pour  le  réconcilier  avec 
son  père,  419;  soupe  avec  le 
duc,  III,  4  note 4;  prend  part 
à  la  guerre  du  Bien  public, 
I,  124;  III,  '.»:  va  saluer  Mar- 
guerite d'York  au  Dam,  105; 
figure  à  son  entrée  à  Bruges, 
110;  sa  place  au  dîner  des 
noces,  IV,  1 10;  ouvre  le  pas  do 


246 


TABLE   ANALYTIQUE 


l'Arbre  d'or,  III,  123, 125;  sa 
présentation  aux  dames,  129, 
130;  ses  différentes  joutes, 
131,  132,  172,  173,  190;  IV, 
116,  117,  130,  131,  139;  sert 
le  seigneur  de  Renty,  129  ; 
sa  place  au  dernier  banquet, 
III,  200;  reçoit  l'ordre  de 
marcher  contre  les  Liégeois, 
84  note  4;  chargé  avec  Jac- 
ques de  Saint-Pol  de  con- 
duire à  Dijon  les  corps  de 
Philippe  le  Bon  et  d'Isabelle 
de  Portugal,  58  ;  veut  marier 
son  fils  à  Marie  de  Bourgogne, 
243  et  note  5  ;  fait  l'archiduc 
Maximilien  chevalier  de  la 
Toison  d'or,  250  ;  parrain  de 
Philippe  le  Beau,  252;  as- 
siste au  chapitre  de  Bois-le- 
Duc,IV,  148, 150;  se  met  du 
parti  des  Gantois,  III,  265  ; 
son  manifeste  à  Maximilien, 
ibid.  note  7  ;  cherche  à  perdre 
Guillaume  Rym,  274;  gou- 
verneur du  jeune  archiduc 
qu'il  remet  à  son  père,  I, 
171,  172;  III,  280;  assiste  à 
l'entrée  de  ce  dernier  à  Gand, 
281  ;  chargé  avec  01.  de  la 
Marche  de  conduire  le  jeune 
archiduc  à  Termonde,  I,  174  ; 
III,  284;  ordonne  à  son  fils 
de  se  soumettre  à  Maximi- 
lien sous  peine  de  le  déshéri- 
ter, 299. 
Glèves  (Jean  Ier,  duc  de),  fils 
d'Adolphe  IV,  f  1481.  —  I, 
248  noie  2,  272  note  3;  II,  27, 
49  note,  52  et  notes  1  et  2, 
124  note  4,  136,  234,  277; 
III,  227.  Accompagne  Phi- 
lippe le  Bon  à  l'assemblée 
d'Arras,  I,  205,  et  à  Ghalon, 
258  ;  joute  aux  noces  de  Jean 
de  Salins,  267  ;  se  fait  remar- 
quer parmi  les  danseurs  aux 
fêtes  de  Besançon,  281  ;  prend 
part  à  l'expédition  du  Luxem- 
bourg, II,  12,  21;  joute  à 
Bruxelles,  52;  défend  Zons 
contre  l'archevêque  de  Colo- 


gne ,  113,  114;  rencontre 
Jacques  de  Lalain  à  Jérusa- 
lem, 203,  204;  élu  chevalier 
de  la  Toison  d'or  au  chapitre 
de  Mons,  205  et  note  3  ;  lève 
des  troupes  pour  la  guerre 
contre  les  Gantois,  224  ;  re- 
joint le  duc  à  Termonde,  259, 
'264;  passe  l'Escaut  avec  lui, 
263  ;  chargé  de  garder  la 
route  de  Gand  pendant  la 
bataille  de  Rupelmonde,  265 
note  1,  266;  retourne  dans  ses 
États  pendant  la  trêve,  283; 
donne  à  Lille  un  banquet  où 
est  criée  la  joute  de  son  frère, 
333  note  2,  341  ;  assiste  à  cette 
joute,  346;  sa  place  au  banquet 
de  Lille,  355  ;  y  danse,  378  ;  son 
vœu  du  faisan,  382;  épouse  Isa- 
belle. d'Etampes,  335  et  noie  2; 
prend  part  à  la  guerre  contre 
les  Liégeois,  III,  26  note  4  ; 
les  bat  à  Herck,  ibid.  note  5; 
veut  marier  son  fils  à  Marie 
de  Bourgogne,  243  et  notes  3 
et  4  ;  représenté  au  chapitre 
de  Bois-le-Duc,  IV,  148. 

Glèves  (Jean  II,  duc  de),  fils  de 
Jean  I",  f  1521.  —  I,  164, 
165;  III,  243  et  note  4. 

Glèves  (Philippe  de),  seigneur 
de  Ravestein,  fils  d'Adolphe 
ci-dessus  etde  Béatrix  de  Por- 
tugal, sa  lre  femme,  f  1528. 
—  I,  117;  III,  260  note  2, 
304  et  note,  319.  Son  père 
veut  le  marier  à  Marie  de 
Bourgogne,  III,  243  et  note  5  ; 
membre  du  conseil  de  régence 
nommé  par  les  Gantois  après 
la  mort  de  cette  princesse, 
261  note  2;  accompagne  Maxi- 
milien dans  ses  expéditions 
contre  Audenarde,  270  note  3, 
et  Gand,  272;  assiste  à  l'en- 
trée de  ce  prince  dans  cette 
dernière  ville,  I,  172;  III, 
281  ;  intercède  en  faveur  de 
ses  habitants,  283;  livré  en 
otage  aux  Brugeois,  293  et 
note   2;    demande    à   Maxi- 


DES   MATIERES. 


ni 


milien  de  ne  point  faire  la 
guerre  tant  qu'il  serait  entre 
leurs  mains,  294  ;  n'ayant  pu 
l'obtenir,  s'engage  par  ser- 
ment dans  le  parti  des  rebel- 
les, 295  et  note  1  ;  encouragé 
par  le  roi  de  France  dans 
cette  action,  ibid.;  continue  la 
guerre  en  dépit  de  l'empe- 
reur qui  lance  une  déclara- 
tion pour  le  dégrader,  297  et 
note  3  ;  bat  Maximilien,  ibid.; 
avantagé  par  la  possession  du 
château  de  l'Ecluse ,  298  ; 
ébranlé  par  les  ordres  et  les 
menaces  de  son  père,  299; 
rend  l'Ecluse  et  fait  la  paix 
avec  l'archiduc,  301  et  note  1  ; 
fait  assassiner  le  seigneur  de 
Rassenghien,  303  et  note  3. 

Glèves  (Philippe  de),  frère  de 
Jean  II,  successivement  évê- 
que  d'Amiens,  Autun  et  Ne- 
vers,  -j-  1503.  —  C'est  proba- 
blement lui  dont  il  est  ques- 
tion, I,  165,  comme  frère  du 
duc  de  Clèves. 

Clèves  (Isabelle  ou  Elisabeth 
de  Bourgogne,  duchesse  de), 
fille  de  Jean,  comte  d'Étam- 
pes ,  mariée  en  1455  au  duc 
Jean  Ier  de  Clèves,  f  21  juin 
1483.  —  I,  248  noie  2.  Assiste 
au  banquet  de  Lille,  II,  355 
et  note  4  ;  y  danse,  378  ;  offre, 
avec  Mlle  de  Bourbon,  le  prix 
de  la  danse  au  comte  de  Cha- 
rolais,  379;  épouse  Jean  de 
Clèves,  335  et  noie  2. 

Clèves  (Marie  de  Bourgogne, 
duchesse  de),  femme  du  duc 
Adolphe,  fille  de  Jean  sans 
Peur,  -f-  octobre  1463.  —  II, 
52  notes  1  et  2,  124  noteX. 

Clèves  (Catherine  de).  "Voy. 
Gueldres.  — ■  (Hélène  de). 
Voy.  Bkunswick.  —  (Marie 
de).  Voy.  Orléans. 

Clèves  (ville  de).  III,  92  noie  4, 
205  note  3. 

Clèves-Berg  (province  de).  III, 
89  note  A. 


Click  (le comte  de).  Voy.  Glei- 
chen. 

Clifton  (Mme  de),  probablement 
femme  de  Guillaume  de  Clif- 
ton ou  Clinton,  maire  de 
Bordeaux.  —  Accompagne 
Marguerite  d'York  à  son  en- 
trée à  Bruges,  III,  107  et 
noie  4. 

Glitte  (Jean  delà),  seigneur  de 
Gommines,  chevalier,  conseil- 
ler et  chambellan  du  duc  de 
Bourgogne,  châtelain  de  Ru- 
pelmonde,  etc.  [Beauc,  493]. 

—  Son  vœu  du  faisan,  II,  389. 
Clitte  (Philippe  de  la),  seigneur 

de  Gommines,  l'historien, 
f  18  octobre  1511.  —  III, 
202  note  2.  Prend  part  au 
tournoi  de  l'Arbre  d'or,  III, 
192;  exclu  de  la  trêve  de  So- 
leuvre,  221. 

Clitte  (Jeanne  de  la),  dame  de 
Commines ,  vicomtesse  de 
Nieuport,  femme  de  Jean, 
seigneur  de  Hallwin  et  de 
Bellenghem,  f  1512  [Boull., 
91;  Comm.-Dup.,  II,  176].  — 
Envoyée  au-devant  de  Mar- 
guerite d'Autriche  à  son  re- 
tour d'Espagne,  III,  318  et 
note  2. 

Clomot  (le  seigneur  de).  Voy. 
Roussillon. 

Glomot  (Alix  de).  II,  164  note  3. 

Clomot  (la  seigneurie  de).  II, 
164  note  3. 

Clotilde,  reine  de  France.  I, 
52  et  suiv. 

Clou  (saint).  I,  57. 

Clovis,  roi  des  Francs.  I,  51  et 
suiv.,  64. 

Glugny  (Ferry  de),  cardinal, 
évêque  de  Tournai  en  1473, 
chancelier  de  la  Toison  d'or, 
etc.,  f  7  octobre  1483  [Mor., 
La  Barre,  b,  191,  195,  266]. 

—  Préside  aux  fiançailles  de 
Maximilien  et  de  Marie  de 
Bourgogne,  III,  244  et  note  2  ; 
négocie,  avec  Antoine  Auve- 
ron,   la   trêve   dite   des   sa- 


248 


TABLE   ANALYTIQUE 


yeurs  de  blé,  248;  l'un  des 
parrains  de  François  d'Autri- 
che, 261  et  note  5. 

Clugny  (Jean  de),  seigneur  de 
Monthelon,  juge  du  Charo- 
lais,  maître  des  requêtes  de 
Philippe  le  Bon  en  1456, 
frère  aîné  du  précédent 
[Mor.].  —  II,  413  note. 

Cluny  (abbaye  de).  III,  196. 

Coham  ou  Gohem  (Philippe  de). 
III,  49no*e3;  IV,  118. 

Cohem  (Pierre  de  Berghes,  sei- 
gneur de),  chambellan  du  duc 
Charles ,  figure  au  pas  de 
l'Arbre  d'or,  IV,  118. 

Coïmbre  (Isabelle  d'Aragon,  du- 
chesse de),  fille  de  Jacques 
d'Aragon,  comte  d'Urgel,  fem- 
me en  1428  de  Pierre  de 
Portugal,    duc   de   Coïmbre. 

—  II,  136  note  1,  210  note  2. 
Coïmbre  (Béatrix,  Jacques,  Jean, 

Pierre  de).  Voy.  Portugal. 

Colcos  (île  de).  II,  359  ;  IV,  163. 

Colette  (sœur),  réformatrice  de 
l'ordre  des  Clarisses.  —  I, 
192  et  note  2;  décide  la  voca- 
tion religieuse  de  Jacques  de 
Bourbon,  193. 

Collepin  (Jehannin),  Anglais  au 
service  du  duc  de  Bourgogne 
[Comm.-Dup.,  II,  42  et  suiv.]. 

—  III,  238  et  notes  4  et  5. 
Cologne  (archevêque  de).  Voy. 

Bavière  et  Meurs. 

Cologne.  I,  296  et  note  2;  III, 
228,  245  note  1,287  notei.— 
(doyen  et  chapitre  de).  1, 136  ; 
111,88,98.  — (pays  de).  1,136. 

Commergy  (le  sire,  le  damoiseau 
de).  Voy.  Sarrebruck. 

Communes  (Jean,  Philippe  de). 
Voy.  Clitte  (la). 

Compeys  (Jean  de)  ou  Compays, 
seigneur  de  Thorain  ou  To- 
rens,  chevalier,  d'une  ancien- 
ne maison  du  Genevois.  —  I, 
313,  314,  323.  Fait  toucher  les 
deux  écus  au  pas  de  Marsan- 
nay,  I,  308  et  note  2  ;  sa  sor- 
tie de  Dijon,  309  ;  joute  contre 


Antoine  de  Vaudrey,  310,311, 
315  ;  ses  armes  à  pied  contre 
le  même,  327-330;  ses  démê- 
lés avec  les  nobles  de  Savoie, 

II,  219,  220  note  2. 
Compiègne.  III,  222. 

Condé  (le  seigneur  de),  s'enfuit 
à   la   bataille  de  Montlhéry, 

III,  14.  Voy.  sur  ce  person- 
nage Ghast.,  édit.  Kerv.,  II, 
374;  Th.  Basin,  III,  243,244; 
Mol.,  II,  364. 

Condé.  III,  166.  Assiégé  par 
Louis  XI,  pris  et  brûlé,  I, 
159;  III,  251  et  note  3,  256 
note  I,  305. 

Conflans.  III,  22,  23, 27.  —  (traité 
de).  I,  126;  III,  28  et  note  3. 

Constans  (château  de)  ou  de 
l'Œuf,  à  Naples.  I,  191  et 
note  1. 

Constantin  le  Grand,  lépreux, 

I,  179. 

Constantin  XII  Paléologue, 
dernier  empereur  d'Orient, 
f  29  mai  1453.  —  Menacé 
par  les  Turcs,  II,  205  ;  occis 
à  la  prise  de  Constantinople, 
336  et  note  3,  371. 

Constantin  (le  héraut).  III,  125. 

Constantinople  (empereur  de). 
Voy.  Constantin  le  Grand, 
Constantin  XII,  Jean  Paléo- 
logue IL  Voy.  aussi  I,  74; 

II,  336. 

Constantinople.  I,  288;  II,  205, 
206,  368,  371.  —  (nain  de). 

III,  174.  —  (prise  de)  par  les 
Turcs,  II,  335  et  note  3. 

Contault  (Mongin) ,  secrétaire 
du  duc  de  Bourgogne.  II,  339 
note. 

Contay  (le  seigneur  de).  Voy. 
Jeune  (le). 

Contay.  III,  71  note  2. 

Copin  (Philippot),  écuyer  pane- 
tier  du  duc  de  Bourgogne, 
puis  son  écuyer  d'écurie,  châ- 
telain d'Aisèy,  fils  d'Amyot, 
aussi  châtelain  d'Aisey;  en 
1455,  le  duc  lui  donne  et  à  sa 
femmeJulienne800fr.enavan- 


DES   MATIERES. 


249 


cément  de  leur  mariage  [La 
Barre,  b,  228,  236;  Peinc, 
XXIII,  524;  XXV,  418; 
Arch.  Côte-d'Or,  B.  1729].  — 
Joute  à  Dijon,  I,  286;  fait 
partie  de  l'expédition  du  Lu- 
xembourg, II,  41;  sert  le 
seigneur  de  Ternant  au  pas 
de  l'Arbre  d'or,  IV,  135. 

Coppknolle  (François),  frère  de 
Jean,  décapité  avec  son  frère, 
III,  303  note. 

Coppenolle  (Jean),  chaussetier, 
secrétaire  de  la  ville  de  Gand, 
f  1492  [Comm.-Dup.,  II,  223, 
224,  240;  Mol.;  Kervyn,  V, 
488J.  —  Excite  les  Gantois 
contre  Maximilien,  III,  275  ; 
Louis  XI  l'attache  à  son  hô- 
tel, ibid.;  se  réfugie  en  France, 
I,  170;  III,  279;  revient  à 
Gand,  289;  s'y  fait  livrer  des 
otages,  290;  mis  à  mort,  302, 
303  et  note. 

Goquel  (Mahuot).  Son  combat 
singulier  avec  Jacotin  Plou- 
vier,  II,  403  et  suiv. 

Corbeil.  I,  124;  III,  13,  14,  16, 
18. 

Corbie  (abbé  de).  III,  73  note  3. 

Corbie.  I,  192  note  2  ;  II,  240  ; 
111,  73  et  note  3,  223.  Cédée 
au  duc  par  le  traité  d'Arras, 
I,  224. 

Cordeliers.  I,  190,  194,  195. 
Couvent  des  —  de  Besancon. 
I,  271  et  note  3,  275  note.  — 
de  Bruxelles.  II,  111  note  2. 
—  de  Chalon.  II,  145.  —  de 
Luxembourg.  II,  44.  —  de 
Middelbourg.  II,  79. 

Cordes  (le  seigneur  des).  Voy. 
Crèvecoeur. 

Cornélius  Tacitus.  I,  19,  46. 

Cornets  (le  seigneur  des).  Voy. 
Gavre. 

Cornouailles  (Jean  d'Angle- 
terre, comte  de),  f  octobre 
1334.  —  I,  71  note  3. 

Cotereau  (Robert),  fils  de  Jean 
Cotereau,  conseiller  et  physi- 
cien   du    duc   Philippe,  qui 


reçut  de  ce  prince  un  don  de 
100  fr.  en  février  1434,  et  fut 
anobli  la  même  année  [La 
Barre,  b,  188;  Peinc,  XVI, 
66].  —  Dégage  le  comte  de 
Charolais  à  la  bataille  de 
Montlhery,  III,  11  et  note  6, 
12;  le  comte  le  fait  cheva- 
lier, ibid.  — Haynin  l'appelle 
Jean  Cotrel ,  ce  qui  est  le 
même  nom.  Commines  attri- 
bue cette  action  à  Jean  Cadet, 
fils  d'un  autre  médecin  du 
duc  [Comm.-Dup.,  I,  42]. 

Couches.  I,  246  note  1. 

Couchey  (château  et  villase  de). 

I,  294  et  note  5. 
Courault  (Jean),  originaire  de 

Poligny,  joute  à  Dijon,  I, 
286. 

Cours  (l'évêque  de).  III,  310. 

Courtrai.  II,  222  note  1,  235 
note  1,  246,  282,  289,  291, 
294,  297  note  3,  304  et  notesl 
et  3,  307  note  3,  313;  IV,  109. 
Le  parlement  de  Flandre  éta- 
bli à  —,  II,  212  note  5.  — 
(bailli  de).  Voy.  Ongnies.  — 
(château  de).  II,  142;  III, 
202  note  3.  —  (châtellenie  de). 

II,  34  note  1. 

Coustain  (Jean),  chevalier,  sei- 
gneur de  Navilly,  valet  de 
chambre  et  premier  somme- 
lier de  corps  du  duc  de  Bour 
gogne ,  décapité  le  25  juil- 
let 1462  [Du  Cle